Le dossier des 37 milliards de francs CFA liés à l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) continue d’alimenter la controverse politique. Après les annonces relatives à de nouvelles commissions d’enquête parlementaires, le Collectif Sunu 37 Milliards est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme une tentative de détourner l’attention des interrogations soulevées par cette affaire.
Dans un communiqué, le collectif critique ouvertement l’initiative attribuée à Ousmane Sonko et met en doute l’opportunité d’une enquête parlementaire alors qu’une procédure judiciaire serait en cours. Il estime que les institutions de la République ne doivent pas devenir des instruments au service de stratégies partisanes et appelle au respect des procédures permettant de faire la lumière sur les faits.
Le collectif revient notamment sur les déclarations antérieures du chef du gouvernement concernant le directeur général de l’ASER et le blocage du programme d’électrification rurale. Selon ses responsables, Ousmane Sonko aurait précédemment défendu le responsable de l’agence, tout en imputant à Thierno Alassane Sall la responsabilité du blocage du programme pendant deux ans. Ils considèrent que l’annonce d’une commission parlementaire intervient dans un contexte où les interrogations sur la gestion du projet demeurent entières.
Pour le Collectif Sunu 37 Milliards, les Sénégalais attendent avant tout des réponses précises sur l’utilisation des fonds concernés, les conditions d’exécution du projet et les responsabilités éventuelles des différents acteurs. Il estime qu’une initiative parlementaire ne doit ni se substituer au travail de la justice ni faire obstacle à la manifestation de la vérité.
Le communiqué établit également un parallèle avec le dossier Intermaq, que le collectif évoque comme une précédente tentative de mettre en cause le Sénégalais Seydou Kane. Il accuse Ousmane Sonko de vouloir désormais s’appuyer sur sa majorité parlementaire pour détourner l’attention des questions soulevées dans l’affaire ASER. Ces accusations relèvent de la position défendue par le collectif et n’établissent pas, à elles seules, les intentions prêtées au chef du gouvernement.
Les responsables du mouvement élargissent leurs critiques à la gestion d’autres dossiers publics. Ils estiment notamment qu’Ousmane Sonko et Mabouba Diagne, ancien ministre de l’Agriculture, devraient également être entendus sur la question des subventions agricoles. Le collectif affirme que des fonds destinés à ce secteur auraient été déposés dans une banque commerciale plutôt qu’au Trésor public, une allégation qui nécessiterait des éléments documentaires et des éclaircissements des autorités concernées pour être établie.
À travers ces références, le collectif entend dénoncer ce qu’il considère comme une approche sélective du contrôle de la gestion publique. Il reproche au chef du gouvernement de vouloir intervenir dans des dossiers dans lesquels, selon lui, sa propre responsabilité ou celle de membres de son équipe pourrait être questionnée. Il l’accuse ainsi de vouloir être à la fois juge et partie.
Le Collectif Sunu 37 Milliards conteste par ailleurs la légitimité de l’initiative parlementaire annoncée et considère qu’elle risque de noyer le dossier ASER dans une confrontation politique. Il insiste sur la nécessité de préserver l’indépendance de la justice et de laisser les magistrats examiner les faits et les éléments de preuve afin de déterminer les responsabilités éventuelles.
L’organisation s’interroge également sur le calendrier de cette initiative. Elle rappelle qu’Ousmane Sonko a exercé les fonctions de Premier ministre pendant près de deux ans et demande pourquoi une commission parlementaire est désormais mise en avant alors que les principales questions relatives aux 37 milliards de francs CFA restent, selon elle, sans réponse.
Au-delà de cette polémique, le collectif maintient sa revendication centrale : obtenir toute la lumière sur les conditions de financement et d’exécution du projet d’électrification rurale. Il affirme que le montant en jeu ne doit pas être relégué au second plan par les affrontements entre acteurs politiques et réclame une reddition des comptes fondée sur des faits vérifiables.
L’annonce de nouvelles commissions d’enquête parlementaires ouvre ainsi un débat sur l’articulation entre le contrôle exercé par les députés et les procédures judiciaires. La recevabilité des propositions parlementaires et le périmètre des investigations éventuelles devront être examinés au regard des règles applicables. Dans le même temps, les accusations formulées par le collectif devront être confrontées aux documents et aux explications des personnes concernées.
Pour le Collectif Sunu 37 Milliards, l’essentiel reste que la lumière soit faite sur cette affaire. « Les 37 milliards ne doivent ni être oubliés ni disparaître derrière un écran de fumée parlementaire », conclut-il, en réaffirmant son exigence de transparence et de vérité.






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