À l'approche des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, premier événement olympique organisé sur le sol africain, le Sénégal muscle son dispositif de sécurité. Invité de l'émission « Sans Filtre » de la RTS, le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, en a présenté les grands axes, tout en mesurant l'ampleur de la responsabilité qui pèse sur le pays hôte.
Des centaines de délégations et des milliers de participants sont attendus, parmi lesquels des athlètes, des officiels et des responsables du mouvement olympique, dont le président du Comité international olympique. Des chefs d'État, notamment de grandes puissances comme la France, pourraient également faire le déplacement.
Une architecture à plusieurs étages
La planification a démarré dès la désignation du Sénégal comme pays hôte. Un comité national de sécurité dédié aux JOJ a été institué par décret présidentiel en 2025. Il s'appuie sur un centre de coordination des opérations, des postes de commandement opérationnels et des postes de commandement tactiques, afin de coordonner les interventions sur les sites de Dakar, Diamniadio et Saly.
Sans entrer dans les détails, par souci de confidentialité, le ministre a indiqué que le dispositif avait été éprouvé lors d'exercices théoriques et en conditions réelles. Une simulation d'attaque a notamment permis de mesurer la capacité des unités à sortir de leurs bases et à intervenir malgré la circulation dakaroise : le scénario a été géré en environ une heure, conformément au temps de référence retenu.
Une mobilisation collective
Gendarmerie, police, armées, sapeurs-pompiers, personnels de santé et secouristes sont associés au dispositif. Le spectre des menaces, y compris cybernétiques et terroristes, a été étudié avec l'appui de pays partenaires. Pour le ministre, cette coopération internationale relève de l'esprit olympique et ne traduit pas une insuffisance des capacités nationales. Il a aussi insisté sur un impératif : la sécurisation des Jeux ne doit pas détourner les forces de leur mission quotidienne de protection des Sénégalais.
Un couloir dédié à l'aéroport
Pour faciliter l'arrivée des délégations, un couloir spécifique a été aménagé à l'aéroport, et des dispositions sont prévues aux frontières terrestres, voire maritimes si nécessaire. Les premières délégations sont arrivées depuis environ une semaine ; un premier bilan doit être transmis au président de la République et au Premier ministre. Le ministre a insisté sur le facteur humain : l'attitude et le professionnalisme des agents d'accueil comptent autant que les aménagements matériels.
Au-delà de l'événement, Mouhamadou Makhtar Cissé attend un héritage durable. « Le plus gros héritage que moi, ministre de l'Intérieur, j'attends de ces JOJ […] c'est de renforcer cette collaboration entre les forces, cette synergie d'action entre nos forces de défense et de sécurité », a-t-il déclaré, soulignant que l'interopérabilité « ne peut être décrétée » mais se construit par la pratique. « Ce sera le meilleur héritage que nous recevrons des Jeux », a-t-il conclu.






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