Le bras de fer entre le ministère de l’Éducation nationale et les syndicats d’enseignants du G7 s’invite dans les préparatifs de la rentrée scolaire. Face à l’annonce d’un mouvement de grève, Moustapha Guirassy est monté au créneau pour inviter les organisations syndicales à faire preuve de responsabilité et à privilégier la concertation plutôt qu’une paralysie des enseignements dès la reprise des classes.
Lors d’une conférence de presse, le ministre a exprimé ses préoccupations quant aux conséquences d’un tel mouvement sur les élèves, les familles et le fonctionnement du système éducatif. Pour lui, une grève déclenchée dès le premier jour de la rentrée risque de compromettre les conditions d’une reprise sereine des activités scolaires, alors que les apprenants et leurs parents s’attendent à un retour normal en classe.
« Paralyser les élèves dès le premier jour de la rentrée, c’est quand même assez dur pour les élèves, pour les femmes, pour le système », a déclaré Moustapha Guirassy. À travers cette interpellation, le ministre met en avant les répercussions que pourrait avoir le conflit social sur les familles, notamment les parents qui doivent organiser leur quotidien autour de la reprise des cours.
Tout en reconnaissant que les revendications syndicales peuvent être légitimes, il estime qu’elles ne sauraient justifier toutes les formes de mobilisation, particulièrement lorsque celles-ci interviennent à un moment aussi sensible pour l’école sénégalaise.
« On ne peut pas tout se permettre au nom d’une cause, aussi légitime soit-elle », a-t-il insisté, appelant les enseignants à inscrire leurs actions dans le respect des responsabilités qui leur incombent au sein du service public de l’éducation.
Un appel à « l’élégance républicaine »
Au-delà des conséquences pédagogiques, Moustapha Guirassy a placé son intervention sur le terrain du dialogue social et du respect des principes républicains. Le ministre invite les syndicats à faire preuve de retenue dans la conduite de leurs revendications et à maintenir les canaux de discussion avec les autorités.
Pour illustrer son propos, il a évoqué les règles qui encadrent même les situations de conflit armé, estimant que le dialogue social au sein d’un même pays devrait obéir, à plus forte raison, à des exigences de respect mutuel.
« S’il y a des règles strictes et de l’élégance jusque dans les conflits armés, à plus forte raison dans le dialogue social au sein de la même République, de la même famille », a-t-il déclaré.
Le ministre affirme, dans le même esprit, que ses portes restent « grandement ouvertes au dialogue ». Cette déclaration vise à maintenir une possibilité de concertation avec les organisations syndicales, malgré les tensions liées à l’annonce du mouvement de grève.
Reste que l’appel gouvernemental à la responsabilité devra se confronter aux revendications portées par le G7, dont la décision de faire grève traduit l’existence d’un désaccord avec les autorités. La recherche d’une issue dépendra donc de la capacité des deux parties à renouer les échanges et à trouver des réponses aux préoccupations exprimées par les enseignants.
Les JOJ Dakar 2026 en toile de fond
L’autre argument avancé par Moustapha Guirassy concerne le contexte particulier dans lequel s’ouvre l’année scolaire. Le Sénégal se prépare à accueillir les Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, un rendez-vous sportif international qui placera le pays sous le regard de nombreux visiteurs, délégations et médias étrangers.
Pour le ministre, le choix de déclencher une grève à la veille de cet événement pourrait envoyer un signal négatif sur la capacité du pays à préserver la continuité de ses services publics et à assurer le bon déroulement de ses activités nationales.
« Choisir la veille des Jeux olympiques de la jeunesse, alors que les yeux du monde entier sont braqués sur un pays, c’est quand même porter volontairement atteinte à l’image et aux efforts de toute une nation », a-t-il affirmé.
Moustapha Guirassy estime ainsi que les circonstances appellent à une prise en compte des enjeux collectifs liés à l’organisation de cette compétition. Il considère que le patriotisme économique et social aurait dû conduire les acteurs concernés à tenir compte de l’image du Sénégal dans le choix du calendrier de leur mobilisation.
Cet argument ajoute une dimension nationale à un différend qui concerne d’abord le fonctionnement du système éducatif et les relations entre le gouvernement et les syndicats. Pour les autorités, la rentrée scolaire et les préparatifs des JOJ constituent deux enjeux majeurs qui nécessitent une mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés.
Toutefois, l’appel du ministre ne règle pas, à lui seul, le différend avec les syndicats. La reprise effective des cours dépendra de l’évolution des discussions et de la position que maintiendra le G7 face aux sollicitations du ministère.
À l’approche de la rentrée, l’enjeu est désormais d’éviter une interruption des enseignements dès les premiers jours de l’année scolaire. Entre les exigences du dialogue social, les revendications des enseignants et la nécessité d’assurer la continuité des apprentissages, les prochaines discussions entre les syndicats et les autorités seront déterminantes pour l’ouverture des classes.






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