Présent à Conakry pour représenter le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Ousmane Sonko, à l’occasion de l’ouverture de la session ordinaire de la 10ᵉ législature guinéenne, le premier vice-président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a délivré un plaidoyer en faveur d’une coopération parlementaire renforcée et d’une Afrique davantage fondée sur la solidarité, le respect des souverainetés et le rapprochement entre les peuples.
La rentrée parlementaire guinéenne, ouverte ce lundi 5 octobre au Palais du peuple de Conakry, a ainsi offert au responsable sénégalais l’occasion de mettre en avant les relations particulières qui unissent le Sénégal et la Guinée. Pour El Malick Ndiaye, ces liens dépassent largement le cadre des relations diplomatiques classiques. Ils reposent sur une proximité géographique, historique, culturelle et humaine qui, selon lui, impose aux institutions des deux pays de contribuer davantage à leur consolidation.
Dans son intervention, le premier vice-président de l’Assemblée nationale sénégalaise a notamment insisté sur la nécessité de préserver cette fraternité face aux discours de rejet, de stigmatisation et de xénophobie. Il a rappelé que les populations sénégalaises et guinéennes entretiennent depuis longtemps des relations étroites, à travers le commerce, les déplacements, les études et les activités professionnelles.
« La fraternité est un patrimoine à protéger », a-t-il notamment souligné, estimant que les difficultés économiques et sociales ne doivent pas servir de prétexte pour opposer les peuples. Il a ainsi appelé à préserver les relations entre Sénégalais et Guinéens tout en rappelant que la fraternité entre les peuples doit aller de pair avec le respect des lois et des institutions de chaque État.
Pour El Malick Ndiaye, l’hospitalité et la souveraineté ne sont pas contradictoires. Chaque pays demeure libre de fixer ses règles et d’exiger leur respect de la part de toute personne vivant ou travaillant sur son territoire. Dans le même temps, les États africains doivent éviter que les tensions sociales ou économiques ne fragilisent les liens historiques qui existent entre leurs populations.
Au-delà des relations sénégalo-guinéennes, le responsable parlementaire a élargi son propos à la question de l’intégration africaine. Il a appelé les Parlements du continent à sortir d’une coopération essentiellement protocolaire pour construire des relations davantage orientées vers l’action et les résultats. Selon lui, les institutions parlementaires doivent partager leurs expériences, travailler sur les problématiques communes et renforcer leur capacité à répondre aux attentes des citoyens.
El Malick Ndiaye a également insisté sur le rôle du contrôle parlementaire. À ses yeux, l’adoption des lois ne doit pas constituer une finalité en soi. L’enjeu est surtout de s’assurer que les décisions prises dans les hémicycles produisent des effets concrets dans la vie quotidienne des populations, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’emploi et des services publics.
Dans cette perspective, il a encouragé la mise en place de mécanismes permettant aux députés de suivre dans la durée les engagements pris par les gouvernements et d’évaluer régulièrement les résultats obtenus. Une manière, selon lui, de faire du Parlement un véritable instrument de contrôle de l’action publique et non une simple instance d’adoption des textes.
Cette coopération parlementaire devrait également, selon El Malick Ndiaye, contribuer à répondre aux grands défis auxquels le continent est confronté. Les enjeux sécuritaires, économiques et sociaux, mais aussi les changements climatiques et les transformations technologiques, appellent une réponse collective des pays africains.
Son message à Conakry s’inscrit ainsi dans une vision d’une intégration africaine plus concrète, dans laquelle les relations entre États ne se limitent plus aux sommets et aux déclarations officielles. Pour le parlementaire sénégalais, cette intégration doit se traduire dans les lois, les budgets, les politiques publiques et surtout dans le quotidien des citoyens.
La présence d’El Malick Ndiaye à Conakry intervient dans un contexte de renforcement affiché des relations entre le Sénégal et la Guinée. Quelques jours auparavant, le Premier ministre sénégalais Ahmadou Al Aminou Lô s’était également rendu dans la capitale guinéenne pour représenter le président Bassirou Diomaye Faye lors des célébrations du 68ᵉ anniversaire de l’accession de la Guinée à la souveraineté internationale.
À travers son intervention devant les parlementaires guinéens, El Malick Ndiaye a donc voulu donner une dimension institutionnelle à cette proximité entre les deux pays, tout en appelant à une dynamique plus large à l’échelle du continent : une Afrique où la souveraineté des États s’accompagne d’une solidarité accrue entre les peuples et où les Parlements deviennent des acteurs majeurs du rapprochement et de l’intégration régionale.







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