Le débat sur les fonds spéciaux continue de prendre une tournure politique à l’Assemblée nationale. Après avoir dénoncé la position du gouvernement sur l’encadrement de ces crédits, le député Amadou Ba s’est intéressé aux recompositions politiques autour du pouvoir et aux rapprochements entre le régime actuel et certaines personnalités issues de l’ancien pouvoir.
Pour le parlementaire, cette évolution pose une question de cohérence avec les engagements de rupture défendus par le camp de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko lorsqu’il était dans l’opposition. Amadou Ba estime que les nouvelles proximités politiques doivent être appréciées à l’aune du discours qui avait accompagné l’arrivée du nouveau régime au pouvoir.
C’est dans ce contexte qu’il a lancé une formule particulièrement virulente : « Si Diomaye avait quelque chose sur Sonko, il n’allait pas pactiser avec le diable. » Par cette déclaration, le député fait référence aux relations politiques entre le président de la République et Ousmane Sonko, tout en critiquant le rapprochement du pouvoir avec des personnalités associées à l’ancien régime.
Amadou Ba s’est ensuite interrogé sur les conditions dans lesquelles certains responsables ou acteurs politiques issus de l’ancien pouvoir se rapprochent aujourd’hui des nouvelles autorités. Il a notamment établi un lien avec le débat sur les fonds spéciaux, dont l’utilisation fait actuellement l’objet de discussions au sein de l’Assemblée nationale.
Le député souhaite notamment que soit clarifiée la question de savoir si ces ressources peuvent être utilisées, d’une manière ou d’une autre, pour accompagner les activités politiques de personnalités ayant récemment rejoint ou soutenu le pouvoir.
« Il faut que le pays comprenne si cet argent permet aux transhumants de faire de la politique », a-t-il déclaré.
Pour Amadou Ba, l’argument selon lequel les fonds spéciaux peuvent être utilisés pour des actions sociales nécessitant une certaine discrétion ne permet pas de répondre entièrement aux interrogations qu’il soulève. Il estime que l’État dispose déjà de structures et de mécanismes dédiés à la prise en charge des besoins sociaux.
« Si ces fonds sont exclusivement destinés à l’action sociale, l’État a des organes pour ça », a-t-il ajouté.
Au-delà de la question budgétaire, le parlementaire inscrit donc le débat dans celui plus large des recompositions politiques. Il reproche au pouvoir actuel d’adopter, selon lui, une posture différente de celle qu’il défendait lorsqu’il était dans l’opposition face au régime de Macky Sall.
Cette critique renvoie directement à la promesse de rupture qui avait constitué l’un des axes majeurs du discours politique ayant accompagné l’alternance. Pour Amadou Ba, les principes de transparence et de gouvernance défendus avant l’arrivée au pouvoir doivent rester applicables aux nouvelles pratiques institutionnelles.
Le député considère ainsi que la question des fonds spéciaux ne peut être dissociée de celle de la gouvernance politique. Leur encadrement, leur contrôle et leurs modalités d’utilisation constituent, à ses yeux, un enjeu de transparence, mais également un sujet lié aux nouvelles alliances et aux ralliements enregistrés dans le paysage politique.
Ces déclarations interviennent alors que le débat parlementaire se poursuit autour de plusieurs propositions de réforme portant notamment sur les contrats pétroliers, la santé mentale en milieu carcéral et les fonds spéciaux. Les positions défendues par Amadou Ba et son groupe parlementaire traduisent les divergences apparues entre députés de PASTEF et gouvernement sur ces différents dossiers.
À travers cette sortie, le député remet donc au centre du débat la question de la cohérence entre les engagements politiques pris avant l’alternance et les choix opérés depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye. Ses interrogations sur les fonds spéciaux et les nouveaux rapprochements politiques restent, à ce stade, des prises de position et des demandes d’éclaircissement formulées par le parlementaire.





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