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Politique

Primes à la Senelec : Abdourahmane Diouf transmet l’arbitrage à Diomaye Faye

Le dossier des primes réclamées par les travailleurs de la Senelec est désormais entre les mains du président de la République. Après avoir confronté les arguments des agents, de la direction générale, des services de la présidence et des experts du ministère de l’Énergie et du Pétrole, le ministre Abdourahmane Diouf annonce qu’un consensus a été trouvé sur les modalités et l’opportunité du paiement. La décision finale appartient désormais à Bassirou Diomaye Faye, qui ne s’est pas encore prononcé.

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Primes à la Senelec : Abdourahmane Diouf transmet l’arbitrage à Diomaye Faye

Le paiement des primes réclamées par les travailleurs de la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) attend toujours l’arbitrage du chef de l’État. Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr Abdourahmane Diouf, a fait le point sur ce dossier, en détaillant les différentes étapes de son traitement et les conclusions des concertations engagées entre les parties concernées.

À l’origine de cette affaire figure une correspondance du président du conseil d’administration (PCA) de la Senelec, adressée au président de la République, pour solliciter le versement d’une prime liée aux résultats bénéficiaires de l’entreprise. La demande, accompagnée d’arguments chiffrés et techniques, visait à démontrer que les performances réalisées par les agents justifiaient l’attribution de cette rémunération supplémentaire.

Cependant, les services de la présidence ont opposé une analyse technique, financière et d’opportunité contestant le paiement de la prime au titre de l’année concernée. Deux lectures différentes de la situation se sont ainsi dégagées : d’un côté, les agents mettaient en avant leurs performances pour justifier leur demande ; de l’autre, les services présidentiels estimaient que les résultats ne justifiaient pas le versement sollicité.

« Là où les agents de la Senelec, à travers le président du conseil d’administration, avaient fait un argument technique qui montrait leur performance, les services de la présidence ont développé un argument technique qui a démontré l’absence de performance », a expliqué Abdourahmane Diouf.

Quatre argumentaires passés au crible

Face à ces positions divergentes, le ministre de l’Énergie et du Pétrole a engagé une démarche d’arbitrage afin d’examiner les arguments avancés et de rapprocher les points de vue. Les syndicats ont été convoqués et les contributions des différentes parties ont été réunies pour permettre une appréciation globale du dossier.

Quatre argumentaires ont ainsi été examinés : celui des agents, transmis par le président du conseil d’administration ; celui du directeur général de la Senelec ; celui des services de la présidence ; et celui des services techniques du ministère de l’Énergie et du Pétrole, chargés d’évaluer l’opportunité du paiement ainsi que les montants éventuellement concernés.

Selon Abdourahmane Diouf, ce travail a permis de confronter les analyses et de rechercher une position commune sur les questions soulevées. Le ministre affirme que les recommandations issues de cette démarche ont été soumises aux quatre parties, qui ont finalement trouvé un consensus sur les montants, l’opportunité du paiement et les autres modalités examinées.

« Ces quatre argumentaires ont été mis ensemble. Nous avons fait au niveau du ministère un arbitrage, et cet arbitrage a été soumis aux quatre parties, qui ont trouvé un consensus sur les montants, sur l’opportunité de payer et sur tout le reste », a-t-il précisé.

Cette étape constitue, selon le ministre, une avancée dans le traitement d’un dossier qui opposait jusque-là des appréciations différentes sur les performances de l’entreprise et leur traduction en primes pour les travailleurs.

La décision finale revient au président de la République

Malgré le consensus annoncé à l’issue des concertations, le paiement n’est pas encore acquis. Abdourahmane Diouf précise que son rôle consiste désormais à transmettre au chef de l’État les recommandations formulées par les différentes parties afin qu’il puisse se prononcer.

Le ministre insiste sur le fait que son département n’a pas préjugé de l’issue du dossier et que l’examen de la demande doit reposer sur les faits, les résultats et les dispositions juridiques applicables.

« Nous n’avons aucun préjugé sur le paiement des primes des agents de la Senelec. Pas de préjugé favorable, pas de préjugé défavorable », a-t-il déclaré, récusant toute approche fondée sur des considérations personnelles ou sur une appréciation subjective des revendications.

Pour Abdourahmane Diouf, le versement d’une prime ne peut être décidé sur la base d’un sentiment de satisfaction ou de mécontentement. Il doit résulter d’une analyse objective des performances réalisées et de leur conformité avec le cadre juridique en vigueur.

« Ce n’est pas une question d’état d’âme, ce n’est pas une question d’humeur : c’est une question de confrontation entre la réalité des faits et les dispositions juridiques », a-t-il insisté.

Aucun délai fixé pour l’arbitrage présidentiel

Le ministre a également tenu à clarifier la situation concernant le calendrier de la décision présidentielle. Depuis les réunions de synthèse organisées autour du dossier, Bassirou Diomaye Faye ne s’est pas encore prononcé sur les recommandations transmises.

Abdourahmane Diouf souligne toutefois que cette absence de décision ne doit être interprétée ni comme une acceptation de la demande ni comme un refus de verser les primes. Le chef de l’État dispose, selon ses explications, du temps nécessaire pour examiner les éléments qui lui ont été soumis.

« Depuis nos réunions de synthèse, le président de la République ne s’est pas encore prononcé sur la question. Mais cela ne veut pas dire qu’il a accepté ; cela ne veut pas non plus dire qu’il a refusé de payer la prime. Il réfléchit, et sa réflexion n’est pas inscrite dans un délai de temps », a-t-il précisé.

Le dossier des primes de la Senelec entre ainsi dans une nouvelle phase. Après les échanges techniques et l’arbitrage ministériel ayant abouti à un consensus entre les parties consultées, l’issue dépend désormais de la décision du président de la République.

Pour les travailleurs de la société nationale d’électricité, l’enjeu reste de savoir si les arguments avancés en faveur de la prime déboucheront sur un paiement effectif. En attendant la décision présidentielle, le ministre de l’Énergie et du Pétrole privilégie une approche fondée sur l’examen des faits et le respect des règles applicables.


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