Le CUSEMS estime que la rentrée scolaire intervient dans un climat particulièrement tendu. Dans une déclaration rendue publique, son Directoire national dénonce ce qu’il qualifie de « provocation organisée », estimant que la communauté éducative nationale est une nouvelle fois confrontée à « l’injustice, au mépris et à l’impréparation gouvernementale ».
Pour le syndicat, plusieurs décisions et pratiques contribuent à détériorer le climat social à la veille de la reprise effective des enseignements. Il dénonce notamment le « non-respect flagrant des accords signés », mais également le recours au « recrutement spécial sur dossier », une procédure qui, selon lui, serait susceptible d’ouvrir la voie à des pratiques opaques.
Le CUSEMS regrette également l’absence de ce qu’il considère comme une véritable concertation autour de la refondation du système éducatif. Pour l'organisation syndicale, les transformations annoncées dans le secteur ne peuvent être menées sans une implication réelle des enseignants et de leurs représentants.
Au-delà des questions liées à la politique éducative, le syndicat met surtout l’accent sur deux dossiers sociaux qu’il juge particulièrement urgents. Le premier concerne la situation des enseignants contractuels. Le CUSEMS affirme que des retards récurrents et qu’il qualifie de discriminatoires sont enregistrés dans le paiement des salaires dans les académies de Pikine-Guédiawaye et de Kaolack.
Selon le syndicat, cette situation place les enseignants concernés dans une grande précarité au moment même où ils sont appelés à rejoindre leurs postes. Le CUSEMS estime ainsi que l’exigence d’une présence effective dès le 5 octobre devient difficilement acceptable lorsque certains personnels n’ont toujours pas perçu leurs rémunérations.
Le second dossier concerne les prêts accordés aux enseignants par l’intermédiaire de la Direction de la Monnaie et du Crédit. Le CUSEMS dénonce ce qu’il décrit comme un véritable « calvaire » pour de nombreux collègues ayant obtenu des prêts mais qui, affirme-t-il, subissent depuis plusieurs mois des prélèvements importants directement sur leurs salaires sans avoir reçu les fonds correspondants.
Le syndicat prend toutefois soin de préciser que la Direction de la Monnaie et du Crédit n’est, selon lui, « en rien responsable » de cette situation. Il met plutôt en cause la gestion des opérations financières, estimant que les services relevant des Finances procèdent de manière unilatérale à des précomptes sur des dossiers qui ne seraient pas encore finalisés et dont les prêts n’auraient pas été décaissés.
Pour le CUSEMS, cette situation constitue une injustice supplémentaire pour des enseignants déjà confrontés à de nombreuses difficultés financières. Le syndicat exige donc l’arrêt immédiat des prélèvements qu’il juge abusifs et le remboursement des sommes indûment retenues sur les salaires.
Face à l’ensemble de ces griefs, le Directoire national du CUSEMS dit élever une « protestation véhémente » et interpelle directement les autorités sur la nécessité de prendre des mesures urgentes avant que les tensions ne compromettent davantage le déroulement de l'année scolaire.
Le syndicat réclame notamment le paiement immédiat des salaires dus aux enseignants contractuels concernés, ainsi que l’arrêt des précomptes effectués sur les prêts qui n’ont pas encore été décaissés. Il demande également le reversement sans délai des sommes qu’il considère comme indûment prélevées.
Le CUSEMS exige par ailleurs le respect intégral du protocole d’accord portant sur la rémunération des enseignants et la revalorisation des pensions. Il réclame aussi l’organisation de concours transparents et l’ouverture de véritables concertations avec les organisations syndicales sur les différentes réformes envisagées dans le secteur de l’éducation.
Le ton employé par le syndicat traduit une forte inquiétude quant à la capacité des autorités à préserver un climat social stable dans l’enseignement moyen et secondaire. Le CUSEMS estime que les difficultés dénoncées ne peuvent être ignorées au moment où les enseignants sont appelés à reprendre leurs activités.
Le Directoire national avertit ainsi que l’année scolaire pourrait être perturbée si aucune réponse n’est apportée aux revendications formulées. Il appelle ses différentes instances à se tenir prêtes à « toute action » nécessaire pour obtenir satisfaction.
Pour le CUSEMS, l’amélioration durable de l’école sénégalaise passe nécessairement par une meilleure prise en compte des conditions de travail et de vie des enseignants. Le syndicat estime que le système éducatif ne pourra véritablement se redresser tant que ceux qui en assurent quotidiennement le fonctionnement continueront, selon lui, à être confrontés à des retards de salaires, à des difficultés financières et à des décisions prises sans concertation suffisante.






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