Pourquoi le plan ORSEC n'a-t-il pas été déclenché après les inondations qui ont frappé le pays ? Interpellé sur la question lors de l'émission « Sans Filtre » de la RTS, le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, a longuement expliqué les raisons de ce choix, qui a suscité de nombreuses interrogations.
D'entrée, le ministre a exprimé sa compassion aux victimes et aux familles endeuillées, assurant que l'État continuerait d'accompagner les sinistrés. Il a rappelé le déplacement du Premier ministre sur le terrain et la mobilisation de la ministre chargée de la Famille auprès des populations affectées.
« On savait qu'il allait pleuvoir, mais on ne savait pas autant »
Pour Mouhamadou Makhtar Cissé, les pluies étaient annoncées, mais leur intensité a dépassé les prévisions. Il a évoqué un épisode pluvieux que des spécialistes classeraient parmi les trois plus importants enregistrés à Dakar au cours du siècle. Un tel volume d'eau, a-t-il expliqué, peut saturer rapidement les ouvrages d'assainissement, même lorsque les dispositifs de drainage existent. « On savait qu'il allait pleuvoir, mais on ne savait pas autant », a-t-il résumé.
Le ministre a également reconnu que certaines zones habitées n'auraient jamais dû être construites, tout en insistant sur la responsabilité de l'État envers les populations qui y vivent.
L'efficacité plutôt qu'un échelon de commandement supplémentaire
Sur le cœur du sujet, le ministre affirme avoir pris sa décision après concertation avec les services techniques et les experts. Les prévisions annonçaient une fin des pluies autour du 14 octobre, et les moyens de pompage déployés par la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, l'ONAS et les autres services semblaient suffisants si les précipitations cessaient.
À ses yeux, activer ORSEC n'aurait pas forcément amélioré la réponse, mais aurait ajouté un niveau de commandement supplémentaire. « On cherche l'efficacité, en fait. On aurait déclenché ORSEC si on pensait que c'était efficace », a-t-il déclaré. Il a rappelé que le comité national de gestion des inondations est présidé par le ministre de l'Environnement, en première ligne, et que le déclenchement du plan aurait transféré la supervision au ministère de l'Intérieur. Il a salué l'engagement de son collègue, avec lequel il est resté en contact permanent, y compris tard dans la nuit, pendant que des drones survolaient les zones touchées pour évaluer les besoins.
Des interventions ciblées
Le ministre a tenu à préciser que l'absence d'ORSEC ne signifiait pas l'absence d'intervention. Des camions ont été envoyés ponctuellement pour aider des familles installées dans des points bas. Il a toutefois souligné leurs limites : lorsque des pompes évacuant plusieurs centaines de mètres cubes par heure ne suffisent pas, des camions aux capacités bien inférieures ne règlent pas l'ensemble du problème, même s'ils restent utiles localement.
« La décision publique est difficile. Il faut avoir beaucoup de capacité d'écoute. Agir rapidement, mais écouter avant de prendre la bonne décision », a-t-il plaidé. Évoquant enfin le rapport de la Cour des comptes sur la gestion des plans ORSEC, il a reconnu que ces dispositifs n'avaient pas toujours donné satisfaction par le passé et qu'il faudrait en tirer les enseignements.






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