Société
Diffamation : Cheikh Dieng relaxé dans le procès qui l’opposait aux sociétés Vicas et Delta
-
-
par
Diack
Le tribunal correctionnel de Dakar a rendu son verdict ce mercredi 10 juin 2026 dans l’affaire opposant l’ancien Directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS), Cheikh Dieng, aux entreprises Vicas et Delta. Poursuivi pour diffamation, dénonciation calomnieuse et injures publiques, l’ancien patron de l’ONAS a été totalement relaxé, le juge estimant que les faits qui lui étaient reprochés ne justifiaient pas une condamnation pénale.
Cette procédure judiciaire trouve son origine dans une conférence de presse organisée par Cheikh Dieng en 2024, quelques semaines après son départ de la direction générale de l’ONAS. Face aux médias, l’ancien responsable avait alors abordé plusieurs dossiers liés à la gestion de l’office, notamment des marchés de curage attribués à certaines entreprises du secteur de l’assainissement.
Au cours de cette sortie médiatique, il avait évoqué des éléments qu’il considérait comme des irrégularités dans les procédures d’attribution de certains contrats publics, citant notamment les sociétés Vicas et Delta. Ces déclarations avaient suscité une vive réaction des deux entreprises qui avaient estimé que leurs réputations avaient été gravement atteintes.
Se considérant victimes d’accusations sans fondement, Vicas et Delta avaient alors décidé de porter l’affaire devant les tribunaux. Lors de l’audience tenue le 13 mai dernier, leurs avocats avaient soutenu que les propos tenus par l’ancien directeur général de l’ONAS associaient injustement leurs clientes à des pratiques irrégulières dans la gestion de marchés publics. Ils avaient ainsi demandé au tribunal de reconnaître le caractère diffamatoire des déclarations et d’engager la responsabilité pénale de Cheikh Dieng.
À la barre, ce dernier avait rejeté l’ensemble des accusations formulées contre lui. Il avait affirmé n’avoir fait qu’exercer son droit à l’information en exposant des faits qu’il jugeait d’intérêt public. Selon sa défense, les déclarations incriminées reposaient sur des documents administratifs et des éléments liés à la gestion de l’établissement public. Cheikh Dieng avait également insisté sur le fait qu’il n’avait jamais accusé directement les sociétés concernées de détournement de deniers publics ou de partage illégal de fonds de l’État.
L’ancien directeur général avait par ailleurs contesté toute responsabilité concernant la diffusion médiatique d’un document de travail présenté lors de cette conférence de presse, document qui avait largement alimenté la polémique autour de cette affaire.
Au cours des débats, les parties civiles avaient formulé d’importantes demandes de réparation. La société Vicas réclamait un milliard de francs CFA à titre de dommages et intérêts, tandis que Delta sollicitait une indemnisation de cinq milliards de francs CFA. Des montants particulièrement élevés qui dépassaient ceux initialement mentionnés dans la plainte déposée devant la justice.
De leur côté, les avocats de Cheikh Dieng avaient plaidé la relaxe pure et simple. Ils avaient soutenu que leur client s’était exprimé dans un contexte particulier, marqué par les circonstances de son éviction de la direction de l’ONAS et par des accusations dont il estimait devoir se défendre publiquement. Selon eux, ses déclarations relevaient davantage de l’exercice du droit de réponse que d’une volonté de nuire aux entreprises concernées.
Après examen du dossier et des arguments développés par les différentes parties, le tribunal correctionnel de Dakar a finalement donné raison à la défense. La juridiction a prononcé la relaxe de Cheikh Dieng et l’a renvoyé des fins de la poursuite, mettant ainsi un terme à cette procédure judiciaire qui aura opposé pendant plusieurs mois l’ancien dirigeant de l’ONAS aux sociétés Vicas et Delta.
En savoir plus sur LE DAKAROIS
Subscribe to get the latest posts sent to your email.