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Le monde / Afrique

Maroc : Mohammed VI annonce une nouvelle stratégie de coopération migratoire après la crise de Ceuta

Le roi Mohammed VI a annoncé une révision du cadre de coopération migratoire entre le Maroc et ses partenaires, notamment l’Espagne, à l’occasion de l’ouverture de la première session du nouveau Parlement, vendredi 9 octobre.

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Maroc : Mohammed VI annonce une nouvelle stratégie de coopération migratoire après la crise de Ceuta

Le roi Mohammed VI a annoncé une révision du cadre de coopération migratoire entre le Maroc et ses partenaires, notamment l’Espagne, à l’occasion de l’ouverture de la première session du nouveau Parlement, vendredi 9 octobre. Dans un discours marqué par des critiques à peine voilées contre certaines réactions espagnoles, le souverain a reconnu les limites du modèle actuel de gestion des migrations et promis de présenter une nouvelle vision stratégique destinée à redéfinir les modalités de cette coopération.

Au Maroc, la question migratoire s’est imposée au cœur du discours royal prononcé vendredi 9 octobre devant les membres du nouveau Parlement, issu des élections législatives du 23 septembre dernier, remportées par le Parti authenticité et modernité (PAM). Sans revenir directement sur tous les aspects de la crise survenue en juillet dans l’enclave espagnole de Ceuta, Mohammed VI a clairement laissé entendre que cet épisode avait mis en évidence les insuffisances du dispositif actuel de coopération entre Rabat et ses partenaires européens.

Le souverain a d’abord défendu les efforts consentis par le Maroc dans la gestion des flux migratoires, tout en reconnaissant que le système en place ne permettait plus de répondre efficacement à l’ensemble des défis. « L’approche équilibrée que notre pays a adoptée dans la gestion du phénomène migratoire a abouti à des résultats concrets. Cependant, nous devons reconnaître avec courage et objectivité qu’en la matière, le modèle actuel de coopération a atteint ses limites, comme en attestent clairement les crises récurrentes », a-t-il déclaré.

Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par les tensions suscitées par les événements de juillet dernier à Ceuta, lorsque plus de 70 000 personnes venues du Maroc auraient traversé vers l’enclave espagnole, selon les chiffres rapportés dans le récit de cette crise. L’ampleur de ces mouvements avait relancé les interrogations sur l’efficacité du contrôle des frontières, la gestion des départs et la capacité des autorités marocaines et espagnoles à coordonner leurs réponses face aux mouvements migratoires.

Dans son intervention, Mohammed VI a également répondu, sans les désigner nommément, aux responsables politiques et aux médias qui avaient critiqué le Maroc après les événements de Ceuta. Le roi a dénoncé « les déclarations irresponsables de certains milieux politiques et médiatiques » ainsi que « leur instrumentalisation flagrante de la situation ».

En ciblant les critiques formulées en Espagne, le souverain a voulu rappeler que la coopération migratoire ne pouvait reposer uniquement sur les engagements du Maroc, sans prise en compte des responsabilités et des attentes de ses partenaires. Il a notamment estimé que cette coopération était désormais confrontée à des obstacles importants, en particulier en raison de certaines dispositions juridiques qu’il juge dépassées et de décisions judiciaires qu’il considère éloignées des réalités du terrain.

Cette déclaration traduit la volonté de Rabat de remettre à plat les mécanismes de collaboration avec les pays concernés par les routes migratoires reliant l’Afrique du Nord à l’Europe. Le Maroc occupe en effet une position stratégique dans la gestion des flux vers le continent européen, notamment en raison de sa proximité géographique avec l’Espagne et de ses frontières avec les enclaves de Ceuta et Melilla.

Pour les autorités marocaines, la question migratoire constitue ainsi un enjeu de sécurité, de coopération diplomatique et de responsabilité partagée. Les tensions récurrentes autour des passages vers les territoires espagnols montrent toutefois que les intérêts des deux pays ne coïncident pas toujours, particulièrement lorsque des crises mettent à l’épreuve leurs dispositifs de contrôle et leurs relations bilatérales.

Au-delà des critiques, le principal message du discours royal réside dans l’annonce d’une nouvelle orientation de la politique de coopération migratoire. Après avoir réaffirmé que le Maroc avait toujours agi en partenaire « fiable » et « soucieux d’honorer ses engagements », Mohammed VI a insisté sur la nécessité d’une réciprocité dans les relations avec ses alliés.

« Le Maroc présentera à ses partenaires un document dans lequel sera exposée une vision stratégique, claire et pratique, porteuse d’une orientation nouvelle », a-t-il annoncé.

Le contenu de ce document n’a pas été détaillé dans le discours. Cette annonce laisse néanmoins entrevoir une volonté de redéfinir les principes et les modalités de la coopération migratoire, dans un cadre que Rabat souhaite plus équilibré et davantage adapté aux réalités actuelles.

Les prochaines étapes dépendront notamment des propositions que le Maroc soumettra à ses partenaires et de la manière dont ceux-ci accueilleront cette nouvelle orientation. L’Espagne, directement concernée par les tensions autour de Ceuta, figure parmi les interlocuteurs les plus importants dans ce dossier.


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