Dakar, le 16 juillet 2025 – Près de deux ans après sa brève incarcération au Sénégal, l’avocat franco-espagnol Juan Branco revient à la charge. Dans un message publié sur Facebook ce mardi, l’intellectuel engagé dénonce l’inaction des autorités sénégalaises face aux demandes persistantes de la justice espagnole concernant les circonstances de son arrestation et de son transfert depuis la Mauritanie en 2023.
« Cela fait un an que la justice espagnole demande aux autorités sénégalaises de leur transmettre les informations dont elles disposent relatives à mon enlèvement en Mauritanie et mon incarcération à Dakar. Cela fait un an que les autorités sénégalaises gardent silence, malgré les multiples relances », a écrit Juan Branco.
Selon lui, ce silence prolongé constitue non seulement une entrave à la coopération judiciaire internationale, mais également une forme de mépris pour le droit. Il accuse l’État du Sénégal de bloquer délibérément les investigations d’un pays européen allié, en l’occurrence l’Espagne.
L’affaire remonte à juillet 2023. Alors sous le coup d’un mandat d’arrêt international, Juan Branco était parvenu à entrer illégalement au Sénégal. Il avait aussitôt provoqué une vive polémique en apparaissant publiquement lors d’une conférence de presse à Dakar pour soutenir l’opposant Ousmane Sonko, alors incarcéré. Une prise de position très médiatisée dans un contexte politique particulièrement tendu.
Rapidement traqué, Branco avait été arrêté en Mauritanie, puis extradé vers le Sénégal. Il fut brièvement incarcéré à la prison de Rebeuss, avant d’être entendu par le juge Mamadou Seck du deuxième cabinet, qui décida de le placer sous contrôle judiciaire.
Malgré sa libération conditionnelle, huit chefs d’inculpation pèsent toujours contre lui. Ils incluent notamment l’entrée irrégulière sur le territoire, des accusations liées à la sécurité intérieure, ainsi qu’une possible ingérence politique.
Pour Juan Branco, l’absence de réponse officielle de Dakar compromet la transparence du processus judiciaire international et soulève des interrogations sur les mécanismes de coopération entre États. Il laisse entendre que son transfert du territoire mauritanien au Sénégal n’aurait pas respecté les procédures légales internationales, évoquant même un « enlèvement ».
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