Ousmane Sonko a vivement critiqué la loi de finances rectificative (LFR) 2026 présentée par le gouvernement. Lors d’un point de presse tenu ce lundi, le leader de Pastef a exprimé ses réserves sur les orientations budgétaires retenues, estimant que les choix opérés s’éloignent de la vision politique et économique défendue par son parti. « Ce qu’ils font n’est pas du Pastef », a-t-il déclaré, marquant ainsi une prise de distance avec le contenu du texte soumis à l’examen de l’Assemblée nationale.
Au cœur de son intervention, le Premier ministre a notamment dénoncé la réduction des dépenses sociales et la diminution des crédits consacrés à l’investissement. Selon lui, plus de 500 milliards de francs CFA auraient été retranchés de l’enveloppe destinée aux investissements. Une évolution qu’il juge difficilement compatible avec les ambitions affichées dans le cadre de l’Agenda Sénégal 2050, présenté comme le référentiel stratégique devant guider les politiques publiques et la transformation économique du pays.
Pour Ousmane Sonko, ces arbitrages budgétaires soulèvent une question fondamentale : celle de la cohérence entre les engagements politiques de Pastef et les choix financiers opérés par le gouvernement. En affirmant que « il n’y a plus d’alignement avec l’agenda 2050 », le chef du parti au pouvoir laisse entendre que les modifications apportées au budget remettent en cause, à ses yeux, certaines priorités défendues par sa formation politique.
Dans son discours, Ousmane Sonko a choisi de s’adresser directement à ce qu’il a qualifié d’« écrasante majorité des Sénégalais ». Du mareyeur au conducteur, en passant par les étudiants et les enseignants, il a insisté sur les conséquences que les décisions budgétaires peuvent avoir sur le quotidien des populations.
« Ce qui sera décidé engage leur présent et leur futur », a-t-il rappelé, soulignant ainsi la portée des choix qui seront soumis aux députés. À travers cette adresse, le leader de Pastef entend placer le débat budgétaire au-delà des considérations techniques et parlementaires, en mettant en avant ses implications sociales et économiques pour les citoyens.
Il a également affirmé sa confiance dans le jugement des populations, déclarant que « le peuple est extrêmement intelligent ». Une manière de justifier sa volonté d’expliquer publiquement les réserves de son parti sur la LFR 2026 et de rendre les enjeux du débat accessibles aux Sénégalais.
La sortie d’Ousmane Sonko intervient alors que l’Assemblée nationale s’apprête à examiner les textes budgétaires transmis par le gouvernement. Selon les éléments communiqués lors de son point de presse, la loi de finances rectificative, reçue depuis plus de deux semaines, fait l’objet d’une demande d’inscription prioritaire à l’ordre du jour.
Le calendrier annoncé prévoit un examen en commission ce mardi, avant une séance plénière fixée au jeudi. Un délai relativement court qui impose aux parlementaires d’étudier rapidement les différentes dispositions du texte et leurs conséquences sur les finances publiques.
Ousmane Sonko a assuré que Pastef avait procédé à une analyse de la LFR, laissant entendre que les réserves exprimées reposent sur un examen des orientations budgétaires proposées. La question des réductions de crédits, notamment dans les secteurs sociaux et les investissements, devrait ainsi occuper une place centrale dans les discussions parlementaires.
La déclaration du leader de Pastef met en lumière les tensions que peuvent susciter les arbitrages budgétaires entre les ambitions politiques affichées et les contraintes liées à la gestion des finances publiques. En prenant publiquement ses distances avec le texte, Ousmane Sonko place le débat sur le terrain de la cohérence programmatique et de la fidélité aux engagements du parti.
Reste désormais à connaître la position qui sera défendue par les députés lors de l’examen de la loi. Si le chef de Pastef a clairement exprimé son désaccord avec les orientations retenues, il n’a pas précisé, dans les éléments rapportés, les modalités exactes de la position parlementaire que son parti entend adopter.






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