Dans un contexte politique électrique, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principale formation de l’opposition, a réélu ce mercredi Tidjane Thiam à sa présidence, lors d’un congrès exceptionnel tenu deux jours après sa démission stratégique. Seul candidat en lice, l’ancien patron du Crédit Suisse a été reconduit à la tête d’un parti qu’il dirige officiellement depuis décembre 2023. Une manœuvre assumée visant à parer à une éventuelle invalidation judiciaire de sa précédente élection.
En toile de fond, une procédure en cours, intentée par une militante du parti, met en cause la nationalité ivoirienne de Thiam au moment de son élection initiale. Selon elle, celui-ci ne serait devenu pleinement ivoirien qu’en mars 2025, après avoir renoncé à sa nationalité française. Une audience cruciale est d’ailleurs prévue ce jeudi pour trancher sur cette affaire, qui pourrait fragiliser la légitimité institutionnelle de son mandat, malgré son nouveau couronnement partisan.
Pour ses partisans, cette réélection constitue une clarification bienvenue. Elle permettrait de refermer une séquence polémique et d’affirmer le leadership de Thiam sur un PDCI en quête de renouveau. Toutefois, cette légitimation interne n’efface pas l’obstacle majeur auquel il fait face : son exclusion des listes électorales nationales.
Fin avril, la justice ivoirienne a confirmé que Tidjane Thiam avait perdu sa nationalité ivoirienne en 1987 en acquérant celle de la France, en vertu de l’article 48 du code de la nationalité. Par conséquent, il ne pourra pas se présenter à la présidentielle du 25 octobre 2025, faute d’inscription sur les listes électorales. Aucun recours n’est pour l’instant envisageable, la révision des listes n’étant pas programmée.
Thiam n’est pas seul dans cette impasse. Trois autres figures majeures de l’opposition – Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro – sont elles aussi écartées de la course présidentielle en raison de condamnations judiciaires. Une situation qui inquiète quant à la pluralité du prochain scrutin.
Le gouvernement, pour sa part, rejette toute accusation de manœuvre politique, assurant respecter scrupuleusement l’indépendance de la justice. En attendant, l’incertitude demeure autour d’Alassane Ouattara. À 83 ans, le président sortant entretient le flou, déclarant simplement être “désireux de continuer à servir son pays”, sans officialiser sa candidature.
Un drame d’une rare intensité secoue le village religieux de Thiénaba Kadior, situé dans le département de Kébémer. En l’espace de quelques jours, quatre jeunes talibés ont perdu la vie dans des conditions encore non élucidées, tandis qu’un cinquième enfant lutte pour sa survie en réanimation à Dakar, selon la Radio Futurs Médias (RFM).
Les victimes, toutes âgées d’environ 11 ans, présentaient les mêmes symptômes inquiétants : violentes douleurs abdominales et vomissements sévères. Selon des témoignages recueillis sur place, ces enfants auraient consommé en grande quantité les fruits d’une plante sauvage connue localement sous le nom de « mbanté maré ». Scientifiquement appelée Senna occidentalis, cette plante est réputée pour sa toxicité lorsqu’elle est ingérée en excès.
Le premier décès, celui de Pape Ndiassé Mbengue, originaire de Dara Diakhour, n’avait pas initialement éveillé de soupçons. Le corps de l’enfant a ainsi été remis à sa famille sans autopsie. Toutefois, les choses ont rapidement basculé avec la mort successive de trois autres jeunes : Fallou Fall, un talibé venu de Gambie, Cheikh Oumar Gudye de Joal, et Modou Dièye. Malgré les efforts des villageois pour les évacuer d’urgence vers les structures hospitalières de Louga, les secours sont arrivés trop tard.
Face à cette série tragique de décès, le parquet a ouvert une enquête judiciaire. Des autopsies ont été ordonnées sur les corps des enfants, transférés à Dakar pour analyses toxicologiques approfondies. Ces examens devront éclairer les circonstances exactes des décès et déterminer si d’éventuelles négligences ont contribué au drame.
En attendant les résultats, les autorités ont placé en garde à vue le maître coranique ainsi que son suppléant. Cette mesure indique que la responsabilité des encadreurs dans la surveillance et la prise en charge sanitaire des talibés est au cœur de l’enquête.
Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a présidé ce mardi la cérémonie officielle de lancement des Assises nationales des daaras à l’Institut islamique de Dakar. Cet événement marque une étape décisive dans la réflexion sur la place de l’enseignement coranique dans le système éducatif sénégalais.
Dans son discours, le ministre Guirassy a rendu un vibrant hommage aux daaras, soulignant leur rôle historique dans la formation morale, spirituelle et intellectuelle des enfants au Sénégal. « Parler des daaras, ce n’est pas seulement évoquer la mémorisation ou la récitation du Coran, c’est parler de discipline, de résilience, d’un apprentissage où l’on forme l’homme à la patience, à la rigueur et à la maîtrise de soi », a-t-il déclaré. Il a insisté sur la nécessité de valoriser cette école du savoir, qui façonne depuis des siècles l’identité sénégalaise.
Cette initiative s’inscrit dans la vision du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qui souhaite une transformation systémique du système éducatif d’ici à 2050. Une transformation qui passe, selon lui, par l’intégration effective des daaras dans l’architecture éducative nationale, pour « répondre à une souffrance humaine » et promouvoir un capital humain nourri de sagesse et de valeurs profondes.
Lors de la cérémonie, Fatou Sambou, représentante de la Banque mondiale, a révélé une statistique alarmante : environ 1,5 million d’enfants sénégalais, soit 45 % des enfants âgés de 6 à 11 ans, sont hors du système scolaire formel. Un grand nombre d’entre eux sont inscrits dans des daaras, parfois dans des conditions précaires, exposés à la mendicité et à l’insécurité.
Face à cette situation, la Banque mondiale a mobilisé un financement de 60 milliards de FCFA dans le cadre du Programme d’amélioration des performances du système éducatif (PAPSE). Ce soutien financier vise à accompagner plus de 1 000 daaras à travers des contrats de performance axés sur l’inclusion, la qualité, le partenariat et l’apprentissage complémentaire.
Prenant la parole au nom des maîtres coraniques, Serigne Assane Diop, représentant des Serignes daaras, a salué cette dynamique nouvelle qui vise à mieux encadrer l’enseignement coranique. Il a plaidé pour une implication active de toutes les parties prenantes – État, partenaires techniques et financiers, société civile et communautés religieuses – afin d’assurer le succès de cette réforme ambitieuse.
Le chanteur Waly Seck a fait son retour à Dakar ce matin après un court séjour aux États-Unis. À son arrivée à l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD), la star de la musique sénégalaise a été accueillie par une foule compacte de fans, visiblement décidés à lui témoigner leur indéfectible soutien en cette période de remous médiatiques.
En effet, ce retour intervient dans un contexte particulier, où le nom du leader des Faramarènes est cité, à tort ou à raison, dans une affaire financière présumée impliquant Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall. Si aucun élément concret ne le lie officiellement à cette affaire, les rumeurs et spéculations enflamment les réseaux sociaux et alimentent les conversations.
Malgré ce climat, Waly Seck s’est montré serein et souriant, saluant chaleureusement ses fans venus en masse à l’AIBD. Certains brandissaient des pancartes à son effigie, d’autres scandaient des chants de soutien, transformant l’aéroport en véritable scène d’accueil populaire.
L’artiste ne s’est pas encore exprimé publiquement sur les allégations qui circulent, mais son entourage reste confiant quant à sa sérénité et à sa détermination à continuer ses projets artistiques.
Waly Seck, habitué aux projecteurs autant qu’aux polémiques, semble une fois de plus bénéficier d’un fort capital de sympathie auprès de ses fans, qui entendent rester mobilisés autour de leur idole.
Le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et candidat désigné à la présidentielle d’octobre 2025, Tidjane Thiam, se retrouve au cœur d’une tempête politico-judiciaire. Selon le média ivoirien 7info, l’ancien ministre et haut cadre international a officiellement saisi le ministère de la Justice pour obtenir un certificat de nationalité ivoirienne, une démarche confirmée par son avocat, Me Ange Rodrigue Dadjé.
Cette requête intervient dans un contexte juridique tendu, marqué par une décision du Tribunal de Première Instance d’Abidjan suspendant temporairement la délivrance du certificat, en attendant l’issue d’une procédure judiciaire en cours. Au cœur du litige : une plainte déposée par Valérie Yapo, militante politique, contestant la légitimité de Tidjane Thiam à la tête du PDCI, arguant qu’il n’était pas de nationalité ivoirienne au moment de son élection à la présidence du parti.
L’affaire repose en grande partie sur la naturalisation française de Tidjane Thiam en 1987, qui, selon un jugement rendu le 22 avril 2025, aurait entraîné automatiquement la perte de sa nationalité ivoirienne, conformément à la législation ivoirienne sur la nationalité. Cette décision a conduit à sa radiation de la liste électorale, compromettant de fait sa participation à l’élection présidentielle.
Pourtant, dans une tentative de clarification, le ministère de la Justice a déclaré, le 28 avril 2025, que Tidjane Thiam “n’a jamais été apatride” et reste “indiscutablement Ivoirien”, du fait de sa nationalité d’origine acquise à la naissance. Cette position semble en contradiction avec la décision judiciaire, révélant ainsi un flou juridique sur l’interprétation des textes relatifs à la double nationalité et à la perte automatique de la nationalité d’origine en cas de naturalisation étrangère.
Afin de clarifier sa situation et de réaffirmer son attachement à la Côte d’Ivoire, Tidjane Thiam a officiellement renoncé à sa nationalité française, une décision publiée au Journal officiel français le 20 mars 2025. Cependant, cela n’a pas modifié la décision du tribunal, qui estime que la perte de la nationalité ivoirienne est intervenue dès 1987 et que la renonciation récente ne suffit pas à rétablir ses droits civiques sans une démarche légale formelle de réintégration.
À cinq mois d’une élection présidentielle cruciale, cette controverse soulève des suspicions d’instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Les partisans de Thiam dénoncent une manœuvre destinée à l’écarter du processus électoral, au moment même où il apparaît comme une figure centrale de l’opposition et une alternative sérieuse au pouvoir en place.
De leur côté, ses détracteurs insistent sur le respect strict des dispositions constitutionnelles, affirmant qu’aucune faveur ne devrait être accordée à un candidat, quel que soit son statut ou son parcours.
La délivrance du certificat de nationalité demeure suspendue à une décision de justice à venir, alors que la pression monte sur les institutions pour clarifier la situation. Si la procédure ne lui est pas favorable, Tidjane Thiam pourrait être empêché de se présenter à l’élection présidentielle, un scénario qui redéfinirait radicalement l’équilibre politique ivoirien à l’aube de 2025.
Le 7 mai 2025 pourrait bien marquer un tournant dans l’après-Macky Sall. Amadou Sall, fils de l’ancien président de la République, est attendu au parquet financier dans le cadre d’une affaire au parfum de scandale, mettant en lumière une vaste nébuleuse financière aux ramifications internationales.
Selon les informations exclusives de SeneNews, la convocation d’Amadou Sall concerne une opération opaque de 10 milliards FCFA en bons de caisse, liés à la société offshore Woodrose Investment Ltd et à un compte logé à Nsia Banque. Cette opération s’inscrit dans une enquête plus vaste portant sur des flux financiers suspects évalués à 125 milliards FCFA.
Au cœur de cette affaire : un système de faveurs présumées dont aurait bénéficié Amadou Sall durant le mandat présidentiel de son père. Selon des sources judiciaires bien introduites, l’enquête révèle un réseau de privilèges familiaux, qui aurait notamment permis à Amadou Sall de contourner la réglementation douanière et fiscale du pays.
D’après les documents confidentiels consultés par SeneNews et corroborés par plusieurs témoignages, des exonérations douanières illégales auraient été accordées pour l’importation de conteneurs remplis de voitures de luxe, toutes enregistrées la même année. « La douane a été privée de plusieurs milliards de francs CFA à cause de ces traitements de faveur », confie un agent de la Direction générale des douanes.
En principe, les exonérations fiscales sont strictement encadrées par la loi et accordées sous conditions : statut d’investisseur, création d’emplois ou situation financière difficile. Or, aucune base légale n’aurait justifié ces exemptions accordées à Amadou Sall, si ce n’est son lien filial avec le président de la République en exercice à l’époque.
« Il passait simplement les conteneurs sans payer un franc. Personne n’osait dire non », rapporte un ancien haut cadre des douanes. Un vide juridique entoure ces pratiques : sans acte administratif dénonçant formellement les exonérations irrégulières, la justice peine aujourd’hui à engager des poursuites pour les faits passés.
Toutefois, le dossier des bons de caisse de 10 milliards FCFA pourrait changer la donne. Cette fois, les soupçons portent sur des flux financiers dissimulés, potentiellement liés à du blanchiment de capitaux en bande organisée, via Woodrose Investment Ltd, une société-écran domiciliée à l’étranger.
La CENTIF (Cellule nationale de traitement des informations financières), dans un rapport remis fin mars, a dressé une cartographie des bénéficiaires de ces flux suspects. Amadou Sall y figure parmi les principaux concernés, selon les extraits consultés.
La chambre d’accusation de Dakar est attendue ce mardi pour statuer sur l’appel interjeté par les avocats de Farba Ngom, ancien député et proche de l’ex-président Macky Sall, suite à la saisie de dix titres fonciers lui appartenant. Une affaire à la croisée des chemins entre justice, politique et patrimoine, qui suscite de vives réactions de la part de la défense.
Selon le journal L’As, ce sont les avocats de l’homme politique qui ont révélé l’information lors d’une conférence de presse tenue ce lundi. À cette occasion, Me Baboucar Cissé, membre du collectif de défense, a dénoncé une série d’« irrégularités » dans la procédure judiciaire, pointant une atteinte manifeste aux droits de son client.
Les conseils de Farba Ngom rappellent que dès son placement sous mandat de dépôt, leur client avait proposé de consigner des titres fonciers en guise de caution. Une offre qui, selon eux, a été rejetée par le juge d’instruction au motif que « les cautions devaient être inscrites ». Une seconde tentative de cautionnement, introduite par la suite, a également essuyé un refus catégorique, tant du juge que du parquet.
Mais c’est surtout la contradiction entre ce refus et une ordonnance parallèle qui indigne la défense. En effet, une décision aurait été prise dans le même temps pour permettre l’inscription de mesures conservatoires sur lesdits titres fonciers, permettant ainsi leur saisie. « C’est incompréhensible : on rejette une caution en prétextant que les titres ne sont pas valables, et en parallèle, on ordonne leur saisie », a déploré Me Cissé. Ce dernier fustige également le fait que l’ordonnance de saisie ne leur ait été notifiée que trois semaines après sa prise.
Estimant que les droits de la défense ont été bafoués, Me Cissé n’exclut pas de porter l’affaire devant la Cour de justice de la CEDEAO. « Il y a violation manifeste des droits de la défense », a-t-il affirmé, entouré de ses confrères, bien décidés à contester cette procédure jugée injuste.
Déjà incarcéré à la prison de Rebeuss dans le cadre d’une autre procédure judiciaire, Abdou Nguer se retrouve à nouveau confronté à la justice. Cette fois, il est poursuivi pour diffamation, un délit prévu par le Code pénal sénégalais, à l’initiative d’un enseignant qui estime avoir été publiquement calomnié.
À l’origine de cette nouvelle procédure, des propos qu’Abdou Nguer aurait tenus publiquement à l’encontre de l’enseignant plaignant. Il aurait affirmé que ce dernier n’était plus en service dans l’Éducation nationale. Or, selon le plaignant, cette déclaration est non seulement fausse, mais porte également atteinte à son honneur professionnel. Il rappelle qu’il a récemment participé, à titre officiel, à la dernière édition du Grand Prix du Chef de l’État pour l’Enseignant, ce qui contredit formellement les accusations de désengagement professionnel portées à son encontre.
Le Code pénal sénégalais définit la diffamation comme « l’allégation ou l’imputation d’un fait précis, portant atteinte à l’honneur ou à la considération d’une personne », dès lors que cette allégation est rendue publique. Que les propos soient diffusés par voie de presse, sur les réseaux sociaux ou dans un cadre ouvert au public, ils peuvent donner lieu à des poursuites correctionnelles, indépendamment de la présence ou non de la personne diffamée.
Dans cette affaire, l’enseignant a choisi la voie de la citation directe, permettant de saisir le juge sans passer par une instruction préalable du parquet. Une audience est initialement prévue devant le tribunal correctionnel de Dakar le 28 mai prochain. Toutefois, cette date pourrait être repoussée en raison du paiement de la consignation, une somme que le plaignant doit déposer pour valider la poursuite de la procédure.
Une fois cette étape franchie, le dossier entrera dans sa phase contentieuse. Il s’agira alors de déterminer la véracité des propos d’Abdou Nguer, leur caractère public et leur éventuelle portée diffamatoire.
Si Abdou Nguer est reconnu coupable, il encourt une amende et potentiellement une peine d’emprisonnement, selon la gravité des faits reprochés et leur impact. Cette nouvelle condamnation, si elle intervient, viendrait alourdir son casier judiciaire et pourrait prolonger sa détention actuelle, alors qu’il est déjà incarcéré dans une autre affaire.
Une affaire suscite de vives interrogations au Sénégal, à la suite de révélations du journal L’Observateur sur des paiements controversés effectués par l’État à deux entreprises privées peu après les violentes manifestations du 9 février 2024. Selon le quotidien, près de 6 milliards de francs CFA ont été débloqués au profit des sociétés Synergies Afrique (4,9 milliards) et Henan Chine (791 millions) sous forme de Certificats nominatifs d’obligation (CNO), datés du 26 mars 2024, soit à peine deux jours après l’élection présidentielle ayant consacré Bassirou Diomaye Faye.
Officiellement, ces fonds ont été octroyés au titre de réparations pour des dommages que ces entreprises auraient subis lors des émeutes. Toutefois, plusieurs zones d’ombre entourent la légitimité et le timing de ces paiements. En premier lieu, la Cour des comptes s’interroge sur la pertinence de telles indemnisations, surtout dans un contexte de transition politique où seules les affaires courantes sont censées être traitées.
De plus, la loi impose aux entreprises d’être assurées contre les risques liés à leurs activités. Pourquoi alors mobiliser des ressources publiques pour compenser des pertes qui, en principe, relèvent des assureurs ? Cette question, soulignée par les observateurs, alimente les soupçons de mauvaise gestion, voire de liquidation précipitée de fonds publics à la fin du mandat de l’ancien régime.
Le moment choisi pour ces décaissements – à peine 48 heures après un scrutin décisif – suscite un malaise certain. Pour de nombreux analystes, cela laisse planer le doute sur un possible arrangement de dernière minute ou une tentative de récompenser certaines entreprises proches du pouvoir sortant.
L’Observateur, à l’origine de ces révélations, parle d’une affaire « aussi opaque que préoccupante », exigeant transparence et redevabilité. Le nouveau gouvernement, porté par une promesse de rupture et de bonne gouvernance, pourrait être contraint de lancer une enquête approfondie pour faire toute la lumière sur cette opération.
Alors que le président Diomaye Faye s’est engagé à renforcer la lutte contre la corruption et à réformer la gestion des deniers publics, cette affaire constitue un premier test de crédibilité pour les nouvelles autorités. Plusieurs voix s’élèvent déjà pour demander des audits rigoureux et des sanctions, si des irrégularités sont confirmées.
En attendant les conclusions d’une éventuelle enquête, cette affaire illustre les défis auxquels est confrontée la nouvelle administration : tourner la page d’un système souvent critiqué pour son opacité, tout en rassurant l’opinion sur sa volonté de rompre avec les pratiques du passé.
Ce qui aurait pu rester un banal contrôle routier a fini par faire vaciller le calme de toute une ville. Bignona, localité habituellement dynamique du sud du Sénégal, a vécu une journée de paralysie totale ce mardi, suite à un accrochage entre des gendarmes et des talibés de l’Imam El Hadj Ousmane Fansou Bodian.
Une étincelle sur l’axe Diégoune
L’incident remonte à dimanche. Sur la route menant à Diégoune, des gendarmes effectuent un contrôle de routine. Un véhicule est arrêté, suspecté de surcharge. À bord : des membres du cortège de l’Imam, en route pour célébrer la 33e édition de son Gamou, un rendez-vous religieux incontournable à Bignona. La tension monte rapidement. Ce qui commence comme un simple contrôle dégénère en affrontement verbal, puis en échauffourées entre forces de l’ordre et talibés.
Une ville en arrêt total
La réaction ne se fait pas attendre. Dès mardi matin, la ville est figée. Des groupes de jeunes, manifestement solidaires de leur guide spirituel, dressent des barricades à travers plusieurs quartiers. Les boutiques sont fermées, les routes bloquées, les écoles désertées. Des élèves sont délogés, des chauffeurs dissuadés de prendre la route : Bignona entre en veille forcée.
Malgré les appels au calme lancés par l’Imam lui-même et les tentatives de médiation entreprises dès lundi entre ses proches, les autorités locales et la gendarmerie, la colère reste vive sur le terrain.
Un révélateur d’un malaise plus profond
Cet épisode, au-delà de son apparente banalité, expose des tensions plus profondes. Il met en lumière la délicate relation entre les forces de sécurité et une jeunesse fidèle à des figures religieuses charismatiques. À Bignona, l’Imam El Hadj Ousmane Fansou Bodian n’est pas seulement un homme de foi. Il incarne une autorité morale et sociale, respectée et suivie, notamment par une jeunesse en quête de repères.
Dans un contexte où les figures religieuses jouent un rôle crucial dans la cohésion sociale, toute atteinte — même perçue — à leur dignité peut rapidement enflammer les esprits.
Vers un retour à la normale ?
Ce mardi soir, la ville reste suspendue à l’issue des nouvelles négociations entamées entre les parties prenantes. Les habitants, fatigués mais inquiets, espèrent un retour rapide à la normale. Mais l’événement laisse un goût amer : celui d’un climat de tension latent, où la moindre étincelle peut provoquer un embrasement.
Le vaste scandale politico-financier révélé par le rapport explosif de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) continue de secouer les cercles du pouvoir et du monde des affaires au Sénégal. Ce lundi, une nouvelle arrestation de poids vient étoffer la liste déjà longue des mis en cause : Abdou Karim Mbacké a été placé sous mandat de dépôt dans le cadre d’une enquête pour blanchiment de capitaux, association de malfaiteurs et complicité d’escroquerie.
Mis en cause dans une transaction douteuse portant sur 10 milliards de francs CFA, Mbacké est désormais formellement inculpé dans cette affaire tentaculaire. Les autorités judiciaires le soupçonnent d’avoir joué un rôle clé dans un réseau structuré de détournement présumé de fonds publics et de transferts financiers occultes à l’échelle transnationale.
Il rejoint en détention Ndèye Seynabou Ndiaye, gérante de la société Woodrose Investment Ltd, écrouée depuis peu pour les mêmes chefs d’accusation. D’après les éléments du dossier, Ndiaye aurait facilité des opérations de blanchiment à travers des circuits financiers complexes, dissimulant l’origine et la destination de sommes colossales.
Le dossier, déjà sulfureux, porte désormais sur un montant global de 31 milliards de francs CFA. Les noms de Tahirou Sarr, homme d’affaires réputé, et de Farba Ngom, député influent et proche du cercle présidentiel, continuent de planer comme de lourdes ombres sur cette enquête qui prend chaque jour davantage l’allure d’un séisme judiciaire.
Si ces derniers n’ont pas encore été inquiétés officiellement par la justice, leur implication présumée dans les réseaux mis à nu par la CENTIF attise l’attention de l’opinion publique et la pression médiatique. Pour beaucoup, ce scandale pourrait bien être l’un des plus grands de la dernière décennie, tant par l’ampleur des montants en jeu que par le profil des personnes citées.
Le parquet, de son côté, affiche une volonté claire de faire toute la lumière sur cette affaire. L’instruction suit son cours et, selon des sources proches du dossier, d’autres arrestations pourraient survenir dans les jours à venir.
Dans une note d’information publiée ce 13 mai, la coalition DJONE annonce son refus de participer au dialogue national convoqué par le président Bassirou Diomaye Faye. Elle dénonce une série d’atteintes graves à l’État de droit, au pluralisme politique et aux libertés fondamentales, pointant notamment l’arrestation d’opposants, les attaques contre la presse et le mépris affiché envers l’opposition.
Dans le cadre de l’ouverture d’un dialogue national, les autorités politiques ont lancé une initiative visant à rassembler les partis politiques du Sénégal. De nombreux partis et coalitions ont été conviés. Toutefois, certaines formations politiques, comme le Parti pour la Justice et le Développement (PJD), n’ont pas été invitées. Son président, Cheikh Ibrahima Diallo, a exprimé son indignation face à cette exclusion lors d’un point de presse.
« C’est une erreur d’entamer un dialogue sans inviter tous les partis politiques. Sans invitation, nous ne pouvons pas y participer », a-t-il dénoncé.
Et d’ajouter : « Si l’absence de certains partis légalement reconnus résulte d’un oubli, il faut corriger cela immédiatement. Je réclame notre droit, et cela doit être respecté. Il est inadmissible que le gouvernement appelle à un dialogue sans que tous les partis politiques soient conviés. Je n’ai reçu aucune invitation. »
Le leader du PJD rappelle que les partis politiques doivent bénéficier d’un soutien financier pour pouvoir mener à bien leurs missions auprès des populations.
« Notre parti est légalement constitué et a reçu son récépissé en 2014. Comment peut-on inviter des coalitions sans convier certains partis, alors que ce sont ces derniers qui les composent ? Les coalitions sont souvent éphémères, contrairement aux partis qui en sont la base. »
Selon lui, cette mise à l’écart traduit une volonté dissimulée : « S’ils cherchent à éliminer certains partis, qu’ils sachent que cela est anormal. Nous réclamons notre droit. »
Cheikh Ibrahima Diallo insiste sur la nécessité d’une transparence totale dans ce processus. « Lorsqu’on lance un dialogue national, tous les partis politiques doivent être invités. Ce n’est pas normal que le gouvernement organise une telle rencontre sans convier l’ensemble des formations. Il semble qu’on cherche à faire disparaître les partis politiques. »
Le président du PJD appelle à l’unité et à la justice. « Réduire le nombre de partis politiques est une erreur à ne pas commettre. Je demande que ces fautes soient corrigées », a-t-il conclu.
Dans les ruelles sablonneuses de Médina Baye, un quartier emblématique de Kaolack réputé pour son rayonnement religieux, un phénomène inquiétant gagne du terrain : l’émergence de groupes de jeunes délinquants qui sèment l’insécurité.
Un quotidien marqué par la peur
Commerçants et habitants témoignent d’un climat de peur grandissant.
« Ils traînent la nuit, armés de couteaux ou de barres de fer. On n’ose plus sortir après une certaine heure », confie Mamadou Diop, commerçant à proximité d’un lieu de rassemblement de ces jeunes.
Âgés pour la plupart de 12 à 20 ans, ces jeunes seraient impliqués dans le trafic et la consommation de chanvre indien, ainsi que dans des actes de vandalisme, selon Cheikh Ahmed Thiam, un résident du quartier.
Un phénomène aux causes multiples
Derrière cette montée de la délinquance juvénile se cache un malaise profond.
« Il y a un abandon des responsabilités parentales et un fort taux d’échec scolaire. C’est honteux de voir Médina Baye dans cet état », déplore un habitant.
L’appel des autorités religieuses
Face à la gravité de la situation, les guides religieux de la confrérie tidiane haussent le ton.
« Nous ne pouvons pas tolérer que des enfants du quartier – ou même d’autres quartiers – salissent l’image de Médina Baye. L’éducation commence aussi dans la rue », a déclaré un guide religieux sous le sceau de l’anonymat.
Ils appellent les autorités à passer à l’action : « Nous voulons des actes concrets, pas seulement des discours. »
Les habitants réclament avec insistance l’implantation d’un poste de police permanent dans la cité religieuse afin de restaurer l’ordre et la sérénité.
À Kolda, la tension est montée d’un cran ces derniers jours suite au mécontentement des travailleurs municipaux, qui ont brandi la menace d’une grève si leurs salaires n’étaient pas versés dans les plus brefs délais. Face à cette situation, le maire Mame Boye Diao, joint par téléphone, a tenu à clarifier les raisons du retard, qu’il qualifie de « situation indépendante de sa volonté ».
Selon l’édile, la principale cause du blocage serait liée à un problème de gestion informatique au niveau de la trésorerie de Kolda, conjugué à la réception tardive du procès-verbal d’approbation budgétaire. « Pourtant, le conseil municipal avait tenu une session le mois dernier, spécialement consacrée au virement de crédits nécessaires pour assurer le paiement des salaires et des émoluments dus aux agents », a-t-il rappelé.
Mais au-delà de ces aspects techniques et administratifs, Mame Boye Diao pointe un mal plus profond : la rareté des ressources financières disponibles pour les collectivités territoriales. Il cite en exemple l’absence prolongée de plusieurs financements cruciaux. « Le PACASEN 2024 et 2025 n’ont toujours pas été reversés. Les fonds de concours, les dotations et même certaines ristournes attendues des prestataires de l’État n’ont pas encore été versés. Cela crée une situation financièrement catastrophique pour les mairies », a-t-il déploré.
Autre difficulté majeure évoquée : le système informatique GFILOG, censé faciliter la gestion comptable des collectivités territoriales. Ce logiciel, selon le maire, est sujet à des pannes fréquentes, ce qui perturbe fortement le traitement des informations nécessaires à la validation des paiements.
« Ce matin encore, alors que le document de paiement est bien arrivé à la trésorerie, les agents n’ont toujours pas été payés », regrette-t-il. Il indique par ailleurs que la trésorerie de Kolda a exigé un réajustement des impôts et charges sociales dus par les agents, à cause d’un mécanisme de calcul défaillant.
Face à ce contexte complexe, les services municipaux ont été contraints de réévaluer et d’harmoniser la grille de rémunération ainsi que celle des incidences sur les charges sociales. « C’est ce cumul de facteurs qui a mené à cette impasse », conclut Mame Boye Diao, appelant à la patience et à la compréhension des travailleurs municipaux.
Marie Diop, connue sous le surnom de « Fifi », a intenté une action en justice contre la compagnie aérienne Royal Air Maroc (RAM) qu’elle accuse de négligence ayant conduit à la mort de sa mère, Marie-Thérèse, 68 ans. La plainte a été déposée devant le tribunal judiciaire de Paris et vise à établir la responsabilité de la compagnie dans le drame survenu lors d’un vol reliant Casablanca à Dakar.
Le 8 février dernier, Marie-Thérèse avait quitté Montpellier pour se rendre à Dakar, où elle comptait se recueillir sur la tombe de son fils, décédé un an plus tôt. Consciente de la fragilité de l’état de santé de sa mère, Marie Diop avait pris soin de réserver une assistance voyageur, notamment pour faciliter l’escale à l’aéroport Mohamed V de Casablanca. Mais à l’arrivée dans la capitale économique marocaine, aucune assistance ne s’est présentée.
Selon le récit livré par Marie Diop au journal Le Parisien, sa mère, déjà affaiblie, a été contrainte de transporter seule son sac à main et sa valise jusqu’à l’avion pour Dakar. Elle serait montée à bord « essoufflée, épuisée », selon les mots de sa fille. Peu après l’installation à son siège, des passagers inquiets de son état ont alerté l’équipage. Un oxymètre de pouls a été utilisé, et le personnel aurait alors considéré que tout était « normal ». Pourtant, Marie-Thérèse ne s’est plus manifestée durant le vol.
C’est finalement un médecin, également passager, qui a tenté de lui porter assistance en lui administrant de l’oxygène. En vain. Le décès de la sexagénaire a été constaté à son arrivée à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) de Dakar.
Pour Marie Diop, aucun doute : sa mère a été victime d’une grave négligence. « Elle est restée là. Elle était en détresse, mais l’équipage de l’avion n’a rien fait. Elle est morte là, seule, ignorée, sous les yeux de tous », dénonce-t-elle. La plainte évoque « des alertes ignorées » et « une absence de gestes de premiers secours » de la part de l’équipage.
L’avocat de Marie Diop, Me Thierry Mazoyer, confirme que la procédure a été engagée au civil. Il assure que la RAM « conteste toute responsabilité » dans cette affaire, et indique qu’un jugement pourrait être rendu d’ici la fin de l’année.
Arona Niang a été placé en garde à vue ce lundi par les éléments de la Division spéciale de la cybercriminalité (DSC), à la suite de la publication de contenus jugés mensongers sur les réseaux sociaux. Il est accusé d’avoir diffusé de fausses informations impliquant des agents de santé dans la propagation volontaire du virus de la Covid-19.
Selon nos sources, cette interpellation fait suite à une publication virale dans laquelle Arona Niang affirmait que certains membres du personnel médical auraient « délibérément transmis le virus à la population ». Une déclaration grave, non étayée par des preuves, qui a rapidement suscité l’indignation des internautes et des professionnels de santé.
Alerté par l’ampleur de la polémique, le parquet s’est saisi de l’affaire. Il a ordonné l’arrestation du mis en cause pour propagation de fausses nouvelles susceptibles de troubler l’ordre public, un délit prévu et puni par la législation en vigueur.
Actuellement en garde à vue dans les locaux de la DSC, Arona Niang sera entendu dans les prochaines heures par les enquêteurs. Ces derniers chercheront à comprendre les motivations derrière cette publication et à identifier d’éventuelles complicités. Le parquet, de son côté, insiste sur l’importance du respect des règles encadrant la communication en ligne, rappelant que la liberté d’expression ne saurait justifier la diffusion de fausses informations, en particulier dans un contexte sanitaire sensible.
Dans une tribune virulente intitulée « L’économie sénégalaise est stressée », Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR, dresse un réquisitoire sévère contre la gouvernance économique du régime de Bassirou Diomaye Faye, arrivé au pouvoir en avril 2024. À ses yeux, le nouveau pouvoir dissimule une crise structurelle derrière des discours creux et des polémiques secondaires, alors que la population sénégalaise s’enfonce dans une précarité grandissante.
« Le panier de la ménagère est vide », déplore Bocoum, qui décrit une société étranglée par les charges fixes et frappée par une inflation persistante, en dépit des mesures annoncées par le gouvernement. En février 2025, l’exécutif lançait une deuxième phase de lutte contre la vie chère, sans effet notable sur le terrain. Le chômage, notamment chez les jeunes, demeure préoccupant : 20,3 % des actifs sont sans emploi, et 34,4 % des 15–24 ans n’ont ni emploi, ni formation, ni perspectives, selon les chiffres avancés par l’opposant.
Lancé en grande pompe le 14 octobre 2024, le plan Sénégal 2050 entend tripler le PIB par habitant et restaurer la souveraineté économique du pays. Thierno Bocoum remet en question la solidité du projet : « Comment bâtir des prévisions solides sans un diagnostic fiable ? » déclare-t-il. Il souligne l’absence d’audit financier à l’époque du lancement, et la publication tardive, par la Cour des comptes, d’un déficit budgétaire atteignant 12,3 % du PIB et d’un taux d’endettement réel de 99,67 %, bien supérieur aux 83,7 % initialement déclarés.
Thierno Bocoum dénonce également un manque de transparence budgétaire. Le régime actuel, qui critiquait la dette sous Macky Sall, aurait selon lui reconduit les mêmes pratiques sans entreprendre de réformes structurelles. Il pointe du doigt l’adoption de lois de finances rectificatives sans débats parlementaires, et l’absence de rapports trimestriels d’exécution budgétaire. Une opacité sanctionnée en février 2025 par Moody’s, qui a abaissé la note souveraine du Sénégal à B3, évoquant des « déficits masqués » et une « gestion opaque ».
Le secteur des BTP, moteur historique de l’emploi urbain, est quasiment à l’arrêt. Son chiffre d’affaires a reculé de 2,6 % en 2024, selon l’ANSD. Aucun projet structurant n’a été relancé, aggravant la crise de l’emploi. Parallèlement, la pression fiscale, qui culmine à 19,3 % du PIB — un record dans l’UEMOA — asphyxie les entreprises et freine la consommation intérieure.
Face à l’impasse économique, de nombreux jeunes choisissent l’exil, parfois au péril de leur vie. Dans les campagnes, la situation est tout aussi dramatique : 16 000 hectares de cultures ont été noyés en 2024, affectant 250 000 personnes et exacerbant l’insécurité alimentaire. Pour Bocoum, ces crises auraient pu être évitées par une gestion plus rigoureuse : « Ce n’est pas une fatalité. C’est une opportunité transformée en impasse. »
Dans une conclusion sans concession, Thierno Bocoum appelle le pouvoir à « sortir des slogans » pour engager un véritable sursaut national. Il exige une « sincérité budgétaire » et un cap clair pour éviter que le pays ne sombre davantage : « Le Sénégal ne peut plus se permettre l’approximation. Le temps du courage est venu. »
À travers cette tribune, Thierno Bocoum s’impose comme l’une des voix critiques les plus virulentes du paysage politique sénégalais. Son analyse, bien que contestable pour certains, souligne l’urgence d’une remise à plat des politiques économiques dans un contexte où les attentes sociales sont immenses et la marge de manœuvre réduite.
Le rappeur et activiste sénégalais Khalifa Ababacar Khoureichi Ba, plus connu sous le nom de Khalifa Rappeur, a été déféré au parquet pour une série de chefs d’accusation lourds : diffamation, injures publiques, diffusion de données personnelles, provocation aux crimes et mise en danger de la vie d’autrui.
Selon les informations rapportées par Libération, l’artiste controversé est poursuivi à la suite de plusieurs plaintes déposées par des personnalités influentes du monde des affaires et de la politique : Kinan Menheim, PDG de Cercis Group, Moustapha Sow, dirigeant de SF Capital, et Mame Boye Diao, ancien directeur des Domaines. Khalifa Rappeur les accuse respectivement de tentative d’empoisonnement, de détournements de fonds et d’accaparement foncier.
Devant les enquêteurs, le rappeur a assumé l’intégralité de ses déclarations, revendiquant son rôle de « lanceur d’alerte ». Il affirme avoir voulu attirer l’attention du parquet financier sur des faits qu’il juge graves. Toutefois, il n’a apporté aucune preuve tangible pour étayer ses accusations, se basant essentiellement sur des contenus publiés sur les réseaux sociaux et dans certains médias, souligne le journal.
Khalifa Rappeur a également reconnu avoir publié des informations personnelles sur les personnes visées, notamment des photos de domiciles et des plaques d’immatriculation, actions qu’il justifie par son engagement militant. Conscient de la gravité de la situation, l’artiste a exprimé ses regrets, présenté des excuses aux plaignants et promis de supprimer les publications incriminées, dans l’espoir d’une clémence de la justice.
Ce n’est pas la première fois que Khalifa Rappeur se retrouve confronté à la justice pour des faits similaires. Déjà poursuivi en 2021 et 2024, son cas pose une nouvelle fois la question de la frontière entre liberté d’expression, activisme citoyen et responsabilité juridique.
L’Agence de Coopération des entités gouvernementales belges francophones (APEFE), en partenariat avec le ministère de la Famille et des Solidarités, met sur la table une enveloppe de 2 milliards de francs CFA à travers le programme “JIGEEN Ni Tamit 2.0”. Ce programme vise à accompagner 200 femmes entrepreneures sénégalaises, dont 100 issues des régions de Ziguinchor et Kolda.
“JIGEEN Ni Tamit 2.0” est une initiative dédiée à l’autonomisation économique des femmes, en particulier celles œuvrant dans le secteur de la transformation agroalimentaire. Les filières ciblées sont notamment celles du lait, de la pêche (halieutique), ainsi que des fruits et légumes, comme l’a précisé Alsény Bangoura, adjoint au gouverneur chargé du développement. Ce dernier présidait la réunion du Comité régional de développement (CRD) consacrée au lancement des activités opérationnelles du programme.
Selon M. Bangoura, “ce programme vient à son heure”, soulignant que Ziguinchor est reconnue pour le dynamisme de ses organisations féminines dans le domaine de la transformation agroalimentaire. Le choix de cette région pour le lancement n’est donc pas anodin. Il s’agit d’accompagner ces femmes dans la formalisation de leurs structures, de renforcer leurs capacités techniques et de les aider à améliorer le marketing territorial de leurs produits.
De son côté, Nancy Ndour, directrice de l’autonomisation économique des femmes au ministère de la Famille et des Solidarités, a précisé que l’objectif principal du programme est d’améliorer le développement et l’organisation des entreprises dirigées par des femmes. Elle a ajouté que 100 femmes seront sélectionnées dans les régions de Kolda et Ziguinchor, selon des critères d’éligibilité bien définis.
Pour Françoise Daxhelet, administratrice des programmes de l’APEFE, il s’agit là d’un partenariat solide et durable :
“Nous sommes très heureux d’appuyer le ministère dans la mise en œuvre de ce programme qui entre aujourd’hui dans sa deuxième phase. Celle-ci est dotée d’un budget d’environ 2 milliards de francs CFA, et s’étendra jusqu’au 31 décembre 2026.”
À l’approche du Dialogue Politique National initié par le Président de la République, la société civile sénégalaise se mobilise pour jouer pleinement son rôle de sentinelle démocratique. À travers un atelier stratégique de préparation, organisé par le consortium ONG 3D, COSCE, GRADEC et autres structures partenaires, une dynamique collective se met en place pour garantir une participation forte, cohérente et inclusive aux prochaines réformes politiques et électorales.
Cet atelier, parrainé par l’Union Européenne dans le cadre du programme Saxal Jamm, met sur la table trois thématiques majeures : la démocratie et les droits de l’homme, le processus électoral et les réformes institutionnelles. Trois axes considérés comme fondamentaux pour asseoir une gouvernance transparente, équitable et durable.
Pour Babacar Fall, secrétaire général du GRADEC, « cette initiative constitue une réponse nécessaire à l’appel au dialogue, mais également une barrière contre le danger d’une déviation institutionnelle ». Un avertissement qui prend tout son sens alors que des menaces de boycott planent sur le processus. La société civile, consciente des risques de polarisation, tire la sonnette d’alarme : l’absence de certains acteurs à la table des négociations pourrait porter atteinte à l’équilibre démocratique du pays.
Moundiaye Cissé, directeur exécutif de l’ONG 3D, renchérit : « Le dialogue, même face aux divergences, est essentiel pour toute progression démocratique ». À ses yeux, la société civile ne peut se contenter d’un rôle d’observateur. Elle doit être un régulateur actif, capable de rassembler syndicats, partis politiques, mouvements citoyens, jeunes, femmes, personnes en situation de handicap, et ambassadeurs de la paix autour d’un espace d’échange national.
Dans cette perspective, les organisateurs entendent porter la voix de la base à travers un mémorandum partagé, fruit des débats de l’atelier, qui servira de boussole pour orienter les grandes décisions à venir. Il s’agit d’aller au-delà des mots et de proposer des pistes concrètes, réalistes et acceptables pour une refondation du contrat social et politique.
Mais l’enjeu dépasse le seul cadre des discussions politiques. Il s’agit aussi, selon les acteurs présents, d’un acte de survie pour la démocratie sénégalaise. Dans un contexte de tensions, de méfiance institutionnelle et d’incertitudes, seule une concertation authentique, inclusive et pérenne permettra d’éviter les fractures profondes et les dérives autoritaires.
Un terrible accident de la route a endeuillé la commune de Diamniadio dans la nuit du samedi au dimanche. Quatre jeunes originaires du quartier de Mbounka Bambara ont perdu la vie dans un drame survenu alors qu’ils rentraient d’une virée à Mbour.
Les victimes, liées par une forte amitié et connues dans leur quartier, ont été identifiées comme Ousseynou Gueye, un jeune militaire, Alpha Omar Ba, Madou Mendy et Lamarana Diallo. Selon les premières informations, leur véhicule aurait dérapé avant d’entrer en collision violente avec un camion stationné sur le bord de la route. Le choc, d’une extrême brutalité, n’a laissé aucune chance aux quatre passagers, qui sont décédés sur le coup.
Les corps ont été transférés à l’hôpital de Mbour 4, où ils reposent encore ce dimanche soir. En raison de la présence d’un militaire parmi les victimes, une autopsie a été ordonnée, retardant la remise des dépouilles aux familles. Les cérémonies funéraires devront également se conformer au protocole militaire en vigueur. La restitution des corps est prévue pour ce lundi.
À Mbounka Bambara, l’émotion est à son comble. Le quartier est plongé dans une profonde tristesse depuis l’annonce de la tragédie. Très affecté, l’artiste Baba Maal, résident du quartier, s’est rendu à l’hôpital pour exprimer sa solidarité avec les familles endeuillées.
Malgré les élans de compassion, l’attente prolongée causée par les démarches administratives rend le deuil encore plus difficile à supporter pour les proches des victimes. Le quartier tout entier reste suspendu à l’espoir d’un dernier hommage digne à ces jeunes partis trop tôt.
Le drame qui a endeuillé la plage Malibu de Guédiawaye vendredi matin s’est conclu dans la douleur et l’émotion. Aïssata Sankharé, la dernière des trois collégiennes emportées par les vagues, a été retrouvée sans vie dans la soirée de vendredi, aux abords de la plage des Parcelles Assainies. Une fin tragique pour une sortie qui n’aurait jamais dû se terminer ainsi.
Tout avait commencé en dehors des heures de cours. Trois amies, Coumba Laye Diop, Maïmouna Dia et Aïssata Sankharé, toutes élèves en classe de 5e au CEM de la Cité des Enseignants, s’étaient rendues à la plage. Les corps de Coumba et Maïmouna avaient été rapidement repêchés par les secours. Celui d’Aïssata, en revanche, était resté introuvable pendant de longues heures, alimentant l’espoir, puis l’angoisse.
Ce n’est qu’aux environs de 23h que la terrible nouvelle est tombée : la police du poste de Golf a contacté la famille. Fanta Sankharé, tante paternelle et tutrice d’Aïssata, a été appelée d’urgence à l’hôpital Dalal Jamm pour procéder à l’identification de la dépouille. Le corps a ensuite été transféré à l’hôpital Idrissa Pouye pour autopsie, avant l’inhumation prévue samedi à Yoff.
Rencontrée à son domicile de Gueule-Tapée 2, Fanta Sankharé raconte, la voix brisée par la douleur :
« Aïssata m’avait dit qu’elle allait à l’école. C’était tard, mais je ne me suis pas méfiée… Elle n’avait pas cours ce jour-là. »
C’est après la prière de 14h que l’inquiétude a commencé à grandir. Un appel de l’établissement vient confirmer l’impensable : « Trois filles se sont noyées. Là, j’ai su. »
Très attachée à sa nièce, qu’elle décrit comme respectueuse, douce et obéissante, Fanta peine à accepter l’irréparable. Aïssata laisse derrière elle une famille effondrée, un quartier en deuil et une école sous le choc.
Guinguinéo, Sénégal – Une onde de choc secoue la paisible commune de Guinguinéo après la découverte macabre du corps sans vie de Coumba Dali Diallo, une commerçante âgée d’une cinquantaine d’années. Le drame s’est noué dans la nuit du jeudi au vendredi, aux environs de 01h30 du matin, au sein de l’ancienne gare ferroviaire, aujourd’hui laissée à l’abandon, non loin du quartier Campement.
Selon les informations rapportées par le quotidien L’Observateur, ce sont de jeunes noctambules, habitués des lieux, qui ont découvert la scène d’horreur. Le cadavre de la commerçante gisait au sol, entièrement dénudé, portant des traces manifestes de violence, notamment au niveau du visage. Une scène glaçante qui témoigne d’une agression d’une rare brutalité.
La victime venait de rentrer du marché hebdomadaire de Diaobé, d’où elle s’approvisionnait régulièrement en légumes pour son commerce. Depuis son départ pour ce marché, elle n’avait plus donné signe de vie. Son absence prolongée avait commencé à inquiéter ses proches.
À Guinguinéo, la consternation est immense. Coumba Dali Diallo était connue pour sa discrétion, sa piété, son sourire constant et son dévouement au travail. Aucune animosité connue ne pesait sur elle, ni conflit familial, ni tensions professionnelles. Sa mort brutale et l’acharnement dont elle a été victime posent une question troublante : qui pouvait bien lui en vouloir à ce point ?
Alertées immédiatement, les forces de l’ordre ont sécurisé les lieux du crime et procédé aux premières constatations sous les faisceaux de leurs lampes torches. L’enquête a été confiée à la brigade de gendarmerie de Koumpentoum. Une autopsie a été ordonnée pour déterminer les causes exactes du décès, pendant que le corps repose à la morgue.
Des auditions sont en cours auprès des commerçants, proches et personnes ayant croisé la victime ces dernières heures, dans l’espoir de reconstituer son itinéraire et peut-être identifier un suspect ou un mobile. Pour l’heure, toutes les hypothèses sont envisagées : meurtre crapuleux, crime rituel, ou encore règlement de compte personnel déguisé.
Mais l’enquête s’annonce complexe. La scène du crime, située dans un espace abandonné sans vidéosurveillance ni témoins fiables, rend la collecte de preuves particulièrement difficile.
Dans les rues de Guinguinéo, l’émotion est palpable. La communauté locale, sous le choc, réclame justice et appelle à un renforcement de la sécurité, notamment dans les zones désertées et vulnérables. Beaucoup espèrent que les enquêteurs parviendront à lever le voile sur ce crime effroyable et à traduire le ou les coupables devant la justice.
L’ancien ministre du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, Mansour Faye, est désormais dans le viseur de la justice sénégalaise. Ce lundi 12 mai, le quotidien L’Observateur a rapporté que le beau-frère de l’ex-président Macky Sall a déclaré “ne pas se voir en prison”, en réaction à la procédure engagée contre lui dans le cadre de la gestion du fonds de riposte contre la pandémie de Covid-19.
Ce fonds, d’un montant de 1.000 milliards de francs CFA, avait été mobilisé par l’État du Sénégal, sous le régime de Macky Sall, avec l’appui de plusieurs bailleurs internationaux. Il visait à renforcer le système sanitaire, soutenir les ménages les plus vulnérables, préserver le tissu économique et maintenir les emplois durant la crise sanitaire.
Mais deux ans après, en décembre 2022, la Cour des comptes publiait un rapport accablant. Plusieurs irrégularités y ont été relevées, notamment des cas de surfacturation : 2,7 milliards de francs CFA dans l’achat de riz destiné aux ménages défavorisés et 42 millions de francs CFA dans l’acquisition de gel hydro-alcoolique. Ces anomalies ont entraîné des soupçons de mauvaise gestion, voire de détournement de fonds publics.
En réponse, l’Assemblée nationale a voté des résolutions de mise en accusation pour faire toute la lumière sur la gestion de ces ressources exceptionnelles. Mansour Faye, qui était aux commandes d’un département stratégique durant cette période, est l’un des principaux mis en cause.
Malgré l’ouverture de cette procédure judiciaire, l’ancien ministre continue de clamer son innocence. Ses déclarations, relayées par L’Observateur, témoignent d’un refus de reconnaître toute responsabilité dans les malversations pointées par la Cour des comptes.
L’opposant ivoirien Tidjane Thiam a annoncé ce lundi 12 mai sa démission de la présidence du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principal parti d’opposition du pays. Une décision surprenante dans un contexte politique tendu, à moins de six mois de la présidentielle prévue en octobre 2025, pour laquelle il reste toutefois déterminé à se battre, malgré son exclusion de la liste électorale.
« Dans l’intérêt du parti, j’ai décidé de remettre entre vos mains, à vous les militants, mon mandat de président du parti », a-t-il déclaré dans une allocution diffusée sur ses réseaux sociaux.
Tidjane Thiam, ancien patron du Crédit Suisse, avait été élu à la tête du PDCI en décembre 2023. Mais cette élection fait l’objet d’un recours judiciaire : une militante du parti conteste sa nationalité ivoirienne au moment du scrutin, affirmant qu’il ne remplissait pas les conditions statutaires du PDCI.
Malgré cette démission, Thiam ne jette pas l’éponge. Il a réaffirmé sa volonté de mener son parti à la victoire à la présidentielle d’octobre 2025 :
« Cette décision ne change rien à l’engagement que j’ai pris en décembre 2023 de conduire personnellement notre parti à la victoire. »
Le 30 avril dernier, la justice ivoirienne a prononcé la radiation de Tidjane Thiam de la liste électorale, au motif qu’il avait perdu sa nationalité ivoirienne lors de son inscription en 2022, période durant laquelle il détenait également la nationalité française. Bien qu’il ait officiellement renoncé à sa nationalité française en mars dernier, cette radiation le rend actuellement inéligible.
Cette exclusion rappelle le cas d’autres figures majeures de l’opposition, comme l’ancien président Laurent Gbagbo, également écarté de la course en raison de condamnations judiciaires.
Tidjane Thiam reste confiant quant à son avenir politique et espère obtenir à nouveau la confiance des militants du PDCI pour reprendre la tête du parti :
« Je sais qu’après m’avoir élu en 2023, vous m’accorderez de nouveau votre confiance. »
Dans un paysage politique de plus en plus verrouillé, la course à la présidentielle ivoirienne s’annonce pleine d’incertitudes.
Le stadium Marius Ndiaye a vibré ce dimanche au rythme d’un double choc explosif, marqué par les finales de la Coupe Saint-Michel chez les hommes et de la Coupe de la Ligue chez les dames. À l’issue de deux rencontres riches en intensité et en émotions, le Dakar Université Club (DUC) et l’ASC Ville de Dakar se sont partagé les honneurs, chacun repartant avec un trophée.
Dans une finale masculine très attendue, le DUC a pris sa revanche face à l’ASC Ville de Dakar. Battus lors de précédentes confrontations, les Étudiants ont cette fois fait preuve de sang-froid pour s’imposer 71-68. La rencontre a été âprement disputée, notamment dans le money-time, avec un retour spectaculaire de la Ville de Dakar qui avait pourtant mal entamé la partie (seulement 2 points inscrits en plus de 5 minutes de jeu). Menés 36-30 à la pause, les hommes de Libasse Faye ont recollé au score à moins de quatre minutes de la fin, mais le DUC a tenu bon pour décrocher son premier titre de la saison et sauver son exercice 2024-2025.
Chez les dames, l’ASC Ville de Dakar a livré une démonstration de force impressionnante face au DUC. Les protégées de la capitale se sont imposées avec une autorité incontestée, 79-37, dans une finale à sens unique. Dès l’entame, les Duchesses ont été débordées (24-11 à la fin du premier quart-temps) et n’ont jamais pu contenir la supériorité physique et tactique de leurs adversaires. Cette victoire nette et sans bavure permet à l’ASC Ville de Dakar de remporter son premier trophée de la saison et d’annoncer clairement ses ambitions de Grand Chelem.
Ce dimanche de finales a confirmé la suprématie du DUC et de la Ville de Dakar dans le paysage du basket sénégalais. Chacun repart avec un trophée dans un équilibre parfait entre les deux institutions. Si les hommes du DUC se relancent après une saison compliquée, les dames de la Ville de Dakar confirment leur statut de machine à gagner. Deux visages, un même objectif : dominer le basket sénégalais.
Alors que le fils de l’ex-président, Amadou Sall, est visé par une enquête du Parquet financier, Mansour Faye monte au créneau et accuse le pouvoir actuel de vouloir atteindre Macky Sall à travers sa famille.
L’affaire fait grand bruit dans le landerneau politico-judiciaire sénégalais. Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall, devait se présenter le 7 mai dernier devant le Pool judiciaire financier (PJF), dans le cadre de l’enquête sur des transactions financières jugées douteuses, pour un montant faramineux de 125 milliards de francs CFA. Un rapport accablant de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) aurait pointé son nom, entre autres, dans cette affaire qui secoue actuellement les hautes sphères de l’État.
Mais le principal concerné ne s’est pas présenté à sa convocation. Les raisons de son absence restent floues, voire inconnues à ce jour. En réaction, le Parquet financier a requis un mandat de dépôt contre toutes les personnes impliquées dans ce scandale présumé. Une décision qui suscite indignation dans le camp de l’ancien régime.
Pour Mansour Faye, ancien ministre et maire de Saint-Louis, cette procédure judiciaire n’est qu’un écran de fumée visant à atteindre une cible bien plus symbolique : l’ancien chef de l’État lui-même. « Ce n’est pas Amadou Sall qu’ils veulent, c’est Macky Sall. Cette affaire est une entreprise politique, une chasse à l’homme », a-t-il martelé dans un entretien accordé à L’Observateur, paru ce lundi.
Le beau-frère de Macky Sall ne cache pas son amertume et dénonce une cabale politique mal dissimulée. « Ils vont lamentablement échouer. Ils ne pourront jamais ébranler ni la famille biologique de Macky Sall, ni sa famille politique », tranche-t-il avec assurance.
Mansour Faye défend fermement le bilan de son beau-frère, qu’il érige en modèle de gouvernance. « Macky Sall a fait du Sénégal ce que notre pays est devenu jusqu’à son départ. Aujourd’hui, nous sommes la risée du monde entier avec des dirigeants qui ne savent pas où ils vont. Pendant ce temps, Macky Sall rayonne à l’international. Quel gâchis ! », lance-t-il, amer.
L’affaire des Dépôts à Terme (DAT) non reversés au Trésor public prend une nouvelle ampleur. Après les premières révélations fracassantes du rapport de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques entre 2019 et mars 2024, c’est désormais l’ancien ministre délégué chargé du Budget, Birima Mangara, qui se retrouve au centre d’une tourmente judiciaire pour un montant de 10,5 milliards FCFA.
Selon des informations exclusives rapportées par L’Observateur, deux courriers signés de Birima Mangara ont mis le feu aux poudres. Le premier, référencé N°004459 MEFP/DGCPT/TG, autorise le placement de 10,5 milliards FCFA en dépôt à terme à la banque Crédit du Sénégal. Le second, daté du 12 juillet 2017 (N°7056 MEFP/DGB), ordonne un virement de 10 milliards FCFA à la Conciliation foncière de l’UEMOA — sans qu’aucune justification légale ne soit avancée.
Ce double mouvement financier, effectué en toute discrétion, suscite aujourd’hui des interrogations graves sur l’usage réel de ces fonds publics et sur les chaînes de contrôle internes à l’administration budgétaire de l’époque.
Mais ce cas n’est que la face visible d’un iceberg plus vaste. Toujours selon L’Observateur, 141 milliards de FCFA de Dépôts à Terme auraient été cassés avant leur échéance sans être réinjectés dans les caisses de l’État. Une perte colossale, synonyme d’un manque à gagner majeur pour les finances publiques, que la Cour des comptes qualifie d’opération “hors cadre légal”.
Le schéma présumé repose sur un système opaque : de gros placements dans des établissements bancaires, puis des retraits anticipés, dans des zones grises échappant à la traçabilité du Trésor public. Une “privatisation rampante” des fonds publics, selon certains experts, qui dénonce une gestion parallèle de l’argent de l’État.
Aujourd’hui député à l’Assemblée nationale, Birima Mangara bénéficie de l’immunité parlementaire. Pour que les enquêteurs puissent l’auditionner, cette immunité devra être levée, à moins que l’ancien ministre ne décide de se présenter volontairement devant les autorités judiciaires.
La pression est d’autant plus forte que d’autres hauts responsables sont cités dans ce dossier explosif. Il s’agit notamment d’Amadou Bâ, ex-ministre des Finances et ancien Premier ministre, ainsi que Cheikh Tidiane Diop, ex-secrétaire général du ministère des Finances devenu plus tard directeur du Trésor.
La balle est désormais dans le camp du Parquet financier, qui pourrait donner son feu vert à des convocations devant la Division des investigations criminelles (DIC). Si l’affaire suit son cours, elle pourrait devenir l’un des plus grands scandales de détournement de fonds publics de la décennie au Sénégal.
Sous un soleil matinal éclatant, la communauté de Darou Ridwane Extension 1, dans la commune de Kaolack, s’est rassemblée ce dimanche 11 mai 2025 pour une grande journée de Set Sétal, une tradition bien ancrée au Sénégal visant à promouvoir la propreté et l’hygiène dans les quartiers. L’événement a été organisé par le responsable politique de la coalition Mimi 2024, Ismaïla Konaté, alias « Mimi Touré ».
Cette journée a été marquée non seulement par des actions de nettoyage, mais aussi par des séances de sensibilisation sur les dangers de l’insalubrité. Dès 8 heures, les jeunes du quartier, munis de balais, de râteaux et de brouettes, se sont activés avec détermination.
« Set Sétal, c’est notre devoir citoyen. Nous devons montrer l’exemple et protéger notre santé. La propreté doit devenir une culture, et non un événement ponctuel », a plaidé M. Konaté.
« L’objectif de cette journée est de promouvoir la propreté et l’engagement citoyen à travers notre ville. C’est pourquoi nous avons mobilisé les jeunes du quartier Darou Ridwane Extension 1, afin de rendre notre localité propre », a-t-il rappelé.
Dans une ambiance conviviale et participative, les habitants ont uni leurs efforts pour améliorer leur cadre de vie.
« Ensemble, nous sommes en train de donner à notre quartier l’environnement sain qu’il mérite. Des réflexions sont en cours pour rendre ces journées de nettoyage plus efficaces et pérennes », a conclu M. Konaté.
Lors du Conseil des ministres du 24 avril, le Premier ministre a réaffirmé la volonté de l’État de lutter farouchement contre la mendicité, en particulier celle des enfants, sur l’ensemble du territoire national. Une initiative saluée par les maîtres coraniques, qui rappellent toutefois que toute mesure de cette nature doit être précédée de larges concertations entre l’État et les acteurs de l’enseignement coranique au Sénégal.
Malgré l’adoption de la loi n°2005-06 interdisant la mendicité des enfants, la réalité reste alarmante. Selon un rapport d’Amnesty International, plus de 100 000 enfants errent encore dans les rues. Cette situation explique la sortie du Premier ministre lors du Conseil des ministres, où il a réitéré la ferme volonté du gouvernement d’éradiquer le phénomène des enfants de la rue.
« C’est une décision salutaire, car la mendicité des enfants talibés ne peut être associée à l’islam. Les pères fondateurs comme Mame El Hadj Abdoulaye Niass et Cheikh Al Islam Baye Niass possédaient des daaras, mais ils les associaient aux travaux champêtres afin de garantir leur souveraineté alimentaire », a rappelé Thierno Amadou Diallo, président de l’Association Nouvelle Vision de l’Éducation, de la Santé et de l’Action Humanitaire (ANVESH).
Le muezzin de la Grande Mosquée de Médina Baye et bienfaiteur reconnu des écoles coraniques insiste néanmoins sur la nécessité de concertations : « Cette réforme doit réussir, car les enfants talibés sont exposés à des dangers tels que la pédophilie et les crimes dans les rues. Pour cela, il faut discuter avec tous les maîtres coraniques et les guides religieux afin de lever les amalgames. »
Pour accompagner le président de la République et son Premier ministre dans cette mission, l’ANVESH a inauguré un daara moderne dédié à plus de 50 orphelins. L’infrastructure comprend des dortoirs, un logement pour le maître coranique, une salle d’éducation, une administration et des toilettes modernes, pour un coût total de 6 millions de francs CFA.
« Depuis 13 ans, l’ANVESH a construit et équipé plus de 10 écoles coraniques dans le périmètre communal de Kaolack. Au-delà de l’éducation, l’association a aussi offert des denrées alimentaires à plusieurs daaras, ainsi que des fauteuils roulants au Centre hospitalier régional El Hadj Ibrahima Niass. L’ensemble de ses actions sociales est estimé à plusieurs dizaines de millions de francs CFA », a souligné Cheikh Thierno Amadou Diallo.
Ce dernier a également rappelé que la mendicité avait autrefois une valeur pédagogique : « Elle servait à cultiver l’humilité chez les talibés. Aujourd’hui, malheureusement, elle est devenue une quête effrénée d’argent. Les enfants sont livrés à eux-mêmes, exposés aux dangers, parfois jusque tard dans la nuit. »
Pour faire face à ces fléaux et offrir aux enfants issus de familles démunies un environnement sûr et épanouissant pour l’apprentissage du Coran, l’ANVESH s’engage à multiplier ce type d’infrastructures, à l’image de celle érigée à Médina 2.
Cheikh Thierno Amadou Diallo a conclu en remerciant ses partenaires sénégalais, gambiens et turcs pour leur soutien, tout en lançant un appel solennel aux autorités éducatives, aux mécènes et aux bonnes volontés pour les accompagner dans leurs futurs projets.
La 34e édition du Gamou de Fansou Bodian s’est tenue ce vendredi 9 mai 2025, en présence du Premier ministre Ousmane Sonko, à la tête d’une forte délégation. Lors de la cérémonie officielle, l’imam Fansou Bodian, par la voix de son porte-parole, a adressé plusieurs messages forts à l’endroit des autorités, des fidèles et de la jeunesse sénégalaise.
Parmi ses principales doléances, l’érudit de l’islam a plaidé pour une amélioration du système de santé dans la région :
« Nous souhaitons que le centre de santé de Bignona soit érigé en hôpital de niveau 2, afin de répondre plus efficacement aux besoins sanitaires des populations du département et de la région », a-t-il déclaré.
Il a également exhorté l’État à accompagner les daaras, en soutenant particulièrement les maîtres coraniques, qui jouent un rôle fondamental dans la formation spirituelle des jeunes.
Prenant la parole à son tour, le Premier ministre Ousmane Sonko a transmis un message du président de la République :
« Cher imam El Hadji Fansou Bodian, recevez les salutations les plus sincères du chef de l’État. Je suis fier d’être ici pour participer à cet événement religieux d’envergure internationale. Le chef de l’État m’a chargé de vous demander de prier pour un Sénégal de paix, de prospérité, mais surtout pour une paix définitive et durable en Casamance », a-t-il déclaré.
Placée sous le thème « Le développement d’un pays est entre les mains de sa jeunesse », cette édition du Gamou a été marquée par un appel fort à la cohésion nationale, au respect des lois et des institutions.
« Il faut respecter les lois et les institutions de ce pays. Que personne n’enfreigne la loi en espérant mon soutien ou ma protection », a averti l’imam Fansou Bodian lors de la célébration proprement dite.
Il a aussi lancé un appel à l’unité :
« Arrêtons les querelles inutiles, les invectives, évitons la haine, et unissons-nous pour travailler au développement de notre cher Sénégal. Personne ne peut développer ce pays à notre place. Il faut le mettre au-dessus de tout », a-t-il souligné.
S’adressant à la jeunesse, il a encouragé :
« Armez-vous de courage, de savoir et de foi. Travaillez pour réaliser vos rêves et réussir, tout en restant fidèles à vos valeurs spirituelles. »
Cette 34e édition du Gamou de Fansou Bodian a rassemblé des milliers de fidèles venus de toutes les régions du Sénégal, de la sous-région et même de la diaspora, témoignant ainsi de l’importance et de la portée spirituelle de l’événement.
Un nouveau rebondissement est survenu dans l’affaire de l’effondrement partiel d’un immeuble à Ngor, survenu le jeudi 8 mai 2025 et ayant coûté la vie à deux personnes, en plus de faire un blessé. Selon des informations exclusives obtenues par Seneweb, trois individus ont été arrêtés par la Brigade de proximité de Ngor : l’entrepreneur M. F., le responsable de chantier C. N. et le conducteur de l’engin M. C.
Les trois suspects ont été placés en garde à vue dans les locaux de cette unité de la gendarmerie. Ils sont poursuivis pour homicide involontaire et blessures involontaires, et pourraient également être inculpés pour destruction de biens appartenant à autrui. Sauf changement de dernière minute, leur déferrement devant le Tribunal de grande instance de Dakar est prévu pour ce lundi.
Les premières conclusions de l’enquête menée par les gendarmes révèlent que les trois mis en cause réalisaient des travaux de creusement de sous-sol sur un terrain mitoyen. Cette opération a gravement fragilisé la structure de l’immeuble voisin, provoquant son effondrement partiel. Une négligence manifeste a été établie par les enquêteurs.
Contrairement aux rumeurs largement relayées sur les réseaux sociaux, le propriétaire de l’immeuble effondré est lui-même une victime dans cette affaire. Les travaux menés sur le terrain adjacent ont directement entraîné l’affaissement de son bâtiment. Les pertes matérielles sont estimées à plusieurs millions de FCFA.
Par ailleurs, la personne blessée dans l’accident, un ressortissant français, a pu quitter l’hôpital, selon une source proche du dossier. Son pronostic vital n’a jamais été engagé.
Pour rappel, juste après le drame, les forces de la gendarmerie ont mis en place un dispositif sécuritaire renforcé sur les lieux. Grâce à la réactivité et au professionnalisme des éléments de la Brigade de proximité de Ngor, l’enquête a été menée tambour battant et a permis d’identifier rapidement les responsables.
Le Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal a organisé, ce dimanche à Kaolack, une grande randonnée pédestre. L’événement a réuni des professionnels de santé, des habitants et des sympathisants venus des quatre coins de la commune. Mais au-delà de la simple promenade, cette initiative poursuivait un double objectif : promouvoir l’activité physique comme vecteur de santé publique, et renforcer les liens entre pharmaciens et populations. Elle a également servi de cadre pour alerter sur les dangers des médicaments vendus dans la rue.
À travers cette randonnée, le Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal réaffirme son engagement à œuvrer pour une santé de proximité, ancrée au cœur des communautés.
« Vous savez, nous avons la lourde responsabilité de veiller à la défense des intérêts matériels, moraux, voire économiques des pharmaciens. Mais au-delà de cette mission, nous avons aussi celle d’inciter nos confrères et consœurs à exercer dignement la profession pharmaceutique, et à jouer pleinement notre rôle dans la santé publique », a expliqué Dr Bamba Ndour, président du Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal.
Il a tenu à clarifier la notion de médicament : « Un médicament suit un circuit d’approvisionnement sécurisé, de la production à la dispensation. Tout médicament qui sort de ce circuit légal est considéré comme un faux médicament. Je ne parle pas ici uniquement de contrefaçon, qui est une autre problématique. Un médicament contrefait est un produit fabriqué sans respecter les normes de fabrication. On ne peut donc garantir ni sa composition, ni son innocuité, ni son efficacité thérapeutique », a rappelé Dr Ndour.
Face à cette situation, le syndicat insiste sur la nécessité de sensibiliser la population, première victime de ces produits dangereux. « Il est essentiel que nos communications sur la santé publique soient orientées vers les citoyens, car ils sont les premiers concernés par les risques liés aux médicaments de la rue », a-t-il ajouté.
Les médicaments de la rue — également appelés médicaments falsifiés ou de qualité inférieure — représentent un grave danger pour la santé publique, notamment dans les zones où l’accès aux soins est limité. Ces produits contiennent souvent des doses incorrectes de principes actifs, ce qui peut entraîner l’inefficacité du traitement, l’aggravation de l’état de santé du patient, voire sa mort.
Dr Papa Moustapha Fall, pharmacien et membre du syndicat, a, lui aussi, tiré la sonnette d’alarme :
« Le Syndicat des pharmaciens privés interpelle les autorités sanitaires et publiques sur la prolifération inquiétante des médicaments vendus dans la rue. Nous appelons à un renforcement des contrôles et à l’application stricte des lois interdisant la vente illicite de médicaments, tout en plaidant pour une meilleure sensibilisation des citoyens sur les risques encourus », a-t-il averti.
Les utopies absurdes d’Israël et de Trump opposées à une prise de position remarquée de Macron
Le conflit israélo-palestinien demeure ce sujet sensible et fâcheux qui n’en finit pas. Alors que certains se battent pour Gaza, d’autres se battent contre Gaza. D’un côté, on vous accuse de terrorisme ; de l’autre, on vous reconnaît des droits. Ce paradoxe constitue un contresens à la fois historique, diplomatique et politique. Bref, un sujet profondément clivant.
Dans les mois à venir, une reconnaissance de l’État palestinien pourrait voir le jour. La France, à travers les récentes déclarations d’Emmanuel Macron, semble s’orienter vers cette voie. Une prise de position remarquée et applaudie, à gauche comme à droite de l’échiquier politique français, bien que certains jugent le timing mal choisi. Quoi qu’il en soit, cela marque un retour de la France dans ce qu’on appelait autrefois sa “politique arabe” – ce grand mythe dont elle s’était éloignée, et qui refait aujourd’hui surface.
Depuis son retour d’Égypte, il y a quelques jours, Emmanuel Macron ne cache plus sa position : il est prêt à reconnaître l’État palestinien. Reste une question majeure : cette solution a-t-elle une chance d’aboutir ? Difficile d’y répondre, tant la colonisation se poursuit en Cisjordanie, où les soi-disant “territoires palestiniens” sont aujourd’hui grignotés par des colonies israéliennes. Des routes de contournement exclusivement réservées aux véhicules israéliens empêchent toute continuité territoriale – une condition pourtant indispensable à la naissance d’un État viable.
La reconnaissance par la France d’un État palestinien est donc aussi une manière de marquer son désaccord avec la conduite de la guerre à Gaza. C’est une façon de se démarquer et de ne pas être complice. Mais la France ne doit pas rester seule dans cette posture. Elle doit entraîner avec elle quelques-uns des piliers de l’Union européenne. Car une telle initiative suscite des attentes : la France doit désormais passer à l’acte, sans quoi elle risquerait de se discréditer. L’objectif est clair : déclencher une cascade de reconnaissances, dans un esprit de consensus et de réciprocité.
Pendant ce temps, Israël rappelle massivement ses réservistes, ce qui laisse présager une escalade. L’offensive annoncée serait reportée après la visite de Donald Trump au Moyen-Orient. Ce dernier prévoit des entretiens avec l’Arabie saoudite et le prince héritier Mohammed Ben Salmane. Des rencontres qui pourraient, selon Trump lui-même, conduire à des changements de stratégie. Le paradoxe, c’est que Trump – malgré son manque de fiabilité et de cohérence – reste un acteur central du jeu au Moyen-Orient. Il exerce une influence réelle sur Israël et l’Arabie saoudite, devenue chef de file des pays arabes.
La situation est donc épouvantable et inquiétante : pour les Palestiniens, pour les Israéliens, et pour de nombreux peuples de la région. Israël menace désormais de faire à l’Iran ce qu’il a “fait au Hamas à Gaza”. Le ministre israélien de la Défense a déclaré : « Ce que nous avons fait au Hezbollah à Beyrouth, au Hamas à Gaza, à Bachar al-Assad à Damas, nous vous le ferons aussi à Téhéran. »
Et que penser lorsque Benny Gantz, l’un des chefs de l’opposition centriste en Israël, affirme : « Il faut oublier les deux États, c’est un rêve » ? Une déclaration qui rejoint la ligne dure de Benjamin Netanyahou, qui répète sans relâche son opposition à un État palestinien, sans qu’aucune voix ne l’arrête au sein de la communauté internationale.
Il est temps de rappeler à Netanyahou et à Gantz qu’une solution est possible. Tout est question de volonté politique. Il n’y a pas d’alternative crédible à la solution à deux États si l’on veut une paix juste et durable. C’est là toute la vérité du conflit : des décennies de souffrance qui ne trouveront de réponse que dans une paix équitable.
Ce n’est pas une utopie que d’éradiquer le Hamas. Comme le dit le proverbe : « L’espoir fait vivre, et l’espérance fait réussir. » Et puis, n’est-ce pas avec des rêves utopiques que Gandhi a libéré l’Inde du joug colonial ? Que Martin Luther King et Malcolm X ont bouleversé l’Amérique ségrégationniste ? Que Victor Schœlcher a aboli l’esclavage il y a 177 ans ? Ou encore, que le 11 février 1990, Mandela a terrassé l’apartheid en Afrique du Sud ?
Alors non, il n’est pas interdit de rêver. Et surtout, il n’est pas interdit de croire que ce rêve peut devenir réalité.
Près de 150 millions d’enfants vivent aujourd’hui dans les rues à travers le monde, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).
Au Sénégal, malgré l’adoption de la loi n°2005-06 interdisant la mendicité des enfants, la réalité reste alarmante : plus de 100 000 enfants errent encore dans les rues, selon un rapport d’Amnesty International.
C’est dans ce contexte que le Premier ministre a réaffirmé, lors du Conseil des ministres du 24 avril dernier, la volonté ferme du Gouvernement d’éradiquer le phénomène des enfants de la rue et la mendicité dans nos cités.
Pour accompagner le Président de la République et son Premier ministre dans cette mission, l’Association Nouvelle Vision de l’Éducation, de la Santé et de l’Action Humanitaire (ANVESH) a inauguré un daara moderne, dédié à plus de 50 orphelins. Située à Médina 2, cette structure comprend des dortoirs, un logement pour le maître coranique, un espace éducatif, une administration et des toilettes modernes, pour un coût total de 6 millions de francs CFA.
« Depuis 13 ans, l’ANVESH a construit et équipé plus de 10 écoles coraniques dans le périmètre communal de Kaolack. Au-delà de l’éducation, l’association a également distribué des denrées alimentaires à plusieurs daaras, et offert des fauteuils roulants au Centre hospitalier régional El Hadji Ibrahima Niass. L’ensemble de ces activités sociales est estimé à plusieurs dizaines de millions de francs CFA », a souligné Cheikh Thierno Ahmadou Diallo, président de l’association.
Ce centre vise à combattre la mendicité, qui, selon lui, est désormais bien loin de la vision des pionniers tels que Cheikh Al Islam Baye Niass et Mame El Hadji Abdoulaye Niass. Ces derniers associaient toujours l’apprentissage du Coran à des activités agricoles ou artisanales, et non à une mendicité institutionnalisée.
« La mendicité était autrefois un moyen pédagogique d’inculquer l’humilité aux talibés. Elle n’était en aucun cas une quête effrénée d’argent, comme c’est malheureusement le cas aujourd’hui. Nos rues regorgent d’enfants livrés à eux-mêmes, exposés jour et nuit à de nombreux dangers : pédophilie, abus sexuels, et bien d’autres fléaux », a rappelé Cheikh Thierno Ahmadou Diallo.
Pour lutter contre ces dérives et offrir aux enfants issus de familles démunies un cadre sécurisé et propice à l’apprentissage du Coran, l’ANVESH ambitionne de multiplier ce type d’infrastructures dans la région.
Cheikh Thierno Ahmadou Diallo a conclu en remerciant ses partenaires sénégalais, gambiens et turcs pour leur soutien, tout en lançant un appel solennel aux autorités éducatives, aux mécènes et aux bonnes volontés pour accompagner les futurs projets de l’association.
Le 10 mai 2025, le mouvement politique Les Serviteurs, dirigé par Pape Djibril Fall, a officiellement lancé les activités de son école du parti à Kaolack. Cet événement marque une étape significative dans la structuration du mouvement, avec pour objectif de renforcer la formation politique de ses membres et de promouvoir une nouvelle génération de leaders engagés.
Cette rencontre a également été l’occasion pour Pape Djibril Fall de revenir sur les enjeux socio-économiques et politiques du pays.
« Aujourd’hui, par la grâce de Dieu, nous sommes ici pour célébrer le travail accompli au cours de ces trois années. Ce fut un véritable parcours du combattant, mais aussi, et surtout, l’occasion de poser un acte majeur : le lancement du programme de formation de la direction de l’école de notre parti. Le Sénégal a besoin d’une nouvelle offre politique et d’une vision renouvelée du vivre-ensemble, après plusieurs alternances. Force est de constater qu’à défaut d’alternatives, le pays enchaîne les alternances sans véritable changement », a souligné le leader du mouvement.
Il a également insisté sur la place centrale que Les Serviteurs entendent accorder à la jeunesse dans leur démarche politique :
« Notre contribution au débat politique vise à changer l’image de cette jeunesse en la plaçant au cœur de notre dispositif de formation. Des jeunes bien formés seront les solutions dans nos quartiers, nos maisons, nos hameaux, nos villages, nos villes, et demain dans tout le Sénégal. Nous ne voulons pas d’une jeunesse qui insulte, qui brûle les bibliothèques universitaires, les services administratifs ou les temples du savoir. Nous voulons transformer le Sénégal. Le pays a besoin de changement, avec de vrais patriotes et de vrais républicains », a-t-il conclu.
À l’approche du dialogue politique prévu pour le 28 mai prochain, le climat au sein de la classe politique sénégalaise se tend davantage. Entre rejet catégorique et volonté d’ouverture, les positions divergent fortement, révélant des fractures profondes au sein de l’opposition comme de la majorité.
Certains leaders politiques, notamment au sein de l’opposition, contestent la pertinence même de ce dialogue, qu’ils jugent instrumentalisé par le pouvoir en place. D’autres, plus pragmatiques, préfèrent y voir une opportunité d’échanges constructifs en vue d’un apaisement du climat politique.
Amadou Ba, député du parti Pastef — aujourd’hui au pouvoir — n’a pas mâché ses mots. Dans une récente déclaration, il a qualifié une partie de l’opposition de « puérile et inefficace », accusant ses membres de faire preuve d’immaturité politique face aux enjeux du moment. Il a par ailleurs annoncé que ce dialogue pourrait déboucher sur un véritable « cataclysme juridique », notamment avec l’instauration de nouvelles règles encadrant la création et le fonctionnement des partis politiques. Une réforme qui, selon lui, « bouleversera le paysage actuel de l’opposition ».
Ces déclarations polémiques alimentent un climat déjà tendu, alors que la société sénégalaise reste marquée par les turbulences politiques des dernières années. Le contenu exact des réformes à venir n’a pas encore été rendu public, mais des sources proches du gouvernement évoquent des mesures visant à limiter la prolifération des partis « de circonstance » et à renforcer la transparence de leur financement.
Drame en plein ciel : une septuagénaire franco-sénégalaise décède en vol vers Dakar
Dans un tout autre registre, un drame humain bouleverse les communautés franco-sénégalaises. Le 3 mai 2025, une femme de 73 ans, de nationalité franco-sénégalaise, est décédée subitement lors d’un vol entre Paris et Dakar. Résidant en région parisienne, elle se rendait au Sénégal pour un pèlerinage personnel : se recueillir sur la tombe de son enfant disparu il y a quelques années.
Selon Le Parisien, la septuagénaire, en bonne santé apparente au moment de l’embarquement, aurait été victime d’un malaise fatal en plein vol. Le personnel de bord, assisté de passagers, a tenté de lui porter secours, mais en vain. À leur arrivée à Dakar, les passagers et les autorités aéroportuaires ont été profondément choqués par ce drame.
Son fils, qui l’attendait à l’aéroport Blaise Diagne, a confié à la presse que sa mère ne présentait aucun signe inquiétant avant son départ. Une enquête a été ouverte afin d’éclaircir les circonstances exactes de son décès. L’autopsie, qui sera réalisée à Dakar, pourrait permettre de mieux comprendre ce qui s’est passé.
Le Sénégal ne disputera pas la finale de la Coupe du Monde de Beach Soccer 2025. Opposés ce samedi à une redoutable équipe de Biélorussie, les Lions de la plage se sont inclinés sur le score de 5-2 à Victoria, aux Seychelles, en demi-finales de la compétition.
Malgré leur détermination et un parcours jusqu’ici impressionnant, les champions d’Afrique ont été dépassés par la puissance collective et le réalisme des Ailes Blanches, qui se hissent pour la première fois de leur histoire en finale mondiale. Les Biélorusses ont rapidement pris les commandes de la rencontre, imposant un rythme élevé dès les premières minutes, auquel les Sénégalais n’ont pas su répondre durablement.
Si la déception est grande, le Sénégal peut toutefois être fier de son parcours, marqué par des performances solides en phase de groupes et en quart de finale. Les Lions auront encore une chance de décrocher une médaille ce dimanche à 14h GMT lors du match de classement pour la troisième place. Ils affronteront le perdant de l’autre demi-finale entre le Portugal et le Brésil, deux géants de la discipline.
Le Sénégal ne disputera pas la finale de la Coupe du Monde de Beach Soccer 2025. Opposés ce samedi à une redoutable équipe de Biélorussie, les Lions de la plage se sont inclinés sur le score de 5-2 à Victoria, aux Seychelles, en demi-finales de la compétition.
Malgré leur détermination et un parcours jusqu’ici impressionnant, les champions d’Afrique ont été dépassés par la puissance collective et le réalisme des Ailes Blanches, qui se hissent pour la première fois de leur histoire en finale mondiale. Les Biélorusses ont rapidement pris les commandes de la rencontre, imposant un rythme élevé dès les premières minutes, auquel les Sénégalais n’ont pas su répondre durablement.
Si la déception est grande, le Sénégal peut toutefois être fier de son parcours, marqué par des performances solides en phase de groupes et en quart de finale. Les Lions auront encore une chance de décrocher une médaille ce dimanche à 14h GMT lors du match de classement pour la troisième place. Ils affronteront le perdant de l’autre demi-finale entre le Portugal et le Brésil, deux géants de la discipline.
Le nom d’Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall, se retrouve au cœur d’une affaire judiciaire de grande ampleur. Selon le quotidien L’Observateur, le fils de l’ex-chef d’État aurait été convoqué par la justice sénégalaise dans le cadre d’un dossier de transfert de fonds douteux d’un montant estimé à 10 milliards de francs CFA. Si les contours de l’affaire restent flous, elle alimente déjà les débats dans les médias et sur la scène politique nationale.
Ce vendredi, dans l’émission Jakaarlo Bi sur la TFM, le chroniqueur Badara Gadiaga est revenu sur cette affaire qui, selon lui, dépasse le simple cadre judiciaire : « Quand on veut la paix, on appelle Amadou Sall, quand on veut le combat, on attaque Amadou Sall », a-t-il déclaré, faisant allusion à une période de tensions politiques durant laquelle l’actuel président du Sénégal, alors opposant, aurait contacté Amadou Sall pour apaiser la situation. Un épisode resté mystérieux, mais régulièrement cité comme preuve de l’influence politique du fils de Macky Sall.
Pour Badara Gadiaga, cette affaire serait aussi un levier pour viser directement l’ancien président Macky Sall. Il rappelle que l’actuel chef de l’État a publiquement accusé son prédécesseur de « manigances », tout en soulignant que Macky Sall, pourtant cité dans le rapport de la Cour des comptes et accusé de haute trahison, n’a toujours pas été inquiété par la justice. « Il ne reste donc qu’à déclencher une procédure judiciaire contre son fils », conclut-il dans une analyse aux accents politiques.
Sur le plan strictement judiciaire, le chroniqueur fait référence au dossier Tahirou Sarr, dans lequel les soupçons de transfert illicite n’ont pour l’instant pas permis d’établir de lien direct avec le Trésor public. « Dans ce dossier, il faut parler d’émetteur et de récepteur. Il faut se demander pourquoi, comment et qui est à l’origine de ces transactions », interroge-t-il.
Si pour l’instant aucune charge formelle n’a été rendue publique contre Amadou Sall, l’affaire n’en demeure pas moins explosive. Elle soulève de nombreuses interrogations sur la gestion des fonds publics, l’impunité présumée des anciens dignitaires, mais aussi sur la manière dont la justice sénégalaise pourrait être instrumentalisée dans un contexte post-alternance.
Dans la matinée du vendredi 9 mai 2025, entre 4 h et 6 h, une opération conjointe menée par le commissariat d’arrondissement de Grand-Yoff et l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCTRIS) a abouti à l’arrestation de deux individus pour association de malfaiteurs, détention et trafic de drogue.
L’intervention fait suite à un renseignement opérationnel faisant état d’un trafic actif dans le secteur de Senzela, au cœur du quartier Arafat. Agissant sur la base de ces informations, les forces de l’ordre ont organisé une descente ciblée sur les lieux.
La fouille minutieuse d’un immeuble de type R+3 a permis la découverte de 13 paquets de chanvre indien, soigneusement dissimulés sous les escaliers. Chaque paquet pesait environ 125 grammes. En plus de cette saisie, deux motos de marque Beverly ont été confisquées, ainsi qu’une somme de 40 000 FCFA en numéraire, soupçonnée de provenir des activités illicites.
Les deux suspects appréhendés sont actuellement placés en garde à vue dans le cadre de l’enquête en cours. Celle-ci vise à identifier d’éventuels complices et à démanteler tout le réseau criminel opérant dans cette zone.
Un incident pour le moins insolite s’est produit récemment dans le quartier de HLM-Biscuiterie, à Dakar, impliquant un jeune livreur nommé Aliou Diop, âgé de 28 ans. Ce dernier s’est retrouvé au cœur d’une série de faits qui l’ont conduit tout droit devant le parquet de Dakar ce vendredi 9 mai.
Tout commence lorsque Aliou Diop est interpellé par une patrouille de police pour défaut de port de casque et absence de pièces justificatives pour la conduite de sa moto. Les agents procèdent à l’immobilisation du véhicule. C’est à ce moment que la situation prend une tournure inattendue.
Selon les informations rapportées par Libération et reprises par Dakaractu, le jeune livreur aurait tenté de corrompre l’un des policiers avec un billet de 2 000 F CFA. Une tentative que l’agent refuse fermement. Frustré, Aliou Diop s’éloigne, sort son téléphone, commence à filmer les policiers… tout en les couvrant d’insultes.
Un agent remarque la scène, s’approche et parvient à lui confisquer son téléphone. Mais profitant d’un moment d’inattention, le livreur prend la fuite.
Contre toute attente, Aliou Diop décide ensuite de se présenter de lui-même au poste de police, dans l’espoir de régulariser sa situation en payant l’amende forfaitaire et récupérer sa moto. Seulement, les agents lui demandent de déverrouiller son téléphone. À l’intérieur, ils découvrent une vidéo de 53 secondes intitulée “Domou…, kulouna yii”, dans laquelle Aliou Diop insulte violemment les policiers tout en agitant le fameux billet de 2 000 F CFA.
Le mot “kuluna”, emprunté au lingala (langue parlée en RDC), désigne des bandes de jeunes délinquants armés, souvent violents. Utilisé dans le contexte sénégalais pour désigner les forces de l’ordre, il est perçu comme extrêmement offensant.
Face à l’évidence, Aliou Diop reconnaît les faits, tentant d’atténuer la gravité en parlant d’une “blague de mauvais goût” et d’une “erreur”. Il a toutefois été déféré au parquet pour plusieurs chefs d’accusation : collecte et diffusion de données à caractère personnel, injures publiques, tentative de corruption et outrage à agent dans l’exercice de ses fonctions.
L’enquête sur le vaste réseau de trafic de drogue lié au restaurant huppé White Dream, situé aux Almadies, prend une nouvelle tournure. W. Diop, figure bien connue de la jet-set dakaroise, a été interpellé et placé en garde à vue par l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), marquant ainsi la quatrième arrestation dans ce dossier explosif.
Selon les informations révélées par le quotidien Libération, W. Diop aurait été chargé, par une personne basée en France, de se débarrasser d’éléments compromettants dans un appartement loué par O. Diatta, le propriétaire du White Dream, actuellement sous mandat de dépôt. Ce dernier est soupçonné d’être au cœur d’un réseau mêlant importation de drogue, blanchiment d’argent et association de malfaiteurs.
Mais ce que Diop ignorait, c’est que les lieux étaient placés sous surveillance par les enquêteurs de l’OCRTIS. Ces derniers avaient en effet déjà mis la main sur une quantité importante de haschich dans un autre appartement, situé aux Mamelles, où résidait O. Diatta. Pris presque en flagrant délit, W. Diop a été arrêté alors qu’il tentait d’exécuter la mission qui lui avait été confiée.
D’après les enquêteurs, il est désormais visé pour aide ou assistance dans une entreprise de blanchiment de capitaux sur fond de trafic de drogue. Cette arrestation vient s’ajouter à celles d’O. Diatta, du livreur M. P. Guèye Thiandoum et du comptable-gérant du White Dream, M. S. Barry, tous trois déjà présentés au parquet pour association de malfaiteurs, trafic de drogue en bande organisée et blanchiment d’argent.
L’affaire du White Dream continue ainsi de dévoiler les ramifications d’un réseau sophistiqué, impliquant des figures en vue de la vie nocturne dakaroise, et soulève de nombreuses questions sur les complicités potentielles et l’étendue réelle du trafic.
La Sûreté Urbaine du Commissariat Central de Dakar a mené, le lundi 5 mai 2025, une opération de grande envergure ayant conduit à l’arrestation de deux ressortissants étrangers à Keur Massar. Les individus ont été interpellés en possession de 50 000 coupures de billets noirs de 100 dollars, soit l’équivalent de 5 millions de dollars américains, estimés à près de 2,9 milliards de francs CFA.
Selon les informations recueillies auprès des forces de l’ordre, cette opération a été déclenchée à la suite d’un renseignement faisant état de la présence de deux individus, originaires d’un pays de la sous-région, qui devaient rencontrer un spécialiste du lavage de billets contrefaits. Les suspects avaient établi leur base dans un appartement situé à Keur Massar, qui servait de lieu de rencontre pour les transactions illicites.
L’intervention rapide de la police a permis de mettre la main sur les deux hommes, tout en procédant à la saisie des faux billets soigneusement dissimulés dans les lieux. Les mis en cause sont poursuivis pour association de malfaiteurs, détention, tentative d’exportation et de mise en circulation de faux signes monétaires ayant cours légal, aussi bien au Sénégal qu’à l’international.
Lors de leur audition, les prévenus ont affirmé avoir reçu les billets de la part de complices opérant dans un autre pays de la sous-région. L’enquête, toujours en cours, vise à démanteler l’ensemble du réseau et à identifier tous les acteurs impliqués dans cette vaste opération de falsification monétaire.
Dans un contexte politique toujours marqué par les remous post-électoraux, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a récemment lancé un appel solennel au dialogue national, exprimant sa volonté de « réformer et renforcer durablement le système électoral sénégalais ». Lors de son discours, le chef de l’État a tendu la main à l’ensemble de la classe politique, invitant à des discussions autour de la clarification du statut de l’opposition, de la régulation du financement des partis politiques, de la révision du calendrier électoral et du renforcement de l’indépendance de la justice.
Cette démarche, perçue comme un signe d’ouverture et de volonté d’apaisement, vise à instaurer un climat démocratique plus inclusif et à corriger les dysfonctionnements qui ont émaillé la vie politique ces dernières années. Mais cette volonté présidentielle semble heurter la posture plus tranchée de son Premier ministre, Ousmane Sonko.
En effet, lors du lancement de la phase 2 du Programme d’Appui aux Valeurs de l’Intégrité et de l’Exemplarité (PAVIE 2), Ousmane Sonko a rejeté l’idée même d’une crise politique. « Il n’y a pas de problème politique au Sénégal », a-t-il affirmé, accusant au passage certains membres de l’opposition de chercher à entretenir un climat de tension à travers les médias. Ce ton offensif tranche nettement avec celui de son président, et n’a pas manqué d’alimenter les interrogations sur la cohérence de l’exécutif.
Réagissant à cette dissonance, l’ancien candidat à la présidentielle et président du parti La République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a commenté sur le réseau social X :
« Le Président Diomaye veut dialoguer pour régler les problèmes politiques. Le Premier ministre Sonko affirme qu’il n’y en a pas. Il devient évident que, dans l’immédiat, le seul dialogue nécessaire est celui qui doit se tenir entre les deux. »
Pour lui, cette cacophonie au sommet de l’État fragilise l’initiative présidentielle et compromet les chances d’un véritable consensus national.
Le contraste entre l’appel à la réconciliation de Diomaye Faye et la posture combative de Sonko remet sur la table les interrogations sur le fonctionnement du tandem exécutif. Au-delà des divergences de style ou de stratégie, c’est la capacité du pouvoir à parler d’une seule voix qui est désormais en jeu. Dans un pays où le dialogue politique a souvent été le levier de sortie de crise, cette incohérence pourrait s’avérer contre-productive.
La Haute Cour de Justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a rendu son verdict ce vendredi 9 mai 2025 dans l’affaire opposant l’ancien ministre des Sports, Lat Diop, à l’État du Sénégal. Dans sa décision, la Cour a estimé que les droits fondamentaux de M. Diop, notamment sa liberté d’aller et de venir, ont été violés.
« Par décision rendue ce jour 09 mai 2025, la Haute Cour de Justice de la CEDEAO a estimé que les droits d’aller et de venir de Lat Diop ont été violés par l’État du Sénégal, condamné à verser la somme de 4 millions FCFA à titre de dommages et intérêts », a déclaré Me Amadou Sall, avocat de l’ancien ministre.
Pour rappel, Lat Diop avait été interpellé en septembre 2024 à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD), alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays. C’est à ce moment-là qu’il a appris qu’il faisait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire. Une mesure qui, selon lui, ne lui avait jamais été officiellement notifiée par les services compétents du ministère de l’Intérieur.
L’affaire avait rapidement suscité des débats sur le respect des procédures et des droits des citoyens, même dans le cadre d’enquêtes judiciaires ou administratives. La décision de la Cour de la CEDEAO vient ainsi renforcer l’idée d’un encadrement strict des restrictions de liberté, et rappelle aux États membres leur obligation de respecter les droits fondamentaux des individus.
Dans le cadre de l’Opération ORIENTALE 1, les éléments de la Zone militaire N°4 ont conduit, ce jeudi, une opération de sécurisation d’envergure dans le secteur de la Falémé. Cette intervention a abouti au démantèlement de deux sites d’orpaillage clandestin localisés à Bougouda et Bantanko, selon une information rendue publique par la Direction de l’Information et des Relations Publiques des Armées (DIRPA) à travers un post sur le réseau social X.
Cette opération a permis la saisie d’un important lot de matériel utilisé illégalement pour l’exploitation aurifère. Parmi les équipements confisqués figurent une dizaine de motopompes, des groupes électrogènes ainsi que divers instruments servant à l’extraction artisanale de l’or.
En s’attaquant à ces sites d’orpaillage illégal, les forces armées réaffirment leur engagement dans la lutte contre l’exploitation non réglementée des ressources naturelles, une activité souvent à l’origine de multiples formes d’insécurité et de graves atteintes à l’environnement.
La Falémé, zone frontalière riche en ressources aurifères, fait régulièrement l’objet d’activités minières clandestines, attirant des exploitants en quête de profits rapides, souvent au mépris des lois et de la préservation écologique. L’intervention des militaires s’inscrit ainsi dans une dynamique de sécurisation du territoire et de sauvegarde des intérêts économiques et environnementaux du pays.
C’est désormais officiel : l’Alliance Alternative pour la Refondation Idéologique du Sénégal (AARIS – Sénégal Nouveau) est reconnue par l’État sénégalais. Le ministre de l’Intérieur a délivré le récépissé de reconnaissance à cette nouvelle formation politique dirigée par El Hadji Mamadou Diao, plus connu sous le nom de Mame Boye Diao. Cette étape permet au parti de participer pleinement à la vie politique nationale.
Cette reconnaissance intervient dans un contexte où les autorités appellent à une rationalisation du paysage politique, souvent critiqué pour sa prolifération de partis peu actifs. Pour Mame Boye Diao, maire de Kolda et ancien directeur des domaines, il s’agit toutefois d’un tournant important. Dans une déclaration relayée par le quotidien L’As, il a salué l’engagement et les sacrifices des militants de la première heure, qu’il qualifie de « bâtisseurs » de cette nouvelle dynamique politique.
L’AARIS se positionne comme une alternative forte, portée par un projet de rupture, de justice sociale et de refondation de la gouvernance. Une vision que Mame Boye Diao avait déjà esquissée lors de la dernière présidentielle, à laquelle il avait initialement pris part avant de se retirer à la suite de la décision du Conseil constitutionnel.
Un grand rassemblement est annoncé dans les prochains jours pour dévoiler le plan d’action du parti et mobiliser les sympathisants. L’objectif affiché : fédérer les énergies autour des valeurs de justice, d’équité et de progrès, en vue des prochaines échéances électorales.
« Ce récépissé n’est qu’un début », a affirmé Mame Boye Diao, appelant à l’unité, à la mobilisation et à l’engagement citoyen pour construire « un Sénégal meilleur, ancré dans les valeurs, et tourné vers l’avenir ».
L’affaire Khady Thiam, plus connue sous le pseudonyme de « Dabish Pro », secoue actuellement les réseaux sociaux et vient de franchir un cap judiciaire. La jeune femme, active dans l’organisation de tontines appelées « tontines iPhone », a été arrêtée par la Division spéciale de la cybercriminalité (DSC) à la suite d’un signalement de la Commission des données personnelles (CDP).
Ce qui lui est reproché : avoir publié sur Facebook les photos et numéros de téléphone de certaines de ses clientes, qu’elle qualifiait de « mauvaises payeuses ». Une pratique jugée illégale par les autorités, car portant atteinte à la vie privée de ces femmes.
D’après les informations rapportées par le journal Libération, Khady Thiam a tenté de justifier ses actes en évoquant l’article 5 des contrats signés par ses clientes. Cet article controversé stipulerait que « les parties peuvent aussi se permettre de ternir l’image de l’autre sur les réseaux sociaux afin d’obtenir gain de cause ». Une clause pour le moins surprenante, qui risque d’être invalidée par la justice au regard de la législation sur la protection des données personnelles.
Les répercussions pour les victimes sont déjà très lourdes. L’une d’entre elles a raconté avoir été victime de harcèlement sexuel après la diffusion de ses informations personnelles : des inconnus l’ont contactée pour lui faire des propositions indécentes. Elle a également confié que cette affaire avait profondément bouleversé sa vie privée, au point de provoquer une rupture de communication avec son mari.
Cette affaire relance le débat sur les tontines numériques, de plus en plus populaires sur les réseaux sociaux, mais parfois organisées en dehors de tout cadre légal. L’absence de régulation et les pratiques douteuses de certains promoteurs posent aujourd’hui un réel problème.
La procédure judiciaire en cours pourrait bien faire jurisprudence et servir de rappel : la protection des données personnelles n’est pas une option, même dans des contextes de litiges privés. Les internautes, tout comme les promoteurs de tontines, devront désormais faire preuve de plus de vigilance et de responsabilité.
L’Assemblée nationale sénégalaise a franchi une étape décisive dans l’affaire des détournements présumés de deniers publics en adoptant, ce jeudi, le projet de mise en accusation de cinq anciens ministres devant la Haute Cour de Justice. Il s’agit d’Ismaïla Madior Fall, Aïssatou Sophie Gladima, Ndèye Saly Diop Dieng, Mansour Faye et Moustapha Diop. Cette décision marque une volonté affirmée de l’État de faire la lumière sur une série de scandales financiers, notamment liés à la gestion du fonds Force Covid-19.
À l’exception d’Ismaïla Madior Fall, visé dans une affaire distincte liée à l’attribution controversée d’un terrain pour la construction du palais de justice de Pikine/Guédiawaye, tous les autres anciens ministres sont poursuivis dans le cadre de la gestion des fonds Force Covid-19, un programme d’urgence mis en place durant la pandémie pour soutenir les populations.
Parmi les mis en cause, Mansour Faye, ancien ministre du Développement communautaire et beau-frère de l’ex-président Macky Sall, fait face aux accusations les plus lourdes. Le préjudice financier provisoirement estimé à son encontre dépasse 2,7 milliards de F CFA. Il est poursuivi pour association de malfaiteurs, concussion, corruption, prise illégale d’intérêt, faux et usage de faux, détournement de deniers publics, escroquerie et blanchiment de capitaux.
Aïssatou Sophie Gladima, ancienne ministre du Pétrole et de l’Énergie, est également citée dans ce scandale avec un préjudice estimé à 193 millions de F CFA. Elle est poursuivie pour détournement de fonds, blanchiment, escroquerie sur deniers publics, et complicité.
Moustapha Diop, ancien ministre de l’Industrie, est accusé de faits similaires, s’ajoutant à des charges de faux en écritures privées de commerce ou de banque, aggravant la complexité de son dossier.
Ndèye Saly Diop Dieng, ancienne ministre de la Femme, n’échappe pas à la tourmente : elle est soupçonnée de détournements, faux et usage de faux, escroquerie et association de malfaiteurs.
Quant à Ismaïla Madior Fall, ex-ministre de la Justice, son nom est cité dans une affaire de tentative d’extorsion de fonds, corruption, blanchiment de capitaux, et complicité dans l’attribution irrégulière d’un terrain d’une valeur stratégique à Pikine/Guédiawaye.
Avec ce vote de l’Assemblée nationale, ces anciens dignitaires du régime de Macky Sall seront traduits devant la Haute Cour de Justice, une juridiction compétente pour juger les membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Ce tournant judiciaire pourrait constituer un test décisif pour la lutte contre l’impunité et la corruption, maintes fois réclamée par la société civile.
Ces mises en accusation interviennent dans un contexte de rupture avec l’ancien système, à la suite de l’élection de Bassirou Diomaye Faye à la présidence de la République, sur fond de promesse de “gouvernance sobre et vertueuse”. La symbolique est forte : il s’agit de juger ceux qui, quelques mois plus tôt, incarnaient encore l’élite gouvernementale.
Le drame survenu le jeudi 8 mai à Ngor, où un immeuble de cinq étages s’est effondré causant la mort de deux personnes, relance le débat sur les normes de construction et les mécanismes de contrôle dans le secteur du BTP au Sénégal. Dakaractu a recueilli l’analyse de l’ingénieur Tamsir Mbengue, directeur du bureau d’études Technosol, qui revient sur les causes possibles de la tragédie et pointe les responsabilités.
Selon Tamsir Mbengue, l’effondrement de l’immeuble serait lié à des travaux de fouilles menés sur un terrain mitoyen, sans les précautions techniques nécessaires. « Ce qui s’est passé, c’est qu’un immeuble déjà existant a été fragilisé par des travaux d’excavation sur un terrain voisin. Avait-on réalisé une étude de sol ? Je ne saurais le dire. Mais il existe des techniques obligatoires pour sécuriser les bâtiments voisins lors de tels travaux », explique-t-il.
Il rappelle que le Code de la construction exige une étude de sol géotechnique dès lors qu’un projet dépasse le niveau R+3. Cette étude est censée guider la mise en œuvre de mesures de stabilisation comme le blindage des parois pour éviter l’affaissement du terrain. « Lorsque vous faites une excavation, le sol perd de sa résistance, surtout si un bâtiment pèse à proximité. La situation s’aggrave en présence d’eau, car elle affaiblit encore davantage le terrain. C’est probablement ce qui s’est produit ici », précise l’ingénieur.
Au-delà de la fragilisation du terrain, Tamsir Mbengue évoque également de possibles déficiences internes de l’immeuble : « Les premiers éléments visuels laissent penser que l’immeuble présentait des faiblesses structurelles, liées soit à un mauvais ferraillage, soit à son ancienneté. »
Concernant les responsabilités, l’ingénieur reste sans équivoque : « La première responsabilité revient à l’entrepreneur qui a ouvert les fouilles sans dispositifs de sécurité. Mais elle est aussi partagée : la municipalité devait vérifier la validité de l’autorisation, et la direction de la construction et de l’urbanisme aurait dû s’assurer que les règles de l’art étaient respectées. »
Le Code de la construction impose la présence obligatoire d’un bureau de contrôle technique pour toute excavation de plus de 5 mètres. Cette exigence semble avoir été ignorée dans le cas de Ngor.
Tamsir Mbengue souligne les efforts récents de l’État pour renforcer le contrôle dans le secteur du bâtiment, notamment à travers le Laboratoire National de Référence BTP (anciennement CEREEQ). Ce dernier est chargé de délivrer des agréments aux laboratoires d’étude. Sur les 17 laboratoires identifiés, seuls 10 sont aujourd’hui habilités à effectuer les calculs de fondations.
« Ces agréments sont conditionnés par des critères stricts : personnel qualifié, matériel adéquat, expérience, procédures de qualité. D’ailleurs, nous avons reçu la veille de l’effondrement une visite inopinée du LNR-BTP pour vérifier nos pratiques internes », affirme M. Mbengue.
Le cas de Ngor illustre une nouvelle fois les conséquences dramatiques du non-respect des normes de construction. Entre défaillances techniques, négligences administratives et manque de contrôle rigoureux, l’effondrement de l’immeuble sonne comme un rappel tragique de l’urgence à mieux encadrer le secteur.
L’affaire Woodrose Investment prend une tournure judiciaire majeure. Ndèye Seynabou Ndiaye, gérante de la société, a été placée sous mandat de dépôt ce jeudi 8 mai par le juge d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF), à la suite de son audition. Elle est poursuivie pour complicité d’escroquerie portant sur des deniers publics estimés à 31 milliards de francs CFA.
D’après le journal Les Échos, cette entreprise serait en réalité liée à Farba Ngom, proche de l’ancien régime, et Amadou Sall, fils de l’ex-président Macky Sall. Ce dernier est d’ailleurs au cœur de l’enquête : il est soupçonné d’avoir bénéficié d’une procuration transmise par Ndèye Seynabou Ndiaye pour gérer un compte logé à la NSIA Banque. Une transaction douteuse de 10 milliards de francs CFA y aurait été opérée.
Mais la mise en cause nie fermement ces accusations. Elle soutient n’avoir jamais signé de procuration en faveur d’Amadou Sall et affirme que sa signature a été falsifiée. Selon Les Échos, elle envisage de porter plainte pour faux et usage de faux contre le notaire Moustapha Ndiaye et son associé Tamsir Ndiaye, qu’elle tient pour responsables de cette manipulation.
Dans le même temps, Amadou Sall, également convoqué ce jeudi au PJF, a brillé par son absence. D’après le journal Source A, il se trouverait actuellement aux États-Unis, compliquant les démarches de la justice sénégalaise qui semble déterminée à faire la lumière sur cette affaire explosive mêlant grands noms de l’ancien pouvoir, montages financiers opaques et sommes colossales.
À Ngathie Naoudé, localité nichée au cœur du Sénégal, les nuits restent longues et incertaines. Privés d’un éclairage public adéquat, les habitants – et en particulier les jeunes regroupés au sein du Mouvement de la Renaissance Citoyenne – tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme. Leur cri de cœur dépasse désormais les frontières du village, pour interpeller l’opinion nationale sur l’importance de l’éclairage public pour la sécurité et le développement local.
« Dans le cadre du programme de répartition des lampadaires solaires, notre commune a été marginalisée, alors que d’autres communes du département ont bénéficié d’une part disproportionnée », a dénoncé Alpha Diallo, coordonnateur du Mouvement des Jeunes de la Renaissance Citoyenne.
Lors de la première phase du programme, Ngathie Naoudé avait pourtant reçu un lot de 200 lampadaires solaires. Cependant, face au déficit important en électricité, ces équipements ont été prioritairement répartis dans les 66 villages de la commune, principalement dans les zones non électrifiées, afin de répondre aux besoins urgents en matière d’éclairage public.
Dans la deuxième phase, la commune a bénéficié d’une dotation supplémentaire de 100 lampadaires solaires, tout comme la commune voisine de Mbadakhoun. Cette décision, selon M. Diallo, se justifie par la position stratégique de Ngathie Naoudé sur la Route Nationale n°1, qui dessert la zone CEDEAO, et par la volonté de l’État de remédier aux accidents fréquents qui endeuillent régulièrement la population.
« Ces lampadaires visent à prévenir les drames humains auxquels notre commune paie un lourd tribut : des vies fauchées, des familles endeuillées, des rêves brisés, des pertes économiques significatives… Sans compter les jeunes et les femmes exposés quotidiennement à des risques énormes », a-t-il souligné lors de sa déclaration à la presse ce jeudi.
D’après les données collectées, un total de 2080 lampadaires solaires a été attribué au département de Guinguinéo, répartis comme suit :
Guinguinéo : 400 Khelcom Biram : 200 Ndiago : 250 Fass : 185 Gagnick : 100 Dara Mboss : 200 Nguélou : 175 Ourour : 150 Panal Ouolof : 200 Mboss : 170 Ngathie Naoudé : 50 seulement, soit à peine 2 % du total départemental
« Cette répartition, manifestement inéquitable, suscite aujourd’hui notre profonde indignation et notre colère légitime. Nous dénonçons avec vigueur ce traitement injuste infligé à nos communes de Ngathie Naoudé et Mbadakhoun », a déclaré M. Diallo.
Face à ce qu’ils qualifient de favoritisme et de calculs politiciens, les jeunes du Mouvement pour la Renaissance Citoyenne appellent à une répartition équitable, fondée sur des critères objectifs, transparents et justes, loin de toute discrimination.
« À Guinguinéo, nous vivons dans la peur. Les femmes et les enfants ne peuvent plus circuler librement après la tombée de la nuit. Il est temps d’agir », concluent-ils.
Dans cette optique, un mémorandum a été remis au préfet du département de Guinguinéo, marquant le début d’une mobilisation citoyenne déterminée. « Désormais, nous refusons de nous taire », assurent les jeunes de Ngathie Naoudé.
La Place du Souvenir africain de Dakar accueillera, du 22 mai au 1er juin 2025, la sixième édition de la Foire Internationale des Produits Africains (FIPA). Un rendez-vous continental majeur qui met à l’honneur la diversité culturelle, économique et artisanale de l’Afrique. À l’occasion, le président du comité scientifique de la FIPA 2025 s’est exprimé sur les nombreuses innovations prévues pour cette édition.
« Un événement comme la FIPA, à l’instar des grands rendez-vous internationaux, a besoin de se renouveler pour perdurer. C’est l’innovation qui assure sa pérennité », a-t-il souligné.
Selon lui, la FIPA a toujours mis un point d’honneur à innover, d’abord au niveau de l’organisation : « Le site, tel qu’il est, doit chaque année présenter un nouveau visage. Cela concerne la structuration des pavillons, leur organisation, ainsi qu’un plan de circulation plus fluide et aéré ».
Autre innovation majeure : l’élargissement de la participation. La FIPA 2025 ne se limite plus aux pays traditionnellement invités. Elle s’ouvre désormais à toute l’Afrique, y compris subsaharienne, maghrébine, et même à des pays d’autres continents, conviés en tant qu’observateurs.
« Cette ouverture reflète l’esprit d’intégration et de fraternité africaine que nous souhaitons renforcer », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, le numérique jouera un rôle central dans l’organisation de cette édition. De la préparation à la diffusion en temps réel des activités, tout sera soutenu par les technologies digitales. « Les perspectives sont intéressantes et méritent d’être soulignées. L’axe numérique est un levier de modernisation indispensable », a-t-il précisé.
La dimension économique reste au cœur de la FIPA, avec un accent particulier mis cette année sur le renforcement des circuits d’échanges commerciaux, qu’il s’agisse de produits ou de savoir-faire.
« Il est précieux de recevoir des délégations venues du Burundi, du Rwanda, d’Afrique centrale, et que leurs compétences puissent bénéficier à d’autres », a-t-il affirmé.
Le transfert de compétences et l’appropriation des technologies par les acteurs locaux seront également au programme. À cela s’ajoute la valorisation des liens de fraternité avec les pays partenaires historiques comme le Mali, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Maroc, le Burundi ou encore la Mauritanie.
« Cette année, deux pays seront à l’honneur : la Gambie et l’Égypte », a-t-il rappelé.
Parmi les initiatives phares reconduites cette année figure le pavillon du livre, lancé lors de la précédente édition. Une initiative saluée, tant le livre est un produit culturel africain majeur.
« L’Afrique a produit de nombreux auteurs, penseurs et érudits. Le livre est au cœur de notre identité et de notre souveraineté. Cette année, nous allons étendre ce pavillon pour le rapprocher du public, en particulier des élèves, et les inciter à lire et à produire », a précisé le Pr Senghor.
Le thème retenu pour ce pavillon est évocateur : « Lire pour la souveraineté et l’excellence ». Et de citer Cheikh Anta Diop : « Armez-vous de science jusqu’aux dents ».
Enfin, le thème général de la FIPA 2025 est tout aussi fort :
« L’intégration économique, un levier essentiel de développement et de souveraineté économique ».
« La foire reste d’abord un espace économique, où des entrepreneuses et entrepreneurs viennent valoriser leurs savoir-faire et les porter à un niveau de qualité leur permettant de rivaliser avec les produits du monde entier », a-t-il conclu.
Pour sa part, la Commissaire générale de la FIPA a justifié la délocalisation du site de la foire vers la Place du Souvenir africain, en raison de l’augmentation significative du nombre de participants.
« En partenariat avec le ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, nous avons choisi ce lieu plus spacieux et plus accueillant pour mieux recevoir les délégations des 35 pays attendus cette année », a-t-elle déclaré.
Rome, 8 mai 2025 – Le conclave réuni au Vatican a rendu son verdict : le cardinal américain Robert Francis Prevost a été élu 267ᵉ Pape de l’Église catholique. Âgé de 69 ans, il a choisi de régner sous le nom de Léon XIV, un nom chargé d’histoire qui n’avait plus été porté depuis plus d’un siècle.
Originaire de Chicago, Léon XIV devient le tout premier pape issu des États-Unis, une décision qui symbolise une nouvelle ouverture de l’Église vers l’Ouest et marque une étape majeure dans son histoire bimillénaire. Son élection est survenue après plusieurs jours de délibérations dans un contexte mondial délicat, entre perte d’influence dans certaines régions du monde, crise des vocations et nécessité de réformes internes.
Ancien missionnaire au Pérou, formé chez les Augustiniens, Robert Prevost s’est distingué par son engagement pastoral et sa connaissance profonde des réalités du terrain, aussi bien en Amérique latine qu’au sein de la Curie romaine. Avant son élection, il occupait depuis 2023 le poste stratégique de préfet du Dicastère pour les évêques, un rôle clef dans la nomination des hauts responsables de l’Église.
En optant pour le nom de Léon XIV, le nouveau pontife semble vouloir s’inscrire dans la lignée de Léon XIII, pape intellectuel et réformateur de la fin du XIXe siècle, auteur de l’encyclique Rerum Novarum sur la question sociale. Un clin d’œil au dialogue entre l’Église et le monde moderne, que Léon XIV devra poursuivre dans une époque marquée par la sécularisation croissante et les mutations sociales profondes.
Le pontificat de Léon XIV débute alors que l’Église est confrontée à des scandales persistants, à la diminution de sa présence en Europe, mais aussi à une croissance dynamique en Afrique et en Asie. Le nouveau pape aura la lourde tâche de restaurer la confiance, de renforcer les réformes engagées sous ses prédécesseurs, et d’apporter une réponse spirituelle aux grands enjeux contemporains : justice sociale, crise écologique, paix mondiale et rôle des femmes dans l’Église.
L’Assemblée nationale du Sénégal est en pleine effervescence alors qu’elle examine un projet de résolution portant sur la mise en accusation de cinq anciens ministres du régime de Macky Sall devant la Haute Cour de Justice. Dans ce contexte tendu, le député non-inscrit Abdou Karim Sall a pris la parole pour dénoncer ce qu’il considère comme une dérive judiciaire.
« Il n’y a que le jugement du Tout-Puissant qui est sans appel. Le jugement des hommes doit toujours pouvoir faire l’objet d’un appel », a-t-il déclaré face à ses collègues parlementaires. Selon lui, le processus en cours risque de priver les mis en cause d’un droit fondamental : celui de contester une décision de justice.
La Haute Cour de Justice, instance habilitée à juger les membres du gouvernement pour des actes commis dans l’exercice de leurs fonctions, rend des décisions qui ne sont susceptibles ni d’appel, ni de pourvoi en cassation. Une particularité que Abdou Karim Sall juge profondément injuste. « Ces ministres ne bénéficient pas de ce qu’on appelle un privilège, mais plutôt d’un handicap », a-t-il martelé.
Le député a également insisté sur la gravité de la situation, rappelant que « leur responsabilité est engagée » et que les choix des parlementaires aujourd’hui auront des conséquences lourdes, tant sur le plan politique que juridique.
Le projet de résolution, toujours en débat, cristallise les tensions dans l’hémicycle et relance le débat sur l’efficacité et l’équité de la Haute Cour de Justice, souvent critiquée pour son caractère politique et son manque de garanties procédurales.
De retour de Berlin, où il a pris part au sommet annuel du Global Solutions Initiative, l’ancien président sénégalais Macky Sall a poursuivi sa tournée diplomatique à Washington. Il y a assisté à la session de printemps de l’Atlantic Council, l’un des think tanks les plus influents des États-Unis en matière de politique internationale. Membre de son Conseil consultatif international, aux côtés de figures telles que José María Aznar, Carl Bildt ou encore le PDG de Pfizer, Macky Sall y a porté une voix africaine soucieuse d’équilibre et de dialogue dans un contexte mondial en recomposition.
Cette session intervient alors que le retour de Donald Trump à la Maison Blanche rebat les cartes de la politique étrangère américaine, avec des conséquences potentielles lourdes pour le continent africain. L’inquiétude est particulièrement vive autour de l’avenir de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), un accord commercial vieux de 25 ans, qui permet à plus de 1 800 produits africains, issus de 32 pays, d’accéder au marché américain sans droits de douane. Prévu pour expirer en 2025, cet accord est aujourd’hui fragilisé par la vision unilatéraliste et protectionniste du président Trump, peu favorable au libre-échange, notamment avec des partenaires perçus comme s’éloignant de la sphère d’influence occidentale.
Parmi les pays visés, l’Afrique du Sud est dans le viseur de l’administration américaine en raison de ses rapprochements stratégiques avec la Chine, la Russie et l’Iran. Plus largement, l’AGOA, bien que ne représentant que 0,5 % du PIB régional, demeure crucial pour plusieurs économies africaines exportatrices. Sa remise en cause pourrait avoir des effets économiques déstabilisants, notamment pour des pays comme l’Afrique du Sud ou le Kenya.
Autre sujet de préoccupation : l’avenir du Millennium Challenge Account (MCA), outil central de la coopération américaine en Afrique. Déjà touché par des coupes budgétaires, le MCA pourrait voir son champ d’action considérablement réduit sous l’effet des nouvelles orientations budgétaires de l’administration Trump. Si le Sénégal a bénéficié d’une dérogation obtenue grâce aux efforts diplomatiques de Macky Sall, d’autres nations comme la Libye ou le Maroc n’ont pas été épargnées.
L’aide au développement via l’USAID subit également des restrictions financières, affaiblissant la capacité des États-Unis à maintenir une présence active dans les domaines de la santé, de l’éducation ou de la gouvernance en Afrique. À cela s’ajoute la guerre commerciale entre Washington et Pékin, dont les retombées pourraient affecter les pays africains riches en minerais critiques — lithium, cobalt, terres rares — nécessaires à la transition énergétique mondiale.
Face à cette conjoncture, Macky Sall a réaffirmé à Washington la nécessité d’un partenariat plus équitable entre l’Afrique et l’Occident. Il met en garde contre une vision transactionnelle des relations internationales, qui risque de marginaliser l’Afrique, au moment où d’autres acteurs, notamment la Chine, étendent leur influence sur le continent. Pour l’ancien président sénégalais, seul un engagement durable et mutuellement bénéfique permettra de construire un avenir partagé et stable. Son intervention à l’Atlantic Council s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large visant à repositionner l’Afrique comme un partenaire stratégique à part entière, et non comme un terrain d’affrontement entre puissances.
Un drame s’est produit ce matin dans le quartier de Ngor, où un immeuble de cinq étages s’est partiellement effondré aux environs de 10 heures. Le sinistre a plongé les habitants dans la stupeur et l’angoisse, alors que les secours s’activent encore sur le site à la recherche de survivants.
Selon Mamadou Diallo, délégué de quartier, deux personnes seraient toujours coincées sous les décombres. Une première victime a toutefois pu être extraite vivante par les secours et évacuée vers un établissement de santé de la capitale. Son état de santé n’a pas encore été communiqué.
L’origine du drame fait déjà l’objet de nombreuses interrogations. M. Diallo pointe du doigt un forage effectué récemment sur un terrain voisin, qu’il soupçonne d’avoir fragilisé la structure de l’immeuble sinistré. « J’ai remarqué une inclinaison anormale du bâtiment environ une demi-heure avant qu’il ne s’effondre. J’ai aussitôt alerté le chef de chantier », a-t-il déclaré, visiblement ému.
Les sapeurs-pompiers, appuyés par les forces de la gendarmerie et des équipes médicales, poursuivent les opérations de sauvetage avec l’aide d’engins de levage et de chiens renifleurs. Un périmètre de sécurité a été dressé pour éviter tout risque supplémentaire, notamment en cas d’effondrement total de l’immeuble.
L’étau judiciaire se resserre autour de la famille de l’ancien président sénégalais, Macky Sall. Après des révélations initialement centrées sur son fils aîné, Amadou Sall, c’est désormais l’ensemble de sa fratrie qui est mentionné dans l’enquête menée par la Division des investigations criminelles (DIC). Mohamed Ibrahima et Khatum Derwiche Sall, frère et sœur d’Amadou, sont à leur tour cités dans le cadre d’une affaire aux ramifications financières complexes.
Selon Wal Fadjri Quotidien, qui publie l’information dans son édition de ce jeudi 8 mai, les trois enfants de l’ancien chef de l’État sont copropriétaires de SF-Farms SAS, une société sénégalaise d’élevage fondée en 2020. Cette entreprise figure désormais parmi les entités soupçonnées d’activités financières douteuses, selon le rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), à l’origine de l’enquête.
SF-Farms SAS n’est pas seule à attirer l’attention des enquêteurs. Plusieurs autres sociétés sont dans le collimateur : SCI Newport, SCP ASA Vinvest (une société ivoirienne enregistrée à la même adresse que Woodrose-Investment), et Sénégal Transport Service SARL. Ces structures présenteraient, selon les sources proches du dossier, des « liens financiers étroits et suspects » avec Farba Ngom, ancien député et proche de Macky Sall, aujourd’hui sous mandat de dépôt depuis février pour des accusations de blanchiment de capitaux et d’enrichissement illicite.
Amadou Sall, convoqué ce mercredi 7 mai par le Pool judiciaire financier (PJF), ne s’est pas présenté à l’audition. Il est désormais visé par un réquisitoire du parquet demandant son inculpation et son placement sous mandat de dépôt. À ce stade, Mohamed Ibrahima et Khatum Derwiche Sall n’ont fait l’objet d’aucune convocation ni mesure judiciaire, bien que leur implication soit de plus en plus évidente dans le maillage des sociétés suspectes.
Depuis la fin de son mandat présidentiel en avril 2024, Macky Sall s’est installé au Maroc, à Rabat, en compagnie de son épouse Marième Faye Sall et de leurs enfants. Une retraite à l’étranger qui, pour certains observateurs, soulève des questions à l’heure où les soupçons judiciaires s’amplifient autour de son entourage immédiat.
Cette affaire, encore en phase d’instruction, pourrait marquer un tournant important dans la lutte contre la corruption au Sénégal. Elle place également la justice sénégalaise devant un test de transparence et d’indépendance à l’égard des anciens dignitaires du régime précédent.
Ce jeudi matin, la nation sénégalaise a rendu un dernier hommage empreint de solennité et de profonde émotion au Commandant Pape Mignane Ndong, aide de camp du Premier ministre Ousmane Sonko, décédé mardi dernier. La cérémonie de levée du corps s’est tenue en présence d’une foule nombreuse, mêlant haute hiérarchie militaire, membres du gouvernement, proches du défunt et anonymes venus saluer la mémoire d’un homme qui incarnait les valeurs de loyauté et de service.
C’est dans une atmosphère de recueillement que le Premier ministre, Ousmane Sonko, a pris part à la cérémonie, représentant le Chef de l’État, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Président de la République et Chef suprême des Armées. À cette occasion, le Commandant Ndong a été élevé, à titre posthume, au rang de Chevalier dans l’Ordre national du Lion, l’une des plus hautes distinctions honorifiques du pays. Cette décoration vient récompenser une carrière exemplaire, marquée par la discipline, le courage et un engagement sans faille au service de la patrie.
L’Armée nationale, fidèle à ses traditions, a rendu les honneurs militaires au défunt à travers une cérémonie sobre et digne, à l’image de l’homme qu’il fut. Officier respecté, Pape Mignane Ndong laisse le souvenir d’un professionnel rigoureux, mais aussi d’un homme profondément humain, apprécié de tous ceux qui ont eu le privilège de le côtoyer.
La disparition du Commandant Ndong constitue une perte immense, non seulement pour ses proches et collaborateurs, mais aussi pour la nation tout entière. En ces moments de douleur, le Sénégal pleure l’un de ses fils les plus valeureux, tombé en servant avec honneur et fidélité.
Que son âme repose en paix, et que son exemple continue d’inspirer les générations futures.
Il se faisait appeler « Chef Aïdara », mais derrière ce pseudonyme se cachait un imposteur. Dans les rues paisibles de Mermoz, un quartier résidentiel de Dakar, le stratagème de M. Thiaw, un étudiant à la double casquette de faux agent des forces de l’ordre, a finalement pris fin. Selon les informations rapportées par le journal Libération, l’individu a été arrêté hier par la police de Dieupeul alors qu’il s’adonnait une fois de plus à son activité frauduleuse : extorquer de l’argent en se faisant passer pour un gendarme.
Vêtu tantôt d’un uniforme de policier, tantôt d’un accoutrement de gendarme, selon la situation, le faux « Chef Aïdara » menait de prétendus contrôles routiers auprès des automobilistes. Mais ces barrages improvisés n’avaient rien de réglementaire. Très vite, son discours prenait une tournure émotionnelle : il sollicitait de l’argent au nom d’une aide humanitaire, prétextant que sa mère souffrait d’une grave maladie.
Ce n’était pas la première fois que M. Thiaw était épinglé pour ce genre de pratiques. Toujours d’après Libération, il avait déjà été condamné en 2023 pour des faits similaires. Une peine qui ne l’a manifestement pas dissuadé de replonger dans ses combines, utilisant à nouveau un uniforme pour tromper et manipuler.
La refondation de la gouvernance au Sénégal sous le leadership du Président Diomaye Faye s’impose comme un jalon stratégique dans la trajectoire de développement du pays. Cette orientation s’inscrit pleinement dans les ambitions de la Vision 2050, et de l’agenda 2063 de l’Union africaine. Dans un continent où la corruption absorbe près de 148 milliards de dollars chaque année, soit environ 25 % du PIB africain, les politiques de redevabilité apparaissent comme une condition incontournable pour la mobilisation des ressources nationales. Les détournements de fonds, en excédant largement les flux d’aide publique et d’investissements directs étrangers, affaiblissent l’accès aux services essentiels, compromettent les efforts d’emploi des jeunes et limitent la résilience macroéconomique des États.
Le Sénégal illustre de manière exemplaire les impacts structurels d’un affaiblissement prolongé des mécanismes de régulation. Entre 2015 et 2022, selon Afrobarometer, la part des citoyens dénonçant une augmentation de la corruption a grimpé de 33 % à 72 %. Ce basculement traduit non seulement une perte d’intégrité administrative, mais aussi une défaillance systémique du cadre de gouvernance. L’absence de réponses institutionnelles crédibles a altéré la capacité de l’État à concevoir et exécuter des politiques publiques efficaces. L’asymétrie entre normes juridiques et pratiques informelles – clientélisme, impunité, opacité – a généré des dysfonctionnements budgétaires, une démobilisation des fonctionnaires et une défiance citoyenne croissante. Les affaires emblématiques telles que les « 94 milliards », le PRODAC, Petro-Tim ou les irrégularités sur les fonds Covid-19 ont révélé une disjonction persistante entre instruments de contrôle et mécanismes de reddition des comptes.
L’alternance politique de mars 2024 a marqué un tournant. Le Président Bassirou Diomaye Faye, appuyé par le Premier ministre Ousmane Sonko, a impulsé une stratégie de refondation institutionnelle articulée autour de trois piliers : la répression des infractions économiques, le renforcement des mécanismes de contrôle, et la transparence de la gestion publique. Ce triptyque ne constitue pas une simple réponse réactive, mais une reconfiguration normative du rôle de l’État. Il ambitionne de repositionner la fonction publique comme un levier de performance collective, en rupture avec les logiques de distribution clientéliste.
L’instauration du Parquet national financier en mai 2024 illustre cette logique de rupture. Ce nouvel organe, chargé des crimes économiques complexes, a ouvert plus de vingt enquêtes pour un montant cumulé avoisinant 300 milliards FCFA. Des dossiers longtemps bloqués, tels que ceux liés au PRODAC ou aux contrats pétroliers, ont été réactivés. La levée de l’immunité de figures politiques influentes symbolise une volonté de replacer la légitimité politique sous le sceau de la légalité. En parallèle, le gouvernement a engagé des démarches de recouvrement d’avoirs détournés, au niveau national et auprès des juridictions internationales.
Au plan législatif, une loi rénovée sur la déclaration de patrimoine, adoptée en juillet 2024, étend les obligations de transparence et introduit des systèmes de contrôle automatisés. L’OFNAC, l’Inspection générale d’État et la Cour des comptes ont été dotés de ressources accrues et d’une autonomie renforcée. Le taux de mise en œuvre des recommandations d’audit est passé de 18 % à 41 % en deux ans. Toutefois, l’efficacité de cette nouvelle gouvernance repose sur la capacité des institutions à transformer les constats en mécanismes d’apprentissage. C’est dans cette logique qu’émerge le concept de redevabilité circulaire, reliant audit, retour d’information, et réforme organisationnelle.
Les premiers résultats de cette dynamique sont visibles. L’Indice de perception de la corruption du Sénégal est passé de 43 à 45 en 2025, son plus haut niveau depuis 2016. Ce progrès, reconnu par des partenaires comme l’Union européenne et la Banque mondiale, a favorisé la reprise de certains financements suspendus. Parallèlement, une revue des dépenses publiques a permis d’économiser 105 milliards FCFA, immédiatement réalloués aux secteurs prioritaires : éducation, santé communautaire, sécurité alimentaire. Cette réorientation reflète une transformation dans l’allocation des ressources, ancrée dans une logique de justice sociale et d’impact redistributif.
Dans le secteur agricole, les crédits budgétaires ont été augmentés de 37 %, ce qui permet un soutien accru aux exploitations familiales. Cette inflexion traduit une volonté de renforcer la résilience des systèmes productifs ruraux. Elle illustre aussi une approche d’État développeur qui lie investissements publics et dynamisation des territoires. En matière d’emploi, la réforme des concours de la fonction publique s’est traduite par une hausse de la représentation des jeunes issus des régions périphériques, passés de 34 % à 56 % entre 2021 et 2024. Ces résultats confirment l’effet structurant d’une gouvernance centrée sur l’équité territoriale.
La modernisation administrative passe également par la digitalisation. Le portail e-Marches a permis d’accroître la transparence des appels d’offres, avec une hausse de 45 % des publications et une réduction de 27 % des délais d’attribution. Ce processus améliore l’équité entre opérateurs économiques, renforce la confiance des acteurs du secteur privé, et réduit les asymétries d’information à l’origine des rentes administratives.
Sur le plan interne, le mécanisme d’audit institutionnel permanent introduit par le Premier ministre Sonko a permis un suivi annuel rigoureux de la performance de chaque ministère. Aligné sur les standards de l’OCDE, ce dispositif a triplé le nombre de sanctions administratives entre 2022 et 2024. Il transforme le contrôle a posteriori en un outil de régulation dynamique, appuyé sur la culture de résultats. L’appropriation de ces mécanismes reste néanmoins conditionnée par un leadership ministériel fort, une infrastructure d’information robuste et un appui stratégique des cellules de planification.
À l’échelle macro-institutionnelle, cette gouvernance renouvelée renforce la prévisibilité de l’action publique, améliore la mobilisation des ressources intérieures et stabilise les attentes du secteur privé. Elle permet au Sénégal de se positionner comme un laboratoire régional de l’intégration entre réformes de transparence et stratégie de développement. Ce positionnement génère des externalités positives en matière de crédibilité, d’attractivité et de résilience systémique.
Cependant, la soutenabilité de ces acquis nécessite la protection des lanceurs d’alerte, la consolidation des contre-pouvoirs et l’institutionnalisation des processus d’évaluation. À ce titre, les expériences du Rwanda et du Ghana apportent des repères utiles. Au Rwanda, la centralisation des contrôles et l’alignement hiérarchique ont permis une réduction significative des comportements opportunistes. Au Ghana, l’autonomie progressive de la Commission des droits humains et de la justice administrative (CHRAJ) a renforcé la surveillance des pratiques publiques. Ces modèles illustrent l’importance de la cohérence entre volonté politique, autonomie régulatrice et transparence procédurale. En s’en inspirant, le Sénégal peut consolider ses réformes, tout en adaptant leur mise en œuvre à son contexte institutionnel propre.
L’engagement du Président Diomaye Faye et de son gouvernement constitue ainsi bien plus qu’un aggiornamento administratif : il trace les contours d’un nouvel horizon de gouvernance. Ce choix stratégique consolide la capacité de l’État à organiser un développement plus inclusif, plus équitable et plus résilient. Dans un environnement mondial incertain, cette orientation structurelle représente l’unique voie soutenable vers un progrès économique et institutionnel durable.
Dr. Abdourahmane Ba Expert en Politiques Publiques, Suivi-évaluation, Évaluation, et Planification stratégique Consultant International
C’est un scandale d’une ampleur rare qui secoue le secteur de la finance sénégalaise. La société Microsen, considérée comme un fleuron national du financement à capital entièrement sénégalais, a été victime d’un vaste détournement de fonds orchestré de l’intérieur. Selon les révélations du journal Libération, pas moins de 112 transactions frauduleuses ont été recensées, causant un préjudice estimé à 208 millions de francs CFA.
L’affaire, qui s’étale sur la période de janvier 2022 à mars 2025, met en cause un réseau structuré de collaborateurs internes à Microsen. Parmi les principaux accusés figurent Ousmane Racine Mangane, ex-responsable de l’agence Point-E, Léon Mamadou Diouf, ex-responsable des opérations, Ndella Mbaye, ancienne caissière, Serigne Cheikh Koki Diop, ex-responsable Risque et Recouvrement, Amadou Diop Sène, ancien chargé de clientèle aujourd’hui basé au Canada, ainsi que des clients complices, dont un certain Y. Diagne.
Selon l’enquête menée par la Section de recherches de la gendarmerie (Sr), chaque membre du réseau jouait un rôle clé dans un système parfaitement huilé : création de comptes fictifs, virements internes frauduleux, retraits en agence via des bordereaux non signés, puis fermeture rapide des comptes une fois les fonds détournés.
Certains comptes étaient totalement fictifs, d’autres étaient dits de « connivence » : de vrais comptes de clients, utilisés avec leur accord pour héberger temporairement les fonds volés. Le cas de Y. Diagne est révélateur : contacté par Léon Mamadou Diouf, il aurait été informé que son compte avait été choisi pour recevoir une prétendue « subvention » de Microsen. Il lui aurait ensuite été demandé de retirer les fonds et de les remettre en main propre.
Tout commence en avril 2024, lorsqu’une plainte est déposée contre Serigne Cheikh Koki Diop. Microsen lance alors une série d’audits internes, qui vont progressivement mettre au jour un système parallèle de détournements reposant sur la complicité entre membres du personnel et certains clients.
Les responsabilités étaient savamment réparties : pendant que les uns validaient les opérations, d’autres les maquillaient, et d’autres encore servaient d’intermédiaires pour faire sortir l’argent en espèces.
Ce mercredi, les principaux mis en cause ont été présentés au procureur. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, introduction et maintien frauduleux dans un système informatique, et vol aggravé.
L’affaire Microsen révèle la vulnérabilité des systèmes internes de contrôle dans certaines institutions financières, mais aussi la capacité de réseaux criminels à se greffer au cœur même des structures qu’ils sabotent. Un coup dur pour la réputation de Microsen, et un signal d’alarme pour l’ensemble du secteur financier sénégalais.
Ngor, 8 mai 2025 — Une vive émotion règne ce jeudi dans le quartier de Ngor, à Dakar, après l’effondrement partiel d’un immeuble de cinq étages. Le sinistre s’est produit en début de journée, semant la panique dans cette zone habituellement très fréquentée.
Le bâtiment, bien connu des habitants pour abriter une clinique dentaire au rez-de-chaussée, a vu une partie de sa structure céder subitement, pour des raisons encore inconnues. Les images relayées en masse sur les réseaux sociaux montrent un pan entier du bâtiment effondré, jonché de débris, et des riverains accourus sur les lieux.
Pour l’heure, aucune information officielle n’a été communiquée sur d’éventuelles victimes. Les autorités locales, les sapeurs-pompiers et les équipes de la protection civile sont sur place et poursuivent leurs opérations de sécurisation et d’évaluation des dégâts.
L’incident a également causé une importante perturbation de la circulation. L’axe routier reliant Ngor à l’aéroport a été totalement bloqué, provoquant d’importants embouteillages et compliquant les déplacements dans tout le secteur.
Le gouvernement sénégalais multiplie les efforts en coulisse pour alléger durablement la facture d’électricité, un fardeau devenu de plus en plus pesant pour les ménages et les acteurs économiques. En déplacement à Somone, dans le département de Mbour, le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, a réaffirmé la volonté de l’État de parvenir à une solution structurelle pour réduire les tarifs de l’électricité de manière définitive.
Placées sous la tutelle du ministère de l’Énergie, la Société des Pétroles du Sénégal (PETROSEN) et la Société Africaine de Raffinage (SAR) participent activement à cette dynamique. L’objectif est de revoir en profondeur les mécanismes de fixation des prix de l’électricité, en concertation avec la Commission de régulation du secteur de l’énergie (CRSE), dans un contexte marqué par la flambée des coûts de production.
Au cours d’un atelier dédié à la transparence et à la gouvernance des ressources extractives, organisé par l’Association des journalistes pour la transparence dans les ressources extractives et la préservation de l’environnement, le ministre a reconnu la nécessité d’une réforme de fond. Il a notamment souligné les limites des mécanismes sociaux actuels, comme l’utilisation du Registre national unique (RNU), qui ne permettrait pas d’impacter efficacement le pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables.
En attendant l’aboutissement de ces réformes, le gouvernement a demandé à la Société nationale d’électricité (SENELEC) de réduire temporairement ses marges bénéficiaires afin d’atténuer les coûts supportés par les consommateurs. Mais le ministre reste prudent : « Il ne faut pas se précipiter. Devant des enjeux aussi techniques, les décisions doivent être justes et pérennes », a-t-il insisté.
Le principal obstacle à une baisse immédiate des prix réside dans le coût de production de l’électricité. En effet, la SENELEC dépend encore largement du fuel, une énergie fossile coûteuse qui plombe les équilibres tarifaires. Pour remédier à cette situation, les services du ministère ont entamé, depuis cinq mois, un travail de fond. Pas moins de 22 réunions techniques ont été organisées pour analyser en profondeur les données économiques, financières et réglementaires liées au secteur.
Ces discussions pourraient déboucher sur des propositions alternatives, actuellement à l’étude au plus haut niveau de l’État. En toile de fond, la nécessité d’une transition énergétique s’impose, avec une plus grande place accordée aux énergies renouvelables, afin de garantir une production locale plus stable, moins coûteuse et plus respectueuse de l’environnement.
Le nom du célèbre chanteur sénégalais Wally Seck se retrouve mêlé à une affaire judiciaire d’une ampleur inédite, secouant actuellement le pays. Selon des informations révélées par Walf Quotidien, l’artiste serait visé par une enquête du parquet financier, dans le cadre d’un vaste dossier portant sur des soupçons de blanchiment de capitaux et d’association de malfaiteurs en bande organisée.
L’affaire a connu une accélération après la réception d’un rapport complémentaire de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), transmis à la fin du mois de mars dernier. Ce document, jugé accablant, aurait poussé le procureur adjoint près le parquet financier à saisir le juge d’instruction en vue de l’inculpation et du placement sous mandat de dépôt de plusieurs personnalités, dont Wally Seck.
Les enquêteurs soupçonnent l’artiste d’avoir bénéficié de transferts financiers suspects, en lien avec un réseau financier tentaculaire. Ce réseau, selon les premières révélations, serait à l’origine de l’arrestation de plusieurs figures connues telles que Farba Ngom et Tahirou Sarr. Les flux en question transiteraient par des sociétés-écrans, des comptes bancaires personnels et des circuits opaques impliquant des personnalités politiquement exposées.
D’après les éléments contenus dans le rapport de la CENTIF, le nom de Wally Seck apparaît à de nombreuses reprises. Le parquet le soupçonne d’avoir activement participé à la circulation de fonds illicites, ou du moins d’en avoir été bénéficiaire. Si ces accusations sont confirmées, l’artiste risque une inculpation formelle et pourrait être placé en détention provisoire dans les prochains jours.
Face à la gravité des accusations, les avocats de Wally Seck préparent déjà sa ligne de défense, misant sur la présomption d’innocence. L’entourage du chanteur, pour sa part, reste muet face aux révélations qui font l’effet d’une bombe dans les médias comme sur les réseaux sociaux.
Mariée à un Sénégalais installé en Italie, Yaye Dior Guèye rêvait de rejoindre son mari coûte que coûte. Faute de visa, elle a choisi la voie illégale, s’attachant les services d’un faussaire pour obtenir un faux passeport français. Mais son plan s’est rapidement effondré, entraînant son arrestation et celle de son complice présumé, Éric Goudiaby.
Selon le journal L’Observateur, c’est en avril dernier que Yaye Dior contacte Éric Goudiaby, un chef d’entreprise dakarois, pour lui faire part de son désir de voyager en Europe. En échange de 4,5 millions de francs CFA, ce dernier lui promet un passeport français frauduleux, « suffisamment crédible » pour passer les contrôles. Quelques jours plus tard, le document en main, Yaye Dior entame son voyage avec pour destination finale l’Italie.
Le plan semblait bien ficelé : elle devait d’abord se rendre au Maroc avec son passeport sénégalais, puis utiliser le faux passeport français pour passer la frontière européenne. Mais à l’aéroport marocain, les forces de sécurité détectent l’irrégularité du document. Interpellée, elle est placée en garde à vue, puis rapatriée au Sénégal, où elle est immédiatement arrêtée à sa descente d’avion.
Lors de son audition, Yaye Dior révèle l’identité de son complice. Tous deux sont placés sous mandat de dépôt à la prison de Mbour. Devant le tribunal de grande instance de Mbour, les prévenus se rejettent la responsabilité. Éric Goudiaby affirme que Yaye Dior savait parfaitement que les documents étaient faux. Il précise que les 4,5 millions ont été partagés entre plusieurs complices basés en France, chargés de produire le faux passeport. De son côté, Yaye Dior soutient qu’elle ignorait la nature frauduleuse du document et demande le remboursement intégral de la somme versée, expliquant avoir agi par désespoir après plusieurs refus de visa.
Le procureur a requis une peine d’un mois de prison ferme contre Yaye Dior Guèye et six mois contre Éric Goudiaby. Le tribunal a reconnu les deux prévenus coupables de faux et usage de faux, mais a renvoyé le prononcé du verdict au 17 juin.
L’Assemblée nationale du Sénégal se réunit ce jeudi en séance plénière pour examiner et voter la résolution portant mise en accusation de cinq anciens ministres du régime de l’ex-président Macky Sall. Une étape cruciale d’une procédure enclenchée depuis le 28 avril dernier, qui pourrait ouvrir la voie à un procès devant la Haute Cour de justice.
Les personnalités visées par cette résolution sont : Mansour Faye, Aissatou Sophie Gladima, Ndèye Saly Diop Dieng, Moustapha Diop et Ismaïla Madior Fall. Tous sont accusés de faits susceptibles d’être poursuivis dans le cadre d’une juridiction d’exception chargée de juger les membres du gouvernement pour des crimes ou délits commis dans l’exercice de leurs fonctions.
Cette décision intervient après plusieurs étapes institutionnelles, notamment la réunion du bureau de l’Assemblée nationale, la conférence des présidents, puis l’examen en commission des Lois. Lors de cette dernière, les projets de résolution avaient été adoptés sans qu’aucun document explicatif n’ait été rendu public. La levée de l’immunité parlementaire de deux des anciens ministres concernés — Ndèye Saly Diop Dieng et Moustapha Diop, tous deux actuellement députés — avait été un préalable indispensable à la procédure.
Le vote de ce jeudi, organisé à bulletin secret, permettra à chaque député de se prononcer en toute liberté. Toutefois, la majorité présidentielle, qui contrôle environ 130 des 165 sièges de l’Assemblée, semble en mesure de faire adopter les résolutions sans difficulté.
Par respect du principe de séparation des pouvoirs, les 16 députés siégeant à la Haute Cour de justice (8 titulaires et 8 suppléants) ne prendront pas part à ce vote. Une fois les résolutions adoptées, la commission d’instruction de la Haute Cour, dirigée par le Premier président de la Cour d’appel de Dakar, prendra le relais. Cette instance pourra engager des mesures coercitives, y compris le placement sous mandat de dépôt, contre les personnalités mises en cause.
L’enquête de la commission d’instruction débouchera soit sur une ordonnance de non-lieu, soit sur un renvoi devant la Haute Cour de justice pour l’ouverture d’un procès.
Le siège de la CSA a servi, ce mercredi 7 mai 2025, de cadre à une importante rencontre entre une délégation syndicale égyptienne en visite de travail et le syndicat SUDETEN de la SENELEC. Cette visite marque une étape significative dans le renforcement de la coopération syndicale internationale, notamment dans le secteur stratégique de l’énergie.
Cette rencontre a permis aux deux organisations syndicales d’échanger sur les défis communs dans le domaine de l’électricité, et de partager les meilleures pratiques en matière de défense des droits des travailleurs. Selon Alassane Ba, secrétaire général du SUDETEN, les discussions ont également porté sur des points cruciaux tels que les réformes institutionnelles, les enjeux liés à la gestion de l’électricité, ainsi que les évolutions du marché énergétique.
M. Ba a souligné que cette visite s’inscrit dans une dynamique de renforcement des liens entre syndicats africains, et de partage d’expériences pour améliorer les conditions de travail des employés du secteur de l’énergie. Il a rappelé que les visites syndicales internationales offrent souvent l’opportunité de renforcer la coopération, d’identifier les défis du monde du travail et de discuter de solutions durables.
De son côté, le secrétaire général du syndicat égyptien s’est dit honoré d’être en « pays de la Teranga », remerciant chaleureusement le peuple sénégalais pour son accueil, en particulier le SUDETEN, affilié à la centrale syndicale CSA. Il a insisté sur l’importance stratégique de cette rencontre pour les deux pays, affirmant que « les travaux à venir auront une portée à la fois nationale et internationale dans un domaine aussi crucial que celui de l’énergie ».
Pour conclure, M. Alassane Ba a indiqué que les échanges ne se limiteront pas aux seules structures syndicales, mais s’étendront également à la direction de la SENELEC. « Cet échange d’expertises sera un avantage non seulement pour les travailleurs, mais aussi pour nos deux peuples », a-t-il affirmé.
Les populations de la zone de Waladeck, située dans la commune de Ndiaffate (département de Kaolack), font face à de nombreuses difficultés qui freinent le développement de cette localité emblématique. Parmi les problèmes les plus préoccupants : la salinisation des terres et le manque d’eau.
« Avant, ici, on récoltait du riz deux fois par an. Aujourd’hui, même le mil a du mal à pousser », a déploré Samba Ba, coordonnateur du syndicat populaire And Suxali Waladeck. Des centaines de familles vivent de l’agriculture dans cette région. Mais la remontée incontrôlée des sels, aggravée par les effets du changement climatique, a rendu plusieurs hectares incultivables.
Le phénomène n’est pas nouveau, mais il s’est accentué ces dernières années. Les rendements agricoles ont considérablement baissé, poussant de nombreux jeunes à délaisser les champs pour chercher du travail ailleurs, notamment dans les villes ou à l’étranger. « C’est d’ailleurs ce qui favorise l’immigration irrégulière dans la zone », a-t-il ajouté.
Les infrastructures routières posent également un sérieux problème. « À chaque saison des pluies, les pistes en latérite deviennent impraticables. Pendant cette période, il nous est impossible d’aller vendre nos produits au marché. Parfois, même les ambulances refusent de venir, car les routes sont coupées », a rappelé M. Ba. Les enfants, quant à eux, parcourent plusieurs kilomètres à pied pour se rendre à l’école, souvent retardés ou bloqués par l’état déplorable des routes.
Les agriculteurs sont parmi les plus durement touchés. Faute de routes praticables, ils peinent à écouler leurs récoltes, qui pourrissent parfois sur place. Les commerçants, de leur côté, voient leurs coûts de transport exploser, ce qui se répercute directement sur les prix.
« La question des routes rurales est au cœur des enjeux de développement. Sans une politique ambitieuse et concertée de désenclavement, les efforts en matière d’éducation, de santé et d’agriculture risquent de rester vains », a martelé Samba Ba.
Face à la presse ce mercredi 7 mai 2025, le porte-parole des populations de Waladeck a également tiré la sonnette d’alarme sur un autre fléau : le manque d’eau. « L’eau est devenue notre principale préoccupation. Le déficit hydraulique affecte non seulement la consommation domestique, mais aussi l’agriculture et l’élevage, qui sont les piliers de notre économie locale », a-t-il souligné.
La colère gronde parmi les habitants, qui dénoncent l’inaction des autorités. « Cela fait dix ans qu’on nous promet un nouveau forage. Nous sommes fatigués des promesses non tenues », s’est insurgé Samba Ba.
Les habitants de Waladeck appellent à des actions concrètes, urgentes et durables, afin de relever les défis environnementaux, agricoles et sociaux qui menacent l’avenir de leur localité.
La Fédération Internationale des Ouvriers du Transport (ITF) est actuellement en mission au Sénégal pour venir en aide aux travailleurs, en particulier ceux du secteur de la pêche. Mme Matilda Adjagba, envoyée depuis Londres par l’ITF, est chargée de rencontrer les navigants : pêcheurs, marins-pêcheurs, marins du commerce, ainsi que les acteurs de la pêche artisanale.
Sa mission porte principalement sur la Convention C188 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), relative au travail dans la pêche, ainsi que sur l’accord de Cape Town de 2012 de l’Organisation Maritime Internationale (OMI).
Lors de sa visite, Matilda Adjagba a vivement dénoncé les conditions de vie et de travail des pêcheurs au Sénégal, soulignant une insécurité alarmante qui, selon elle, cause environ 100 000 décès par an à travers le monde dans ce secteur.
Des conditions de travail préoccupantes
Yoro Kane, secrétaire général du Syndicat Autonome des Gens de Mer du Sénégal, affilié à l’ITF et point focal de l’organisation dans le pays, précise que la mission vise tous les travailleurs du secteur du transport : routier, ferroviaire, aérien et maritime. Il rappelle que la pêche constitue un maillon essentiel du transport maritime.
« L’ITF envoie régulièrement des missionnaires pour évaluer la situation dans chaque pays, diagnostiquer les problèmes et travailler avec les acteurs locaux pour y apporter des solutions. C’est dans ce cadre que Mme Matilda est présente au Sénégal, pour écouter directement les pêcheurs et rapporter leur vécu à l’échelle internationale », a-t-il expliqué.
Des témoignages choquants
Matilda Adjagba a confié avoir été choquée par les témoignages recueillis lors de sa mission :
« J’ai entendu des histoires de pêcheurs qui dorment à même le sol sur les bateaux, de navires sans machine à laver où l’on exige que les Africains lavent leurs vêtements à la main. Certains navires n’ont même pas d’eau potable. Si ce n’est pas de la discrimination, alors je ne sais pas ce que c’est. »
Elle souligne également que de nombreux employeurs ne versent pas les cotisations de sécurité sociale, malgré les obligations prévues dans la Convention C188, ratifiée par le Sénégal en 2018. « La convention garantit un environnement de travail sain, l’élimination de la discrimination et un accès à la sécurité sociale, entre autres. Mais ce n’est clairement pas le cas ici », déplore-t-elle.
L’urgence d’une meilleure sécurité en mer
La mission de Mme Adjagba vise aussi à promouvoir la ratification de l’Accord du Cap de 2012, qui vise à améliorer les normes de sécurité à bord des navires de pêche. « Au Sénégal, l’accord n’est pas encore ratifié, mais j’ai été encouragée par l’engagement de la direction de la sécurité maritime, notamment par les visites inopinées sur les navires », indique-t-elle.
Elle ajoute : « Ce que vivent les marins est inacceptable. Certains ne sont pas payés pendant des mois, ou voient leur prime de pêche supprimée à leur retour. Nous allons travailler avec les syndicats locaux et la NAM pour changer cela. »
L’ITF, une organisation mondiale au service des travailleurs du transport
M. Kane rappelle que l’ITF est une organisation mondiale basée à Londres, qui regroupe 156 pays et près de 20 millions de membres à travers le monde. Elle dispose de bureaux dans plusieurs régions, notamment en Côte d’Ivoire, à Hong Kong, au Japon, à Singapour et au Kenya.
L’objectif de l’ITF reste inchangé : défendre les droits des travailleurs du transport, en particulier ceux souvent négligés comme les pêcheurs, et promouvoir de meilleures conditions de travail à l’échelle mondiale.
L’opérateur économique réclame justice dans un litige l’opposant à la CBAO, devenu Attijari Bank, et exige le paiement de plus de 11 milliards FCFA.
Le feuilleton judiciaire opposant l’opérateur économique Bocar Samba Dièye au groupe bancaire Attijari Bank (ex-CBAO) revient une nouvelle fois sur le devant de la scène. Ce mardi, Bocar Samba Dièye a repris la parole pour dénoncer un contentieux vieux de plus de 17 ans, qu’il qualifie de « marathon judiciaire interminable » et qui, selon lui, a assez duré.
À l’origine du différend, une relation bancaire tendue datant de 2008, au cours de laquelle l’homme d’affaires affirme avoir été lésé par la banque. Aujourd’hui, il s’appuie sur un rapport d’expertise judiciaire commandité par la Cour d’appel qui, selon ses dires, conclut que la banque lui doit un montant global de 11 milliards 500 millions de francs CFA.
Dans cette affaire, le cabinet Finexo avait été chargé d’analyser en profondeur la relation bancaire entre les deux parties. Le rapport a mis en évidence de nombreuses anomalies, à commencer par l’absence de convention de compte courant, document fondamental censé encadrer juridiquement la relation entre la banque et son client.
L’expertise évoque également la pratique de l’anatocisme — c’est-à-dire la capitalisation d’intérêts — jugée abusive. Cette pratique aurait généré des intérêts indus estimés à 388 millions FCFA, que l’expert recommande de retrancher. À cela s’ajoutent plus de 2 milliards FCFA d’agios jugés « non justifiés », en raison d’un découvert chronique entretenu pendant plus de six décennies.
Dans cette quête de justice, Bocar Samba Dièye a saisi récemment le Parquet national financier, espérant ainsi relancer l’affaire sous l’angle du recel, tout en dénonçant « une tentative d’appropriation de ses immeubles à Dakar » par la banque.
Il en appelle également au nouveau régime politique, estimant que seule une volonté forte au sommet de l’État pourrait permettre un règlement équitable de ce dossier. « Cela fait trop longtemps que je me bats pour que mes droits soient reconnus. La justice doit enfin trancher sur la base des faits et des rapports disponibles », a-t-il déclaré avec fermeté.
L’affaire Bocar Samba Dièye contre Attijari Bank est désormais un cas emblématique des litiges bancaires complexes au Sénégal, mêlant aspects juridiques, financiers et humains. Après près de deux décennies, l’homme d’affaires garde espoir de voir triompher sa cause, porté par un rapport d’expertise qu’il juge accablant pour la banque.
La junte militaire au pouvoir au Mali a franchi un nouveau cap dans la restriction des libertés politiques. Par décret publié ce mercredi, elle a annoncé la suspension “jusqu’à nouvel ordre pour raison d’ordre public” de toutes les activités des partis politiques et des “associations à caractère politique”. Une décision qui suscite une vive inquiétude tant au Mali qu’au sein de la communauté régionale et internationale.
Parmi les premières voix à dénoncer cette mesure figure celle d’Alioune Tine, défenseur des droits humains et fondateur du think tank Afrikajom Center. Très actif sur les questions de gouvernance et de démocratie en Afrique de l’Ouest, le militant sénégalais a réagi sur sa page Facebook, fustigeant une décision qu’il qualifie de “grave et dangereuse”.
“Une décision grave et dangereuse qui va contribuer à l’instabilité politique au Mali. La dictature militaire ne mènera qu’à l’impasse politique dans un pays miné depuis plus de 10 ans par une crise sécuritaire”, écrit-il.
Alioune Tine souligne que cette mesure autoritaire ne fait que reculer les perspectives de sortie de crise, dans un contexte déjà marqué par une insécurité persistante, une économie fragilisée et des tensions avec la communauté internationale.
Pour le fondateur d’Afrikajom Center, la seule voie viable pour un retour à la stabilité passe par un “dialogue sincère” et l’organisation “d’élections transparentes, démocratiques et inclusives”. Un appel réitéré à plusieurs reprises par les organisations de la société civile malienne, les partenaires internationaux et les institutions régionales.
La suspension des partis politiques intervient alors que la junte, au pouvoir depuis le coup d’État d’août 2020, multiplie les signaux d’un durcissement de son régime, avec un report à répétition des échéances électorales et une mise à l’écart progressive des contre-pouvoirs.
La réaction d’Alioune Tine illustre une inquiétude croissante quant à l’avenir de la transition malienne, alors que le pays s’enfonce dans ce que certains observateurs n’hésitent plus à qualifier de “dérive autoritaire”.
À partir du 1er juin 2025, les services numériques de Google seront officiellement assujettis à une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 18 % au Sénégal. L’annonce a été relayée par le journaliste et spécialiste du numérique Basile Niane, via ses réseaux sociaux, citant l’article 355 bis du Code général des impôts comme fondement légal de cette nouvelle disposition.
Cette mesure s’inscrit dans le prolongement de la politique fiscale numérique initiée par l’État sénégalais en juillet 2024, qui avait déjà permis de générer 1,7 million de dollars de recettes fiscales. À travers ce dispositif, le gouvernement entend mobiliser, à moyen terme, près de 10 milliards FCFA dans le cadre du “New Deal Technologique”, une stratégie visant à mieux encadrer et taxer l’économie numérique, tout en stimulant l’innovation locale.
Google, par le biais de sa plateforme publicitaire Google Ads, a déjà commencé à informer ses utilisateurs au Sénégal. L’entreprise précise que « les professionnels assujettis à la TVA devront fournir leurs informations fiscales locales (NINEA ou registre de commerce) » afin de mettre à jour leur profil de facturation. Le NINEA sera désormais visible sur les factures, ce qui officialise la transparence fiscale exigée par les autorités sénégalaises.
Des conséquences pour les créateurs de contenus et consommateurs
Si cette mesure vise à renforcer la souveraineté fiscale du pays dans le domaine numérique, elle soulève également des inquiétudes. Basile Niane alerte notamment les créateurs de contenus, les youtubeurs et les utilisateurs de Google Ads : « Les youtubeurs, créateurs de contenus et consommateurs, je ne vous plains pas. Ce sera trop chaud pour tous. »
En d’autres termes, cette fiscalité risque d’alourdir les charges des professionnels du numérique et de limiter l’accessibilité des services numériques aux consommateurs locaux, surtout dans un contexte où les revenus publicitaires peuvent rester faibles comparés aux standards internationaux.
Au-delà des inquiétudes immédiates, Basile Niane soulève un point crucial : la stratégie du gouvernement reste centrée sur la consommation, sans s’attaquer au cœur de la création de valeur des géants du numérique (GAFAM). « Le Sénégal, avec l’implication de tous les acteurs du secteur, aurait tout intérêt à capter une partie de la valeur ajoutée générée localement par les services des GAFAM, plutôt que de se limiter à l’application de la TVA aux seuls consommateurs », soutient-il.
Ce débat relance la question d’une fiscalité plus juste et inclusive dans le secteur numérique. Alors que de nombreux pays africains cherchent encore le bon modèle pour taxer les géants du Web sans freiner l’innovation locale, le Sénégal fait figure de pionnier. Mais l’équilibre reste fragile : comment taxer les plateformes tout en soutenant les créateurs locaux ? La réponse pourrait venir d’une réforme plus large, co-construite avec les différents acteurs de l’écosystème numérique.
La Section de recherches (SR) de la gendarmerie de Colobane, en collaboration avec Interpol et les autorités gambiennes, a mis la main sur deux membres présumés d’un gang impliqué dans un spectaculaire vol à main armée, ayant eu lieu à Ouakam le 12 avril dernier. Montant du préjudice : 176 millions de FCFA.
Les suspects, Mamadou Lamine Mbaye (30 ans) et Samba Djibril Diop (26 ans), ont été déférés au parquet ce mardi pour association de malfaiteurs et vol en réunion avec violence, rapporte Libération dans son édition du jour.
Tout part d’un appel téléphonique adressé à un cambiste, Mouhamadou Moustapha Ndiaye, par un individu se présentant comme un client souhaitant échanger des dollars. Le taux alléchant proposé convainc le cambiste, qui fixe un rendez-vous le jour même dans un appartement à Ouakam. Il y envoie l’un de ses employés, El Hadji Samba Thiam, avec la somme demandée. Mais dès son arrivée sur place, ce dernier est violemment agressé, ligoté et bâillonné. Les malfaiteurs repartent avec les 176 millions de FCFA.
Les gendarmes exploitent alors les images de vidéosurveillance et les données téléphoniques. Ils identifient Mamadou Lamine Mbaye, présent sur les lieux et en contact constant avec Samba Djibril Diop. Grâce à une proche de Mbaye, les enquêteurs apprennent qu’il s’est réfugié en Gambie et obtiennent son numéro gambien. À partir de là, la machine judiciaire s’accélère.
Saisissant le Bureau central national d’Interpol basé à la Direction de la police judiciaire (DPJ), la SR obtient la coopération de la police gambienne. Une opération est menée à Banjul, permettant l’arrestation de quatre membres présumés du gang : Mamadou Lamine Mbaye, Djibril Diop, Ibrahima Coly et Kitabou Thiam alias Junior. Un véhicule de marque Nissan et une somme de trois millions de FCFA sont également saisis.
Cependant, seuls les deux ressortissants sénégalais ont été extradés vers Dakar, le 30 mai 2025 à 21h, via Interpol Sénégal. Les deux autres suspects, de nationalité gambienne, sont toujours détenus sur place.
L’affaire Azoura Fall secoue la toile sénégalaise depuis plusieurs jours. Connue pour ses prises de parole virulentes sur TikTok, l’activiste s’est retrouvée au cœur d’une tempête judiciaire après avoir proféré des injures à l’encontre de l’ancien président Macky Sall lors d’un live. Une sortie polémique qui a poussé le procureur de la République, Ibrahima Ndoye, à s’autosaisir du dossier. Cette décision relance un débat sensible : jusqu’où peut aller la liberté d’expression en ligne ? Et surtout, que risque-t-elle réellement devant la loi sénégalaise ?
L’intervention du parquet repose sur des éléments publics, facilement accessibles. Le live controversé d’Azoura Fall a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, exposant des propos jugés “grossiers”, “injurieux” et potentiellement attentatoires à l’honneur d’une personnalité publique, en l’occurrence un ancien chef d’État. Dans ce contexte, l’autosaisine du procureur est juridiquement fondée, conformément à l’article 34 du Code de procédure pénale sénégalais, qui autorise l’ouverture d’une enquête pour des faits relevant de l’ordre public ou portés à la connaissance du ministère public par tout moyen.
Au regard du Code pénal sénégalais, plusieurs chefs d’accusation pourraient être retenus contre Azoura Fall :
Injures publiques : L’article 258 du Code pénal prévoit des peines pouvant aller jusqu’à un mois d’emprisonnement et 50 000 francs CFA d’amende pour toute injure non publique. Si les injures sont publiques — ce qui est le cas dans un live TikTok diffusé à grande échelle —, les peines peuvent être alourdies, notamment si la victime est une autorité ou un dépositaire de l’autorité publique. Diffamation : Si les propos tenus sont considérés comme accusatoires sans preuve, notamment en imputant à Macky Sall des faits précis sans fondement, l’article 248 du Code pénal pourrait s’appliquer, avec des peines pouvant atteindre deux ans d’emprisonnement et 1 500 000 francs CFA d’amende. Atteinte à l’ordre public via les TIC : Le Code des communications électroniques et la loi sur la cybercriminalité (2016) permettent également de poursuivre tout individu diffusant des contenus à caractère injurieux ou haineux en ligne. Cette législation plus récente élargit les possibilités de poursuites.
Cette affaire ravive les tensions entre liberté d’expression et protection de la dignité des personnalités publiques. Si la Constitution sénégalaise garantit le droit à la liberté d’opinion, celle-ci connaît des limites, notamment lorsque les propos portent atteinte à la réputation ou à la sécurité d’autrui. Plusieurs défenseurs des droits numériques dénoncent toutefois un usage sélectif de la justice, qui viserait particulièrement les voix critiques du pouvoir ou des figures politiques influentes.
Le cas d’Azoura Fall s’inscrit dans une tendance croissante de judiciarisation du discours en ligne au Sénégal. D’autres activistes ou influenceurs ont déjà été poursuivis pour des propos tenus sur Facebook, WhatsApp ou YouTube. Le traitement réservé à cette affaire pourrait ainsi établir une nouvelle jurisprudence sur la régulation des contenus numériques, à l’heure où les réseaux sociaux jouent un rôle central dans le débat public.
En résumé, que risque Azoura Fall ?
Jusqu’à 2 ans d’emprisonnement si les faits sont requalifiés en diffamation aggravée. Des amendes allant jusqu’à 1,5 million de francs CFA. Une possible interdiction temporaire d’usage des réseaux sociaux dans le cadre de mesures judiciaires spécifiques.
Le dossier est désormais entre les mains du parquet. Reste à savoir si une inculpation formelle suivra et quelle sera l’issue judiciaire. En attendant, l’affaire Azoura Fall pose une nouvelle fois la question de la régulation du numérique, dans un pays où la parole en ligne est de plus en plus surveillée.
Les Lions du Sénégal continuent d’écrire l’histoire sur la scène internationale du football de plage. Ce mardi, ils ont confirmé leur excellente forme en dominant le Chili sur le score de 6 à 3, validant ainsi leur qualification pour les quarts de finale du Mondial Beach Soccer 2025. Une performance remarquable qui vient couronner une phase de groupes maîtrisée de bout en bout.
Avant ce dernier match, les hommes d’Oumar Ngalla Sylla avaient déjà frappé fort en battant l’Espagne (4-1) puis Tahiti (6-3). Contre le Chili, le sélectionneur sénégalais a fait tourner son effectif, sans pour autant compromettre l’efficacité de son équipe. Le résultat est sans appel : une troisième victoire en autant de rencontres et un parcours sans faute qui marque un record historique pour le Sénégal dans cette compétition.
Jamais les Lions n’avaient réussi à remporter tous leurs matchs de groupe lors d’un Mondial de beach soccer. Ce sans-faute témoigne non seulement de la solidité du groupe, mais aussi de l’ambition qui anime cette équipe, bien décidée à franchir un nouveau palier sur la scène mondiale.
Prochaine étape : les quarts de finale, où le Sénégal affrontera l’Italie ce jeudi. Un choc très attendu face à une nation expérimentée, mais que les Sénégalais aborderont avec confiance et détermination. Portés par une dynamique très positive, ils peuvent nourrir de sérieuses ambitions pour la suite du tournoi.
Avec un collectif en pleine forme, une défense solide et une attaque percutante, les Lions du Sénégal apparaissent aujourd’hui comme de sérieux prétendants au titre. Le rêve est permis.
Le Sénégal est en deuil. Le pays vient de perdre l’un de ses fils les plus discrets mais profondément engagés dans la vie politique nationale. Pape Mignane Ndong, figure proche du Premier ministre Ousmane Sonko, est décédé subitement des suites d’un malaise, selon des informations confirmées par Seneweb.
Discret dans la forme mais essentiel dans le fond, Pape Mignane Ndong était un maillon clé dans l’entourage immédiat du chef du gouvernement. En tant qu’aide de camp d’Ousmane Sonko, il veillait au quotidien à la sécurité, à la coordination et à l’agenda du Premier ministre, jouant un rôle de confiance dans un environnement politique souvent agité.
Sa disparition brutale a provoqué une vive émotion au sein du parti PASTEF – Les Patriotes, où il était unanimement respecté pour sa loyauté, son professionnalisme et son engagement indéfectible. Mais au-delà du cercle partisan, ce sont l’ensemble des acteurs politiques, de la société civile et de nombreux citoyens qui saluent aujourd’hui la mémoire d’un homme de devoir, resté à l’ombre, mais dont l’impact était bien réel.
Les hommages se multiplient, témoignant de l’importance de son rôle dans les coulisses du pouvoir et de la confiance dont il jouissait. Son décès rappelle, une fois encore, combien les acteurs de l’ombre sont essentiels à la stabilité et au fonctionnement de nos institutions.
Le Sénégal perd un patriote silencieux, un homme de l’ombre au service de la lumière.
Entre dette informelle, enregistrement secret et décharges manuscrites, l’audition de l’ancienne agente comptable de la CRSE bouleverse les lignes d’un dossier déjà explosif.
Le feuilleton judiciaire autour des 700 millions FCFA disparus de la Commission de régulation du secteur de l’énergie (CRSE) a franchi un tournant décisif ce lundi 5 mai. Tabaski Ngom, inspectrice du Trésor et ancienne agente comptable particulière (ACP) de la CRSE, a livré un témoignage fleuve de près de quatre heures devant les juges d’instruction Idrissa Diarra et Nelly Secko Dieng du Pool judiciaire financier (PJF). Son audition au fond, très attendue, pourrait bien redéfinir les contours de l’un des plus gros scandales financiers de ces dernières années.
D’un ton calme mais assuré, Tabaski Ngom a levé le voile sur ce qu’elle décrit comme une “mécanique d’endettement informel”, imputant la responsabilité directe à son ancien supérieur hiérarchique, Moustapha Diop, ex-ministre de l’Industrie, aujourd’hui député et maire de Louga. Selon elle, ce dernier lui devrait plus de 700 millions FCFA — une somme qu’elle aurait avancée sans contrat formel, sur la base d’une relation de confiance bâtie au fil du temps.
Pour appuyer ses dires, elle a présenté une décharge manuscrite signée par Moustapha Diop, dans laquelle il reconnaît lui devoir 200 millions FCFA. Mais l’élément le plus saisissant reste sans doute un enregistrement audio clandestin, effectué dans le bureau de Momath Ba, ex-directeur général de l’Aprosi. On y entendrait Moustapha Diop admettre l’existence du différend financier et promettre de “trouver une solution”. Ce fichier, jugé accablant, a été versé au dossier.
Face aux interrogations sur l’absence de justificatifs pour le reliquat de la somme — soit plus de 500 millions FCFA — Tabaski Ngom a reconnu n’avoir exigé ni reçus, ni documents officiels. Un aveu lourd de conséquences, révélateur des dérives qui peuvent naître d’un mélange de proximité politique, de pouvoir hiérarchique et de loyauté aveugle. Dans un écosystème où les procédures sont contournées au profit de l’informel, les risques de dérapage semblent inévitables.
Malgré sa stratégie de dévoilement, Tabaski Ngom n’a pas échappé à la justice. Interpellée par la Division des investigations criminelles (DIC), elle a été inculpée pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, faux et usage de faux en écritures publiques et privées, ainsi que blanchiment de capitaux. Elle a été placée sous mandat de dépôt.
Mor Guèye, patron des sociétés Webcom.Sen et Sen-Setal, soupçonné d’avoir servi de relais financier dans le montage, a également été incarcéré. Momath Ba, impliqué à travers l’enregistrement audio, a lui aussi été inculpé. Il a cependant évité la détention grâce à une caution de 90 millions FCFA réunie en urgence.
Invité au Global Solutions Summit 2025 à Berlin, l’ancien président sénégalais Macky Sall, aujourd’hui président du Conseil de surveillance du Centre mondial pour l’adaptation, a livré une allocution forte sur “L’Afrique dans le multilatéralisme contemporain”. Il y a souligné les défis majeurs du continent, entre paix, sécurité, développement économique et transition énergétique, appelant à une réforme en profondeur de la gouvernance mondiale.
Voici son discours…,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
Je voudrais d’abord remercier notre ami Christian Kastrop pour son aimable invitation et pour l’accueil convivial qui m’a été réservé. Je félicite Global Solutions pour l’organisation de ce Sommet. Dans un monde en proie aux tensions et aux incertitudes, il est à la fois opportun et salutaire de créer des espaces de dialogue pour penser ensemble les chemins possibles de sortie de crise. Face aux urgences, le cours de l’histoire est à nouveau trouble. Le système multilatéral, né dans les décombres de la guerre pour promouvoir la paix, le progrès partagé et la solidarité entre les nations, montre aujourd’hui ses limites. Il peine à offrir des réponses concertées aux défis contemporains. En effet, les instances multilatérales semblent figées alors que les conflits, anciens et nouveaux, persistent, les uns plus désastreux que les autres ; les menaces terroristes restent entières ; le réchauffement climatique s’accentue malgré les COP qui se succèdent ; et une guerre commerciale majeure vient s’ajouter à une crise économique et financière dont le monde peinait déjà à se relever. Dans ce contexte de crises et de mutations profondes, l’Afrique continue de faire face à plusieurs challenges. Je me limiterai ici à quatre défis majeurs.
Premier défi : la paix, la sécurité et la stabilité. En plus des situations conflictuelles persistantes, le terrorisme tend à devenir endémique sur le continent, en particulier au Sahel. Il faut dire que depuis des années, l’Afrique n’a de cesse d’alerter sur le fait que les opérations de maintien de la paix classiques ne sont pas adaptées à la lutte antiterroriste, faute de mandats et de moyens adéquats. En témoigne la fin précipitée de certaines opérations dans la colère et l’incompréhension. C’est pourquoi nous avons toujours plaidé pour des mandats plus robustes et des moyens mieux calibrés, pour combattre le terrorisme dans le cadre de l’Architecture africaine de paix et de sécurité, avec le soutien logistique et financier des Nations Unies et des pays partenaires. C’est à ce prix que nous pourrons vaincre le terrorisme, ou tout au moins réduire de façon significative ses moyens d’action. Il y va de notre intérêt commun, car la persistance du terrorisme en Afrique constitue une menace globale qui relève de la responsabilité du Conseil de sécurité, garant du système de sécurité collective.
Deuxième défi : le développement économique. Avec ses 30 millions de km², son poids démographique et ses ressources minières, hydriques, énergétiques et foncières (60% des terres arables non exploitées de la planète), l’Afrique dispose du potentiel nécessaire pour soutenir ses efforts de développement et contribuer à la croissance mondiale. Cela requiert certes des politiques publiques avisées, mais aussi un ordre économique mondial plus juste et plus équitable. La dynamique du développement est freinée quand l’impôt n’est pas payé là où la richesse est créée, à cause de congés fiscaux abusifs ; et quand les notations des agences d’évaluation sont biaisées par leurs critères et leurs méthodologies de plus en plus contestées. En Afrique, la perception du risque d’investissement est souvent supérieure au risque réel, ce qui renchérit le coût du crédit, à cause de primes d’assurances particulièrement élevées. Mon point de vue est qu’il est temps de refonder la coopération internationale sur des paradigmes réinventés, notamment : la réforme de la fiscalité internationale et des méthodes de notation des agences d’évaluation ; et l’assouplissement des règles de l’OCDE afin de faciliter l’accès des pays en développement au crédit export, à des conditions de maturité plus longues et des taux d’intérêt soutenables. A mon sens, l’Afrique d’aujourd’hui a besoin plus de règles justes et de partenariats équitables que d’une aide publique au développement aux ressources limitées et aux mécanismes peu efficaces. À titre d’exemple, rien que pour les infrastructures, la Banque africaine de Développement estime les besoins de l’Afrique entre 130 et 170 milliards de dollars par an. Certes, il faut saluer et reconnaitre à leur juste valeur les efforts et les acquis réalisés dans le cadre des partenariats traditionnels. En même temps, l’Afrique continuera de s’ouvrir à de nouveaux partenariats, sans exclusivité ni exclusion, pour diversifier ses perspectives de croissance et de développement économique et social. C’est tout cela, ajouté à la mise en place progressive de la Zone de libre-échange continentale africaine, qui contribuera à instaurer une nouvelle doctrine de coopération fondée sur une éthique de valeurs partagées, de solutions concertées, et d’intérêts mutuellement bénéfiques, sans conditionnalités idéologiques ou socio culturelles.
Troisième défi : la transition énergétique dans le contexte du réchauffement climatique. Suivant le principe de responsabilité commune mais différenciée, l’Afrique est pleinement engagée dans la lutte contre le réchauffement climatique. Partout sur le continent, des projets sobres en carbone et résilients au réchauffement climatique voient le jour. Mais le continent qui pollue le moins ne peut être contraint de choisir entre développement et protection de l’environnement, ou de s’endetter pour financer seul les coûts de l’adaptation. Il est donc urgent de mobiliser les ressources financières nécessaires à l’action climatique, notamment dans le cadre des Partenariats pour une transition énergétique juste. En outre, pour l’équité et la justice, il faut éviter des décisions unilatérales comme celle de la COP 26 à Glasgow interdisant le financement à l’étranger de sources d’énergie fossiles, même peu polluantes comme le gaz, alors que certains pays industrialisés continuent d’utiliser des énergies bien plus polluantes comme le charbon. Je rappelle que l’Union africaine, la Banque africaine de développement et le Centre mondial pour l’adaptation ont lancé en 2021 le Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique (AAAP). Cette ambitieuse initiative vise à mobiliser 25 milliards de dollars pour renforcer la résilience climatique de l’Afrique dans domaines clés, notamment : l’agriculture, les infrastructures, la jeunesse et l’entrepreneuriat, ainsi que la finance et la gouvernance. En ma qualité de Président du Conseil de surveillance du Centre mondial pour l’adaptation, je lance un appel aux partenaires bilatéraux et multilatéraux pour soutenir la deuxième phase de l’initiative AAAP sur la période 2026-2030.
Quatrième défi, enfin, la réforme de la gouvernance mondiale.
L’idéal à la base du multilatéralisme, c’est de promouvoir entre des pays aux forces inégales des relations de collaboration confiante, solidaire et inclusive. Dans cet esprit, il est juste de reconnaitre les services que le système des Nations Unies et celui de Bretton Woods ont rendus aux Etats membres.
Mais 80 ans après sa création, le multilatéralisme de l’après-guerre est en passe de devenir obsolète, car il ne répond pas aux réalités et aux besoins de son temps. Pour plus des trois quarts des pays membres, il y a là une source d’inégalités qui alimente des frustrations et la contestation du système.
L’élargissement progressif des BRICS en Sud global apparait comme un symptôme illustrant le malaise d’un système qui court le risque de sa fragmentation s’il n’est pas réformé. Il n’est pas souhaitable d’en arriver là. Alors, la sagesse commande de refonder la gouvernance politique, économique et financière mondiale, pour la rendre plus représentative de la diversité du monde d’aujourd’hui.
Le G20 a montré la voie en admettant l’Union africaine comme membre de plein droit, à l’initiative du Sénégal durant sa présidence de l’Union africaine. L’octroi d’un troisième siège à l’Afrique au Conseil d’administration du FMI va également dans le bon sens de l’histoire.
Il est important que d’autres instances, comme le Conseil de sécurité et la Banque mondiale suivent ces exemples, afin d’aider à l’avènement d’un multilatéralisme plus inclusif, plus légitime et plus efficace.
Mesdames, Messieurs, chers amis, Dans un monde secoué par tant de turbulences, nous ne devons pas renoncer à l’espérance. Non pas une espérance incantatoire, mais une espérance travaillée ; une espérance agissante, nourrie par le courage du dialogue, la force de la coopération et la foi dans notre humanité commune. À l’heure des défis globaux, seul un nouveau sursaut lucide et humaniste nous permettra de ressouder les fractures, apaiser les colères et les tensions, et favoriser une collaboration solidaire, fondée sur nos valeurs communes et le respect de nos différences. Je vous remercie de votre aimable attention!
Pour rappel, Créé en 2017, Global Solutions Initiative (GSI) est un réseau international de think tanks de chercheurs, décideurs politiques et leaders de la société civile visant à proposer des solutions politiques concrètes aux grands défis mondiaux, en particulier dans les domaines du climat, de la transformation numérique, de la gouvernance mondiale et du développement durable. • Activités principales : • Organisation du Global Solutions Summit, un forum annuel réunissant des experts internationaux. • Publication de notes d’analyses à destination des décideurs du G20 et du G7. • Animation de communautés telles que les Young Global Changers et le Council for Global Problem-Solving. GSI siège à Berlin, Allemagne.
Le think tank est dirigé par Christian Kastrop, économiste de nationalité allemande, ancien secrétaire d’État pour la société numérique et la politique consommateurs au ministère fédéral allemand de la Justice et de la Protection des consommateurs.
Cinq anciens ministres du régime de Macky Sall – Ndèye Saly Diop, Mansour Faye, Ismaïla Madior Fall, Sophie Gladima et Moustapha Diop – sont dans le viseur de la justice sénégalaise. À la demande du procureur de la République, le ministre de la Justice a saisi l’Assemblée nationale, qui a enclenché le processus de leur mise en accusation devant la Haute cour de justice.
Si Ismaïla Madior Fall est poursuivi dans une affaire de corruption présumée, les autres sont tous soupçonnés d’avoir été impliqués dans des irrégularités constatées par la Cour des comptes dans la gestion du fonds Force Covid-19. Ce fonds, mis en place au plus fort de la pandémie, visait à atténuer les effets économiques et sociaux de la crise sanitaire. Mais les audits ont révélé des anomalies dans l’attribution des marchés, la distribution des aides et la traçabilité des dépenses publiques.
Pour Alioune Souaré, expert en droit parlementaire, cette procédure pose de sérieux problèmes en termes de respect des droits fondamentaux. Dans un entretien accordé au journal Les Échos, il dénonce la loi organique qui régit la Haute cour de justice, estimant qu’elle viole plusieurs principes constitutionnels.
Selon lui, l’article 7 de la Constitution sénégalaise, qui proclame l’égalité de tous devant la loi, est mis à mal par cette juridiction d’exception. « Elle piétine aussi le principe du double degré de juridiction, pourtant indispensable à un procès juste et équitable, quelle que soit la nature des infractions », affirme-t-il.
Autre point de friction : les accusés ne peuvent être assistés que par un seul avocat, une disposition que Souaré considère comme une atteinte aux droits de la défense. Il souligne également l’absence d’enquête préliminaire, une étape pourtant essentielle dans toute procédure judiciaire.
Plus préoccupant encore, selon l’expert, est le caractère non contestable des décisions rendues par la commission d’instruction et la Haute cour elle-même. Aucun recours n’est possible, ni appel, ni pourvoi en cassation. Une situation qu’il juge contraire aux standards internationaux d’un procès équitable.
Enfin, Souaré critique le recours au vote par les juges pour décider des peines, une pratique qui, selon lui, va à l’encontre de l’article 101 alinéa 3 de la Constitution. Cet article stipule que la Haute cour doit s’en tenir strictement à la définition des infractions et à la détermination des peines telles que fixées par la loi pénale au moment des faits.
Il rappelle aussi que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, mentionnée dans le préambule de la Constitution sénégalaise, consacre le principe d’égalité devant la loi – un principe mis en péril, selon lui, par la configuration actuelle de la Haute cour de justice.
Ces mises en accusation, bien qu’elles marquent une volonté de lutte contre l’impunité, relancent donc le débat sur la légitimité et l’efficacité de la Haute cour de justice. De nombreuses voix, au sein de la société civile et du monde juridique, appellent désormais à une réforme profonde de cette juridiction, afin de garantir aux justiciables un traitement conforme aux principes d’un État de droit.
De plus en plus d’étudiants découvrent, une fois arrivés au Québec, que leur formation ne leur permet ni d’obtenir un permis de travail post-diplôme, ni de faire une demande de résidence permanente. Une réalité mal connue, souvent liée à des choix faits sans information complète.
Depuis plusieurs mois, un nombre croissant d’étudiants internationaux découvrent, souvent trop tard, que la formation qu’ils ont suivie au Québec ne leur donne pas accès au permis de travail post-diplôme, ni à la résidence permanente. Ces situations, fréquentes et mal comprises, sont le résultat d’un enchevêtrement de règles, de réformes récentes et parfois d’une mauvaise orientation dès le départ. Le cas de cette étudiante admise à une formation en cuisine d’une durée de 1 300 heures en est un exemple parlant. Son objectif était de compléter son diplôme par une attestation de spécialisation professionnelle (ASP), afin d’atteindre le seuil de 1 800 heures exigé dans le cadre du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pour la résidence permanente. Or, une nouvelle réglementation met un frein à cette stratégie : lorsqu’un programme de base n’est plus admissible au permis de travail post-diplôme (PTPD), le fait de le compléter par un ASP peut faire perdre l’éligibilité au PTPD. Autrement dit, en voulant se rendre admissible à la résidence permanente, l’étudiant risque de perdre le droit de rester temporairement au Canada pour y travailler. Cette règle touche particulièrement les secteurs retirés de la liste des programmes prioritaires, comme certains DEP en cuisine, en esthétique ou encore en bureautique. Ces formations, bien qu’encore offertes, ne donnent plus automatiquement droit au permis de travail post-diplôme. Une réalité que peu d’étudiants connaissent à l’avance.
Il est essentiel ici de distinguer deux choses. Le permis de travail post-diplôme dépend d’abord de l’établissement fréquenté : celui-ci doit être un établissement d’enseignement désigné (EED) reconnu par les autorités canadiennes. Ensuite, le programme lui-même doit être admissible. La durée de la formation (900, 1 200 ou 1 800 heures) n’est pas un critère en soi pour l’obtention du PTPD. Il est donc possible d’obtenir un permis de travail post-diplôme après une formation de 900 heures, pourvu que l’établissement et le programme soient reconnus.
En revanche, pour entamer une démarche de résidence permanente via le PEQ, le Québec exige que la formation suive un minimum de 1 800 heures, complétée d’une expérience professionnelle dans le domaine étudié. Nombreux sont ceux qui pensent pouvoir combiner un DEP court avec un ASP afin d’atteindre cette exigence. Mais cette combinaison, aujourd’hui, peut mettre en péril le statut légal de l’étudiant si la formation de base ne respecte plus les critères du PTPD.
Autre élément préoccupant : le rôle de certaines agences d’orientation, notamment en Afrique francophone, qui inscrivent des étudiants dans des écoles sans vérifier l’admissibilité réelle des formations. L’étudiant découvre alors, une fois arrivé au Canada, qu’il n’a pas droit au permis post-diplôme, et se retrouve dans une impasse : il ne peut ni travailler légalement après ses études, ni accéder à l’immigration permanente, sauf à reprendre une nouvelle formation dans un domaine ou un établissement admissible. Ces situations entraînent non seulement une grande détresse psychologique, mais aussi des pertes financières considérables. Plusieurs étudiants se retrouvent contraints d’accepter des emplois précaires, hors de leur domaine, ou de quitter le pays. D’autres tentent de recommencer à zéro, souvent sans accompagnement. Face à ce constat, l’information reste la première arme. Les étudiants doivent impérativement vérifier que leur établissement figure sur la liste des EED, que le programme donne droit au PTPD, et que la formation choisie est cohérente avec un objectif éventuel de résidence permanente. Ils doivent aussi se méfier des raccourcis proposés par certaines agences, qui privilégient leurs commissions à l’intérêt réel de l’étudiant. La réglementation canadienne évolue rapidement, et il est essentiel que les candidats à l’immigration étudiante comprennent les impacts de chaque réforme. Ce qui était valable en 2022 ne l’est plus forcément aujourd’hui. Dans ce contexte, mieux vaut prendre le temps de s’informer que de perdre des années à tenter de réparer une orientation mal planifiée.
Par Khady SAMB Étudiante au Québec, doctorante en anthropologie médicale
La journaliste sénégalaise Aïssatou Diop Fall se retrouve au cœur d’une vive polémique après avoir reçu, le 25 avril 2025, un arrêté du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique lui enjoignant de suspendre toutes les activités de ses médias. Sont visés : la chaîne YouTube Public Sn TV, le quotidien Le Public et le site Public.sn.
Face à cette décision qu’elle qualifie d’abusive et d’illégale, Aïssatou Diop Fall a décidé de contre-attaquer sur le terrain judiciaire. Son avocat, Me Abdou Dialy Kane, a introduit un recours pour excès de pouvoir devant la Cour suprême du Sénégal, en invoquant l’article 178 du Code de la presse.
Le recours a été jugé recevable par la haute juridiction, conformément à l’article 74-1 de la loi organique n°2017-09 relative à la Cour suprême, modifiée par la loi n°2022-16. Il respecte également les exigences de forme fixées par l’article 33 de la même loi.
Dans un communiqué transmis à la presse, Me Kane affirme que le ministre a outrepassé ses compétences en imposant une procédure de validation des organes de presse via une plateforme numérique, sans aucune base légale claire. Selon lui, cette démarche constitue une « tentative manifeste de museler la presse indépendante », et il annonce que sa cliente compte faire valoir ses droits par tous les moyens de droit.
Cette affaire intervient dans un contexte où les rapports entre le pouvoir exécutif et les médias sont de plus en plus tendus. Plusieurs acteurs du secteur dénoncent une volonté grandissante de contrôle politique sur les organes de presse, en particulier ceux perçus comme critiques vis-à-vis des autorités.
L’affaire relance ainsi le débat sur les conditions d’exercice du journalisme au Sénégal, la régulation des médias et les limites du pouvoir exécutif en matière de communication. Elle pose également la question du rôle et de l’indépendance des instances de régulation, à l’heure où le numérique bouleverse les équilibres traditionnels du secteur.
En attendant la décision de la Cour suprême, l’opinion publique reste divisée. Tandis que certains saluent une tentative de mettre de l’ordre dans un paysage médiatique jugé parfois anarchique, d’autres voient dans cette affaire un dangereux précédent pour la liberté de la presse.
Abo Mbacké ne retrouvera pas sa liberté tout de suite. Malgré une décision de la Chambre d’accusation du Pool judiciaire financier (PJF) qui lui avait accordé la liberté provisoire, le parquet général s’y est opposé en introduisant un pourvoi devant la Cour suprême. Celle-ci se prononcera le 15 mai prochain, selon le journal Les Échos dans son édition du lundi 5 mai.
La Chambre d’accusation avait pourtant jugé inutile le maintien en détention de l’homme d’affaires. Pour motiver sa décision, elle s’était appuyée sur le remboursement des 100 millions de francs CFA qu’Abo Mbacké devait à la plaignante, Mame Diarra Tall. Cette dernière avait remis ladite somme à l’accusé, espérant profiter d’un accès privilégié à des bons du Trésor. L’homme lui aurait fait croire qu’il était proche du Premier ministre Ousmane Sonko, et donc en mesure de l’aider. Une promesse mensongère, qui a conduit à une plainte pour escroquerie.
Mais ce n’est pas la seule accusation qui pèse sur Abo Mbacké. Il est également poursuivi par l’architecte Pierre Goudiaby Atépa. Selon les faits rapportés, l’homme d’affaires se serait présenté comme conseiller du prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salmane. Il aurait ainsi convaincu Atépa de concevoir gratuitement une maquette de villa destinée au prince, qui ne serait finalement jamais concerné par le projet.
Abo Mbacké nie les faits, notamment s’être fait passer pour un proche du prince saoudien. Pourtant, une perquisition menée à son domicile par la Division des investigations criminelles (DIC) aurait mis au jour des éléments compromettants, notamment des documents établissant un lien avec Mohammed Ben Salmane.
La Cour suprême aura donc à trancher dans un dossier où les accusations d’escroquerie s’enchaînent, tandis que la défense d’Abo Mbacké semble de plus en plus fragilisée. Verdict le 15 mai.
Médina Gounass, 4 mai 2025 – En marge de la cérémonie officielle du Daaka 2025, le Premier ministre Ousmane Sonko a transmis le message du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, au Khalife général de Médina Gounass, Thierno Amadou Tidiane Ba. Le chef de l’État y réaffirme son attachement indéfectible à la cité religieuse et annonce des mesures fortes en faveur de la prise en charge des questions religieuses dans le pays.
Présidant la cérémonie au nom du président, Ousmane Sonko a salué la réussite de cette édition 2025 du Daaka, une retraite spirituelle consacrée à la prière et au récital du Coran, qui rassemble chaque année des milliers de fidèles à Médina Gounass, dans le département de Vélingara (région de Kolda). « Le gouvernement du Sénégal n’a ménagé aucun effort pour assurer la réussite de cet important événement religieux annuel », a-t-il déclaré.
Le Premier ministre a souligné que le président Faye, soucieux du bon déroulement du Daaka, avait donné des instructions claires en Conseil des ministres afin que toutes les dispositions nécessaires soient prises. « L’État a fait ce qu’il devait faire. Tout ne peut pas être parfait, mais nous avons connu des éditions bien moins organisées que celle-ci », a reconnu M. Sonko.
Au-delà de l’organisation ponctuelle du Daaka, le Premier ministre a annoncé une nouvelle orientation stratégique : « Le président de la République m’a chargé de préciser que son ambition est de faire chaque année plus que ce qui a été fait l’année précédente. » Dans cette dynamique, une innovation majeure a été révélée : une rubrique spécifique sera inscrite dans le budget de l’État en 2026 pour traiter des questions religieuses.
Cette mesure traduit, selon M. Sonko, une volonté politique forte de soutenir durablement les foyers religieux, notamment Médina Gounass. « Il m’a également demandé de rassurer le Khalife que l’État du Sénégal, sous son magistère, ne ménagera aucun effort pour satisfaire tous les besoins liés au Daaka, afin de faciliter le séjour des fidèles et leur permettre d’accomplir leurs prières en toute sécurité et dans la plus grande quiétude. »
Le Mouvement Y en a Marre a récemment reçu une délégation du Collectif des travailleurs licenciés de plusieurs institutions publiques : la Caisse de Dépôt et de Consignation, le Grand Théâtre, le Port Autonome de Dakar, Dakar Dem Dikk et le FONGIP. Cette rencontre s’inscrit dans la tradition d’engagement du mouvement en faveur des droits sociaux et de la justice pour les citoyens.
Au cours de cette entrevue, les membres du collectif ont présenté en détail les circonstances entourant leur licenciement et exprimé leurs attentes. Ils ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme des décisions arbitraires, souvent sans justification claire, affectant leur dignité et leur stabilité économique.
Conformément à son approche de médiation et de plaidoyer, Y en a Marre a officiellement saisi, par courriel, les directeurs généraux des institutions concernées. L’objectif : s’enquérir de la situation, recueillir les différentes versions des faits et contribuer à une issue juste et pacifique, dans l’intérêt de la stabilité sociale du pays.
Dans sa démarche, le Mouvement réaffirme son engagement pour un dialogue franc, responsable et respectueux des droits fondamentaux et des institutions de la République. Fidèle à sa mission citoyenne, Y en a Marre appelle à des solutions concertées, équitables et durables pour ces travailleurs dont le sort préoccupe de plus en plus l’opinion publique.
Réunis en assemblée générale ce dimanche 5 mai à Kaolack, les membres de la Société des Coopératives Agricoles pour la Souveraineté Alimentaire du Sénégal (SCASAS) ont porté un plaidoyer en faveur du monde rural.
Selon Amath Diakhaté Niass, les rendements n’ont pas été au rendez-vous lors du dernier hivernage, ce qui a engendré un manque à gagner considérable pour les paysans. « Même s’il y a une subvention des semences ou de l’engrais, sans crédit bancaire, les paysans auront des difficultés à mener une bonne campagne agricole. Beaucoup d’entre eux n’ont pas encore épongé leurs dettes de l’année passée, c’est pourquoi nous appelons l’État à mettre la main à la pâte pour régler ces sommes », a plaidé M. Niass.
À la découverte d’un artiste reggae hors pair : Eljah Rasta
Eljah Rasta pour la scène, Matar Fall à l’état civil, est un musicien, auteur et compositeur qui a su se frayer un chemin dans la sphère musicale. La spécialité de ce natif de Pikine, c’est le reggae. L’homme a fait ses humanités dans la ville de Mame Coumba Lamb, Rufisque, où il a grandi. Il a embrassé sa carrière musicale au milieu des années 90 dans le mouvement rap, comme beaucoup de jeunes de son âge à l’époque, jusqu’en 2000, avant d’opérer une transition vers le reggae. Ce virage lui a permis de sillonner toute l’Afrique avec son groupe musical, avant de s’exporter vers le “Vieux Continent”.
L’artiste se souvient encore de sa participation, en 2006, au mémorial dédié à la star du reggae Lucky Dube en Afrique du Sud, avant de parcourir la France, l’Italie, l’Angleterre…
« J’ai beaucoup voyagé à travers le monde grâce à cette musique que j’affectionne énormément, le reggae, notamment dans de nombreuses régions du continent. Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est mon voyage en Afrique du Sud à l’occasion du mémorial dédié à la star internationale du reggae Lucky Dube, en septembre 2006. Il y avait là toutes les légendes planétaires venues rendre hommage à l’un des précurseurs du reggae africain, tragiquement disparu. Je ne pourrai jamais l’oublier », confie Eljah Rasta.
Il revient également sur son premier voyage en France, à l’occasion du Festival d’Avignon en 2008.
« Je suis parti pour la première fois en France en 2008. J’étais invité au Festival d’Avignon, qui se tenait le 19 mars. J’ai eu l’opportunité de jouer avec le producteur camerounais Guillaume Bell, aux côtés de Didier Awadi et d’autres artistes avec qui j’ai poursuivi la collaboration sur scène. Ce jour-là, il fallait rapidement constituer un groupe d’instrumentalistes camerounais pour m’accompagner. Nous avons répété pendant une semaine avant de monter sur scène pour un festival qui fut un franc succès », raconte-t-il.
Titulaire d’un Master en anglais de l’université d’Oxford, en Angleterre, Eljah Rasta a longtemps animé des soirées dansantes dans des discothèques et restaurants européens.
« Les thèmes de mes chansons tournent principalement autour de l’actualité, notamment du quotidien des populations sénégalaises. Je parle aussi de politique, mais je chante très peu l’amour. On enchaînait les concerts et les festivals, ce qui m’a empêché jusqu’ici de sortir un album. C’est toujours surprenant de voir un Sénégalais chanter en anglais, manier cette langue avec aisance et fréquenter des Jamaïcains. J’ai obtenu mon Master 2 en anglais à Oxford, mais cela ne m’a pas détourné de mon objectif : je prépare toujours mon premier album intitulé Divine Light, avec mon groupe Eljah Natty and the MOTIONS-BAND. On y travaille activement et il sera très bientôt disponible dans les bacs », promet le Rufisquois d’adoption.
En attendant la sortie de son tout premier opus, les fans de son pur et roots peuvent apprécier plusieurs de ses clips, tournés entre Toubab Dialaw et Rufisque, ainsi que ses prestations live lors de différents concerts en Afrique et en Europe.
Le Réseau REPROF-EFFA, avec le soutien du Projet Ressources Éducatives, financé par l’Agence Française de Développement (AFD) et l’Institut Français, a organisé ce samedi 3 mai 2025, à l’Alliance Française de Kaolack, la 2e édition des ateliers d’écriture et de lecture à haute voix.
L’objectif principal de ce projet est de renforcer l’accès des élèves du primaire et du secondaire en Afrique subsaharienne francophone à des ressources éducatives de qualité. Dans ce cadre, l’événement de Kaolack a réuni 143 élèves et 24 professeurs de français, issus de collèges et lycées de la région.
Selon Cheikh Tidiane Kane, professeur de français et chef de projet de cette édition, les ateliers ont permis aux élèves de s’initier à la production de poèmes, de contes, d’articles pour les journaux scolaires et de plaidoyers. Les thèmes retenus pour ces productions sont : le leadership, la culture de la paix et la protection de l’enfance.
« Les élèves bénéficieront d’un accompagnement personnalisé par leurs enseignants de français afin d’améliorer leurs textes, qui devront être soumis au plus tard le 25 mai 2025 pour le Concours national des meilleurs écrits », a précisé M. Kane.
Ramatoulaye Diba, élève au Lycée Mixte de Ngane Saër, a exprimé sa joie de participer à cette initiative. Elle a salué l’impact positif du Projet Ressources Éducatives sur son parcours scolaire. De son côté, Bocar Diallo, professeur de français, a souligné la pertinence de cet atelier :
« Il nous a permis de mieux maîtriser les méthodologies liées à la production des différents genres : conte, poésie, nouvelle, article de journal scolaire et plaidoyer. »
La Cathédrale Notre-Dame des Victoires de Dakar a été le théâtre, ce samedi 3 mai 2025, d’un moment solennel et historique avec l’intronisation du nouvel archevêque de Dakar, Monseigneur André Gueye. Cette cérémonie religieuse de haute portée spirituelle a réuni une pléiade de personnalités administratives, religieuses, coutumières et politiques, marquant ainsi l’importance de l’événement pour toute la nation sénégalaise.
Parmi les invités de marque figuraient le ministre de l’Intérieur, le Général Jean-Baptiste Tine, des membres éminents de l’Église catholique, l’ancien maire de Dakar Barthélémy Dias, le président des Imams et Oulémas du Sénégal El Hadji Oumar Diène, ainsi que le Grand Serigne de Dakar, Pape Ibrahima Diagne. Cette diversité d’autorités venues honorer l’événement traduit le caractère œcuménique et rassembleur de cette intronisation.
Dans son tout premier discours en tant qu’archevêque de Dakar, Mgr André Gueye a fait preuve d’humilité et de sincérité, reconnaissant n’avoir jamais envisagé d’occuper un tel poste. « Je ne me suis jamais intéressé au rôle d’archevêque, croyant que ce n’est qu’un rôle de plus ou une responsabilité réservée aux autres », a-t-il confié. Conscient du poids de sa nouvelle mission, il a sollicité le soutien et l’indulgence de tous : fidèles, prêtres et acteurs de l’Église.
Mgr Gueye a également tenu à rendre un hommage appuyé à son prédécesseur, Mgr Benjamin Ndiaye, désormais archevêque émérite de Dakar. Dans un ton empreint de respect et de gratitude, il a salué le travail de fond effectué par ce dernier et exprimé son espoir de pouvoir toujours compter sur ses conseils avisés. « Vous êtes certes en retrait, mais vous restez archevêque émérite. Ce qui signifie pour ma part que je pourrai toujours compter sur vos conseils sages, clairvoyants et sur vos prières », a-t-il déclaré.
Cette passation de service marque un nouveau chapitre pour l’Église catholique du Sénégal, qui entre ainsi dans une ère de continuité mais aussi de renouveau, sous la houlette d’un berger à l’écoute, ouvert au dialogue et profondément enraciné dans la foi.
Une vaste opération menée par l’antenne de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a permis d’empêcher un départ imminent de migrants clandestins dans la zone de Pointe Sarène, située dans le département de Mbour. L’intervention s’est soldée par l’interpellation de soixante-treize (73) candidats à l’émigration irrégulière et la saisie d’un important lot de matériel logistique.
Selon un communiqué de la police nationale, l’action a été déclenchée à la suite d’un renseignement opérationnel signalant une tentative de départ par voie maritime. Une première opération ciblée a conduit à l’arrestation de deux individus identifiés comme étant les présumés organisateurs du voyage. Les investigations menées dans la foulée ont permis de localiser et d’interpeller le reste du groupe dans la zone SONATEL de Mbour.
La fouille effectuée par les forces de l’ordre a permis la saisie de 73 gilets de sauvetage, 60 cartes d’identité CEDEAO ghanéennes, 8 passeports, une pompe à eau et une quantité non négligeable de vivres. Ce matériel laisse penser à une organisation méticuleuse, révélant l’existence de réseaux structurés opérant depuis les côtes sénégalaises.
Une enquête a été ouverte pour identifier tous les acteurs impliqués dans cette filière de trafic de migrants. Les autorités réaffirment leur engagement à lutter fermement contre ce phénomène qui met en péril des vies humaines et alimente l’économie souterraine.
La Cathédrale Notre-Dame des Victoires de Dakar a accueilli ce samedi 3 mai 2025 une cérémonie historique : l’intronisation de Monseigneur André Guèye en tant que nouvel Archevêque métropolitain de Dakar. La messe d’installation, empreinte de solennité et de symboles liturgiques forts, a été présidée par son prédécesseur, Monseigneur Benjamin Ndiaye, devant une assemblée nombreuse et recueillie.
C’est à 10 heures précises que Mgr Guèye a fait son entrée dans l’édifice sacré, accueilli par une haie d’honneur de fidèles, de membres du clergé et d’invités de marque. Plusieurs étapes liturgiques ont ponctué cette cérémonie, marquant la transmission officielle de la charge pastorale et spirituelle du siège métropolitain.
Parmi les personnalités présentes figuraient des autorités politiques, administratives, religieuses et coutumières. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, le général Jean Baptiste Tine, a notamment honoré de sa présence cet événement religieux majeur pour la communauté catholique sénégalaise.
La nomination de Monseigneur André Guèye a été officialisée par le pape François le 22 février 2025, suite à l’acceptation de la démission de Mgr Benjamin Ndiaye pour raison d’âge, conformément au droit canonique. Avec cette nomination, Mgr Guèye devient ainsi le cinquième Archevêque métropolitain de Dakar depuis l’érection de l’archidiocèse le 14 septembre 1955.
Originaire de la région de Thiès, Monseigneur Guèye était jusqu’ici évêque de Diourbel. Reconnu pour sa rigueur pastorale, son humilité et son attachement au dialogue interreligieux, il entame ce nouveau ministère sous le signe de la continuité et de l’unité.
Un grave accident de la circulation s’est produit ce samedi matin, aux environs de 9 heures, à Vélingara. Un minicar transportant des élèves est violemment entré en collision avec un camion remorque, causant la mort de deux personnes et faisant 29 blessés, selon une source rapportée par Seneweb.
Les élèves à bord du véhicule se rendaient dans une entreprise dans le cadre d’une visite de partenariat lorsqu’a eu lieu le drame. Le choc, d’une rare violence, a plongé la communauté locale dans la consternation.
Alertés, les gendarmes de la Brigade territoriale de Vélingara, sous la supervision du commandant Senghor, se sont rapidement rendus sur les lieux pour effectuer les premiers constats. Les blessés ont été évacués en urgence vers l’hôpital local pour une prise en charge médicale, tandis que les deux corps sans vie ont été déposés à la morgue.
Une enquête a été immédiatement ouverte pour déterminer les circonstances exactes de l’accident. Les autorités appellent à la prudence sur les routes, particulièrement en cette période marquée par une intensification des déplacements scolaires.
La communauté musulmane des quartiers Sicap Baobab, Karack et Amitié est plongée dans l’incertitude depuis la fermeture, pour une durée indéterminée, de leur Grande mosquée. Ce lieu de culte emblématique, théâtre d’un conflit religieux vieux de plus de deux ans, a été contraint de suspendre ses activités par décision administrative. Un arrêté du sous-préfet des Almadies, en date du 2 mai 2025 (n°270/AA/SPA), évoque un « risque réel de troubles à l’ordre public » pour justifier cette mesure drastique.
À l’origine de cette crise, un bras de fer persistant entre deux figures religieuses locales : El Hadji Khalifa Babacar Ndiaye et Oumar Ndoye. Malgré les efforts de médiation menés en 2023 par l’Association nationale des Imams du Sénégal (Anis), le différend a refait surface avec violence. L’imam Ratib Ousmane Diop, installé par feu Mame Abdou Aziz Sy Dabakh, avait pourtant été confirmé à la tête de la mosquée, tandis que les Imams Ndiaye et Ndoye étaient désignés comme suppléants.
Mais l’équilibre fragile instauré par cette médiation n’a tenu que quelques mois. En mars 2025, la tension a culminé lorsque de jeunes fidèles, réputés proches de l’ancien maire Barthélémy T. Dias, ont tenté de bloquer la direction de la prière de Korité par l’Imam Khalifa Ndiaye. Malgré l’intervention de la police, c’est finalement l’Imam Oumar Ndoye qui avait dirigé la prière, en violation de l’accord initial.
Le dernier rebondissement s’est produit le vendredi 2 mai 2025, lorsque l’imam Ratib Ousmane Diop a publiquement interdit à El Hadji Khalifa Babacar Ndiaye d’officier dans l’enceinte de la mosquée. Cette annonce, faite en pleine prière, a provoqué des remous parmi les fidèles, choqués par la tournure des événements. L’Imam Khalifa Ndiaye, récusant cette décision, a immédiatement saisi le sous-préfet des Almadies et le commissaire de police de Dieuppeul pour annoncer son intention de diriger la prière de l’après-midi, malgré l’interdiction.
Face à la menace d’un affrontement entre fidèles, les autorités ont convoqué une réunion de crise. Celle-ci s’est soldée par la fermeture pure et simple de la mosquée. Dès lors, un dispositif policier a été déployé aux alentours du lieu saint pour prévenir tout débordement.
Alors que la communauté reste sous le choc, certains appellent déjà à une nouvelle médiation. Des voix s’élèvent pour que l’ANIS reprenne son rôle d’arbitre, en réunissant les parties prenantes pour rétablir la paix et la cohésion. L’objectif : sortir de cette impasse qui empêche les fidèles de pratiquer leur religion dans la sérénité.
Dans le cadre de la réforme continue du système éducatif sénégalais, une session de formation s’est tenue ce vendredi 2 mai 2025 à Kaolack, réunissant les principaux de collèges venus des quatre Inspections de l’Éducation et de la Formation (IEF) relevant de l’Inspection d’Académie (IA) de Kaolack.
Cette session de deux jours, initiée par le Collectif des Chefs d’Établissement avec l’appui de l’IA et des quatre IEF (Kaolack commune, Kaolack département, Guinguinéo et Nioro du Rip), vise à renforcer les compétences des chefs d’établissement en matière de gestion administrative, pédagogique, financière et en ressources humaines. Au total, 92 principaux de collèges, un représentant des écoles privées, un du BTS, ainsi qu’un représentant des écoles catholiques prennent part à cette rencontre.
« Chaque année, nous élaborons un Plan de Travail Annuel (PTA). Le premier point de ce plan consiste à organiser une formation initiale pour les chefs d’établissement, notamment les nouveaux promus à la rentrée. Nous demandons à l’IA de prendre en charge cette formation. Cette seconde phase est axée sur la gestion financière, matérielle, administrative, ainsi que sur la gestion des ressources humaines », a expliqué Jacques Diouf, président du Collectif des Chefs d’Établissement de la région de Kaolack.
Il a également souligné une problématique majeure : « Au Sénégal, il n’existe pas encore d’école de formation pour les chefs d’établissement. Pourtant, ces derniers sont souvent d’anciens enseignants qui, du jour au lendemain, se retrouvent promus à des postes de responsabilité. S’ils ne sont pas formés ou s’ils ne maîtrisent pas les tâches à accomplir, il sera difficile d’atteindre l’excellence scolaire. »
Selon M. Diouf, le collectif joue un rôle fondamental dans le système éducatif : « Le Collectif des Chefs d’Établissement est un partenaire des IA et des IEF. C’est une structure d’accompagnement et d’alerte qui permet de faire remonter les dysfonctionnements constatés sur le terrain auprès de la hiérarchie, que ce soit les IEF, l’IA, les parents d’élèves ou le ministère. »
Il a conclu en insistant : « Ils sont au total 92 principaux de collèges, 2 directeurs de BTS, 1 représentant des écoles privées et 1 des écoles catholiques. Cela prouve que pour avoir une école de qualité, cela doit être un travail collectif. »
Présent à cette session, l’inspecteur Moustapha Ndiaye, représentant de l’IA Samba Diakhaté, a salué cette initiative qu’il juge venue à point nommé. « Très souvent, en tant que chef d’établissement, on est tenu de respecter les textes. Mais il faut savoir les appliquer avec souplesse, car une rigueur excessive peut engendrer des conflits, et là où il y a conflit, l’échec n’est jamais loin. C’est pourquoi ces principaux de collèges doivent être accompagnés par de telles formations », a-t-il souligné.
Ce vendredi 2 mai 2025, l’Assemblée nationale a été le théâtre d’un moment crucial dans le cadre de la reddition des comptes liés à la gestion du Fonds de riposte contre la Covid-19. Face aux députés, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a officiellement sollicité la levée de l’immunité parlementaire de l’ancienne ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants, Ndeye Saly Diop. Motif : l’implication présumée de cette dernière dans des irrégularités financières portant sur un montant global de 52 223 300 FCFA.
Cette requête du Garde des Sceaux fait suite aux conclusions du rapport de la Cour des comptes sur la gestion des fonds Covid-19. Selon les enquêteurs financiers, l’ancienne ministre aurait perçu 150 millions de FCFA de crédits. Mais les justificatifs fournis pour un montant de 36 147 500 FCFA sont apparus comme étant les mêmes que ceux déjà présentés dans le cadre d’autres opérations d’aide et de secours, soulevant de sérieux soupçons de redondance et de falsification documentaire.
Pire encore, la Cour des comptes a mis en lumière que plusieurs bénéficiaires supposés de ces aides portaient les mêmes noms, prénoms, numéros de cartes d’identité et parfois même les mêmes adresses. Pourtant, les montants reçus variaient d’un dossier à l’autre, pour une valeur totale estimée à 52 223 300 FCFA.
Lors de son audition, le Directeur de l’administration générale et de l’équipement (DAG) a reconnu que certains des soi-disant bénéficiaires étaient en réalité des fournisseurs. Il a également révélé qu’une partie du fonds, soit 22 367 300 FCFA, avait été distribuée comme appui financier aux agents du ministère, sur instruction de l’autorité, sans précision ni pièce justificative.
Par ailleurs, un montant de 4 828 500 FCFA reste totalement injustifié, selon les vérificateurs de la Cour des comptes. En définitive, celle-ci conclut que le ministère, à travers son DAG, n’a pu produire aucune pièce justificative pour justifier les dépenses à hauteur de plus de 52 millions de FCFA.
Alors que le gouvernement affiche sa volonté de lutter contre l’impunité et pour une gouvernance vertueuse, cette affaire relance le débat sur la gestion des ressources publiques, surtout dans le contexte sensible d’une crise sanitaire mondiale. La balle est désormais dans le camp de l’Assemblée nationale, appelée à se prononcer sur la levée d’immunité, première étape vers une éventuelle poursuite judiciaire.
L’Assemblée nationale du Sénégal a voté la levée de l’immunité parlementaire de Moustapha Diop, ancien ministre du Développement industriel et actuel député-maire de Louga. Cette décision intervient dans le cadre de l’enquête sur la gestion du Fonds Force Covid-19, un fonds spécial mis en place pour faire face aux conséquences sanitaires et économiques de la pandémie.
Moustapha Diop est soupçonné de détournement de deniers publics portant sur un montant de 2,5 milliards de francs CFA. Une accusation grave, qui marque une nouvelle étape dans les enquêtes visant plusieurs anciens responsables du régime de l’ex-président Macky Sall.
Réagissant à la levée de son immunité, Moustapha Diop a minimisé les faits qui lui sont reprochés, qualifiant la somme en question de « modique ». « Les 2,5 milliards, c’est 0,025 % des fonds. C’est comme prendre une tasse d’eau de la mer », a-t-il déclaré, avant de s’interroger : « Où sont ceux qui avaient 500 milliards, 400, 300 milliards. Pourquoi moi ? »
Cette sortie a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux et dans les médias. Beaucoup y voient une tentative de relativiser la gravité des faits ou de détourner l’attention, alors que la justice tente d’établir les responsabilités dans la gestion opaque du fonds.
Avec la levée de son immunité parlementaire, Moustapha Diop pourra désormais être entendu par les autorités judiciaires. Il pourrait être traduit devant la Haute Cour de justice, la juridiction compétente pour juger les membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de reddition des comptes, dans lequel plusieurs anciens ministres sont dans le viseur de la justice. Le gouvernement actuel affirme vouloir faire toute la lumière sur l’utilisation des 1 000 milliards de francs CFA mobilisés pendant la crise sanitaire.
Pour de nombreux Sénégalais, cette série d’enquêtes marque un tournant dans la lutte contre la corruption et l’impunité. La gestion du Fonds Force Covid-19 avait déjà fait l’objet de rapports accablants de la Cour des comptes, dénonçant de graves irrégularités dans l’attribution de marchés et l’utilisation des fonds.
Alors que l’opinion publique attend des actes forts, l’affaire Moustapha Diop pourrait faire figure de test pour les institutions judiciaires et politiques du pays. Elle pose également la question de la responsabilité collective dans la gestion des ressources publiques en période de crise.
Il y a des chansons qui font danser, d’autres qui font penser. Et puis, parfois, surgit un ovni sonore comme « Titulaire » de Mia Guissé, qui ne se contente ni de faire bouger les hanches ni de stimuler les neurones, mais qui fait comparaître — au tribunal de l’opinion publique.
Le refrain, « Na dougou » (“qu’il entre”), est devenu un cri de guerre pour certains, un signal d’alarme pour d’autres. L’artiste, pour sa défense, sort la carte du football : na dougou, c’est le ballon qui entre, pas le démon. Pourtant, dans un pays où les métaphores ne sont jamais innocentes, le malentendu est devenu viral.
Mame Matar Guèye de l’ONG Jamra, jamais en retard quand il s’agit de condamner les dérapages culturels, y voit une passe en profondeur vers Sodome et Gomorrhe. L’un voit un but, l’autre voit un gouffre. Et la chanson devient le terrain d’un match idéologique : liberté artistique contre décence publique.
Ironie du timing : Mia a publié le morceau à la veille du choc Barça–Inter. Hasard ou vision ? Elle aurait, selon ses fans, “marqué” avant le coup d’envoi. Visionnaire ou provocatrice ? La réponse dépend du poste qu’on occupe sur le terrain : attaquant culturel ou défenseur des valeurs.
Mais si la chanson choque, ce n’est pas seulement pour ses paroles, c’est pour son combo explosif : texte suggestif, tenues osées, chorégraphie sensuelle. L’ensemble ressemble à une déclaration d’indépendance artistique… signée dans un night-club.
La réplique de Jamra ne s’est pas fait attendre : accusation de pornographie verbale, appel à la censure, et menace d’une mise hors-jeu définitive pour Mia Guissé. Mais le paradoxe est là : des contenus bien plus crus inondent les plateformes, en anglais, en français, sans provoquer autant de cris d’orfraie. Ce qui dérange ici, c’est que le vice parle wolof — une langue supposée porter la sagesse, pas l’audace.
Quant à la famille de l’artiste, elle crie à la chasse aux sorcières morales. Mais en coulisse, certains murmurent : défendre la liberté d’expression, oui… mais n’aurait-il pas fallu rappeler à Mia que même sur un terrain de foot, on porte au moins un short — fut-il métaphorique ?
Alors, “Na dougou”, hymne générationnel ou provocation gratuite ? À chacun son interprétation. Mais une chose est sûre : Mia Guissé a marqué. En pleine lucarne.
Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a quitté Dakar ce vendredi matin pour Libreville, où il prendra part à la cérémonie d’investiture de son homologue gabonais, Brice Oligui Nguema, prévue ce samedi 3 mai. À son départ, il a été salué par le Premier ministre, Ousmane Sonko.