Le 25 juin 2025, à New York, Seydi Gassama, Directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, est monté à la tribune de la 4ᵉ Réunion préparatoire des États parties sur le cadre mondial pour la gestion des munitions conventionnelles. Dans son intervention, il a lancé un appel pressant aux États membres de l’ONU pour un contrôle renforcé et rigoureux des munitions conventionnelles tout au long de leur cycle de vie, afin de réduire les risques graves qu’elles font peser sur les droits humains et la stabilité internationale.
Dans son discours, il est revenu sur la situation dramatique qui frappe le Sahel depuis plus de trente ans. Il a rappelé qu’au fil des décennies, cette région a connu une violence récurrente, ponctuée d’accords de paix successifs sans jamais parvenir à une paix durable. « Cette violence, marquée par des périodes d’accalmie suite à des accords de paix successifs, a fait des milliers de morts au cours de ces trois décennies », a-t-il souligné.
Le Directeur d’Amnesty International Sénégal a aussi cité les conflits meurtriers en cours, notamment au Soudan et en République démocratique du Congo, où les affrontements ont déjà causé plusieurs milliers de victimes depuis le début de l’année.
Se fondant sur une étude publiée en 2018 par le Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP), Seydi Gassama a rappelé qu’environ 12 millions d’armes légères et de petit calibre circulent dans l’espace sahélien, dont plus de 500 000 sont détenues par des civils. Il a précisé que ces armes et leurs munitions proviennent souvent d’autres régions d’Afrique, mais aussi de filières internationales incontrôlées. « Les munitions qui alimentent les acteurs non-étatiques viennent d’autres régions du continent, et même parfois en dehors du continent et des mêmes circuits que les ALPC », a-t-il indiqué.
Saluant les avancées internationales, il s’est félicité de l’adoption du Traité sur le commerce des armes (TCA) en 2013 et du nouveau cadre mondial sur la gestion des munitions, adopté par l’Assemblée générale des Nations unies en décembre 2023. Il a toutefois insisté sur l’urgence de passer des engagements aux actes concrets. « La mise en œuvre rigoureuse du cadre mondial par tous les États membres permettra de réduire les risques liés à une gestion inadéquate des munitions classiques sur les droits humains, le droit international humanitaire et le développement durable », a-t-il affirmé.
Seydi Gassama a également insisté sur la nécessité d’une coopération technique accrue entre les États et d’une assistance soutenue aux pays qui en ont besoin, jugeant cet appui déterminant pour l’efficacité du nouveau dispositif. Il a enfin souligné le rôle essentiel des organisations non gouvernementales et des communautés, notamment les victimes, les jeunes et les femmes, dans la mise en œuvre du cadre mondial. « Comme pour les processus concernant les armes légères et de petits calibres, la participation des organisations de la société civile, celles des communautés, notamment des victimes, des jeunes et des femmes, doit être recherchée et encouragée par les Nations unies et les États membres », a conclu le Directeur d’Amnesty International Sénégal.
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