La colère monte au sein d’Excaf Télécom. Réunis ce lundi face à la presse, les membres du collectif des agents de l’entreprise ont annoncé la poursuite des « journées noires », un mouvement de protestation destiné à exiger le paiement immédiat et intégral de plusieurs mois d’arriérés de salaire. Les travailleurs dénoncent une situation sociale devenue, selon eux, « insupportable », et interpellent directement les autorités étatiques afin qu’une solution urgente soit trouvée.
Prenant la parole au nom du collectif, Papa Assane Diop, chargé de communication des agents, a dressé un tableau alarmant des conditions de vie des employés. Selon lui, les travailleurs d’Excaf Télécom vivent depuis plus d’un an dans une précarité extrême, contraints de continuer à assurer leurs fonctions sans percevoir leurs rémunérations.
« Depuis maintenant 16 mois, des hommes et des femmes travaillent sans percevoir leur salaire. Seize mois de souffrance, de sacrifice et d’incertitude », a-t-il déclaré devant les journalistes, estimant que les engagements pris par la direction n’ont jamais été respectés.
Le collectif affirme qu’à plusieurs reprises, des promesses de règlement des arriérés ont été faites aux employés. La direction aurait notamment annoncé le paiement de plusieurs mois de salaire avant le 2 décembre dernier. Mais, selon les travailleurs, un seul mois aurait finalement été versé, une mesure qu’ils considèrent comme largement insuffisante au regard de l’ampleur de la crise.
Face à cette situation, les agents disent désormais refuser de « souffrir dans le silence ». Ils assurent que les mouvements de protestation vont se poursuivre jusqu’à la satisfaction totale de leurs revendications. Les travailleurs réclament le paiement des 16 mois d’arriérés accumulés à Dakar, mais aussi la restitution des « 35 % prélevés » sur deux années de salaire.
Au-delà des revendications financières, les employés décrivent une crise humaine profonde. Plusieurs familles seraient aujourd’hui confrontées à de graves difficultés sociales, incapables de faire face aux dépenses quotidiennes, aux loyers ou encore à la scolarité des enfants. Selon les responsables du collectif, certains agents affectés dans les régions du pays seraient dans une situation encore plus critique, avec des retards de paiement atteignant parfois 26 à 27 mois de salaire.
Dans son intervention, Papa Assane Diop a également dénoncé ce qu’il considère comme une mauvaise gestion de l’entreprise. Il accuse les dirigeants de privilégier leurs intérêts personnels pendant que les travailleurs continuent de subir les conséquences d’une crise qui dure depuis plusieurs mois.
Le collectif lance ainsi un appel à la société civile, aux centrales syndicales ainsi qu’aux organisations de défense des droits humains et des travailleurs afin d’obtenir un soutien plus large. Les employés estiment également que l’État ne peut plus rester en retrait face à une situation qu’ils jugent extrêmement grave.
« On parle de rupture, mais rester 16 mois sans payer des travailleurs à Dakar est incompréhensible. La situation doit changer. L’État doit intervenir », a insisté le porte-parole du collectif.
En savoir plus sur LE DAKAROIS
Subscribe to get the latest posts sent to your email.