À quelques mois des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar-2026, le Sénégal et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) renforcent leur coopération pour faire de cet événement historique un véritable catalyseur de transformation sociale. À travers le Camp de la jeunesse de la CEDEAO, organisé en prélude aux Jeux, les autorités entendent préparer une nouvelle génération de jeunes leaders porteurs des valeurs de paix, de citoyenneté, de solidarité et d’intégration régionale.
Bien au-delà de la préparation sportive, cette initiative s’inscrit dans la volonté commune du Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS) et de la CEDEAO de bâtir un héritage durable des JOJ Dakar-2026. Le camp réunit de jeunes représentants des États membres autour d’un programme axé sur l’éducation aux valeurs olympiques, le leadership, la communication, l’engagement communautaire, la protection de l’environnement et le développement durable.
Représentant le président du CNOSS, Mamadou Diagna Ndiaye, le vice-président de l’institution, Issa Mboup, a rappelé que le sport constitue avant tout un formidable outil de formation humaine. Selon lui, les jeunes présents ne prennent pas simplement part à un rassemblement préparatoire aux JOJ, mais incarnent déjà les futurs acteurs du développement de l’Afrique de l’Ouest.
« Vous êtes les femmes et les hommes qui écriront la prochaine page de l’histoire de l’Afrique de l’Ouest », a-t-il déclaré devant les participants.
Pour Issa Mboup, la pratique sportive dépasse largement la quête de performances ou de médailles. Elle constitue une véritable école de la vie, capable de transmettre des valeurs essentielles à toute société.
« Le sport n’est pas uniquement une compétition ; c’est une école. Il apprend la discipline lorsque personne ne nous regarde. Il apprend le respect lorsque l’on perd. Il enseigne l’humilité lorsque l’on gagne. Il développe l’esprit d’équipe. Il apprend à dépasser les différences de langue, de culture, de religion et d’origine », a-t-il expliqué.
Le responsable olympique a souligné que la diversité culturelle des jeunes réunis constitue précisément l’une des principales richesses de cette rencontre. Malgré leurs langues, leurs cultures et leurs origines différentes, les participants sont appelés à construire des liens durables fondés sur le respect mutuel et la coopération régionale.
Cette vision correspond pleinement à l’ambition portée par les JOJ Dakar-2026, qui se dérouleront du 31 octobre au 13 novembre 2026. Première compétition olympique organisée sur le continent africain, ces Jeux veulent laisser un héritage qui dépasse largement les infrastructures sportives. L’objectif affiché est de former une jeunesse davantage engagée, capable de porter des initiatives citoyennes et de devenir un moteur du développement régional.
Dans cette perspective, les organisateurs souhaitent mettre en place un réseau de jeunes ambassadeurs des JOJ Dakar-2026 dans l’ensemble des États membres de la CEDEAO. Ces ambassadeurs auront pour mission de promouvoir les valeurs olympiques, la paix, la solidarité, le vivre-ensemble et l’intégration régionale au sein de leurs communautés respectives.
Intervenant au nom de la commissaire de la CEDEAO chargée du Développement humain et des Affaires sociales, la professeure Fatou Sow Sarr, son directeur de cabinet, Pape Momar Sow, a insisté sur la nécessité de placer la jeunesse au centre du projet communautaire ouest-africain.
Il a rappelé que les jeunes représentent aujourd’hui la majorité de la population de la région et constituent son principal atout pour relever les défis économiques, sociaux et sécuritaires. Selon lui, la construction d’une CEDEAO plus forte passe nécessairement par une jeunesse capable de dépasser les frontières nationales afin de développer une véritable conscience communautaire.
Pape Momar Sow a également attiré l’attention sur le rôle stratégique que peuvent jouer les jeunes dans la consolidation de la paix. Face aux conflits, à l’insécurité, aux violences et aux différentes formes de manipulation, il estime que la jeunesse peut devenir soit un facteur d’instabilité, soit un acteur majeur de cohésion sociale et de stabilité régionale.
Le représentant du ministre de la Jeunesse et des Sports, Mouhamadou Sène, a abondé dans le même sens en appelant à une implication beaucoup plus forte des jeunes dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques qui les concernent.
Selon lui, l’Afrique doit pleinement tirer profit de son dividende démographique en faisant du capital humain, particulièrement celui de sa jeunesse, le principal moteur de son développement. Il a plaidé pour que les jeunes soient désormais considérés comme une richesse stratégique plutôt que comme une contrainte.
Insistant sur le contexte régional marqué par de nombreuses crises, Mouhamadou Sène a rappelé que rien ne peut être durablement construit sans la paix. Il a invité les jeunes à faire preuve de responsabilité, de discernement et d’engagement afin de résister aux tentatives de manipulation et de contribuer activement à la stabilité de leurs pays.
À l’issue de ce camp régional, les organisateurs ambitionnent d’adopter une Déclaration de la jeunesse de la CEDEAO en faveur de la paix, de l’intégration régionale et de la promotion des valeurs olympiques. Ce texte servira de feuille de route pour le réseau de jeunes ambassadeurs appelé à prolonger l’esprit des JOJ Dakar-2026 bien au-delà de la compétition, en faisant des valeurs olympiques un véritable levier d’éducation, de cohésion sociale et de développement pour toute l’Afrique de l’Ouest.
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