Le député Guy Marius Sagna a réagi à la désignation du général Birame Diop pour prendre la tête de la Commission de la CEDEAO, une décision annoncée à l’issue de la 68e session ordinaire de l’organisation ouest-africaine. Dans une publication diffusée ce dimanche 31 mai 2026, le parlementaire a rappelé les réserves qu’il avait déjà exprimées lors de l’entrée du général au gouvernement sénégalais en avril 2024, tout en recentrant le débat sur l’avenir politique de l’institution sous-régionale.
L’élu a d’abord évoqué les raisons de son scepticisme à l’égard de la nomination de Birame Diop au sein de l’exécutif. Selon lui, les interrogations liées au dossier foncier de Terme Sud continuent de peser sur son appréciation de l’ancien ministre des Forces armées. Guy Marius Sagna affirme ne pas avoir oublié les événements qui ont marqué ce conflit foncier ni la répression subie par les habitants de cette zone, aux côtés desquels il dit s’être engagé depuis plusieurs années.
Le député est également revenu sur le traitement réservé aux enfants du gendarme disparu Didier Badji. Il estime que les autorités militaires et la gendarmerie n’ont pas apporté de réponses satisfaisantes à cette situation. Selon lui, plusieurs de ses interventions publiques ont été nécessaires pour susciter une prise en charge, qu’il juge encore insuffisante. Tout en reconnaissant certaines avancées, il affirme demeurer insatisfait de la gestion de ce dossier par le ministère des Forces armées.
Malgré ces critiques, Guy Marius Sagna reconnaît que Birame Diop a accompli un travail qu’il qualifie d’effort réel à la tête du département des Forces armées. Toutefois, il considère que davantage pouvait être fait sur plusieurs questions sensibles qui ont marqué son passage au gouvernement.
Au-delà de la personne de Birame Diop, le député estime que l’enjeu principal réside dans l’orientation politique de la CEDEAO. Selon lui, le choix du futur président de la Commission importe moins que la ligne stratégique adoptée par l’organisation. Il soutient que si la CEDEAO poursuit, selon ses termes, une logique de dépendance vis-à-vis des puissances étrangères, la nomination d’un responsable plutôt qu’un autre ne produira aucun changement fondamental pour les peuples ouest-africains.
Fidèle à ses positions souverainistes, Guy Marius Sagna a plaidé pour une rupture avec toute forme de tutelle extérieure. Il appelle les États de la sous-région à renforcer leur indépendance politique, économique et stratégique afin de construire une Afrique de l’Ouest davantage maîtresse de son destin.
Le parlementaire défend ainsi l’idée d’une transformation profonde de l’intégration régionale. Selon lui, cette évolution devrait conduire à l’émergence d’États pleinement souverains capables de s’unir autour d’un projet fédéral ouest-africain. Il considère qu’une telle démarche permettrait de consolider la coopération régionale tout en garantissant une plus grande autonomie dans les choix politiques et économiques du continent.
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