L’ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar (BBY), El Hadji Omar Youm, est monté au créneau pour dénoncer les déclarations d’Ousmane Sonko concernant le vote des projets de loi de finances rectificative (LFR) 2026 et de loi de finances initiale (LFI) 2027. Dans une déclaration au ton ferme, il accuse le leader de Pastef de confondre ses responsabilités politiques avec le fonctionnement de l’Assemblée nationale et l’appelle à respecter les principes constitutionnels qui encadrent le mandat des députés.
« L’Assemblée nationale n’est pas la propriété d’Ousmane Sonko », martèle l’ancien responsable parlementaire. Pour lui, les menaces du président de Pastef de faire rejeter les deux textes budgétaires, exprimées devant les membres de son parti réunis en conclave, entretiennent une confusion qu’il juge « inacceptable et regrettable » entre les responsabilités partisanes et les prérogatives institutionnelles.
El Hadji Omar Youm rappelle que la présidence de l’Assemblée nationale ne confère pas à son titulaire un pouvoir personnel sur le sort des projets et propositions de loi. Selon lui, cette fonction relève essentiellement de la représentation et de l’administration de l’institution. Dans le cadre des délibérations parlementaires, le président de l’Assemblée nationale ne dispose que de sa propre voix de député, à l’instar de ses collègues.
L’ancien président du groupe BBY s’appuie également sur les principes constitutionnels relatifs à la liberté de vote des parlementaires. Il souligne que le vote est personnel et que tout mandat impératif est nul. Dès lors, estime-t-il, une consigne politique ne peut se substituer à la décision individuelle des députés.
« Sonko peut annoncer son propre vote et défendre une orientation politique ; il ne peut considérer celui des députés comme déjà acquis avant même l’examen des textes », soutient-il. Une manière de rappeler, selon lui, que les élus doivent pouvoir examiner les projets de loi, en débattre et se prononcer sans être soumis à une volonté personnelle ou à une injonction partisane.
Dans sa déclaration, El Hadji Omar Youm va plus loin en dénonçant ce qu’il considère comme un mépris de la Constitution, des élus, de l’institution parlementaire et du débat démocratique. Il estime que les divergences politiques ne sauraient justifier une remise en cause des règles qui garantissent le fonctionnement régulier de l’Assemblée nationale.
Le risque d’un blocage budgétaire
L’ancien responsable de BBY inscrit également cette controverse dans le contexte économique et financier du Sénégal. Alors que le pays doit consolider ses perspectives de financement, négocier un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI) et rechercher des solutions soutenables à sa dette, il juge particulièrement préoccupante la perspective d’un blocage des textes budgétaires.
« Brandir le blocage budgétaire comme une arme de règlement de comptes ne relève point du patriotisme, mais de l’irresponsabilité », affirme-t-il. À ses yeux, les projets de loi de finances doivent faire l’objet d’un examen approfondi, de débats contradictoires et, si nécessaire, d’amendements, avant que les députés ne se prononcent dans l’intérêt national.
Pour El Hadji Omar Youm, les lois de finances ne doivent donc pas devenir un instrument de confrontation entre responsables politiques. Il appelle plutôt les parlementaires à privilégier les enjeux économiques et sociaux auxquels le pays est confronté, en veillant à ce que les décisions prises répondent aux préoccupations des populations.
Un appel à la responsabilité des députés
S’adressant directement aux parlementaires, l’ancien président du groupe BBY les exhorte à exercer pleinement leur mandat et à ne pas se comporter en simples exécutants des directives de leur formation politique.
« Les députés représentent la Nation. Ils ne sont pas les cyniques exécutants d’une volonté personnelle », rappelle-t-il, avant de les inviter à examiner les textes avec sérieux, à débattre librement et à voter en toute responsabilité.
Dans son appel, il insiste sur la nécessité de faire prévaloir la conscience individuelle des élus et l’intérêt du peuple sur les consignes partisanes et les querelles personnelles. Il estime que la légitimité des députés repose sur le mandat que leur ont confié les citoyens et que leur responsabilité consiste, en retour, à rendre compte de leurs décisions devant ces derniers.
« Le peuple vous regarde. C’est de lui que vous tenez votre mandat et c’est à lui que vous devrez rendre compte », conclut El Hadji Omar Youm.






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