Le doute n’est plus permis : la logique industrielle cède le pas à des intérêts obscurs. Alors que le projet AMI (Advanced Metering Infrastructure) est déjà réalisé à 90 % par la Senelec elle-même, pourquoi s’entêter à externaliser une activité stratégique au profit d’un intermédiaire aux références plus que discutables ?
AMCO vs Akilee : Le choc des modèles
La comparaison entre les deux structures est cruelle pour Akilee. D’un côté, AMCO,
une unité industrielle implantée à Diamniadio, fruit d’un partenariat où la
Senelec détient 49 % des parts. Une usine capable de produire 900 000 compteurs
par an. De l’autre, Akilee, un simple intermédiaire dont le bilan, loin
de rassurer, alerte : en Mauritanie, sur un objectif de 350 000 compteurs en
2022, moins de 20 000 ont été installés.
Caractéristiques: Engagement financier
AMCO: 138 Mds sur 15 ans
Akilee: 187 Mds sur 10 ans
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Caractéristiques: Statut
AMCO: Industriel (Usine à Dakar)
Akilee: Simple intermédiaire
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Caractéristiques: Actionnariat Senelec
AMCO: 49%
Akilee: 34%
Le silence assourdissant des appels d’offres
Pourquoi Akilee est-elle incapable de soumissionner aux appels d’offres
internationaux financés par des institutions rigoureuses comme la Banque
Mondiale, la BAD ou la KfW ? La réponse est sans appel : l’entreprise ne
possède ni les reins financiers, ni l’expertise technique nécessaires. Une
structure évincée des marchés compétitifs peut-elle légitimement s’accaparer la
gestion des compteurs de la Senelec pendant une décennie ?
L’ombre des casseroles passées
Le passif est lourd. En 2019, une tentative similaire avait provoqué un séisme
syndical. L’ARMP avait dénoncé un contrat « déséquilibré », tandis que l’OFNAC
soulevait des soupçons graves de détournement de deniers publics, de fraude
fiscale et de violation flagrante du Code des marchés.
Alors que ce dossier sensible pourrait atterrir sur le bureau du Pool judiciaire financier, comment justifier la volonté actuelle de signer, en catimini, un nouvel engagement aussi colossal que risqué ? Que sont devenus les fonds déjà encaissés par Akilee par le passé ? Le silence des décideurs devient assourdissant.
Données : Une souveraineté en danger
Le danger est autant technique que politique. Nos experts internes l’ont prouvé
: la Senelec possède les compétences pour maîtriser sa propre solution AMI en
six mois. Externaliser cette fonction, c’est s’enchaîner technologiquement à un
partenaire unique pendant dix ans.
Mais la question qui brûle les lèvres reste celle de nos données. Pourquoi cet choix obstiné d’Akilee à vouloir contrôler les données des Sénégalais ? Il est temps de dénoncer ces stratégies d’éviction qui mettent en péril l’emploi local, bradent notre souveraineté et hypothèquent les intérêts du service public.
La question est simple, mais elle est vitale : le Sénégal veut-il construire son avenir industriel ou le sacrifier sur l’autel du gré à gré ?
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Pensez-vous que la Senelec doit rester souveraine de ses données ?
Amadou Diop retraité de la Senelec.





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