Les États africains qui se sont financés sur les marchés internationaux arrivent à l'heure des comptes. Dans son rapport d'octobre 2026 consacré à l'état des lieux de l'économie africaine, la Banque mondiale évalue à environ 43,6 milliards de dollars le principal des euro-obligations souveraines d'Afrique subsaharienne arrivant à échéance entre 2024 et 2030. Treize pays sont concernés. Le calcul tient compte des rachats et des opérations de gestion de dette réalisés jusqu'en août 2026.
Le fardeau est très inégalement réparti. L'Afrique du Sud supporte la charge la plus lourde, avec 11,8 milliards de dollars, devant le Ghana et le Nigeria, à 6,4 milliards chacun. Suivent l'Angola (3,9 milliards), le Kenya (3,2 milliards), la Côte d'Ivoire (2,8 milliards) et la Zambie (2,2 milliards).
Selon le document, le Sénégal fait partie des pays qui ont déjà dû honorer des échéances : en 2024, il a remboursé, avec la Côte d'Ivoire, l'Éthiopie, le Kenya et la Zambie, quelque 6,4 milliards de dollars d'obligations arrivées à terme. Pour la suite, le rapport identifie des pics autour de 6,6 milliards en 2027 et de 7,5 milliards en 2029. L'échéancier de 2028 a en revanche été ramené à environ 5,5 milliards, grâce aux opérations menées par l'Angola, le Kenya et la Côte d'Ivoire.
L'institution de Bretton Woods pointe surtout un mécanisme qui piège les finances publiques : des émissions à maturité courte, de cinq à six ans, assorties de taux élevés, qui obligent les États à se refinancer en permanence et grignotent leur marge budgétaire. Elle met aussi en garde contre tout excès d'optimisme : la détente actuelle des écarts de taux pourrait n'être qu'une « opportunité passagère » avant une remontée des primes de risque et des taux mondiaux.






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