Affaire Serigne Assane Mbacké : la Chambre criminelle de Dakar prononce cinq ans de prison ferme

La Chambre criminelle de Dakar a rendu son verdict mardi 2 décembre dans l’affaire impliquant le marabout très médiatisé Serigne Assane Mbacké et quatre autres prévenus. À l’issue d’un procès très suivi, marqué par de fortes tensions et des témoignages contradictoires, les cinq hommes ont été condamnés à cinq ans de prison ferme. Ils ont été reconnus coupables de corruption de mineurs, de traite de personnes à des fins sexuelles, de détournement de mineurs et d’actes contre nature. Chacun devra en outre s’acquitter d’une amende de 200 000 F CFA.

Le tribunal a toutefois écarté le chef d’accusation de viol, acquittant les prévenus de ce délit majeur. Les accusés, parmi lesquels figurent Serigne Assane Mbacké, 41 ans, le chanteur religieux Khadim Samb alias Dibor, Abdourahmane Lô, réceptionniste de l’hôtel Nina, le commerçant Ibrahima Badiane ainsi que Baïdy Hamady Sow, ont accueilli la décision dans un silence pesant, après plusieurs semaines d’attente.

Lors de l’audience du 5 novembre, le ministère public avait requis des peines bien plus lourdes, réclamant dix ans d’emprisonnement ferme pour chacun des prévenus. Le procureur avait soutenu que les faits, survenus en juin 2022, étaient d’une gravité exceptionnelle, impliquant une mineure et révélant, selon lui, l’existence d’un réseau structuré d’exploitation sexuelle.

La présumée victime, O. Diouf, alors âgée de 16 ans et élève en classe de Seconde au moment des faits, s’était constituée partie civile et avait sollicité 50 millions de F CFA en réparation du préjudice moral et psychologique qu’elle dit avoir subi. L’autre mis en cause dans le volet civil, T. Khamary, n’avait pour sa part formulé aucune demande.

Ce verdict marque une étape majeure dans ce dossier sensible qui a suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique, notamment en raison de la notoriété de certains des prévenus. Les avocats de la défense, qui ont dénoncé un procès entaché d’irrégularités et basé sur des accusations qu’ils jugent non fondées, n’ont pas encore annoncé s’ils envisageaient de se pourvoir en appel.


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