Le Premier ministre Al Aminou Lô va prendre la parole devant la presse dans un contexte de tensions entre le Gouvernement et la majorité parlementaire autour du Projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026. Cette sortie médiatique intervient après le rejet du texte par la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale, à l’issue de deux séances d’examen marquées par des interrogations sur les choix budgétaires de l’Exécutif.
Dans un communiqué rendu public ce samedi 24 octobre 2026, le Gouvernement annonce que cette conférence de presse sera consacrée aux fondements économiques et financiers du PLFR 2026. L’objectif affiché est de permettre aux Sénégalais de mieux comprendre les orientations retenues dans ce document budgétaire, dont la mise en œuvre, selon l’Exécutif, doit contribuer à améliorer les conditions de vie des populations.
Cette prise de parole intervient alors que le processus d’examen du texte a mis en évidence des divergences au sein même du camp au pouvoir. Le rejet du projet en commission par les députés de Pastef constitue, en effet, un épisode sensible dans les relations entre le Gouvernement et sa majorité parlementaire, sur fond de débats concernant la gestion des finances publiques et les priorités économiques du pays.
Selon les explications fournies par le Gouvernement, l’examen du PLFR 2026 a débuté le mardi 20 octobre, lors d’une première séance de travail de la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire. À cette occasion, les députés ont soulevé plusieurs questions relatives aux hypothèses économiques et aux choix opérés dans la construction du projet.
Les préoccupations exprimées ont notamment porté sur les prévisions de recettes, les arbitrages budgétaires, la programmation des investissements publics ainsi que les subventions destinées à soutenir la consommation d’énergie. Ces différents points ont alimenté les discussions entre les membres de la commission et les représentants de l’Exécutif.
Face aux demandes d’éclaircissements formulées par les parlementaires, les travaux ont été suspendus d’un commun accord afin de permettre au Gouvernement de préparer des réponses complémentaires. « À l’issue de cette première séance, les travaux ont été reportés d’un commun accord afin de permettre au Gouvernement de fournir les informations complémentaires sollicitées par les membres de la Commission », précise le communiqué.
La commission s’est de nouveau réunie le vendredi 23 octobre. Au cours de cette deuxième séance, le Gouvernement a présenté un mémorandum destiné à apporter des réponses aux interrogations soulevées lors du premier examen. Ce document devait permettre aux députés de disposer d’éléments supplémentaires pour apprécier les orientations et les mesures inscrites dans le projet de loi.
Malgré la transmission de ces éléments complémentaires, les échanges n’ont pas permis de dégager un consensus. À l’issue de cette seconde séance, le PLFR 2026 a été rejeté par la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire.
Le communiqué gouvernemental souligne que cette décision est intervenue « malgré les informations et clarifications complémentaires apportées par le Gouvernement ». Une issue qui ouvre une nouvelle séquence dans le débat autour de ce texte financier et place l’Exécutif face à la nécessité de défendre publiquement ses choix budgétaires.
La conférence de presse annoncée par le Premier ministre devrait ainsi permettre au Gouvernement de détailler les raisons économiques et financières qui justifient les mesures proposées dans le PLFR 2026. L’enjeu sera notamment d’expliquer les prévisions de recettes, les priorités d’investissement et les dispositions relatives aux subventions énergétiques, autant de sujets qui ont suscité des interrogations au sein de la commission parlementaire.
Au-delà des aspects techniques, cette sortie médiatique intervient dans un climat politique particulier, marqué par des divergences entre le Gouvernement et des députés issus de la majorité. Elle pourrait contribuer à éclairer l’opinion publique sur les points de désaccord et sur les arguments avancés par l’Exécutif pour défendre son projet.
Dans son communiqué, le Gouvernement réitère son engagement en faveur du dialogue institutionnel, de la transparence dans la gestion des finances publiques et de l’information des citoyens. Il entend ainsi présenter les éléments nécessaires à la compréhension du PLFR 2026 et exposer les objectifs poursuivis à travers sa mise en œuvre.
Reste à savoir dans quelle mesure les explications du Premier ministre permettront de rapprocher les positions des différentes parties. Le rejet en commission met en lumière les difficultés rencontrées par l’Exécutif dans la recherche d’un accord autour de ses orientations budgétaires, alors que les choix de dépenses, les ressources mobilisables et les investissements publics demeurent au cœur des préoccupations.






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