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Société

Sangomar : à Djiffer, les pêcheurs alertent sur la baisse des ressources et l’érosion du littoral

À Djiffer, dans la commune de Palmarin, les communautés de pêcheurs disent subir les conséquences de l’exploitation pétrolière du champ de Sangomar. Raréfaction des ressources halieutiques, restrictions d’accès à certaines zones de pêche, difficultés de financement et avancée de la mer : les acteurs locaux appellent l’État à renforcer son accompagnement et à apporter des réponses concrètes aux préoccupations des populations.

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Sangomar : à Djiffer, les pêcheurs alertent sur la baisse des ressources et l’érosion du littoral

L’exploitation pétrolière au large de Sangomar suscite de nouvelles inquiétudes chez les communautés de pêcheurs de Djiffer, dans le département de Fatick. Lors d’une rencontre organisée mardi avec les acteurs locaux de la pêche, plusieurs responsables ont fait état des difficultés auxquelles les populations sont confrontées depuis le démarrage des activités pétrolières.

Au cœur des préoccupations figure l’accès aux zones de pêche. Le coordonnateur du Conseil local de la pêche artisanale (CLPA), Souleymane Thiaw, déplore notamment les restrictions imposées autour de la plateforme pétrolière. Selon lui, certaines zones traditionnellement fréquentées par les pêcheurs ne sont désormais plus accessibles en raison du périmètre de sécurité établi autour des installations.

« La ressource halieutique s’épuise », a-t-il déclaré, estimant que les restrictions d’accès viennent accentuer les difficultés rencontrées par les pêcheurs. Pour les acteurs locaux, la combinaison entre la baisse des ressources et la réduction des espaces de pêche disponibles pèse directement sur les revenus des familles qui dépendent de cette activité.

Souleymane Thiaw a également mis en cause le suivi des engagements pris, selon lui, lors des échanges avec l’opérateur pétrolier Woodside. Il affirme que plusieurs rencontres ont eu lieu avec les responsables de l’entreprise, sans que les préoccupations exprimées par les pêcheurs ne trouvent, à ses yeux, de réponse satisfaisante.

« Nous avons rencontré plusieurs fois les responsables de Woodside, mais sans suite. L’entreprise n’a jamais pris nos préoccupations en compte », a-t-il déploré.

Face à cette situation, le responsable du CLPA demande un soutien accru de l’État en faveur des professionnels de la pêche. Il estime que les acteurs confrontés aux conséquences des restrictions liées aux activités pétrolières doivent bénéficier d’un accompagnement financier leur permettant de maintenir leurs activités et de s’adapter aux nouvelles contraintes.

Les femmes qui travaillent dans la transformation des produits halieutiques sont également concernées. La diminution des débarquements et les difficultés d’accès à la ressource ont des répercussions sur toute la chaîne de valeur, depuis la capture jusqu’à la transformation et la commercialisation des produits de la mer.

À Djiffer, les inquiétudes ne concernent toutefois pas uniquement la pêche. L’érosion côtière constitue une autre préoccupation majeure des habitants. Le chef du village, Cheikh Sadibou Diamé, a appelé à la réalisation d’infrastructures de protection pour faire face à l’avancée de la mer.

Il réclame notamment la construction d’une digue de protection afin de préserver Djiffer et les localités environnantes. Selon lui, la disparition de Djiffer aurait des conséquences sur plusieurs autres villages de la zone, notamment Dionewar, Niodior et Falia.

La rencontre s’inscrit dans le cadre du plan d’action « Océans » de Greenpeace Afrique. L’organisation a entrepris une série de visites de sites du littoral sénégalais afin de recueillir les préoccupations des communautés confrontées aux effets des activités extractives et à l’érosion côtière.

Le chargé de campagne de Greenpeace Afrique, Amadou Oumar Touré, a indiqué que l’organisation s’était déjà rendue à Saint-Louis, Lompoul et Kayar avant de poursuivre sa démarche à Djiffer. L’objectif est notamment d’échanger directement avec les populations sur les conséquences observées sur le terrain.

Selon lui, Djiffer figure parmi les zones particulièrement vulnérables du littoral sénégalais. L’érosion y est observée depuis plusieurs années et, affirme-t-il, les communautés rencontrées font également état de difficultés concernant les activités de pêche et de transformation des produits halieutiques depuis le développement des activités pétrolières au large de Sangomar.

« C’est la raison pour laquelle nous sommes venus à Djiffer pour échanger avec les populations afin de trouver des solutions », a expliqué Amadou Oumar Touré.

À l’issue de cette rencontre, Greenpeace Afrique prévoit de travailler avec les communautés sur un plan d’action destiné à prendre en compte les solutions proposées localement. L’organisation annonce également son intention de revenir auprès des populations afin de mettre en œuvre les activités identifiées conjointement.

Pour les habitants de Djiffer, l’enjeu dépasse donc la seule question de l’exploitation pétrolière. Il concerne à la fois la préservation des ressources halieutiques, la protection des moyens de subsistance des pêcheurs et des femmes transformatrices, mais aussi la sauvegarde du littoral face à l’érosion. Les communautés demandent désormais que ces préoccupations soient prises en compte dans l’accompagnement du développement pétrolier de la zone de Sangomar.

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