Actualités

Liberté de la presse : le CDEPS dresse un tableau préoccupant sous le régime de Bassirou Diomaye Faye

Mamadou Ibra Kane, président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS), a dressé un état des lieux des atteintes à la liberté de la presse depuis l’arrivée au pouvoir du Président Bassirou Diomaye Faye.

Dans sa synthèse, il a notamment pointé du doigt la non-reconnaissance de l’effacement fiscal au profit des entreprises de presse, de la résiliation unilatérale des contrats de publicité par l’État et ses démembrements  le refus d’accorder des moratoires pour le paiement des dettes fiscales, ainsi que le blocage des comptes bancaires de plusieurs organes de presse, entre autres préoccupations.

Synthèse des atteintes à la liberté de presse

Vendredi 25 avril 2025, une situation nouvelle de violations des libertés s’est créée avec la convocation de journalistes par la police pour leur notifier l’interdiction de parution et de diffusion de leurs médias, décidée par le ministre de la Communication.

Les différents documents suivants permettront de s’imprégner du problème de la presse avec le régime de la 3ème alternance politique :

– Mémorandum du patronat de la presse en date de décembre 2024 ;

– Arrêté N°017412 portant mise en place d’une Plateforme numérique pour l’identification des entreprises de presse ;

– Arrêté N°00086 portant création de la commission d’examen et de validation de la Déclaration des entreprises de presse du Sénégal ;

– Notification de cessation de paiement (modèle) ;

– Arrêté N°011059 sur cessation de diffusion.

Résumé succinct de la situation de la presse depuis l’avènement du régime du président Bassirou Diomaye Diakhar FAYE.

1) Non reconnaissance de l’effacement fiscal des entreprises de presse

Le CDEPS avait obtenu de l’ancien président de la République l’effacement de la dette fiscale des entreprises de presse, frappées de plein fouet par la crise du Covid-19 et qui n’avaient pas bénéficié des fonds Covid de mille milliards pour les entreprises en difficulté. En guise de compensation, le PR a pris une décision politique d’effacement fiscal pour les entreprises de presse. Ce que le nouveau régime a simplement rejeté.

2) Campagne de dénigrement des entreprises de presse privées

Par la voix du ministre de la Communication, l’État a tenté de présenter les patrons de presse comme des bandits fiscaux, alors que les irrégularités de paiement ne datent que de la période post-covid où le secteur des médias a perdu plus de 90% de son chiffre d’affaires, secteur économique le plus touché au Sénégal. Surtout, sur les 10.5 milliards de dettes fiscales des entreprises de presse, les 54% relèvent du secteur public (RTS, APS, Soleil et TDS-SA) et

«seulement» 46% pour toutes les entreprises de presse privées.

3) Refus de moratoires pour le paiement des dettes fiscales

En l’absence d’effacement fiscal, les Impôts étaient en droit de réclamer le paiement des dettes fiscales. Les entreprises de presse ont alors demandé d’étaler le paiement de la dette, ce que les Impôts ont simplement refusé en n’acceptant aucune proposition en adéquation avec la situation des entreprises comme l’attestent les états financiers certifiés déposés par ces derniers.

4) Blocage des comptes bancaires des entreprises de presse

Les Impôts ont continué leurs poursuites qui ont abouti au blocage des comptes bancaires. Ces comptes n’ont été débloqués que le 26 novembre 2024, sans même l’acceptation formelle du gel des poursuites proposé alors par le patronat.

5) Non-paiement des créances dues par l’État aux entreprises de presse

Les créances dues par l’État au titre de l’année 2023 n’ont pas été payées aux entreprises de presse malgré les prestations réalisées.

6) Résiliation unilatérale des contrats de publicité par l’État et ses démembrements (ministères, sociétés et agences nationales) sur instruction écrite du Premier ministre au mois de juin 2024.

7) Gel de la subvention de l’État aux entreprises de presse privées, malgré son vote dans la Loi de finances 2024.

8) Renchérissement des frais de diffusion pour les télévisions nationales

Le patronat de la presse avait négocié et obtenu de l’ancien régime une baisse substantielle des frais de diffusion sur la TNT, qui devaient à terme se chiffrer à 3 millions FCFA par mois, pour un montant symbolique de 500 mille francs.

9) Confiscation des deux bouquets télévisuels de la société EXCAF, reçus en compensation de l’État pour avoir réalisé et financé la mise en place de la TNT au Sénégal. EXCAF est la seule société africaine à avoir réalisé la TNT dans les 54 États du continent. Au mois de juillet 2024, la DG de TDS-SA, militante de Pasteef, a simplement confisqué ces deux bouquets en violation des conventions signées par le CNRA au nom de l’État du Sénégal. TDS, qui est une société anonyme, n’est qu’une plateforme technique, dont les décisions doivent être validées par le CNRA.

10) Négation de l’existence légale des médias

Au Sénégal, la Constitution a consacré la liberté de la presse dans les libertés fondamentales. Ainsi, la création de médias n’est soumise à aucune autorisation administrative. Toute personne physique ou morale a le droit de créer son média. C’est ce que tente de remettre en cause le nouveau régime. Au prétexte d’assainir le secteur de la presse, le ministre de la Communication veut s’arroger la compétence de dire quels médias ont le droit d’exercer sur le territoire sénégalais.

Eu égard à tous ces éléments, il est incontestable que le nouveau régime veut liquider la presse privée nationale. Ce ne sont pas des supputations ou des accusations, c’est la réalité des faits :

– Étouffement fiscal ;

– Asphyxie économique ;

– Négation juridique.

Pour le nouveau régime, toute la presse nationale, sans discernement, est liée à l’ancien régime. Il faut donc l’exterminer.

En plus, pour le nouveau régime, ce n’est pas la presse traditionnelle qui a favorisé son accès au pouvoir, mais seulement les réseaux sociaux. Cette presse traditionnelle doit être simplement remplacée par de nouveaux supports qui seront acquis aux thèses du nouveau régime et financés sur fonds publics.

Voilà en substance la situation de la presse sénégalaise, un an après l’avènement de la 3ème alternance politique. Comme une malédiction, la presse subit la répression après chaque alternance politique, sous Wade, puis sous Macky et aujourd’hui sous Diomaye.

Le combat est aujourd’hui le renforcement de l’embryon d’État de droit au Sénégal, pour favoriser l’émergence d’une presse libre, indépendante et républicaine. Ce n’est pas le combat des journalistes et techniciens des médias. C’est le combat de tous les citoyens, syndicats, partis politiques du pouvoir comme de l’opposition, confréries et de l’Église, toutes les personnes soucieuses du renforcement de la démocratie.

Mamadou Ibra KANE, président du Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS)

Arrestation de l’étudiant sénégalais Malick Diop en Ukraine : des ONG dénoncent une grave atteinte aux droits humains

L’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) et le Mouvement International d’Apostolat des Milieux Sociaux Indépendants (MIAMSI Sénégal) ont exprimé leur vive inquiétude suite à l’arrestation de Malick Diop, un étudiant sénégalais interpellé par les forces ukrainiennes dans des circonstances jugées opaques.

Selon les informations relayées par ces deux organisations de la société civile, Malick Diop, bénéficiaire d’une bourse de l’État sénégalais, poursuit ses études en Russie. Sa présence en Ukraine n’aurait, selon elles, aucun lien avec les hostilités en cours. Cette situation soulève de nombreuses interrogations quant aux motifs réels de son arrestation.

Dans un communiqué conjoint, l’ADHA et le MIAMSI dénoncent une « atteinte grave aux droits humains », en évoquant notamment les violations présumées des normes internationales de protection des personnes. Elles rappellent que des instruments tels que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Convention de Genève sur les prisonniers de guerre ainsi que la Convention internationale contre le mercenariat garantissent le droit à la liberté, à la sécurité, et à une reconnaissance juridique pour toute personne, y compris en temps de guerre.

Face à cette situation préoccupante, les deux ONG appellent avec insistance les autorités sénégalaises, en particulier le président de la République, à engager « sans délai » des démarches diplomatiques et juridiques afin d’obtenir la libération immédiate et inconditionnelle de Malick Diop. Elles exhortent également l’Ukraine à respecter ses engagements internationaux, notamment en matière de traitement des personnes détenues dans le cadre de conflits armés.

L’ADHA et le MIAMSI élargissent leur appel à la communauté internationale. Elles demandent à des institutions comme la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ainsi qu’au Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme de se mobiliser pour assurer la protection des droits fondamentaux de l’étudiant sénégalais.

Vers une issue favorable pour les Policiers Adjoints Volontaires récemment libérés

Une avancée significative semble se dessiner pour les Policiers Adjoints Volontaires (PAV) récemment libérés de leurs fonctions par le ministère de l’Intérieur. En effet, la Direction Générale de la Police Nationale a adressé, ce lundi 28 avril 2025, un message au Directeur Général du Groupement Mobile d’Intervention (GMI), dont Dakaractu a pu obtenir copie.

Dans cette note, il est demandé au responsable du GMI d’informer sans délai les Policiers Adjoints Volontaires de la 7e Génération, actuellement sous son autorité, ainsi que ceux issus de la 1ère Cohorte récemment libérés, de constituer un complément de dossier sous huitaine. Cette démarche pourrait marquer un tournant décisif en faveur de ces agents, qui réclament depuis plusieurs mois une régularisation de leur situation professionnelle.

Cette demande de complément de dossier est perçue comme un signal fort en vue d’une probable réintégration ou d’une nouvelle orientation administrative pour ces jeunes volontaires qui ont servi avec engagement au sein des forces de sécurité.

Bien que les autorités n’aient pas encore officiellement communiqué sur la finalité de cette mesure, de nombreuses voix s’élèvent pour saluer cette initiative, qui laisse entrevoir une issue favorable pour ces agents longtemps plongés dans l’incertitude.

Tragédie à Guédiawaye : décès d’Idrissa Khalifa Diène et vives tensions autour du centre hospitalier Roi Baudouin

Le centre hospitalier Roi Baudouin de Guédiawaye a exprimé sa profonde tristesse suite au décès tragique d’Idrissa Khalifa Diène, un jeune footballeur plein d’avenir, survenu le mercredi 23 avril. Ce drame a bouleversé la commune de Médina Gounass et relancé les débats sur la qualité et la réactivité du système de santé au Sénégal, notamment en matière d’urgence médicale.

Selon un communiqué émis par l’établissement hospitalier, Idrissa Khalifa Diène a été pris en charge dès son arrivée en ambulance pour une première évaluation médicale. Toutefois, l’absence d’un scanner opérationnel sur place a conduit les médecins à recommander un transfert vers un autre centre mieux équipé. Malheureusement, le jeune sportif a succombé à ses blessures avant que ce transfert ne puisse être effectué.

Dans le sillage de cette tragédie, un sentiment d’injustice et d’abandon a gagné la population. De nombreux témoignages affirment qu’une prise en charge plus rapide et des équipements adéquats auraient pu lui sauver la vie. La douleur s’est rapidement transformée en colère : des tensions ont éclaté aux abords de l’hôpital, traduisant la frustration des habitants face à ce qu’ils perçoivent comme un énième manquement du système de santé.

Le journal L’Observateur rapporte que huit personnes ont été interpellées lors de ces incidents et devaient être jugées en comparution immédiate par le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye. Un signal fort, alors que les autorités cherchent à contenir la situation.

De leur côté, les responsables sanitaires ont réaffirmé leur engagement à améliorer la qualité de la prise en charge dans les établissements hospitaliers. Ils ont appelé au calme et à la coopération des citoyens afin d’éviter que de telles scènes ne se reproduisent.

Thierno Alassane Sall en France : Rencontre stratégique avec les responsables de la coordination RV

En déplacement en France depuis vendredi dernier, l’honorable député Thierno Alassane Sall a rencontré les responsables de la coordination de son parti, République des Valeurs (RV), pour une réunion stratégique de haute importance. Cette visite s’inscrit dans un contexte politique tendu au Sénégal, marqué par des préoccupations économiques et sociales grandissantes.

Selon Mamoudou BA, adjoint coordinateur de RV France, cette rencontre répondait à une urgence : celle de faire le point sur la situation actuelle du pays et d’explorer de nouvelles approches pour renforcer la présence et l’impact électoral du parti, notamment au sein de la diaspora. Joint par téléphone, M. BA a souligné que « l’incapacité criante du nouveau régime à répondre aux attentes populaires, les vagues inquiétantes de licenciements, la flambée des prix, la détresse des pêcheurs, la situation incertaine des étudiants, sans oublier la récente décision du Conseil constitutionnel », figuraient parmi les sujets brûlants débattus.

Au-delà des préoccupations nationales, la réunion a également permis de faire un focus sur les réalités vécues par les Sénégalais de l’extérieur. « Il s’agit aussi pour nous d’une occasion de discuter du quotidien réel des Sénégalais de la diaspora, de leurs difficultés de tous les jours », a insisté M. BA.

La séance de travail s’est achevée sur une note spirituelle et solennelle : la prière de l’Asr, dirigée par Thierno Alassane Sall en personne. Une prière fervente, dédiée au peuple sénégalais dans toute sa diversité, avec une pensée spéciale pour la diaspora, « ces bâtisseurs silencieux qui, de loin, continuent de porter le Sénégal dans leur cœur ».

Revalorisation des salaires des travailleurs domestiques au Sénégal : une avancée sociale majeure pour 2025

Le ministère du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les institutions a franchi une étape importante dans la protection sociale des travailleurs domestiques au Sénégal. Par un arrêté en date du 25 avril 2025, signé par le ministre Abass Fall, les salaires minima catégoriels de cette catégorie de travailleurs ont été significativement revalorisés, mettant fin à une grille salariale en vigueur depuis 2009.

Cette revalorisation marque une hausse notable des rémunérations mensuelles, avec des augmentations différenciées selon les catégories professionnelles. Par exemple, le salaire de la 1re catégorie passe de 42 714 F CFA à 64 223 F CFA, tandis que celui de la 7e catégorie grimpe de 53 318 F CFA à 76 996 F CFA. Ces montants constituent désormais les nouveaux planchers salariaux pour les employeurs de travailleurs domestiques.

La décision s’appuie sur plusieurs textes réglementaires récents, notamment le décret n°2023-1710, relatif au salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) et au salaire minimum agricole garanti (SMAG). Elle s’inscrit dans un effort plus large du gouvernement visant à garantir des conditions de travail dignes et à renforcer la protection des travailleurs vulnérables.

En plus de fixer de nouveaux seuils salariaux, l’arrêté abroge officiellement celui du 31 décembre 2009, qui était devenu obsolète face à l’évolution du coût de la vie et des standards sociaux. Le directeur général du Travail et de la Sécurité sociale est chargé de veiller à l’application stricte de cette mesure, qui sera publiée au Journal officiel.

Cette revalorisation s’inscrit dans une dynamique gouvernementale plus large de justice sociale et de reconnaissance du rôle essentiel que jouent les travailleurs domestiques dans la société. Longtemps marginalisés dans les politiques de rémunération, ces derniers bénéficient enfin d’une mesure qui tient compte de leur contribution quotidienne dans les foyers sénégalais.

La décision du Conseil Constitutionnel ravive les tensions politiques à l’approche du dialogue national

La décision du Conseil constitutionnel sénégalais, déclarant non conforme à la Constitution la loi interprétative de l’amnistie, continue de secouer la scène politique nationale. À moins d’un mois du dialogue national prévu le 18 mai par le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, les clivages s’accentuent entre la majorité présidentielle et une opposition fragmentée.

Lors d’une conférence de presse tenue dimanche, la coalition « Diomaye Président » est montée au créneau pour saluer cette décision qu’elle qualifie de « victoire politique et morale ». Dans une atmosphère tendue, le Premier ministre Ousmane Sonko a désigné une partie de l’opposition comme de simples « résidus », une expression qui a provoqué de vives réactions sur l’échiquier politique.

La figure politique Aïda Mbodji, entourée du ministre Moustapha Guirassy, de Me Abdoulaye Tine et de la députée Mame Diarra Fam, a exprimé son soutien sans réserve à la décision du Conseil constitutionnel. Selon elle, le considérant 31 du texte juridique représente un tournant majeur dans la consolidation de l’État de droit au Sénégal. « Le Sénégal privilégie désormais la justice à l’impunité », a-t-elle affirmé, balayant d’un revers de main les critiques venant de l’opposition.

Me Abdoulaye Tine, pour sa part, a salué une « démarche victorieuse », qui permet d’éclairer les Sénégalais sur les responsabilités liées aux violences ayant secoué le pays entre mars 2021 et juin 2023. Il a cependant appelé à la prudence, en soulignant que les poursuites pour meurtres ne devaient pas être teintées de considérations politiques.

Le Directeur général du Port autonome de Dakar, Waly Diouf Bodian, figure montante de l’aile dure du Pastef, a utilisé cette tribune pour renouveler son appel à la dissolution de l’OFNAC (Office national de lutte contre la fraude et la corruption). Il accuse l’institution d’être devenue un « siège de l’enrichissement illicite », et propose de transférer ses compétences au Parquet financier ou, à défaut, de la supprimer purement et simplement.

« On ne développe pas un pays sans justice », a-t-il martelé, soulignant l’importance d’un appareil judiciaire fort et crédible pour instaurer une gouvernance transparente et responsable.

Face à ces attaques, l’opposition tente de se repositionner. Bien que qualifiée de « moribonde » par certains membres du pouvoir, elle conserve une base militante active et continue de dénoncer ce qu’elle perçoit comme une instrumentalisation de la justice.

La décision du Conseil constitutionnel pourrait ouvrir la voie à de potentielles poursuites contre des figures politiques liées aux événements violents de ces dernières années, exacerbant davantage une tension politique déjà palpable.

Le 18 mai prochain, le président Diomaye Faye entend réunir l’ensemble des forces vives de la nation pour un dialogue national. Toutefois, dans ce climat chargé, la tenue de ce dialogue risque d’être compromise si les rancœurs actuelles ne sont pas apaisées. La réconciliation nationale, tant prônée, reste un objectif difficilement atteignable sans un minimum de consensus sur les règles du jeu démocratique.

Cinq anciens ministres de Macky Sall dans le viseur de la justice : vers une mise en accusation devant la Haute Cour

La tempête judiciaire qui secoue l’après-Macky Sall s’intensifie. Le parquet, par l’intermédiaire du ministre de la Justice, a officiellement saisi l’Assemblée nationale pour engager la procédure de mise en accusation de cinq anciens ministres du régime sortant devant la Haute Cour de justice. Cette initiative marque une étape décisive dans les enquêtes sur la gestion des fonds publics, notamment ceux destinés à la riposte contre la pandémie de Covid-19.

Parmi les personnalités visées figurent Ndèye Saly Diop, Moustapha Diop, Sophie Gladima, Mansour Faye et Ismaïla Madior Fall. Les quatre premiers sont directement impliqués dans l’affaire de la gestion controversée du fonds Force Covid-19, tandis que le dernier, ex-ministre de la Justice, est soupçonné d’avoir trempé dans une affaire de corruption distincte.

Avant toute mise en accusation, un préalable s’impose : la levée de l’immunité parlementaire de Ndèye Saly Diop et Moustapha Diop, actuellement députés. Selon le quotidien Les Échos, la décision sera prise ce vendredi. Leurs collègues parlementaires devront se prononcer sur cette étape-clé pour permettre à la justice de poursuivre ses investigations.

Ancienne ministre de la Femme, Ndèye Saly Diop est accusée de n’avoir pas justifié 52 millions de francs CFA sur les 150 millions mis à sa disposition dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Une autre charge, plus insolite, lui est reprochée : l’installation de deux climatiseurs à son domicile, financés par des fonds publics, selon les révélations du journal.

Quant à Moustapha Diop, ex-ministre du Développement industriel, il doit répondre d’un trou de 930 millions de francs CFA, dont les justificatifs seraient introuvables. La gravité de l’affaire est renforcée par la mise sous mandat de dépôt de plusieurs anciens collaborateurs de son ministère : la Dage, le gestionnaire et son chauffeur.

Sophie Gladima et Mansour Faye, également cités dans l’affaire Force Covid-19, attendent que le processus judiciaire les concernant suive son cours. Pour sa part, Ismaïla Madior Fall devra faire face à une enquête autour d’un dossier de corruption encore peu détaillé dans les médias, mais suffisamment sérieux pour justifier une saisine de la Haute Cour.

Cette procédure de traduction devant la Haute Cour de justice, rare dans l’histoire institutionnelle du Sénégal, constitue un test de vérité pour les nouvelles autorités dirigées par le président Bassirou Diomaye Faye. Elle est également une réponse à l’exigence de transparence et de reddition des comptes portée par les électeurs.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°453 – 28/04/2025

🔴 SÉCURITÉ ALIMENTAIRE, SURVIE HUMAINE ET DU BÉTAIL EN PÉRIL : GUINGUINÉO A SOIF !
🔴 PROGRAMME DE RÉSILIENCE DU SYSTÈME ALIMENTAIRE : 132 MILLIARDS F CFA INJECTÉS PAR LA BANQUE MONDIALE

🔴 BAL 5 / FACE AU KRIOL STAR DU CAP-VERT : L’ASCVD À DEUX PANIERS DE LA GLOIRE
🔴 LIGUE 1 : WALLY DAAN FAIT TOMBER LE JARAAF

Suspension brutale des médias « non conformes » : une décision qui inquiète et relance le débat sur la liberté de la presse au Sénégal

Le 22 avril 2025, un arrêté ministériel a secoué le paysage médiatique sénégalais en ordonnant la suspension immédiate des médias jugés « non conformes » au Code de la presse. Cette décision survient à un moment particulièrement sensible, à quelques jours de la Journée internationale de la liberté de la presse, prévue le 3 mai. Si la mesure vise officiellement à renforcer la régulation des médias, elle suscite d’ores et déjà de vives réactions et soulève des inquiétudes sur l’avenir de la liberté de la presse au Sénégal.

L’arrêté, pris sans consultation préalable ni procédure judiciaire, a immédiatement défrayé la chronique. Pour de nombreux professionnels de l’information et défenseurs des droits humains, cette décision représente un coup dur pour la liberté d’expression. La suspension des médias dits « non conformes » est perçue comme une forme de censure arbitraire, incompatible avec les principes démocratiques et les engagements internationaux du Sénégal en matière de droits humains.

L’ONG ARTICLE 19, spécialisée dans la défense de la liberté d’expression, a rapidement dénoncé cet arrêté. Selon l’organisation, ce dernier instaure un système de censure préalable sans fondement légal solide. « L’arrêté ne prévoit ni procédure contradictoire, ni contrôle judiciaire préalable, ni même de recours effectif pour les médias concernés », indique ARTICLE 19 dans un communiqué. Selon l’ONG, cette absence de garanties juridiques soulève des préoccupations sur l’équité et la transparence du processus.

L’organisation rappelle que cette décision va à l’encontre des normes internationales en matière de liberté de la presse. En particulier, elle contrevient à la Déclaration des principes sur la liberté d’expression et l’accès à l’information en Afrique, ainsi qu’à l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Ce dernier encadre strictement les restrictions à la liberté de la presse, n’admettant de telles restrictions que dans des cas précis, tels que la protection de la réputation d’autrui, la sécurité nationale, l’ordre public ou la santé.

De plus, cet arrêté ministériel intervient dans un contexte où le Sénégal s’était engagé à réformer son Code de la presse afin de réduire les mesures liberticides et de garantir une plus grande liberté de l’information. Cependant, cette suspension massive semble au contraire marquer un recul démocratique, jetant une ombre sur les avancées réalisées ces dernières années.

Face à cette situation, ARTICLE 19 appelle les autorités sénégalaises à suspendre immédiatement l’application de l’arrêté et à entamer une réforme profonde du Code de la presse. L’organisation préconise la mise en place d’une approche multipartite de co-régulation, associant à la fois les médias, la société civile et les institutions publiques, afin de trouver un équilibre entre la liberté d’informer et la responsabilité éditoriale.

Les défenseurs des droits humains insistent également sur la nécessité de renforcer l’indépendance des organes de régulation des secteurs de la radiodiffusion, des télécommunications et d’Internet. Par ailleurs, il est recommandé d’établir des mécanismes judiciaires permettant de mieux encadrer toute restriction aux activités des médias, afin d’éviter les abus.

L’arrêté ministériel, qui semble marquer un tournant dans la gestion de la presse au Sénégal, intervient à un moment symbolique. À moins de deux semaines de la Journée internationale de la liberté de la presse, cet acte résonne comme un signal d’alarme, non seulement pour les médias sénégalais, mais aussi pour les défenseurs de la démocratie et des droits de l’homme dans le pays.

La décision ministérielle rappelle avec force les enjeux liés à la régulation de la presse et à la liberté d’expression. Dans un contexte où les débats sur la pluralité des médias et la transparence des informations sont de plus en plus cruciaux, cette mesure pourrait bien marquer le début d’un nouveau chapitre dans les relations entre l’État sénégalais et les médias. À un moment où le pays semblait être sur la voie de réformes progressistes en matière de droits humains, cette suspension brutale risque de freiner cette dynamique et d’entacher les efforts pour renforcer la liberté de la presse.

En conclusion, la décision ministérielle du 22 avril marque une nouvelle étape dans les défis auxquels le Sénégal est confronté en matière de liberté d’expression. Si elle est perçue comme une réponse nécessaire à des dérives médiatiques, elle soulève des questions cruciales sur l’équilibre entre régulation et liberté. Le pays se trouve aujourd’hui à un carrefour où la gestion de la presse devra s’inscrire dans une logique de respect des principes démocratiques et des engagements internationaux en faveur des droits humains.

Aïda Mbodji : « Les crimes imprescriptibles ne peuvent être effacés par une loi »

À l’occasion d’une conférence organisée ce dimanche à Dakar par la Coalition Diomaye Président, la directrice générale de la Délégation à l’Entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (DER/FJ), Aïda Mbodji, a tenu un discours engagé, axé sur la mémoire des victimes de violences passées et sur l’exigence de justice.

En ouvrant son intervention, Aïda Mbodji a invité l’assistance au recueillement, soulignant l’importance de ne jamais oublier les victimes. « Si je vous ai invités au recueillement, c’est pour ne jamais oublier les victimes innocentes à qui nous devons justice », a-t-elle déclaré, dans un contexte marqué par la récente décision du Conseil constitutionnel invalidant la loi interprétative de la loi d’amnistie.

Pour la responsable politique, certains crimes ne sauraient être effacés, quel que soit le contexte politique ou juridique. « L’assassinat, le meurtre, la torture, les actes de barbarie, les traitements inhumains, cruels ou dégradants sont des crimes imprescriptibles », a-t-elle martelé devant un public attentif, appelant à respecter les principes fondamentaux des droits humains.

Aïda Mbodji a également abordé un autre dossier sensible : la gestion des Fonds Covid. À ce sujet, elle a été ferme : « Les auteurs et commanditaires ne resteront pas impunis », a-t-elle assuré, tout en réfutant les critiques selon lesquelles il s’agirait d’une chasse aux sorcières. « Quand on voit la nature des faits reprochés aux personnes incriminées, il est clair qu’il s’agit de rendre des comptes, pas de régler des comptes », a-t-elle précisé, insistant sur la nécessité de transparence et de responsabilité dans la gestion des ressources publiques.

Par ses propos, Aïda Mbodji a rappelé que la construction d’une gouvernance vertueuse passe par le respect de la mémoire des victimes et la lutte contre l’impunité, quelles que soient les sensibilités politiques.

Dialogue national : Moundiaye Cissé met en garde contre la politique de la chaise vide

Invité ce dimanche de l’émission Face au Jury sur Pressafrik TV HD, Moundiaye Cissé, directeur exécutif de l’ONG 3D et coordonnateur du COSCE, s’est exprimé sur plusieurs sujets d’actualité, notamment le dialogue national prévu en mai prochain et la récente décision du Conseil constitutionnel concernant l’interprétation proposée par le député Amadou Ba.

Dès l’entame, Moundiaye Cissé a salué le choix porté sur Dr Cheikh Gueye pour piloter les travaux du dialogue, rappelant que ce dernier est lui-même issu de la société civile. Pour le coordonnateur du COSCE, l’importance du dialogue ne fait aucun doute : « Cela va permettre l’implication de tous, que ce soit la société civile, les hommes politiques ou encore l’administration. Chacun pourra faire des propositions ou opposer son veto sur certaines décisions », a-t-il déclaré.

Il a tenu à préciser que le dialogue national n’est pas une simple formalité, mais une rencontre sérieuse où chaque partie prenante — administration, partis politiques, société civile — est appelée à faire valoir son expertise pour parvenir à un consensus. Toutefois, il a mis en garde contre le risque de faire durer inutilement les discussions : « Plus un dialogue s’éternise, plus il devient difficile d’arriver à un consensus, et cela coûte également plus cher. »

Sur la méfiance exprimée par certains partis d’opposition vis-à-vis du régime en place, Moundiaye Cissé a relativisé, soulignant que cette dynamique est naturelle en démocratie. « Tu ne verras jamais une opposition faire confiance à un parti au pouvoir. Ils sont dans l’opposition justement parce qu’ils ne sont pas d’accord avec la gouvernance en place. C’est ainsi que fonctionne la démocratie », a-t-il expliqué. Pour lui, cette méfiance ne doit cependant pas empêcher le dialogue : « Ce sont précisément les positions divergentes qu’il faut confronter autour d’une même table. »

Face aux menaces de boycott, souvent agitées avant l’ouverture d’un dialogue politique, Moundiaye Cissé a fait preuve de pragmatisme. Selon lui, l’histoire politique récente du Sénégal montre que même les plus sceptiques finissent par rejoindre la table des discussions. « Depuis 1999 que je suis dans la société civile, j’ai toujours vu certains poser des conditions ou menacer de boycotter, mais au final, ils finissent par participer », a-t-il souligné.

Plus fondamentalement, Moundiaye Cissé a insisté sur l’importance de la participation, même en cas de désaccord profond. « Même si tu n’es pas d’accord, tu dois être présent pour exprimer ton désaccord. Parce que ce qui se fait pour moi et sans moi est contre moi », a-t-il martelé. Il estime que boycotter un dialogue national revient à s’exclure des décisions qui engageront tout le pays, au risque de voir ses intérêts compromis.

Pour le directeur exécutif de l’ONG 3D, la politique de la chaise vide n’a jamais été une bonne stratégie. Il appelle ainsi toutes les forces vives de la nation à répondre à l’appel au dialogue pour bâtir ensemble un avenir politique plus apaisé et inclusif pour le Sénégal.

Ngoloum : L’humanité au bord de la soif, bétail en détresse — une crise silencieuse aux lourdes conséquences

Dans plusieurs localités du Sénégal, l’eau, source de vie, se fait de plus en plus rare. C’est le cas du village de Ngoloum, situé dans le département de Guinguinéo, région de Kaolack. La crise de l’eau qui y sévit ne menace pas seulement l’accès à la boisson, elle met également en péril le bétail, la survie humaine et la sécurité alimentaire. Face à cette situation, le collectif des ressortissants de Ngoloum vivant dans d’autres régions a décidé de tirer la sonnette d’alarme.

« Depuis la fête de la Korité, Ngoloum est confronté à un sérieux problème d’eau lié à la panne récurrente du forage. Comme vous le savez, l’État du Sénégal a confié la gestion des forages ruraux à la société Flexeau. Mais force est de constater que cette entreprise peine à assurer convenablement sa mission. Elle se contente de collecter les ressources des populations sans investir efficacement dans les infrastructures », a dénoncé Tamsir Bakhoum, coordonnateur du collectif Ngoloum contre COVID-19.

Selon lui, malgré plusieurs interpellations adressées à Flexeau, ce n’est que récemment que des pompes de secours ont été acheminées sur place. « Mais nous savons tous que cela ne réglera pas le problème. Le forage est complètement à l’arrêt depuis des semaines, et les populations ne peuvent pas vivre sans eau », a-t-il alerté.

Face à l’urgence, le collectif a sollicité l’appui de leurs relations dans divers secteurs. Grâce à ces contacts, ils ont pu attirer l’attention du directeur de l’OFOR, qui a répondu favorablement en envoyant une citerne d’eau. « Nous saluons cet appui, mais une seule citerne ne peut suffire à alimenter un village de plus de 6 000 habitants », regrette Tamsir Bakhoum.

Il ajoute : « Nos mères, nos épouses et l’ensemble des habitants de Ngoloum nous ont interpellés pour savoir ce que les fils du village pouvaient faire face à cette crise. Nous avons encore contacté Flexeau, qui nous a répondu que c’est Senelec qui aurait endommagé leurs équipements, provoquant la panne de plusieurs machines, alors qu’ils n’avaient plus de pièces de rechange en stock. De plus, l’État leur doit une importante somme d’argent, ce qui freine leurs capacités d’intervention ».

Alors que la société déclare ne plus pouvoir réagir de manière urgente, l’OFOR a été de nouveau sollicité, notamment à travers des intermédiaires, afin de dépêcher une nouvelle citerne d’eau après la cérémonie religieuse de la Daaka de Médina Gounass.

« Nous interpellons le Président de la République et son Premier ministre. Ils n’ont pas le droit de tourner le dos à cette population en détresse », a martelé M. Bakhoum.

Car au-delà des souffrances humaines, les animaux domestiques sont également frappés de plein fouet par cette pénurie. L’accès à l’eau devient un enjeu de survie pour le bétail, menaçant directement l’activité pastorale.

« En plus de l’élevage, l’agriculture est notre principale activité. Sans eau, pas d’agriculture. Et sans agriculture, il n’y a pas de vie ici », a-t-il conclu.

Kaolack / Politique : La jeunesse régionale et départementale de l’AFP jubile suite à la nomination de Mbaye Dione

Le successeur de Moustapha Niasse à la tête de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP) est désormais connu. Il s’agit de Mbaye Dione, député-maire de Ngoundiane, officiellement désigné ce 26 avril 2025 à Dakar, lors du 3e congrès ordinaire du parti.

À Kaolack, cette nomination a été accueillie avec enthousiasme, notamment par la jeunesse régionale et départementale de l’AFP. Diarry Sow, responsable de cette frange du parti, n’a pas caché sa satisfaction :

« Pour nous, cette nomination vient couronner un long parcours politique marqué par la proximité avec les populations, l’engagement sur le terrain et une loyauté sans faille envers les idéaux du parti. C’est une fierté pour tout le pays. Mbaye Dione a toujours été aux côtés des jeunes, des femmes et des agriculteurs. Il mérite amplement cette reconnaissance. »

Elle a également exprimé l’espoir que ce nouveau leadership impulsera des projets de développement dans des secteurs stratégiques comme l’emploi des jeunes, l’agriculture et les infrastructures.

À sa sortie de l’assemblée générale, jointe par téléphone par notre correspondant permanent à Kaolack, Diarry Sow a salué « la promesse de rassemblement » formulée par Mbaye Dione :

« Il a promis de rester au service de la communauté, avec humilité et détermination, en appelant à l’unité et au travail collectif pour relever les défis qui attendent notre pays. »

En perspective des élections présidentielles de 2029, Diarry Sow annonce déjà la couleur :

« Nous allons intensifier nos mobilisations pour soutenir la candidature de Mbaye Dione, à travers des meetings, des campagnes de sensibilisation et des actions de proximité. Nous allons redoubler d’efforts pour convaincre et rallier le plus grand nombre. »

Elle conclut avec conviction :

« Nous croyons en lui, car il incarne nos aspirations et notre avenir. Notre stratégie est de toucher la jeunesse dans tous les coins du pays. Par la proximité et l’écoute, nous allons y parvenir. »

La jeunesse AFP de Kaolack entend ainsi jouer un rôle central dans cette nouvelle dynamique, avec l’ambition de porter haut la candidature de leur nouveau leader.

Traduit devant la Commission Juridique et Disciplinaire de la FSKDA : le Président de la Ligue de Dakar dénonce une dérive autoritaire et la persécution des lanceurs d’alerte

C’est une charge d’une rare intensité que le président de la Ligue régionale de karaté de Dakar, Bescaye Diop, a adressée à la Commission juridique et disciplinaire de la Fédération sénégalaise de karaté et disciplines associées (FSKDA). Dans une communication rendue publique, il accuse frontalement cette instance d’avoir trahi sa mission première : garantir la justice, l’éthique et la légalité au sein du karaté sénégalais.

Une commission devenue “instrument de persécution”

Selon M. Diop, la Commission juridique et disciplinaire ne serait plus qu’un outil de règlements de comptes politiques internes, agissant avec une partialité flagrante à l’encontre des lanceurs d’alerte. Il dénonce son silence complice face aux nombreuses irrégularités et exactions commises en interne par le bureau fédéral : suspensions arbitraires, insultes publiques, exclusions sans fondement légal, entre autres.

Dans son document, Bescaye Diop énumère douze faits majeurs illustrant l’inaction de la commission. Parmi eux : la suspension illégale de responsables de ligue, le silence sur de graves accusations de détournement de fonds publics, des propos diffamatoires tenus par des membres du bureau fédéral, la nomination illégitime d’un président intérimaire à la tête de la Ligue de Dakar, l’inaction face aux inculpations judiciaires visant certains membres de la fédération, et le refus d’organiser une Assemblée générale extraordinaire, malgré la volonté exprimée par plus des deux tiers des clubs.

“Une faillite morale”

Pour le président de la Ligue de Dakar, la commission n’a jamais assumé son rôle de médiateur ni tenté de prévenir les conflits. Pire encore, elle est accusée d’avoir tourné le dos aux principes fondamentaux du sport et de la justice. « Elle est inexistante dans la défense de la justice, inutile dans la sauvegarde de l’éthique, et complice des dérives de la Fédération contre les lanceurs d’alerte », affirme-t-il avec fermeté.

Des alertes transmises aux plus hautes autorités

Dans sa note, Bescaye Diop indique avoir saisi l’OFNAC, le conseiller spécial du Premier ministre en charge des affaires sportives, ainsi que la ministre des Sports, au sujet des manquements graves de cette commission. Il appelle à une réaction forte de l’État, invoquant la nécessité de protéger les lanceurs d’alerte, désormais inscrite dans les priorités nationales.

Un engagement renouvelé pour la transparence

Face à cette situation qu’il qualifie de catastrophique pour la crédibilité du karaté sénégalais, M. Diop se dit plus déterminé que jamais à défendre la vérité, la justice et les valeurs du sport. Il se démarque clairement de toute forme de malversation, de fraude ou de compromission : « Je ne serai jamais un malfaiteur. Je ne ferai jamais partie d’une association de malfaiteurs. (…) Je suis, et je resterai, du côté de la justice, de la vérité, et des karatékas intègres. »

“Une crise profonde qui appelle à une réforme”

Cette déclaration intervient dans un contexte de tension extrême entre certaines ligues régionales et la direction fédérale. La demande de transparence, relayée depuis plusieurs mois par de nombreux acteurs du karaté, semble désormais prendre une dimension plus politique et institutionnelle.

La crise qui secoue actuellement la FSKDA pourrait bien s’intensifier dans les prochains jours, à mesure que les autorités étatiques et les partenaires du sport sénégalais réagiront à cette dénonciation publique.

Washington, nouveau théâtre de la rivalité entre le régime de Diomaye et l’ombre de Macky Sall

La rivalité politique sénégalaise a franchi les frontières nationales pour se transporter jusqu’à Washington D.C., au cœur même des institutions financières internationales. Cette semaine, les réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale ont servi de décor à un affrontement diplomatique inédit entre le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye et les réseaux de son prédécesseur Macky Sall.

Si le président Diomaye Faye avait déjà affirmé que Macky Sall continuait d’influencer les affaires du pays depuis les coulisses, la scène internationale vient de lui donner raison. Selon les révélations du Quotidien, une délégation ministérielle sénégalaise officielle, conduite par le ministre de l’Économie Cheikh Diba, a bel et bien croisé à Washington une équipe parallèle composée d’anciens cadres de l’Alliance pour la République (APR), mandatée par l’ex-président Macky Sall. Leur mission : défendre, auprès de Mme Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, un contre-rapport sur la gestion économique du pays entre 2019 et 2023.

Ce document, élaboré par le parti de l’ancien président, vise à répondre point par point aux accusations de malversations et de falsifications des comptes publics soulevées par la Cour des comptes et le nouveau pouvoir. Il avait déjà été soumis à la représentation du FMI à Dakar lors d’une rencontre entre des responsables de l’APR, dont Pape Malick Ndour, et des techniciens du Fonds.

Au cœur de cette offensive diplomatique de l’ombre, un nom ressort : Hamidou Anne. Proche de Macky Sall, ce dernier s’impose comme l’un des piliers du dispositif mis en place pour maintenir l’influence de l’ancien régime. Déjà actif auprès de la Commission européenne ces derniers mois, il poursuit inlassablement sa stratégie de « rétablissement de la vérité », version APR, sur la santé économique du Sénégal en fin de magistère.

Cette double présence sénégalaise dans les cercles du FMI soulève plusieurs interrogations. D’une part, elle met en lumière une fracture profonde entre le régime actuel et celui qui l’a précédé. D’autre part, elle interroge sur la perception qu’ont les bailleurs de fonds de cette cacophonie diplomatique. Le FMI, historiquement en phase avec la gouvernance de Macky Sall, pourrait-il être tenté de privilégier les anciens interlocuteurs, mieux connus, plus rodés aux mécanismes internationaux ?

Le gouvernement de Diomaye Faye, en quête urgente de soutien financier dans un contexte économique tendu, devra convaincre que sa version de la situation est la plus crédible. Mais il pourrait bien être contraint, à terme, de composer avec l’héritage diplomatique de Macky Sall et les réseaux toujours actifs de l’APR.

Ismaïla Madior Fall brise le silence sur l’affaire de corruption : « Je n’ai jamais accepté les 50 millions »

Invité de l’émission MNF sur la 7TV, l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, est sorti de son silence pour la première fois depuis l’éclatement de l’affaire de présumée corruption dans laquelle son nom est cité. Une sortie médiatique très attendue, dans un contexte où l’ancien garde des Sceaux pourrait être poursuivi devant la Haute Cour de Justice.

D’entrée, Ismaïla Madior Fall a tenu à préciser que c’est l’actuel ministre de la Justice qui a initié les enquêtes menant potentiellement à son renvoi devant cette juridiction d’exception. « Je ne suis pas surpris », a-t-il déclaré, affirmant avoir eu vent de deux dossiers en cours le concernant : le premier lié à la supposée affaire de corruption, et le second, au programme de bracelets électroniques, confié au Parquet judiciaire financier (PJF).

Revenant sur les faits, l’ex-ministre a expliqué que l’affaire trouve son origine dans le projet de mise en place des bracelets électroniques, initié lors de son passage au ministère de la Justice. Il raconte avoir identifié un site de 8 000 m² près du tribunal de Guédiawaye, dont une portion de 1 000 m² devait servir à l’implantation d’un centre de surveillance.

Le projet, évalué à environ 600 millions de francs CFA, devait être partiellement financé par un mécanisme de « dation en paiement », une formule juridique permettant à l’État de régler une partie de la somme — entre 150 et 200 millions de francs CFA — en nature. « Je ne connaissais même pas le responsable de la construction. C’est le directeur des constructions des palais de justice qui m’a mis en contact avec lui », précise-t-il.

Mais rapidement, le projet a connu un blocage. Ismaïla Madior Fall explique avoir été alerté par les Impôts et Domaines que l’opérateur avait gagé le terrain auprès d’une banque. Constatant la stagnation, il a pris la décision d’annuler le projet ainsi que le bail.

Un épisode controversé concerne une somme de 50 millions de francs CFA que l’entrepreneur aurait prétendument remise à l’ancien ministre. À ce propos, Ismaïla Madior Fall se montre catégorique : « Je n’ai en aucun cas accepté cet argent. Il voulait généreusement me les offrir, mais je les ai refusés diplomatiquement. Nous n’avons jamais parlé d’argent », insiste-t-il.

Il ajoute que sa successeure au ministère, Me Aïssata Tall Sall, a été informée de l’ensemble du dossier, et c’est à cette occasion que l’entrepreneur aurait évoqué ce montant. « Il s’agit d’une opération de valorisation foncière qui a mal tourné, menée avec un opérateur qui n’avait ni la capacité technique ni les moyens financiers », conclut-il.

Alors que la justice poursuit son travail, cette sortie médiatique marque une étape importante dans la défense d’Ismaïla Madior Fall, qui clame son innocence face à une affaire au parfum de scandale.

Affaire des 125 milliards FCFA : Demba Ngom et Aziz Kane fixés sur leur sort lundi prochain

Dans le cadre d’une enquête sur des transactions financières suspectes estimées à 125 milliards de francs CFA, Demba Ngom, frère de Farba Ngom, maire des Agnam, et Aziz Kane seront fixés sur leur sort lundi prochain. Les deux hommes ont été déférés vendredi dernier par la Division des investigations criminelles (DIC), après avoir bénéficié d’un retour de parquet. Cette procédure s’inscrit dans le cadre d’une délégation judiciaire consécutive à une alerte de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).

Selon les informations rapportées par L’Observateur, l’enquête préliminaire a permis de découvrir la somme de 100 millions de francs CFA dans un coffre-fort lors d’une perquisition au domicile de Demba Ngom aux Almadies. Face aux enquêteurs, ce dernier a tenté de justifier l’origine de cette somme, affirmant qu’elle n’avait aucun lien avec son frère, Farba Ngom. Il a présenté des relevés de compte et divers documents bancaires à l’appui de sa défense.

Demba Ngom a expliqué exercer des activités commerciales depuis les années 1990 dans la sous-région, notamment la vente d’huile au Burkina Faso, d’électroménager en Côte d’Ivoire, et de produits phytosanitaires au Gabon. Il a précisé être arrivé à Dakar le 26 février 2025 dans le but d’assister son frère, pensant que ce dernier pourrait bénéficier d’une liberté provisoire après avoir payé une caution.

Cependant, ces déclarations n’ont pas suffi à convaincre les enquêteurs de la DIC, qui ont poursuivi leurs investigations. Celles-ci ont mené à l’arrestation d’Aziz Kane, également impliqué dans le dossier. Le coffre-fort contenant les 100 millions de francs CFA a été mis sous scellé, en attendant les suites judiciaires.

La décision du parquet concernant le sort de Demba Ngom et d’Aziz Kane est attendue pour ce lundi. Cette affaire suscite un vif intérêt, notamment en raison du lien familial entre Demba Ngom et une figure politique influente. Les prochains jours s’annoncent décisifs dans cette enquête aux ramifications financières complexes.

Malem Hodar : Deux ans sans eau à Mbané, les populations expriment leur désarroi

Depuis deux longues années, les habitants du village de Mbané, situé dans la commune de Ndioum, département de Malem Hodar, vivent une situation alarmante. Avec une population de 1 125 habitants, le village fait face à une pénurie d’eau chronique : aucune goutte ne coule des robinets depuis 24 mois.

« Pendant toutes ces périodes, c’est la débrouille quotidienne pour trouver une goutte d’eau », confie Modou Ndao, fils du chef du village de Mbané.

Les habitants ne sont pas restés silencieux face à cette situation. « Les autorités locales ont été alertées à plusieurs reprises. Des lettres ont été envoyées, des réunions tenues. Mais jusqu’ici, aucune solution durable n’a été trouvée. Depuis deux ans, rien ne bouge », déplore Modou Ndao.

Face à l’inaction des autorités, les villageois ont dû prendre les choses en main. Ils ont organisé des collectes de fonds pour réaménager le puits du village. Mais cette initiative reste limitée face à l’ampleur du problème.

Deux ans sans eau potable dans les foyers, c’est une atteinte grave à la dignité humaine. Les habitants de Mbané demandent simplement ce qui leur revient de droit : un accès à l’eau potable. Ils espèrent que ce cri du cœur trouvera enfin un écho auprès des autorités compétentes.

CESSATION IMMÉDIATE DE DIFFUSION DE MÉDIAS : Tir groupé des patrons de presse contre le ministère de la Communication

Une vague de suspensions touche plusieurs médias sénégalais, sommés de cesser toute diffusion par arrêté du ministère de la Communication. Invoquant une non-conformité au Code de la presse, les autorités ont enclenché une procédure contestée par de nombreux patrons de presse, qui dénoncent une mesure arbitraire, anticonstitutionnelle et dangereuse pour la liberté d’informer.

De nombreux patrons de presse sont actuellement convoqués à la Division de la Surveillance du Territoire (DST), où il leur a été signifié une cessation immédiate de parution. Cette décision découle de l’arrêté n°011059/MCTN, signé le 22 avril 2025 par le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, qui ordonne la suspension sans délai de la diffusion, de la publication et du partage de contenus en provenance de médias jugés non conformes aux dispositions du Code de la presse.
Dans un procès-verbal émis par la DST, un organe de presse a donc reçu, ce vendredi 25 avril, une notification officielle émanant du Commissaire de Police Divisionnaire, Directeur de la Surveillance du Territoire, lui intimant de cesser immédiatement toute activité de parution. À défaut de s’y conformer, des sanctions sont prévues, notamment celles énoncées aux articles 194, 195 et 200 du Code de la presse.
Parmi les patron de presse convoqués figure Aïssatou Diop Fall. Journaliste chevronnée avec vingt-cinq années d’expérience, elle a été sommée de fermer sa chaîne YouTube, Publicsn, avant d’être convoquée à la DST. Elle dénonce une décision arbitraire : « Ils ont déclaré la guerre à la presse. Qu’il en soit ainsi ! La notification de cessation de diffusion que j’ai reçue est illégale et anticonstitutionnelle. En outre, elle est en déphasage avec le Code de la presse qu’ils ont brandi. Le ministère a sorti une liste de médias qu’il considère “conformes” et elle ne peut être définitive du fait que des médias qui leur appartiennent continuent à voir le jour après cette publication. D’ailleurs, avant la publication de cette liste, je m’étais inscrite sur leur site. Mais, mon organe avait été éjecté des organes qu’ils ont reconnus sans qu’ils ne me donnent les raisons. C’est dernièrement, lors du ramadan, qu’ils m’ont envoyé un e-mail pour que je complète les documents fournis, ce que j’ai fait. Depuis lors, je n’ai pas reçu de nouveau courriel. Alors, jusqu’à présent je suis conforme. »
Cette vague de suspensions et de convocations a immédiatement suscité une vive indignation dans le paysage médiatique. Le journaliste Mamoudou Ibra Kane s’interroge : « Dans quel pays sommes-nous pour qu’un ministre pense pouvoir décider des “médias conformes” et des “médias non conformes”, et donc, avoir un pouvoir de vie et de mort sur l’écrit, l’image, la parole, tous les contenus médiatiques ?! Où est la justice ? Où est le régulateur ? Liy raam ci ñak bi la jëm – ceci est un précédent dangereux, en français. Il est temps de sonner la résistance face à l’oppression, la persécution et la négation en cours des droits et libertés au #Sénégal. Cette dérive interpelle tous les citoyens qui doivent la combattre par tout moyen qu’autorise la loi. »
L’administrateur du « Quotidien », Madiambal Diagne, quant à lui, fustige une démocratie en recul : « C’est une honte dans une démocratie que de fermer des médias. Si on peut autoriser des chaînes YouTube qui ont montré au public comment fabriquer des cocktails molotov, on devrait franchement laisser d’autres, qui n’ont pas commis une telle hérésie, de continuer d’opérer. Triste. »
El Hadji Cheikh Kane, administrateur du « Groupe Le Dakarois », ne mâche pas ses mots : « le droit d’informer ne s’achète pas, ne se quémande pas. Il s’exerce. Aujourd’hui, au Sénégal, 381 médias se retrouvent exclus de la reconnaissance officielle de l’État. 639 médias ont été déclarés. Seuls 258 sont “validés”. Cela pose une question simple, mais fondamentale : qui décide de qui a le droit de parler ? Et sur quels critères ? Quand un ministre tente de faire passer un arrêté pour une loi, ce n’est plus de la régulation, c’est de la censure. Quand des médias sont traités comme des menaces, simplement parce qu’ils sont critiques, ce n’est plus de la gouvernance, c’est de l’intimidation. »
Il rappelle que ce droit est garanti par la Constitution : « Le droit d’informer, de débattre, de critiquer — c’est le socle d’une démocratie vivante. Et ce droit est inscrit noir sur blanc dans l’article 11 de notre Constitution. Aucun arrêté, aucun communiqué, aucune menace ne peut l’annuler. Aujourd’hui, je tiens à exprimer ma solidarité totale avec tous les journalistes, techniciens, chroniqueurs, directeurs de publication, cameramen, animateurs, qui continuent de faire leur travail avec courage malgré les pressions. Il est temps de dire non. Il est temps de faire bloc. Il est temps de rappeler à ceux qui nous gouvernent que la presse n’est pas un privilège, c’est une responsabilité, un droit, une mission. »
Pour mémoire, le ministère de la Communication avait publié, le jeudi 6 février 2025, une liste officielle des médias en règle avec le Code de la presse. Sur les 639 médias déclarés, seuls 258 ont été reconnus comme conformes aux normes réglementaires en vigueur, contre 381 jugés non conformes, selon les déclarations de Habibou Dia, directeur de l’information. Une situation qui continue d’alimenter une profonde crise de confiance entre les autorités et les acteurs du secteur médiatique, sur fond de menaces à la liberté d’expression.

La Dakaroise

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°452 – 26 ET 27/04/2025

🔴 CESSATION IMMÉDIATE DE DIFFUSION DE MÉDIAS PAR LE MINISTÈRE DE LA COMMUNICATION : L’ARRÊTÉ MINISTÉRIEL FAIT SCANDALE

🔴 CHAMPIONNAT D’AFRIQUE SCOLAIRE U15 : LE SÉNÉGAL ARRACHE SA PLACE EN FINALE
🔴 BIGNONA / CONSTRUCTION DU SIÈGE DE LA LIGUE RÉGIONALE DE FOOTBALL : 40 MILLIONS F CFA SUR LA TABLE

Sénégal : la fin d’une justice… soumise ? ( par Aboubakr Ka)

« Ô vous qui croyez ! Soyez stricts (dans vos devoirs) envers Dieu et (soyez) des témoins équitables. Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injustes. Pratiquez l’équité: cela est plus proche de la piété. […] »
(Sourate Al-Mâ’ida, verset 8)

« Les peuples d’avant vous ont été détruits parce que lorsqu’une personne noble parmi eux volait, ils la laissaient tranquille, et lorsqu’un faible volait, ils lui appliquaient la peine. Par Allah, si Fatima, fille de Muhammad, avait volé, je lui aurais coupé la main. »
(Rapporté par Al-Bukhari et Muslim)

Pendant trop longtemps, au Sénégal, nous avons vécu avec l’amertume d’une justice sous tutelle. Une justice dont la boussole semblait constamment orientée par la volonté du pouvoir exécutif. Une justice à deux vitesses, prompte à frapper les faibles et les opposants, mais muette face aux dérives des puissants. Nous avons crié, dénoncé, protesté… jusqu’à l’alternance.

Mais aujourd’hui, quelque chose change. Un vent nouveau souffle sur notre système judiciaire, et il serait malhonnête – voire aveugle – de ne pas le reconnaître.

Deux faits majeurs viennent, en effet, bousculer l’histoire institutionnelle récente de notre pays :

  1. Février 2024 : alors que le Président Macky Sall, acculé, tente de reporter les élections présidentielles dans une manœuvre à la fois illégitime et injuste, le Conseil constitutionnel oppose un refus catégorique. Un “non” clair, ferme, historique. Pour la première fois dans l’histoire républicaine du Sénégal, la plus haute juridiction du pays impose la primauté de la Constitution face aux jeux politiciens d’un Président en exercice.
  2. Avril 2025 : cette même institution rejette une loi d’interprétation soumise par la nouvelle majorité, jugeant qu’elle viole la Constitution. Une nouvelle démonstration d’indépendance, un rappel fort : la loi n’est pas une marionnette dont les partis tireraient les ficelles.

Ces décisions ne sont pas de simples actes juridiques. Ce sont des affirmations de souveraineté judiciaire. Des gestes forts, courageux, qui raniment l’espoir. Et si cela dérange aussi bien l’opposition que certains militants du pouvoir, le président Bassirou Diomaye Faye semble résolu à s’en tenir strictement à son rôle dans l’exécutif, respectant pleinement le principe de séparation des pouvoirs. Cela explique d’ailleurs son appel public au peuple — seul souverain, au nom duquel la justice est rendue — à “faire pression” sur la justice. Un geste symbolique qui témoigne d’une justice dont la balance commence enfin à pencher du côté de l’impartialité.

Au-delà des clivages politiques, il est encourageant de constater l’émergence d’une justice de plus en plus affranchie des influences du pouvoir. Rarement elle n’a semblé aussi équidistante. C’est la justice que nous appelions de nos vœux : une justice qui ne tremble ni devant le Président, ni devant le Peuple, ni devant le Parlement. Une justice qui dit le droit. Une justice qui ose dire non.

« La justice n’est pas la servante du pouvoir, elle en est le contrepoids. » — Inspiré de Montesquieu

L’histoire le prouve : les grandes puissances comme la France ou les États-Unis ne se sont construites qu’en érigeant une justice forte, perçue comme un rempart d’impartialité. Une institution garante des droits, rassurant les citoyens et consolidant la légitimité de l’État.

Nombre d’expatriés sénégalais hésitent à revenir, non par manque d’amour pour leur pays, mais face à une réalité implacable : sans sécurité juridique, sans institutions crédibles, sans justice indépendante, tout projet d’avenir devient incertain.

Ce renouveau n’est donc pas un échec du régime actuel, comme certains le clament. Il constitue, au contraire, l’un des signes les plus prometteurs de maturité institutionnelle sous la présidence de Diomaye Faye. C’est une rupture assumée avec l’héritage d’une justice longtemps perçue comme inféodée au pouvoir sous Macky Sall. C’est un pas décisif vers un véritable État de droit, où les pouvoirs s’équilibrent et où la justice, jadis dans l’ombre du pouvoir exécutif, se dresse désormais en vigile contre ses excès.

Ce moment, bien qu’imparfait, reste historique. Il ouvre une brèche vers l’espoir, et pose les fondements d’une justice digne de ce nom – une justice comparable à celle des grandes puissances.

À nous désormais de préserver cette flamme :

  • En réformant en profondeur le mode de désignation et les attributions du Conseil supérieur de la magistrature, pour garantir une plus grande autonomie aux juges ;
  • En assurant des moyens réels et durables au fonctionnement de la justice ;
  • En inculquant à chaque citoyen que le rôle de la justice n’est pas de punir par esprit de revanche ni de servir des intérêts politiques, mais de préserver l’équilibre social.

« Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier. » — Martin Luther King

L’égalité devant la loi n’est plus seulement une promesse, elle devient de plus en plus une réalité. Cette justice en pleine “renaissance”, qui traite chaque dossier avec la même rigueur, quel que soit le statut du justiciable, restaure peu à peu la confiance. Elle jette les bases d’une société plus harmonieuse. Le chemin est encore long, mais l’orientation est claire : vers plus d’équité pour plus de stabilité.

Que cet élan ne faiblisse pas. Qu’il soit entretenu, transmis aux générations futures, enseigné comme un devoir civique. Que les dirigeants y soient tenus. Car sans justice, la République n’est qu’un mot vide. Il ne reste alors que l’arbitraire.

Aboubakr KA
aboubakrka221@gmail.com

Emploi et employabilité : Ousmane Sonko appelle à une transformation systémique pour une meilleure productivité

Lors de la clôture de la 4e édition de la conférence sociale sur l’emploi et l’employabilité, Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal, a pris la parole pour diagnostiquer les principaux obstacles à la création d’emplois décents dans le pays. S’exprimant devant les partenaires sociaux, comprenant les syndicats, les employeurs et la société civile, Sonko a posé les bases d’une vision ambitieuse pour résoudre la problématique de l’emploi au Sénégal.

Pour Ousmane Sonko, la solution aux problèmes d’emploi réside dans l’adoption d’une politique nationale visant à créer des emplois « souverains, inclusifs et productifs ». Cette approche, selon lui, doit passer par une révision complète des stratégies économiques du pays, afin de s’orienter vers une transformation systémique qui mette réellement au service du peuple et de la nation des programmes adaptés, avec des projections claires.

Dans son discours, le Premier ministre a souligné un problème majeur : « le manque de productivité » qui freine le développement économique du pays. Selon lui, le Sénégal n’a pas encore réussi à construire une économie solide et sérieuse. « L’emploi ne se décrète pas. Il est le résultat des performances économiques », a-t-il déclaré, mettant en lumière l’importance de réorienter les efforts vers la production et la valorisation des ressources nationales.

Ousmane Sonko a également évoqué l’absence de mécanismes de financement endogènes comme un frein majeur aux ambitions économiques du pays. Il a dénoncé la difficulté à mobiliser des ressources internes suffisantes pour soutenir les projets d’envergure, soulignant que le pays dépend trop de l’aide et des financements extérieurs, ce qui limite ses possibilités de développement autonome.

Le Premier ministre a rappelé que le Sénégal a déjà mis en place plusieurs programmes pour lutter contre le chômage, mais que ces initiatives n’ont pas abouti faute d’une véritable identification des problèmes sous-jacents. « Nous n’avons jamais identifié les véritables problèmes », a-t-il expliqué, appelant à un changement de méthode pour que les programmes à venir soient non seulement bien définis, mais aussi réalisables et mesurables.

Ousmane Sonko a conclu son discours en insistant sur la nécessité de renforcer l’action du gouvernement et de ses partenaires afin de bâtir une économie qui génère des emplois de qualité. Pour lui, la transformation du système économique sénégalais est la clé pour résoudre les défis de l’emploi et de l’employabilité. Ce discours a constitué une invitation à repenser en profondeur les politiques économiques et sociales du pays afin de garantir un avenir plus inclusif et productif pour les jeunes sénégalais.

Dialogue national sur la modernisation du système politique : Le Sénégal entame un nouveau chapitre avec Bassirou Diomaye Faye

Le Sénégal s’engage dans une nouvelle phase de sa vie politique avec l’initiative du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qui a récemment invité les acteurs politiques et sociaux à participer à un dialogue inclusif destiné à moderniser le système politique du pays. Cette démarche, qui a pour but d’assurer une gouvernance plus transparente et efficace, se structure autour de dix axes prioritaires, avec un accent particulier sur la réforme du système électoral.

Le président Faye a souligné l’importance de ce dialogue pour améliorer les règles régissant le jeu politique, clarifier les relations entre les différents acteurs et renforcer les institutions de la République. Cet appel a pour objectif de créer une dynamique nouvelle, permettant au Sénégal de renforcer sa démocratie et de bâtir des bases plus solides pour la gestion de ses affaires publiques. La modernisation du système électoral, un des points clés du dialogue, vise à garantir une meilleure transparence et une plus grande équité lors des élections, essentielles pour la crédibilité des résultats et l’inclusivité des processus politiques.

Ce dialogue se distingue des précédentes initiatives de concertation politique, souvent critiquées pour leur caractère partisan et leur absence de résultats tangibles. Momath Talla Ndao, secrétaire d’État à l’Urbanisme et au Logement, a réagi à l’appel du président en soulignant que cette initiative visait à répondre à des problèmes structurels, et non à des intérêts partisans ou personnels. Ndao a expliqué que le dialogue ne concerne pas seulement les partis politiques, mais qu’il s’agit d’une démarche inclusive, qui implique tous les Sénégalais, sans exception, dans la construction d’un système politique plus moderne et plus efficace.

Le secrétaire d’État a également insisté sur le fait que ce dialogue ne devait pas être comparé aux « dialogues à l’envers » organisés sous l’ancien régime. Selon lui, ces derniers étaient souvent centrés sur des intérêts spécifiques et ne prenaient pas en compte les enjeux fondamentaux du pays. En revanche, l’actuel dialogue proposé par le président Faye s’inscrit dans une perspective de renforcement de la démocratie et de consolidation de l’État de droit.

Le dialogue lancé par le président de la République est un appel clair à l’action. Il n’est pas question de protéger ou d’affaiblir des individus ou des partis politiques, mais bien de trouver des solutions globales et structurelles pour les défis que rencontre le pays. Dans cette optique, le dialogue vise à renforcer la capacité des institutions à répondre aux attentes des citoyens, et à garantir un cadre politique où les droits et les libertés fondamentales sont respectés.

Pour Ousmane Sonko, Premier ministre, la réforme du système électoral et la modernisation des institutions sont des priorités absolues pour permettre au Sénégal de s’engager dans une transformation économique et politique significative. Sonko a appelé à une politique de transformation systémique qui repose sur des programmes concrets et une gestion de l’État plus rigoureuse.

Le dialogue politique proposé par le président Bassirou Diomaye Faye marque un tournant dans la gouvernance sénégalaise. En impliquant toutes les forces vives de la nation, ce processus vise à bâtir une démocratie plus forte, une gestion transparente et des institutions qui répondent aux exigences d’une société en constante évolution. En réinventant le système politique, le Sénégal espère s’inscrire dans une dynamique de modernisation et de développement durable.

Civisme numérique : Le Forum Civil appelle à un « New Deal technologique » inclusif et transparent

Le Forum Civil, branche sénégalaise de Transparency International, a organisé les 23 et 24 avril 2025 à Dakar une série de panels de haut niveau autour du thème de la protection des droits socio-économiques et financiers dans le contexte numérique. Ces événements font partie du « Projet de recentrage du civisme numérique », soutenu par l’Union Européenne via Oxfam Irlande, et qui est mis en œuvre dans dix pays à travers le monde.

Au cours de ces deux jours de discussions, des experts venus de divers horizons – administration publique, secteur privé, société civile – ont analysé les défis liés à l’émergence du numérique au Sénégal et ses impacts sur les droits fondamentaux des citoyens. Les intervenants comprenaient des représentants des ministères de l’Éducation, des Finances et de la Modernisation de l’Administration, ainsi que des acteurs du secteur privé.

L’objectif de cet événement était de repositionner la question du civisme numérique au cœur du débat public et de promouvoir une gouvernance numérique plus inclusive et transparente. Un des points centraux abordés était la nécessité d’une révision en profondeur du cadre réglementaire du numérique pour le rendre conforme aux réalités actuelles et aux évolutions technologiques rapides.

À la fin des échanges, le Forum Civil a présenté une série de recommandations qui, selon l’organisation, doivent servir de base pour une transformation numérique plus éthique et équitable au Sénégal. Parmi ces propositions, le Forum Civil a insisté sur plusieurs axes principaux :

  • Mise à jour du cadre réglementaire du numérique : Le Forum Civil a appelé le gouvernement à adapter les lois et régulations numériques pour répondre aux défis actuels du secteur. Cela comprend la nécessité de garantir la transparence et l’équité dans la commande publique liée aux technologies numériques.
  • Renforcement de la redevabilité et de la gouvernance : L’organisation a également exhorté le gouvernement à accroître la transparence sur les activités du Comité de Gouvernance du numérique (GouvNum) et à renforcer l’implication des citoyens dans les décisions concernant la gouvernance numérique.
  • Renforcer l’éducation au civisme numérique : Une des priorités soulevées par le Forum Civil a été de développer des initiatives sectorielles ciblées pour améliorer l’éducation au civisme numérique, afin d’informer et de sensibiliser la population sénégalaise aux enjeux et responsabilités liés à l’utilisation du numérique.

Le Forum Civil a également lancé un appel au secteur privé pour qu’il se structure davantage afin de saisir les nouvelles opportunités créées par les évolutions réglementaires du secteur numérique. Il a encouragé les entreprises à intégrer des principes de transparence et de responsabilité dans leurs pratiques numériques.

Ces panels organisés par le Forum Civil marquent une étape cruciale vers la création d’un environnement numérique plus juste, sécurisé et respectueux des droits fondamentaux. En mettant l’accent sur la participation citoyenne et la transparence dans la gestion des politiques publiques numériques, l’organisation espère contribuer à l’édification d’une société numérique qui soit à la fois éthique et équitable pour tous les sénégalais.

Contentieux du groupe Excaf Telecom : Sidy Diagne inculpé pour abus de biens sociaux à hauteur de 9 milliards FCFA

Le contentieux autour de la gestion du groupe Excaf Telecom, un acteur majeur du secteur des télécommunications et des médias au Sénégal, a pris une tournure judiciaire importante. Cette affaire, qui a émergé suite à un différend familial, a connu un développement majeur avec l’inculpation de Sidy Diagne, l’un des héritiers et représentant légal de la famille dans la gestion des biens du groupe.

Tout a commencé en janvier 2025, lorsqu’un des héritiers du défunt Ben Bass Diagne, fondateur et dirigeant emblématique d’Excaf Telecom, a déposé une plainte. Jupiter Diagne, un autre membre de la famille, accuse ses frères, dont Sidy Diagne, de « détournement de dividendes » et d’« abus de confiance ». Cette plainte a mis en lumière des pratiques financières douteuses au sein du groupe, particulièrement en ce qui concerne la gestion des fonds et des dividendes. En réponse à ces accusations, la Division des Investigations Criminelles (DIC) a lancé une enquête approfondie, notamment pour scruter les finances du groupe.

Les experts financiers de la DIC ont été mobilisés pour examiner la comptabilité et les transactions financières du groupe Excaf Telecom. Après plusieurs mois d’investigations, les enquêteurs ont découvert des irrégularités significatives dans la gestion des fonds du groupe, qui ont mis en évidence des abus de biens sociaux, une banqueroute frauduleuse et un blanchiment de capitaux. Selon les premières conclusions, la somme détournée pourrait s’élever à près de 9 milliards de FCFA, un montant colossal qui a alarmé les autorités judiciaires.

Les investigations ont permis de constater que Sidy Diagne, en tant que représentant légal du groupe, a joué un rôle clé dans la gestion de ces fonds. Les enquêteurs ont également noté des incohérences dans les rapports financiers et les dividendes attribués aux membres de la famille. Ces anomalies ont suffi pour que l’affaire soit transférée au Parquet financier du Pool judiciaire financier (PJF).

Suite aux résultats de l’enquête, Sidy Diagne a été convoqué par le juge d’instruction du PJF. Après avoir été entendu, il a été inculpé pour « abus de biens sociaux », « banqueroute frauduleuse » et « blanchiment de capitaux », des accusations graves qui mettent en cause sa gestion des finances du groupe Excaf Telecom. Le montant total de l’abus est estimé à 9 milliards de FCFA, une somme qui, selon les autorités, correspond à des fonds qui auraient été détournés au détriment des autres héritiers et des actions légitimes de l’entreprise.

Le juge a décidé de placer Sidy Diagne sous contrôle judiciaire, estimant que sa détention provisoire n’était pas nécessaire à la manifestation de la vérité. Cette décision a été motivée par le fait que le contrôle judiciaire permettait de poursuivre l’enquête tout en assurant la présence de l’inculpé. Le Parquet financier, bien que n’ayant pas requis de placement sous mandat de dépôt, a indiqué que l’instruction continuerait avec rigueur pour clarifier les responsabilités de chacun dans cette affaire complexe.

Le groupe Excaf Telecom, dirigé pendant des années par Ben Bass Diagne, a été un acteur incontournable dans le domaine des télécommunications et des médias au Sénégal. Cette affaire met en lumière non seulement des pratiques financières douteuses au sein d’un groupe influent, mais aussi les tensions internes qui existent au sein de la famille Diagne, dont l’héritage du groupe a été l’objet de querelles familiales.

L’instruction judiciaire est loin d’être terminée, et les autorités judiciaires continueront d’examiner les comptes de l’entreprise et de recueillir les témoignages des autres membres de la famille. Des efforts sont également en cours pour évaluer l’étendue des pertes financières liées à ce détournement présumé et pour établir si d’autres personnes que Sidy Diagne sont impliquées dans ces malversations.

Si l’affaire prend une tournure judiciaire plus large, elle pourrait également entraîner des répercussions sur la gestion de l’entreprise et sur les héritiers du groupe Excaf Telecom. La famille Diagne devra également faire face à la pression publique et à la nécessité de démontrer la transparence dans la gestion de l’héritage du défunt Ben Bass Diagne, dont le nom et l’héritage ont marqué l’histoire des médias sénégalais.

Affaire Farba Ngom : la DIC saisit 100 millions FCFA chez son frère Demba Ngom

L’enquête ouverte par la Division des investigations criminelles (DIC) autour de Farba Ngom, suite au signalement de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), prend une nouvelle tournure. Une perquisition menée chez son frère, Demba Ngom, a conduit à une saisie spectaculaire.

Les enquêteurs ont découvert un coffre-fort contenant 100 millions de francs CFA au domicile de Demba Ngom. Selon ses déclarations, cet argent proviendrait de ses activités commerciales menées dans la sous-région. Mais les enquêteurs restent prudents. D’après le journal Libération, la DIC soupçonne que les fonds pourraient en réalité appartenir à Farba Ngom, figure influente du régime déchu et actuellement placé en garde à vue.

Le coffre-fort et l’argent ont été saisis et transférés pour analyses approfondies. La traçabilité des fonds sera un élément clé pour déterminer leur véritable origine, dans un contexte où plusieurs proches de Farba Ngom sont désormais dans le viseur des autorités.

Dans la foulée, un autre frère, Abdou Aziz Kane, a été arrêté, signe que les investigations s’élargissent et que la DIC explore toutes les ramifications financières et familiales liées à cette affaire. Les prochains jours s’annoncent décisifs pour établir les responsabilités et les circuits de financement soupçonnés.

Souhaitez-vous que j’y ajoute un rappel sur les accusations initiales

Keur Massar : la Gendarmerie démantèle un réseau de faussaires et met la main sur un trafiquant de drogue

La compagnie de Gendarmerie de Keur Massar poursuit sans relâche ses opérations dans la lutte contre la criminalité sous toutes ses formes. Dans la nuit du mercredi 23 avril 2025, une importante opération menée par la brigade de recherches a permis de mettre fin aux activités d’un réseau spécialisé dans la fabrication de faux billets de banque.

L’intervention ciblée a conduit à l’interpellation de quatre individus, surpris en flagrant délit de production de billets contrefaits. Sur place, les gendarmes ont mis la main sur plusieurs spécimens de faux billets en coupures de 5 000, 2 000 et 500 francs CFA, ainsi qu’une imprimante de marque HP utilisée pour les reproductions illicites. Le matériel saisi comprenait également deux bouteilles contenant du mercure rouge, huit flacons d’encre rouge et bleue, un paquet de rame de papier, et trois seringues.

Mais l’offensive ne s’est pas arrêtée là. Le lendemain, jeudi 24 avril, les mêmes éléments ont procédé à l’arrestation d’un individu impliqué dans un trafic de drogue dure. Cette intervention a permis la saisie de six plaquettes de hachisch d’un poids total de 600 grammes, ainsi que de 74 pièces de volet, deux motos de marque TMax, et une quantité supplémentaire de 600 grammes de haschisch.

Ces opérations successives traduisent l’engagement ferme des forces de gendarmerie de Keur Massar à assainir leur territoire et à démanteler les réseaux criminels opérant dans la zone. Elles s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie plus large de sécurisation des populations et de lutte contre les formes émergentes de délinquance économique et de trafic de stupéfiants.

Journée mondiale contre le paludisme : le Sénégal réaffirme son objectif d’élimination totale d’ici 2030

Le Sénégal réaffirme son ambition d’éliminer le paludisme d’ici 2030. À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, célébrée ce vendredi 25 avril 2025, le ministère de la Santé et de l’Action sociale (MSAS), à travers le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), a lancé un appel à une mobilisation nationale et inclusive. Le thème retenu cette année, « Réinvestir, Réimaginer et Raviver nos efforts communs », résume l’état d’esprit dans lequel s’inscrit la nouvelle phase de lutte engagée par les autorités sanitaires.

Dans un communiqué publié pour l’occasion, le ministère souligne les avancées majeures enregistrées ces dernières années. Entre 2015 et 2023, l’incidence du paludisme au Sénégal a baissé de 32 %, tandis que la mortalité liée à la maladie a chuté de 62 %. Ces progrès sont le fruit d’une meilleure prise en charge des cas, d’un élargissement de l’accès aux services de santé dans les zones rurales et périurbaines, ainsi que du renforcement des soins communautaires de proximité.

Le Sénégal se positionne aujourd’hui parmi les pays africains les plus avancés en matière de contrôle du paludisme, grâce notamment à l’utilisation massive de moustiquaires imprégnées, à la mise en place de campagnes de traitement préventif saisonnier, et à l’amélioration du système de surveillance épidémiologique. Ces efforts ont permis de réduire de manière significative les zones à forte transmission, même si certaines régions du sud et du sud-est restent plus vulnérables.

Mais pour atteindre l’objectif « zéro paludisme » d’ici 2030, le ministère insiste sur la nécessité d’un engagement renouvelé de tous les acteurs. Il appelle à réinvestir dans la santé publique, notamment en soutenant la recherche sur de nouveaux traitements et vaccins, à réimaginer les stratégies d’intervention en les adaptant aux contextes locaux, et à raviver l’implication de toutes les composantes de la société : pouvoirs publics, partenaires techniques et financiers, collectivités territoriales, secteur privé, société civile et citoyens.

La lutte contre le paludisme n’est pas seulement une question de santé, rappelle le MSAS, c’est aussi un combat pour le développement humain, la productivité économique et la justice sociale. D’où l’urgence de maintenir le cap, d’anticiper les menaces émergentes comme la résistance aux médicaments et aux insecticides, et d’intégrer la lutte antipaludique dans toutes les politiques de développement.

Capturé en Ukraine : les anciens camarades de Malick Diop réclament son rapatriement immédiat

La vidéo a fait le tour des réseaux sociaux en quelques heures, provoquant stupeur et inquiétude. On y voit un homme noir, vêtu d’un treillis militaire russe, les traits tirés, les vêtements sales, le regard hagard. Entouré de soldats ukrainiens, il déclare, d’une voix faible mais audible, être Sénégalais. Plus précisément, il affirme avoir été étudiant en Russie depuis deux ans.

Rapidement, son identité est confirmée par plusieurs sources au Sénégal : il s’agit de Malick Diop, ancien étudiant en ingénierie juridique à l’Université Alioune Diop de Bambey. Originaire de Koungheul, dans la région de Kaffrine, Malick faisait partie de la 8e promotion du département juridique. Il avait quitté le pays pour poursuivre ses études en Russie, où, selon ses camarades, il faisait face à de graves difficultés financières.

Contactés par la RFM, plusieurs anciens camarades de Malick ont exprimé leur vive émotion. Astou Ndiaye, actuellement en licence 3 dans le même département, a livré un témoignage poignant :

« J’avais des contacts avec lui. Il faisait partie de ceux qui m’ont intégrée quand j’étais nouvelle bachelière. Il m’avait confié qu’il vivait des moments difficiles en Russie et qu’il ne voulait plus rester là-bas. Il est parti avec un autre étudiant, pensant trouver une solution. »

Les conditions de sa présence sur le front ukrainien restent floues, mais certains observateurs évoquent la possibilité qu’il ait été enrôlé — volontairement ou non — dans les rangs de l’armée russe ou dans des unités auxiliaires, une situation déjà documentée chez plusieurs migrants en Russie.

Moustapha Thiam, ancien président de l’Amicale des étudiants ressortissants de Kaffrine à Bambey, confirme que Malick Diop était son collaborateur proche :

« Il était mon adjoint à la commission pédagogique de l’Amicale. C’est un jeune homme sérieux et engagé. Il y a deux ans, il a quitté Bambey pour poursuivre ses études en Russie. Aujourd’hui, nous sommes tous choqués par cette vidéo. »

Face à la gravité de la situation, les étudiants de Bambey lancent un appel urgent aux autorités sénégalaises, en particulier au ministère des Affaires étrangères, au Consulat d’Ukraine à Dakar, ainsi qu’aux représentations diplomatiques du Sénégal en Europe de l’Est.

Astou Ndiaye, très émue, conclut :

« Il faut que l’État fasse quelque chose. Qu’on vérifie son identité, qu’on confirme qu’il est bien Sénégalais, qu’on s’assure de sa sécurité. Il a besoin d’aide. »

La présence de jeunes Africains dans le conflit russo-ukrainien, souvent dans des conditions opaques, soulève de nombreuses questions. Certains, attirés par des promesses d’emploi ou de régularisation, finissent enrôlés dans des missions risquées. D’autres sont tout simplement victimes du chaos ambiant, pris entre deux puissances en guerre.

Course à la présidence de la BAD : Amadou Hott expose sa vision d’une Afrique résiliente à Washington

Amadou Hott, ancien ministre sénégalais de l’Économie et ex-vice-président de la Banque africaine de développement (BAD), continue de défendre vigoureusement sa candidature à la tête de l’institution. Jeudi à Washington, il a participé à un débat organisé par The Brookings Institution, aux côtés des quatre autres prétendants à la présidence de la BAD.

Face à un auditoire de décideurs, d’universitaires et de partenaires techniques, Hott a présenté une vision structurée, axée sur trois piliers : la transition énergétique, le financement des infrastructures vertes et la mobilisation du capital privé pour accélérer un développement durable et inclusif sur le continent.

« Nous partageons le même objectif : accélérer la transformation économique de l’Afrique », a-t-il affirmé. Dans son intervention, il a insisté sur la nécessité de bâtir une Afrique autonome, plus résiliente face aux chocs climatiques, économiques et géopolitiques.

Amadou Hott a affirmé sa volonté de renforcer les partenariats avec le secteur privé afin de soutenir la construction d’infrastructures essentielles dans des domaines comme l’énergie, la santé, l’éducation et l’agriculture. Il a également mis l’accent sur la formation et l’insertion professionnelle des jeunes et des femmes, qu’il considère comme des leviers majeurs de croissance inclusive. Il prévoit aussi de soutenir les réformes visant à mobiliser davantage de ressources locales, notamment en améliorant les recettes fiscales et en impliquant les investisseurs institutionnels africains. Il a en outre réitéré son engagement à porter des projets ambitieux, à l’image de la « Mission 300 », qui vise à étendre l’accès à une énergie durable, et à accroître le soutien aux économies les plus vulnérables du continent.

Alors que l’élection du prochain président de la BAD est prévue pour le 29 mai 2025, à l’occasion des Assemblées annuelles de l’institution à Abidjan, ce débat a constitué une étape décisive pour les cinq candidats. Il a permis de confronter visions, ambitions et priorités dans un contexte marqué par de nouveaux défis pour l’Afrique : sécurité alimentaire, financement du climat, industrialisation verte et inclusion économique.

Découverte macabre à Saint-Louis : un homme retrouvé mort dans une épave de voiture

Un fait divers glaçant secoue la ville de Saint-Louis. En début de semaine, le corps sans vie d’un homme a été retrouvé en état de putréfaction avancée dans une vieille épave, stationnée dans le dépôt de camions de la société Holding Gueye, situé à Nder, un village périphérique de la capitale du Nord.

La victime a été identifiée comme étant Mar, un résident du quartier Léona, bien connu dans la ville pour son activité de coxeur à la place Abdoulaye Wade, un carrefour central du transport urbain local. La découverte a mobilisé les forces de l’ordre et les sapeurs-pompiers, qui ont constaté l’état de décomposition avancée du corps, laissant supposer que Mar se trouvait dans cette voiture abandonnée depuis plusieurs jours.

Pour l’heure, les circonstances de son décès demeurent floues. Aucune piste n’est écartée, et une enquête est ouverte pour élucider les causes exactes du drame. La dépouille a été transférée à l’hôpital régional de Saint-Louis pour les besoins de l’autopsie.

L’inhumation a eu lieu ce jeudi au cimetière de Misra, en présence de membres de la famille, de collègues du défunt et d’agents de secours. Dans le quartier Léona, la tristesse est palpable. Les habitants réclament la lumière sur cette affaire qui, pour beaucoup, soulève de nombreuses questions sur la sécurité et le suivi des personnes vulnérables dans la ville.

Guy Maris Sagna réplique à Guirassy : « Dans votre réponse vous dites une chose et son contraire »

Le député Guy Marius Sagna, actuellement en Inde, n’a pas tardé à répondre à la réplique du ministre de l’Éducation nationale. Moustapha Guirassy avait réagi ce vendredi, aux questions écrites du parlementaire portant sur l’achat de matériel d’aménagement d’un salon de bureau, d’un tapis et d’équipements pour le petit-déjeuner, affirmant que M. Sagna avait été « induit en erreur ».
Dans sa réponse, l’élu conteste vigoureusement cette version, accusant le ministre de « dire une chose et son contraire ».

Monsieur le ministre de l’éducation nationale, dans votre réponse vous dites une chose et son contraire. Vous affirmez que j’ai été induit en erreur et pourtant vous avouez l’existence de ces achats effectués par vos services. 

Vous justifiez ces achats sous le prétexte qu’il s’agit de dépenses de fonctionnement que vous trouvez normales et régulières. Monsieur le ministre, au nom de « la gestion rigoureuse et utile de chaque franc CFA »  que vous revendiquez, aviez vous besoin de changer du neuf par du neuf ? Ces dépenses étaient elles nécessaires ? Du matériel de petit déjeuner à 650 000 F CFA, est ce une gestion utile de chaque franc ? 

Monsieur le ministre, le Sénégal, un des 30 pays les plus appauvris de la planète, n’est ni l’Europe ni l’Amérique pour que vous compariez vos pratiques dans le département de l’éducation à celles de leurs pays. 

Vous reconnaîssez les dépenses évoquées dans ma question écrite alors qu’il faut rationaliser parce que, notamment, l’Etat APR/BBY a plongé les finances publiques dans le gouffre. Le Jub, Jubal, Jubbanti, monsieur le ministre, c’est aussi prendre en compte et prioriser à partir de la rationalisation lancée par le PM et le PR. 

Vous parlez de « montant dérisoire » et de « détails ». Les sénégalais qui m’ont élu et élu le Président de la République qui vous a nommé sauront apprécier.

Monsieur le ministre pensez-vous que les populations concernées par les 29 questions écrites ci-dessous que je vous ai adressées à leur demande entre le 02 décembre 2024 et le 22 avril 2025 vont trouver « dérisoires » les montants que j’ai évoqués : 
1- lycée de Ndiodior
2- fermeture du lycée de Foundiougne
3- indemnités de direction pour les directeurs des cases des tout petits
4- CEM de Médinatoul
5- lycée de Peyrissac (Ziguinchor) 
6- ouverture du lycée technique de Ndouloumadji
7- CEM de Dinguiraye
8- actes d’intégration des enseignants
9- réhabilitation du lycée El Hadji Oumar Lamine Badji (Ziguinchor) 
10- À quand le démarrage de l’enseignement des langues nationales à l’élémentaire
11- situation des 68 enseignants communautaires de l’IEF de Pété
12- affaissement d’une dalle au lycée de Bambilor
13- Situation du lycée de Malika plage
14- commercialisation des dossiers d’intégration des enseignants à la fonction publique
15- besoins des écoles de Kafountine (Bignona) 
16- recrutement de 2000 enseignants
17- écoles élémentaires financièrement exsangues
18- Introduction ou renforcement de la pensée de Cheikh Anta Diop dans les programmes d’enseignement au Sénégal
19- insécurité au lycée scientifique d’excellence de Diourbel
20- le ministère de l’Education nationale a-t-il des archives ? 
21- construction du lycée Cheikh Mouhamadou Moustapha Mbacké
22- urgence de la réfection du lycée de Sébikotane
23- équipement du CEM de Diagnon (Ziguinchor) 
24- Situation du lycée franco arabe de Ziguinchor
25- CEM de Lougré Thiolly
26- Bourse des élèves maîtres
27- Situation du lycée de Niague 
28- situation du CEM de Mbagam (Dagana) 
29- Absence de manuels en CE1 et CE2 depuis 10 ans 

Monsieur le ministre, vous avez oublié ou éludé ou mal compris ma  question relative au phénomène des « régularisations », pratiques qui peuvent entraîner des glissements dangereux vers la prévarication, dans l’octroi d’avantages indus. Votre ministère continue-t-il à pratiquer – je ne fais pas allusion ici aux mobiliers de votre bureau – ces « régularisations » ? Sont elles toujours justifiées ? Quand le montant d’un marché atteint un certain seuil, ces pratiques de « régularisation » peuvent-t-elles être compatibles à une concurrence réelle ? 

Monsieur le ministre, vous me demandez de « recentrer [mes] interventions sur les véritables enjeux du secteur de l’éducation » et vous ajouter que « la République a besoin de débats sérieux, rigoureux et documentés ». Monsieur le ministre, si mes 29 questions écrites ci-dessus rappellées ne vous semble ni sérieuses ni rigoureuses ni au coeur des enjeux du secteur de l’éducation, les 11 questions écrites suivantes que je vous ai envoyées entre le 18 avril 2024 et la dissolution de la 14e législature le sont-elles suffisamment pour vous: 
1- blocage inexpliqué depuis juillet 2023 de la formation des 800 animateurs polyvalents des cases des tout- petits
2- réintégration des 690 élèves-maîtres 
3- Pour des travailleurs sociaux en milieu scolaire
4- formation de huit (08) professeurs d’économie générale à l’ENSETP 
5- 25.000 FCFA de bourse pour les élèves maîtres des CRFPE
6- Quand le Certificat d’Aptitude à l’Enseignement Secondaire (CAES) sera-t-il organisé ? 
7- L’exploitation par l’État du Sénégal des enseignants dits « décisionnaires »
8- Recrutement par l’État d’enseignants admis et admissibles à des diplômes professionnels de l’éducation 
9- situation des personnels des écoles sénégalaises de Gambie 
10- La situation des professeurs contractuels ou l’histoire d’une injustice d’État 
11- Mise en danger de la vie d’autrui au lycée El Hadji Mamadou Diouf de Foundiougne qui menace de s’effondrer 

Monsieur le ministre de l’éducation nationale, quand je vous ai adressé des questions écrites à propos du lycée de Peyrissac (Ziguinchor) (01), de la réhabilitation du lycée El Hadji Oumar Lamine Badji (Ziguinchor) (02), des besoins des écoles de Kafountine (Bignona) (03), de l’équipement du CEM de Diagnon (Ziguinchor) (04), de la situation du lycée franco arabe de Ziguinchor (05)… je vous parlais déjà en réalité du plan Diomaye pour la Casamance axé sur l’éducation. Quand j’interpelle vos collègues du gouvernement sur la situation à l’hôpital régional de Ziguinchor, sur l’électrification des villages de la Casamance, sur la gestion de la chambre de commerce de Ziguinchor, sur la gestion du port de Ziguinchor, sur la gestion foncière dans la commune de Médina Wandifa…je partage avec eux la contribution des populations au Plan Diomaye pour la Casamance et leurs attentes. Et j’en fais – avec les populations – un suivi de la transmission à la réalisation. 

Pour le type de députés dont la république a besoin monsieur le ministre, le peuple sénégalais souverain que je sers en vous faisant parvenir ses préoccupations à travers mes questions écrites que vous recevez me suffit comme boussole.

Monsieur le ministre, chaque fois que les citoyens voudront savoir commment vous gérez les crédit que j’ai votés en leur nom à l’Assemblée nationale pour votre département, vous recevrez une question écrite pour que vous leur rendiez compte. Monsieur le ministre, je ne vais pas attendre l’IGE ou la Cour des comptes. L’Assemblée nationale est la première IGE, la première Cour des comptes. Si l’Assemblée nationale assume bien son rôle, l’IGE et la Cour des comptes risquent d’aller au chômage ou voir leur travail fondre comme beurre au soleil car elle aura eu une posture qui privilégie la prévention et la dissuasion à la guérison. 

Monsieur le ministre, les défis auxquels nous faisons face actuellement ne sont rien comparés à ceux qui arrivent car les forces exloiteuses internes et externes ne vont pas nous laisser faire tranquillement notre projet pour un Sénégal souverain,  juste et prospère. Face à cette alliance des oppresseurs nous avons besoin de la mobilisation du peuple sénégalais. Celle-ci ne sera possible que si le peuple est satisfait de notre gestion de ce que vous appelez des montants « dérisoires » et des « détails ». 
GMS,

Coup de balai dans les médias : l’État ordonne la cessation immédiate de parution de plusieurs organes de presse

La liberté de la presse au Sénégal vient de connaître un nouveau choc. Plusieurs patrons de presse ont été convoqués à la Division de la Surveillance du Territoire (DST) où leur a été signifiée une cessation immédiate de leurs activités de parution. Cette mesure fait suite à l’arrêté n°011059/MCTN signé le 22 avril 2025 par le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, ordonnant l’arrêt de la publication, de la diffusion et du partage de contenus jugés non conformes au Code de la presse.

Dans un procès-verbal transmis à l’un des organes de presse concernés, le Directeur de la Surveillance du Territoire, Commissaire de Police Divisionnaire, a formellement enjoint l’arrêt sans délai de toute parution. En cas de non-respect, des sanctions prévues par les articles 194, 195 et 200 du Code de la presse seront appliquées, allant jusqu’à la suspension définitive et à des poursuites judiciaires.

L’arrêté ministériel, appliqué avec une rigueur soudaine, a surpris plus d’un. Pour beaucoup d’acteurs du secteur, la méthode employée suscite inquiétude et incompréhension. « On ne nous a laissé aucune marge de régularisation. C’est un couperet tombé du jour au lendemain », déplore un responsable de publication. Dans les rédactions touchées, c’est la stupeur, mêlée à une inquiétude pour la survie économique des structures et la préservation de la liberté d’informer.

En toile de fond de cette vague de suspensions, la question de la conformité au Code de la presse. Le 6 février dernier, le ministère de la Communication avait publié une liste officielle des médias dits “en règle”. Sur les 639 médias recensés au Sénégal, seuls 258 rempliraient les critères légaux, selon Habibou Dia, directeur de l’information au ministère. Les autres, soit 380 organes, sont accusés de fonctionner dans l’illégalité : absence de récépissé, direction non conforme, ou encore défaut de déclaration.

Mais pour de nombreux professionnels du secteur, cette opération ressemble moins à un assainissement qu’à une tentative de musellement. Certains y voient une volonté déguisée de réduire la pluralité de l’information et de mettre au pas les voix indépendantes ou critiques du régime. « On nous parle de régularisation, mais il n’y a eu ni préavis ni accompagnement », affirme un journaliste concerné.

Face à cette situation, les organisations de presse commencent à se mobiliser. Le Synpics, le Cored et d’autres structures corporatives prévoient de tenir des réunions de crise dans les jours à venir pour discuter de la riposte. Il pourrait s’agir d’interpellations publiques, de recours juridiques, voire de manifestations symboliques pour défendre le droit à l’information.

Cessation immédiate de parution : le ballet des patrons de presse à la DST
Cessation immédiate de parution : le ballet des patrons de presse à la DST

Présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire : la RADDHO alerte sur l’exclusion de Tidjane Thiam et appelle au dialogue

À l’approche de l’élection présidentielle prévue en octobre 2025 en Côte d’Ivoire, les tensions politiques prennent une tournure préoccupante. Dans un communiqué publié récemment, la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) a exprimé de vives inquiétudes face à la situation préélectorale, marquée notamment par l’exclusion controversée de Tidjane Thiam de la liste électorale.

Candidat du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et principal opposant au pouvoir en place, Tidjane Thiam est au centre d’un bras de fer politico-juridique. Une décision judiciaire rendue le 22 avril 2025 a invalidé son inscription sur la liste électorale, provoquant une onde de choc au sein de l’opposition et des organisations de défense des droits humains.

Selon la RADDHO, cette décision constitue un « précédent dangereux », d’autant plus qu’elle est intervenue après la perte de la nationalité française par Tidjane Thiam en mars 2025. L’organisation craint que cette situation ne fasse de lui un apatride, un statut qui, selon elle, soulève de graves préoccupations au regard des normes internationales.

Le président de l’Observatoire Ivoirien des Droits de l’Homme (OIDH) a pour sa part estimé que cette exclusion ouvre un contentieux juridique complexe, mettant en question la nationalité ivoirienne de Thiam. Il a aussi rappelé que, conformément à l’article 12 du Code électoral ivoirien, les décisions juridictionnelles en matière d’inscription sur la liste électorale sont définitives et sans appel.

Face à ces évolutions, la RADDHO a exprimé :

Sa vive inquiétude quant à une atmosphère politique tendue, susceptible de compromettre la transparence et la paix autour du scrutin ; Son regret face à ce qu’elle considère comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques ; Un appel au dialogue entre tous les acteurs politiques et sociaux afin de parvenir à un consensus sur la participation des candidats de l’opposition, dans l’intérêt de la stabilité et de la démocratie ; Une exhortation au “génie ivoirien”, à l’ouverture et à l’hospitalité du peuple pour prévenir toute forme de division, de discrimination ou d’exclusion.

La RADDHO a également rappelé les engagements pris par la Côte d’Ivoire lors de la 37e session ordinaire de la Conférence de l’Union Africaine, notamment en faveur du Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif au droit à une nationalité et à l’éradication de l’apatridie, adopté en février 2024.

Enfin, l’organisation invite les autorités ivoiriennes à garantir une compétition électorale ouverte, respectueuse des principes démocratiques, permettant à tous les citoyens d’exprimer librement leur suffrage. Elle appelle également la CEDEAO et l’Union Africaine à intervenir en médiateurs pour éviter une crise politique majeure dans un pays encore marqué par les séquelles des conflits passés.

Assemblée nationale : Séance plénière prévue ce lundi pour statuer sur l’immunité de deux députés

Les députés de l’Assemblée nationale sont convoqués en séance plénière ce lundi 28 avril 2025 à 10 heures. L’annonce a été faite ce jeudi à travers un communiqué officiel de l’hémicycle. L’ordre du jour porte sur l’examen de projets de résolutions visant à constituer des Commissions ad hoc chargées d’étudier la demande de levée de l’immunité parlementaire des députés Moustapha Diop et Salimata Diop.

Les deux parlementaires, anciens ministres sous la présidence de Macky Sall, sont poursuivis dans le cadre de la gestion des Fonds Force Covid-19, un programme mis en place en 2020 pour faire face aux conséquences sanitaires, économiques et sociales de la pandémie. Selon des sources proches du dossier, des irrégularités financières ont été relevées lors d’un audit de la Cour des comptes, impliquant les deux anciens responsables gouvernementaux.

La constitution des Commissions ad hoc marque la première étape de la procédure parlementaire qui pourrait aboutir à la levée de leur immunité, condition préalable à toute poursuite judiciaire. Cette séance plénière s’annonce donc décisive pour la suite des investigations sur ce dossier emblématique de la lutte contre la mauvaise gestion des deniers publics.

Décision du Conseil constitutionnel sur la loi interprétative : Pape Alé Niang salue un tournant pour l’État de droit au Sénégal

La décision récente du Conseil constitutionnel du Sénégal rejetant la loi interprétative visant à réviser la loi d’amnistie continue de provoquer une vague de réactions dans le pays. Parmi les voix les plus marquantes, celle de Pape Alé Niang, journaliste et Directeur général de la RTS, a retenu l’attention. Dans une publication sur son compte X (anciennement Twitter), il a salué le courage des sept sages du Conseil constitutionnel et souligné l’impératif de vérité pour guérir les blessures du passé.

Selon Pape Alé Niang, cette décision marque une rupture avec les habitudes du Conseil, longtemps perçu comme frileux face aux dossiers politiques sensibles. « Il faut, au fond, se féliciter de la décision rendue par les 7 sages, pour la simple raison que le Conseil constitutionnel avait habitué les Sénégalais à cette vieille rengaine de se déclarer incompétent », écrit-il.

Le journaliste met en lumière un point fondamental soulevé par les « puristes du droit » : une loi interprétative a pour unique fonction de clarifier un texte existant, sans en modifier la portée. Or, en tentant de réinterpréter la loi d’amnistie, le projet législatif s’est heurté à la Constitution. Le Conseil a notamment rappelé qu’aucune disposition nationale ne saurait justifier l’impunité pour des crimes relevant du droit international.

Ces crimes, présumés commis entre 2021 et 2024 — une période que Pape Alé Niang qualifie de « barbarie humaine » — sont, par essence, imprescriptibles. Le Sénégal, lié par ses engagements internationaux, ne peut les effacer par une simple loi d’amnistie.

Pour le patron de la RTS, cette décision ouvre la voie à une nouvelle dynamique institutionnelle : « une ère où des magistrats indépendants et courageux tranchent selon le droit et non selon les injonctions politiques ». Une évolution qui, selon lui, constitue une bouffée d’oxygène pour l’État de droit sénégalais, encore fragile après trois années de fortes tensions politiques et sociales.

Insistant sur l’impératif de justice, Pape Alé Niang rappelle que « personne ne peut pardonner sans connaître la vérité ». La quête de vérité sur cette période sombre n’est pas, selon lui, une forme de vengeance mais un devoir de mémoire et de justice envers les victimes.

En établissant un lien entre le climat de tension dans l’espace politique et les blessures non cicatrisées du passé, il alerte sur les risques de division persistante. « Seul un processus de justice équitable peut engendrer un apaisement durable », conclut-il, appelant à une réconciliation fondée sur la vérité, et non sur l’oubli.

Affaire des Fonds Covid : Moustapha Diop se rend à la justice et est écroué pour un détournement de 930 millions de Fcfa

Dans un développement majeur de l’affaire des Fonds Covid, Moustapha Diop, ancien responsable au ministère du Développement industriel, a surpris tout le monde en se livrant spontanément à la justice, mettant fin à plusieurs jours de rumeurs sur sa cavale. Présumé en fuite, il a finalement comparu hier devant le juge du deuxième cabinet, en compagnie de son avocat. À l’issue de l’audition, il a été inculpé pour détournement de fonds publics portant sur la somme colossale de 930 millions de Fcfa et placé sous mandat de dépôt. Il a passé sa première nuit derrière les barreaux, marquant ainsi un tournant décisif dans cette enquête à tiroirs.

Cette affaire, qui ébranle progressivement les sphères administratives, n’en est pas à ses premières révélations. Avant Moustapha Diop, Ndèye Aminata Loum, ancienne directrice de l’Agence de gestion et de coopération (Dage), ainsi que Bamba Amar, avaient déjà été inculpés pour des faits similaires. Ces arrestations en cascade dévoilent un vaste réseau de malversations, dont les ramifications semblent s’étendre à plusieurs ministères et agences liés à la gestion des fonds d’urgence durant la pandémie.

Le même jour, un autre nom est venu s’ajouter à la liste : Aliou Sow, ancien Dage du ministère du Développement communautaire. Lui aussi a été visé par la justice, bien que son sort ait été plus clément. Il a été assigné à résidence sous bracelet électronique, une mesure que certains observateurs expliquent par les garanties financières fournies par des importateurs de riz, dont le rôle dans cette affaire intrigue.

La justice sénégalaise semble déterminée à faire toute la lumière sur les détournements présumés autour des fonds destinés à atténuer les impacts de la crise sanitaire. Avec la multiplication des inculpations, cette enquête pourrait encore réserver de nouvelles surprises, alors que l’opinion publique réclame transparence et reddition de comptes dans la gestion des ressources publiques.

Affaire Doro Gaye : l’extradition suspendue, la justice sénégalaise face à un nouveau défi

L’enquête judiciaire ouverte au Sénégal contre l’homme d’affaires Doro Gaye connaît un nouveau rebondissement. Le principal mis en cause, actuellement en France, continue d’échapper à la justice sénégalaise malgré une demande d’extradition formulée par le juge d’instruction en charge du dossier. Selon des informations relayées par Les Échos, la Cour d’appel de Paris a renvoyé l’examen de cette requête au 9 juillet prochain, prolongeant ainsi l’incertitude autour de cette affaire à fort enjeu.

L’affaire remonte à une plainte déposée par l’homme d’affaires Zakiroulah Sow, qui accuse Doro Gaye de lui avoir extorqué la somme de 1,2 milliard de francs CFA dans le cadre d’une transaction foncière sur le site de l’ancien Aéroport international Léopold Sédar Senghor (AILSS). Inculpé puis placé sous mandat de dépôt, Doro Gaye avait fini par reconnaître les faits, avant de signer un protocole d’accord dans lequel il s’engageait à rembourser progressivement la somme.

Sur la base de cet accord, il avait bénéficié d’une liberté provisoire sous contrôle judiciaire. Mais un signalement de la partie civile, alléguant le non-respect des engagements de paiement, a entraîné la révocation de ce contrôle judiciaire, décision que la défense conteste vivement.

Depuis son départ vers la France, Doro Gaye demeure libre, bien que toujours soumis à des mesures judiciaires. La justice sénégalaise a formulé une demande d’extradition, mais les avocats de l’homme d’affaires ont contre-attaqué devant la justice française. Ils dénoncent des « irrégularités » dans la révocation du contrôle judiciaire, estimant qu’aucune clause ne prévoyait explicitement une telle sanction en cas de non-paiement.

Le 26 mars dernier, la défense a déposé ses écritures devant la Cour d’appel de Paris, et le Parquet général français a demandé un délai pour y répondre, provoquant un renvoi de l’audience au 9 juillet. Cette échéance sera décisive pour déterminer si Doro Gaye devra, oui ou non, retourner au Sénégal pour répondre de ses actes devant la justice.

En attendant, l’homme d’affaires reste libre en Europe, tandis que la partie civile continue de réclamer justice et remboursement. Le recours en annulation de la révocation du contrôle judiciaire, toujours pendant, complique davantage le travail du magistrat sénégalais, qui voit son instruction freinée par les lenteurs de la coopération judiciaire internationale.

L’issue de l’audience prévue à Paris pourrait marquer un tournant crucial dans ce dossier aux multiples ramifications, mêlant enjeux financiers, procédures transfrontalières et batailles juridiques de haute intensité.

VENTE D’OR BRUT : Le Sénégal perd 36 milliards F CFA à l’export

Le commerce extérieur du Sénégal a connu une détérioration prononcée en janvier 2025, avec un déficit commercial qui s’est alourdi de 89,5 milliards F CFA en variation mensuelle, atteignant un total de 320,9 milliards F CFA. Cette dégradation est principalement imputable à une forte augmentation des importations de biens (+77,3 milliards F CFA), combinée à une chute des exportations de biens (-21,5 milliards F CFA). Ce retournement a fait chuter le taux de couverture des importations par les exportations à 54,4%, contre 63,6% le mois précédent.
Parmi les secteurs les plus touchés, les exportations de biens ont diminué de manière significative, passant de 404,3 milliards F CFA en décembre 2024 à 382,9 milliards F CFA en janvier 2025. Cette baisse est essentiellement attribuée à la chute des ventes d’or brut, qui ont reculé de 36,2 milliards F CFA. Ce repli sur le marché international de l’or brut a eu un impact particulièrement lourd sur les recettes d’exportation du Sénégal, une dynamique inquiétante pour l’économie du pays.
À cela s’ajoutent les baisses notables des exportations d’huiles brutes de pétrole (-29,6 milliards F CFA), de produits halieutiques (-9,8 milliards F CFA) et d’acide phosphorique (-9,5 milliards F CFA).
Cependant, certains secteurs ont enregistré des performances positives. Les exportations de produits pétroliers ont connu une hausse de 22,2 milliards F CFA, suivies par les engrais minéraux et chimiques (+14,8 milliards F CFA) et les légumes frais (+6,6 milliards F CFA). En comparaison annuelle, les exportations de biens ont progressé de 33,1%, avec une augmentation notable des ventes de produits pétroliers (+35,6 milliards F CFA) et d’huiles brutes de pétrole (+28,6 milliards F CFA).
Cependant, cette progression n’a pas pu compenser les pertes dues à la baisse des exportations de produits arachidiers (-37,3 milliards F CFA) et d’acide phosphorique (-12,6 milliards F CFA).
De manière globale, au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), les exportations de biens ont atteint 138,7 milliards F CFA, contre 105,2 milliards F CFA en décembre 2024, représentant 36,2% du total des exportations de biens de la région.
La Dakaroise

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°451 – 25/04/2025

🔴 VENTE D’OR BRUT : LE SÉNÉGAL PERD 36 MILLIARDS F CFA À L’EXPORT

🔴 ÉLECTION À LA PRÉSIDENCE DE LA FSF : AUGUSTIN SENGHOR SEUL AU MONDE
🔴 APRÈS SEPT ANS D’ATTENTE : L’AG DE LA LIGUE DE FOOTBALL DE DAKAR ENFIN CONVOQUÉE

Achat de matériel de petit-déjeuner à 650.000 F CFA : Guy Marius Sagna interroge Moustapha Guirassy

Le député Guy Marius Sagna a interpellé le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, sur une dépense controversée d’un montant de 650.000 F CFA, qu’il estime avoir été utilisée pour l’achat de matériel de petit-déjeuner. Cette question fait partie de huit interrogations écrites adressées par Sagna au gouvernement, juste avant son départ pour l’Inde, où il participe à un sommet mondial sur la justice.

Sur sa page Facebook, Sagna a détaillé les éléments de ses préoccupations, soulevant des doutes sur l’utilisation des fonds publics au sein du ministère. Le député a demandé si le ministre Guirassy avait effectivement engagé cette dépense pour l’achat de matériel de petit-déjeuner, mais aussi s’il avait fait l’acquisition d’autres biens, notamment un tapis iranien pour 1 million de francs CFA et un bureau neuf pour 2 millions de francs CFA, alors que l’ancien bureau était encore en état de fonctionner.

Cette interpellation met en lumière une fois de plus la question de la transparence dans la gestion des fonds publics au Sénégal, en particulier dans un contexte où les dépenses gouvernementales sont régulièrement remises en question. L’opposant Guy Marius Sagna, connu pour son engagement à défendre la bonne gestion des finances publiques, a vivement critiqué ces dépenses et exige des explications sur leur justification.

Pour l’heure, il reste à savoir comment Moustapha Guirassy et le gouvernement réagiront à ces accusations et si des éclaircissements seront apportés sur l’utilisation de ces fonds publics. La transparence sur les achats gouvernementaux est un enjeu crucial, notamment dans un contexte où l’opinion publique et les citoyens réclament une gestion plus rigoureuse et plus responsable des ressources publiques.

Nguéniène : démantèlement d’un vaste réseau de trafic d’armes, quatre individus interpellés

Le 22 avril 2025, dans le cadre de l’intensification de la lutte contre la criminalité et le trafic d’armes à feu, la brigade de recherches de Saly, soutenue par la brigade territoriale de Joal, a mené une opération décisive à Nguéniène, une localité située dans la région de Thiès, au Sénégal. Cette action a conduit à l’interpellation de quatre individus impliqués dans un vaste réseau de trafic et de vente illégale d’armes.

L’opération fait suite à plusieurs semaines de surveillance minutieuse, menée par les forces de sécurité suite à un renseignement concernant le trafic d’armes dans la zone. Selon un communiqué de la Gendarmerie nationale, l’exploitation de ces informations a permis d’arrêter les suspects, qui étaient activement impliqués dans la commercialisation illégale d’armes.

Les enquêteurs ont également procédé à la saisie d’un arsenal important, constitué de 22 armes à feu, comprenant 18 fusils de calibre 22 mm et quatre pistolets fabriqués artisanalement. En outre, la brigade a découvert 28 munitions de calibre 12 mm, ainsi qu’une somme de 323.000 francs CFA, probablement liée aux transactions illicites effectuées par le réseau.

Les interpellations de ces quatre suspects, qui font partie d’un groupe criminel bien organisé, marquent un coup d’arrêt dans les efforts des trafiquants d’armes de se fournir et de vendre des armes de manière clandestine. Ce coup de filet s’inscrit dans une série d’actions menées par la Gendarmerie nationale pour éradiquer les réseaux de trafic d’armes et garantir la sécurité des citoyens sénégalais.

Les autorités continuent leur enquête pour démanteler l’intégralité du réseau et découvrir d’éventuels complices. Cette opération met également en lumière la vigilance des forces de l’ordre et leur détermination à lutter contre ce fléau, qui constitue une menace sérieuse pour la sécurité publique et la stabilité sociale.

Dic : Demba Ngom, frère de Farba Ngom, placé en garde à vue

L’étau se resserre autour de l’entourage de Farba Ngom. Son frère, Demba Ngom, a été interpellé hier mercredi par les éléments de la Division des investigations criminelles (DIC), dans le cadre d’une enquête liée au rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).

Selon des sources proches du dossier, l’arrestation s’est faite sous la supervision d’une délégation judiciaire agissant sur mandat du doyen des juges d’instruction financier. Demba Ngom est actuellement en garde à vue et pourrait être présenté dans les prochaines heures devant le pôle judiciaire spécialisé dans les affaires économiques et financières.

Cette procédure s’inscrit dans un cadre plus large d’investigations portant sur de présumées irrégularités financières révélées par la CENTIF. L’organisme avait récemment transmis plusieurs dossiers aux autorités judiciaires, mettant en cause des circuits suspects de mouvements de fonds.

Il est important de rappeler que Farba Ngom, figure politique influente de l’ancien régime et ancien maire d’Agnam, est lui-même en détention provisoire dans une affaire retentissante impliquant 125 milliards de francs CFA. La mise en cause de son frère dans une affaire connexe ne fait qu’alimenter les spéculations sur l’étendue du réseau et la nature des montages financiers en cause.

L’enquête suit son cours, et de nouvelles interpellations ne sont pas à exclure, à mesure que les investigations se poursuivent.

Thiès – Nouveaux prix du riz brisé non parfumé : le kg désormais à 350 FCFA

Le Conseil régional de la consommation de Thiès s’est réuni ce mardi dans la capitale du rail pour statuer sur les nouveaux prix du riz brisé non parfumé, l’un des produits les plus consommés au Sénégal. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des efforts déployés pour soulager les ménages, dans un contexte de cherté de la vie.

À l’issue des discussions, il a été décidé que le prix de gros du sac de 50 kg est désormais fixé à 16 400 FCFA, contre 19 200 FCFA précédemment, soit une baisse notable de 2 800 FCFA. Pour le demi-gros, le prix a été aligné à 16 700 FCFA, enregistrant la même baisse.

Du côté des détaillants, le prix du kilogramme de riz brisé non parfumé passe de 360 FCFA à 350 FCFA. Une première baisse de 10 FCFA avait été proposée, mais les commerçants de la région ont volontairement accepté d’aller plus loin en réduisant de nouveau le prix de 10 FCFA supplémentaires. Cette décision, saluée par les autorités locales, montre une volonté de solidarité dans un contexte économique tendu.

Le responsable régional du commerce a précisé que la fixation de ces prix tient compte du différentiel de transport entre Dakar et Thiès, ainsi que des marges bénéficiaires légales. L’objectif est de garantir un équilibre entre rentabilité pour les commerçants et accessibilité pour les consommateurs.

Ces nouveaux tarifs devraient entrer en vigueur dans les jours à venir, une fois les commerçants informés et les mécanismes de contrôle renforcés. Ils pourraient servir de référence pour d’autres régions dans les semaines à venir, alors que la question du coût des denrées de première nécessité reste au cœur des préoccupations des Sénégalais.

Conseil constitutionnel : Mouhamadou Bachir Sèye intègre le collège des sept sages

Le Conseil constitutionnel du Sénégal compte un nouveau membre en la personne du magistrat Mouhamadou Bachir Sèye, nommé en remplacement de Mouhamadou Diawara dont le mandat est arrivé à terme en décembre 2024. Sa désignation marque l’entrée d’une figure respectée mais discrète de la magistrature sénégalaise dans l’une des institutions les plus sensibles de la République.

Avec cette nomination, Mouhamadou Bachir Sèye rejoint le collège des « sept sages », organe chargé de veiller à la régularité des élections nationales et à la conformité des lois avec la Constitution. En vertu des textes en vigueur, son mandat s’étendra sur une durée de six ans, non renouvelable.

Magistrat de carrière, il est réputé dans les milieux judiciaires pour sa rigueur intellectuelle, sa probité et sa maîtrise des textes juridiques. S’il reste peu connu du grand public, il jouit d’un grand respect au sein de la profession, notamment pour ses prises de position mesurées et son attachement à l’indépendance de la justice.

Cette arrivée intervient dans un contexte politique encore marqué par les débats sur les institutions, leur impartialité et leur rôle dans la consolidation démocratique. Le Conseil constitutionnel, souvent sollicité lors des crises politiques ou des périodes électorales, reste un pilier essentiel dans l’architecture juridique du pays.

La désignation de Mouhamadou Bachir Sèye est ainsi scrutée de près, tant par les acteurs politiques que par les défenseurs de l’État de droit. Elle pourrait également permettre d’insuffler un nouvel élan à une institution parfois critiquée pour son manque de renouvellement ou pour son opacité.

À présent, le collège est de nouveau au complet. Les prochains mois, notamment en vue des éventuelles réformes constitutionnelles ou des scrutins à venir, permettront d’observer les premiers pas de Mouhamadou Bachir Sèye dans ce cercle restreint, où chaque avis et chaque décision peut peser lourd dans la vie démocratique du Sénégal.

Affaire des 35 000 tonnes d’urée : un engrais disparu, des milliards envolés

En mars 2020, un navire transportant 35 000 tonnes d’urée accoste à Dakar. À son bord, un espoir de partenariat commercial entre l’Inde et le Sénégal. Cinq ans plus tard, ni l’urée, ni l’argent. À la place : une tempête judiciaire, des accusations croisées et des silences pesants. Retour sur une affaire tentaculaire où se mêlent logistique floue, mandats suspects et milliards disparus.

Tout commence avec Rahul Chandra, homme d’affaires indien opérant dans le commerce international d’engrais. Grâce à son frère, il est mis en relation avec Aissatou Thioro Dia et son mari Thierno Ndiaye, promoteurs sénégalais de la société NAD TRADE. Enthousiasme partagé, mais manque de fonds : le couple ne peut assumer seul l’importation. Thierno Ndiaye active alors son réseau et approche Balla Camara Seck, qui l’oriente vers une figure connue du secteur : Ndeye Nancy Niang, directrice de Transcontinental Transit (TCT). La machine se met en route.

Un partenariat se forme. Amine Group, dirigé par Lamine Ngom, accepte de prendre 10 300 tonnes. Les 25 000 restantes sont destinées à Hacko Holding. Un contrat est signé dans les bureaux de TCT le 18 mars 2020. Nancy signe au nom de TCT, mandatée verbalement selon les protagonistes, un point qui deviendra central plus tard. Le fret arrive le 1er avril à Dakar. Les opérations de déchargement sont confiées à Somicoa et TVS (ex-Necotrans). Le coût logistique atteint 1,2 milliard FCFA. La marchandise est stockée dans les entrepôts de TCT. Tout semble en ordre.

Mais dès le 4 avril, Rahul déchante. Il estime que les termes de l’accord ne sont pas respectés. Il envoie une lettre de rupture à Amine Group. La confiance s’érode. Rahul se tourne désormais vers Nancy, qu’il tient pour responsable, puisqu’elle est désignée logisticienne de la cargaison. TCT devient alors le pivot du nouveau plan : vendre l’engrais, rembourser Amine et payer Rahul. Une tentative est lancée pour vendre une partie à la société Stals (16 000 tonnes), une autre au Mali (12 000 tonnes). Mais aucune livraison ne se matérialise.

C’est à partir de ce moment que les versions commencent à diverger. Nancy finit par affirmer que 16 000 tonnes ont été retirées par Lamine Ngom, ce dernier étant pourtant sorti du pays. Elle soutient également que les 12 000 tonnes prévues pour le Mali ne sont jamais arrivées jusqu’à elle. Quant à la marchandise restante, elle parle de pertes ou d’ordres donnés par d’autres acteurs, sans jamais apporter de preuve concrète. Rahul, acculé, dépose une plainte officielle le 12 avril 2021 contre Nancy Niang pour escroquerie, abus de confiance et vol.

L’enquête révèle une galerie de personnages impliqués à divers niveaux. Nancy Niang nie toute responsabilité directe, tout en admettant avoir signé des documents, géré les stocks, et supervisé la logistique. Thierno Ndiaye reconnaît avoir perçu des sommes, et même une Range Rover, pour son rôle d’intermédiaire, se justifiant par un contrat d’apporteur d’affaires. Lamine Ngom, patron d’Amine Group, finit par céder ses droits à Aziz Ndiaye, qui paie une partie mais nie l’achat total, désignant un certain Massata comme l’acquéreur réel. Ce dernier affirme avoir acheté 4 000 tonnes, sans preuve bancaire. Ses factures sont similaires à celles d’Aziz Ndiaye. Alain, le gardien des entrepôts TCT, tranche : « Aucune cargaison n’est sortie sans instruction de Mme Nancy Niang. »

Où sont passées les 35 000 tonnes ? Lamine Ngom réclame le remboursement de son investissement. Rahul tente de négocier en proposant 7 000 tonnes pour couvrir les frais, et 3 000 pour indemniser Amine. Mais la marchandise reste introuvable. Nancy affirme que 11 000 tonnes ont été volées, 5 000 perdues, 12 000 jamais reçues. Des versions contestées, des responsabilités diluées, et toujours aucun responsable clairement désigné.

Cette affaire pose une série de questions graves. Comment une telle cargaison a-t-elle pu être livrée, stockée, puis évaporée sans trace ? Comment des acteurs économiques reconnus ont-ils pu signer des contrats flous, sans garantie bancaire ? Pourquoi la justice tarde-t-elle à trancher, plus de quatre ans après les faits ?

Aujourd’hui encore, l’issue judiciaire est incertaine. Rahul Chandra, qui a engagé pour plus de 3,9 milliards de francs CFA, n’a toujours pas été indemnisé. Nancy Niang, au cœur du dispositif, reste en liberté, soutenant que sa responsabilité est limitée à une exécution logistique. Cette affaire rappelle que le commerce international, surtout dans des secteurs comme les engrais ou le sucre, peut virer au piège, entre réseaux d’influence, mandats ambigus, et marchandises détournées. Et que dans cette confusion, les institutions peinent à faire émerger la vérité.

Trafic honteux à Kédougou : elle « achetait » des filles à 500 000 francs pour les forcer à se prostituer

L’horreur a un nom et un visage à Kédougou, où la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) vient de mettre à nu un réseau de traite humaine glaçant. Une femme de nationalité étrangère a été arrêtée après une minutieuse enquête menée par les forces de sécurité. Elle est poursuivie pour association de malfaiteurs, complicité de faux, proxénétisme et traite des personnes.

Tout a commencé par un renseignement jugé crédible. Il signalait l’arrivée de quatre jeunes filles convoyées discrètement dans le village de Mouran, en provenance d’un pays voisin. Très vite, les enquêteurs remontent la filière et identifient une femme qui opérait depuis son propre domicile, en toute discrétion.

Le mode opératoire est d’une cruauté implacable. La mise en cause a reconnu avoir « acheté » chaque jeune fille à 500 000 francs CFA, auprès d’un complice dans son pays d’origine. Pour les faire entrer au Sénégal sans éveiller les soupçons, elle s’est appuyée sur un autre intermédiaire, chargé de produire de faux papiers d’identité et des carnets de vaccination falsifiés.

Une fois sur place, les jeunes filles ont été contraintes à se prostituer. Chaque jour, elles devaient reverser une part importante de l’argent gagné à leur « recruteuse ». Objectif : rembourser une somme totale de 1 500 000 francs CFA, censée couvrir leurs « frais de voyage ». Un système d’exploitation sexuelle maquillé en dette, dans lequel les victimes étaient piégées sans échappatoire.

La suspecte a été placée en garde à vue, puis déférée devant le procureur du tribunal de Grande Instance de Kédougou. Quant aux quatre victimes, elles ont été prises en charge par une ONG locale spécialisée dans la protection et l’accompagnement des personnes victimes de traite.

Ce fait divers tragique jette une lumière crue sur la réalité de la traite humaine qui continue de sévir dans certaines zones frontalières du Sénégal. Des zones où les réseaux exploitent la vulnérabilité des jeunes filles, souvent dans un silence assourdissant.

Entre défi et climat social stable, Pdt Diomaye invite à une mutualisation des forces vives autour de l’emploi…

Le Centre International de Conférences Abdou Diouf (CICAD) a accueilli ce jeudi la 4e Conférence sociale sur l’emploi et l’employabilité, placée sous le thème : « Emploi et Employabilité : Défis et perspectives pour un Sénégal souverain, juste et prospère ». Une rencontre d’envergure, présidée par le Chef de l’État, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, en présence des représentants des travailleurs, du patronat, du gouvernement et des partenaires techniques et financiers.

‎Dans son allocution d’ouverture, le Président de la République a réaffirmé que l’emploi, en particulier celui des jeunes, constitue une priorité nationale majeure. Il a insisté sur la nécessité d’une approche collective, intégrant formation professionnelle, développement des compétences locales et appui à l’entrepreneuriat.

‎« Ce défi exige une réponse collective, structurée et durable. L’État assumera pleinement sa part, mais toutes les forces vives de la Nation doivent s’engager », a-t-il déclaré.

‎Le Chef de l’État a appelé à une synergie renforcée entre les partenaires sociaux, le secteur privé et les collectivités territoriales pour bâtir un modèle économique inclusif, équitable et soutenable. Il a souligné que ce modèle devra s’articuler autour de la justice sociale, de la dignité humaine et de la stabilité nationale.


‎Parmi les réformes annoncées figurent une gouvernance plus efficace du marché de l’emploi, une meilleure orientation des politiques de formation qualifiante et un accent mis sur les résultats concrets pour les citoyens.

‎Cette 4e édition de la Conférence sociale intervient dans un contexte où les attentes sont fortes en matière de réduction du chômage, de valorisation des métiers locaux et d’intégration des jeunes dans l’économie nationale. Elle marque également une étape importante dans la mise en œuvre de la vision de rupture du nouveau régime en matière de développement humain et économique.

Entre défi et climat social stable, Pdt Diomaye invite à une mutualisation des forces vives autour..

Kaolack / Viabilisation du littoral de Koundam : la Mairie met en avant les avantages

Koundam, ce n’est pas seulement un lieu de baignade. C’est aussi une mémoire vivante, un patrimoine naturel et humain fragile qu’il convient de préserver.

C’est dans cette perspective que les autorités municipales de la commune de Kaolack ont envisagé l’aménagement du littoral de ce quartier emblématique. Une visite de terrain a ainsi été effectuée ce mardi, en présence des services techniques de la municipalité. L’occasion pour Madame Ndiaya Mbow, première adjointe au maire, de revenir sur les nombreux avantages liés à la viabilisation du littoral de Koundam.

Selon elle, cet aménagement permettra d’améliorer les infrastructures, rendant la plage plus attrayante pour les populations. Le développement des équipements pourra également générer des emplois dans divers secteurs tels que la construction, l’hôtellerie, la restauration, ainsi que dans les services liés au tourisme.

Madame Ndiaya Mbow a également souligné que la valorisation de la plage, dans une logique de développement durable, contribuera à la protection de l’environnement et à la sensibilisation à la conservation des ressources naturelles.

En attirant davantage de visiteurs, les commerces locaux pourraient voir leur chiffre d’affaires augmenter, ce qui participerait à la dynamisation de l’économie locale. Enfin, une plage bien aménagée pourrait servir de cadre à des événements culturels, des festivals ou d’autres manifestations, renforçant ainsi le lien social et l’animation communautaire, a-t-elle conclu.

Dépenses au ministère de l’Éducation nationale : le député Guy Marius Sagna interpelle Moustapha Guirassy

Depuis plusieurs jours, l’opinion publique s’interroge sur une série de dépenses jugées controversées au ministère de l’Éducation nationale. C’est dans ce contexte que le député Guy Marius Sagna a décidé de poser des questions directes et précises au ministre en charge de ce département stratégique, Moustapha Guirassy. Dans une démarche de transparence, l’élu souhaite des éclaircissements sur l’usage des deniers publics dans un secteur aussi sensible que l’éducation.

Parmi les dépenses pointées du doigt, l’achat d’un salon de bureau pour un montant de deux millions de francs CFA attire particulièrement l’attention. Selon les informations relayées, le mobilier trouvé par Moustapha Guirassy à son arrivée au ministère était en excellent état, quasiment neuf. Pourquoi alors dépenser une telle somme pour le remplacer ? Cette décision soulève des interrogations sur la gestion des ressources allouées à l’administration de l’Éducation nationale, surtout dans un contexte où de nombreuses écoles manquent de matériel de base.

Autre achat polémique : un tapis iranien qui aurait coûté un million de francs CFA. Le choix d’un tel article de luxe pour un usage ministériel est perçu par certains comme un signe de déconnexion avec les réalités du système éducatif. Guy Marius Sagna pose la question que beaucoup se posent : cet investissement était-il réellement nécessaire et pertinent au regard des priorités du ministère ?

Dans la même veine, l’acquisition de matériel de petit-déjeuner pour un montant de 650 000 francs CFA a également été évoquée. Là encore, le député s’interroge sur la justification d’une telle dépense. Est-ce une dépense courante dans l’administration ou un abus de confort au détriment des urgences éducatives ?

Au-delà des achats, une pratique plus inquiétante est soulevée : celle de la « régularisation ». Selon le député, cette méthode consisterait à prétexter une urgence pour attribuer un marché public sans appel d’offres, en fabriquant des justificatifs a posteriori. « Monsieur le ministre, pratiquez-vous le phénomène de la “régularisation” ? », interroge Guy Marius Sagna, qui appelle à une clarification sur la transparence dans l’attribution des marchés au sein du ministère.

Face à ces interpellations, l’opinion publique attend une réaction claire du ministre Moustapha Guirassy. Ces dépenses, si elles sont confirmées, risquent de ternir l’image d’un département déjà confronté à de nombreux défis, notamment l’amélioration des conditions d’apprentissage, la formation des enseignants et la lutte contre les inégalités scolaires.

4e Conférence sociale sur l’emploi : Bassirou Diomaye Faye appelle à une mobilisation nationale pour un Sénégal « souverain, juste et prospère »

Le Centre International de Conférences Abdou Diouf (CICAD) a accueilli ce jeudi la 4e Conférence sociale sur l’emploi et l’employabilité, placée sous le thème : « Emploi et Employabilité : Défis et perspectives pour un Sénégal souverain, juste et prospère ». Une rencontre d’envergure, présidée par le Chef de l’État, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, en présence des représentants des travailleurs, du patronat, du gouvernement et des partenaires techniques et financiers.

Dans son allocution d’ouverture, le Président de la République a réaffirmé que l’emploi, en particulier celui des jeunes, constitue une priorité nationale majeure. Il a insisté sur la nécessité d’une approche collective, intégrant formation professionnelle, développement des compétences locales et appui à l’entrepreneuriat.

« Ce défi exige une réponse collective, structurée et durable. L’État assumera pleinement sa part, mais toutes les forces vives de la Nation doivent s’engager », a-t-il déclaré.

Le Chef de l’État a appelé à une synergie renforcée entre les partenaires sociaux, le secteur privé et les collectivités territoriales pour bâtir un modèle économique inclusif, équitable et soutenable. Il a souligné que ce modèle devra s’articuler autour de la justice sociale, de la dignité humaine et de la stabilité nationale.

Parmi les réformes annoncées figurent une gouvernance plus efficace du marché de l’emploi, une meilleure orientation des politiques de formation qualifiante et un accent mis sur les résultats concrets pour les citoyens.

Cette 4e édition de la Conférence sociale intervient dans un contexte où les attentes sont fortes en matière de réduction du chômage, de valorisation des métiers locaux et d’intégration des jeunes dans l’économie nationale. Elle marque également une étape importante dans la mise en œuvre de la vision de rupture du nouveau régime en matière de développement humain et économique.

Rejet de la loi dite « interprétative »: une éclatante victoire de l’opposition parlementaire contre la tentative pastéfienne d’instrumentalisation du droit

La décision rendue le mercredi 23/04/2025 par le Conseil constitutionnel marque une étape déterminante dans la vie démocratique de notre nation.

Par son rejet de la loi dite « interprétative » de l’amnistie, la haute juridiction a reconnu le bien-fondé du recours introduit par l’opposition parlementaire – en particulier les députés du groupe Takku Wallu, les non-inscrits dont ceux de Jamm Ak Njariñ – qui ont, dans un élan unitaire, porté cette cause avec fermeté et responsabilité.
Nous nous réjouissons de cette victoire, non pour des considérations partisanes, mais parce qu’elle consacre le primauté du droit sur la volonté politique du moment, et rappelle à la majorité mécanique que nul n’est au-dessus des lois.
Il est salutaire de rappeler que la loi d’amnistie initiale, à l’origine du débat, a permis à plusieurs acteurs politiques, dont les actuels dirigeants, de recouvrer la liberté et de participer à l’élection présidentielle qui les a portés au pouvoir. Tenter, aujourd’hui, d’en restreindre la portée par une lecture opportuniste, après en avoir pleinement bénéficié, est une manœuvre dont le caractère arbitraire a été justement invalidé.
Lors des débats parlementaires, nos députés avaient soulevé de nombreuses irrégularités, tant sur le fond que sur la procédure. Ils avaient refusé de cautionner ce texte en votant contre. Ce rejet par le Conseil constitutionnel vient donc confirmer la solidité de leur position et la légitimité de leur vigilance institutionnelle.
Mais pendant que la justice constitutionnelle rend sa decision, le pouvoir cherche à détourner l’attention sur cette déconvenue en lançant une offensive d’un autre ordre : celle de la stigmatisation politique par voie judiciaire. C’est dans ce cadre que des anciens Ministres dont notre camarade Mme Ndeye Saly Diop Dieng, se voient injustement pris pour cible, sur la base d’allégations suspectes liées à la gestion des fonds COVID-19.
La Nouvelle Responsabilité tient à lui exprimer son soutien total et sa solidarité agissante. Femme de conviction, de probité et de rigueur, elle saura faire face à cette épreuve avec l’engagement et la clarté qui la caractérisent.
Nous dénonçons avec gravité la logique perverse qui consiste à faire de la justice un outil de règlement de comptes, visant à taire les voix libres, et à intimider celles qui refusent de s’aligner. Ce type de gouvernance, loin d’honorer les tenants du pouvoir, érode la confiance du peuple.

Le Sénégal mérite mieux dans le contexte actuel que des représailles politiques. Il mérite une gouvernance à la hauteur de ses défis socio-économiques.

Ce mercredi 23/04, l’opposition parlementaire a tenu son rôle, le droit a triomphé et le Pastef l’a appris à ses depends.

Le combat continue pour défendre, sans relâche, l’essentiel : la République, la Justice et les Libertés.

Fait à Dakar,
Le 23/04/2025
La Nouvelle Responsabilité

Haute Cour de justice : Ismaïla Madior Fall rejette les accusations et parle de “règlements de comptes”

Inscrit sur la liste des cinq anciens ministres appelés à comparaître devant la Haute Cour de justice, Ismaïla Madior Fall, ex-ministre de la Justice sous Macky Sall, sort de son silence. Dans une déclaration accordée au journal Le Témoin, l’ancien Garde des Sceaux se dit “pleinement surpris” par sa mise en cause et soupçonne des motivations politiques derrière cette décision.

« Je ne comprends pas que mon nom soit associé à la requête du ministre de la Justice pour une traduction devant la Haute Cour. Je suis pleinement surpris, et je soupçonne que des gens veulent s’adonner à des règlements de comptes à mon endroit », a-t-il déclaré.

L’affaire fait grand bruit dans un contexte où les nouvelles autorités ont enclenché un vaste processus de reddition des comptes, notamment sur la gestion des fonds publics sous le régime précédent. Contrairement à ses collègues visés dans le dossier du fonds Force Covid-19, Ismaïla Madior Fall est poursuivi pour des faits présumés de corruption survenus durant son passage à la tête du ministère de la Justice.

Le journal Libération révèle que le dossier s’appuie sur une confession détaillée d’un entrepreneur, corroborée par des éléments fournis par le directeur des constructions des Palais de justice. Ces témoignages évoqueraient des malversations autour de marchés publics liés aux infrastructures judiciaires.

La réaction de l’ancien ministre intervient alors que la mise en place de la commission ad hoc à l’Assemblée nationale est prévue pour ce vendredi, en prélude à une plénière de ratification le lundi 28 avril. L’enjeu dépasse le seul cas Ismaïla Madior Fall : il s’agit d’un test de crédibilité pour la Haute Cour de justice et pour l’engagement du pouvoir actuel à assainir la gouvernance.

Loi d’amnistie : Aïssata Tall Sall tacle les « docteurs Diafoirus du droit » et salue la décision du Conseil constitutionnel

La décision du Conseil constitutionnel de rejeter la loi interprétative d’amnistie continue de faire réagir la classe politique. Aïssata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire Takku Wallu et ancienne ministre de la Justice, a pris la parole sur sa page Facebook pour livrer une réaction cinglante et sans concession.

Dans un ton à la fois juridique et satirique, elle s’en prend aux interprétations divergentes de la loi émanant de certains juristes et analystes. « La justice n’est pas un jeu de Lambi Golo ! », lance-t-elle, dénonçant les « docteurs Diafoirus du droit » qui, selon elle, ont tenté de manipuler le débat à leur guise.

Un rappel à l’ordre académique

Elle affirme que le Conseil constitutionnel a joué son rôle avec rigueur, en ramenant « tranquillement » les juristes partisans « à l’amphithéâtre ». Une façon pour l’ancienne garde des Sceaux de souligner le caractère didactique de la décision, qu’elle considère comme une leçon de droit autant qu’un acte de justice.

Dans son message, elle n’épargne pas ceux qui persistent à remettre en cause la décision du Conseil : « Errare humanum est, perseverare diabolicum », cite-t-elle en latin, insistant sur le danger de l’entêtement idéologique face à une institution qui a tranché en toute légitimité.

Une posture assumée

Avec ce message, Aïssata Tall Sall affirme sa position dans le débat national, tout en réaffirmant son attachement à un droit rigoureux, fondé sur les principes de l’État de droit et non sur les interprétations politiques. Sa sortie ajoute une dimension supplémentaire à une affaire qui cristallise les tensions entre droit, politique et mémoire collective.

Fonds Covid-19 : l’Unacois Jappo alerte sur les dérives dans la gestion du dossier

L’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois Jappo) tiendra une conférence de presse ce jeudi à 16 heures, dans un contexte tendu marqué par les retombées judiciaires de la gestion des fonds force Covid-19. L’organisation entend livrer sa lecture sur les irrégularités révélées dans l’utilisation de ces fonds, mais aussi tirer la sonnette d’alarme sur la situation économique nationale, qu’elle juge préoccupante.

Cette sortie intervient au moment où l’enquête judiciaire s’accélère avec plusieurs interpellations dans le cadre de l’importation de riz financée par lesdits fonds, dont celles de Rayan Hachem et Moustapha Ndiaye. Selon l’Unacois Jappo, le traitement de cette affaire souffre d’un manque d’équité, et pourrait engendrer de graves répercussions sur le secteur privé.

Dans un communiqué préliminaire, l’organisation avertit contre les « dégâts collatéraux » susceptibles de compromettre la stabilité des circuits de distribution, menaçant d’affecter les commerçants, les opérateurs économiques, mais aussi les consommateurs. L’Unacois met en garde contre un climat de suspicion généralisée qui pourrait dissuader les investissements et freiner la relance économique post-Covid.

Tout en réaffirmant son attachement à la transparence, l’organisation commerciale réclame une gestion responsable et équilibrée de cette crise. Elle souhaite à travers cette conférence clarifier sa position, rectifier certains faits et préserver la confiance dans l’économie nationale.

Rejet de la loi interprétative d’amnistie : Alioune Tine salue une « bonne décision » du Conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel a rendu, ce mercredi 23 avril 2025, une décision qui marque un tournant dans le débat national sur l’amnistie. La haute juridiction a jugé la loi n° 08/2025, interprétative de la loi d’amnistie votée par l’Assemblée nationale le 2 avril, non conforme à la Constitution.

Réagissant rapidement sur son compte X (anciennement Twitter), Alioune Tine, fondateur du think tank AfricaJom Center et défenseur des droits humains, a salué ce qu’il considère comme une victoire pour l’État de droit au Sénégal. « Le Conseil Constitutionnel a pris une bonne décision », écrit-il, en soulignant qu’elle renforce la démocratie sénégalaise et confirme la réputation du pays en tant qu’« exception démocratique ».

Dans son message, M. Tine insiste sur le fait que cette décision s’aligne avec les recommandations d’un rapport conjoint publié par le laboratoire de l’État de droit de l’Université de Stanford et AfricaJom Center. Ce rapport rappelle que la loi d’amnistie ne saurait couvrir les crimes internationaux, les exécutions extrajudiciaires, la torture ou les violations graves des droits humains, ni empêcher chaque citoyen de saisir la justice.

L’activiste met également en garde contre la politisation excessive des événements de 2021 à 2024, dénonçant un climat de déni et de refoulement. Il appelle à un véritable processus de vérité, de justice, puis de réconciliation nationale, estimant que c’est le seul chemin pour guérir durablement les blessures du passé.

Enfin, Alioune Tine rend hommage aux magistrats sénégalais qui, selon lui, s’émancipent progressivement de l’influence de l’exécutif, contribuant ainsi à l’enracinement d’une justice indépendante.

Haute Cour de justice : Ismaila Madior Fall visé par une affaire de corruption présumée

L’ancien ministre de la Justice, Ismaila Madior Fall, figure parmi les cinq anciens ministres mis en accusation devant la Haute Cour de justice. La décision a été prise à l’issue d’une réunion du bureau de l’Assemblée nationale tenue mercredi, marquant un tournant inattendu dans ce qui s’annonce comme l’un des plus grands procès politico-judiciaires de l’après-régime Sall.

Contrairement à ses anciens collègues – Ndeye Saly Diop Dieng, Sophie Gladima, Moustapha Diop et Mansour Faye – poursuivis dans l’affaire des fonds de la « Force Covid-19 », Ismaila Madior Fall est visé pour des faits présumés de corruption commis alors qu’il occupait le poste de Garde des Sceaux.

Selon les révélations du journal Libération, le dossier s’appuie sur la confession détaillée d’un entrepreneur, corroborée par des déclarations du directeur des constructions des Palais de justice. Ces témoignages auraient permis aux enquêteurs de remonter une chaîne de présumés avantages indus perçus en marge de marchés publics liés à l’infrastructure judiciaire.

La procédure suit désormais son cours institutionnel. Une séance plénière est prévue ce vendredi pour la mise en place d’une commission ad hoc chargée d’examiner les dossiers des cinq anciens ministres. Cette commission devra ensuite présenter ses conclusions à l’Assemblée, où une plénière de ratification est programmée pour le lundi 28 avril à 10 h.

Cette affaire relance le débat sur l’impunité des gouvernants et la capacité des institutions à juger des responsables politiques de haut niveau. La Haute Cour de justice, organe exceptionnel activé dans les cas de fautes graves commises par des ministres en fonction, est appelée à jouer pleinement son rôle dans le respect des principes de transparence et d’équité.

Ismaïla Madior Fall au cœur d’une nouvelle affaire : des soupçons de corruption planent sur l’ancien ministre de la Justice

Le nom d’Ismaïla Madior Fall, ancien ministre de la Justice et figure emblématique du régime de Macky Sall, refait surface de manière inattendue dans l’actualité judiciaire sénégalaise. Contrairement aux premières rumeurs qui le liaient à l’affaire du fonds Force Covid-19, c’est dans un tout autre dossier que l’universitaire et homme politique est désormais cité.

Selon les informations révélées par le quotidien Libération, Ismaïla Madior Fall serait soupçonné de faits présumés de corruption survenus lors de son passage au ministère de la Justice. L’enquête, qui serait actuellement en cours, s’appuierait sur un témoignage jugé accablant livré par un entrepreneur. Ce dernier aurait mis en cause l’ancien ministre dans des pratiques illicites liées à l’attribution de marchés publics.

Les accusations ne s’arrêtent pas là. Toujours selon la même source, les déclarations du directeur des constructions des Palais de justice viendraient appuyer les soupçons, renforçant ainsi la gravité des faits reprochés. Ces éléments semblent avoir suffi à enclencher une enquête plus approfondie, dans un contexte où les nouvelles autorités s’engagent à lutter contre l’impunité et à faire toute la lumière sur la gestion passée.

Ismaïla Madior Fall n’est pas un inconnu de la scène politique. Professeur de droit constitutionnel, il a occupé plusieurs fonctions de premier plan : ministre de la Justice, ministre des Affaires étrangères, directeur de cabinet du président de la République et conseiller spécial de Macky Sall. Sa proximité avec l’ancien chef de l’État et son influence dans les sphères décisionnelles en font une figure centrale du précédent régime.

Cette mise en cause jette une ombre sur la réputation d’un homme longtemps perçu comme un intellectuel rigoureux, porteur d’une certaine éthique républicaine. Pour l’heure, Ismaïla Madior Fall n’a pas encore réagi publiquement à ces nouvelles accusations. Mais dans un climat politique tendu, cette affaire pourrait bien marquer un tournant dans la dynamique de reddition des comptes engagée par les autorités actuelles.

Affaire à suivre.

Fatou Kiné Cissé retourne en prison : inculpée pour diffusion de fausses nouvelles

Après plusieurs allers-retours au parquet, le sort de Fatou Kiné Cissé a été définitivement scellé. La présidente-directrice générale de « Tahar Projets » a été inculpée et placée sous mandat de dépôt par le doyen des juges, révèle Libération dans son édition de ce jeudi. Arrêtée par la Section de recherches (SR) de Dakar, elle était déjà sous contrôle judiciaire pour des faits similaires, avant de retourner derrière les barreaux hier.

Fatou Kiné Cissé s’était récemment illustrée lors d’une apparition très controversée sur la chaîne YouTube Sans Limites TV. Se présentant comme une « vendeuse d’armes », elle y avait tenu des propos jugés extrêmement graves, allant jusqu’à évoquer une menace pesant sur la sécurité du Président de la République et du Premier ministre. Selon elle, cette situation découlerait de la promotion d’un officier de la gendarmerie qu’elle soupçonne d’être proche de l’ancien Président Macky Sall et du général Moussa Fall, ex-haut commandant de la gendarmerie.

Les autorités judiciaires ont ouvert une information judiciaire à son encontre pour diffusion de fausses nouvelles, atteinte à la sûreté publique, diffamation et mise en danger de la stabilité des institutions. Au cours de son audition, Fatou Kiné Cissé a tenté de tempérer ses propos, affirmant qu’il ne s’agissait que d’un avis personnel. Invitée à nommer l’officier en question, elle s’est abstenue, déclarant que cela lui aurait causé des problèmes dans le passé.

Quant aux preuves appuyant ses déclarations, elle s’est contentée de citer des articles publiés sur le site Africa Intelligence, sans fournir d’éléments matériels concrets.

Déjà connue pour des déclarations polémiques, Fatou Kiné Cissé s’enfonce dans une spirale judiciaire qui pourrait lui coûter cher. Ce nouveau rebondissement vient confirmer la fermeté des autorités face à la diffusion de fausses informations, surtout lorsqu’elles sont de nature à troubler l’ordre public et à ébranler les institutions.

Redressement, transparence et transformation : Le Gouvernement Sonko dévoile les grands axes de son action

Dans un contexte marqué par une situation critique des finances publiques, le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a annoncé, lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi, l’imminente présentation d’un plan structuré de relance économique. Cette feuille de route ambitieuse, adossée à l’Agenda national de Transformation systémique, se veut une réponse globale et cohérente aux défis économiques, sociaux et institutionnels du pays.

Selon le porte-parole du gouvernement, Amadou Moustapha Njekk Sarré, ce plan sera présenté dans les prochains jours non seulement au peuple sénégalais, mais aussi aux partenaires techniques et financiers du pays. Il s’agira d’un document « structuré, détaillé et chiffré », qui marquera le début d’une nouvelle phase de gouvernance économique fondée sur la rigueur, la responsabilité et la souveraineté.

Le chef du gouvernement a réaffirmé que l’opération de reddition de comptes actuellement en cours est une priorité inscrite dans les engagements électoraux du Président de la République. Cette démarche de transparence, jugée essentielle dans une démocratie, vise à rétablir la confiance entre les institutions et les citoyens.

« Un tel exercice doit aller de pair avec la mise en œuvre des actions requises pour bâtir une patrie forte, souveraine et prospère, portée par un sursaut national », a insisté Ousmane Sonko. Il s’agit, selon lui, de concilier justice et relance économique, sans sacrifier ni l’une ni l’autre.

Le gouvernement mise ainsi sur une dynamique de rupture : rompre avec les pratiques de gestion opaques, tout en jetant les bases d’un modèle de développement plus équitable, plus résilient et plus autonome. Ce plan de relance, qui s’annonce comme une pièce maîtresse de la gouvernance Sonko, devrait préciser les secteurs prioritaires, les leviers de financement et les mécanismes d’évaluation.

À quelques semaines du centième jour du nouveau régime, le ton est donné : redressement, transparence et transformation systémique seront les maîtres-mots de cette nouvelle ère. Reste à voir si les promesses sauront se traduire par des résultats concrets sur le terrain.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°450 – 24/04/2025

🔴 REJET DE LA LOI INTERPRÉTATIVE PORTANT AMNISTIE : UNE RUSE POLITIQUE ?

🔴 AFROBASKET FÉMININ 2025 : TIRAGE AU SORT AVANTAGEUX POUR LES « LIONNES »
🔴 SÉRIE A / BLESSURE : FIN DE SAISON POUR ASSANE DIAO

Loi interprétative retoquée : l’APR salue une décision « sage » et accuse le régime de dérive autoritaire

Le rejet de la loi interprétative de la loi d’amnistie par le Conseil constitutionnel continue de susciter des réactions à travers le spectre politique sénégalais. Ce mercredi 23 avril 2025, c’est au tour de l’Alliance Pour la République (APR) de se prononcer, à travers un communiqué publié par son Secrétariat Exécutif National. Le parti fondé par Macky Sall se félicite de cette décision, tout en dénonçant avec virulence ce qu’il considère comme les dérives d’un pouvoir en perte de repères.

Dans son communiqué, l’APR qualifie la décision du Conseil constitutionnel de « sage » et félicite les parlementaires à l’origine du recours. Le parti n’y va pas de main morte à l’encontre de la majorité actuelle : il parle d’une « loi scélérate » portée par une « majorité mécanique de députés godillots », désormais désavouée « de manière cinglante » par la plus haute juridiction du pays.

Selon l’APR, cette invalidation représente un rappel sévère à l’ordre adressé au président Bassirou Diomaye Faye, à son Premier ministre Ousmane Sonko, ainsi qu’à l’ensemble des députés de la mouvance présidentielle. Pour le parti d’opposition, ce rejet met en lumière « les méthodes cavalières » d’un pouvoir qui gouverne, selon lui, sans respect des règles républicaines.

L’APR va plus loin en accusant le régime d’user de « manipulations institutionnelles » et d’amateurisme dans la gestion de l’État. Le parti appelle les autorités à se soumettre sans condition à la décision du Conseil constitutionnel, rappelant qu’elle « n’est susceptible d’aucun recours et s’impose à tous ». Le communiqué exhorte également le peuple sénégalais à « rester debout » et à « faire face à toute tentative de passage en force », en dénonçant ce qu’il perçoit comme une dérive autoritaire du régime Sonko-Diomaye.

Sur le terrain judiciaire, l’APR critique ce qu’elle considère être une « pseudo reddition des comptes », qu’elle assimile à un « vilain et vulgaire règlement de comptes politique ». Une formulation qui traduit la défiance du parti vis-à-vis des enquêtes en cours, notamment celles touchant d’anciens responsables du régime précédent. Le parti exige, dans la foulée, la libération immédiate de tous les détenus politiques et d’opinion, qu’il considère comme des victimes de cette justice sélective.

La réaction de l’APR vient s’ajouter à un climat politique déjà très tendu, où la décision du Conseil constitutionnel apparaît comme un point de bascule. Si pour certains, elle renforce l’État de droit, pour d’autres, elle révèle l’intensité des luttes d’interprétation de la loi dans un contexte post-électoral encore fragile.

Décision du Conseil Constitutionnel sur la loi interprétative : Le Groupe Parlementaire Pastef les Patriotes réagit

Le Groupe Parlementaire Pastef les Patriotes a réagi à la décision rendue par le Conseil Constitutionnel ce mercredi 23 avril 2025, qui a invalidé la loi interprétative de la loi d’amnistie. Cette décision a fait l’effet d’une onde de choc sur la scène politique sénégalaise et a suscité de vives réactions tant au sein de la majorité qu’à l’opposition.

Dans un communiqué de presse publié peu après la décision, le groupe parlementaire a exprimé sa satisfaction en soulignant que le verdict allait dans le sens de ses préoccupations. Selon le Conseil Constitutionnel, les crimes tels que l’assassinat, le meurtre, la torture, les actes de barbarie, et les traitements inhumains, cruels ou dégradants sont des crimes imprescriptibles, et ne peuvent en aucun cas être couverts par une loi d’amnistie.

L’argument principal du groupe Pastef les Patriotes repose sur le fait que cette décision confirme leur position de ne jamais laisser impunis les crimes de sang. Ce principe fondamental, selon eux, a été validé par l’instance juridique suprême du pays. Le communiqué précise également que la décision du Conseil Constitutionnel ouvre la voie à toutes les victimes de ces actes odieux, leur permettant désormais de porter plainte contre les responsables directs, mais aussi contre les commanditaires de ces actes.

Le Groupe Parlementaire Pastef a réaffirmé son engagement pour la justice, soulignant que la décision du Conseil Constitutionnel était une victoire pour toutes les victimes des violences politiques survenues entre mars 2021 et février 2024. En accordant aux victimes un droit à réparation, cette décision légitime les démarches de justice pour ceux qui ont souffert des agissements violents.

En outre, Pastef les Patriotes a insisté sur la nécessité pour la justice de tirer toutes les conséquences de cette décision, en toute indépendance. Le groupe parlementaire appelle la justice sénégalaise à agir avec rigueur et impartialité pour garantir que ces crimes ne soient pas seulement condamnés par les textes, mais aussi punis dans la réalité, en permettant ainsi une véritable réparation pour les victimes.

Cette décision du Conseil Constitutionnel est une étape décisive dans le débat politique et judiciaire du pays. Elle met en lumière la tension entre les aspirations à la réconciliation nationale et la nécessité de rendre justice pour les victimes. Le Groupe Parlementaire Pastef les Patriotes se félicite d’avoir vu sa position validée par l’instance constitutionnelle, et maintient sa ligne de conduite sur la justice et l’équité.

Cependant, la question de la réconciliation reste un sujet épineux. Bien que la décision offre une nouvelle perspective pour les victimes, il est évident que les tensions entre les différentes forces politiques du pays ne s’apaiseront pas immédiatement. Pour les partisans de Pastef, la bataille pour la justice continue, et la réconciliation nationale ne pourra se faire que dans le respect des principes de vérité, de justice et de réparation.

En conclusion, cette décision marque un tournant dans le traitement des crimes politiques au Sénégal. Le Groupe Parlementaire Pastef les Patriotes a non seulement remporté une victoire légale, mais a également redonné de l’espoir aux victimes de violences, en leur offrant une voie légale pour réclamer réparation.

La justice devra désormais suivre ce chemin tracé par le Conseil Constitutionnel, en veillant à ce que l’équité et le droit prévalent, au-delà des jeux politiques.

Abdou Mbow réagit après le rejet de la loi interprétative : « Un pouvoir manipulateur et hors-la-loi »

La décision rendue ce mercredi par le Conseil constitutionnel, rejetant la loi interprétative de la loi d’amnistie, continue de provoquer de vives réactions dans la classe politique sénégalaise. Parmi les voix les plus critiques figure celle de Abdou Mbow, député et membre de la coalition d’opposition Takku Wallu. Celui-ci a rapidement réagi à ce verdict, qu’il considère comme un tournant dans la crise politique qui secoue le pays.

Dans une déclaration publique, Abdou Mbow a exprimé sa profonde déception, qualifiant la décision du Conseil constitutionnel de confirmation de la « dérive » du pouvoir actuel. Selon lui, le rejet de la loi interprétative, qui aurait permis d’étendre l’amnistie à certains faits, notamment liés aux violences politiques, révèle un manque flagrant de respect pour les règles constitutionnelles et démocratiques.

« J’avais prévenu les Sénégalais que nous avions affaire à un pouvoir manipulateur et hors-la-loi », a lancé le député, dénonçant ce qu’il considère comme une gestion autoritaire du régime. Il a estimé que cette décision mettait en lumière les dérives du gouvernement, et marquait un nouvel épisode de ce qu’il appelle une gouvernance illégale.

Pour Abdou Mbow, le rejet de la loi par le Conseil constitutionnel démontre clairement que le pouvoir exercé par Pastef est contraire aux principes de l’État de droit et à la Constitution. Il accuse le gouvernement actuel d’opérer en dehors des règles et de manipuler les institutions à des fins politiques. Le député a ajouté que ce verdict allait « précipiter le pays vers une crise institutionnelle » et souligné que la gestion des affaires publiques par le pouvoir en place était « incompétente ».

Il a également critiqué le gouvernement de Pastef, qu’il accuse de mettre en péril les fondements démocratiques du Sénégal. Abdou Mbow a exprimé son inquiétude quant à la manière dont les dirigeants actuels gèrent le pays. « Cette décision démontre une fois de plus que le pouvoir Pastef opère dans une illégalité totale. Les Sénégalaises et les Sénégalais doivent comprendre que ces dirigeants sont incompétents et vont précipiter notre pays vers des lendemains incertains », a-t-il insisté, appelant à la mobilisation de l’opposition pour contrer ce qu’il considère comme un danger pour la démocratie sénégalaise.

Cette déclaration d’Abdou Mbow s’inscrit dans une série de critiques formulées par l’opposition sénégalaise suite au rejet de la loi interprétative de la loi d’amnistie. L’opposition a vu dans cette décision une victoire de la Constitution et de la justice, qui ont rejeté une tentative de manipulation législative. Cependant, pour Abdou Mbow et d’autres figures de l’opposition, il ne s’agit pas simplement d’une question de légalité, mais aussi de la préservation des principes démocratiques du Sénégal.

L’opposition appelle ainsi à une réflexion collective sur l’avenir politique du pays et sur la manière dont les institutions peuvent être protégées des dérives autoritaires. Le rejet de la loi interprétative est vu par certains comme un symbole de la lutte pour la défense de l’État de droit.

Abdou Mbow conclut son intervention en réaffirmant son engagement envers la démocratie et la justice, tout en prévenant que le pays pourrait se retrouver dans une situation difficile si cette dynamique de non-respect des règles continue. Pour lui, « le salut est dans une gestion respectueuse des lois et des principes constitutionnels », et non dans des tentatives d’imposer une gouvernance par la manipulation.

Zahra Iyane Thiam après la décision du Conseil constitutionnel : « Oui à la reddition des comptes, non à la chasse aux sorcières »

La décision rendue ce mercredi par le Conseil constitutionnel, invalidant la loi interprétative de la loi d’amnistie adoptée le 2 avril, continue de susciter des réactions au sein de la classe politique. Zahra Iyane Thiam, ancienne ministre et membre de l’opposition, s’est exprimée à travers un message publié sur ses réseaux sociaux.

Dans sa déclaration, elle salue la décision du Conseil comme un signe fort du respect des principes de l’État de droit au Sénégal :
« Le Conseil constitutionnel a dit le droit : la loi interprétative est inconstitutionnelle. »

Mais au-delà de cette victoire d’ordre juridique, Zahra Iyane Thiam invite à l’élargissement de cette exigence de rigueur à d’autres domaines, notamment à la justice pénale. Elle évoque en particulier les enquêtes en cours sur les fonds Force Covid-19 ainsi que les révélations contenues dans le rapport de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques entre 2019 et 2024.

« Je ne doute pas que la justice pénale fera, elle aussi, preuve de la même impartialité dans le traitement des dossiers relatifs aux fonds Force Covid-19 et au rapport de la Cour des comptes sur les finances publiques 2019-2024. »

L’opposante appelle à une reddition des comptes sans calculs politiques, en tenant à distinguer entre justice et règlements de comptes.

« Oui à la reddition des comptes dans toute sa rigueur. Non au règlement de comptes et à la chasse aux sorcières. Dépassons rapidement cette période : le Sénégal est un bien commun. Au travail, le salut est collectif », conclut-elle.

Verdict du Conseil constitutionnel : Anta Babacar Ngom salue une « décision courageuse »

La décision du Conseil constitutionnel de déclarer anticonstitutionnelle la loi interprétative de la loi d’amnistie votée le 2 avril 2025 continue de faire réagir la classe politique. Dans le camp de l’opposition, les déclarations de satisfaction se multiplient, saluant une victoire de l’État de droit sur les tentatives d’instrumentalisation de la loi.

Parmi les premières voix à réagir figure celle d’Anta Babacar Ngom. Sur ses réseaux sociaux, la présidente du mouvement Alternative pour la Relève Citoyenne (ARC) a tenu à exprimer sa satisfaction. Elle écrit :
« Le Conseil constitutionnel vient de confirmer ce que nous avons toujours défendu : la loi interprétative de l’amnistie de 2024 était inintelligible, inéquitable et illégale. Cette décision courageuse réaffirme la primauté du droit et la nécessité d’une justice équitable pour tous. »

La responsable politique, qui avait dès le départ dénoncé les dérives de cette loi interprétative, voit dans ce rejet une opportunité pour repartir sur des bases saines. Pour elle, la véritable réconciliation nationale passe nécessairement par la vérité, la justice et le pardon – non par l’oubli imposé.

« Restons mobilisés pour une véritable réconciliation nationale, fondée sur la vérité et le pardon. Félicitations au peuple sénégalais et à toute l’opposition parlementaire. Vive la démocratie ! Vive la justice ! Vive le Sénégal », a-t-elle conclu dans son message.

La sortie d’Anta Babacar s’inscrit dans une série de réactions saluant une décision qui, au-delà du droit, revêt une forte portée symbolique. Le rejet de la loi interprétative par le Conseil constitutionnel est perçu par l’opposition comme un rempart contre l’arbitraire législatif et un pas important vers une justice équitable et indépendante au Sénégal.

Rejet de la loi interprétative par le Conseil constitutionnel : Amadou Ba (Pastef) salue une victoire contre l’impunité

Le Conseil constitutionnel a tranché. Par sa décision rendue publique ce mardi 16 avril, il a déclaré anticonstitutionnelle la loi interprétative de la loi d’amnistie, adoptée le 2 avril dernier par la majorité parlementaire dominée par le parti Pastef. Cette loi visait à clarifier que certains crimes graves – notamment les assassinats, meurtres et actes de torture – ne sauraient être couverts par la loi d’amnistie votée en mars.

Cette décision du juge constitutionnel invalide de facto cette tentative d’interprétation de la loi initiale, consacrant ainsi la portée exclusive de celle-ci. En clair, elle ferme la voie à toute relecture parlementaire visant à exclure des faits liés aux violences politiques survenues entre mars 2021 et février 2024, notamment lors des épisodes de répression ayant fait plusieurs dizaines de morts.

Loin d’apparaître comme un revers politique pour les initiateurs du texte, la décision a été accueillie avec satisfaction par Amadou Ba, député de Pastef et principal auteur de la loi interprétative. Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, il a salué ce qu’il considère comme une avancée pour la justice :
« Fin de l’impunité pour les crimes de meurtres, assassinats et tortures. Merci au Conseil constitutionnel. »

Cette réaction laisse entendre que pour le parlementaire, la loi d’amnistie adoptée en mars 2024 n’a jamais couvert les crimes de sang et de torture, conformément aux engagements internationaux du Sénégal. Ainsi, le Conseil constitutionnel ne fait, selon lui, que confirmer une lecture conforme à l’esprit de l’État de droit.

Cette interprétation rejoint celle exprimée par certains juristes, pour qui la décision du Conseil vient renforcer l’idée que la justice sénégalaise garde la possibilité de poursuivre les auteurs présumés d’actes graves, même dans un contexte post-amnistie. Reste à savoir si cette lecture prévaudra dans les prochaines semaines, alors que plusieurs plaintes ont déjà été annoncées contre des responsables de l’ancien régime.

Rejet de la loi interprétative par le Conseil constitutionnel : Juan Branco évoque la CPI et Macky Sall

L’avocat franco-espagnol Juan Branco, réputé proche du nouveau régime sénégalais, n’a pas tardé à réagir à la décision du Conseil constitutionnel sénégalais invalidant la loi interprétative de l’amnistie. Dans une publication sur le réseau social X (anciennement Twitter), l’auteur de Le Procès de Macky Sall estime que cette décision pourrait avoir des conséquences judiciaires majeures.

Selon Juan Branco, cette décision « facilite la saisine de la Cour pénale internationale par les autorités du Sénégal à l’encontre de Monsieur Macky Sall ». Il considère qu’en rejetant la loi votée par la majorité parlementaire de PASTEF – qui visait à clarifier que les crimes de sang et actes de torture n’étaient pas couverts par l’amnistie votée en mars – le Conseil constitutionnel a renforcé la possibilité pour l’exécutif de Dakar d’engager des procédures internationales.

« La voie est désormais ouverte pour que le Président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko initient une telle démarche, s’ils le souhaitent », a ajouté l’avocat.

Cette sortie intervient dans un contexte où les débats autour de la reddition des comptes, de la justice transitionnelle et de l’impunité sont particulièrement sensibles. Le rejet de la loi interprétative, perçu par certains comme un revers politique pour la majorité, est en réalité considéré par d’autres, dont Juan Branco, comme une opportunité juridique de relancer certains dossiers douloureux du passé récent du Sénégal.

Sécurité routière au Sénégal : une urgence nationale face à une moyenne de deux décès par jour

Le fléau des accidents de la route continue de faire des ravages au Sénégal, avec des chiffres alarmants qui révèlent l’ampleur du drame humain et social qui se joue chaque jour sur les routes du pays. Ce mercredi, Atouman Sy, directeur général de l’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER), a révélé que le Sénégal enregistre chaque année environ 5 000 accidents, pour une moyenne de 745 décès, soit près de deux morts par jour.

Ces chiffres ont été rendus publics à l’occasion d’un atelier de formation organisé à l’intention des journalistes spécialisés en sécurité routière. L’événement, initié en collaboration avec le Réseau des journalistes en transport et sécurité routière, s’inscrit dans une campagne nationale d’information et de sensibilisation que l’ANASER s’apprête à lancer avec le soutien du cabinet Fred Engineering.

« Lorsqu’il est question de sécurité routière, nous pensons naturellement à nos amis journalistes, qui relaient l’information et traitent cette problématique en profondeur », a déclaré M. Sy. Il a insisté sur l’importance du rôle des médias dans la sensibilisation et la prévention des accidents de la circulation, tout en saluant l’engagement des plus hautes autorités de l’État sur la question. « Le président de la République Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre Ousmane Sonko, ainsi que le ministre des Infrastructures et des Transports terrestres, Yankhoba Diémé, accordent une très grande importance à toutes les questions relatives à la sécurité routière », a-t-il assuré.

Au-delà des chiffres, c’est une véritable crise de sécurité publique que vivent les populations sénégalaises. Selon Atouman Sy, les accidents sont majoritairement responsables de blessures graves, voire mortelles, dont les conséquences sociales et économiques sont désastreuses pour les familles touchées.

Dans cette lutte contre l’insécurité routière, le Sénégal a pourtant commencé à engranger des résultats encourageants. Le pays a récemment été honoré du prix Kofi Annan pour la sécurité routière, une distinction qui récompense les efforts fournis pour améliorer la sécurité sur les routes. « Cette reconnaissance doit nous encourager à redoubler d’efforts », a insisté le directeur de l’ANASER.

Les campagnes de sensibilisation, les mesures de prévention, le renforcement du contrôle routier et l’éducation des usagers de la route sont autant d’outils que les autorités comptent mobiliser pour inverser la tendance. Et dans cette bataille, la presse est appelée à jouer un rôle central pour alerter, informer et conscientiser tous les acteurs du trafic routier.

Débat sur le prix du carburant : Jean Michel Sène relance Thierno Alassane Sall pour un face-à-face public

Les tensions montent entre la jeunesse de PASTEF et Thierno Alassane Sall. En réaction aux récentes déclarations de ce dernier, qui s’en est pris à la gouvernance du tandem Sonko–Diomaye, le vice-coordonnateur de la jeunesse patriotique, Jean Michel Sène, a tenu une conférence de presse ce mercredi pour répondre point par point aux critiques formulées par le leader de la République des Valeurs. L’occasion pour lui de renouveler publiquement son invitation à un débat contradictoire.

Jean Michel Sène a ainsi relancé Thierno Alassane Sall sur sa sortie concernant le prix du carburant, en affirmant que le député s’appuie sur des « affirmations erronées ou volontairement biaisées » pour discréditer les efforts du gouvernement. Selon lui, la hausse du prix du carburant évoquée par l’ancien ministre s’explique par des réalités aussi bien internationales que nationales.

Il a rappelé que la forte demande sur le marché mondial continue d’influencer les prix, notamment dans un contexte de tensions géopolitiques et de spéculations sur les ressources énergétiques. En ce qui concerne les facteurs internes, Jean Michel Sène a souligné que l’entrée en production du pétrole sénégalais ne signifie pas automatiquement une baisse des prix à la pompe, du fait des contraintes contractuelles héritées des accords signés avec les compagnies pétrolières étrangères. Le Sénégal, a-t-il expliqué, continue d’acheter le pétrole brut au prix du marché mondial, libellé en devises, ce qui limite la marge de manœuvre du gouvernement en matière de subvention ou de réduction.

En sa qualité de Directeur général de l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER), il a indiqué que le Sénégal bénéficie tout de même d’un prix contractuel relativement avantageux, oscillant entre 20 et 30 dollars le baril, grâce à des appels d’offres bien négociés. Cela reste cependant en deçà des besoins nationaux, qui avoisinent les 3 millions de tonnes annuelles, alors que la capacité de raffinage actuelle du pays est limitée à 1,5 million de tonnes.

Jean Michel Sène a également évoqué la stratégie énergétique du gouvernement, qui repose sur une réduction progressive de la dépendance aux énergies fossiles. Il a mis en avant les investissements dans le solaire, l’éolien et l’hydroélectricité, affirmant que cette orientation devrait permettre à moyen terme de stabiliser les coûts de l’énergie, tout en renforçant la souveraineté énergétique du pays.

Dans un ton à la fois ferme et pédagogique, il a invité Thierno Alassane Sall à un débat public, dans un format télévisé ou radiodiffusé, afin d’éclairer l’opinion nationale sur ces questions complexes. « Il est temps que les Sénégalais puissent entendre les deux versions, données à partir de faits et non de simples slogans. Nous ne nous déroberons pas. Le moment est venu de confronter les idées dans l’intérêt de la démocratie », a-t-il martelé.

Décision sur la loi interprétative : Ousmane Sonko contre-attaque et dénonce une récupération politicienne

Dans une longue déclaration publiée sur ses réseaux sociaux, Ousmane Sonko, Président de PASTEF – Les Patriotes et actuel Premier ministre, est revenu avec vigueur sur la décision du Conseil constitutionnel invalidant la loi d’interprétation de la loi d’amnistie portée par le député Amadou Ba. Si l’opposition y a vu une « claque juridique » infligée à la majorité parlementaire, le leader des Patriotes soutient, au contraire, que la décision conforte la logique et l’esprit de la proposition.

« Je me serais bien gardé de me prononcer si les résidus d’opposition ne s’étaient pas précipités dans une tentative désespérée de récupération politicienne », écrit-il d’emblée. Pour lui, cette décision ne constitue pas un désaveu mais une confirmation : la loi initiale d’amnistie adoptée en mars 2024 excluait déjà, de par sa formulation, les crimes les plus graves tels que les assassinats, meurtres, actes de torture ou traitements inhumains.

Sonko rappelle que la proposition de loi interprétative n’avait qu’un objectif : préciser davantage que ces infractions graves ne tombaient pas sous le coup de l’amnistie. En somme, « ce que le groupe parlementaire Pastef a proposé, le Conseil constitutionnel l’a confirmé », affirme-t-il, en se référant au considérant 31 de la décision qui souligne la non-inclusion des crimes de sang dans la loi initiale, en conformité avec les engagements internationaux du Sénégal.

Le Conseil constitutionnel a en revanche jugé que la loi interprétative était juridiquement superflue, ce qui a motivé son invalidation. Mais pour Sonko, cela ne remet aucunement en cause les effets de la loi d’amnistie en vigueur, notamment pour les faits liés aux manifestations politiques entre février 2021 et février 2024.

Très offensif dans sa prise de parole, Ousmane Sonko accuse une frange de l’opposition de chercher à assimiler les luttes politiques à des actes de barbarie, dans le seul but de « renvoyer des milliers de patriotes dans des geôles où ils ont tant souffert ». Il qualifie cette opposition d’« indigente », « haineuse » et incapable d’accepter que des Sénégalais aient payé un lourd tribut pour leurs opinions politiques.

Il appuie également son argumentaire sur l’ordonnance de non-lieu rendue le 27 janvier 2025 par le doyen des juges d’instruction, qui conclut à l’extinction de l’action publique contre lui-même et le président Bassirou Diomaye Faye, sur la base de la loi d’amnistie.

Alors que la classe politique se divise sur la portée de la décision du Conseil, Ousmane Sonko la retourne à son avantage et y voit un point final : « le Conseil n’a relevé aucun autre motif d’inconstitutionnalité, fermant ainsi définitivement toute possibilité de recours contre l’amnistie ».

TAS après la décision du Conseil constitutionnel : « Le régime Pastef semble avoir oublié que la justice à deux vitesses est bannie »

Le président du parti République des Valeurs (RV), Thierno Alassane Sall, n’a pas tardé à réagir après la décision du Conseil constitutionnel qui a infirmé la loi d’interprétation de l’amnistie introduite par le député Amadou Ba. Dans un ton ferme, il fustige une tentative d’instaurer une « justice à deux vitesses » de la part de la majorité parlementaire incarnée par Pastef.

« Le juge constitutionnel rappelle ainsi un principe élémentaire : la justice à deux vitesses est bannie par l’État de droit. Il est curieux que le régime Pastef ait oublié si vite ce principe fondamental », a-t-il déclaré.

La décision numéro 1/C/2025 du Conseil constitutionnel, tombée mercredi, déclare la loi d’interprétation contraire à la Constitution, mettant ainsi un terme à une tentative de modification de la portée de la loi d’amnistie promulguée en 2024, qui couvrait les événements entre février 2021 et février 2024.

Selon Thierno Alassane Sall, « l’abrogation partielle de l’amnistie était impossible », car contraire à l’esprit même de cette mesure d’apaisement. Pour lui, il est dangereux de jouer avec les équilibres juridiques dans un contexte où la justice doit être un pilier inébranlable.

« Il faut maintenant aller vers des concertations les plus inclusives possibles, afin de trouver un équilibre entre l’impératif de justice et la nécessité de réconciliation d’une nation fracturée », a-t-il ajouté.

Député non inscrit mais voix audible de l’opposition, Thierno Alassane Sall se positionne comme un défenseur du respect strict de l’État de droit. Cette déclaration vient renforcer sa posture critique vis-à-vis du pouvoir exécutif, tout en appelant à une démarche inclusive pour traiter les séquelles des années de tensions politiques.

Les nominations en conseil des ministres du Mercredi 23 Avril 2025

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES,

le Président de la République a pris les décisions suivantes : Au titre du Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères :

Monsieur Mouhamed KONATE, Conseiller des Affaires étrangères, matricule de solde n° 606 883 I, est nommé Secrétaire général adjoint au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, en remplacement de Monsieur Malick DIOUF, appelé à d’autres fonctions ;
Monsieur Babacar BA, Administrateur civil, matricule de solde n° 611 532 B est nommé Directeur de l’Intégration africaine et du Panafricanisme au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, et Responsable du Bureau national de la CEDEAO ;

Monsieur Talla GUEYE, Conseiller des Affaires étrangères, matricule de solde n° 624 531 E, est nommé Directeur de la Coopération bilatérale africaine au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères ;  Monsieur Mamadou Mounsir NDIAYE, Conseiller des Affaires étrangères, matricule de solde n° 624 499 D, est nommé Directeur des Organisations internationales 4 au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, en remplacement de Monsieur Pierre FAYE, appelé à d’autres fonctions ;

Madame Cathy DIAGNE THIOYE, Conseiller des Affaires étrangères, matricule de solde n° 624 487 E, est nommée Directeur Asie, Pacifique et Moyen-Orient au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, en remplacement de Monsieur Ousmane DIOP, appelé à d’autres fonctions ;

Monsieur Abdoulaye KEITA, Conseiller des Affaires étrangères, matricule de solde n° 624 500 C, est nommé Directeur Europe, Amérique et Océanie au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, en remplacement de Monsieur Ousmane Camara DIONGUE, appelé à d’autres fonctions ;

Monsieur El Hadji Abdoul Karim CISSE, Économiste, titulaire d’un Master en Méthodes statistiques et économétriques, est nommé Directeur des Sénégalais de l’Extérieur au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères.

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique,
Porte-Parole du Gouvernement
Amadou Moustapha Njekk SARRE

Communique du conseil des ministres du Mercredi 23 Avril 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 23 avril 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République. A l’entame de sa communication, le Président de la République a présenté les condoléances de la Nation et a exprimé sa compassion à la communauté catholique, suite au décès du Souverain pontife, Sa Sainteté le Pape François. Le Pape François fût un homme de foi et de paix, particulièrement engagé et attaché à la justice sociale, notamment à la défense des couches les plus vulnérables. Dans le contexte des célébrations de la fête de Pâques, il a adressé ses chaleureuses félicitations à la communauté chrétienne et a prié pour un Sénégal de paix, de prospérité et de solidarité. Le Chef de l’Etat a abordé la problématique du développement de la recherche et de l’innovation dans l’agenda national de transformation. L’ambition pour un Sénégal souverain, juste et prospère, place la recherche et développement et l’innovation au cœur de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques publiques.

A ce titre, il a demandé au Ministre chargé de la Recherche et de l’Innovation de finaliser, avant fin juin 2025, la cartographie de la recherche et de l’innovation en indiquant les infrastructures et les équipements disponibles, mais également le capital humain national mobilisé dans la sphère publique et le secteur privé. Le Président de la République a indiqué au Premier Ministre et au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et aux Ministres en charge de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique en particulier, la nécessité de travailler à la validation, avant fin août 2025, d’un document de politique nationale de recherche et d’innovation impliquant les acteurs publics et privés, les universitaires, les chercheurs, les industriels et toute autre partie prenante. Il a aussi demandé au Premier Ministre d’assurer la mise en cohérence, la supervision des programmes ministériels d’investissement dans la recherche, la promotion de l’innovation et de veiller à leur convergence avec les besoins sectoriels du pays.

Le Chef de l’Etat a souligné le caractère fondamental de la valorisation des résultats de la recherche et de nos capacités d’innovation dans les lettres de politique sectorielle, les stratégies industrielles, numériques et technologiques définies, les programmes et projets déployés. Il a indiqué, en outre, l’importance du soutien de l’Etat à la création d’entreprises technologiques et de laboratoires de recherche, au renforcement adéquat des écoles d’ingénieurs et des instituts de recherches mais aussi au financement et à l’accompagnement adaptés au développement de la recherche et de l’innovation.

A cet effet, le Président de la République a demandé au Premier Ministre, au Ministre en charge de la Recherche et au Ministre des Finances et du Budget de rationnaliser toutes les aides et l’essentiel des fonds publics destinés à la recherche, dans le cadre d’un Fonds national pour le Développement de 1 la Recherche et de l’Innovation, avec de nouveaux mécanismes de mobilisation et d’allocation de ressources à travers des contrats de performance intégrant des objectifs de résultats bien ciblés.

Dans ce sillage, il a demandé au Premier Ministre, de mettre en place un Conseil national de la Recherche et de l’Innovation pour matérialiser la nouvelle politique de recherche et d’innovation endogène et arrimée aux meilleurs standards internationaux. Pour clore ce chapitre, il a magnifié la participation remarquable de la délégation sénégalaise au 50ème Salon international des Inventions de Genève tenu du 09 au 13 avril 2025 et adresse ses vives félicitations aux lauréats.

Le Président de la République est revenu sur la question de l’amélioration et de l’attractivité du Sénégal et de l’optimisation des procédures dans la transparence en vue d’accélérer la mise en œuvre des programmes et projets. En effet, l’attractivité et la compétitivité de l’économie nationale s’érigent en priorités. A cet égard, il a indiqué au Gouvernement que le déploiement performant de l’Agenda national de Transformation exige une maitrise parfaite des procédures administratives et de passation des marchés mais également de toutes les actions visant la réalisation, dans les délais, des infrastructures, programmes et projets financés dans le cadre du budget de l’Etat et du partenariat public-privé. Il a aussi demandé au Premier Ministre de veiller à la finalisation de la réforme relative au Code des Investissements ainsi qu’à la célérité requise des structures publiques dans l’instruction optimale et transparente des dossiers d’investissements privés crédibles et conformes aux priorités de la Vision Sénégal 2050.

Dans le même élan, il a appelé le Premier Ministre à travailler à la certification des procédures notamment au sein de l’Autorité de Régulation de la Commande publique (ARCOP) et de la Direction centrale des Marchés publics (DCMP) pour plus de célérité dans le traitement des dossiers tout en garantissant la transparence. Le Chef de l’Etat a réitéré au Gouvernement, aux Centrales syndicales, au Patronat et à toutes les forces vives de la Nation son attachement constant au dialogue et à la concertation comme méthode de gouvernance. Dans ce contexte de renforcement conséquent du dialogue social tripartite (Etat, Patronat, Syndicats), il a demandé au Ministre en charge du Travail de faire le point sur le processus de conclusion du Pacte national de Stabilité sociale, l’état de prise en charge des cahiers de doléances des centrales syndicales en perspective de la fête du travail, le 1er mai 2025, et les enseignements et recommandations du rapport 2024 sur les statistiques du marché du Travail.

Enfin, le Président de la République a informé le Conseil qu’il présidera, jeudi 24 avril 2025, la cérémonie d’ouverture de la quatrième édition de la Conférence sociale placée sous le thème de l’employabilité et de l’emploi des jeunes. À l’entame de sa communication, le Premier Ministre a souligné que les opérations de reddition de comptes en cours, conformes aux engagements électoraux de Monsieur le Président de la République, sont une exigence dans une démocratie. Il a relevé qu’un tel exercice doit aller de pair avec la mise en œuvre des actions requises pour bâtir une patrie forte souveraine et prospère portée par un sursaut national face aux nombreux défis à surmonter dans le contexte de la situation critique des finances publiques. À cet égard, il a informé le Conseil que le Gouvernement présentera, dans les prochains jours, au peuple sénégalais et aux partenaires techniques et financiers, un plan structuré, détaillé et chiffré de relance, adossé à l’Agenda national de Transformation systémique du pays.

 Le Premier Ministre a ensuite axé sa communication sur la prise en charge des enfants de la rue et sur le phénomène de la mendicité publique et du vagabondage en général. Concernant la prise en charge des enfants de la rue, le Premier Ministre a marqué la forte préoccupation du Gouvernement face à ce phénomène de violation grave des droits de l’enfant garantis par le Constitution du Sénégal et les divers textes internationaux. Il a rappelé les différentes initiatives prises par le Sénégal, notamment la « Stratégie de protection de l’enfant », le Projet « Zéro enfant en situation de rue » et le « Programme de Modernisation des Daara », qui n’ont pas produit les impacts attendus. Un nouveau paradigme s’impose donc dans le contexte de la Vision Sénégal 2050 qui place l’avenir de l’enfant au cœur de la promotion d’un capital humain de qualité et de la promotion de l’équité sociale. Il s’agira de parvenir, une fois pour toutes, au retrait des enfants en situation de rue et à leur réinsertion socio-économique.

Dans cette perspective, le Premier Ministre a soumis à Monsieur le Président de la République la proposition faite par le Ministre de la Famille et des Solidarités, relative à l’organisation des Assises de la petite enfance destinées notamment à proposer des solutions concrètes, durables et adaptées au contexte sénégalais, en synergie avec l’ensemble des parties impliquées, sur la base de l’identification précise des obstacles qui entravent l’éradication du phénomène des enfants en situation de rue.

Sur la base des directives arrêtées par le Chef de l’Etat, il a invité le Ministre de la Famille et des Solidarités à prendre les dispositions appropriées pour la bonne organisation de ces Assises, en relation avec les Ministres chargés de la Justice, de la Santé et de l’Action sociale, de l’Education nationale ainsi que de l’Intérieur et de la Sécurité publique. Abordant le phénomène relatif à la lutte contre la mendicité publique et le vagabondage, le Premier Ministre a déploré son accentuation malgré un arsenal légal dissuasif et la mise en place d’organes dédiés. Il a rappelé les dispositions légales pertinentes relatives à l’incrimination de la mendicité, du vagabondage et de l’exploitation de la mendicité d’autrui ainsi qu’à la protection des victimes d’exploitation de la mendicité et à la protection de l’enfant en danger. Sur cette base, il a engagé les Ministres chargés de la Justice, de la Famille, de l’Intérieur et de la Sécurité publique, des Forces armées ainsi que des Affaires étrangères de lui soumettre, au plus tard fin octobre 2025, une stratégie de riposte à présenter à l’approbation de Monsieur le Président de la République. Cette stratégie devra couvrir, entre autres, les axes suivants : – la mendicité des mineurs, par des mesures d’opérationnalisation de la Brigade spéciale de protection des mineurs, devant permettre l’identification des parents de tout mineur trouvé dans la rue et éventuellement des personnes chargées de sa garde afin que des poursuites puissent être engagées à leur encontre ; – la mendicité des étrangers, par des mécanismes de concertation avec les pays d’origine pour le retour organisé de leurs ressortissants et par l’application des mesures d’éloignement dès la prise des décisions de condamnation à leur égard.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique, Porte-parole du Gouvernement a fait une communication sur l’état d’avancement des projets de construction et d’équipement de centres de formation professionnelle ;
Le Ministre de l’Industrie et du Commerce a une communication sur le PROMOGEN et la lutte contre les incendies dans les marchés ;
 Le Ministre du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions a fait une communication sur le déroulement de la 4ème Conférence sociale sur l’emploi et l’employabilité au Sénégal, la préparation de la fête internationale du travail et les travaux relatifs au pacte de stabilité sociale.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES,

Le Conseil a examiné et adopté : – le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Comité d’appui au pilotage de l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (CAP-ANTESRI) ; – le projet de décret relatif à la commercialisation des aliments destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants.

Une grande victoire pour le peuple (Babacar MBAYE Ngaraf Mbaye Ngaraf)

Senegalais dont la maturité et la solidité des institutions se sont encore illustrées .
-Les citoyens, à travers lasa société civile ont exprimé ( sans casse , ni incendie) leur rejet de cette loi interpretative

  • l’opposition de manière responsable a usé de son droit en saisissant le conseil constitutionnel
  • ⁠-la justice l a dit le droit.
    Il importe de se rendre compte à l’évidence: personne ne veut de cette loi d’amnistie qu’il convient d’appeler «  loi kén begoul ». Par conséquent il faut une «  abrogation totale » purement et simplement. Après on pourra aller vers «  vérité et réconciliation » pour faire face aux grands défis économiques qui nous interpellent

  • Babacar MBAYE Ngaraf Mbaye Ngaraf
    Alliance Sauver Sauver le Sénégal

Quand la vérité triomphe du vacarme – Réflexion après la décision du Conseil Constitutionnel ( Par Badara Gadiaga )

J’ai été insulté. J’ai été menacé. J’ai été traité de tous les noms pour avoir dit, haut et fort, ce que beaucoup murmuraient en silence : la loi interprétative portant amnistie était une grave dérive juridique et politique. Une tentative maladroite de restreindre une loi déjà contestée, au risque de fragiliser davantage notre socle démocratique.

Aujourd’hui, le Conseil Constitutionnel me donne raison. Par sa décision n°1/C/2025, il a rejeté sans ambiguïté cette loi, rappelant deux principes fondamentaux du droit :

On ne peut rétroactivement aggraver le sort de bénéficiaires d’une loi pénale plus clémente, même sous couvert d’interprétation. On ne peut amnistier des crimes imprescriptibles, au risque de violer les engagements internationaux du Sénégal.

Cette décision est plus qu’un rejet juridique. C’est un souffle de vérité et d’équilibre dans un climat où la justice est souvent instrumentalisée. Et surtout, c’est un rappel fort à tous les acteurs politiques : le droit n’est pas un outil de circonstance. Il est la boussole de notre vivre-ensemble.

Je suis heureux de voir le Conseil Constitutionnel jouer pleinement son rôle, en gardien de notre Constitution et non en arbitre partisan. C’est, faut-il le rappeler, la plus prestigieuse juridiction de notre pays.

Je félicite l’opposition parlementaire qui a eu le courage de saisir cette instance. Je salue le travail de la société civile, de la presse libre, des citoyens engagés, qui n’ont cessé de sonner l’alerte. Mention spéciale à nos forces de défense et de sécurité, injustement pointées du doigt dans une tentative de manipulation politique que je n’hésite pas à qualifier de honteuse.

Comme je le dis souvent : il n’y a pas d’alternative à la justice. Il est temps de tourner la page de la politique politicienne. Travaillons. Réparons. Bâtissons.

Ku nek ci deug, boul ragal wëtt.

Celui qui est dans le vrai ne doit jamais craindre de rester debout.

Le Conseil constitutionnel censure partiellement la loi d’amnistie adoptée le 2 avril 2025

Le Conseil constitutionnel a rendu publique ce mercredi sa décision concernant le recours déposé par 24 députés de l’opposition contre la loi n°08/2025, adoptée le 2 avril dernier par l’Assemblée nationale. Cette loi, qui visait à accorder une amnistie large à certains faits liés à l’exercice de libertés publiques, a été partiellement censurée par la haute juridiction.

Dans son délibéré, le Conseil a jugé que l’article premier de la loi est contraire à la Constitution, notamment son deuxième alinéa. Celui-ci prévoyait que des actes considérés comme criminels au regard du droit international — tels que l’assassinat, le meurtre, la torture, les actes de barbarie ou encore les traitements inhumains, cruels et dégradants — puissent faire l’objet d’une amnistie s’ils étaient commis dans le cadre de l’exercice d’une liberté publique ou d’un droit démocratique.

Pour le Conseil, cette disposition est incompatible avec les engagements constitutionnels du pays, notamment en matière de respect des droits fondamentaux et des conventions internationales ratifiées. « L’alinéa 2 de l’article premier de la loi n°08/2025 du 2 avril 2025 viole la Constitution », affirme clairement la décision.

Le Conseil précise par ailleurs qu’il n’a relevé aucun autre motif d’inconstitutionnalité concernant les autres dispositions de la loi. Cela signifie que le reste du texte peut, en théorie, entrer en vigueur après que le Parlement aura procédé aux modifications requises, sauf si une nouvelle saisine intervient.

Cette décision constitue un revers important pour la majorité présidentielle, à l’origine de cette initiative législative controversée, et une victoire partielle pour l’opposition, qui contestait une tentative de « blanchiment politique » de certains faits graves.

Croissance économique au Sénégal : le PIB progresse de 4,5% au 4e trimestre 2024, porté par l’agriculture et le raffinage

L’économie sénégalaise poursuit sa dynamique de reprise. Au quatrième trimestre 2024, le produit intérieur brut (PIB) réel, corrigé des variations saisonnières, a enregistré une hausse de 4,5% par rapport au trimestre précédent, selon les dernières données publiées par l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD).

Cette progression notable est tirée par la vigueur du secteur primaire (+15,1%), notamment l’agriculture (+23,5%), ainsi que par la bonne tenue du secteur secondaire (+2,9%) et la contribution régulière du tertiaire (+2,3%).

Le sous-secteur agricole s’impose une fois de plus comme un pilier de la croissance, avec une hausse spectaculaire de 23,5% sur le trimestre. Une performance qui reflète les bons résultats des campagnes agricoles dans plusieurs régions du pays. Toutefois, cette embellie est atténuée par le recul de 7,4% de la pêche, un signal d’alerte sur la persistance des défis liés à la gestion des ressources halieutiques.

Le secteur secondaire progresse globalement de 2,9%, avec un bond spectaculaire du raffinage de pétrole et de la cokéfaction (+36,9%). Les activités extractives (+9,2%) affichent également une croissance soutenue, stimulée par les efforts dans le secteur minier. En revanche, la fabrication de matériaux de construction (-9,3%) et la production d’électricité (-5,2%) freinent quelque peu cette dynamique.

Du côté des services, la croissance est de 2,3%, portée par les services financiers et d’assurance (+13,9%), l’hébergement et la restauration (+7,2%), ainsi que le commerce (+4,7%). Ces chiffres témoignent d’une reprise progressive de l’activité touristique et d’une meilleure fluidité des échanges internes.

Parallèlement, les investissements (FBCF) bondissent de 16,3%, signal fort d’un regain d’activité dans les projets d’infrastructures et les grands chantiers. Les exportations enregistrent un saut de 30,4%, notamment grâce aux performances dans les secteurs énergétiques et agro-industriels.

En revanche, la consommation finale recule de 2,4%, un indicateur à surveiller de près, car il pourrait refléter une certaine prudence ou un essoufflement temporaire de la demande intérieure.

L’ANSD révèle également que le PIB nominal du Sénégal s’élève à 6 164,9 milliards FCFA sur le trimestre. Ce chiffre confirme la résilience de l’économie sénégalaise, malgré les incertitudes liées à la conjoncture régionale et internationale.

Le Conseil constitutionnel invalide la loi d’interprétation portée par Amadou Ba

Coup de théâtre à l’Assemblée nationale. Le Conseil constitutionnel sénégalais a rendu publique, ce mercredi, une décision lourde de conséquences : la loi d’interprétation de la loi d’amnistie, introduite par le député Amadou Ba et adoptée le 2 avril dernier, a été déclarée contraire à la Constitution.

Ce texte, soutenu par le groupe parlementaire majoritaire Pastef, avait pour objectif de « clarifier » certaines dispositions de la loi d’amnistie votée sous le régime de Macky Sall. Une loi promulguée en mars 2024, qui couvrait les infractions commises dans le cadre des événements politiques survenus entre février 2021 et février 2024. C’est grâce à elle que plusieurs figures majeures de l’opposition d’alors, dont l’actuel président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, avaient pu recouvrer la liberté.

Mais la loi d’interprétation, adoptée dans un contexte de tensions politiques persistantes, avait suscité une levée de boucliers au sein de l’opposition parlementaire et de plusieurs organisations de la société civile. Ces derniers y voyaient une tentative de restreindre la portée de la loi d’amnistie, voire de permettre un réexamen judiciaire de certains cas pourtant déjà couverts par le texte initial.

Saisie par un groupe de députés, l’institution juridictionnelle suprême a estimé que cette loi d’interprétation portait atteinte à la Constitution, notamment à la séparation des pouvoirs et à la sécurité juridique. En clair, une loi d’amnistie ne peut faire l’objet d’une réinterprétation législative a posteriori sans porter atteinte à sa portée et à son esprit initial.

Avec cette décision, le Conseil constitutionnel vient remettre les pendules à l’heure, tout en confortant la légitimité de la loi d’amnistie initiale. Pour le camp présidentiel, il s’agit d’une victoire sur le terrain juridique et d’un signal fort envoyé à ceux qui tenteraient, selon certains juristes, de manipuler les textes à des fins politiques.

Reste à savoir quelles seront les répercussions de cette décision sur le travail parlementaire et les équilibres politiques au sein de l’Assemblée nationale, où les débats restent très tendus entre majorité et opposition.

Sénégal : le Conseil constitutionnel invalide la loi d’interprétation portée par Amadou Ba (Décision du Conseil constitutionnel)
Sénégal : le Conseil constitutionnel invalide la loi d’interprétation portée par Amadou Ba (Décision du Conseil constitutionnel)
Sénégal : le Conseil constitutionnel invalide la loi d’interprétation portée par Amadou Ba (Décision du Conseil constitutionnel)
Sénégal : le Conseil constitutionnel invalide la loi d’interprétation portée par Amadou Ba (Décision du Conseil constitutionnel)

Renforcement de la coopération : Le Sénégal échange avec la Banque mondiale pour intensifier les appuis au développement

Dans le cadre de la poursuite des échanges avec les partenaires techniques et financiers, une délégation sénégalaise conduite par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, s’est entretenue avec le vice-président Afrique de l’Ouest et du Centre de la Banque mondiale, Ousmane Diagana. La rencontre, rapportée par Libération, a vu la participation de plusieurs directeurs sectoriels et a porté sur le renforcement du partenariat stratégique entre le Sénégal et l’institution de Bretton Woods.

Au cœur des discussions, l’état d’avancement des réformes engagées par le Sénégal en matière de gestion des finances publiques. Le ministre Cheikh Diba a mis en exergue les efforts du gouvernement, notamment à travers les programmes de réforme soutenus par la Banque mondiale et actuellement en cours de formulation. Il a aussi salué les progrès notables en matière de mobilisation des ressources endogènes, soulignant le succès de l’appel public à l’épargne lancé sur le marché financier sous-régional.

De son côté, Ousmane Diagana a réaffirmé la disponibilité de la Banque mondiale à accompagner le Sénégal dans ses ambitions de développement. Il a indiqué qu’un appui budgétaire pourrait être finalisé d’ici la fin de l’année 2025, marquant ainsi un signal fort de l’engagement de la Banque à soutenir les politiques publiques sénégalaises.

Les deux parties ont également abordé la nécessité d’un alignement stratégique plus étroit, notamment dans le cadre de la revue du portefeuille de projets en cours. L’objectif est de mieux arrimer l’action de la Banque mondiale à la Vision Sénégal 2050, qui constitue la boussole du développement à long terme du pays. Cette dynamique vise à accélérer l’exécution des projets prioritaires, tout en assurant un meilleur équilibre entre l’impact socio-économique et l’efficience des investissements.

Abdoulaye Saydou Sow met en garde contre une politisation des poursuites judiciaires

Lors de son passage dans l’émission “Salam Sénégal”, l’ancien ministre Abdoulaye Saydou Sow a pris position sur les récentes arrestations visant plusieurs figures du régime précédent, exprimant des réserves quant à la manière dont certaines procédures judiciaires sont menées. Bien qu’il réaffirme son attachement au principe de la redevabilité, il alerte sur les dérives possibles si la justice devient un instrument politique.

Le maire de Kaffrine a notamment cité les cas de Lat Diop et Farba Ngom, affirmant qu’ils ne devraient pas être assimilés à de simples questions de reddition de comptes. Selon lui, il est essentiel de respecter les droits fondamentaux de chaque citoyen, quelle que soit sa position politique. Il a ainsi lancé un appel à la retenue et à l’impartialité dans le traitement des dossiers :

« Il ne faut pas en faire une affaire politique pour éliminer des adversaires », a-t-il martelé.

Abdoulaye Saydou Sow a également mis en garde contre les conséquences d’un cycle de règlements de comptes politiques, soulignant que cette approche serait contre-productive :

« Si c’est pour harceler des adversaires, cela n’a aucun effet durable. D’autres émergeront nécessairement », a-t-il affirmé.

Son intervention s’inscrit dans un contexte de vives tensions entre l’actuelle administration et les anciens dignitaires du régime de Macky Sall, certains étant poursuivis pour détournement de fonds ou mauvaise gestion.

En rappelant que la justice doit rester indépendante, Abdoulaye Saydou Sow invite au respect des principes démocratiques pour garantir la stabilité du pays et la confiance des citoyens dans les institutions.

Lac de Guiers 2 condamné pour escroquerie au visa : un champion de l’arène dans les filets de la justice

Le monde de la lutte sénégalaise est secoué par une affaire judiciaire impliquant l’un de ses ténors. Pape Abdou Cissé, plus connu sous le nom de Lac de Guiers 2, a été condamné ce mardi à un an de prison, dont trois mois ferme, pour une affaire d’escroquerie au visa. Le lutteur, membre de l’écurie Walo, devra également rembourser la somme de 5,6 millions de francs CFA aux 18 victimes identifiées dans cette affaire.

Le parquet avait requis une peine d’un an ferme, mais le tribunal a finalement opté pour une peine mixte. Ayant déjà passé six mois en détention préventive, le lutteur est désormais libre, sa peine ayant été considérée comme purgée. Toutefois, le dossier judiciaire laisse une tache sur l’image de l’athlète, autrefois perçu comme un modèle de réussite.

L’affaire a éclaté après plusieurs plaintes de candidats à l’émigration, qui affirment avoir versé des sommes importantes à Lac de Guiers 2 dans l’espoir de se rendre en France, prétendument pour assister à l’un de ses combats. Selon les déclarations au tribunal, le lutteur aurait perçu 53 millions de francs CFA.

Bien qu’il ait reconnu avoir encaissé l’argent, Lac de Guiers 2 a plaidé non coupable, affirmant n’avoir eu aucune intention frauduleuse. « Je voulais seulement les aider », a-t-il déclaré, tentant de rejeter la responsabilité sur son co-prévenu, surnommé Salam, présenté comme son préparateur mystique. « Si j’étais un escroc, je ne les aurais pas invités chez moi, et je n’aurais pas fait de vidéo », a-t-il soutenu. Pourtant, plusieurs victimes ont déclaré lui avoir remis l’argent en main propre.

Le procureur n’a pas manqué de souligner que Lac de Guiers 2 avait utilisé sa notoriété pour tromper la vigilance des victimes, leur laissant croire qu’il avait des facilités pour leur faire obtenir des visas. Un abus de confiance aggravé par sa position de figure publique dans l’arène sénégalaise.

Cette affaire vient jeter une ombre sur la lutte traditionnelle, sport très populaire au Sénégal, souvent considéré comme un ascenseur social. Pour les amateurs comme pour les jeunes admirateurs du champion, cette condamnation soulève des questions sur les responsabilités morales des personnalités sportives et sur les dérives liées à leur influence.

Tragédie de Pâques à Guédiawaye : une fête entre jeunes vire au drame sanglant

Ce qui devait être une simple soirée de célébration s’est transformé en cauchemar pour les habitants de Guédiawaye. Dans la nuit du dimanche de Pâques, une violente altercation entre deux jeunes du quartier a viré au drame, laissant une famille en deuil et un quartier sous le choc.

Les faits se sont déroulés chez la famille Mendy, où plusieurs jeunes du quartier s’étaient réunis pour fêter Pâques. L’alcool et les stupéfiants étaient de la partie, créant une ambiance explosive. Parmi les invités figurait Abou Kel, récemment libéré après deux ans de détention pour agression. Son retour dans le quartier n’est pas passé inaperçu.

Selon des témoins cités par L’Observateur, une violente dispute a éclaté entre Abou Kel et un autre jeune, Mass Sèye. L’objet du différend ? Le partage d’un butin douteux, dont un mouton volé. Les tensions montent, et dans un moment de rage, Abou Kel aurait brisé une bouteille en verre avant d’asséner un coup fatal à l’avant-bras de Mass Sèye, sectionnant une veine.

L’hémorragie est rapide et massive. Malgré une tentative désespérée de le transporter en taxi vers l’hôpital Roi Baudouin, le jeune homme succombe à ses blessures avant même d’arriver aux urgences.

La panique s’empare des lieux. Les autres convives prennent la fuite, abandonnant le chauffeur de taxi seul avec le corps de la victime. C’est ce dernier qui alertera les autorités. La police centrale de Guédiawaye ouvre aussitôt une enquête. La sœur d’Abou Kel est interpellée pour les besoins de l’investigation, mais le principal suspect reste introuvable.

La nouvelle de la mort brutale de Mass Sèye embrase rapidement le quartier. Des proches du défunt, en colère, s’en prennent à la maison des Mendy, désormais vide. La famille, redoutant des représailles, a quitté les lieux dès le matin suivant.

Le corps de la victime a été transféré à l’hôpital Idrissa Pouye (ex-CTO) pour autopsie. Sa famille, bouleversée, attend les conclusions médicales et l’autorisation d’inhumer.

Ce drame met une fois de plus en lumière les dérives de certaines soirées festives entre jeunes, souvent marquées par l’abus d’alcool, de drogues, et une violence incontrôlée. La commune de Guédiawaye, encore sous le choc, attend que justice soit rendue pour Mass Sèye. Quant à Abou Kel, une traque est en cours pour le retrouver.

Saint-Louis : une vidéo virale met en cause des gendarmes, une enquête ouverte

Une vidéo largement relayée depuis ce matin sur les réseaux sociaux agite l’opinion publique. Tournée dans le département de Saint-Louis, elle montre une altercation tendue entre trois gendarmes en service de circulation routière et des automobilistes étrangers. Les images, bien que partielles, laissent entrevoir une scène conflictuelle qui soulève des interrogations sur la conduite des forces de l’ordre.

La séquence a provoqué une vague d’indignation et de commentaires critiques en ligne, poussant le Haut-commandement de la Gendarmerie nationale à réagir promptement. Dans un communiqué publié ce jour, l’institution affirme avoir « pris connaissance de la vidéo virale » et annonce l’ouverture immédiate d’une enquête de commandement.

« Les trois gendarmes identifiés feront l’objet d’investigations internes pour situer les responsabilités », indique le document officiel. Le communiqué insiste sur le fait que « le comportement observé est aux antipodes des règles d’éthique et de déontologie professionnelle qui guident l’action de la Gendarmerie ».

L’institution rappelle que ses missions, notamment dans le domaine de la circulation routière, reposent sur des principes fondamentaux : prévention, régulation, sensibilisation, surveillance active et, en dernier recours, répression. Toute déviation, précise-t-elle, constitue une « atteinte grave aux valeurs de la Gendarmerie » et pourrait entraîner des « sanctions sévères et exemplaires » si les faits sont confirmés.

Le fait que les automobilistes soient de nationalité étrangère donne une dimension diplomatique et éthique supplémentaire à l’affaire. De nombreux observateurs, analystes et internautes appellent à une réforme des pratiques policières, demandant plus de transparence, de formation et de contrôle dans les interventions sur la voie publique.

En réponse à la polémique, le Haut-commandement a également annoncé des mesures immédiates : le renforcement des dispositifs de contrôle interne, de supervision et de surveillance sur toutes les opérations de police routière. Objectif affiché : garantir le respect strict des droits humains et des principes de l’État de droit.

Mbour endeuillée par la mort tragique de Sounkar Mendy, agent de la Senelec électrocuté en plein service

La ville de Mbour est plongée dans la tristesse depuis dimanche dernier, suite à la mort tragique de Sounkar Mendy, un agent de la Senelec âgé de 40 ans. L’homme a perdu la vie après avoir été électrocuté lors d’une intervention sur un poteau électrique dans le quartier de Gandigal. Ce drame a profondément bouleversé ses proches, ses collègues et l’ensemble de la communauté, qui peinent encore à accepter cette perte brutale.

Selon les premiers éléments recueillis sur place, Sounkar Mendy faisait partie d’une équipe d’intervention dépêchée par la Senelec pour résoudre des dysfonctionnements sur le réseau électrique local. Toutefois, d’après les témoignages de ses collègues présents au moment des faits, le technicien ne disposait pas de tout le matériel de sécurité requis pour accomplir sa mission en toute sûreté. Cette défaillance aurait été déterminante dans la survenue de l’accident.

Alors qu’il travaillait en hauteur sur un poteau de moyenne tension, Sounkar Mendy a été mortellement surpris par une décharge électrique, provoquée par des fils sous tension. Le choc l’a violemment projeté au sol, causant des blessures fatales. Malgré l’intervention rapide des collègues et l’arrivée des secours — gendarmes et sapeurs-pompiers — il était déjà trop tard. Son corps sans vie a été transporté à la morgue de l’hôpital Thierno Mouhamadoul Mansour Barro pour autopsie.

La nouvelle de sa disparition a provoqué une vive émotion au sein de la Senelec et dans tout le département de Mbour. De nombreux habitants, collègues et membres de la famille ont exprimé leur douleur, saluant la mémoire d’un homme engagé, professionnel et apprécié de tous.

Ce drame relance une fois de plus le débat sur les conditions de travail des agents sur le terrain et la nécessité de renforcer les mesures de sécurité pour prévenir de telles tragédies.

Assemblée nationale : Malick Ndiaye enclenche la procédure contre les anciens ministres impliqués dans la gestion du Fonds Covid-19

L’Assemblée nationale du Sénégal a été le théâtre de deux réunions décisives convoquées par son président, Malick Ndiaye. Selon L’Observateur, le Bureau de l’Assemblée puis la Conférence des présidents ont été réunis pour examiner une demande sensible émanant des autorités judiciaires : l’ouverture d’une procédure contre d’anciens membres du gouvernement dans le cadre de l’enquête sur la gestion du Fonds force Covid-19.

L’affaire fait grand bruit dans le landerneau politique. Le Parquet général, à l’origine de la requête, a transmis aux instances parlementaires les dossiers de cinq anciens ministres soupçonnés de mauvaise gestion des fonds destinés à la lutte contre la pandémie. Parmi eux figurent Mansour Faye, ex-ministre du Développement communautaire et de l’Équité sociale, et Moustapha Diop, ancien ministre du Développement industriel et des PME — deux proches de l’ancien président Macky Sall. D’après L’Observateur, ils devraient être les premiers à être entendus par la Haute Cour de justice.

Lors de sa dernière sortie médiatique, le Parquet de Dakar avait confirmé avoir transmis les documents à l’Assemblée. Une étape cruciale qui a été officiellement notifiée au Bureau parlementaire par Malick Ndiaye, marquant ainsi le début d’un processus juridique exceptionnel.

La Conférence des présidents, qui s’est réunie dans la foulée, doit désormais fixer les grandes lignes du calendrier parlementaire. Il s’agira notamment de déterminer la date de convocation de la Commission des Lois, chargée d’examiner les dossiers transmis, ainsi que celle de la plénière. Lors de cette dernière, les députés seront appelés à voter sur le projet de résolution visant à autoriser la mise en accusation des anciens ministres devant la Haute Cour de justice.

Cette affaire, aux répercussions potentiellement explosives, marque un tournant dans la lutte contre l’impunité et la reddition des comptes au plus haut sommet de l’État. Le Sénégal, désormais engagé sur la voie de la transparence, attend avec attention la suite de cette procédure inédite.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°449 – 23/04/2025

🔴 ÉCONOMIE, PÊCHE, EMPLOI… : TAS EN MODE BULLDOZER
🔴 RÉFORMES « AMBITIEUSES » OU DICTÉES ? : LE SÉNÉGAL FACE AUX EXIGENCES DE WASHINGTON

🔴 CAN FUTSAL FÉMININ : LES LIONNES RUGISSENT FACE À MADAGASCAR (5-5)
🔴 LIGUE 1 : JARAAF TRACE SA ROUTE, TEUNGUETH ET AJEL SORTENT LES GRIFFES

MBOUR

L’insertion des jeunes au cœur du projet “Un Talibé, Un Métier”

À Mbour, une lueur d’espoir s’allume pour des centaines de jeunes issus des daaras, souvent laissés en marge du système éducatif classique. En effet, sous l’impulsion du Dr Waly Diallo, Directeur général de l’Institut de Formation Technique (IFT) de Mbour, un projet d’envergure a vu le jour : “Un Talibé, Un Métier”, une initiative audacieuse de réinvention sociale, d’éducation transformatrice et d’insertion professionnelle inclusive.

« Le pari est clair : faire de la formation technique et professionnelle un levier d’émancipation pour les jeunes talibés, en leur offrant des compétences concrètes et reconnues, taillées sur mesure pour les besoins du marché local », a déclaré Dr Diallo. Il a ajouté : « Dans un contexte où l’émigration irrégulière, le chômage endémique et la précarité menacent l’avenir de la jeunesse, cette approche propose une alternative crédible, humaine, enracinée et durable. »

Selon le maître d’œuvre du programme, la première édition du Forum “Un Talibé, Un Métier” est prévue le 10 mai 2025 à Mbour. « Placé sous le Haut Patronage de l’Ambassade d’Irak, sous le marrainage de l’Ambassadrice du Ghana, et avec la participation de pays invités comme la Mauritanie, la Côte d’Ivoire et le Cameroun, cet événement est bien plus qu’un rendez-vous local : c’est un manifeste pour une nouvelle vision de l’inclusion. Le moment fort du forum sera sans doute la remise symbolique des premiers diplômes à des jeunes talibés ayant suivi une formation gratuite à l’IFT », a indiqué Dr Waly Diallo.

À travers cette initiative, Dr Waly Diallo démontre que l’avenir des jeunes ne se joue pas seulement dans les discours, mais dans des actions concrètes, structurantes et réplicables. Plus qu’un forum, c’est une déclaration d’engagement : chaque jeune a droit à un avenir digne, et chaque territoire a le pouvoir de le lui offrir.

A.Saleh

Coopération Sud-Sud : la diversité et la qualité des produits africains mises en valeur pour une intégration économique réussie

La Foire Internationale des Produits Africains (FIPA) se tiendra à Dakar du 22 mai au 1er juin 2025, au Monument de la Renaissance Africaine. Cet événement, en constante évolution, franchit un nouveau cap cette année avec plusieurs innovations stratégiques, selon l’initiatrice Fatou Fabira Dramé.

« Tout d’abord, l’événement intégrera une exposition virtuelle ainsi qu’une plateforme de vente en ligne, permettant aux entreprises africaines d’atteindre un public mondial et de prolonger l’impact de la foire au-delà de sa durée physique », a expliqué Fatou Fabira Dramé, commissaire générale de la FIPA. Elle précise que cette nouveauté ouvrira de nouvelles opportunités commerciales et facilitera la participation d’exposants et d’acheteurs ne pouvant se déplacer.

« La FIPA n’est pas seulement un événement commercial. C’est aussi un rendez-vous scientifique, culturel et touristique. Cette année, 35 pays africains et étrangers y participeront, contre 30 l’année dernière », a ajouté Mme Fabira Dramé, également présidente de la plateforme Baay Sa Waar.

Elle insiste sur le fait que la FIPA contribue fortement à la promotion du made in Africa, en particulier à la visibilité des entrepreneurs sénégalais : « Cela participe activement au développement de notre pays, car nos entrepreneurs y trouvent leur place. Chaque année, la FIPA favorise aussi l’employabilité des jeunes et des femmes. »

Pour cette sixième édition, le thème retenu est : « L’intégration économique : un levier essentiel de développement et de souveraineté pour renforcer la coopération Sud-Sud ».

« Ce thème met l’accent sur l’intégration économique africaine et, plus concrètement, sur la manière dont la FIPA contribue à renforcer cette intégration en favorisant les échanges intra-africains. Il s’agit d’un événement qui s’inscrit pleinement dans la dynamique de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) », a conclu la commissaire générale.

A.Saleh

Fonds Covid-19 : Mansour Faye se défend face aux accusations de mauvaise gestion (vidéo)

L’ancien ministre du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, Mansour Faye, est sorti de son silence pour répondre aux accusations contenues dans le rapport de la Cour des comptes sur les fonds Force-Covid-19. Invité de la plateforme SL-info.Tv, il a tenu à clarifier sa position concernant les 399 millions de francs CFA utilisés sans justification formelle, selon les vérificateurs.

Dès l’entame de l’entretien, le maire de Saint-Louis a fustigé ce qu’il qualifie de « manipulation » et de « désinformation » entretenues, selon lui, par les nouvelles autorités. « Quand la manipulation et la désinformation deviennent le quotidien d’un régime, il est de mon devoir de faire la lumière sur la vérité », a-t-il déclaré. Pour lui, l’utilisation des 399 millions F CFA s’inscrivait dans un contexte d’urgence, lié à la pandémie.

« Il est vrai que dans le rapport, le vérificateur a indiqué que mon ministère a utilisé 399 millions tirés sur des fonds de calamités qu’on n’avait pas droit d’utiliser. Mais s’il n’a pas trop insisté là-dessus, c’est parce qu’utiliser de l’argent sans pour autant justifier son utilisation, l’administration n’en tient pas rigueur », a affirmé Mansour Faye.

Il rappelle par ailleurs que le contexte pandémique avait justifié la suspension des procédures habituelles, notamment par un décret présidentiel. « Il y avait même un décret qui a supprimé toutes les procédures de marchés publics. Quand une situation se présente, il n’y a plus de procédures », insiste-t-il.

Mansour Faye va plus loin et se dédouane de toute responsabilité personnelle. Il affirme avoir donné instruction de ne pas toucher aux fonds de calamité tant que les textes n’étaient pas finalisés. « C’est mentionné dans le rapport et le DAGE l’a dit au vérificateur : moi, Mansour Faye, ministre à l’époque, j’avais demandé à ce que ces fonds ne soient pas touchés avant la signature des textes qui l’organisent », dit-il.

Cependant, il reconnaît que les fonds ont été utilisés pour accélérer la distribution de l’aide alimentaire, une urgence nationale en pleine crise sanitaire. « Il fallait utiliser l’argent pour le démarrage de la distribution… », ajoute-t-il, tout en défendant la bonne foi et le sens de responsabilité des équipes impliquées.

Même si ses propos visent à relativiser la gravité des faits, ils soulèvent de nombreuses questions. Le rapport de la Cour des comptes avait pourtant noté une absence de pièces justificatives pour plusieurs dépenses, ainsi qu’un non-respect des règles de gestion, même en période d’urgence.

Mansour Faye, beau-frère de l’ancien président Macky Sall, est l’un des anciens ministres cités parmi les cinq personnalités devant comparaître devant la commission parlementaire dans le cadre de la procédure de mise en accusation devant la Haute Cour de justice.

Alors que le nouveau pouvoir affiche sa volonté de rendre des comptes au peuple sénégalais, cette sortie médiatique vise à préparer l’opinion. Reste à savoir si les explications de Mansour Faye convaincront les députés, mais surtout la Haute Cour de justice, seule habilitée à juger les anciens ministres dans de telles affaires.

Cybercriminalité : la journaliste Fatou Kama libérée après son audition

Fatou Kama, journaliste de la chaîne YouTube Diaspora TV News, a été remise en liberté ce mardi 23 avril 2025, après avoir été entendue par les enquêteurs de la Division spéciale de la cybercriminalité (DSC).

Convoquée dans le cadre d’une procédure en lien avec des contenus diffusés sur sa plateforme, elle s’est présentée dans la matinée devant les agents de la DSC. À l’issue de plusieurs heures d’audition, la journaliste a pu regagner son domicile sans poursuites immédiates, selon des sources proches du dossier.

Son interpellation s’inscrit dans une affaire qui concerne également sa consœur Anna Sambou, également journaliste pour la même chaîne, attendue ce mercredi 24 avril devant les services de la cybercriminalité.

Pour le moment, peu d’éléments ont filtré sur la nature exacte des faits reprochés, mais l’affaire suscite un vif intérêt dans les milieux médiatiques, à un moment où les journalistes sénégalais exerçant sur les plateformes numériques sont de plus en plus exposés aux poursuites pour des infractions liées à la cybercriminalité.

De nombreuses voix s’élèvent déjà pour réclamer plus de garanties pour la liberté de la presse en ligne, et une clarification du cadre légal applicable aux contenus journalistiques diffusés sur Internet.

Dialogue politique au Sénégal : Waly Diouf Bodian favorable à des discussions avec Macky Sall, sous condition

Le directeur général du Port autonome de Dakar, Waly Diouf Bodian, par ailleurs membre du parti Pastef, s’est exprimé ce lundi en faveur d’un dialogue entre l’ancien président Macky Sall et le nouveau régime dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye. Une position rendue publique à travers un message publié sur sa page Facebook, dans lequel il interpelle le fondateur d’AfricaJom Center, Alioune Tine.

« Alioune Tine, nous acceptons des pourparlers entre le nouveau régime et Macky Sall au palais de la République. Proposez-lui et revenez-nous », a-t-il écrit, tout en posant une condition préalable : le retour de l’ancien chef de l’État sur le territoire national.

Cette sortie intervient dans un contexte de transition politique sensible, marqué par l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle génération de dirigeants. Le climat reste tendu entre l’ancien régime et les nouvelles autorités, notamment en raison de la volonté affichée par ces dernières de faire la lumière sur la gestion passée à travers un processus de reddition des comptes.

En s’adressant à Alioune Tine, acteur reconnu de la société civile et figure respectée dans les milieux de médiation, Waly Diouf Bodian semble vouloir ouvrir la voie à une désescalade, tout en maintenant une exigence de responsabilité et de transparence.

Crise multidimensionnelle au Sénégal : Thierno Alassane Sall dresse un constat accablant sur la situation économique

Lors d’une conférence de presse organisée ce mardi 22 avril à Dakar, Thierno Alassane Sall, président du parti République des Valeurs (RV) et ancien ministre de l’Énergie, a tiré la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de « crise multidimensionnelle profonde » au Sénégal. Selon lui, plusieurs secteurs clés de l’économie nationale sont aujourd’hui en grande souffrance, pendant que le pouvoir en place donne l’impression de fuir ses responsabilités.

« Nous assistons à une aggravation silencieuse mais dangereuse des conditions de vie des Sénégalais, face à laquelle l’État reste sourd et passif », a déclaré l’ex-ministre. Il fustige l’absence de réformes urgentes et structurelles, dans un contexte où les tensions sociales et économiques s’amplifient.

À Saint-Louis, la crise dans le secteur de la pêche artisanale ne cesse de s’aggraver. Thierno Alassane Sall pointe du doigt la gestion désastreuse de la brèche, dont l’ouverture incontrôlée, selon lui, a causé la mort de près de 40 pêcheurs en une année. Il accuse l’État d’inaction, soulignant que « malgré les alertes, aucune mesure de sécurisation adéquate n’a été prise ».

Autre facteur aggravant : la raréfaction des subventions publiques, notamment pour les moteurs et les équipements, qui rend les conditions de travail de plus en plus précaires. « Nos pêcheurs sont livrés à eux-mêmes pendant que d’autres pays, comme la Mauritanie, injectent massivement dans la modernisation de leur secteur halieutique », déplore-t-il.

L’ancien ministre a également dressé un bilan inquiétant du secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP), pilier traditionnel de la croissance et de l’emploi. Selon lui, le chiffre d’affaires des cimenteries a chuté de 25 %, un signal fort du ralentissement de l’activité.

Il évoque également une baisse importante des importations de fer à béton et de matériaux de construction, signe d’un désengagement généralisé. Ce repli économique entraîne une vague de licenciements dans les entreprises du secteur, aussi bien dans les chantiers publics que privés.

« Les carrières tournent au ralenti, des entreprises ferment, et des milliers de familles se retrouvent sans revenu stable », a-t-il averti.

Le chômage constitue un autre sujet d’inquiétude pour Thierno Alassane Sall. Il avance le chiffre de plus de 20 800 emplois perdus récemment, sans que l’État ne communique clairement sur les plans de sauvegarde ou de reconversion.

Il dénonce également l’opacité des procédures de recrutement dans la fonction publique et les sociétés d’État, parlant de « copinage politique » au détriment de la compétence et de la transparence.

Pour Thierno Alassane Sall, cette accumulation de dysfonctionnements est le reflet d’un pouvoir « dépassé, incohérent et sourd aux appels des citoyens ». Il invite le gouvernement à changer de cap urgemment, en adoptant une gouvernance basée sur la rigueur, la transparence et le dialogue.

« Si rien n’est fait rapidement, nous courons tout droit vers un effondrement économique et social », a-t-il averti, en appelant à un sursaut national.

Fonds Force Covid-19 : le comptable du ministère du Développement industriel sous bracelet électronique

Le ministère du Développement industriel continue de faire les frais du scandale lié à la gestion des fonds « Force Covid-19 ». Après l’ex-directrice de l’administration générale et de l’équipement (DAGE), Ndèye Aminata Loum Ndiaye, et le chauffeur Mouhamadou Bamba Amar, c’est au tour du comptable du ministère, Omar Ngalla Fall, de faire face à la justice.

Inculpé pour détournement de deniers publics portant sur un montant de 930 millions de FCFA, Omar Ngalla Fall a été présenté au juge du deuxième cabinet du tribunal de grande instance de Dakar. Ce dernier a décidé de ne pas l’envoyer en prison, mais a ordonné son placement sous bracelet électronique, une mesure de contrôle judiciaire de plus en plus utilisée dans les affaires financières sensibles.

Selon les informations recueillies, le comptable est soupçonné d’avoir joué un rôle central dans l’acheminement et la gestion des fonds alloués à ce département ministériel dans le cadre de la riposte à la pandémie de Covid-19. Le rapport de la Cour des comptes, qui a mis à nu de nombreuses irrégularités dans l’utilisation de ces fonds publics, a notamment évoqué des dépenses sans justification claire et des circuits de décaissement opaques.

L’ex-DAGE, Ndèye Aminata Loum Ndiaye, considérée comme la principale ordonnatrice des dépenses au sein du ministère à l’époque, a été placée sous mandat de dépôt. Elle est poursuivie pour complicité dans ce dossier, tout comme le chauffeur Mouhamadou Bamba Amar, également incarcéré dans cette affaire.

Ce nouveau rebondissement remet sur la table la question de la reddition des comptes et de la transparence dans la gestion des fonds publics, en particulier dans un contexte d’urgence sanitaire où chaque franc devait être utilisé à bon escient. Le dossier du ministère du Développement industriel s’ajoute ainsi à la longue liste de ministères et de personnalités impliquées dans des malversations présumées autour du programme Force Covid-19, dont le traitement judiciaire reste très attendu par l’opinion publique.

Quitter la version mobile