Quelques mois après les réformes engagées à son arrivée à la tête de l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité (ASP), le capitaine Seydina Oumar Touré fait l’objet de nouvelles allégations portant sur sa gestion. Le directeur général affirme avoir saisi la justice pour « diffusion de fausses nouvelles » et avoir été entendu par la Sûreté urbaine.
Il y a environ neuf mois, nos confrères d’emedia.sn, citant le journal Source A, rapportaient des remous internes au sein de l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité (ASP). Le directeur général, le Capitaine Seydina Oumar Touré, conduisait alors une série de réformes qualifiées de controversées par certains agents. Entre licenciements, recrutements d’anciens militaires, réorganisation de l’organigramme et gestion du parc automobile, la direction de l’agence faisait l’objet de multiples critiques.
Dès sa prise de fonctions, le Capitaine Touré aurait procédé à une refonte en profondeur de l’organigramme de l’ASP. Plusieurs directeurs auraient été rétrogradés, notamment celui de la planification, tandis que l’ancien Directeur administratif et financier (DAF) aurait été remplacé par un auditeur interne, lui-même relevé de ses fonctions quelques mois plus tard. Certains responsables auraient vu leur rémunération réduite ou auraient été affectés en dehors de Dakar, en raison, selon Emedia, d’une incompatibilité d’humeur avec le nouveau directeur général.
Face à ces griefs présumés, le Capitaine Touré assumait ses choix, estimant que « le décret instituant l’ASP parle de gouvernance sécuritaire de proximité » et que, pour remplir cette mission, « l’organigramme devait être corrigé ». Mis en cause pour avoir écarté des cadres pour des motifs supposément politiques, il déclarait : « je suis un homme politique, nommé ici. Certains dénigrent le régime en place dans leurs discours, ce n’est pas possible. J’ai étudié le profil de chacun. »
S’agissant des réaffectations, il précisait : « si un directeur accepte d’être affecté ailleurs, son salaire s’adapte au poste occupé. Ceux qui refusent peuvent démissionner ou introduire un recours. » Le directeur général justifiait par ailleurs le recrutement d’anciens militaires radiés, citant notamment le soldat Mouhamadou B. Kanté et le caporal Ousseynou Fall, au motif de renforcer la discipline au sein de l’agence : « L’ASP manquait de rigueur, il fallait y remédier. »
Interrogé sur la présence de chroniqueurs médiatiques au sein de l’agence, il avait également tranché : « J’ai demandé à ceux qui étaient devenus chroniqueurs de quitter les médias. »
La gestion du parc automobile n’échappait pas non plus aux interrogations. La possession de véhicules de type Toyota V6, Fortuner ou double cabine suscitait des critiques, tout comme la vente de treize voitures, aujourd’hui au centre d’une procédure judiciaire initiée par le capitaine Touré lui-même, qui dit vouloir faire toute la lumière sur d’éventuelles irrégularités.
Malgré les contestations, le directeur général de l’ASP est demeuré ferme, affirmant vouloir poursuivre sa réforme et consolider la mission de sécurité de proximité au Sénégal.
LA PLAINTE À LA SÛRETÉ URBAINE
Récemment, ces mêmes allégations ont refait surface, assorties cette fois-ci d’accusations de népotisme présumé, entre autres. Sollicité par Le Dakarois Quotidien, le Capitaine Touré a indiqué avoir déposé une plainte pour « diffusion de fausses nouvelles » auprès de la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar, par l’entremise de son avocat, Me Moussa Sarr. Il précise avoir été entendu ce mercredi 5 novembre dans le cadre de cette procédure visant, selon ses termes, « les organes et personnes ayant diffusé ces informations ».
Invité par notre rédaction à partager une copie de la plainte afin d’en informer l’opinion publique, le directeur général a décliné, arguant que la diffusion du document « [risquerait] de décrédibiliser l’enquête », tout en nous invitant à nous rapprocher de la Sûreté urbaine pour toute vérification.
Toutefois, la rédaction du Dakarois Quotidien a tenu à rappeler que la transmission d’une copie de plainte ne saurait en aucun cas compromettre une enquête en cours, dès lors qu’il ne s’agit pas d’en divulguer le contenu confidentiel, mais simplement d’en attester l’existence, conformément aux principes de transparence et de rigueur journalistique. Cette pratique, courante dans le métier, s’inscrit dans le strict respect des règles déontologiques.
Malgré ces précisions, le Capitaine Touré a maintenu sa position, préférant ne pas partager le document, estimant cela pourrait porter atteinte au bon déroulement de la procédure.
Quoiqu’il en soit, Le Dakarois Quotidien demeure attentif à l’évolution de ce dossier et y reviendra dès que de nouveaux éléments seront disponibles, notamment la communication d’une version officielle de l’ASP ou la mise à disposition d’une copie de la plainte déposée par le Capitaine Seydina Oumar Touré.
Penda THIAM
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