Plus de 15 000 participants issus de 191 pays sont attendus à ce rendez-vous international réunissant responsables gouvernementaux, banquiers centraux, dirigeants d’institutions financières et représentants du secteur privé. Au programme figurent notamment les enjeux de la dette souveraine, du financement du développement, de la mobilisation des capitaux privés, de l’emploi et de l’intelligence artificielle.
Pour le Sénégal, l’enjeu dépasse la participation à un grand rendez-vous économique mondial. Il s’agit de renforcer la confiance de ses partenaires financiers dans un contexte où la soutenabilité de la dette et la fiabilité des données budgétaires occupent une place centrale dans les discussions avec les institutions de Bretton Woods.
La délégation sénégalaise arrive à Bangkok après la conclusion, le 1er septembre 2026 à Dakar, d’un accord au niveau des services avec le FMI sur un programme de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), pour un montant d’environ 2,2 milliards de dollars. Ce programme vise notamment à rétablir la stabilité macroéconomique, à restaurer la viabilité de la dette et à réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieures du pays.
Toutefois, cet accord n’équivaut pas encore à un décaissement automatique des fonds. Son approbation reste soumise à plusieurs conditions, dont la mise en œuvre de mesures correctrices liées au dossier des informations financières erronées et l’obtention des assurances de financement nécessaires auprès des partenaires du Sénégal. La concrétisation du programme dépend donc de la capacité des autorités à apporter les garanties attendues par le Fonds.
Les performances économiques du pays constituent un autre élément du dossier. Selon les données publiées par le FMI, l’économie sénégalaise a enregistré une croissance de 6,7 % en 2025, portée notamment par l’entrée en production des hydrocarbures. La croissance hors hydrocarbures avait toutefois ralenti à 2,2 % sur l’ensemble de l’année, avant de rebondir à 4,7 % en glissement annuel au premier trimestre 2026. Ces chiffres soulignent à la fois l’apport des nouveaux revenus pétroliers et la nécessité de consolider les moteurs de croissance dans les autres secteurs.
Dans ce contexte, Cheikh Diba et son équipe devront défendre les perspectives économiques du Sénégal tout en mettant en avant les mesures engagées pour renforcer la gouvernance financière. Le programme négocié avec le FMI prévoit notamment une mobilisation accrue des recettes intérieures, une rationalisation des dépenses publiques et une meilleure protection des populations vulnérables grâce à des dispositifs sociaux ciblés.
Parmi les réformes annoncées figure l’adoption, en 2027, d’une stratégie de recettes à moyen terme destinée à améliorer durablement les ressources de l’État. Le suivi des arriérés intérieurs, le renforcement de la gestion de la dette publique et une supervision plus rigoureuse des entreprises publiques figurent également parmi les axes retenus.
La transparence budgétaire constitue un volet particulièrement sensible. Les révélations antérieures concernant des informations erronées sur la dette publique ont fragilisé la relation entre Dakar et ses partenaires financiers. Le rétablissement de la confiance suppose désormais des données fiables, une meilleure traçabilité des engagements de l’État et des mécanismes de contrôle plus robustes.
En parallèle, le Sénégal cherche à élargir ses possibilités de financement auprès des institutions multilatérales et des investisseurs. Le FMI estime que le programme envisagé devrait contribuer à mobiliser des ressources supplémentaires de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement et d’autres partenaires au développement. La portée de cet effet de levier dépendra néanmoins de l’avancement des réformes et de l’approbation du programme par les instances compétentes du Fonds.
Les Assemblées annuelles de Bangkok offriront également à la délégation sénégalaise l’occasion de participer aux échanges consacrés à l’investissement privé, à l’emploi et aux transformations technologiques. Pour Dakar, l’objectif sera de valoriser les perspectives économiques du pays et de favoriser des partenariats susceptibles de soutenir l’investissement productif, la création d’emplois et la diversification de l’économie.
Au terme de cette semaine de rencontres, le défi pour le Sénégal sera donc double : convaincre ses partenaires de la crédibilité de sa trajectoire de redressement et transformer les engagements diplomatiques et financiers en ressources effectivement mobilisables. Pour Cheikh Diba, la priorité reste de concilier discipline budgétaire, soutenabilité de la dette et financement des besoins de développement, sans perdre de vue les impératifs sociaux.






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