Le report de la séance plénière de l’Assemblée nationale consacrée à la proposition de loi portant modification du Code pétrolier continue de susciter des réactions dans la classe politique sénégalaise. Dans une publication sur X, le député Thierno Alassane Sall a vivement critiqué cette décision, qu’il présente comme une nouvelle illustration des tensions entre Pastef et Kiiraay.
Selon le parlementaire, l’Assemblée nationale, pourtant convoquée en session extraordinaire pour examiner des textes présentés comme revêtant un caractère impératif, a finalement reporté la séance prévue ce mardi. Ce report intervient après la saisine du Conseil constitutionnel par le gouvernement, qui conteste la recevabilité de la proposition de loi portant modification du Code pétrolier.
Pour Thierno Alassane Sall, cette séquence traduit un affrontement politique entre les différentes forces en présence. Il évoque ainsi une « réponse du berger Pastef à la bergère Kiiraay » et estime qu’il s’agit d’un « match nul entre les factions politiciennes ». À ses yeux, le différend politique prend désormais le pas sur les enjeux institutionnels et économiques liés à l’examen du texte.
Le député va plus loin en mettant en cause la responsabilité des dirigeants actuels. Il estime que ceux qui ont été élus sur des promesses de rupture se retrouvent aujourd’hui confrontés à leurs propres rivalités politiques, au point, selon lui, de perdre de vue les priorités nationales.
« Élus sur des promesses de rupture qu’ils sont incapables d’assumer, tant ils sont aveuglés par leurs rivalités », écrit-il, considérant que le Sénégal se retrouve ainsi « pris en otage » par ces affrontements.
Thierno Alassane Sall alerte également sur les conséquences que pourrait avoir l’installation durable d’un climat de confrontation politique. Il s’appuie notamment sur l’expérience de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest pour rappeler qu’une crise institutionnelle ou politique ne survient pas nécessairement de manière brutale.
« Une crise ouverte survient rarement de manière brutale », souligne-t-il. Elle peut, selon son analyse, prendre forme progressivement à travers une succession de « coups et de contrecoups » qui finissent par fragiliser les institutions et par miner la stabilité du pays, jusqu’à rendre possibles des « solutions extrêmes ».
Le député estime ainsi que la situation actuelle dépasse le seul cadre du désaccord autour du Code pétrolier. Il y voit un enjeu plus large pour la stabilité du Sénégal, mais également pour son environnement économique et sa crédibilité financière. Il qualifie d’ailleurs la séquence de « défaite cinglante pour le Sénégal, sa stabilité et sa notation financière ».
Dans sa conclusion, Thierno Alassane Sall appelle les citoyens à se mobiliser dans le débat public. Il affirme que les conséquences des tensions politiques pèseraient d’abord sur les Sénégalais et les générations futures. « Exprimons-nous ! Trop, c’est trop », lance-t-il.






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