Le 19 octobre, Ousmane Sonko, président de l'Assemblée nationale et leader de Pastef, a annoncé que ses députés ne voteraient pas la loi de finances rectificative (LFR) 2026 en l'état. Ses arguments chiffrés ont été confrontés aux documents officiels par PressAfrik. Verdict : sur quatre affirmations vérifiables, deux sont exactes, une est fausse et une est trompeuse ; trois autres n'ont pas pu être vérifiées.
Ce qui est exact
- Des coupes dans les budgets sociaux, l'éducation et l'emploi : vrai.
- Une baisse de 555 milliards FCFA des investissements : vrai.
Ce qui est faux ou trompeur
- Des subventions énergétiques ramenées de 790 à 552 milliards FCFA en 2026 : faux. Le projet de loi contredit ce chiffre.
- Un simple problème de liquidité rendant inutile un traitement de la dette dans le cadre du G20 : trompeur. Sa description du cadre du G20 est correcte, mais l'État et le FMI caractérisent la situation autrement.
Ce qui reste invérifiable
- Un accord de près de 2 milliards de dollars avec les Émirats arabes unis : la visite officielle est documentée, mais aucun document public ne confirme l'accord ni le versement.
- Un fonds de garantie de 1 800 à 2 000 milliards FCFA : aucun document public n'en fait mention.
- Un plafond des subventions à 1 % du PIB dans l'accord avec le FMI : l'objectif figure dans le projet de budget 2027, mais son inscription dans l'accord n'est pas confirmée.
Le contexte
Le 1er septembre 2026, le Sénégal et les services du FMI ont conclu un accord technique sur un programme d'environ 2,2 milliards de dollars sur trois ans, encore en attente de validation par le conseil d'administration. Selon le ministère des Finances, l'audit a fait passer la dette publique d'environ 73 % du PIB mi-2024 à près de 112 % fin 2024. Le vote en plénière de la LFR a été reporté d'une semaine. Après la sortie d'Ousmane Sonko, l'eurobond sénégalais à échéance 2037 a perdu 2,17 centimes, à 48,93 centimes par euro.






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