Barthélémy Dias sur le retour de Sonko à l’Assemblée : une ligne rouge qu’il refuse de franchir

En déplacement en France ce week-end, Barthélémy Dias a livré une déclaration sans détour qui risque de raviver les tensions entre figures majeures de l’opposition sénégalaise. Le président du mouvement Sénégal Biñu Bokk, reçu par les membres de son organisation dans la diaspora, a réagi à l’annonce d’Ousmane Sonko qui, récemment, a affirmé envisager de retrouver son siège de député à l’Assemblée nationale.

Pour Barthélémy Dias, un tel scénario serait inacceptable, tant sur le plan moral que juridique. Prenant la parole devant son auditoire, il a exprimé sa position sans équivoque : « Je l’ai entendu dire qu’il peut retrouver son siège à l’Assemblée nationale du Sénégal. Laissez-moi vous dire que s’il fait son retour, alors je retrouverai également ma place à l’Assemblée nationale, car il a été définitivement condamné et, par conséquent, il n’a plus sa place à l’hémicycle. »

Cette déclaration fait écho à son propre passé judiciaire. Barthélémy Dias a rappelé qu’il avait lui-même été écarté du Parlement à la suite d’une décision de justice, estimant que le principe doit être le même pour tous, sans traitement de faveur. Selon lui, la condamnation définitive d’Ousmane Sonko devrait logiquement entraîner la perte de son mandat parlementaire et empêcher toute réinstallation dans son fauteuil de député.

Au-delà de cette question institutionnelle, l’ancien maire de Dakar a profité de son intervention pour répondre frontalement aux récentes critiques du Premier ministre. Ousmane Sonko avait en effet déclaré qu’au Sénégal, l’opposition n’existait plus, la qualifiant d’inexistante et incapable de peser sur les débats politiques. Ces propos n’ont manifestement pas été digérés par Barthélémy Dias qui, d’un ton ferme, a répliqué : « Il dit qu’au Sénégal il n’y a pas d’opposition. Il saura que nous sommes des acteurs politiques qui ont toujours privilégié le combat. »

Barthélémy Dias a conclu son allocution en annonçant qu’il reprendra le flambeau de la contestation dès son retour au Sénégal, laissant entendre qu’il n’entend ni céder le terrain politique ni laisser prospérer ce qu’il considère comme une injustice démocratique. Cette sortie marque un nouveau palier dans la rivalité désormais ouverte entre deux personnalités qui, hier encore, faisaient figure d’alliés dans la lutte contre le pouvoir en place.

Le bras de fer autour de la légitimité parlementaire et la capacité de l’opposition à exister dans l’hémicycle s’invite donc une fois de plus au cœur du débat public, alors que le pays traverse une phase politique incertaine et propice aux recompositions.


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