Il avait promis de venir, il est venu. Ce vendredi, l'ancien ministre de l'Enseignement supérieur Daouda Ngom s'est assis face aux membres de la commission d'enquête parlementaire sur le programme « Un étudiant, un ordinateur ». Et il n'a pas mâché ses mots : selon lui, les contrats de l'édition 2025 sont « nuls et d'une nullité absolue ».
Un programme introuvable dans la passation
Premier constat de l'ancien ministre : à son arrivée, le programme ne figurait nulle part dans les documents de passation de service. « Si je me base uniquement sur le procès-verbal, on ne peut rien voir d'un projet "Un étudiant, un ordinateur" », a-t-il lancé aux députés. Seul un tableau d'exécution budgétaire en gardait la trace : 6 milliards de FCFA inscrits, exécutés à 50 %, soit, selon sa lecture, 3 milliards consommés et 3 milliards restants.
Il affirme avoir été alerté trois jours après sa prise de fonction, le 15 septembre, par le directeur général de l'Enseignement supérieur, le Pr Abdoul Aziz Diouf, et la directrice du Financement des établissements, la Pr Mame Penda Ba. Au menu : manque de coordination, manuel de procédures ignoré et arrêtés de 2014 contournés.
Hors des radars de la commande publique
Toujours selon ses déclarations, le programme n'aurait, entre 2017 et 2025, été inscrit ni au plan de passation des marchés du ministère, ni auprès de la commission compétente, ni immatriculé à la Direction centrale des marchés publics (DCMP). Des manquements « majeurs » à ses yeux. Ces affirmations restent celles de l'ancien ministre et n'ont pas encore été confrontées aux versions des autres personnes concernées.
L'ARCOP dans la boucle
Daouda Ngom a retracé la chronologie : le 3 septembre, la Pr Mame Penda Ba saisit l'Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) pour avis ; le 15 septembre, la démarche devient une dénonciation formelle. Le rapport de l'ARCOP tombe le 21 novembre et arrive officiellement sur son bureau le lendemain. C'est sur cette base, et notamment sur l'article 27 du Code des marchés publics, qu'il défend la décision de tirer toutes les conséquences juridiques des irrégularités relevées.






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