La procédure prend un nouveau tournant dans l’affaire du double meurtre d’Aziz Dabala et de Boubacar Gano, survenu à Pikine Technopole. La situation judiciaire de Marième Lèye, dite Nabou Lèye, sera examinée ce jeudi 20 août 2026 par la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar. Ses avocats ont saisi cette juridiction d’une demande de mise en liberté d’office, en s’appuyant notamment sur les dispositions de l’article 129 du Code de procédure pénale.
Selon les informations rapportées par L’Observateur, la défense estime que le juge d’instruction n’aurait pas statué dans les délais prévus par la loi sur une précédente requête introduite au nom de leur cliente. Les conseils de Nabou Lèye soutiennent ainsi que cette situation ouvre la voie à une saisine directe de la Chambre d’accusation afin qu’elle statue sur la demande de liberté.
L’audience est prévue à partir de 10 heures. La juridiction d’appel devra donc se pencher sur les arguments développés par la défense et déterminer si les conditions légales permettant une mise en liberté d’office sont réunies.
Nabou Lèye est poursuivie dans le cadre de l’enquête sur la mort d’Aziz Dabala et de Boubacar Gano. Elle avait été placée sous mandat de dépôt par le doyen des juges du Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye. Depuis son incarcération, ses avocats multiplient les démarches judiciaires pour obtenir un aménagement de sa situation pénale.
Le 22 juin 2026, la défense avait notamment introduit une requête sollicitant une assignation à résidence assortie d’un placement sous bracelet électronique. Mais, selon les éléments rapportés par L’Observateur, un mois plus tard, soit le 22 juillet, aucune décision n’aurait encore été rendue par le magistrat instructeur sur cette demande.
Pour les avocats de Nabou Lèye, cette absence de décision dans le délai légal constitue un élément déterminant. Ils invoquent le dernier alinéa de l’article 129 du Code de procédure pénale, qui encadre les délais dans lesquels le juge d’instruction doit statuer sur certaines demandes relatives à la détention.
La défense affirme également que le parquet n’aurait pas formulé ses réquisitions dans le délai prévu. C’est sur cette base procédurale que les conseils de Marième Lèye ont décidé de porter directement le dossier devant la Chambre d’accusation.
Selon l’interprétation avancée par la défense, lorsqu’un juge d’instruction ne statue pas dans le délai légal, la personne concernée peut saisir la Chambre d’accusation. Cette dernière doit alors examiner la situation conformément aux dispositions du Code de procédure pénale, notamment au regard des réquisitions écrites et motivées du Procureur général.
L’affaire, enregistrée sous l’intitulé « Marième Lèye contre le ministère public », figure ainsi au rôle de la Chambre d’accusation. L’audience de ce jeudi pourrait constituer une étape importante pour la prévenue, même si la décision de la juridiction d’appel dépendra de son appréciation des arguments procéduraux soulevés par ses avocats.
Parallèlement à cette bataille judiciaire, l’enquête sur le double meurtre a connu une évolution sur le terrain scientifique. Des analyses ADN réalisées sur plusieurs traces biologiques recueillies lors des investigations auraient permis aux enquêteurs d’obtenir de nouveaux éléments susceptibles d’éclairer les circonstances du drame.
D’après les informations publiées par L’Observateur, le Centre international de recherche et de formation en génomique appliquée et de surveillance sanitaire a été sollicité pour procéder à l’analyse de différents prélèvements. Les opérations auraient été menées sous la supervision de la Division de la police technique et scientifique de la Division des investigations criminelles.
Les analyses auraient permis d’isoler quatre profils ADN à partir de plusieurs éléments recueillis sur les lieux du crime. Parmi les traces examinées figureraient notamment celles relevées sur un verre retrouvé à proximité du corps d’Aziz Dabala ainsi que des traces de sang découvertes dans la salle de bain.
Les résultats rapportés font également état d’une trace attribuée à Mamadou Lamine Diaw, laquelle aurait été retrouvée mélangée au sang de l’une des victimes. Selon les conclusions citées par le quotidien, aucun profil ADN correspondant aux autres personnes poursuivies dans le cadre de cette affaire pour des faits connexes n’aurait été identifié sur les lieux, à l’exception de celui attribué à Mamadou Lamine Diaw.
Ces éléments scientifiques pourraient ainsi conforter certains indices déjà recueillis par les enquêteurs concernant ce dernier. Sa présence présumée dans l’appartement ainsi qu’une blessure qu’il aurait présentée figureraient notamment parmi les éléments examinés dans le cadre de l’enquête.
L’exploitation des résultats ADN apporte donc une nouvelle dimension à l’instruction du dossier. Elle pourrait contribuer à préciser le rôle des différentes personnes impliquées et à confronter les déclarations recueillies au cours de l’enquête aux éléments matériels retrouvés sur la scène de crime.
Pour autant, ces nouvelles données scientifiques ne préjugent pas, à elles seules, de la responsabilité pénale des personnes mises en cause. Elles constituent des éléments de l’enquête que les magistrats devront apprécier au regard de l’ensemble du dossier.
Pour Marième Lèye, l’enjeu immédiat se situe toutefois sur un autre terrain. Ce jeudi, la Chambre d’accusation devra avant tout examiner la question de sa détention et les arguments procéduraux développés par ses avocats. La juridiction devra notamment déterminer si le non-respect allégué des délais prévus par l’article 129 du Code de procédure pénale peut entraîner la mise en liberté d’office sollicitée par la défense.
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