Le président de la commission de communication de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Bacary Cissé, est sorti de sa réserve pour livrer sa version des faits sur les circonstances ayant conduit au départ du sélectionneur national, Pape Thiaw. Dans un entretien accordé à L’Observateur dans son édition du 13 juillet, il décrit un dossier « tumultueux », marqué par des divergences contractuelles, des tensions internes et une gestion de crise qui, selon lui, a fragilisé l’équipe nationale durant la Coupe du monde 2026.
Pour Bacary Cissé, la décision de mettre fin à la collaboration avec Pape Thiaw ne relève pas d’un simple choix administratif. Elle est, affirme-t-il, la conséquence directe d’un « échec cuisant » enregistré lors du Mondial disputé aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Il estime que les Lions ont présenté un visage inquiétant tout au long de la compétition, avec une équipe « hésitante », incapable de développer son jeu habituel et laissant apparaître « des signes de défaillance » aussi bien sur le plan tactique que mental.
Au-delà des résultats sportifs, le responsable de la communication de la FSF révèle que les discussions autour du contrat de Pape Thiaw ont été particulièrement complexes. Selon lui, un premier accord avait pourtant été trouvé entre les différentes parties. Cet engagement, validé avec l’appui de l’État, prévoyait une rémunération nette de 20 millions de francs CFA par mois pour le sélectionneur.
Cependant, explique-t-il, les négociations auraient ensuite pris une tournure inattendue. Bacary Cissé affirme que Pape Thiaw a formulé de nouvelles exigences financières, réclamant un salaire mensuel de 50 millions de francs CFA, une prime de signature de 440 millions de francs CFA ainsi que plusieurs avantages et gratifications supplémentaires. D’après ses calculs, l’ensemble de ces avantages aurait porté le coût global de son contrat à près de 1,4 milliard de francs CFA.
Le dirigeant de la FSF va plus loin en évoquant les fortes tensions qui auraient accompagné ces discussions au cœur même de la compétition. Il soutient que le sélectionneur aurait menacé de ne pas diriger l’équipe avant la rencontre décisive face à la Norvège si sa situation contractuelle n’était pas définitivement réglée. Une situation qu’il qualifie d’« embarrassante » pour la Fédération, contrainte, selon lui, de gérer cette crise alors que les Lions étaient engagés dans l’une des compétitions les plus importantes de leur histoire récente.
Face à cette impasse, Bacary Cissé indique que la Fédération sénégalaise de football a finalement accepté les revendications du technicien afin d’éviter une crise plus profonde susceptible de perturber davantage la sélection nationale. Il précise que cette décision a été prise avec l’accord des autorités étatiques afin de préserver la participation du Sénégal à la compétition.
L’entretien ne se limite toutefois pas au cas de Pape Thiaw. Bacary Cissé profite également de cette prise de parole pour remettre en question le fonctionnement interne de la Fédération. Il réaffirme ses critiques à l’endroit du secrétaire général de l’institution, estimant que ce dernier n’est « pas à la hauteur » des responsabilités qui lui sont confiées.
Il rappelle avoir déposé une résolution réclamant son départ avant de la retirer lors d’une réunion du comité exécutif. Selon lui, cette décision visait avant tout à préserver la stabilité de l’institution, à la demande de plusieurs de ses collègues soucieux d’éviter une crise supplémentaire. Pour autant, il ne renie en rien sa position et affirme que, si les mêmes circonstances se reproduisaient, il agirait de la même manière.
En conclusion, Bacary Cissé estime que la responsabilité de l’échec du Sénégal au Mondial est collective. Si le sélectionneur et son staff ont quitté leurs fonctions, il considère que les dirigeants de la Fédération doivent également assumer leur part de responsabilité. À ses yeux, le football sénégalais traverse aujourd’hui une crise profonde de gouvernance et de résultats, au point d’affirmer que cette discipline est désormais « à la rue », appelant implicitement à une remise en question globale des instances dirigeantes.
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