En exil en France, le journaliste Madiambal Diagne est intervenu ce lundi 19 octobre sur les ondes de la RFM, dans l’émission RFM Matin. Au cours d’un long entretien consacré à l’actualité politique et judiciaire sénégalaise, il est revenu sur sa propre situation judiciaire, les restrictions de déplacement dont il affirme avoir fait l’objet et les accusations qu’il porte contre Ousmane Sonko, actuel président de l’Assemblée nationale et ancien Premier ministre. Le journaliste a notamment évoqué la possibilité de mesures conservatoires à l’encontre de ce dernier, tout en affirmant détenir des éléments qu’il se dit prêt à soumettre à la justice.
Revenant sur son expérience personnelle, Madiambal Diagne affirme avoir été confronté à une interdiction de sortie du territoire sénégalais alors qu’aucune interdiction formelle ne lui aurait été notifiée. Une situation qu’il rapproche du contexte actuel et des interrogations entourant les éventuelles conséquences judiciaires de faits présumés impliquant Ousmane Sonko.
Selon le journaliste, des mesures restrictives pourraient être envisagées à l’encontre du président de l’Assemblée nationale, dans le cadre d’accusations relatives à de présumées transactions financières douteuses. Il estime toutefois que toute procédure visant l’ancien chef du gouvernement devrait tenir compte de son statut et des règles applicables aux poursuites contre les membres du gouvernement.
Madiambal Diagne soutient ainsi que si Ousmane Sonko devait être poursuivi pour des faits présumés de corruption commis lorsqu’il occupait les fonctions de Premier ministre, l’affaire relèverait de la Haute Cour de justice. Il considère néanmoins que la configuration politique actuelle de l’Assemblée nationale, largement dominée par le parti Pastef, rendrait une telle perspective difficile.
Dans cette attente, le journaliste évoque la possibilité de mesures préventives. « Les mesures de sauvegarde ou les mesures de précaution ou les mesures conservatoires », a-t-il déclaré, laissant entendre que des dispositions pourraient être prises avant même l’aboutissement d’une éventuelle procédure judiciaire. Ces propos traduisent sa lecture de la situation, sans pour autant établir l’existence d’une décision judiciaire visant Ousmane Sonko.
Au cours de son intervention, Madiambal Diagne a également repris ses critiques contre Ousmane Sonko, qu’il accuse d’avoir adopté des pratiques contraires aux positions qu’il défendait lorsqu’il était dans l’opposition face au régime de Macky Sall.
« Tout ce que Ousmane Sonko a dénoncé, le karma existe », a-t-il lancé, en faisant notamment référence au débat sur les fonds politiques. Le journaliste rappelle que l’ancien Premier ministre avait publiquement critiqué l’existence de ces fonds et plaidé pour leur suppression.
Il affirme aujourd’hui que le chef de l’Assemblée nationale aurait fini par reconnaître lui-même l’existence de fonds politiques. Une déclaration que Madiambal Diagne présente comme une contradiction avec les positions antérieures de son adversaire politique.
Le journaliste a également évoqué des questions financières portant sur une rotation annuelle de 5 milliards de francs CFA ainsi que sur la gestion de fonds destinés à la Casamance au titre des années 2025 et 2026. Il soutient que ces éléments soulèveraient des interrogations sur la gestion des ressources concernées et accuse Ousmane Sonko d’avoir été impliqué dans des scandales.
Ces affirmations demeurent toutefois des accusations formulées par Madiambal Diagne. Leur éventuelle portée judiciaire dépendrait de la production des éléments annoncés, de leur vérification et des conclusions des autorités compétentes.
Malgré son exil en France, Madiambal Diagne affirme être disposé à répondre aux autorités judiciaires sénégalaises et à présenter les éléments qu’il dit détenir. Il assure maintenir l’ensemble de ses révélations et affirme pouvoir fournir des téléphones ainsi que d’autres preuves susceptibles, selon lui, d’étayer ses déclarations.
Le journaliste met directement ses contradicteurs au défi d’engager une procédure judiciaire contre lui, au Sénégal ou en France. « Qu’est-ce qui est plus simple que ça ? […] Il me dépose une plainte au Sénégal ou en France », a-t-il déclaré, invitant ainsi les personnes qu’il met en cause à porter l’affaire devant les juridictions compétentes.
Par cette sortie médiatique, Madiambal Diagne cherche à réaffirmer sa détermination à défendre ses accusations et à les soumettre, le cas échéant, à l’examen de la justice. Il présente l’éventualité d’une plainte comme une occasion de confronter ses déclarations aux éléments dont il affirme disposer.
Dans la dernière partie de son intervention, le journaliste a également mis en avant ce qu’il considère comme l’absence de réaction de certaines personnalités qu’il cite dans ses déclarations. Il a notamment mentionné Ousmane Sonko et Waly Diouf Bodiang, estimant qu’ils ne prendraient pas le risque de sortir publiquement pour démentir ses propos.
Madiambal Diagne considère ce silence supposé comme un élément venant conforter sa position. Toutefois, l’absence éventuelle de démenti public ne saurait, à elle seule, constituer une preuve de la véracité des accusations formulées.
Le journaliste affirme enfin que si la justice décidait de ne pas engager de poursuites, il ne lui appartiendrait pas d’en assumer la responsabilité. « Ce n’est plus mon affaire », a-t-il déclaré, avant d’appeler chacun à prendre ses responsabilités.






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