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Politique

Sénégal : l’appel à un « Grand Bloc républicain » pour faire barrage au « Parti-État »

Face à ce qu’il considère comme des dérives autoritaires au sein de la mouvance PASTEF, Mouhamed Moustapha Diagne, membre de KIIRAAY, appelle à la constitution d’un front transpartisan autour du président de la République, Bassirou Diomaye Faye.

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Sénégal : l’appel à un « Grand Bloc républicain » pour faire barrage au « Parti-État »

Face à ce qu’il considère comme des dérives autoritaires au sein de la mouvance PASTEF, Mouhamed Moustapha Diagne, membre de KIIRAAY, appelle à la constitution d’un front transpartisan autour du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Dans une tribune critique, il plaide pour un sursaut démocratique destiné, selon lui, à préserver l’équilibre des institutions, l’État de droit et la cohésion nationale.

Le Sénégal traverse-t-il l’une des crises politiques les plus insidieuses de son histoire post-indépendance ? C’est l’interrogation soulevée par Mouhamed Moustapha Diagne dans une tribune au ton particulièrement critique. L’auteur y dénonce ce qu’il présente comme une volonté d’hégémonie politique susceptible de transformer l’alternance démocratique en un système de « Parti-État », au détriment des libertés publiques et du pluralisme politique.

Face à ce qu’il considère comme un risque pour les acquis démocratiques du pays, le membre de KIIRAAY préconise le dépassement des clivages traditionnels et la constitution d’une large coalition républicaine autour du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye.

Selon Mouhamed Moustapha Diagne, les espoirs suscités par l’alternance politique ont progressivement cédé la place à des inquiétudes quant à l’évolution de la gouvernance. Dans sa tribune, il met en cause l’influence du leader de PASTEF, Ousmane Sonko, et dénonce des pratiques qu’il assimile à une volonté de concentration du pouvoir.

L’auteur évoque notamment des risques d’atteinte à l’indépendance de la justice ainsi que des arrestations visant des acteurs politiques, des professionnels des médias et des membres de la société civile. À ses yeux, ces éléments alimentent les interrogations sur le respect des libertés fondamentales et sur la capacité des institutions à garantir un fonctionnement démocratique équilibré.

Au-delà des questions institutionnelles, Mouhamed Moustapha Diagne déplore également une dégradation du climat social et du débat public. Il estime que, depuis 2021, les invectives, le populisme et la violence verbale, amplifiés par les réseaux sociaux, ont progressivement pris le pas sur la courtoisie et l’élégance républicaines qui ont longtemps caractérisé la vie politique sénégalaise.

Cette polarisation, selon lui, risque d’affaiblir les mécanismes traditionnels de régulation sociale, notamment les familles religieuses, les confréries et les autorités coutumières, dont le rôle demeure important dans la préservation de la paix sociale et de la cohésion nationale.

L’un des principaux axes de la tribune réside dans la place accordée au président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Mouhamed Moustapha Diagne présente le chef de l’État comme une figure susceptible de garantir la préservation des institutions et le respect de la Constitution, y compris face aux tensions internes à la mouvance au pouvoir.

Selon son analyse, le président de la République aurait pris ses distances avec les positions les plus radicales de son camp. Cette évolution est interprétée par l’auteur comme une volonté de privilégier l’intérêt supérieur de la nation et les exigences de l’État de droit au détriment des considérations partisanes.

Pour le membre de KIIRAAY, cette posture constitue un acte de courage politique. Il considère que la fonction présidentielle doit avant tout incarner l’unité nationale, garantir le respect des institutions et veiller à la préservation des libertés démocratiques.

Cette lecture place ainsi Bassirou Diomaye Faye au centre de la recomposition politique souhaitée par l’auteur, qui appelle les différents acteurs à dépasser leurs divergences pour défendre les principes républicains.

Pour Mouhamed Moustapha Diagne, la principale ligne de fracture ne devrait plus opposer mécaniquement le pouvoir à l’opposition. Elle se situerait plutôt entre ceux qui entendent préserver les acquis démocratiques et ceux qu’il accuse de promouvoir une concentration excessive du pouvoir.

C’est dans cette perspective qu’il lance un appel à la mobilisation de l’ensemble des forces politiques et sociales du pays. Socialistes, libéraux, conservateurs, mouvements citoyens, jeunes et anciens sont invités à dépasser leurs appartenances respectives pour participer à la construction d’un « Grand Bloc républicain ».

L’ambition affichée est de constituer un front suffisamment large pour défendre le pluralisme politique, protéger les institutions et prévenir toute remise en cause des libertés publiques. Cette initiative se veut, selon son promoteur, une réponse à ce qu’il considère comme une urgence démocratique.

À travers cet appel, Mouhamed Moustapha Diagne entend faire de la préservation de l’État de droit un objectif commun, au-delà des rivalités partisanes et des divergences idéologiques. La démarche proposée repose ainsi sur la conviction que la défense des institutions doit primer sur les intérêts politiques particuliers.

« Chaque génération a son combat », rappelle-t-il en conclusion, présentant la sauvegarde des libertés et de la démocratie comme un devoir patriotique. Reste à savoir si cet appel à un « Grand Bloc républicain » trouvera un écho auprès des différentes forces politiques et citoyennes du Sénégal.


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