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Economie

Investissement : 237 milliards de moins, et des chantiers qui peinent à démarrer

L’investissement public sert de variable d’ajustement. Les dépenses en capital reculent de 237,1 milliards FCFA, alors que l’État n’avait engagé que 22 % de ses crédits d’investissement direct à fin septembre 2026.

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Investissement : 237 milliards de moins, et des chantiers qui peinent à démarrer

Les dépenses en capital financées sur ressources internes tombent à 956,8 milliards, contre 1 133,2 milliards en 2026 (−176,4 milliards). Celles financées par les bailleurs baissent à 1 055 milliards (−60,7 milliards). Le texte le reconnaissait déjà pour 2025 : le déficit avait été tenu « au prix notamment d’une compression de l’investissement public ».

Ressources internes, ressources externes : quelle différence ?

Les investissements sur ressources internes sont financés par le budget de l’État lui-même, grâce aux impôts ou aux emprunts qu’il lève. Ceux sur ressources externes sont financés par des partenaires (Banque mondiale, Banque africaine de développement, coopérations bilatérales), sous forme de prêts ou de dons liés à des projets précis. En période de rigueur, ce sont souvent les premiers qui sont réduits, car l’État en maîtrise directement le volume.

Un problème d’exécution

L’annexe X éclaire la situation 2026. Sur 894,4 milliards de crédits ouverts pour les investissements exécutés par l’État, seuls 196,9 milliards avaient été pris en charge au 30 septembre, et 155,2 milliards payés. Les restes à payer totalisent 80,2 milliards, tous types de dépenses confondus.

Des engagements bien supérieurs aux paiements

Pour 2027, les autorisations d’engagement d’investissement atteignent 3 909,7 milliards, contre 1 636,2 milliards de crédits de paiement. L’écart pèsera sur les budgets suivants. Il est marqué dans trois ministères :

MinistèreAutorisations d’engagementCrédits de paiement
Infrastructures930,9601,3
Hydraulique et Assainissement631,6218,4
Énergie et Pétrole217,364,2

Totaux des ministères, en milliards FCFA (annexe VI).

Les projets phares financés en 2027

Extraits du Masterplan 2025-2034 :

ProjetMontant 2027
Autoroute Dakar–Tivaouane–Saint-Louis108,2
Construction de quatre hôpitaux91,1
Connectivité des zones de production agricole (PCZA)45,2
Dépollution de la baie de Hann41,6
Assainissement et voirie du pôle urbain de Diamniadio31,9
Adduction d’eau potable, urbain et rural29,4
Universités (construction et réhabilitation)29,3
Second pont de Ziguinchor27,3
Programme national d’éclairage public25,0
Transformation agroalimentaire (Banque mondiale)24,7
Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP)21,6
Drainage des eaux pluviales de Touba21,0

En milliards FCFA. D’autres projets suivent : pont de Rosso (8,2), Grand Transfert d’Eau (8,8), pont Émile Badiane (5).

Le gouvernement promet une meilleure sélection des projets et davantage de partenariats public-privé. Il reconnaît implicitement le problème : il veut mieux « mûrir » les projets avant de les inscrire au budget.

Autorisations d’engagement et crédits de paiement : comment ça marche ?

Un grand chantier, comme une autoroute ou un hôpital, s’étale sur plusieurs années. Le budget distingue donc deux montants. L’autorisation d’engagement (AE) permet à l’État de signer un contrat pour la totalité du projet, même s’il sera payé en plusieurs fois. Le crédit de paiement (CP) est la somme réellement décaissée dans l’année.

Quand les AE dépassent largement les CP, comme en 2027 (3 909,7 milliards contre 1 636,2 milliards), l’État prend des engagements qu’il devra honorer sur les budgets des années suivantes. Ces paiements futurs réduisent d’autant la marge de manœuvre des prochaines lois de finances.

Pris en charge, payé, reste à payer : lire l’exécution

Une dépense publique passe par plusieurs étapes. Les crédits ouverts sont les montants autorisés par la loi. La prise en charge intervient quand le Trésor accepte de payer une dépense déjà engagée et vérifiée. Le paiement est le versement effectif. Les restes à payer correspondent aux dépenses prises en charge mais pas encore réglées.

Le faible taux de prise en charge des investissements à fin septembre 2026 signifie que de nombreux chantiers prévus n’avaient pas encore avancé au stade du paiement. Pour les entreprises de travaux publics, cela se traduit par des carnets de commandes plus minces ou des retards de règlement.

Les partenariats public-privé, une alternative ?

Dans un partenariat public-privé (PPP), une entreprise privée finance, construit et souvent exploite un équipement public. L’État la rémunère ensuite sur une longue période, ou l’autorise à percevoir des recettes, comme un péage. Le gouvernement y voit un moyen de poursuivre les investissements sans alourdir immédiatement le budget. Les PPP créent toutefois des engagements de long terme pour les finances publiques.

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