La territorialisation des politiques énergétiques s’est invitée au cœur des échanges, lundi, au Conseil départemental de Kaolack, à l’occasion d’une table ronde consacrée à l’écosystème institutionnel de l’électrification rurale au Sénégal. Chercheur-praticien en politiques de développement territorial, Elimane Thiam a plaidé pour une implication plus forte des départements dans la planification et la mise en œuvre des politiques d’accès à l’énergie.
Organisée du 5 au 9 octobre 2026 au Conseil départemental de Kaolack, la rencontre réunit des élus territoriaux, des acteurs du secteur de l’énergie, des partenaires au développement ainsi que des représentants de la société civile. Les discussions portent notamment sur les rôles, les responsabilités et l’articulation entre les différents intervenants dans le processus d’électrification rurale.
Dans sa communication intitulée « Départements et accès à l’énergie au Sénégal : plaidoyer pour une capacité territoriale d’action », Elimane Thiam a mis en avant la nécessité de rapprocher davantage la gouvernance énergétique des réalités locales.
Pour le chercheur-praticien, l’objectif d’un accès universel à l’énergie ne saurait reposer uniquement sur des mécanismes de décision centralisés. Il estime que les territoires doivent disposer de davantage de leviers pour identifier leurs besoins, participer à la planification des infrastructures et accompagner la mise en œuvre de réponses adaptées à leurs spécificités.
À travers cette approche, il invite à repenser la place du département dans la gouvernance énergétique, afin de faire de cet échelon territorial un acteur à part entière de la planification et du développement énergétique.
Le concept de « capacité territoriale d’action » constitue l’un des principaux axes développés par Elimane Thiam. Celui-ci renvoie notamment au renforcement des moyens institutionnels, techniques et financiers des collectivités territoriales, afin de leur permettre de mieux répondre aux problématiques énergétiques de leurs territoires.
Le chercheur-praticien préconise notamment une meilleure maîtrise d’ouvrage locale, à travers des mécanismes permettant aux départements de contribuer à la définition de leurs priorités énergétiques. Il évoque également la mobilisation de ressources financières dédiées ainsi que le recours à des mécanismes innovants de financement.
La valorisation du potentiel énergétique local, notamment à travers le solaire et la biomasse, figure également parmi les pistes avancées. L’objectif est de favoriser des solutions davantage adaptées aux caractéristiques économiques, géographiques et sociales de chaque territoire.
La particularité de l’intervention d’Elimane Thiam réside également dans son approche de chercheur-praticien, qui combine réflexion sur les politiques publiques et connaissance des réalités territoriales. Sa communication a ainsi mis l’accent sur des pistes opérationnelles susceptibles d’alimenter les réflexions des décideurs et des acteurs locaux.
Les échanges qui ont suivi la présentation ont permis d’approfondir les questions relatives à la décentralisation de la gouvernance énergétique, au financement des infrastructures ainsi qu’à l’articulation entre les différents acteurs du secteur.
À travers ce plaidoyer, Elimane Thiam entend ainsi replacer les départements au cœur des réflexions sur l’accès à l’énergie, en défendant une approche dans laquelle les politiques énergétiques prennent davantage en compte les besoins, les contraintes et les potentialités propres à chaque territoire.






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