Assemblée nationale : Thierno Alassane Sall et Ousmane Sonko s’affrontent sur le règlement intérieur

L’examen en séance plénière du projet de loi relatif à la protection des infrastructures d’informations critiques et à la sécurité numérique a été marqué, ce jeudi matin, par un vif échange entre le député Thierno Alassane Sall et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko.

Alors que les députés débattaient du texte, la tension est montée autour de l’interprétation de l’article 77 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Thierno Alassane Sall a tenté de s’appuyer sur cette disposition pour justifier son intervention et faire valoir ce qu’il considère comme ses prérogatives de parlementaire.

Mais le président de séance lui a rapidement signifié qu’il ne lui avait pas encore accordé la parole. « Je ne vous ai pas encore donné la parole », a lancé Ousmane Sonko, avant de lui reprocher, quelques instants plus tard, de tenir des propos qui, selon lui, « n’avaient rien à voir avec les débats ».

L’intervention du président de l’Assemblée n’a pas suffi à calmer le député de l’opposition. Thierno Alassane Sall a refusé de regagner immédiatement sa place, estimant que la manière dont la séance était conduite constituait une entrave à l’exercice de son mandat parlementaire.

« Vous voulez empêcher des députés de l’opposition de dire ce qu’ils disent ? Ici, c’est la démocratie ! », a-t-il martelé, dénonçant ce qu’il considère comme une volonté de la présidence de l’Assemblée de contrôler le contenu des interventions des députés.

Face à cette contestation, Ousmane Sonko a réaffirmé son autorité sur la conduite des débats. Le président de l’institution a notamment rappelé que la liberté d’expression au sein de l’hémicycle ne saurait, selon lui, être assimilée à de la « bagarre » ou à de « l’indiscipline ».

Ousmane Sonko a également insisté sur le fait que, en sa qualité de président de séance, il lui revenait d’interpréter et d’appliquer le règlement intérieur au cours des débats. Une position qui a alimenté davantage la confrontation avec le député.

Le président de l’Assemblée nationale a ensuite lancé une pique à l’endroit de certains parlementaires, accusant implicitement certains élus de chercher à profiter des séances plénières pour attirer l’attention des médias. Il a évoqué ceux qui viendraient chercher leurs « 5 minutes de gloire » afin de « faire le buzz devant les caméras ».

Ces propos ont provoqué de nouvelles réactions dans l’hémicycle. Des murmures et des protestations se sont fait entendre dans les rangs de l’opposition, tandis que le brouhaha a ponctuellement couvert les échanges entre les deux protagonistes.

Au-delà de l’incident, cette passe d’armes met en lumière les tensions persistantes au sein de l’Assemblée nationale autour de la gestion des débats, du temps de parole et de l’interprétation du règlement intérieur. Elle illustre également les divergences profondes qui opposent la présidence de l’institution à une partie de l’opposition sur l’exercice du mandat parlementaire et les limites de l’autorité du président de séance.


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