Alioune Tine répond à Ousmane Sonko : « Une société civile libre ne fait pas allégeance au pouvoir »

Dans un contexte politique de plus en plus tendu entre le pouvoir et certaines voix indépendantes, le fondateur de Africa Jom Center, Alioune Tine, a réagi vigoureusement aux récentes critiques émises par le président du parti Pastef-Les Patriotes, Ousmane Sonko. Lors d’une sortie médiatique, ce dernier s’en est pris à la société civile et à d’autres acteurs qu’il accuse d’adopter des postures critiques envers le régime.

Invité sur Radio Sénégal, Alioune Tine n’a pas mâché ses mots. Pour lui, les attaques contre la société civile traduisent une dérive inquiétante vers un modèle de Parti-État incompatible avec les principes démocratiques. « Cette perspective de Parti État ne colle pas avec la présence d’une société civile libre, qui reste une sentinelle face à un pouvoir », a-t-il martelé.

Le défenseur des droits humains a tenu à rappeler que la société civile, par essence, n’est pas un appareil d’adhésion ni d’opposition systématique, mais un levier d’équilibre démocratique. « La société civile n’a ni vocation de faire acte d’allégeance ni de soutien à un quelconque pouvoir. Elle a un rôle d’alerte et de veille devant toute injustice ou manque de transparence dans la gestion de l’État », a-t-il souligné.

Revenant sur l’histoire récente du Sénégal, Alioune Tine a insisté sur l’importance de la société civile dans les grandes transformations politiques du pays. Il a notamment évoqué son rôle décisif dans la 3e alternance démocratique qui a conduit à l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Un engagement qu’il compare à celui mené en 2011-2012 contre la tentative de modification constitutionnelle, avec le slogan resté célèbre : « Touche pas à ma Constitution ! »

Quant à la question sensible du financement de la société civile, soulevée par Sonko lors de sa dernière déclaration, Alioune Tine n’a pas esquivé. Tout en réaffirmant sa position de longue date, il plaide pour une autonomie financière des acteurs civiques : « Que les Africains financent eux-mêmes leur société civile mais en les soutenant dans la perspective d’indépendance pour mener convenablement leur mission. » Et de conclure, non sans insister : « Quand on prône la souveraineté, il faut alors financer sa société civile. »


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