Pour Abdoulaye Racine Senghor, il n'y a pas de souveraineté sans pensée propre, et pas de pensée propre sans livres. L'écrivain et critique littéraire, ancien directeur des Arts et ancien directeur de l'enseignement secondaire aujourd'hui à la retraite, a livré ce message à l'approche de la 18e Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (FILDAK), prévue du 15 au 19 octobre sous le thème « Transmission, bibliothèque et souveraineté ».
Au cœur de son plaidoyer figurent les langues nationales. Les enseigner, les promouvoir et les développer participe selon lui directement de l'affirmation du pays. Il considère comme une priorité absolue de former des lecteurs, mais aussi des auteurs, capables de lire et d'écrire dans ces langues.
L'homme de lettres ne tourne pas le dos aux mutations technologiques. Il voit dans le numérique une véritable opportunité, à condition d'en faire un usage réfléchi, et estime que le livre, le métier d'auteur et celui d'enseignant doivent se réinventer. Quant à l'intelligence artificielle, il la range du côté de la modernité, impossible à ignorer, tout en insistant pour que la création demeure l'expression de l'auteur. Lui-même assure n'avoir jamais écrit avec cet outil.
Sur le terrain, il réclame une chaîne du livre plus solide : une édition exigeante, un appui aux maisons d'édition et davantage de librairies à travers le pays, avec l'implication des collectivités territoriales et des citoyens. Le goût de la lecture, rappelle-t-il, se cultive d'abord en famille, puis à l'école, d'où l'importance de renforcer les bibliothèques.
La FILDAK lui apparaît enfin comme une vitrine précieuse pour la jeune génération d'écrivains, et un grand marché pour faire circuler les ouvrages.






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