Rumbek s'est réveillée sous les balles. Vendredi, vers 4 heures du matin, de jeunes bergers lourdement armés, issus d'un clan dinka du nord de cette ville du centre du Soudan du Sud, y ont fait irruption à la poursuite de jeunes d'un clan rival. Pendant plusieurs heures, la capitale de l'État des Lacs leur a échappé, tandis que les habitants fuyaient les tirs.
Le gouvernement fait état de 71 morts, parmi lesquels quatre militaires de l'armée sud-soudanaise. Il a assuré vendredi soir avoir repris le contrôle de la ville et annoncé l'envoi de forces de sécurité supplémentaires. Des Casques bleus ont également été déployés, selon l'ONU, pour prévenir de nouveaux combats et protéger l'hôpital ainsi que les organisations humanitaires. « La situation est calme mais tendue », a résumé le porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Stéphane Dujarric.
Pour le chercheur sud-soudanais Machot Amuom, ces violences relèvent d'un conflit entre deux clans dinka dont les causes historiques n'ont jamais été réglées. Daniel Laat Kon, de l'organisation de la société civile CEPO, y voit aussi l'effet d'un vide politique : depuis la dissolution du gouvernement de transition, le 22 septembre, les nouvelles autorités locales ne sont pas encore pleinement installées à Rumbek.
Il demande à l'État de désarmer les jeunes civils avant les élections prévues en décembre, dont la tenue paraît très incertaine. « Comment envisager de préparer un scrutin quand les gens vivent dans la peur ? », s'interroge-t-il.






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