Accusations visant Ousmane Sonko : Me Moussa Diop maintient ses propos malgré une convocation jugée irrégulière

L’avocat et homme politique sénégalais Me Moussa Diop s’est retrouvé au cœur d’une controverse judiciaire et politique après avoir été entendu par la Sûreté urbaine de Dakar le lundi 9 mars. Cette audition fait suite à une saisine du Parquet général par le Premier ministre Ousmane Sonko, après des déclarations publiques de l’avocat mettant en cause ses relations avec des personnes appartenant au milieu homosexuel.

Convoqué dans les locaux de la police, Me Moussa Diop a passé une grande partie de la journée à la Sûreté urbaine avant d’être finalement autorisé à repartir libre. Selon ses explications, la procédure n’a pas pu aller plus loin en raison d’un vice de forme dans la convocation. L’avocat affirme que les règles encadrant la poursuite d’un membre du barreau n’ont pas été respectées.

Dans des propos rapportés par le quotidien L’Observateur, la robe noire s’est montrée ferme et sans regret concernant ses déclarations initiales. Il soutient qu’il ne reniera pas ses propos et assure disposer d’éléments pour les étayer. Selon lui, l’affaire n’en est pour l’instant qu’à un stade procédural. Il estime que les autorités se sont limitées à la forme et que le débat de fond n’a pas encore été abordé.

Cette affaire trouve son origine dans le débat politique autour de la législation sur l’homosexualité au Sénégal. Le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment défendu devant les députés un projet de loi visant à durcir les peines existantes contre les actes homosexuels. Toutefois, ce choix a suscité des critiques dans certains milieux politiques et religieux qui attendaient plutôt une criminalisation explicite de l’homosexualité, conformément à certaines promesses faites durant la campagne ayant porté le parti Pastef au pouvoir.

Pour justifier la position du gouvernement, Ousmane Sonko avait expliqué devant l’Assemblée nationale que le durcissement des peines prévues par la loi produirait les mêmes effets qu’une criminalisation formelle. Cette position a alimenté le débat public et provoqué des réactions contrastées.

C’est dans ce contexte que Me Moussa Diop, invité sur un plateau de télévision, avait affirmé que le Premier ministre refuserait d’aller vers une criminalisation explicite en raison de relations amicales qu’il entretiendrait avec des personnes appartenant au milieu homosexuel. L’avocat a cependant tenu à préciser qu’il n’accusait pas Ousmane Sonko d’avoir commis des actes contre nature.

Selon lui, ses propos ont été mal interprétés. Il soutient avoir simplement évoqué l’existence de relations amicales avec des personnes issues de ce milieu, sans pour autant faire d’allégation concernant la vie privée ou les comportements personnels du chef du gouvernement. Pour illustrer son argument, il affirme que le fait d’avoir des amis appartenant à un secteur donné ne signifie pas que l’on partage leur profession ou leurs pratiques.

Sur le plan juridique, Me Moussa Diop conteste également la régularité de la procédure engagée contre lui. Il rappelle que, conformément aux dispositions encadrant le statut des avocats, toute convocation d’un membre du barreau doit obligatoirement passer par le Parquet général et non directement par le procureur. Selon lui, cette règle n’aurait pas été respectée dans son cas, ce qui expliquerait l’arrêt de la procédure à ce stade.

Pour l’heure, la convocation reste suspendue en attendant une éventuelle régularisation de la procédure. L’affaire pourrait toutefois connaître de nouveaux développements si les autorités judiciaires décident de reprendre la procédure dans le respect des formes prévues par la loi.


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