L’ancien chef des forces armées du Malawi, le général Paul Valentino Phiri, a été interpellé jeudi 1er octobre par le Bureau anti-corruption (ACB). Il est poursuivi pour cinq chefs d’accusation liés à une opération présumée de transit d’armes par le territoire malawite, dont la destination finale aurait été le Soudan, en proie à la guerre.
Selon les éléments présentés par les autorités malawites, les faits reprochés au général remontent à 2025, alors que Lazarus Chakwera était encore président du pays. L’ancien haut responsable militaire est notamment accusé de deux faits d’« abus de fonction », de « non-respect des procédures d’achat », ainsi que de deux opérations portant sur des biens considérés comme liés à des activités qualifiées de « terroristes » par le parquet.
L’enquête de l’ACB porte plus précisément sur le rôle qu’aurait joué Paul Valentino Phiri dans l’acheminement d’une cargaison d’armes transitant par le Malawi. D’après l’accusation, le matériel aurait été présenté comme étant destiné aux forces armées malawites, alors qu’il aurait en réalité été destiné à des « forces rebelles au Soudan ». L’acte d’accusation ne précise toutefois pas l’identité des groupes concernés.
Selon le Bureau anti-corruption, le mécanisme présumé reposait sur la dissimulation de la véritable destination des armes. Un certificat aurait ainsi été délivré en désignant l’armée malawite comme destinataire officiel de la cargaison.
Cette démarche aurait permis aux armes de transiter légalement, en apparence, par le territoire du Malawi. L’ancien chef d’état-major aurait ensuite utilisé son autorité pour demander à des militaires placés sous ses ordres d’autoriser l’atterrissage d’un avion-cargo en provenance du Kenya.
Une fois arrivée à Lilongwe, la cargaison aurait été entreposée dans un dépôt de la capitale. Les enquêteurs soupçonnent ensuite l’ancien responsable militaire d’avoir participé à la mise en place d’un dispositif destiné à faire sortir les armes du Malawi. Elles auraient été acheminées vers le Tchad avant de poursuivre leur route en direction du Soudan.
Cette opération présumée soulève ainsi des interrogations sur l’utilisation des procédures officielles et des moyens de l’État pour faciliter le transit d’un matériel militaire dont la destination aurait été différente de celle déclarée aux autorités.
Interpellé jeudi, Paul Valentino Phiri a été conduit devant le Bureau anti-corruption pour y être entendu sur les accusations portées contre lui. Lors de son audition, l’ancien chef de l’armée est apparu impassible, vêtu d’un pantalon et d’une chemise noirs. Plusieurs témoins cités dans le récit de l’affaire ont relevé son attitude sereine, ainsi que le sourire qu’il affichait déjà lorsqu’il était à la tête des forces armées.
Malgré la gravité des accusations, le général n’a pas été maintenu en détention. Il a été remis en liberté sous caution après le paiement de 10 millions de kwacha, soit un peu plus de 5 000 euros.
Cette libération ne met toutefois pas fin aux poursuites. Paul Valentino Phiri devra désormais répondre des cinq chefs d’accusation retenus contre lui et comparaître dans le cadre du procès à venir.





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