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Politique

Grève des 21, 22 et 23 octobre : le gouvernement sollicite une trêve syndicale de trois mois

Au terme de cinq heures d’échanges avec les partenaires sociaux, le Premier ministre a demandé aux organisations syndicales de suspendre leur grève générale prévue les 21, 22 et 23 octobre. L’exécutif souhaite disposer d’un délai supplémentaire pour poursuivre la mise en œuvre du pacte de stabilité sociale, corriger les insuffisances constatées et relancer le dialogue avec les syndicats lors d’une prochaine rencontre prévue en janvier.

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Grève des 21, 22 et 23 octobre : le gouvernement sollicite une trêve syndicale de trois mois

Le gouvernement tente de désamorcer la tension sociale à quelques jours de la grève générale annoncée pour les 21, 22 et 23 octobre. À l’issue d’une rencontre de cinq heures avec les partenaires sociaux, le Premier ministre a lancé un appel solennel aux organisations syndicales pour qu’elles suspendent leur mouvement et acceptent un moratoire de trois mois. L’objectif affiché est de poursuivre l’exécution des engagements pris dans le cadre du pacte de stabilité sociale et de donner davantage de temps aux mécanismes de suivi pour produire leurs effets.

Le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, a rendu compte de cette démarche lors du point de presse du gouvernement. Selon lui, le chef du gouvernement estime que la période actuelle doit permettre d’évaluer les progrès réalisés, d’identifier les retards et d’apporter les correctifs nécessaires avant la prochaine échéance du dialogue social.

« Le Premier ministre a profité de l’occasion pour demander solennellement aux organisations syndicales de surseoir momentanément à la grève générale », a expliqué le ministre. Il a notamment insisté sur le fait que le semestre en cours n’est pas encore arrivé à son terme et que le dispositif de suivi du pacte de stabilité dispose encore d’une marge de manœuvre pour améliorer les résultats.

Pour le gouvernement, la poursuite des discussions doit permettre de répondre aux préoccupations des syndicats sans interrompre les activités des secteurs concernés. Le moratoire sollicité vise ainsi à éviter une confrontation sociale immédiate, tout en donnant aux autorités le temps de consolider les acquis et de faire avancer les engagements encore en cours d’exécution.

Un taux de réalisation de 42 % des activités prévues

Au cours de la rencontre, le gouvernement a présenté le bilan de la mise en œuvre du pacte de stabilité sociale, signé pour une durée de trois ans et engagé depuis un an et cinq mois. Sur les 84 activités inscrites dans le dispositif, 35 ont été entièrement réalisées, soit un taux d’exécution de 42 %. Par ailleurs, 25 activités sont toujours en cours de mise en œuvre.

L’exécutif estime que l’achèvement des activités déjà engagées pourrait porter à 71 % le niveau global de réalisation des engagements contenus dans le pacte. Ces chiffres constituent l’un des principaux arguments avancés pour justifier la demande de suspension temporaire de la grève.

Les autorités considèrent que les efforts engagés doivent pouvoir se poursuivre jusqu’à la fin du semestre afin de permettre une évaluation plus complète des résultats. Le comité de suivi est ainsi appelé à jouer un rôle central dans l’identification des difficultés et la formulation de mesures correctives.

Toutefois, les taux annoncés ne signifient pas nécessairement que l’ensemble des revendications syndicales ont été satisfaites. La réalisation d’activités prévues dans le pacte et le niveau de satisfaction des organisations syndicales constituent deux dimensions distinctes du dialogue social. C’est précisément sur ce terrain que les discussions devront permettre de rapprocher les positions.

Une nouvelle rencontre annoncée en janvier

Dans sa démarche de désescalade, le Premier ministre a également annoncé la tenue d’une prochaine réunion du comité de dialogue social au mois de janvier. Cette échéance doit permettre au gouvernement et aux partenaires sociaux de faire le point sur les engagements, d’évaluer les avancées et de définir les priorités pour la suite du processus.

Une feuille de route devrait être élaborée conjointement par les deux parties. Elle devra préciser les actions à mener et contribuer à structurer le suivi des engagements pris envers les organisations syndicales.

D’ici à la fin de l’année, l’exécutif prévoit également la mise en place de comités de dialogue social dans l’ensemble des ministères, à travers une circulaire. Cette mesure vise à rapprocher les mécanismes de concertation des administrations et à faciliter le traitement des difficultés professionnelles avant qu’elles ne dégénèrent en conflits ouverts.

Le gouvernement entend ainsi renforcer les espaces de discussion et favoriser une gestion plus régulière des revendications des travailleurs. La mise en place de ces comités pourrait permettre de mieux anticiper les tensions et de rechercher des solutions au niveau des différents départements ministériels.

Le sort de la grève suspendu à la réponse des syndicats

Malgré cette initiative, la tenue de la grève annoncée pour les 21, 22 et 23 octobre reste liée à la réponse des organisations syndicales. La demande formulée par le Premier ministre constitue un appel à la suspension du mouvement, et non l’annonce de son annulation.

Les syndicats devront donc apprécier les engagements présentés par le gouvernement, le bilan d’exécution du pacte de stabilité et les garanties offertes pour les prochains mois. Leur décision sera déterminante pour la suite du bras de fer social.

En mettant en avant les progrès enregistrés, les correctifs encore possibles et la perspective d’une nouvelle rencontre en janvier, le gouvernement cherche à obtenir une pause dans la mobilisation. Il lui reste désormais à convaincre les partenaires sociaux que ce délai supplémentaire permettra des avancées concrètes sur leurs revendications.

À l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse, les autorités souhaitent également préserver un climat social apaisé. Mais l’issue de cette démarche dépendra de la capacité des deux parties à transformer les engagements annoncés en résultats jugés suffisamment tangibles par les travailleurs et leurs représentants.


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