L’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA) a appelé, mercredi, les compagnies aériennes à éviter certaines portions de l’espace aérien de l’Arabie saoudite, sur fond d’intensification des attaques de missiles et de drones dans la région. L’agence européenne estime que la situation sécuritaire demeure particulièrement instable en raison de l’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran et de l’activité accrue des groupes armés dans la région.
Dans un bulletin d’information consacré à la situation sécuritaire, l’AESA fait état d’un environnement « hautement volatile », marqué par une importante activité militaire susceptible d’avoir des répercussions directes sur la sécurité de l’aviation civile. L’agence souligne notamment l’augmentation des menaces pesant sur plusieurs secteurs du territoire saoudien et dans les espaces maritimes voisins.
Selon l’analyse de l’AESA, les Houthis ont nettement intensifié au cours du mois de septembre leurs attaques visant des installations et des infrastructures saoudiennes. Le groupe basé au Yémen aurait également élargi la portée géographique de ses opérations, ciblant notamment des intérêts maritimes, énergétiques et infrastructurels dans les environs de la mer Rouge et du golfe d’Aden.
L’agence européenne indique par ailleurs que des installations militaires ainsi que des infrastructures liées à l’aviation ont été prises pour cible à plusieurs reprises au moyen de missiles et de drones. Cette évolution constitue un facteur de risque supplémentaire pour les vols commerciaux, notamment dans un contexte où les systèmes de défense aérienne sont régulièrement activés.
Le sud et le sud-ouest de l’Arabie saoudite restent considérés comme les secteurs les plus exposés, en raison de leur proximité avec les zones contrôlées par les Houthis au Yémen. Mais l’AESA relève que les dernières attaques ont également démontré la capacité du mouvement à atteindre des zones situées plus profondément à l’intérieur du territoire saoudien.
Parmi les secteurs mentionnés dans le bulletin figurent notamment Riyad, Tabuk et Yanbu. L’agence appelle ainsi les opérateurs aériens à tenir compte de l’évolution de la menace lors de la préparation et de l’exécution de leurs vols à destination ou à travers l’espace aérien saoudien.
L’un des principaux risques identifiés concerne la possibilité qu’un appareil civil soit mal identifié dans un environnement où les systèmes de défense aérienne sont fortement sollicités. L’AESA évoque également les dangers liés aux interceptions de missiles et de drones, ainsi qu’aux éventuelles chutes de débris pouvant affecter la sécurité des aéronefs évoluant dans les zones concernées.
Face à cette situation, l’agence recommande aux compagnies aériennes d’éviter, quelle que soit l’altitude de vol, une partie précisément délimitée de l’espace aérien saoudien considérée comme particulièrement exposée aux risques liés aux missiles et aux drones. La zone concernée est définie à partir de points de navigation aéronautique situés dans la région d’information de vol de Djeddah.
L’AESA ne limite toutefois pas sa recommandation à cette seule zone. Elle demande également aux opérateurs de faire preuve d’une vigilance accrue dans le reste de l’espace aérien saoudien, compte tenu de la capacité des attaques récentes à atteindre des secteurs éloignés des zones de confrontation directe.
Cet avertissement intervient dans un contexte régional marqué par une multiplication des activités militaires et une dégradation de l’environnement sécuritaire. Pour les compagnies aériennes, l’enjeu consiste notamment à éviter les secteurs susceptibles d’être affectés par des tirs de missiles, des opérations de défense aérienne ou la présence de drones.






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