Après avoir suspendu leur mot d’ordre de grève pour permettre l’ouverture de discussions avec les autorités, les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) haussent le ton. Dans un communiqué rendu public ce dimanche, le collectif des étudiants a averti que « tout ce qui se passera dans les jours à venir sera sous la seule responsabilité du gouvernement », estimant que les signaux envoyés par l’État ne vont pas dans le sens d’un apaisement.
Selon le collectif, la principale revendication demeure inchangée : le paiement intégral des rappels dus aux étudiants de Master 1 ainsi que ceux des étudiants inscrits en licence 2, des montants qui, dénoncent-ils, tardent encore à être versés malgré les engagements pris lors des rencontres préliminaires. Les étudiants affirment rester fermes sur cette exigence qu’ils jugent « légitime, urgente et non négociable ».
Dans leur communiqué, ils ont également dénoncé la présence continue des forces de l’ordre à l’intérieur des espaces universitaires. Pour eux, ce dispositif sécuritaire, maintenu malgré la suspension de la grève, « traduit une volonté manifeste de l’État du Sénégal d’entrer dans une logique de confrontation ». Le collectif y voit un facteur de tension supplémentaire susceptible de rallumer la crise à tout moment.
Les étudiants ont par ailleurs interpellé les organisations nationales et internationales de défense des droits humains, les invitant à enquêter sur les « actes de torture » que certains grévistes auraient subis lors des récents affrontements avec les forces de l’ordre. Ils évoquent des violences qu’ils jugent « inacceptables dans un État de droit » et réclament une prise en charge rapide de ces dossiers afin que les responsabilités soient situées.
Dans cette dynamique de mobilisation, le collectif des amicales de l’UCAD a annoncé qu’il prévoit de rencontrer, au cours du week-end, l’ensemble des syndicats du secteur éducatif afin d’élargir le front de revendication. Il s’est particulièrement félicité du soutien réaffirmé du Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire (SAEMS), qui a, selon eux, « promis un appui maximal à la communauté estudiantine » dans sa quête de justice et de respect des engagements financiers de l’État.
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