Affaire Ahmet Ndoye : le chroniqueur déféré pour offense au Premier ministre et diffusion de fausses nouvelles

Le chroniqueur Ahmet Ndoye, âgé de 36 ans, a été déféré au parquet ce lundi après avoir passé le week-end en garde à vue. Il est poursuivi pour « offense à une personne exerçant tout ou une partie des prérogatives du Chef de l’État » et pour « diffusion de fausses nouvelles ». Le dossier a été ouvert à la suite d’une autosaisine du procureur de la République, consécutive à des déclarations faites par le journaliste le 27 octobre 2025, lors de l’émission Teranga Matinal.

Au cours de cette émission, Ahmet Ndoye s’était exprimé sur la récente sortie médiatique d’Ousmane Sonko, Premier ministre et président du parti Pastef. Selon lui, ses propos n’avaient rien d’offensant mais relevaient d’une analyse critique. « Nous parlions de la sortie du président de Pastef », a-t-il expliqué aux enquêteurs de la brigade de recherches, avant de préciser qu’il avait reproché à M. Sonko le motif qu’il avait avancé pour justifier son absence au Conseil des ministres, à savoir la fatigue. Le chroniqueur avait alors employé le terme « niak jom », une expression wolof pouvant signifier « sans vergogne » ou « dépourvu de courage », ce qui a suscité la controverse.

Face aux gendarmes, Ahmet Ndoye a tenu à nuancer ses propos : « Ce n’est pas le sens que je voulais donner. Mon intention était plutôt de lui rappeler les nombreux avantages dont il bénéficie, et qu’il ne devrait pas, compte tenu de cela, tenir de tels propos en public. En tant que citoyen, je pense qu’il ne devrait pas évoquer sa fatigue devant les Sénégalais. » Les enquêteurs lui ont cependant rappelé que de telles paroles pouvaient être perçues comme offensantes envers une autorité de l’État.

Le chroniqueur s’est défendu en expliquant qu’il ne s’adressait pas au Premier ministre en sa qualité de chef du gouvernement, mais plutôt au leader politique qui parlait à ses militants. « Premièrement, je ne m’adressais pas au Premier ministre en tant que tel, mais au chef de parti. Et s’il y a offense, elle concerne la personne d’Ousmane Sonko, qui n’est pas Président de la République. À ce titre, je ne pense pas que cela justifie une saisine du procureur. Toutefois, si monsieur Sonko estime avoir été offensé, il peut lui-même porter plainte », a-t-il soutenu, selon les informations rapportées par Libération.

L’affaire ne s’arrête pas là. Durant la même émission, Ahmet Ndoye avait également déclaré que les taxes collectées « allaient dans les poches du Premier ministre ». Une affirmation qui lui vaut l’accusation de diffusion de fausses nouvelles. Interrogé à ce sujet, il a reconnu avoir tenu ces propos mais a tenté de les contextualiser. « Ce n’est pas un secret de Dieu, dans la mesure où il dispose de fonds publics pour assurer son fonctionnement. Ses déplacements et certaines de ses activités sont effectivement financés par l’État, donc par les contribuables sénégalais. C’est dans ce sens que je parlais, et non pour dire qu’il garde personnellement l’argent dans sa poche », a-t-il précisé.


En savoir plus sur LE DAKAROIS

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En savoir plus sur LE DAKAROIS

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

Quitter la version mobile