Crise budgétaire au Sénégal : le FMI suspend son aide en attendant des clarifications

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé ce lundi qu’il suspendait tout nouveau programme d’aide financière au Sénégal tant que les autorités n’auraient pas rectifié les inexactitudes dans les données économiques transmises sous l’ancien gouvernement. Cette décision intervient après la mise en attente d’un crédit de 1,8 milliard de dollars, dans l’attente d’un audit approfondi.

Une récente réévaluation des finances publiques sénégalaises a mis en lumière une situation budgétaire bien plus préoccupante que celle précédemment rapportée. Selon le FMI, la dette publique et le déficit budgétaire du pays seraient nettement supérieurs aux chiffres annoncés sous la présidence de Macky Sall. Ces écarts, qui interrogent sur la transparence des précédentes administrations, compliquent les négociations avec les partenaires financiers internationaux.

Le FMI exige des clarifications avant toute reprise des discussions

Edward Gemayel, chef de mission du FMI pour le Sénégal, a déclaré à Reuters :

« Nous ne pouvons pas discuter d’un nouveau programme avant d’avoir réglé la question des fausses déclarations. Mais une fois cela fait, le FMI pourra agir très, très vite. »

Le gouvernement sénégalais, sous la houlette du nouveau ministre des Finances, Cheikh Diba, espérait conclure un nouvel accord avec le FMI d’ici juin. Toutefois, l’institution internationale reste prudente et refuse de s’engager sur un calendrier précis. « Tout est possible », a simplement indiqué Gemayel, laissant entendre que tout dépendrait de la régularisation des anomalies constatées.

Cette suspension des financements représente un défi de taille pour le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye, qui vient à peine de prendre ses fonctions. L’administration devra non seulement restaurer la confiance des bailleurs de fonds, mais aussi gérer les répercussions économiques d’une possible réduction des financements extérieurs.

Dans un contexte où le Sénégal fait face à des défis économiques et sociaux importants, cette crise budgétaire risque de compliquer la mise en œuvre des réformes promises par le nouvel exécutif. Les prochains mois seront décisifs pour redresser la situation et rétablir la crédibilité financière du pays sur la scène internationale.

Braquage de Ouakam : L’enquête progresse avec plusieurs arrestations et des millions récupérés

L’enquête menée par la Division des investigations criminelles (DIC) sur le spectaculaire braquage survenu à Ouakam continue de révéler de nouveaux éléments. Pour rappel, une somme colossale de 100 millions de FCFA a été dérobée lors de cette attaque audacieuse visant un livreur en plein jour.

Dès les premières heures suivant le braquage, deux des trois agresseurs présumés, K. Fall (25 ans) et C. M. Sidibé (23 ans), ont été interpellés. Cependant, le principal suspect et cerveau supposé du gang, S. Bâ, est toujours en cavale et activement recherché par les forces de l’ordre.

Les investigations ont conduit à plusieurs perquisitions, notamment à la Médina et à Yeumbeul, où des sommes d’argent ont été saisies. Au total, 21 millions de FCFA ont pu être récupérés, répartis entre 4 millions découverts à la Médina et 17 millions trouvés chez l’un des suspects arrêtés.

Fait marquant de l’enquête, le père de S. Bâ, le suspect en fuite, a été placé en garde à vue. Selon les enquêteurs, il aurait reçu 4 millions de FCFA envoyés par son fils par l’intermédiaire d’un livreur, ainsi qu’un premier transfert de 1,9 million peu après l’attaque.

Par ailleurs, un troisième suspect lié à ce braquage a été interpellé à Touba, élargissant ainsi le champ de l’enquête et laissant espérer de nouvelles avancées pour retrouver l’intégralité du butin.

L’enquête se poursuit activement, avec pour objectif principal la capture de S. Bâ et la récupération du reste de l’argent volé.

Polémique autour d’une possible dissolution de l’APR : échange musclé entre Waly Diouf Bodian et Pape Malick Ndour

La scène politique sénégalaise est une nouvelle fois animée par une passe d’armes entre partisans du nouveau régime et figures de l’ancienne majorité. Le directeur général du Port autonome de Dakar et cadre du parti Pastef, Waly Diouf Bodian, a récemment affirmé que l’Alliance pour la République (APR), ancien parti au pouvoir, serait dissoute après l’adoption de la loi d’interprétation de la loi d’amnistie. Une déclaration qui a immédiatement suscité de vives réactions au sein du camp de l’ex-président Macky Sall.

L’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, a vigoureusement réfuté cette hypothèse dans un entretien accordé à L’Observateur ce mardi 25 mars. « Il est essentiel de noter que cet individu semble, à chaque occasion, tenter de détourner l’attention du débat sérieux en multipliant des déclarations fracassantes, souvent dénuées de toute consistance intellectuelle, à l’image de ses affirmations sur une hypothétique dissolution de l’APR qui n’existe que dans ses rêves », a-t-il déclaré, fustigeant les propos de Waly Diouf Bodian.

Mais l’échange ne s’est pas arrêté là. Pape Malick Ndour a également profité de l’occasion pour critiquer la gestion du Port autonome de Dakar sous la direction de Bodian. Selon lui, les derniers rapports de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) révèlent un recul significatif de l’activité portuaire, qu’il attribue à une gestion qu’il qualifie de « chaotique ». Une situation qui, selon l’ancien ministre, a un impact négatif sur l’économie nationale, en affectant les exportations et les recettes douanières.

Cette passe d’armes illustre les tensions persistantes entre l’actuel pouvoir et l’opposition, particulièrement autour des réformes engagées par le président Bassirou Diomaye Faye. La question de la loi d’interprétation de l’amnistie reste un sujet hautement sensible, suscitant des débats passionnés dans la sphère politique. Pendant ce temps, l’économie nationale, et notamment le rôle stratégique du port de Dakar, reste un enjeu clé qui pourrait peser sur les prochains arbitrages politiques.

Crise au sein de la FSKDA :Le silence intriguant de la tutelle malgré les alertes répétées sur les dérives

Depuis 2023, le président de la Ligue régionale de karaté de Dakar ne cesse de tirer la sonnette d’alarme sur des manœuvres visant à déstabiliser et mettre en péril la Fédération sénégalaise de karaté et disciplines associées (FSKDA). Bescaye Diop, qui suit cette affaire de très près, estime que certains membres influents de la FSKDA orchestreraient un véritable complot pour prendre le contrôle de la Ligue régionale de karaté tout en poursuivant des pratiques de prévarication financière. À l’en croire, malgré des preuves accablantes et de nombreux courriers adressés à la ministre des Sports, cette dernière est restée silencieuse, laissant le champ libre aux auteurs présumés de ces irrégularités.

Des alertes ignorées par la ministre

“Dès sa nomination, la ministre des Sports a été destinataire d’une documentation détaillée exposant les pratiques douteuses au sein de la Fédération de karaté. Par courrier électronique et en version physique, j’ai transmis toutes les pièces justificatives prouvant ces accusations. Pourtant, aucune réaction officielle n’a été enregistrée. Pire encore, j’ai été gravement injurié par des membres du bureau de la Fédération. Malgré la gravité des faits et l’existence de preuves tangibles, la ministre n’a pris aucune mesure pour condamner ces actes ou rappeler à l’ordre les responsables concernés”, a expliqué le président de la Ligue régionale de karaté de Dakar.

Un recours à la Primature et une réponse judiciaire

Face à l’inaction du ministère des Sports, le président de la Ligue s’est tourné vers le Premier ministre. Ce dernier, réceptif à ses doléances, a mandaté son cabinet pour examiner le dossier et enclencher une procédure judiciaire via le ministère de la Justice.

“Les enquêtes menées ont révélé des indices accablants, confirmant l’ampleur du scandale. Ces investigations ont conduit à l’arrestation de la quasi-totalité du bureau exécutif de la Fédération ainsi qu’au placement sous contrôle judiciaire de quatre dirigeants”, a souligné Bescaye Diop.

Une attitude ministérielle inexplicable

Le mutisme de la ministre des Sports face à cette affaire soulève des interrogations légitimes. Comment expliquer son absence de réaction face à des preuves documentées ? Pourquoi n’a-t-elle pas diligenté une enquête interne avant que la justice ne prenne le relais ? S’agit-il d’une négligence, d’une volonté de protection de certains acteurs ou d’une incapacité à gérer des crises au sein du secteur sportif ?

Autant de questions qui restent sans réponse, selon M. Diop.

“Une gouvernance responsable aurait exigé une réponse immédiate et structurée. Dès les premières alertes, la ministre aurait dû accuser réception et analyser les dénonciations pour en mesurer la gravité. Ensuite, elle aurait dû diligenter une enquête administrative pour vérifier les faits signalés. La tutelle aurait aussi dû exiger des comptes de la part des dirigeants fédéraux mis en cause, puis prendre des sanctions en cas d’irrégularités avérées”, a-t-il rappelé avant d’ajouter :

“Elle aurait également dû protéger les lanceurs d’alerte contre les représailles et intimidations, ainsi que transmettre le dossier à la justice si des infractions pénales étaient constatées. Enfin, elle aurait dû engager des réformes structurelles pour renforcer la transparence et la gouvernance de la Fédération.”

En omettant de réagir, la ministre des Sports a laissé prospérer une crise qui a fini par exploser au grand jour. Aujourd’hui, alors que la justice s’est saisie du dossier et que des arrestations ont eu lieu, une question demeure : la ministre des Sports assumera-t-elle enfin ses responsabilités ?

A . Saleh

Kaolack / Éducation : 92 acteurs du système éducatif en session de formation sur la gestion financière, matérielle et administrative

L’Inspection d’Académie (IA) de Kaolack a organisé, ce lundi 24 mars 2025, une formation de deux jours destinée aux intendants et proviseurs. Cette session vise à améliorer la gestion administrative des ressources financières et matérielles ainsi que la gestion des conflits au sein des établissements scolaires.

Ces axes de formation sont en adéquation avec les objectifs des nouvelles autorités, notamment en ce qui concerne la gestion efficace des ressources investies par l’État du Sénégal dans le secteur éducatif.

« Nous saluons d’abord le partenariat novateur qui a consisté à mobiliser nos propres moyens pour initier cette importante formation, qui regroupe les proviseurs et intendants de la région de Kaolack. Ce programme a été financé de manière endogène, et nous remercions à ce titre la Fondation Crédit Mutuel ainsi que le ministère, qui nous a soutenus dans cette démarche », a expliqué l’inspecteur d’académie de Kaolack, Samba Diakhaté.

L’objectif principal de cette formation est de renforcer les compétences des 92 participants en matière de gestion administrative, de ressources humaines, de pilotage pédagogique et de gestion financière et matérielle. Un volet spécifique est également consacré à la gestion des conflits au sein des établissements scolaires.

Cette session de formation, qui passe en revue les questions administratives, pédagogiques et financières, se veut un levier pour permettre aux intendants et proviseurs de devenir des dirigeants efficaces et compétents. Elle s’inscrit dans le cadre des Projets d’Amélioration des Rendements des Établissements (PARE), mis en place par l’IA de Kaolack.

« L’objectif est de mieux accompagner nos établissements, de renforcer le partenariat entre l’école et la communauté, et d’encourager une gestion axée sur les résultats. Nous voulons que nos établissements soient gérés de manière plus transparente et inclusive grâce aux financements de l’État du Sénégal », a souligné M. Diakhaté.

Dans un contexte de contraintes budgétaires, l’IA de Kaolack mise sur l’innovation et la mobilisation des ressources internes pour améliorer les performances scolaires. L’inspecteur d’académie a ainsi invité chaque acteur du système éducatif à développer des partenariats novateurs afin de transformer positivement l’environnement scolaire.

Madame Khady Diaw Sène, présidente de l’Amicale des Intendants de la région de Kaolack, a salué cette initiative, estimant qu’elle arrive à point nommé. « Notre amicale, créée en 2010, a pour but de réfléchir, d’échanger et de partager des initiatives visant à renforcer nos capacités dans tous les domaines. Cette formation répond pleinement à nos attentes, et nous remercions l’Inspecteur d’Académie pour cette belle initiative », a-t-elle déclaré.

De son côté, Jacques Diouf, président de l’Amicale des Chefs d’Établissements, a magnifié l’engagement de l’IA de Kaolack en faveur de l’amélioration des performances scolaires. Il a rappelé que Samba Diakhaté, depuis son arrivée, a déjà initié plusieurs projets, dont le PARE, financé sur les fonds propres de l’IA. Plutôt que de chercher des financements extérieurs, il a encouragé chaque établissement à mobiliser ses propres ressources pour améliorer ses performances.

Dans cette dynamique, l’IA a mis à disposition des proviseurs une équipe d’experts composée d’inspecteurs spécialisés et de formateurs du Centre Régional de Formation des Personnels de l’Éducation (CRFPE). Ces experts sillonnent actuellement les lycées afin d’accompagner les établissements vers une meilleure réussite scolaire.

Grâce à cette approche, l’Inspection d’Académie de Kaolack espère instaurer une gestion plus efficace et pérenne des établissements scolaires, en impliquant davantage les acteurs locaux et en optimisant les ressources disponibles.

Braquage spectaculaire à Ouakam : un gang armé dérobe 100 millions FCFA, deux arrestations déjà effectuées

L’affaire a tout d’un scénario de film d’action, mais elle s’est bel et bien déroulée en plein jour à Ouakam, non loin du Monument de la Renaissance. Un livreur transportant une importante somme d’argent a été violemment attaqué par un gang de neuf hommes à moto, qui ont réussi à lui arracher un sac contenant 100 millions de FCFA.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, l’attaque s’est produite peu après que le livreur ait effectué un retrait bancaire. Pris en filature, il a été intercepté par les malfaiteurs, qui l’ont surpris et neutralisé en quelques secondes avant de disparaître avec le butin. Le propriétaire de l’argent, Cheikh Badiane, a réagi rapidement après l’attaque, expliquant que le livreur n’avait eu aucune chance de riposter face à la violence et à la rapidité de l’agression.

Ce mode opératoire rappelle d’autres braquages similaires survenus récemment, notamment celui d’un homme d’affaires égyptien sur l’autoroute à péage, où une mise en scène comparable avait été utilisée pour subtiliser six millions de FCFA.

L’enquête, confiée à la Division des Investigations Criminelles (Dic), a très vite porté ses fruits. Grâce au travail du Groupe de Recherche et d’Intervention (GRI), deux suspects, C. Sidibé et K. Fall, ont été arrêtés dans un appartement meublé aux Parcelles Assainies. La perquisition a permis de récupérer 17 millions de FCFA, soit une partie du butin. Les deux malfaiteurs ont été conduits dans les locaux de la Dic pour y être interrogés.

Malgré cette avancée, le dossier reste loin d’être clos. Le chef présumé du gang, Souleymane Bâ, ainsi que son bras droit Ada Fass, sont toujours en cavale, tout comme cinq autres membres du groupe. Les enquêteurs poursuivent activement leurs investigations pour les localiser et tenter de retrouver le reste de la somme volée. Toutefois, les chances de récupérer l’intégralité du butin semblent faibles, les fugitifs ayant probablement déjà dispersé ou blanchi une partie de l’argent.

Ce braquage relance les inquiétudes sur l’essor de bandes criminelles organisées dans la capitale sénégalaise. Le recours à des motos rapides, le repérage minutieux de la cible et l’exécution ultra-rapide du vol démontrent un niveau d’organisation inquiétant. Les autorités sont désormais face à un défi de taille : démanteler ce réseau avant qu’il ne frappe de nouveau.

Tensions entre Pastef et TFM : boycott en cascade des responsables du parti

L’atmosphère semble de plus en plus tendue entre des membres du parti Pastef et la Télévision Futurs Médias (TFM). Après Alioune Badara Dione, ministre de la Microfinance et membre influent de Pastef, qui a officiellement annoncé son boycott de la chaîne jusqu’à des excuses publiques pour des « injures » proférées à l’encontre d’Ousmane Sonko et du député Amadou Ba, d’autres cadres du parti emboîtent le pas.

Ce lundi matin, c’est Amadou Chérif Diouf, Secrétaire d’État chargé des Sénégalais de l’Extérieur et secrétaire national aux finances de Pastef, qui s’est fait remarquer par son absence remarquée sur le plateau de l’émission « Infos Matin » de la TFM. Pourtant, l’homme avait lui-même annoncé sa participation via ses réseaux sociaux. Mais au dernier moment, il a fait faux bond à la rédaction, sans publier d’explication officielle.

Toutefois, des membres du parti se sont chargés de communiquer à sa place. Khadim Bamba Fall, Coordonnateur national des bureaux d’accueil, d’orientation et de suivi (BAOS), a confirmé l’annulation sur sa page Facebook en des termes clairs : « Émission annulée. Le respect ne se quémande pas, ça s’arrache. »

Pris de court, le plateau de « Infos Matin » a dû s’adapter à cet imprévu de dernière minute en accueillant Denis Ndour, vice-président de la Ligue sénégalaise des droits humains, comme invité de remplacement.

Ce boycott en chaîne, s’il se confirme dans les jours à venir, pourrait creuser davantage le fossé entre Pastef et la TFM, pourtant l’un des médias les plus suivis du pays. Pour l’instant, aucune réaction officielle n’a été émise par la direction du groupe Futurs Médias.

Mansour Faye dénonce une « mainmise foncière » de Pastef à l’ancienne piste : « Des opérations à caractère occulte »

L’ancien ministre Mansour Faye monte au créneau et interpelle sur ce qu’il qualifie de zones d’ombre autour de l’acquisition de terrains par le parti Pastef à l’ancienne piste, dans la commune de Ouakam. Selon lui, le parti aurait déjà mis la main sur plusieurs milliers de mètres carrés, dans la perspective d’y ériger son futur siège.

« Pastef s’est déjà attribué plusieurs milliers de mètres carrés à l’ancienne piste dans la construction prochaine de son siège », a-t-il déclaré, s’interrogeant sur les conditions dans lesquelles cette opération aurait été réalisée.

Mansour Faye exige des éclaircissements sur l’origine des parcelles, l’identité des vendeurs, ainsi que celle des bénéficiaires finaux. « Par quelle alchimie ces acquisitions ont-elles été réalisées ? », s’est-il interrogé, laissant planer le doute sur la transparence de cette opération foncière.

Poursuivant son propos, l’ancien ministre a tenu à alerter la communauté léboue de Ouakam ainsi que le “Tank”, instance coutumière chargée de veiller sur les intérêts fonciers des populations locales. Il évoque des manœuvres foncières qu’il qualifie de suspectes, insinuant l’existence de transactions occultes menées sous couvert d’un projet politique.

Cette sortie de Mansour Faye intervient dans un contexte où les opérations foncières dans les zones urbaines sensibles suscitent de plus en plus de débats, entre accusations de spoliation, pression foncière, et doutes sur la régularité des attributions.

Pour l’heure, aucune réaction officielle du parti Pastef n’a été enregistrée pour répondre à ces accusations. Mais la polémique est désormais lancée et pourrait bien raviver les tensions autour de la gestion du foncier à Dakar.

Polémique autour de l’émission Quartier Général : Bouba Ndour réagit et clarifie la position de la TFM

Une vive polémique a éclaté suite aux propos tenus par Badara Gadiaga lors de son passage dans l’émission Quartier Général, diffusée sur la TFM. Des déclarations jugées déplacées à l’encontre des personnalités politiques Ousmane Sonko et Amadou Ba ont suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique.

Face à cette controverse, Bouba Ndour, directeur des programmes de la TFM, est sorti de son silence dans une interview accordée à IGFM pour apporter des éclaircissements sur la position du Groupe Futurs Médias (GFM).

Bouba Ndour a tenu à rappeler que Quartier Général fête cette année ses dix ans d’existence, et s’est toujours démarquée par sa rigueur et son sérieux. « Depuis sa création, Quartier Général n’a jamais été le théâtre de dérapages, que ce soit de la part des présentateurs ou des chroniqueurs », a-t-il affirmé, tout en reconnaissant avoir été interpellé par de nombreux téléspectateurs après la diffusion de l’émission.

Il a toutefois relativisé l’ampleur des réactions en soulignant la grande popularité de l’émission, qui pourrait selon lui justifier l’intensité des réactions observées.

Le directeur des programmes a insisté sur la responsabilité individuelle des intervenants. « Chacun doit répondre de ses paroles », a-t-il déclaré. Toutefois, il a également reconnu que la chaîne avait un rôle à jouer dans la gestion de ces situations : « Nous avons aussi une part de responsabilité, et nous devons en tirer les enseignements. »

Bouba Ndour a tenu à réaffirmer les valeurs du Groupe Futurs Médias, rappelant que le respect des personnes et des institutions reste un principe fondamental. « Le propriétaire du groupe a toujours été clair : il n’apprécie pas les insanités. Malgré les attaques dont il fait souvent l’objet, il n’a jamais cédé à la provocation », a-t-il souligné.

Enfin, Bouba Ndour a exprimé le souhait d’apaiser les tensions et de rétablir la confiance avec le public. « Ceux qui connaissent la philosophie de notre groupe savent que nous ne sommes pas là pour manquer de respect à quiconque », a-t-il conclu, espérant ainsi clore cette polémique et recentrer l’attention sur les missions essentielles du média.

Convention entre l’État du Sénégal et les ICS : un accord déséquilibré au détriment du Trésor public

La convention liant l’État du Sénégal aux Industries Chimiques du Sénégal (ICS) suscite une vive controverse, alors que de nouvelles révélations mettent en lumière les déséquilibres profonds d’un accord signé il y a plus de quarante ans. Selon une enquête du journal Libération, cet accord serait aujourd’hui largement défavorable aux intérêts du pays, notamment sur le plan financier.

Alors que l’État sénégalais détient 5% du capital des ICS, la compagnie minière continue de refuser à l’État un siège au sein de son Conseil d’administration, une situation jugée anormale par de nombreux observateurs. Ce déficit de gouvernance s’ajoute à une autre anomalie bien plus préoccupante : une dette colossale de 192 milliards de francs CFA en redevances impayées que les ICS traînent depuis plus de deux décennies.

Selon un rapport de la Cour des comptes, cette dette s’élevait déjà à 121,5 milliards de francs CFA entre 2000 et 2019. Mais loin de diminuer, elle n’a cessé de croître, atteignant aujourd’hui 192 milliards, grevant lourdement les finances publiques. Ces montants représentent un manque à gagner significatif pour le Trésor public, à un moment où le pays fait face à de nombreux défis économiques et budgétaires.

À l’origine de cette situation, une convention signée en 1981, dont certaines clauses apparaissent aujourd’hui particulièrement favorables aux ICS. D’après un spécialiste cité par Libération, cette convention exonère les ICS de toute taxe depuis plus de quarante ans, un privilège fiscal qui interroge sur la pertinence et l’équité de cet accord dans le contexte économique actuel.

Face à ces révélations, la Primature a lancé une revue approfondie de la convention, selon les informations du journal. L’objectif est clair : rééquilibrer les termes de l’accord afin de garantir que les intérêts de l’État soient mieux pris en compte. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de transparence et de justice économique, alors que le pays cherche à renforcer ses ressources internes.

Cette affaire relance le débat sur la gestion des partenariats entre l’État et les grandes entreprises extractives. Pour de nombreux analystes, il est urgent de renégocier des conventions plus équitables, capables de générer une véritable valeur ajoutée pour le pays tout en assurant un environnement stable pour les investisseurs.

Pastef dénonce les dérives verbales sur les plateaux TV et appelle à une régulation rigoureuse des médias

Le parti Pastef–Les Patriotes, au pouvoir, tire la sonnette d’alarme face à la montée des injures publiques et des discours virulents observés ces derniers temps sur les plateaux de télévision au Sénégal. Dans un communiqué rendu public ce dimanche, la formation politique appelle les organes de régulation des médias, notamment le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) et le Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (CORED), à assumer pleinement leurs responsabilités pour mettre fin à ce qu’elle qualifie de dérives inquiétantes.

Selon Pastef, ces comportements sapent les valeurs fondamentales du vivre-ensemble sénégalais. Le parti annonce par ailleurs son intention de recourir à toutes les voies de droit pour faire cesser ces “incivilités et grossièretés”, qu’il considère comme contraires aux bonnes mœurs et constitutives d’infractions prévues par le Code pénal, le Code de la presse et les cahiers des charges des entreprises de presse.

« Si la liberté de la presse et d’expression est un droit fondamental, l’insulte, l’injure et la diffamation restent des infractions pénalement réprimées. Le droit à l’information, en tant que norme à valeur constitutionnelle, ne saurait être un prétexte pour tolérer de telles dérives », souligne le communiqué.

Le parti de la mouvance présidentielle fustige également ce qu’il considère comme un “détournement inacceptable” du temps d’antenne du service public d’information. Il accuse certaines figures médiatiques, se cachant derrière le statut de chroniqueurs, d’utiliser leurs interventions pour s’adonner à des attaques verbales virulentes, dirigées contre les institutions et les représentants du pouvoir politique.

« Ces injures publiques, proférées et tolérées par le silence complice de certaines rédactions, soulèvent des interrogations légitimes sur une éventuelle connivence entre certains médias et ces chroniqueurs-insulteurs », déplore le parti.

En s’appuyant sur l’article 10 de la Constitution sénégalaise, qui garantit la liberté d’expression dans le respect de l’honneur d’autrui et de l’ordre public, Pastef réaffirme son attachement à un débat public constructif, respectueux des principes démocratiques et des valeurs républicaines.

Loi d’amnistie : l’amendement d’Amadou Bâ critiqué pour ses imprécisions juridiques

Alors que sa proposition de loi d’amnistie avait déjà été adoptée, le député du parti Pastef, Amadou Bâ, a surpris en introduisant un amendement de dernière minute. Il a modifié le titre du texte et enrichi l’exposé des motifs en y intégrant plusieurs jurisprudences, une démarche jugée inhabituelle et maladroite par certains experts.

Le nouveau texte, désormais amendé, sera examiné en séance plénière le mercredi 2 avril prochain. Mais cette relecture n’est pas sans susciter des réserves. L’expert parlementaire Alioune Souaré, cité par Les Échos, y relève des erreurs techniques et une forme d’imprudence dans la rédaction.

Selon Souaré, l’ajout de références jurisprudentielles dans l’exposé des motifs soulève un problème de forme : « Il parle plus du droit que de la loi. Les règles encadrant la légistique n’intègrent pas les jurisprudences. » En d’autres termes, les motifs d’une loi doivent rester dans un cadre strictement législatif, sans s’appuyer sur des décisions de justice qui relèvent du pouvoir judiciaire.

Autre point de critique : la formulation ciblée de la loi. Le texte révisé vise explicitement « les commanditaires des crimes, tortures et autres actes d’atteinte à la dignité humaine ». Or, rappelle Alioune Souaré, une loi doit par nature être générale et impersonnelle : elle ne peut désigner des personnes ou des cas particuliers.

Mais c’est surtout le changement de terminologie qui inquiète. Amadou Bâ a remplacé dans son amendement l’expression initiale de « faits ayant une motivation exclusivement politique » par « l’exercice d’une liberté publique ou d’un droit démocratique ». Pour l’expert, ce glissement peut s’avérer contre-productif : « En espérant une réduction du champ d’application de la loi, le député expose en réalité davantage les manifestants. »

En effet, les notions de « liberté publique » et de « droit démocratique » sont encadrées par des textes juridiques précis, notamment la loi 78/02 du 29 janvier 1978 sur les réunions et manifestations, ainsi que l’article 96 du Code pénal. Dès lors, si un juge estime qu’une manifestation n’a pas respecté ces dispositions, les participants restent passibles de sanctions — ce qui va à l’encontre de l’objectif d’amnistie que semble viser l’initiative.

Souaré souligne enfin que si le législateur peut proposer une interprétation d’une loi, c’est toujours le juge qui en détient la lecture finale. Ainsi, en modifiant l’esprit du texte, Amadou Bâ pourrait laisser une marge d’interprétation qui compromettrait la protection juridique des personnes que le texte entend justement amnistier.

“Sokhna Adama Diop : une vie au service de l’éducation et de l’humanité”

Le général Mamadou Gaye immortalise une éducatrice modèle aux multiples vertus

Le Centre culturel Maurice Guèye de Rufisque a abrité, ce samedi 22 mars, une cérémonie de présentation et de dédicace du livre intitulé “Sokhna Adama Diop : une vie au service de l’éducation et de l’humanité”, rédigé par le général de division Mamadou Gaye, Délégué général au Pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam.

Les différentes thématiques abordées dans cet ouvrage, publié par les éditions Gandal Afrik, sont développées en douze chapitres mettant en lumière le rôle de Sokhna Adama Diop dans l’éducation arabo-islamique, l’enseignement du Saint Coran et de la Charia, ses valeurs et qualités intrinsèques, son engagement citoyen, son œuvre solidaire envers la société, entre autres.

« Sokhna Adama Diop, 23 ans après son rappel à Dieu, continue de nous mobiliser autour des valeurs d’humanisme, de tolérance, de solidarité et d’amour du prochain. Par ma voix, l’Association Ousratou Sokhna Adama Diop vous souhaite la bienvenue à Rufisque, ville d’Abdoulaye Sadji. D’ailleurs, dans son roman Maimouna, il disait : “Rufisque, c’est la métropole sénégalaise, foyer d’élégance, creuset où se fondent toutes les races qui envoient les plus beaux spécimens de leur créature, la quintessence de leurs aristocrates et de leurs élites” », a déclaré le général Mamadou Gaye à l’entame de son discours.

Il s’est ensuite réjoui de la coïncidence entre cette cérémonie et le mois de mars, consacré à la célébration de la femme :

« Quelle heureuse coïncidence d’organiser cette cérémonie en ce mois de célébration de la femme, pour offrir en exemple cette grande figure de l’éducation et de la culture, dont la multidimensionnalité dépasse l’ordinaire, comme le montre la page 91 du livre, je cite : “Le lien de complicité qui nous unissait à Tante Adama était fusionnel et indéfectible. Elle nous a donné l’amour, la sécurité, la connaissance, le savoir-vivre, l’attention matérielle et parentale. Elle écopait de ce courage moral exceptionnel de faire face aux adversités, d’un verbe facile, d’un commerce agréable et d’une gentillesse incommensurable. Sokhna Adama Diop était créditée de vertus et de qualités humaines exceptionnelles. Femme de compromis, indulgente, sobre, conciliante, avenante et d’un charme élégant teinté de politesse et de décence à la fois subtile et fascinante, elle forçait respect et admiration.” »

Revenant sur sa motivation à immortaliser cette figure aux multiples vertus, l’auteur a poursuivi :

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. Cette belle pensée de Jean d’Ormesson traduit à suffisance l’intensité de notre obligation mémorielle envers celle que nous célébrons aujourd’hui, celle qui, des années durant, s’est employée à partager, à enseigner, à guider et à se rendre utile à sa communauté avec désintéressement, conformément au Hadith du Prophète (PSL) : “Le meilleur d’entre vous est celui qui est le plus utile à sa société.” Ainsi, plus qu’une éloge aux airs d’élégie collective, cet hommage que toute la communauté rufisquoise lui rend aujourd’hui, par votre présence massive, est significatif et l’expression d’une convergence de sentiments unanimes d’admiration, de gratitude et de prière envers cette grande dame, pétrie de qualités humaines, un modèle de dignité, de sérénité, de finesse, de courtoisie et de serviabilité, qui a mené une existence utile à sa famille, à ses contemporains et à l’humanité. Proactive, intelligente et toujours animée par une bonne humeur communicative, elle est restée, jusqu’à la fin de sa mission sur cette terre, infatigable, généreuse dans l’effort, plaçant la vertu et le devoir au-dessus de toute chose. En laissant un beau nom à la postérité, Sokhna Adama Diop avait une vision presque prémonitoire de sa mort, pour avoir très tôt pris la pleine mesure de la vanité de notre existence et pour avoir bien préparé son viatique pour son voyage inéluctable vers son Seigneur. En rendant grâce au Seigneur de nous avoir donné le privilège d’être passés entre les mains de Sokhna Adama Diop et de sa sœur jumelle, Sokhna Awa Diop — qu’Allah lui accorde longue vie — je la retrouve dans cette belle pensée de Bossuet : “Nous ne pouvons rien, faibles orateurs, pour la gloire des âmes extraordinaires, parce que leurs seules actions les peuvent louer ; car toute autre louange languit auprès des grands noms.” Incontestablement, Sokhna Adama Diop se situe parmi toutes ces vertueuses femmes qui ont fait la fierté de l’islam. »

La cérémonie, organisée par l’Association Ousratou Sokhna Adama Diop (AOSAD), a enregistré la présence d’officiers généraux de l’armée sénégalaise, de la police nationale, de la gendarmerie, des autorités locales, coutumières et religieuses, ainsi que des notables de la cité de Mame Coumba Lamba.

Le préfet du département de Rufisque, qui a présidé la cérémonie, a salué la forte mobilisation, témoignant, selon lui, de la sincérité et de la fidélité des administrateurs, amis et parents à l’égard de l’auteur, mais aussi envers Sokhna Adama Diop :

« J’aimerais dire au général que vous avez produit un excellent ouvrage. Les quelques lignes parcourues témoignent justement de votre profondeur intellectuelle, mais surtout du travail et de la rigueur qu’incarne le littéraire que vous êtes. Ce n’est pas évident, car réaliser des ouvrages de cette nature est un travail particulièrement coriace et difficile. Écrire sur une admiratrice ou un admiré peut être partial, partiel, voire parcellaire. La neutralité requise peut être difficile à maintenir. Vous n’êtes pas tombé dans ce piège et vous nous avez livré un excellent ouvrage sur l’œuvre et la vie de Sokhna Adama Diop. Je suis à peu près sûr que c’est une contribution majeure, car l’œuvre de cette brave dame et sa vie sont incommensurables. »

Pour sa part, le maire de la ville de Rufisque a rappelé l’importance de rendre un hommage mérité à ceux qui ont marqué la société de leur empreinte, avant de magnifier le parcours de l’auteur :

« Les infrastructures morales sont tout aussi importantes que les infrastructures physiques. Ceux qui les incarnent et qui ont consacré leur vie entière à la religion et à la transmission du savoir doivent être honorés et présentés comme modèles à la nouvelle génération. Et c’est ce que nous avons trouvé ici aujourd’hui, à l’occasion de cette cérémonie de dédicace. À travers Sokhna Adama Diop, ce sont ceux qui se consacrent à l’éducation, à la citoyenneté, entre autres, qui sont célébrés. Le général Mamadou Gaye est une grande fierté pour la ville de Rufisque. Son parcours est remarquable. J’ai encore en mémoire votre leçon inaugurale lors du lancement de la quatrième semaine de l’école de base, où vous magnifiiez la question de la citoyenneté et l’articulation entre l’école et la citoyenneté. Aujourd’hui, c’est une continuation. »

Ces moments solennels de ferveur ont vu se succéder différents intervenants à la tribune, avec des témoignages unanimes sur la vie et l’œuvre de Tante Adama. Ainsi, en toute beauté, la cérémonie, qui a enregistré une forte affluence des Rufisquois, s’est clôturée par une séance de dédicace, accompagnée de la fanfare, musique principale des forces armées.

Colloque International sur la Migration à Dakar 2025 : l’ONG Otra Africa montre la voie à l’État du Sénégal sur la politique migratoire

Une belle initiative de la société civile : le gouvernement du Sénégal invité à accompagner l’organisation du Colloque International sur la Migration à Dakar 2025

Dakar s’apprête à accueillir un Colloque International sur la Migration, prévu du 9 au 12 [mois à préciser] 2025, à l’initiative conjointe de l’Organisation Internationale Otra Africa et du Comité Interministériel de Lutte contre la Migration Irrégulière (CILMI). Cette rencontre de haut niveau rassemblera plus de 200 experts, diplomates, analystes, hauts fonctionnaires et intervenants venus d’Afrique, d’Europe, d’Amérique et d’autres régions du monde pour réfléchir ensemble aux enjeux et défis liés à la migration.

L’objectif principal du colloque est d’aborder les défis contemporains des migrations sans filtres ni contraintes techniques, en favorisant un dialogue franc, inclusif et constructif autour des politiques migratoires.

Selon M. Birame Khoudia LO, membre du comité d’organisation, les préparatifs sont bien avancés. Un ndogou de presse a d’ailleurs été organisé pour présenter en détail l’agenda et le programme des activités prévues durant le colloque.

De son côté, M. Ibrahima ANNE, Secrétaire technique du comité scientifique, a souligné que cette rencontre représente un tournant décisif dans la recherche d’alternatives à la crise de la migration irrégulière, en fédérant les principaux acteurs autour d’une dynamique collaborative.

Malgré les contraintes financières et logistiques, les organisateurs redoublent d’efforts pour mobiliser les ressources nécessaires à la réussite de l’événement. Cette initiative ambitieuse a déjà reçu les encouragements de nombreux experts du domaine.

Le Président du Comité d’Organisation a particulièrement salué l’engagement de M. Amadou Chérif Diouf, Secrétaire d’État chargé des Sénégalais de l’Extérieur, pour son appui déterminant dans la mise en place de cet événement d’envergure internationale.

Un objectif stratégique : faire de Dakar un pôle central du débat sur la migration

Au-delà de l’édition 2025, les initiateurs du colloque souhaitent inscrire durablement cette rencontre dans l’agenda annuel des grandes conférences internationales sur la migration. Leur ambition est de faire de Dakar un carrefour majeur des réflexions et des échanges sur les questions migratoires au niveau continental et mondial.

À l’heure où la question migratoire reste une priorité mondiale, le Colloque International de Dakar 2025 s’annonce comme un événement structurant, porteur d’espoir et de solutions durables, en plaçant la société civile au cœur du débat sur les politiques migratoires.

Restaurant La Démocratie : Le Mouvement des Femmes du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République vilipende le régime et exige la démission du président Diomaye

Avec une forte mobilisation, les femmes du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) se sont réunies au siège de l’Alliance pour la République afin de dénoncer ce qu’elles qualifient d’arrestations arbitraires à grande échelle, orchestrées par un régime qu’elles jugent désemparé, dont le seul programme politique serait, selon elles, la vengeance. Mme Fatou Thiam, présidente dudit mouvement, affirme que “les rails de l’émergence sont en train de sombrer aujourd’hui à cause de ce régime incompétent.”

« L’arrivée au pouvoir de cette bande d’opportunistes a mis à mal tous nos acquis politiques, économiques et diplomatiques. Aujourd’hui, le Sénégal, qui s’était placé de façon spectaculaire sur les rails de l’émergence, est en train de sombrer. Au lieu de travailler à trouver des solutions, ils brandissent la calomnie, le mensonge, la désinformation et la manipulation pour masquer leur incapacité à redresser la barre. À cet effet, ils versent dans la forfaiture en procédant à des accusations fantaisistes, dénuées de toute logique, pour arrêter d’honnêtes citoyens, uniquement dans le but d’en faire des boucs émissaires », a déclaré Mme Thiam.

Le Mouvement des Femmes du FDR s’indigne face à cette démarche qu’il juge maladroite et affirme qu’il ne ménagera aucun effort pour y faire face, conformément aux lois et règlements en vigueur. Selon elles, une chose est certaine aujourd’hui : le peuple sénégalais souffre, d’où l’émergence du slogan « MOSS DEM », qui prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux.

Par ailleurs, elles dénoncent l’attitude de ceux qu’elles qualifient “d’arroseurs arrosés”, conscients de leur implication dans la tentative de saper les fondements de la République, et désormais rattrapés par leurs promesses de campagne jugées utopiques. Ces derniers chercheraient, selon elles, à se protéger en promouvant une loi interprétative de la loi d’amnistie. « S’ils n’ont rien à se reprocher, qu’ils abrogent purement et simplement cette loi, afin de permettre à la justice de situer les responsabilités. Nous n’accepterons jamais ce scénario de justice des vainqueurs qui se profile. Nous ferons face », ont-elles martelé.

En outre, le mouvement des femmes du FDR dénonce les nombreuses interdictions de sortie du territoire national, sans base légale, qui se sont multipliées ces derniers temps. Selon elles, “par la seule volonté d’un homme sournois, qui cherche à transformer notre démocratie en dictature, le droit constitutionnel à la liberté d’aller et venir est bafoué. Les caprices du prince sont érigés en lois, et la justice est instrumentalisée à des fins de règlement de comptes politiques, ce qui risque d’installer le chaos dans ce pays.”

Sur un autre registre, elles dénoncent la multiplication des licenciements abusifs depuis l’arrivée au pouvoir de l’actuel régime. De nombreux pères et mères de famille se retrouvent, selon elles, injustement au chômage, mettant en péril l’avenir de leurs familles. Le Mouvement des Femmes du FDR exige la réparation immédiate de ces injustices, en affirmant que “la coloration politique ne peut en aucun cas devenir une condition d’accès aux emplois civils.”

Pour conclure, Mme Fatou Thiam appelle le peuple sénégalais à rester vigilant et mobilisé pour défendre la République contre ce qu’elle décrit comme une dictature naissante.

« Nous militons fermement pour un État de droit, une justice indépendante, garante des fondements de la République, et une reddition des comptes conforme aux normes et principes de bonne gouvernance. Masquer une incompétence manifeste par l’instauration d’une dictature ne passera pas. Debout pour la République ! »

Aminata Touré : “Pas de médiation pénale dans les affaires de détournement de fonds publics”

Invitée de l’émission En Vérité sur la RTS, Aminata Touré, haut représentant du président de la République Bassirou Diomaye Faye, s’est exprimée sans détour sur plusieurs sujets d’actualité, notamment la lutte contre la corruption et la reddition des comptes.

Fidèle à son engagement pour une justice rigoureuse, l’ancienne Première ministre s’est vivement opposée à l’idée de recourir à la médiation pénale dans les affaires de détournement de deniers publics. Selon elle, cette option risquerait de banaliser les actes de corruption et d’envoyer un mauvais signal à l’administration publique.

« Je ne suis pas d’accord sur ce point et depuis 10 ans je le dis. Ce sera trop facile. Cela veut dire que si vous nommez une personne et qu’elle détourne 50 milliards, si on l’attrape, elle peut proposer de rendre 30 milliards et s’en sortir ainsi », a-t-elle déclaré.

« Les gens en feraient un métier si tout se terminait par une médiation pénale. Même la loi ne dit pas cela. Selon moi, on doit les remettre à la justice et ensuite récupérer l’intégralité de l’argent. »

Cette position traduit la volonté du nouveau gouvernement d’adopter une ligne dure contre les détournements de fonds publics, sans concessions ni arrangements à l’amiable.

Au-delà de la question de la reddition des comptes, Aminata Touré a également insisté sur la nécessité de rétablir la confiance entre la justice et les citoyens, une priorité dans un contexte post-électoral marqué par de vives tensions.

Elle a rappelé le climat répressif laissé par le régime précédent, évoquant les nombreuses arrestations à caractère politique.

« N’oubliez pas qu’on était dans une situation extrêmement difficile. L’actuel président de la République a été libéré de prison quatre jours après le début de l’élection présidentielle, avec le Premier ministre. Plus de 1000 personnes étaient emprisonnées pour des raisons politiques », a-t-elle souligné.

Selon elle, le processus de réconciliation nationale est en cours, mais prendra du temps. Elle se dit toutefois confiante quant à la capacité du gouvernement à restaurer l’équilibre et à répondre aux attentes des citoyens.

Par ces prises de position, Aminata Touré réaffirme une orientation claire du régime de Bassirou Diomaye Faye : la lutte contre la corruption ne fera l’objet d’aucun compromis. Le message est sans ambiguïté : la justice doit suivre son cours, et chaque centime détourné doit être restitué à l’État, dans le respect de la légalité et de l’éthique républicaine.

Foncier au Sénégal : Mansour Faye dénonce des pratiques opaques du régime Diomaye-Sonko

Dans une publication intitulée « Silence, on spolie » diffusée sur sa page Facebook, l’ancien ministre des Transports, Mansour Faye, a vivement critiqué la gestion foncière du nouveau régime dirigé par le tandem Diomaye-Sonko. Le maire de Saint-Louis accuse les autorités actuelles de marginaliser les préoccupations des goorgorlou — ces travailleurs acharnés — au profit d’intérêts partisans.

Selon lui, les décisions récentes autour du foncier au Sénégal soulèvent de nombreuses zones d’ombre. Il rappelle qu’au lendemain de l’arrivée au pouvoir du nouveau régime, une note de service (N°818/MFB/DGID) a suspendu provisoirement les opérations domaniales dans des zones stratégiques telles que le triangle Dakar-Thiès-Mbour et le littoral nord jusqu’à Saint-Louis. Cette mesure visait à stopper les constructions et geler les attributions foncières dans ces zones.

Cependant, une deuxième note (N°090/MFB/DGID/DD) est venue partiellement lever cette suspension, relançant certaines procédures domaniales et cadastrales. Puis, le 12 mars 2025, le Conseil des ministres a annoncé des mesures correctives pour, selon le communiqué, « corriger les abus constatés » dans la gestion du foncier et du domaine public maritime.

Mais pour Mansour Faye, ces démarches manquent de clarté. Il interpelle publiquement le gouvernement sur plusieurs points :

• Quelle est la portée réelle de ces mesures ?

• Combien d’attributions ou d’acquisitions ont été validées officiellement ?

• Pourquoi certaines ont-elles été annulées ?

• Quelles sont les superficies de terres effectivement récupérées par l’État ?

L’ancien ministre appelle à une transparence totale sur ces dossiers, surtout à l’heure où le parti Pastef annonce la construction prochaine de son siège. Mansour Faye affirme qu’« il semblerait que le parti s’est déjà attribué plusieurs milliers de mètres carrés dans la zone de Sacré-Cœur 3 Extension, sur l’ancien site du garage de mécaniciens et de l’ancienne piste ».

Il exige des explications sur l’origine de ces terrains, l’identité des vendeurs et celle des bénéficiaires. « Par quelle alchimie ces acquisitions ont-elles été réalisées ? », s’interroge-t-il.

Dans la même lancée, il lance une alerte à la communauté léboue de Ouakam et au « Tank » sur ce qu’il considère comme des opérations foncières à caractère occulte.

À travers ce post, Mansour Faye semble vouloir ouvrir un débat national sur la transparence dans la gestion du foncier, tout en pointant du doigt des pratiques qu’il juge douteuses de la part du régime en place.

Sorry Kaba charge Matar Ba et Macky Sall : « Fatick n’a pas su profiter de la présidence »

Invité de l’émission Jury du Dimanche sur iRadio, Sorry Kaba n’a pas mâché ses mots en s’attaquant à la gestion de la ville de Fatick. L’ancien directeur général des Sénégalais de l’Extérieur a vivement critiqué le maire Matar Ba ainsi que l’ex-président Macky Sall, natif de la localité, qu’il accuse de n’avoir pas su impulser un véritable développement dans cette ville pourtant symbolique.

« Matar Ba n’est ni un ennemi ni un ami. Il aurait pu l’être si son bilan était positif, mais ce n’est pas le cas », a lancé Sorry Kaba d’un ton tranchant. Il regrette qu’en dépit des 12 années de présidence de Macky Sall, Fatick n’ait pas connu de transformation significative. « Je ne parle pas par animosité ou adversité gratuite. Je porte Fatick en moi et je veux son développement, comme celui de tout le pays », a-t-il ajouté, insistant sur le caractère patriotique de son engagement politique.

Pour Sorry Kaba, le maire Matar Ba manque de stature et de leadership pour porter une vision de développement à la hauteur des attentes des populations. « Il ne fait pas le poids, franchement pas », a-t-il affirmé, pointant du doigt ce qu’il qualifie d’inaction municipale.

L’opposant s’est également appuyé sur les résultats des dernières élections locales pour appuyer ses propos. Selon lui, le score de 37 % obtenu par Matar Ba, pourtant soutenu par le parti présidentiel, est révélateur du désaveu populaire. « C’est l’un des maires les moins bien élus du Sénégal », tranche-t-il. Lui-même, à la tête d’une liste indépendante, avait obtenu 27 %, se positionnant comme principal challenger.

À travers cette sortie médiatique, Sorry Kaba semble poser les jalons d’une nouvelle ambition politique à Fatick, tout en dénonçant ce qu’il considère comme un manque d’initiatives et de vision de la part des dirigeants actuels. Un discours qui pourrait bien redessiner le paysage politique local à l’approche des prochaines échéances électorales.

ÉLIMINATOIRES COUPE DU MONDE 2026

5ᵉ JOURNÉE – POULE B

SOUDAN / SÉNÉGAL (0-0)

UN MATCH NUL DÉCEVANT POUR LES LIONS

Venus en opération commando avec pour objectif d’arracher une victoire cruciale dans la lutte pour la première place de la poule B et rester en course pour la qualification à la Coupe du Monde 2026, les Lions de la Teranga ont affiché un visage étonnamment décevant.

Face aux « Crocodiles du Nil » du Soudan, l’équipe sénégalaise s’est révélée apathique, manquant d’âme et de hargne. Le résultat final, un match nul (0-0), reflète une prestation insuffisante, marquée par un déficit évident de détermination et d’engagement dans ce duel crucial.

Le onze de départ aligné par le sélectionneur Pape Thiaw n’a pas connu de grands changements. Fidèle à ses principes, il a opté pour un schéma en 4-3-3 qui a une fois de plus montré ses limites.

Dès l’entame, le Sénégal a montré une bonne circulation du ballon et une certaine maîtrise de l’entrejeu, mais cette domination est restée stérile.

Face à un bloc bas soudanais bien organisé, il aurait fallu davantage d’audace, comme des tirs à distance ou des initiatives individuelles. Pourtant, l’équipe dispose de joueurs capables d’exploiter ce type de situations.

Les Soudanais du coach Kwesi Appiah, combatifs et très physiques, ont multiplié les fautes pour casser le rythme des Lions, renforçant ainsi leur structure défensive.

La seconde période a vu les entrées de Pape Matar Sarr, Cherif Ndiaye, Sima et Diao. Cependant, ces changements n’ont pas eu l’effet escompté pour dynamiser le jeu des Lions.

L’équipe du Sénégal est restée amorphe, incapable de produire le dynamisme nécessaire pour perturber l’organisation soudanaise, reposant sur un système simple mais redoutable : un bloc bas rigide et des contre-attaques rapides.

Le manque d’âme et de hargne a été flagrant chez les Lions. Un match à vite oublier, tant le Sénégal a manqué de créativité et de mordant.

• Sadio Mané : Moins explosif qu’à son apogée, il semble perdre ses sensations. Il est peut-être temps de préparer la relève avec la nouvelle génération.

• Lamine Camara : Invisible sur le terrain, il n’a montré ni animation ni initiatives techniques.

• Édouard Mendy : Le gardien a été impeccable, sauvant plusieurs situations dangereuses et affichant une grande assurance dans ses buts.

Les poulains de Pape Thiaw, pourtant capables de grandes performances, devront rapidement rebondir pour honorer leur statut et rester compétitifs dans ces éliminatoires.

Chaque match de cette poule est une véritable finale, et la pression est grande pour reprendre la première place, actuellement occupée par le Soudan avec 11 points (+6). Le Congo, après sa victoire face au Soudan du Sud, suit de près avec 10 points (+3).

Il faut immédiatement retirer la proposition de loi infrahumaine de Amadou Bâ de Pastef…

On a l’habitude d’entendre la fameuse expression «vouloir une chose et son contraire» ; c’est ce qui est caractéristique de Pastef, pris encore au piège de ses promesses mirobolantes et dont les «Var» hantent le sommeil. Le Pm Sonko et Cie veulent abroger la loi d’amnistie, déclarent-ils urbi et orbi, tout en voulant, en même temps, la modifier subtilement. A quelles fins ?

Pourquoi toute cette peine, au point d’avoir tout le Peuple sénégalais sur le dos ? Il est évident qu’il y a une motivation, et la mobilité de la sémantique, tel un car rapide, en est la preuve tangible. D’abrogation totale, on a parlé de rapporter la loi, puis d’abrogation partielle et enfin d’interprétation de la loi d’amnistie. D’aucuns d’ailleurs s’interrogent, et fort justement, sur cette prérogative du député à interpréter la loi. De ce que nous savons tous, le député vote la loi, contrôle l’action du gouvernement et évalue les politiques publiques, dimension nouvelle introduite par le Président Macky Sall. Le ver est dans le fruit. S’arroger une prérogative qu’on n’a pas, voilà donc subtilement le jeu auquel se livre «Goebbels», surnom donné par Abou Diallo, détenu de luxe, défenseur invétéré de la République, à Amadou Bâ de Pastef, un faire-valoir indirect, un objet politique prêt à entrer piètrement dans l’histoire. Que chaque acteur de la vie publique, chaque journaliste, chroniqueur, bref, que chaque homme de média (pour l’amour du ciel), ne serait-ce que cette fois-ci, lise la loi, et qu’on arrête de se baser ou de la commenter à partir des «on a dit» ; on se rendra clairement compte que cette loi est claire comme de l’eau de roche et sa rédaction ne souffre d’aucune ambiguïté. De plus, cette loi, dans sa forme comme dans son fond, porte l’empreinte d’experts, de juristes chevronnés ; elle est donc parfaitement parfaite. Person­ne ne discute de sa forme, ni de son fond. Ce n’est pas donc à de petits «duputés», sous la houlette de Goebbels, de la compléter ou d’en préciser un quelconque champ d’application. Si vraiment, comme le dit le Pm Sonko, Pastef est contre la loi d’amnistie, pourquoi diable vouloir l’interpréter, la modifier ? On doit plutôt prendre cette loi, avec tout son contenu, et la jeter à la poubelle ! Le Président Macky Sall est donc plus courageux que les tenants actuels du pouvoir, Sonko et Ngund, lui qui avait, contre la volonté de son camp à l’époque, fait voter l’amnistie en l’assumant totalement, malgré toutes les critiques qui suivirent. Mais qu’à cela ne tienne, il a réussi par cette mesure, à créer toutes les conditions favorables à une élection apaisée, crédible et transparente, ce qui a valu aux détenus Sonko et Bassirou D. Faye de quitter la prison pour le Palais, sans goutte de sang versée, fait inédit dans l’histoire du Sénégal. Et l’histoire se répéta, les vaincus félicitèrent les vainqueurs et le lendemain, le Peuple reprit allègrement le chemin du boulot, avec les millions de «radios kankan» et de commentaires. Si vraiment le Pm Sonko et Cie veulent abroger la loi sur l’amnistie, alors qu’ils prennent leur courage à deux mains et fassent comme le Président Macky Sall ! Mais en fait, depuis qu’ils goûtent aux grâces infinies du pouvoir, du gâteau offert par le Président Macky Sall, Sonko et Cie (je ne crois même pas que le Président Bassirou Diomaye soit d’accord pour l’abrogation, lui qui est confortablement installé, qui a tellement voyagé au point que l’avion est, paraît-il, en panne), ne veulent plus s’exposer et exposer leurs partisans qui affirment, de façon étonnante d’ailleurs, les rôles joués par les uns et les autres, lors des événements intervenus entre février 2021 et février 2024. La police n’a même plus besoin d’enquête, puisque chaque acteur avoue ses crimes, le rôle joué et l’argent mobilisé pour réduire le Sénégal à néant durant cette période. L’aveu est la mère des preuves dit-on ! La peur de la situation ante plane telle une épée de Damoclès au-dessus des deux têtes de l’Exécutif, et de leurs ramifications dans toute l’Administration, qu’ils alimentent grandement à chaque Conseil des ministres de profils non conformes aux postes. Voilà pourquoi on a vite rangé aux calendes grecques, les appels à candidatures. Evidem­ment, abroger totalement l’amnistie risque de détruire à jamais Pastef, puisque le parti sera exterminé partout au Sénégal. Voilà le risque que ne veut pas prendre le Pm Sonko ! Mais qui n’a pas compris ? Sur cette affaire, même le fou a compris la manœuvre désespérée à laquelle se livre le député Amadou Bâ de Pastef, envoyé par tout le «clergé de Pastef» très inquiet par la complexité jamais attendue sur l’affaire de l’amnistie, une vraie patate chaude qu’on ne sait vraiment comment gérer. Pastef est entre le marteau impossible de la promesse et l’enclume d’une disparition du parti en cas d’abrogation totale. Et le Peuple très averti observe, prêt à châtier !

Pourquoi avoir rejeté la proposition du député TAS au motif fallacieux qu’elle engendre des dépenses supplémentaires ? Comment est-ce que cette abrogation, qui ne nécessite que le vote des députés, peut-elle engendrer une dépense supplémentaire ? Tout comme la proposition de loi de Goebbels ne peut engendrer non plus de dépenses supplémentaires ! Ils refusent la proposition de TAS au même motif qu’ils devraient refuser celle de Amadou Bâ de Pastef ! Mais on a tout compris. Des fables racontées par des coquins à des crétins, pour reprendre le mot de Voltaire. Il faut que le Pm Sonko et Cie interrogent, pendant qu’il est temps, leur rapport à la loi et à l’Etat ! C’est le lieu de demander où sont passés les 200 intellectuels, les «vrais alku intellectuels», qui refusent depuis un an, peut-être par honte et déception, de tremper leur plume pour dire halte aux dérives et sauver le pays ?

Si le Sénégal était la vraie raison de leurs interminables sorties contre le pouvoir de Macky Sall, alors, le Sénégal est suffisamment lapidé, et le corps couvert de sang appelle ses fils et ses «intellectuels». Mais si c’est le Président Macky Sall qui était la raison principale de vos prises de position partisanes, on peut comprendre aisément votre silence lâche et coupable. Des intellectuels alimentairement saisissables ! Quelle honte !

Après 5 milliards puisés des comptes publics pour dédommager les militants de Pastef sans que la Justice ne soit impliquée, en mettant de côté toutes les autres victimes sénégalaises, les édifices, les marchands, les particuliers, les Fds, cette proposition de loi est une alerte triple XXX de ce que sera et fera cette abrogation partielle, si jamais elle passe à l’Assemblée.

Que restera-il alors des supposés coupables, sinon que les Forces de défense et de sécurité et ceux qui sont pointés du doigt directement par le Pm Sonko, comme Jérôme Ban­diaky et des responsables de l’Apr ? Que personne ne s’attende à une justice impartiale dans ce contexte. Ce sera du Nuremberg à la sénégalaise.

Par cette proposition de loi, ce qui reste de l’image du pays et de son rayonnement sera annihilé à jamais, le pays sera en lambeaux et l’environnement économique, déjà défavorable, va se détériorer irrémédiablement. Le pays va s’arrêter par des procès à n’en plus finir, des convocations tous azimuts, des allers et retours sans cesse au tribunal, des familles dispersées, pour 2 ans, au bas mot. Et le comble, c’est que rien ne garantit, au regard de la façon dont le Pm Sonko parle de la Justice, un procès équitable et juste.

Cette loi de Pastef est dangereuse, sape la stabilité et la cohésion nationale que nous tentons de retrouver difficilement depuis 2024. Elle sape l’unité nationale, détruit les fondements de l’Etat et inaugure des précédents dangereux qui vont poursuivre le Sénégal pour toujours. Elle ouvre l’impunité à jamais pour des criminels qui peuvent avoir droit de vie et de mort sur les Sénégalais et s’en tirer allègrement par simple évocation de motivation politique. De qui se moque-t-on ?

Cette proposition de loi de Amadou Bâ de Pastef est à retirer immédiatement, et que le gouvernement se prononce clairement sur l’abrogation de la loi d’amnistie.

J’appelle les représentants du Peuple sénégalais, les députés, épris de justice et de paix, à rejeter totalement cette proposition dangereuse pour le pays. Le Peuple regarde et écoute chacun d’eux. Soyez des députés du Sénégal.
Vive le Sénégal ! Son tirailleur !

Inspecteur Cheikh NDIAYE
Pdt Mouvement «Debout pour la République-Dpr»
Responsable politique
Grand-Yoff

Kaolack – Santé : Médina Baye, un modèle de réussite

La bonne gestion du Comité de Développement Sanitaire saluée par les populations

Dans plusieurs localités, la gestion des structures sanitaires reste un défi majeur. Cependant, dans la commune de Kaolack, au centre de santé de Médina Baye, le Comité de Développement Sanitaire (CDS) est cité en exemple pour sa transparence et son efficacité. À travers ce reportage, nous donnons la parole aux populations et aux membres dudit comité pour comprendre les raisons de cette réussite.

Le Comité de Développement Sanitaire du centre de santé de Médina Baye joue un rôle clé dans l’amélioration des services de santé. Il veille à la bonne gestion des ressources et à l’accessibilité des soins.

Selon Hady Niasse, président du Comité de Développement Sanitaire de Médina Baye :

« Nous avons mis en place une gestion rigoureuse des fonds et nous impliquons la population dans les prises de décision. »

Les habitants de la cité de Cheikh Al Islam El Hadji Ibrahima Niasse (Baye) saluent l’engagement du CDS et témoignent des améliorations notables.

Témoignage d’un patient sous anonymat :

« Avant, il y avait beaucoup de problèmes liés aux médicaments, au personnel, entre autres. Mais aujourd’hui, avec l’arrivée de cette nouvelle équipe, tout est bien organisé, et nous recevons des soins de qualité. Le CDS a mis en place des mécanismes de transparence, comme l’affichage des activités et la participation des habitants aux réunions. »

Au cours de ce reportage, nous nous sommes entretenus avec le trésorier général du Comité de Développement Sanitaire de Médina Baye, Cheikh Alpha Aliou Niasse. Il a rappelé que le CDS est une structure communautaire mise en place pour appuyer la gestion des services de santé au niveau local. Sa mission principale est de renforcer la participation des populations à l’organisation, au financement et à l’amélioration des services de santé.

« Nous comptons collaborer avec les autorités sanitaires de la région pour une meilleure gestion de notre centre de santé. Nous veillerons à la disponibilité des ressources humaines, matérielles et financières nécessaires. Pour la mobilisation des ressources financières, nous allons mettre en place, avec l’ensemble de l’équipe du CDS, des stratégies de collecte de fonds pour soutenir le fonctionnement de notre structure. C’est pourquoi nous encourageons les contributions communautaires et la participation des partenaires, qui ont très tôt compris que la santé est une affaire de tous. »

Dans le cadre de leur second mandat, les membres du CDS comptent renforcer les activités de sensibilisation et d’éducation sanitaire, promouvoir les bonnes pratiques de santé et d’hygiène dans la communauté, et organiser des séances de sensibilisation sur des thématiques comme la vaccination, la santé maternelle et infantile, ou encore la prévention des maladies.

Par ailleurs, le comité entend continuer à porter le plaidoyer des bénéficiaires du centre auprès des autorités compétentes, notamment en vue d’obtenir un meilleur accompagnement, surtout au regard du rôle central que joue le centre de santé pendant le Gamou international de Médina Baye, un événement qui dure une semaine et mobilise des milliers de fidèles.

FDR critique sévèrement le régime Diomaye-Sonko : “Une année marquée par licenciements, arrestations et intimidations”

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) est monté au créneau pour dresser un bilan sans concession de la première année de gouvernance du duo Diomaye-Sonko. En visite auprès du khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, les membres de la délégation, composée notamment de Modou Diagne Fada, Amadou Mame Diop et Oumar Sarr, ont profité de l’audience pour exprimer leurs vives préoccupations face à ce qu’ils considèrent comme un « échec cuisant » du nouveau régime.

“Une année de régression démocratique”

Selon les membres du FDR, l’action gouvernementale au cours des douze derniers mois se résume en trois mots forts : licenciements, arrestations et intimidations. Pour eux, ces pratiques traduisent un recul des acquis démocratiques et une volonté manifeste de museler toute forme d’opposition ou de voix discordante.

Le FDR dénonce également l’absence de mesures concrètes en faveur de la jeunesse et du pouvoir d’achat des populations. À les en croire, aucune décision majeure n’a été prise pour lutter efficacement contre le chômage des jeunes ou la cherté de la vie, deux problématiques majeures au cœur des attentes des Sénégalais.

Pire encore, affirment-ils, « tout ce qui a été inauguré jusqu’à présent relève du bilan du président Macky Sall », suggérant que l’actuel gouvernement se contente de récolter les fruits d’un travail antérieur sans apporter de réelles innovations ni de réformes structurantes.

Face à ce qu’ils qualifient de gestion chaotique et répressive, les membres du FDR n’écartent pas l’idée de mobiliser les forces vives de la nation. « Nous envisageons d’organiser une riposte démocratique face à ces dérives inquiétantes », ont-ils averti, sans donner plus de détails sur la nature de cette mobilisation.

Sénégal–Soudan : les choix forts de Pape Thiaw dévoilés

À quelques heures du coup d’envoi face au Soudan, le sélectionneur Pape Thiaw a dévoilé son onze de départ. Entre confirmations et surprises, ces choix suscitent déjà de nombreuses réactions. Focus sur les hommes alignés et ce que cela révèle de la stratégie du technicien sénégalais.

65e anniversaire de l’Indépendance du Sénégal : cap sur la souveraineté technologique et industrielle des Forces armées

Dans le cadre de la célébration du 65e anniversaire de l’Indépendance du Sénégal, prévu le 4 avril 2025, le ministère des Forces armées, par le biais de la Direction de l’Information et des Relations publiques des Armées (DIRPA), annonce une série d’événements majeurs placés sous le thème : « Vers la souveraineté technologique et industrielle des Forces armées ».

Ce thème traduit la volonté des autorités sénégalaises de renforcer l’autonomie stratégique du pays, en mettant en lumière les efforts soutenus dans le développement des capacités nationales de défense et d’innovation militaire. Il s’agit également d’un signal fort en faveur de la modernisation des Forces armées, dans un contexte marqué par de nouveaux défis sécuritaires à l’échelle régionale et internationale.

Point d’orgue des célébrations, un grand défilé civil, militaire, paramilitaire, motorisé et aérien se tiendra le jeudi 4 avril à partir de 8h30, à la Place de la Nation (ex-Place de l’Obélisque), à Dakar. Cette cérémonie se déroulera sous la présidence du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, et en présence de nombreux hôtes de marque, parmi lesquels des chefs d’État et de gouvernement, ainsi que des délégations étrangères invitées.

Ce rendez-vous solennel mettra en scène la diversité et la puissance des forces de défense et de sécurité du Sénégal. Des unités terrestres, navales et aériennes défileront aux côtés des services paramilitaires, dans une démonstration de discipline, de coordination et de maîtrise technologique.

Cette 65e édition de la fête nationale ambitionne également de valoriser les progrès réalisés dans les domaines de l’industrialisation militaire, de la recherche technologique appliquée à la défense, et de la coopération stratégique avec des partenaires internationaux.

Le public découvrira notamment des équipements conçus localement ou modernisés au sein des structures de production nationales, traduisant les efforts vers une indépendance capacitaire du Sénégal dans les secteurs sensibles de la sécurité et de la défense.

Des activités annexes – expositions, forums, conférences – seront également organisées avant et après le 4 avril, pour sensibiliser davantage la population à ces enjeux stratégiques et renforcer le lien armée-nation.

Médiation pénale pour détournement de deniers publics : “Légaliser le vol et trahir le peuple”, selon Pape Matar Diallo

Alors que le débat sur la reddition des comptes continue d’alimenter les discussions politiques au Sénégal, la proposition de recourir à la médiation pénale pour les auteurs de détournement de deniers publics fait polémique. Si certains, à l’instar de Pape Alé Niang, plaident pour cette alternative à l’incarcération afin de récupérer plus efficacement les fonds volés, d’autres voix s’élèvent pour dénoncer une telle démarche, jugée dangereuse et contre-productive. Le chroniqueur Pape Matar Diallo fait partie de ceux qui rejettent catégoriquement cette idée.

Pour lui, proposer une médiation pénale aux détourneurs de fonds revient à légitimer le vol et à trahir le peuple sénégalais. Il considère cette approche comme une insulte à tous les citoyens honnêtes et laborieux, contraints de survivre dans une économie fragile, tandis que des criminels en col blanc se verraient offrir des issues négociées après avoir pillé les ressources publiques.

« C’est légitimer le vol d’argent public et ouvrir la porte à une impunité institutionnalisée », martèle-t-il.

Selon lui, ce mécanisme constituerait une prime à la corruption : « On vole des milliards, on rembourse une partie, et on échappe à la prison ? C’est inacceptable ! »

Dans un pays où des millions de Sénégalais peinent à se nourrir, à se soigner ou à scolariser leurs enfants, épargner la prison aux criminels économiques serait, selon lui, tout simplement obscène. Il dénonce une justice à deux vitesses, où le voleur de poulet est sévèrement puni, mais le voleur de milliards bénéficie de négociations et de clémence.

Pape Matar Diallo va plus loin dans son analyse, comparant les détourneurs de fonds à des “terroristes économiques”, dont les actes détruisent des vies et compromettent l’avenir d’un pays déjà vulnérable. À l’image de la doctrine sécuritaire américaine — “on ne négocie pas avec les terroristes” —, il estime que le Sénégal doit adopter la même fermeté face aux criminels économiques.

« Toute personne reconnue coupable de détournement doit restituer le double de la somme volée, voir tous ses biens saisis, et purger une peine de prison exemplaire. »

Mais au-delà des lois, Pape Matar Diallo pointe également du doigt une certaine hypocrisie sociale. Il regrette que certains détourneurs soient perçus comme des bienfaiteurs simplement parce qu’ils redistribuent une infime partie de leur butin en actes de charité. Cette complaisance populaire, nourrie par la pauvreté et le clientélisme, alimente selon lui la culture de l’impunité.

« Dans ce pays, il vaut mieux être un voleur à milliards qu’un simple délinquant. C’est cette injustice qui doit être éradiquée. »

Le chroniqueur appelle donc à une politique de tolérance zéro, où les criminels économiques seraient traités avec la même rigueur que les trafiquants de drogue ou les terroristes : confiscation totale des biens, remboursement intégral des sommes volées, et peine de prison incompressible.

Pour conclure, Pape Matar Diallo lance un avertissement aux autorités : « Ceux qui dirigent ce pays doivent choisir leur camp : défendre le peuple ou protéger les prédateurs. Mais une chose est sûre : l’histoire ne pardonnera pas la trahison. »

Lancement du PROGRESS à Koumpentoum : Le Gouvernement mise sur l’Économie Sociale et Solidaire pour un développement inclusif

Le Premier Ministre Ousmane Sonko a procédé, ce vendredi, au lancement officiel du Programme d’Appui aux Acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire (PROGRESS). Ce projet ambitieux vise à structurer, financer et professionnaliser les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS), dans le cadre de la Stratégie Nationale de Développement (SND) 2025-2029.

Inscrit dans la vision d’un développement durable, inclusif et équitable, le PROGRESS entend renforcer l’économie locale à travers un soutien direct aux petites et moyennes entreprises évoluant dans l’ESS. Il cible particulièrement les groupements de femmes, les jeunes entrepreneurs, les GIE agricoles engagés dans la transformation locale, les entreprises artisanales, les mutuelles et les coopératives sociales.

« Le PROGRESS tient compte des grandes vulnérabilités qui touchent certaines couches, particulièrement les jeunes et les femmes, et aura à cœur d’intégrer les dimensions sexospécifiques », a déclaré Ousmane Sonko. Il a également insisté sur la nécessité d’accorder une attention particulière aux personnes à mobilité réduite.

Dans une logique d’équité territoriale, le programme sera déployé prioritairement dans les régions de Kolda, Louga, Sédhiou, Saint-Louis, Kédougou, Matam, Tambacounda et Ziguinchor, conformément à la vision de développement territorial équilibré portée par le gouvernement à l’horizon 2050.

En parallèle, le gouvernement a lancé les Coopératives Productives Solidaires, un dispositif complémentaire qui bénéficiera d’un accompagnement global :

• Agrément ESS et appui à la labellisation,

• Accès au financement via le Pacte pour l’Inclusion Financière Universelle (PACTIFU),

• Soutien matériel pour accroître la productivité,

• Création d’un fonds de mutualisation solidaire pour lutter contre la spéculation et stabiliser les prix.

Le Fonds d’Appui à l’Économie Sociale et Solidaire (FAESS) jouera un rôle central en matière de formation et d’assistance technique. « L’objectif est que chaque ménage, ou du moins le maximum de personnes, soit membre d’une coopérative », a martelé le chef du gouvernement.

Avec le lancement du PROGRESS, les autorités affichent leur volonté de faire de l’ESS un moteur de croissance, d’inclusion économique et de résilience communautaire. Il s’agit de créer des emplois décents et durables, de renforcer les circuits économiques locaux et de garantir un accès équitable aux opportunités pour toutes les couches sociales.

Détournement de Fonds à la Fédération Sénégalaise de Karaté : Le Combat Inébranlable de Bescaye Diop pour la Vérité

L’heure de la justice a sonné pour la Fédération Sénégalaise de Karaté. Après avoir traversé les épreuves de la garde à vue à la Division des Investigations Criminelles (DIC) au commissariat du Port, puis au Commissariat Central et à la cave du tribunal de Dakar, du mardi 18 au vendredi 21 mars 2025, les principaux mis en cause dans l’affaire de détournement présumé de fonds publics ont finalement obtenu une liberté provisoire sous contrôle judiciaire. Parmi eux figurent le Président, le Secrétaire Général, le Trésorier Général et le Trésorier Général Adjoint de la fédération.

Leur salut, ils le doivent à la mobilisation de leurs proches qui, in extremis, ont réuni les 37 millions de francs CFA exigés par la justice pour le paiement de leur caution. Désormais placés sous contrôle judiciaire, les mis en cause demeurent toutefois sous la menace d’une procédure judiciaire qui s’annonce particulièrement rigoureuse.

Une bataille judiciaire qui ne fait que commencer

Si cette liberté provisoire leur évite, pour l’instant, la détention, l’issue de l’affaire est encore loin d’être tranchée. L’enquête se poursuit désormais sous l’autorité du juge du troisième cabinet, et l’audition des accusés sur le fond du dossier constituera une étape déterminante. Ce n’est qu’à l’issue de cette phase que le procès pourra s’ouvrir – un rendez-vous judiciaire que les prévenus redoutent déjà.

Mais l’horizon s’assombrit davantage. L’Office National de Lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC) a, de son côté, finalisé son enquête depuis le 11 mars 2025. Son rapport, qualifié d’explosif par des sources proches du dossier, sera prochainement transmis aux autorités compétentes. Il pourrait bien sceller le sort des responsables mis en cause, révélant au grand jour l’ampleur des dérives financières au sein de la fédération.

Bescaye Diop, une lutte pour l’honneur du karaté sénégalais

Si cette affaire a pris une telle ampleur médiatique, c’est en grande partie grâce à l’engagement de Bescaye Diop, Président de la Ligue Régionale de Karaté de Dakar, épaulé par Assane Diop, Président de la Ligue de Diourbel, et Moussa Diallo, Secrétaire Général de la Ligue de Dakar. Depuis plusieurs mois, ces acteurs du karaté sénégalais mènent un combat acharné contre la gestion opaque des finances de la fédération, bravant pressions et tentatives de dissimulation.

Pour eux, ce combat dépasse les enjeux judiciaires : il s’agit de restaurer l’honneur du karaté sénégalais, un art martial qui, selon eux, doit rester une école de discipline, d’éthique et d’éducation.

« L’impunité ne peut plus prospérer dans notre discipline. Ce combat, nous le menons pour que la vérité triomphe et que le karaté retrouve sa noblesse et sa dignité », martèle Bescaye Diop, plus déterminé que jamais à aller jusqu’au bout.

Alors que la justice sénégalaise se retrouve face à ses responsabilités, les trois lanceurs d’alerte entendent poursuivre leur combat sans relâche. L’heure du jugement approche, et avec elle, l’espoir d’un karaté enfin libéré des pratiques qui ternissent son image.

A. Saleh

Explosion des conflits fonciers : Plus de 1 000 plaintes enregistrées par la DSCOS en trois mois

La Direction de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation des Sols (DSCOS) tire la sonnette d’alarme sur la multiplication des conflits fonciers au Sénégal. Entre janvier et mars 2025, plus de 1 000 plaintes foncières ont été enregistrées, selon le directeur général de la structure, le colonel Amadou Ousmane Ba.

Invité sur la RTS, le colonel Ba a dénoncé des irrégularités graves, pointant particulièrement du doigt les délibérations abusives des municipalités, qu’il accuse de favoriser la spéculation foncière.

« Nous sommes submergés. Les citoyens vivent une insécurité juridique totale », a-t-il déclaré, déplorant une situation devenue incontrôlable dans plusieurs localités.

Les zones de Tivaouane Peulh et Sangalkam sont identifiées comme les principaux foyers de tensions foncières, alors que Dakar et Pikine semblent mieux protégés grâce à l’existence de titres fonciers bien définis, assurant une meilleure sécurité juridique.

Face à cette flambée des litiges, le patron de la DSCOS plaide pour une titularisation systématique des terres par l’État avant toute attribution communale, une réforme qu’il juge essentielle pour sécuriser la gestion du foncier et freiner les abus.

Le colonel Ba a également mis en garde contre les ventes illégales de terres appartenant au domaine national, rappelant leur illégalité et les sanctions pénales encourues :

« Vendre ces terres, c’est risquer la prison », a-t-il averti avec fermeté.

Pour endiguer ce phénomène, la DSCOS prévoit un renforcement des contrôles sur le terrain afin de mettre fin aux pratiques illicites et restaurer l’ordre dans l’occupation des sols.

Levée de l’immunité parlementaire de Moustapha Diop : l’Assemblée nationale ouvre la voie à des poursuites judiciaires

L’Assemblée nationale a tranché. Lors d’une session plénière tenue après les travaux de la Commission ad hoc, les députés ont voté en faveur de la levée de l’immunité parlementaire de Moustapha Diop. L’ancien ministre, désormais privé de la protection que lui conférait son statut de député, pourrait faire face à des poursuites judiciaires dans les prochains jours.

Sur les 141 députés ayant pris part au vote, 128 ont approuvé la levée de l’immunité, tandis que 10 se sont abstenus et seulement 3 ont voté contre. Un fait notable retient l’attention : parmi les abstentionnistes figurent des membres de la mouvance présidentielle, qui ont ainsi souhaité exprimer leur soutien à leur collègue sans s’opposer frontalement à la décision majoritaire.

Moustapha Diop, convoqué à plusieurs reprises devant la Commission ad hoc, puis en séance plénière, a répondu présent à chaque appel. Face à ses pairs, il a plaidé son innocence avec vigueur, rejetant en bloc les accusations portées contre lui. Lors de son intervention, il a exhorté les parlementaires à rejeter la demande de levée d’immunité, dénonçant une démarche qu’il juge infondée et politiquement orientée.

Malgré ses plaidoyers, la majorité des députés a opté pour une autre voie. Cette décision ouvre désormais la voie à des poursuites judiciaires à l’encontre de Moustapha Diop, dont les prochaines semaines s’annoncent décisives sur le plan judiciaire et politique.

Affaire Tabaski Ngom : Le député-maire Moustapha Diop brise le silence à l’Assemblée nationale

Pour la première fois depuis son élection, le député-maire de Louga, Moustapha Diop, a pris la parole ce jeudi à l’Assemblée nationale. Face à ses collègues parlementaires, il a décidé de s’exprimer publiquement sur l’affaire qui secoue l’opinion : le dossier Tabaski Ngom. C’est ce scandale présumé qui a poussé l’élu à sortir de sa réserve, rompant ainsi un long silence qu’il avait gardé depuis le début de la législature.

« Je n’ai rien à me reprocher »

D’un ton ferme et sûr de lui, Moustapha Diop a rejeté toutes les accusations portées à son encontre. « Si j’ai accepté de me défendre, c’est parce que je n’ai rien à me reprocher. Dans cette affaire, je suis totalement innocent. Cette dame dont vous parlez tente simplement de salir mon honorabilité », a-t-il déclaré, visiblement déterminé à laver son honneur devant ses pairs.

Il a également tenu à clarifier la nature de sa relation avec Tabaski Ngom, ancienne agent comptable particulière (ACP) à la Commission de régulation du secteur de l’énergie (CRSE). « Je n’ai rien à voir dans cette affaire de détournement, même si je connais cette dame depuis 2022 », a-t-il ajouté.

Poursuivant son intervention, le parlementaire a raconté les circonstances dans lesquelles il a connu Tabaski Ngom. Selon ses dires, leur relation serait strictement d’ordre privé, sans aucun lien avec les affaires financières qui font aujourd’hui l’objet d’une vive polémique. Il n’a toutefois pas donné davantage de détails sur le contexte de leur rencontre ni sur la nature exacte de leurs échanges depuis 2022.

Cette sortie de Moustapha Diop intervient dans un contexte où les rumeurs et spéculations autour de l’affaire Tabaski Ngom alimentent les débats aussi bien dans les médias que dans les milieux politiques. Pour certains observateurs, cette prise de parole du député-maire marque un tournant, car elle montre sa volonté de prendre à bras-le-corps la défense de son image, à un moment où des soupçons de détournement planent sur plusieurs acteurs publics.

Reste désormais à savoir si les clarifications de Moustapha Diop suffiront à calmer la tempête autour de cette affaire ou si de nouvelles révélations viendront relancer la polémique.

Dionewar : Le maire Lansana Sarr écroué pour trafic de migrants et escroquerie

L’affaire secoue la commune insulaire de Dionewar, dans la région de Fatick. Le maire Lansana Sarr et plusieurs de ses proches collaborateurs ont été placés sous mandat de dépôt par le juge d’instruction, selon des informations rapportées par Seneweb. Une information judiciaire a été ouverte pour des faits d’une gravité exceptionnelle : association de malfaiteurs, trafic de migrants, mise en danger de la vie d’autrui et escroquerie.

Cette décision fait suite au déferrement du groupe, mardi dernier, au parquet financier par la brigade de gendarmerie de Foundiougne. Leur arrestation découle de l’interception en haute mer de deux pirogues transportant 547 migrants, dans ce qui s’apparente à une vaste opération de migration clandestine.

Selon les premiers éléments de l’enquête, les autorités locales soupçonnent un réseau structuré, avec une implication active d’acteurs politiques et administratifs dans l’organisation de ces départs périlleux vers l’Europe. Le rôle central joué par l’édile de Dionewar dans cette affaire soulève de vives inquiétudes au sein de l’opinion publique.

Cette affaire met en lumière les liens préoccupants entre certaines autorités locales et les réseaux de trafic de migrants, au moment où le Sénégal est confronté à une recrudescence des tentatives d’émigration clandestine, souvent au prix de nombreuses vies humaines.

Les investigations se poursuivent pour établir l’ampleur du réseau et déterminer les responsabilités exactes de chacun des mis en cause. En attendant, le maire Lansana Sarr et ses co-prévenus restent en détention préventive, dans l’attente de leur procès.

Affaire LONASE : La Cour d’appel de Dakar se penche sur la demande de liberté provisoire de Lat Diop le 26 mars

Après un premier report, la Chambre d’accusation financière de la Cour d’appel de Dakar examinera, le 26 mars 2025, l’ordonnance de refus de mise en liberté provisoire rendue par le juge d’instruction financier contre Lat Diop, ancien directeur général de la LONASE (Loterie nationale sénégalaise).

Sous mandat de dépôt depuis septembre 2024, Lat Diop fait face à de lourdes accusations de détournement de deniers publics portant sur un montant estimé à huit milliards de francs CFA. Cette affaire, qui suscite une vive attention dans l’opinion publique, s’inscrit dans le cadre d’une vaste enquête financière ouverte par les autorités judiciaires.

Selon des sources proches du dossier, la défense de l’ancien DG a introduit une demande de liberté provisoire, jugée non fondée par le magistrat instructeur. Une décision contestée par ses avocats, qui ont interjeté appel. C’est donc ce recours que la chambre d’accusation va trancher lors de l’audience prévue dans moins d’une semaine.

L’affaire Lat Diop, au-delà de sa dimension judiciaire, a également des répercussions politiques, compte tenu du profil de l’accusé, ancien responsable public et figure bien connue de la scène politico-administrative sénégalaise.

La décision de la Cour d’appel est donc très attendue. Elle pourrait soit conforter la ligne de fermeté adoptée par le juge d’instruction, soit ouvrir la voie à une remise en liberté provisoire dans un dossier qui s’annonce déjà long et complexe.

L’armée sénégalaise démantèle un site d’orpaillage clandestin à Kéniéba

Les forces de la Zone militaire N°4 ont procédé ce vendredi au démantèlement d’un site d’orpaillage clandestin installé sur les rives de la Falémé, dans la zone de Kéniéba, région de Tambacounda. L’annonce a été faite par la Direction de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa).

Cette opération de sécurisation s’inscrit dans le cadre des efforts soutenus des forces armées sénégalaises pour lutter contre l’exploitation illégale des ressources naturelles et ses répercussions sur l’environnement. Elle a permis la saisie de 16 groupes électrogènes, 10 panneaux solaires ainsi que divers matériels utilisés pour l’extraction illégale de l’or.

Selon les autorités militaires, cette intervention vise à freiner les activités illicites qui prolifèrent dans certaines zones reculées du pays, notamment dans les régions riches en ressources minières. L’orpaillage clandestin, en plus de son impact sur l’économie nationale, représente une menace réelle pour les écosystèmes locaux, notamment en raison de l’utilisation de produits chimiques nocifs et de la déforestation qu’il engendre.

Les autorités ont réaffirmé leur détermination à intensifier les opérations de surveillance et de sécurisation pour protéger le territoire national contre ces pratiques illicites. Elles appellent également les populations à collaborer avec les forces de défense et de sécurité afin de préserver les ressources naturelles du pays.

Levée d’immunité parlementaire de Moustapha Diop : l’Assemblée nationale se réunit cet après-midi

L’Assemblée nationale se réunira ce vendredi à 15 heures pour statuer sur une question brûlante : la levée de l’immunité parlementaire du député-maire de Louga, Moustapha Diop. Un rendez-vous décisif qui pourrait marquer un tournant dans la carrière politique de l’ancien ministre.

Moustapha Diop, mis en cause dans une affaire de détournement présumé de deniers publics portant sur un montant de 734 millions de francs CFA à la Commission nationale du secteur de l’énergie (CNSR), devra faire face à son destin parlementaire dans les prochaines heures. À l’issue de son audition devant la commission ad hoc ce mercredi, l’édile de Louga s’est montré serein, affirmant n’avoir “rien à se reprocher”.

Mais la configuration actuelle de l’hémicycle ne joue pas en sa faveur. Avec les 130 députés du groupe majoritaire Pastef – Les Patriotes, la probabilité que Moustapha Diop conserve son immunité est quasi nulle. Un scénario qui rappelle celui de Mouhamadou Ngom, dit Farba, également “livré” par l’Assemblée dans un contexte similaire.

Une fois la levée de l’immunité actée, le dossier sera transmis au Pool judiciaire financier. C’est d’ailleurs le juge d’instruction financier qui a sollicité le Garde des Sceaux en vue d’obtenir cette levée, afin de pouvoir auditionner le député-maire de Louga.

Dans cette affaire, l’accusation repose en partie sur une dénonciation de l’Inspectrice générale du Trésor, déjà placée sous mandat de dépôt. Les prochaines heures seront donc cruciales pour Moustapha Diop, désormais à la croisée des chemins entre défense politique et poursuites judiciaires.

Drame à Toulouse : Mouhamadou Bachir Sow, un Sénégalais de 37 ans, poignardé à mort dans une attaque gratuite

Un crime aussi brutal qu’incompréhensible a bouleversé la ville de Toulouse. Mouhamadou Bachir Sow, un ressortissant sénégalais âgé de 37 ans, a tragiquement perdu la vie après avoir été mortellement poignardé à la gorge sur la place du Docteur Baylac. Le drame s’est produit dans des circonstances d’une violence et d’une gratuité glaçantes.

Selon le journal Libération, l’agression est qualifiée de « totalement gratuite ». La mise en cause, une femme de 50 ans, n’avait aucun lien avec la victime. Quelques instants plus tôt, elle s’en était violemment prise à la caissière d’un supermarché du quartier, dans un état d’ivresse avancé. Après cette première altercation, elle aurait quitté les lieux en déclarant qu’elle reviendrait armée d’un couteau.

C’est au cours de son errance qu’elle a croisé la route de Mouhamadou Bachir Sow. Sans raison apparente, elle l’a poignardé à la gorge avant de prendre la fuite. Rapidement secourue et évacuée, la victime n’a malheureusement pas survécu à ses blessures.

Une information judiciaire pour assassinat a été ouverte par la vice-présidente du tribunal judiciaire de Toulouse. La suspecte a été placée en détention provisoire dans l’attente de la suite de la procédure.

Ce drame suscite une vive émotion, aussi bien à Toulouse qu’au sein de la communauté sénégalaise en France. Des voix commencent déjà à s’élever pour réclamer justice et comprendre comment un tel acte de violence a pu se produire en pleine rue, sans mobile ni antécédent apparent.

Diplomatie religieuse : le “vivre ensemble” sénégalais cité en exemple en Israël et au Vatican

Une mission composée de représentants religieux, de responsables de foyers religieux et de membres de la communauté universitaire, conduite par le Khalife général de Bambilor, s’est rendue au Vatican et en Israël dans le cadre de la promotion de la diplomatie religieuse. Une occasion pour la délégation de mettre en valeur le caractère inclusif et global de cette initiative.

Au Vatican, des échanges fructueux ont eu lieu avec Monseigneur Paul Gallagher, numéro deux du Saint-Siège, ainsi qu’avec le Cardinal Koovakad. En Israël, le Khalife et sa délégation ont été reçus par le vice-ministre des Affaires étrangères et le Président israélien, Isaac Herzog, selon Bachir Mbengue, assistant du Khalife de Bambilor.

Ce dernier a rappelé que le Khalife œuvre depuis toujours pour une fraternité religieuse et humaine : « Il a organisé plusieurs événements visant à promouvoir non seulement le dialogue interreligieux, mais surtout la coexistence harmonieuse. Aujourd’hui, cette entente est symbolisée par la présence de toutes les confessions musulmanes du Sénégal : les familles tidianes de Tivaouane, de Thiénaba, de l’Omarienne, ainsi que la communauté mouride. Le Sénégal est également représenté par sa communauté chrétienne, avec la participation du Père Zacharie de la congrégation des Spiritains et du Père Alphonse Ndour. Cela démontre le travail remarquable du Khalife pour valoriser l’exception sénégalaise, ce modèle unique de coexistence pacifique entre chrétiens, musulmans et autorités. »

Selon lui, depuis plusieurs années, les tournées diplomatiques du Khalife, en Asie et aux États-Unis, commencent systématiquement par une visite au Vatican, notamment au Dicastère pour le dialogue interreligieux, l’équivalent d’un ministère chargé de ces questions. « Depuis 3 à 5 ans, le Khalife y est accueilli chaleureusement et le dialogue interreligieux y est au cœur des échanges », a-t-il souligné.

Pour instaurer la paix, a-t-il ajouté, il est nécessaire que les chefs religieux, toutes confessions confondues, se donnent la main et dialoguent : « C’est cela la diplomatie religieuse. »

C’est dans ce même esprit qu’a eu lieu une audience avec le Pape François, à qui le Khalife a souhaité un prompt rétablissement. L’audience, sollicitée par le Khalife non pas pour sa personne mais au nom des communautés musulmane et chrétienne du Sénégal, a été marquée par un geste fort : le Khalife a symboliquement offert au Pape un “Tingadé”, un chapeau peulh. « Le Khalife a expliqué au Pape que, chez nous au Sénégal, musulmans et chrétiens vivent en harmonie, partageant même parfois des cimetières communs », a précisé Bachir Mbengue.

À l’issue de cette audience, le Pape a exprimé le souhait de voir toutes les communautés représentées, ce que le Khalife a respecté en invitant les différents Khalifes généraux du Sénégal, ainsi que ce qu’il appelle « le Khalife général des chrétiens ». Chaque autorité religieuse a ainsi désigné un plénipotentiaire pour prendre part à cette rencontre historique.

Le maire de Bambilor, présent dans la délégation, s’est félicité d’avoir pris part à cette mission : « C’est un honneur, en tant que collectivité territoriale, d’accompagner la vision du Khalife. Le Khalife dépasse Bambilor, mais nous, habitants de la commune, devons être les premiers à porter ce dialogue interreligieux. »

Pour sa part, le Père Zacharie Guirane Dione, provincial des Spiritains, a salué le modèle sénégalais de cohésion : « Le Sénégal a quelque chose d’unique à offrir au monde : son vivre ensemble. Le Khalife aime le dire : il ne s’agit plus simplement de dialogue interreligieux, mais de vivre ensemble. C’est une culture héritée de nos ancêtres. Monseigneur Gallagher l’a rappelé en évoquant le Cardinal Thiandoum. Des figures comme Serigne Ahmadou Bamba ou Serigne Abdoul Aziz Sy ont œuvré dans ce sens dès l’époque coloniale. »

Il s’est également réjoui des échanges intellectuels durant cette mission, notamment la visite au PISAI (Institut pontifical d’études arabes et d’islamologie), un centre académique dédié à l’étude de l’islam et de la langue arabe. « Là-bas, prêtres et religieux chrétiens apprennent l’islam et l’arabe. Cela favorise une meilleure compréhension mutuelle et une transmission fidèle des valeurs de paix de l’islam », a-t-il conclu.

La conférence de presse a aussi permis d’annoncer les préparatifs d’un Colloque International sur la diplomatie religieuse, prévu en avril prochain à Dakar. Selon Dr Demba Thiléle Diallo, enseignant-chercheur, ce projet bénéficie du soutien du Vatican et d’Israël. « Il s’agit d’un partenariat académique visant à former une nouvelle génération de leaders interreligieux. »

Il a précisé que ce colloque marquera une étape importante pour structurer, sur le plan épistémologique, cette discipline émergente : « Ce travail repose sur une réflexion approfondie menée par une équipe d’universitaires. Les déplacements du Khalife sont guidés par une stratégie bien pensée. »

Enfin, il a lancé un appel : « Cette mission ne pourra réussir sans l’implication des populations de Bambilor, mais aussi de tous les Sénégalais. »

Le Président Bassirou Diomaye Faye reçoit le Rapport annuel du Médiateur de la République

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu ce matin, au cours d’une cérémonie solennelle, le Rapport annuel du Médiateur de la République. Un moment symbolique qui, selon le chef de l’État, s’inscrit dans une tradition sénégalaise de dialogue et de concertation, indispensable pour faire face aux grands défis nationaux.

« Ce moment fort de notre vie institutionnelle incarne une tradition bien sénégalaise de dialogue et de concertation, essentielle pour bâtir des compromis dynamiques sur les grands enjeux nationaux », a-t-il déclaré sur ses réseaux sociaux.

Le Président de la République a également insisté sur l’importance des recommandations formulées dans ce rapport, en particulier celles portant sur la justice, la réforme foncière et l’amélioration de la qualité du service public. Il a souligné la convergence de ces propositions avec les priorités de son programme de transformation du pays.

« Les recommandations sur la justice, la réforme foncière et la qualité du service public convergent avec notre ambition de transformation. Leur mise en œuvre sera suivie avec rigueur pour renforcer la confiance entre l’État et les citoyens », a ajouté le chef de l’État.

Cette démarche traduit la volonté du nouveau régime de s’inscrire dans une gouvernance ouverte, participative et attentive aux préoccupations des citoyens. La remise de ce rapport constitue ainsi une étape importante dans la consolidation des institutions et la promotion d’un État plus à l’écoute de ses administrés.

Souveraineté numérique et entrepreneuriat : Ousmane Sonko appelle le secteur privé à soutenir les jeunes startups

Le Premier ministre Ousmane Sonko a lancé, ce jeudi, un vibrant appel au secteur privé national pour un engagement plus fort en faveur des jeunes startups et entrepreneurs. Il s’exprimait à l’occasion de la cérémonie de remise de chèques aux lauréats et finalistes du Gov’Athon 2024, un concours d’innovation qui met en lumière les talents émergents dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, du numérique, de l’artisanat, entre autres.

Selon le chef du gouvernement, la question de la souveraineté numérique est désormais incontournable, et elle passe impérativement par l’accompagnement des jeunes porteurs de projets innovants. « Ce que nous voyons aujourd’hui, ce sont des jeunes qui s’activent dans des secteurs clés de notre développement. Il est essentiel que le secteur privé national prenne sa part de responsabilité et s’implique davantage dans cette dynamique », a-t-il déclaré.

Au-delà du soutien de l’État, Ousmane Sonko plaide pour un véritable partenariat entre le monde de la recherche et le tissu économique local, afin de créer un écosystème favorable à l’émergence de solutions locales, durables et adaptées aux réalités du pays.

« La souveraineté numérique ne se décrète pas, elle se construit. Et elle se construira avec nos compétences, notre savoir-faire et notre capacité à innover », a-t-il ajouté, soulignant l’importance de la collaboration entre les institutions de formation, les centres de recherche et les entreprises privées.

Le Premier ministre a également salué les initiatives comme le Gov’Athon, qui permettent de révéler des talents, d’encourager la créativité et de poser les jalons d’une nouvelle économie numérique sénégalaise, résolument tournée vers l’avenir.

Bilan stratégique du nouveau gouvernement sénégalais (près d’un an de pouvoir)

Par, Dr. Abdourahmane Ba

Près d’un an après l’investiture du président Bassirou Diomaye Faye (avril 2024), le Sénégal dresse un premier bilan de l’action de son nouveau gouvernement. Élu sur une plateforme de rupture (anticorruption, souveraineté, justice sociale), Faye – appuyé par son mentor devenu Premier ministre, Ousmane Sonko – a entrepris des réformes tous azimuts. Ce bilan passe en revue les avancées, défis et critiques sectoriels, notamment en économie, gouvernance, développement social, infrastructures, politique énergétique/environnementale et diplomatie.

  1. Économie et finances publiques

1.1. Croissance et finances

Le nouveau pouvoir hérite d’une situation macroéconomique délicate. Un audit de la Cour des comptes révèle un endettement public de 99,7 % du PIB fin 2023 et un déficit budgétaire recalculé à 12,3 % du PIB (contre 4,9 % annoncé par l’ancien régime)​. Autrement dit, les comptes étaient plus dégradés qu’admis sous Macky Sall. Face à ce constat « particulièrement catastrophique et inquiétant », le gouvernement Sonko-Faye a opté pour la transparence et l’action plutôt que l’occultation​. Le Premier ministre Sonko a publiquement appelé à un « vrai sursaut » pour sortir les finances de l’ornière, tout en assurant qu’il n’imposerait pas de cure d’austérité brutale​.

En pratique, le ministre de l’Économie a martelé que la dette, bien qu’élevée, reste soutenable, en misant sur un rebond économique futur​. D’ailleurs, la Banque mondiale et le FMI anticipent un choc de croissance en 2025 (≈9-10 %), porté par l’entrée en production des ressources pétro-gazières​. Cette manne à venir – par exemple le champ pétrolier de Sangomar, exploité depuis mi-2024 et générant 950 millions US $ dont 15 à 40 % pour l’État​ – devrait booster le PIB et offrir de nouvelles marges de manœuvre.

1.2. Gestion budgétaire et réformes

Confronté à des comptes « dans le rouge », le gouvernement a pris des mesures d’économies ciblées plutôt que des coupes sociales. Pour réduire le train de vie de l’État, il envisage une baisse des salaires des ministres et dirigeants d’entreprises publiques, et a supprimé des organes jugés coûteux et redondants​. Dès décembre 2024, la nouvelle Assemblée a voté la dissolution du Conseil économique, social et environnemental (CESE) et du Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT), structures considérées comme « budgétivores » par le président Faye​.

Parallèlement, pour éviter un étranglement financier, l’exécutif innove en diversifiant ses sources de financement. Le budget 2025 introduit ainsi des « diaspora bonds », des obligations destinées aux Sénégalais de l’extérieur, afin de mobiliser l’épargne diaspora pour des projets d’infrastructure, de santé et autres secteurs prioritaires​. Cette approche est vue positivement par les milieux d’affaires, d’autant que le gouvernement multiplie les signaux de bonne gouvernance – comme la publication des audits et un discours de vérité sur la situation budgétaire​.

Des économistes saluent cette communication franche qui traduit la volonté d’« assainir les finances publiques » et peut rassurer investisseurs et bailleurs​. Par exemple, en février, Dakar a accueilli une rencontre entre l’APIX (agence de promotion des investissements) et le patronat français (Medef) pour encourager les affaires, signe que le Sénégal reste attractif malgré ses défis​. Toutefois, la conjoncture demeure tendue : l’agence Moody’s a abaissé la note souveraine sénégalaise à B3 fin février 2025, ce qui illustre la perte de confiance due aux déséquilibres persistants​. Le pouvoir doit donc réaliser un subtil équilibrage entre restauration de la soutenabilité budgétaire et maintien de la dynamique économique.

1.3. Réformes économiques sectorielles

Dans son programme de « transformation systémique », l’équipe Faye-Sonko met l’accent sur la souveraineté économique et la relance de secteurs clefs. L’agriculture en est un exemple : le Sénégal veut réduire sa dépendance alimentaire et mieux valoriser ses filières. Dès la première année, le gouvernement a soutenu les agriculteurs via l’épurement de leurs dettes, une distribution accrue et équitable de semences de qualité, ainsi qu’une hausse du prix plancher de l’arachide pour mieux rémunérer les paysans​. Cette dernière mesure répond à une revendication rurale, mais s’accompagne d’une politique plus interventionniste sur la filière arachidière.

À l’automne 2024, le ministre de l’Agriculture a brièvement annoncé la suspension des exportations d’arachide brute afin de privilégier la transformation locale et éviter que les acheteurs étrangers (notamment chinois) ne concurrencent la collecte nationale​. L’objectif est de sécuriser l’approvisionnement des huileries locales (Sonacos et autres) pour monter en gamme. Cependant, cette initiative a suscité l’inquiétude de nombreux producteurs, pour qui l’export direct assure des revenus supérieurs (300–500 FCFA/kg à l’export contre ~280 FCFA sur le marché intérieur la saison précédente)​. Face à la grogne sous les « arbres à palabres », le gouvernement a dû assouplir sa position​. Ce cas illustre la difficulté de concilier souveraineté économique et protection des revenus paysans à court terme.

En parallèle, l’État renégocie des accords internationaux jugés défavorables : ainsi, les accords de pêche avec l’Union européenne, permettant à des chalutiers étrangers dans les eaux sénégalaises, ont été revus pour réserver les 12 milles aux pêcheurs artisans et exiger une meilleure compensation écologique et financière​. C’était l’un des premiers actes posés par le gouvernement selon le président de l’Assemblée nationale​.

Globalement, la ligne directrice est de « reprendre en main » l’économie nationale (contrats miniers, pêche, grands projets) et d’accroître la part de valeur ajoutée captée localement. Cette orientation volontariste est saluée par les partisans du patriotisme économique, mais elle doit composer avec les réalités du marché et les partenaires en place. D’ailleurs, une frange du parti au pouvoir (PASTEF) insiste pour éviter toute « tentation austéritaire dictée par le FMI ou la Banque mondiale », avec une crainte d’un ajustement aux dépens du social​. Le pouvoir doit donc prouver qu’il peut restaurer les équilibres financiers tout en respectant ses promesses sociales et réformes de structure.

  1. Gouvernance et réformes institutionnelles

2.1. Lutte contre la corruption et transparence

Le leitmotiv du nouveau régime est la rupture avec les pratiques de gouvernance passées. Concrètement, dès avril 2024, le président Faye a ordonné une batterie d’audits dans presque toutes les structures publiques (pétrole, gaz, mines, finances, projets immobiliers, etc.)​. Les rapports d’audit des dernières années ont été publiés au grand jour et ont exposé des dérives financières sous Macky Sall et son entourage​. Par exemple, la Cour des comptes a pointé des dépenses sans base légale et des maquillages budgétaires de la présidence sortante​.

La nouvelle équipe a tenu à renforcer les mécanismes de contrôle pour prévenir le mésusage des deniers publics​. Cette transparence active – une première à cette échelle – est perçue comme un signal fort de gouvernance vertueuse. Néanmoins, les résultats concrets se font attendre : les audits sont en cours et leurs conclusions ne sont pas toutes connues après un an​. Le gouvernement promet des suites judiciaires en cas de malversations avérées, mais doit veiller à ce que la reddition de comptes ne tourne pas à la chasse aux sorcières politiques.

En interne, certains reprochent déjà au pouvoir d’agir de manière unilatérale sur certains cas sensibles. Un exemple cité est l’interdiction de sortie du territoire imposée à d’anciens barons (tel un beau-frère de l’ex-président) sans décision de justice formelle – une mesure défensive pour éviter des fuites, mais critiquée par l’opposition comme arbitraire. Malgré ces débats, de nombreux Sénégalais saluent l’élan anticorruption incarné par Faye et Sonko, d’anciens opposants farouchement engagés contre les scandales (affaires PétroTim, contrats gaziers, etc.) de l’ère précédente.

Les assises nationales sur la justice tenues fin 2024 ont également accouché d’une dizaine de recommandations pour renforcer l’indépendance judiciaire et l’état de droit​. Si le programme de refonte de la justice est encore en gestation, ces pas initiaux montrent une volonté d’attaquer la corruption à la racine – y compris via un projet de loi de protection des lanceurs d’alerte, promis avant mi-mai 2024 mais retardé depuis​. En somme, sur le front de la gouvernance, l’intention de rompre avec l’impunité est nette, mais le vrai test sera l’aboutissement effectif des poursuites et réformes institutionnelles annoncées.

2.2. Réformes institutionnelles et vie démocratique

Politiquement, la première année de Faye a été marquée par une reconfiguration majeure des institutions. Élu avec 54 % des voix dès le 1er tour (mars 2024)​, le nouveau président ne disposait initialement que d’une minorité parlementaire – son parti PASTEF et ses alliés n’ayant qu’une quarantaine de députés sur 165, contre une centaine pour la coalition du sortant. Cette cohabitation forcée a très vite paralysé l’action publique : l’ancienne majorité (Benno Bokk Yaakaar) a boycotté fin juin le débat d’orientation budgétaire, empêchant son adoption​. Elle a aussi bloqué des réformes emblématiques (refusant par exemple de voter la suppression du HCCT et du CESE en septembre)​.

Face à ce « culte du blocage » institutionnel​, Bassirou Faye a utilisé l’arme constitutionnelle à sa disposition : dissoudre l’Assemblée nationale dès que la loi l’autorisait (deux ans après les législatives de 2022, soit le 12 septembre 2024)​. Dans une allocution télévisée ce jour-là, il a convoqué des élections législatives anticipées le 17 novembre en demandant aux Sénégalais une nouvelle majorité pour « donner corps à la transformation systémique » promise​. Ce coup de théâtre, bien que prévisible, a suscité des réactions mitigées. Du côté du pouvoir, on invoquait la nécessité de lever les obstacles au changement voulu par le peuple.

L’opposition y a vu une manœuvre pour contourner le Parlement et éviter de justesse une motion de censure menaçant le PM Sonko (dont la Déclaration de politique générale, prévue le 13 septembre, a été court-circuitée par la dissolution la veille)​. Il n’en demeure pas moins que le processus fut légal et validé par le Conseil constitutionnel​. Le scrutin de novembre 2024 a débouché sur un raz-de-marée en faveur du parti présidentiel : les Patriotes du Sénégal (PASTEF) ont remporté 130 sièges sur 165​, reléguant loin derrière les coalitions d’opposition (16 sièges pour la liste pro-Macky Sall, 7 pour celle d’Amadou Ba, etc.​). Cette nouvelle Assemblée acquise au pouvoir depuis début 2025 a voté sans tarder les réformes bloquées auparavant (suppression du CESE/HCCT, budget 2025, etc.)​.

2.3.Renforcement démocratique

Paradoxalement, le recours à la dissolution – perçu initialement comme un passage en force – a abouti à redonner la parole au peuple et à clarifier le jeu démocratique. Le président Faye a désormais tous les leviers institutionnels alignés pour appliquer son programme, ce qui est plus conforme à l’esprit du quinquennat présidentiel. La stabilité politique s’en trouve renforcée, même si une opposition affaiblie dénonce une concentration excessive des pouvoirs.

À cet égard, certaines nominations administratives ont suscité des critiques : malgré la promesse de ruptures, le gouvernement a nommé plusieurs dizaines de directeurs d’agences et d’entreprises publiques sans appel à candidature, ce qui a maintenu des pratiques de patronage partisan. Ces entorses aux principes méritocratiques ont fait grincer des dents, y compris chez des soutiens de Faye attachés à plus de transparence. Le pouvoir s’en défend en invoquant l’urgence à combler les postes vacants et en soulignant que l’assainissement des institutions prime.

Par ailleurs, en signe d’apaisement, le nouveau président a prôné la réconciliation nationale après les tensions des années précédentes. Rappelons que lui-même et Ousmane Sonko ont bénéficié d’une amnistie politique in extremis (fin mars 2024) pour sortir de prison et pouvoir concourir​. Dans le même esprit, Faye a évoqué des réparations aux victimes des troubles 2019–2023 (manifestations réprimées) : une commission d’indemnisation devait voir le jour, mais sa création a pris du retard​. Quant aux opposants emblématiques du régime Sall condamnés par le passé (Khalifa Sall, Karim Wade), leur sort reste en suspens ; aucune amnistie élargie ne s’est matérialisée en 2024, ce qui alimente le débat sur une “justice sélective”.

En définitive, le bilan institutionnel du gouvernement Faye après un an est contrasté : volontarisme réformateur (nettoyage des agences, justice, parlementarisme restauré) mais aussi premières frictions (procédures expéditives, soupçons de favoritisme dans les nominations). La seconde année de mandat sera cruciale pour traduire les recommandations d’assises et légiférer sur les garde-fous promis (loi sur les lanceurs d’alerte, réforme du Conseil supérieur de la magistrature, etc.), afin de consolider un État de droit exemplaire comme annoncé.

Le président Bassirou Diomaye Faye, investi en avril 2024, a promis une gouvernance intègre et une « transformation systémique » du Sénégal. Un an plus tard, son gouvernement revendique des avancées en matière de transparence et de réformes, malgré les critiques sur la lenteur de certaines promesses.​

  1. Développement social (santé, éducation, emploi, social)

3.1. Politiques sociales et pouvoir d’achat

Répondre aux urgences sociales a été une priorité affichée dès les 100 premiers jours. Confronté à un coût de la vie élevé, le gouvernement a pris des mesures rapides pour soulager les ménages. Ainsi, dès juin 2024, il a imposé une baisse des prix sur plusieurs produits alimentaires de base (pain, huile, sucre, etc.)​. Cette initiative, saluée par la population, visait à honorer une promesse de campagne de Sonko et Faye de « casser » la vie chère par des subventions ou contrôles de prix.

De même, les tarifs de l’électricité ont été réduits en 2025 à la faveur de la baisse des coûts de production (consécutive à la renégociation de certains contrats énergétiques)​. Combinée à l’extension des branchements dans les zones mal desservies, cette mesure améliore directement le budget des foyers modestes.

En parallèle, le gouvernement a maintenu des programmes sociaux existants tels que les bourses de sécurité familiale ou la couverture maladie universelle et a garanti leur financement malgré les contraintes budgétaires. Aucune remise en cause brutale des filets sociaux de l’ère précédente n’a eu lieu – au contraire, l’équipe Faye cherche à accroître l’équité dans leur distribution.

L’eau potable a également fait l’objet d’un plan d’urgence : le projet « Eau potable pour tous » a été lancé pour intensifier les forages, châteaux d’eau et conduites dans les zones rurales et périurbaines, ce qui assure désormais un accès quotidien à l’eau à des milliers de foyers supplémentaires. Ces avancées concrètes améliorent la qualité de vie et renforcent la cohésion sociale, arguments que le pouvoir met en avant. Toutefois, certains chantiers sociaux annoncés patinent : par exemple, la création d’un mécanisme d’indemnisation des victimes des troubles politiques (2012–2023) est toujours en attente​, ce qui déçoit des familles endeuillées.

3.2. Santé et éducation

Sur le plan de la santé publique et de l’éducation, le nouveau gouvernement se heurte aux limites imposées par la crise financière de l’État. Les besoins sont immenses (hôpitaux, personnels, écoles, etc.) et les syndicats veillent au grain. En février 2025, le régime a fait face à sa première crise sociale : les médecins du secteur public se sont mis en grève pour réclamer des recrutements massifs, rapidement suivis par les enseignants du supérieur, exaspérés par le sous-effectif et le manque de moyens​.

Ces mouvements ont mis en lumière le dilemme du gouvernement : comment embaucher davantage de fonctionnaires et augmenter les salaires dans la santé/éducation, tout en tentant de réduire le déficit public ? Le ministre de l’Économie a assuré qu’il n’y aurait pas de coupes sombres dans les budgets sociaux et qu’au contraire, la dette serait réaménagée sans sacrifier les services essentiels​.

Un dialogue tripartite Gouvernement –Syndicats –Patronat a été initié fin février 2025 pour trouver des compromis, Sonko demandant aux syndicats de « mettre de côté un temps les grèves » le temps de redresser les comptes​. En réponse, quelques gestes ont été posés : déconcentration de certains recrutements, règlement de primes en retard, etc.

Le budget 2025 voté en décembre a aussi sanctuarisé des postes pour la santé et l’éducation, financés en partie par les économies réalisées ailleurs (train de vie de l’État) et par de nouveaux financements (emprunts ciblés, fonds de la Banque mondiale, etc.). Malgré cela, l’impatience sociale demeure. Les enseignants du primaire et secondaire attendent une revalorisation de leurs indemnités, pendant que les étudiants réclament de meilleures conditions pédagogiques.

Le gouvernement s’appuie sur les Assises de l’éducation (tenues juste avant l’alternance) pour guider ses actions, mais n’a pas encore lancé de grande réforme structurelle du système éducatif. Sur le front de la santé, il a promu la couverture maladie universelle bis (élargie aux personnes vulnérables non encore couvertes) et inauguré quelques centres de santé en zones rurales. Mais la promesse d’une refonte du système hospitalier attendra probablement le retour à plus de marge budgétaire.

En somme, le bilan social est mitigé : de bonnes intentions et quelques mesures symboliques (baisse des prix, accès eau/électricité) ont évité une grogne immédiate en 2024, mais les revendications de fond (emplois, salaires, qualité des services) persistent. Le défi pour Faye est de prouver que la rigueur budgétaire actuelle n’est que transitoire et que les fruits de la croissance future seront bien réinvestis dans le capital humain (écoles, hôpitaux, emplois jeunes) afin de réduire durablement la pauvreté (qui touche ~37% de la population) et le chômage des jeunes (presqu’un tiers des jeunes étaient sans emploi sous Macky Sall)​. Les attentes populaires restent élevées pour voir se concrétiser le slogan du « Sénégal nouveau » inclusif et solidaire.

  1. Infrastructures et aménagement du territoire

4.1. Grands projets et transports

Le nouvel exécutif s’est retrouvé à piloter des méga-projets hérités tout en imprimant ses priorités en matière d’infrastructures. Le Sénégal étant engagé dans l’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse 2026 (JOJ), le président Faye a exigé d’accélérer l’achèvement des chantiers liés à cet événement​. Lors du Conseil des ministres du 24 octobre 2024, il a enjoint le Premier ministre Sonko de « prendre toutes les mesures immédiates » pour livrer dans les délais les infrastructures sportives, de transport, touristiques et logistiques promises pour les JOJ​. Une coordination interministérielle renforcée a été mise en place afin de respecter scrupuleusement les cahiers des charges fixés avec le CIO​.

Concrètement, cela concerne la finition du complexe sportif olympique de Diamniadio, l’amélioration des voiries et du système de transport entre Dakar et Diamniadio, ainsi que la préparation d’infrastructures d’accueil (hébergements, centre de presse, etc.). Le chef de l’État a insisté sur la rigueur budgétaire et le respect des échéances, conscient que la vitrine des JOJ ne doit pas se faire au prix de dérapages financiers​.

Cette pression semble avoir porté ses fruits : fin 2024, plusieurs projets ont été remis sur les rails avec de nouveaux calendriers resserrés. Par exemple, la Phase 2 du Train Express Régional (TER) de Dakar (extension jusqu’au centre-ville et à l’aéroport) a bénéficié de l’arrivée de nouvelles rames en décembre 2024, ce qui rapproche l’objectif de desservir complètement Diamniadio avant 2026. De même, des routes d’accès et le viaduc vers le nouveau stade olympique ont été déclarés « priorité nationale ».

Le Ministre des Infrastructures a multiplié les visites de chantiers pour résoudre les blocages (expropriations, paiements d’entreprises) et activer les financements. On note que le gouvernement, malgré ses critiques initiales envers certains projets phares de l’ancien régime, n’a pas stoppé les grands travaux en cours : autoroutes Ila Touba et vers Saint-Louis, port de Ndayane, Bus Rapid Transit de Dakar, etc., sont tous poursuivis – avec l’ambition affichée de mieux en maîtriser les coûts et la qualité.

4.2. Aménagement du territoire et urbanisation

L’équipe Faye entend également corriger les déséquilibres territoriaux. Alors que l’ère Sall avait beaucoup misé sur Dakar et Diamniadio, le nouveau pouvoir parle de désenclavement des régions. Profitant des fonds dégagés via les « diaspora bonds » et de la future rente pétrolière, le gouvernement a annoncé vouloir investir dans les infrastructures de base en zones rurales (pistes, adductions d’eau, électrification)​. Les projets Eau pour tous et électricité rurale déjà mentionnés s’inscrivent dans cette vision.

En outre, l’État s’attaque à l’urbanisation anarchique qui menace l’environnement et la sécurité. Un exemple notable : dès mai 2024, le Président a ordonné la suspension de tous les chantiers de construction sur le domaine public maritime (côtes) le temps de vérifier leur conformité​. Cette décision a mis à l’arrêt des projets immobiliers littoraux potentiellement illégaux et en violation des normes environnementales. Une commission d’audit des titres fonciers côtiers a été créée, marquant la volonté de protéger le littoral de la bétonisation sauvage.

L’aménagement urbain durable figure également dans le discours : le gouvernement promet de revoir les plans directeurs des grandes agglomérations (Dakar, Thiès, Mbour, etc.) pour mieux organiser l’urbanisme, intégrer les transports en commun et éviter les inondations chroniques. Quelques actions concrètes ont été engagées : des études ont été lancées pour un schéma directeur de Grand Dakar intégrant logements sociaux et espaces verts, le projet de pôles urbains régionaux a été relancé afin de déconcentrer l’attractivité économique hors de Dakar, et une réforme du code de l’urbanisme a débuté pour clarifier les procédures de lotissement.

Toutefois, ces chantiers structurels en sont aux phases préparatoires. Sur le terrain, les Sénégalais ont surtout constaté la continuité des infrastructures visibles (routes, ponts, trains) et le ralentissement de certains projets non-essentiels le temps de la revue générale. Par exemple, le très coûteux projet de hub administratif de Diamniadio a été mis en veille d’évaluation, afin de prioriser des investissements jugés plus urgents (écoles, centres de santé dans les régions).

En somme, le bilan infrastructurel du gouvernement Faye combine des accomplissements notables (accélération des projets JOJ, extension des services de base dans les zones défavorisées) et une orientation plus équilibrée du développement territorial, mais aussi des défis persistants (bouclage du financement des grands projets sans creuser la dette, maîtrise de l’urbanisation galopante de Dakar, etc.). Les experts estiment que si la croissance annoncée se confirme grâce au pétrole/gaz, le Sénégal pourra simultanément moderniser ses infrastructures structurantes et améliorer le quotidien des populations, à condition de maintenir une gestion rigoureuse et inclusive des projets​.

  1. Politique énergétique et environnementale

5.1. Transition énergétique et souveraineté

Sur le front de l’énergie, le gouvernement navigue entre deux impératifs : exploiter les nouvelles ressources fossiles pour le développement économique et préparer la transition vers des énergies plus propres. Le président Faye a clairement affiché la priorité de la souveraineté énergétique. Il a chargé son ministre du Pétrole et des Mines de renégocier tous les contrats pétroliers et gaziers jugés désavantageux, « pour les aligner sur l’intérêt public »​. Cette renégociation dépend étroitement des audits lancés dès le lendemain de l’investiture dans le secteur extractif​.

En particulier, les conditions d’exploitation du gaz Grand Tortue Ahmeyim (offshore avec la Mauritanie) et du pétrole de Sangomar par des compagnies étrangères (BP, Woodside…) sont passées au crible. L’ambition est d’augmenter la part des revenus de l’État et de renforcer les retombées locales (contenu local, emplois). Pour autant, malgré les discours en faveur du climat, il n’est pas question de freiner l’essor de l’industrie pétrogazière naissante au nom de la réduction des émissions​.

Le Sénégal compte sur ces hydrocarbures pour financer son développement : le Premier ministre Sonko l’a assumé, expliquant que le pays doit utiliser cette manne comme levier de transformation économique​. En parallèle, le gouvernement promet d’accélérer les investissements verts. Le programme énergétique inclut un volet renouvelables avec le déploiement de nouvelles centrales solaires (par exemple à Touba et Kahone) et éoliennes, ainsi que la modernisation du réseau pour intégrer ces sources intermittentes.

Le ministre de l’Énergie a annoncé fin 2024 un objectif de 40 % d’électricité d’origine renouvelable d’ici 2030, tout en soulignant que le mix ne saurait être dicté de l’extérieur​. Dakar a ainsi pris l’engagement d’adhérer à un Partenariat pour une transition énergétique juste, soutenu par des pays développés, afin de mobiliser 2,5 milliards € en faveur du verdissement du secteur électrique. Cet engagement devrait être entériné lors des grandes conférences climatiques, ce qui reflète la volonté du Sénégal de s’imposer comme un modèle de transition en Afrique.

Concrètement, dès 2025, une enveloppe de l’Union européenne et de la France doit appuyer l’électrification rurale bas-carbone (mini-réseaux solaires) et la conversion de certaines centrales du fioul vers le gaz (moins émetteur). Ici encore, la ligne de crête du gouvernement est d’allier pragmatisme et ambition verte : utiliser le gaz domestique comme énergie de transition (pour réduire les coûteuses importations de fuel et charbon) tout en bâtissant progressivement un parc renouvelable conséquent.

Les ONG environnementales restent vigilantes et soulignent que les plans gouvernementaux privilégient encore la mécanisation agricole et l’usage des engrais chimiques, fortement consommateurs d’énergie fossile, au détriment d’une transition vers l’agroécologie à grande échelle. Elles appellent le pouvoir à mieux concilier sa stratégie d’industrialisation avec les impératifs climatiques globaux.

5.2. Protection de l’environnement et ressources naturelles

Le Sénégal de Faye fait face à d’importants défis environnementaux exacerbés par le changement climatique : désertification au nord, érosion côtière à l’ouest, salinisation des terres et raréfaction des poissons​. Durant la campagne, ces thèmes ont été relativement discrets, mais le nouveau président – qui vient d’un milieu rural – a intégré dans son programme quelques mesures d’adaptation. En agriculture, on note des initiatives pour la diversification des cultures (afin de réduire la monoculture d’arachide), la création d’un Observatoire du monde rural chargé d’alerter les agriculteurs en cas d’aléas climatiques (sècheresse, inondations)​, ainsi que la promotion du « consommer local ».

Ces orientations vont dans le sens d’une plus grande résilience climatique, estiment des experts, mais devront être concrétisées et amplifiées​. En effet, certains choix parallèles – comme continuer à subventionner massivement les engrais chimiques ou encourager la motorisation agricole sans précaution – semblent en contradiction avec l’objectif d’agriculture durable prôné par les scientifiques​. Le gouvernement devra préciser sa stratégie agroécologique s’il veut réellement préserver la fertilité des sols à long terme.

Sur le littoral et la mer, l’action la plus remarquée a été la lutte contre la surpêche. Comme mentionné, Faye a décidé de réserver les 12 milles nautiques aux pêcheurs artisanaux, ce qui a contraint les chalutiers industriels à s’éloigner des côtes. Il a également promis de rediscuter les accords de pêche UE pour mieux protéger les stocks halieutiques et obtenu le déploiement de récifs artificiels afin de favoriser la reproduction des poissons​. Les spécialistes saluent ces mesures comme des pas importants pour reconstituer des écosystèmes marins durement touchés (les captures de certaines espèces ont chuté de moitié en 20 ans). Toutefois, ils soulignent qu’il faudra un suivi strict : la réussite dépendra de la capacité à faire respecter les restrictions (lutte contre la pêche illégale) et à renforcer les moyens techniques des pêcheurs locaux, sans quoi la diminution des licences étrangères pourrait n’avoir qu’un effet limité​.

En matière de biodiversité terrestre, le gouvernement a promis d’étendre les aires protégées et de lutter contre la déforestation (notamment en Casamance). La participation active du Sénégal à l’initiative de la Grande Muraille Verte sahélienne se poursuit, avec des campagnes annuelles de reboisement. De plus, Faye a insisté sur la « santé des écosystèmes » dans une approche Une Seule Santé, reliant la protection de la nature à celle des communautés humaines​. Des projets pilotes d’agroforesterie et de conservation des mangroves ont été relancés en collaboration avec des ONG locales.

Globalement, le bilan environnemental après un an montre une prise de conscience progressive au sommet de l’État : ce qui était un angle mort de la campagne tend à devenir un volet non négligeable de l’action publique. La nomination en 2024 d’un ministre de l’Environnement engagé (un ancien cadre d’ENDA Pronat) et l’intégration de la dimension climatique dans la Vision Sénégal 2050 confirment cette évolution. Cependant, les critiques estiment que les investissements “verts” demeurent modestes comparés aux dépenses engagées dans les hydrocarbures ou les infrastructures classiques.

Le président Faye a beau proclamer vouloir « épargner aucun effort pour l’unité africaine et l’indépendance nationale » y compris sur le plan environnemental​, il devra arbitrer entre des intérêts parfois divergents : par exemple, autoriser ou non de nouvelles explorations minières dans des zones écologiquement sensibles (le débat se pose pour le zircon de Casamance). Pour l’heure, la feuille de route environnementale se précise : freiner les abus (pêche prédatrice, constructions illégales), adapter l’agriculture et capitaliser sur la transition énergétique juste. Le véritable test sera la mise en œuvre soutenue de ces politiques sur le moyen terme, au-delà de l’effet d’annonce.

  1. Relations internationales et diplomatie

6.1. Positionnement régional et panafricain

Le changement de leadership à Dakar a eu des répercussions notables sur l’orientation diplomatique du Sénégal. Bassirou Diomaye Faye, dans son discours d’investiture, a juré de défendre « l’indépendance nationale » et de travailler à « l’unité africaine »​. Ce credo panafricaniste s’est traduit symboliquement par le changement de nom du ministère des Affaires étrangères, rebaptisé Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères​.

L’accent est mis sur la coopération régionale : le Sénégal version Faye veut renforcer la CEDEAO et l’Union africaine, et privilégier le règlement africain des crises africaines. Par exemple, lors du sommet extraordinaire sur le Niger (coup d’État de 2023), Dakar, autrefois aligné sur une ligne dure sous Macky Sall, a adopté une posture plus nuancée en privilégiant le dialogue et une solution négociée. De même, les relations avec les voisins jadis froides (Mali, Guinée) montrent des signes de dégel : les nouveaux dirigeants de ces pays, hostiles à l’ordre régional ancien, voient d’un bon œil l’arrivée d’un pouvoir sénégalais moins inféodé aux puissances occidentales.

Faye a ainsi rétabli des canaux de discussion avec Bamako et Conakry, en mettant l’accent sur la solidarité sahélienne pour renforcer la lutte antiterroriste et la stabilité sous-régionale. Son gouvernement a aussi intensifié les échanges avec la Gambie et la Mauritanie (coopération transfrontalière et énergétique, notamment pour le gaz offshore commun). Ce repositionnement afro-centré vise à asseoir le Sénégal en leader régional progressiste, aux côtés d’autres figures du renouveau politique africain.

Sur la scène continentale, le président sénégalais soutient activement l’agenda 2063 de l’UA et plaide pour une représentation accrue de l’Afrique dans la gouvernance mondiale (il appuie par exemple la demande d’un siège de l’UA au G20, obtenue en 2023, et la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU).

6.2. Alliances et nouveaux partenariats

Tout en réaffirmant son ancrage africain, le Sénégal de Faye n’entend pas rompre ses alliances traditionnelles, mais souhaite les rééquilibrer sur la base du respect mutuel. « Le Sénégal restera l’allié sûr et fiable de tout pays… respectueux », a déclaré le nouveau président après son élection​. Ce message s’adressait tant aux partenaires occidentaux (France, UE, États-Unis) qu’aux puissances émergentes (Chine, Turquie, pays du Golfe).

En pratique, la coopération militaire avec la France et les États-Unis se poursuit (exercices conjoints, base française de Ouakam maintenue), mais Dakar affiche une plus grande autonomie de ton. Par exemple, le gouvernement a exprimé sa volonté d’autonomie monétaire vis-à-vis du Trésor français : le ministre de l’économie Abdourahmane Sarr a appelé à plus d’indépendance pour la BCEAO (banque centrale de l’Union ouest-africaine) et à une politique monétaire plus adaptée aux besoins locaux​. Cela s’inscrit dans le projet à moyen terme de la monnaie ECO ou d’une réforme du franc CFA, en coordination avec les autres pays de l’UEMOA.

Sur le plan économique, le Sénégal cherche à diversifier ses investisseurs et alliés. En octobre 2024, le président Faye s’est rendu au forum d’affaires de Riyad (FII) où il a présenté la Vision Sénégal 2050 axée sur industrialisation, infrastructures et transition énergétique, et a invité les investisseurs internationaux (notamment saoudiens) à y prendre part​. Cette ouverture proactive vers le Moyen-Orient a déjà débouché sur des promesses d’investissements saoudiens et émiratis dans l’agro-industrie et la logistique au Sénégal.

De même, Dakar renforce ses liens avec la Turquie (chantier de coopération portuaire), la Chine (infrastructures et importation d’arachide, bien que Faye veuille rééquilibrer les termes de cet échange) et le Maroc (partenariats dans la formation professionnelle). Avec l’Union européenne, les relations demeurent bonnes mais sur un nouveau pied d’égalité : la révision des accords de pêche en est un exemple concret, et l’UE a par ailleurs accueilli favorablement les efforts anticorruption de Faye en promettant un soutien technique.

L’administration Faye-Sonko mise aussi sur sa diaspora comme relai diplomatique et économique. L’émission de diaspora bonds​, en plus d’un outil financier, est un moyen d’engager la diaspora dans le développement national et de renforcer les liens entre le Sénégal et ses ressortissants à l’étranger (quelque 3 à 4 millions de personnes). Le ministère des Sénégalais de l’extérieur a été rattaché à la présidence pour accentuer cette priorité.

6.3. Impact sur les politiques nationales

La nouvelle diplomatie a déjà des répercussions internes. Par exemple, la quête de financements alternatifs via le Golfe a permis de nouer des accords qui alimenteront des projets sociaux (un fonds koweïtien finance actuellement des forages dans le nord, suite à des discussions entamées en 2024). Le positionnement panafricaniste, lui, conforte la légitimité du gouvernement auprès d’une jeunesse sénégalaise sensible aux discours de souveraineté et de dignité.

En revanche, ce positionnement peut parfois inquiéter les milieux économiques traditionnels : certaines entreprises françaises ou occidentales s’interrogent sur la pérennité de leur accès au marché sénégalais. Jusqu’ici, Faye a veillé à ne pas envoyer de signal négatif aux investisseurs étrangers établis ; au contraire, il les a rassurés sur la stabilité des affaires tout en insistant qu’il n’hésiterait pas à défendre les intérêts du pays en cas de contrat léonin. Dans les faits, aucune expropriation ni rupture unilatérale de contrat n’a eu lieu pendant cette première année, malgré la rhétorique parfois sourcilleuse.

Un équilibre semble se dessiner : le Sénégal veut “décoloniser” sa politique étrangère sans tomber dans l’isolement. Il se pose en partenaire indépendant, capable de dire non (par ex. vote à l’ONU où Dakar a maintenu une ligne non-alignée sur certains dossiers) mais aussi en allié actif lorsqu’il s’agit de principes partagés (démocratie, lutte contre le terrorisme, climat). À ce titre, Faye a soutenu sur la scène internationale des causes panafricaines comme la lutte pour la restitution des avoirs illicitement placés à l’étranger ou l’annulation de la dette africaine – des thèmes qui rejoignent ses politiques internes d’assainissement financier et de justice sociale.

En résumé, après un an de pouvoir, le bilan diplomatique du gouvernement Faye se caractérise par un rééquilibrage des partenariats (moins de dépendance vis-à-vis de l’ancienne métropole, plus d’ouverture vers d’autres horizons)​, et par une mise en cohérence de la politique extérieure avec le projet national de souveraineté. Cela a globalement renforcé l’image du Sénégal sur la scène africaine, où il apparaît désormais comme un acteur de la nouvelle vague de dirigeants soucieux de « refonder le pacte post-colonial ». Les défis demeurent de préserver les investissements et l’aide précieuse des partenaires traditionnels tout en affirmant une voix autonome. Mais aux yeux de nombreux observateurs, Dakar réussit pour l’instant à rester ce « partenaire fiable » qu’il revendique, sans renier l’esprit de changement qui l’a porté au pouvoir​

  1. Conclusion

Le nouveau gouvernement sénégalais affiche un bilan contrasté mais non négligeable après un an d’exercice. Parmi les avancées, on compte la restauration de la transparence budgétaire, des mesures pro-pouvoir d’achat et anti-corruption, la remise en marche des institutions (avec une solide majorité parlementaire) et une diplomatie plus affirmée. La croissance économique s’annonce vigoureuse grâce aux ressources naturelles, et l’exécutif a posé des jalons pour que ces richesses profitent davantage au pays​.

Cependant, les défis sont tout aussi clairs : redresser des finances exsangues sans briser l’élan social, concrétiser les réformes légales promises, satisfaire des attentes populaires énormes en matière d’emploi, de services publics et de gouvernance exemplaire. Les critiques pointent la lenteur ou l’absence de certains changements annoncés (loi sur les lanceurs d’alerte retardée, nominations controversées, résultats tangibles des audits encore attendus), ainsi qu’un risque de dérives autoritaires malgré le vernis démocratique (accaparement de tous les pouvoirs par le parti au pouvoir).

Néanmoins, au regard de l’ampleur des obstacles hérités, la coalition Faye-Sonko a su éviter l’instabilité et maintient le cap de son projet de « Sénégal nouveau, souverain, juste et prospère », selon ses propres termes​. La deuxième année de mandat sera décisive pour transformer l’essai : il lui faudra accélérer la mise en œuvre des réformes socio-économiques et institutionnelles, tout en continuant de fédérer les énergies (administration, secteur privé, partenaires extérieurs) autour de sa vision stratégique. Les Sénégalais, de leur côté, continueront d’exercer leur vigilance citoyenne pour que le changement promis reste au service du peuple, dans la tradition d’une démocratie sénégalaise vivante et exigeante.

Dr. Abdourahmane Ba
Expert en Développement International, Évaluation des Politiques publiques, Suivi et Évaluation de Programmes

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Proposition de loi sur l’amnistie : Ayib Daffé clarifie la position de Pastef

Le président du groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes, Ayib Daffé, a apporté des précisions importantes sur la nature de la proposition de loi déposée récemment par le député Amadou Ba, membre du même groupe. Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi, il a tenu à dissiper les confusions qui persistent dans l’opinion publique concernant le contenu de cette initiative parlementaire.

Selon lui, la proposition de loi introduite n’est ni une abrogation partielle ni une abrogation totale de la loi d’amnistie, comme cela a été souvent interprété à tort. Il s’agit, a-t-il souligné, d’une “proposition de loi portant interprétation de la loi d’amnistie”, avec pour objectif de lever toute ambiguïté sur l’application de cette loi controversée.

“L’enjeu est de garantir la justice et la transparence dans l’interprétation de cette loi, dont les contours restent flous pour une grande partie des citoyens”, a déclaré Ayib Daffé. Il a ainsi réaffirmé l’attachement de Pastef à des principes clairs en matière d’État de droit, et sa volonté de défendre une lecture rigoureuse des textes législatifs.

Cette démarche, selon le groupe parlementaire, vise à éviter que des interprétations sélectives ou partisanes de la loi d’amnistie ne compromettent la quête de vérité et d’équité, notamment pour les victimes d’injustices ou d’abus.

Pastef entend ainsi jouer un rôle actif dans le débat parlementaire, en appelant à un examen approfondi de la loi d’amnistie, dans le respect des principes démocratiques.

Le FRAPP lance un front multi-lutte pour défendre les travailleurs et les victimes de spoliations foncières

Le Front pour une révolution anti-impérialiste, populaire et panafricaine (FRAPP) a officiellement lancé, ce mercredi 20 mars 2025, un front multi-lutte réunissant 49 collectifs issus du monde du travail, des syndicats et de groupes de victimes de spoliations foncières.

Lors d’une conférence de presse tenue à Dakar, le mouvement a réaffirmé son engagement en faveur des travailleurs, des syndicats et des populations lésées, dans une dynamique de justice sociale, de réparations et de reddition des comptes.

Guy Marius Sagna, député à l’Assemblée nationale et secrétaire exécutif du FRAPP, a présenté les objectifs de ce nouveau front, né d’une volonté de mutualiser les luttes sociales et citoyennes. « Ce front multi-lutte a pour objectif d’impulser des réparations pour les injustices foncières, environnementales et celles vécues en milieu de travail », a-t-il déclaré.

Le leader du FRAPP a notamment évoqué les cas emblématiques de collectifs comme ceux de la SIAS, Ama Sénégal ou encore Sotrac, qui, selon lui, subissent des oppressions depuis plusieurs décennies sans que justice ne soit rendue.

Dans un contexte de transition politique et d’espoirs nourris par l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko, le FRAPP appelle les nouvelles autorités à passer à l’acte. « Nous allons rencontrer le gouvernement pour assurer un suivi rigoureux des difficultés rencontrées par nos membres. Il faut que les promesses de justice et de réparations deviennent des réalités concrètes », a insisté Guy Marius Sagna.

Le mouvement entend également engager un dialogue direct avec les ministères concernés pour un travail de monitoring et de suivi des différents dossiers. Il souligne aussi l’urgence de récupérer les ressources détournées, qui devraient initialement servir à indemniser les victimes. « Une partie des fonds destinés à nos membres a été détournée. Il est donc essentiel de récupérer ces ressources pour financer les réparations », a martelé le député.

Le FRAPP appelle enfin tous les citoyens engagés à rejoindre ce front multi-lutte afin de renforcer la pression pour faire aboutir les revendications. Le mouvement espère obtenir une audience rapide auprès des autorités pour enclencher des réponses concrètes aux injustices subies.

Seydi Gassama alerte sur les risques pour les participants au débat public et plaide pour une réforme des lois sur la liberté d’expression

Dans un message publié ce mercredi sur le réseau social X (anciennement Twitter), Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a tiré la sonnette d’alarme sur les dangers qui pèsent sur les citoyens engagés dans le débat public. Il met en garde contre les poursuites judiciaires auxquelles peuvent être exposés ceux qui prennent la parole dans l’espace public, souvent sous le coup de l’émotion ou de la passion.

« Toute personne qui s’y engage risque, sous l’emprise de l’émotion ou de la passion, un dérapage verbal, pouvant mener à des poursuites pour diffamation, injures publiques, offense ou diffusion de fausses informations », écrit-il dans sa publication.

Face à cette menace, Seydi Gassama appelle à une réforme urgente du cadre juridique encadrant la liberté d’expression au Sénégal. Il plaide pour la suppression des peines privatives de liberté dans les cas de diffamation, d’injures ou de diffusion de fausses informations. « Il faut supprimer les peines privatives de liberté pour ces infractions et privilégier des sanctions pécuniaires », estime-t-il.

Selon le défenseur des droits humains, une telle réforme permettrait de trouver un juste équilibre entre la nécessité de sanctionner les abus de langage et celle de garantir le droit fondamental à la liberté d’expression. « Cela permettrait de préserver ce droit essentiel sans risquer l’incarcération pour des mots prononcés dans le feu de la discussion », insiste-t-il.

Moustapha Cissé Lô s’insurge contre son inclusion dans la liste du Secrétariat exécutif de l’APR : “Je n’ai pas été consulté”

L’ancien président du Parlement de la CEDEAO, Moustapha Cissé Lô, a vivement réagi suite à son inscription dans la liste du Secrétariat exécutif national (SEN) de l’Alliance pour la République (APR). Dans une sortie remarquée, il a exprimé son profond désaccord, dénonçant une décision prise sans son consentement ni une quelconque consultation préalable.

“Je n’ai été ni informé ni consulté par le président Macky Sall à ce sujet”, a-t-il martelé, soulignant qu’une telle démarche constitue un manque de respect à son égard. Pour Cissé Lô, toute décision engageant son nom ou impliquant son adhésion au fonctionnement du parti devrait faire l’objet d’un échange direct, surtout au regard de son parcours et de son statut au sein de l’APR.

L’ancien député, connu pour ses prises de position tranchées, n’a pas mâché ses mots. Il a rappelé que sa loyauté ne saurait être tenue pour acquise sans une communication claire et formelle de la part des instances dirigeantes du parti. “Ce n’est pas en inscrivant un nom sur une liste que l’on obtient un soutien. Il y a des principes à respecter”, a-t-il ajouté.

Cette sortie de Moustapha Cissé Lô intervient dans un contexte politique tendu, à quelques jours de l’élection présidentielle, et alors que l’APR tente de resserrer les rangs autour de ses figures historiques. Son message semble clair : il refuse d’être instrumentalisé sans être partie prenante des décisions.

Liberté de la presse menacée au Sénégal : le CDEPS alerte sur une tentative de mise sous tutelle du secteur médiatique

Le Conseil des Éditeurs et Diffuseurs de Presse du Sénégal (CDEPS) tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de tentative de mise sous contrôle du secteur médiatique par les autorités sénégalaises. Dans un communiqué relayé par Sud Quotidien, le CDEPS dénonce une série de mesures « brutales et inouïes » qui, selon lui, portent atteinte aux fondements de la liberté de la presse dans le pays.

Parmi les faits les plus préoccupants, le CDEPS pointe du doigt les agissements de Télédiffusion sénégalaise (TDS-SA), accusée d’avoir interrompu ou dégradé le signal de quatorze chaînes de télévision locales, invoquant des retards de paiement supposés. Ces coupures auraient été effectuées sans préavis ni recours possible, créant ainsi une situation d’instabilité pour de nombreuses entreprises de presse audiovisuelle.

Le CDEPS signale également que plusieurs médias ont reçu des injonctions fermes leur ordonnant de cesser immédiatement leurs activités, au motif de non-conformité administrative. Ces médias s’exposeraient désormais à des poursuites pénales, ce que les responsables du CDEPS considèrent comme une volonté manifeste de criminaliser l’activité de presse.

« Cette logique de contrainte administrative semble cacher une volonté plus profonde : celle de soumettre les médias au bon vouloir du pouvoir politique, en remettant en question leur indépendance et leur rôle de contre-pouvoir », a déclaré Mamadou Ibra Kane, président du CDEPS, dans le communiqué.

Le CDEPS déplore également un manque de respect des principes fondamentaux tels que la séparation des pouvoirs et les règles de régulation de la presse, pourtant inscrits dans la Constitution sénégalaise et le Code de la presse. Le Conseil rappelle qu’un recours a été introduit en septembre 2024 contre l’arrêté portant création de la Commission d’examen et de validation des entreprises de presse, mais aucune réponse n’a été apportée à ce jour par les autorités.

Face à cette situation jugée alarmante, le CDEPS annonce une série d’actions fortes pour défendre la liberté de la presse. Parmi celles-ci, un rassemblement symbolique est prévu le 3 mai, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Le Conseil appelle également à une mobilisation générale, sollicitant l’appui des citoyens, de la société civile, des organisations de défense des droits humains et de la communauté internationale pour faire barrage à ces mesures jugées arbitraires et liberticides.

Le CDEPS insiste sur la nécessité de préserver un environnement médiatique libre, pluraliste et indépendant, garant de la démocratie et de l’État de droit au Sénégal.

Sénégal – Mission du FMI à Dakar : menace ou opportunité ?

Le Fonds monétaire international (FMI) a dépêché, ce 18 mars, une mission technique à Dakar. Objectif : rencontrer le ministre de l’Économie, Abdourahmane Sarr, et celui du Budget, Cheikh Diba, pour examiner en profondeur l’audit récemment publié par la Cour des comptes du Sénégal. Cette visite intervient dans un contexte économique tendu, marqué par des révélations alarmantes sur le niveau réel d’endettement du pays.

Il y a quelques semaines, le Premier ministre Ousmane Sonko avait jeté un pavé dans la mare en révélant que la dette publique du Sénégal avait été sous-estimée. Le rapport de la Cour des comptes est venu conforter cette déclaration, en révélant une dette frôlant les 100 % du produit intérieur brut (PIB), bien au-delà des chiffres officiels communiqués précédemment.

Ces nouvelles données ont conduit le FMI à examiner de près la situation. L’institution, qui avait déjà suspendu son programme de soutien au Sénégal – un accord de 1,8 milliard de dollars signé en 2023 sous l’ancien président Macky Sall, dont 770 millions avaient déjà été décaissés –, semble aujourd’hui vouloir réévaluer sa position à l’aune de ces nouvelles informations.

Selon Jeune Afrique, le FMI aurait exprimé une vive inquiétude face à l’ampleur de la dette sénégalaise. Avant même la publication du rapport de la Cour des comptes, l’institution s’était rapprochée de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pour obtenir des clarifications sur la santé financière du pays. Cette démarche souligne le niveau de vigilance du FMI et le sérieux des signaux d’alerte.

Le risque est clair : un pays dont la dette atteint un tel niveau pourrait rencontrer de grandes difficultés pour lever des fonds sur les marchés ou bénéficier de nouveaux financements internationaux. Cela pourrait freiner la mise en œuvre des projets du nouveau gouvernement.

Mais cette mission n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle pour Dakar. Si le FMI valide les nouveaux chiffres communiqués par les autorités sénégalaises et obtient des garanties sur une meilleure gestion des finances publiques, un nouveau programme pourrait être lancé.

« Une fois que nous aurons terminé l’examen du dossier, nous ferons un retour à notre conseil d’administration, qui statuera », a confié un porte-parole du FMI au journal panafricain. Les partenaires diplomatiques du Sénégal, eux, espèrent un compromis rapide. Certains plaident déjà pour une dérogation permettant de débloquer des fonds dès avril, afin de soutenir les projets du gouvernement en place.

L’arrivée du FMI à Dakar s’inscrit dans un moment décisif pour le Sénégal. Certes, l’état des finances publiques suscite de vives préoccupations, mais cette mission pourrait également ouvrir la voie à une meilleure transparence budgétaire et à un redémarrage des relations financières internationales. Le pays est suspendu aux conclusions de cette mission, qui pourraient, à court terme, peser lourdement sur son avenir économique.

Aziz Ndiaye persiste et signe : « À ce rythme, les prix baisseront davantage »

Alors que ses propos sur une baisse prochaine des prix des denrées de première nécessité ont suscité une vive polémique, Aziz Ndiaye ne fléchit pas. Ciblé par des critiques virulentes de certains chroniqueurs, l’homme d’affaires est monté au créneau pour défendre ses déclarations et clarifier sa position.

« Je ne suis ni journaliste ni chroniqueur. Je suis un opérateur économique et je maîtrise très bien le secteur. À ce rythme, les prix baisseront davantage », a-t-il déclaré avec assurance, balayant les attaques dont il fait l’objet.

Aziz Ndiaye met en avant les efforts du gouvernement pour soulager les ménages face à la cherté de la vie. Selon lui, les autorités ont consenti à de nombreux sacrifices, notamment en prenant en charge une part importante des taxes sur les produits de grande consommation. Ces mesures, affirme-t-il, visent à atténuer l’impact de la conjoncture économique sur le panier de la ménagère.

L’homme d’affaires appelle à une lecture objective de la situation et insiste sur la nécessité de reconnaître les initiatives en cours. « Le gouvernement agit. Il y a une dynamique, et si elle se poursuit, les prix continueront à baisser », soutient-il.

Chantiers inachevés : Le Président appelle à un changement de méthode dans la gestion des infrastructures publiques

Le Président de la République a exprimé, ce mercredi 19 mars, lors du Conseil des ministres, sa vive préoccupation face à la persistance des chantiers inachevés à travers le pays. Ces retards, qui touchent des secteurs névralgiques tels que l’éducation, la santé, l’énergie, les infrastructures routières et les équipements sportifs, freinent le développement socio-économique et compromettent l’amélioration des conditions de vie des populations.

Face à cette situation, le Chef de l’État a instruit le Premier ministre de procéder à un recensement exhaustif de tous les chantiers en souffrance, ministère par ministère. Cette démarche vise à dresser un état des lieux précis de l’avancement des projets, afin d’identifier les blocages et de proposer des solutions concrètes pour leur finalisation, dans le strict respect des règles des marchés publics et des procédures de l’Agence judiciaire de l’État.

Au-delà de la question des chantiers, le Président a également insisté sur la nécessité de revoir les méthodes de mise en œuvre des politiques publiques. Il a appelé à une évaluation approfondie des programmes de développement en cours, notamment le Programme d’Urgence de Développement Communautaire (PUDC), PROMOVILLES, le Programme National de Développement Local (PNDL) et le Programme d’Urgence de Modernisation des Axes et Territoires frontaliers (PUMA).

L’objectif est de renforcer la coordination et la mutualisation des interventions de ces différents programmes, afin de favoriser une meilleure territorialisation des politiques publiques et une optimisation des investissements réalisés. Le Chef de l’État souhaite ainsi impulser une nouvelle dynamique dans la gouvernance des projets publics, en mettant l’accent sur l’efficacité, la transparence et la redevabilité.

Fédération Sénégalaise de Karaté : Les Présumés Détourneurs de Fonds Dos au Mur

Les présumés auteurs de détournements de fonds publics au sein de la Fédération Sénégalaise de Karaté sont désormais face à la justice. Placés en garde à vue le mardi 18 mars 2025 dans les locaux de la Division des Investigations Criminelles (DIC), ils ont été transférés au commissariat du Port, où ils ont passé la nuit avant de comparaître ce mercredi devant le juge du troisième cabinet du tribunal hors classe de Dakar.

La justice leur a offert une alternative : une forme de médiation pénale, à condition de verser une caution collective de 37 millions de francs CFA au plus tard ce jeudi 20 mars 2025. Faute de quoi, ils risquent d’être placés sous mandat de dépôt.

Alors que le président de la Ligue Régionale de Karaté de Dakar, M. Bescaye Diop, n’a cessé de dénoncer la mauvaise gestion des fonds publics au sein de la FSKDA, cette affaire marque un tournant majeur dans la lutte contre l’impunité.

Derrière les murs du commissariat central de Dakar, les mis en cause jouent désormais leur dernière carte — ou leur dernier kata — pour éviter la case prison.

A.Saleh

Escroquerie sur les fonds Covid-19 : le comédien Moussa Seck placé sous mandat de dépôt

L’artiste-comédien Moussa Seck est au cœur d’un scandale financier retentissant. Il a été inculpé et placé sous mandat de dépôt par le juge du cinquième cabinet financier pour escroquerie portant sur les deniers publics, faux et usage de faux.

Selon le journal Libération, cette arrestation fait suite à une enquête de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), qui a mis à jour une vaste opération frauduleuse liée à la convention État-employeurs, mise en place durant la période de la pandémie de Covid-19 pour soutenir les entreprises impactées.

Moussa Seck est accusé d’avoir monté un faux dossier comportant des employés fictifs, ce qui lui a permis de percevoir indûment la somme de 8,8 millions de francs CFA versée par l’État. La Division des investigations criminelles (DIC) l’a interpellé avant de le présenter au Pool judiciaire financier (PJF), ce mercredi 19 mars, suite à un mandat d’amener émis dans le cadre de l’information judiciaire ouverte après le rapport accablant de l’Ofnac.

Le comédien n’est d’ailleurs pas le seul mis en cause dans cette affaire. Deux autres personnes avaient déjà été inculpées pour concussion, selon les informations de Libération. L’enquête suit son cours, mais les premiers éléments laissent présager un scandale aux ramifications profondes, susceptible d’éclabousser plusieurs autres bénéficiaires frauduleux de cette convention.

L’affaire suscite déjà de vives réactions dans le milieu artistique et au sein de l’opinion publique, tant elle jette une ombre sur l’intégrité de certaines figures médiatiques bénéficiant de la confiance du public.

Polémique autour des propos du porte-parole du gouvernement sur le décès de Mamadou Moustapha Ba : Madiambal Diagne réagit vivement

La sortie du porte-parole du gouvernement, Moustapha Sarré, continue de faire des vagues au sein de l’opinion publique. En réaction à ses propos jugés ambigus sur les circonstances du décès de l’ancien ministre des Finances, Mamadou Moustapha Ba, le journaliste Madiambal Diagne n’a pas tardé à exprimer son indignation.

Dans un tweet publié mercredi, Madiambal Diagne a critiqué la teneur des déclarations de Moustapha Sarré, estimant qu’elles laissaient entendre que les autorités françaises — pays où le défunt est décédé — auraient couvert un acte criminel.

« Cette affirmation, du porte-parole du gouvernement du Sénégal, laisserait croire que les autorités de la France, pays où Moustapha Ba est mort, auraient fermé les yeux sur un meurtre ! », a écrit le journaliste, visiblement préoccupé par la gravité d’une telle insinuation.

Face à la polémique, Moustapha Sarré a tenté de nuancer ses propos à travers un post sur les réseaux sociaux, évoquant des manipulations et une mauvaise interprétation de ses déclarations. Pourtant, l’affaire continue de susciter de vives réactions, et son nom reste au cœur des discussions.

Plus inquiétant encore, les avocats de la veuve de Mamadou Moustapha Ba ont réclamé l’audition immédiate du porte-parole du gouvernement, exigeant qu’il fournisse les preuves de ses allégations. Ils estiment que de tels propos, s’ils ne sont pas étayés, sont de nature à semer le doute et à blesser la mémoire du défunt ainsi que sa famille.

Cette affaire met une fois de plus en lumière la responsabilité des autorités publiques dans la maîtrise de leur communication, surtout lorsqu’il s’agit de sujets aussi sensibles que le décès d’une personnalité publique.

Alors que l’émotion reste vive, une clarification officielle du gouvernement est attendue pour calmer les esprits et éviter tout malentendu diplomatique ou judiciaire.

Conseil des ministres du 19 mars : Trois grandes priorités fixées par le gouvernement

Réuni ce mardi 19 mars, le Conseil des ministres s’est penché sur trois axes majeurs pour accélérer les réformes structurelles et répondre aux attentes sociales pressantes : la relance des chantiers publics, l’emploi des jeunes et la modernisation du système des retraites.

Relance des chantiers publics : remettre l’État bâtisseur en mouvement

Le président de la République a exprimé sa volonté de donner un nouveau souffle aux projets d’infrastructures. Il a ainsi instruit le gouvernement de recenser et relancer tous les chantiers publics inachevés, en priorisant ceux à fort impact pour les populations.

Une évaluation approfondie des grands programmes de développement territorial, notamment le PUDC, PROMOVILLES, PNDL et PUMA, est également prévue afin d’identifier les axes d’amélioration.

Par ailleurs, l’État entend optimiser le fonctionnement des agences publiques telles que l’ACBEP, l’ADM et l’AGETIP, en vue d’accroître leur efficacité opérationnelle.

Emploi des jeunes : une nouvelle impulsion attendue

Face au défi crucial de l’insertion professionnelle, le gouvernement a annoncé une accélération des initiatives en faveur de l’emploi des jeunes, avec un accent particulier sur l’entrepreneuriat et l’auto-emploi.

Le président a fixé un délai de fin avril 2025 pour la finalisation d’une nouvelle politique nationale de l’emploi, plus adaptée aux réalités économiques et aux aspirations de la jeunesse.

Un nouveau système d’information sur l’emploi sera également mis en place, dans une logique de meilleure coordination des offres, des dispositifs de formation et des besoins du marché.

Modernisation des retraites : vers un système plus juste et plus équitable

Le troisième axe prioritaire concerne la réforme en profondeur du système de retraite. Le gouvernement prévoit la création d’un code unique de sécurité sociale, afin d’assurer une meilleure traçabilité des droits et cotisations.

Il est également prévu une revalorisation des petites pensions, mesure très attendue par les retraités aux revenus modestes. Enfin, une retraite complémentaire par capitalisation sera introduite, pour permettre aux actifs de se constituer une épargne en plus de la pension de base.

Kaolack : Le CCA et le projet PASNEEG 2 en croisade contre les violences basées sur le genre en milieu scolaire

À Kaolack, le projet PASNEEG 2 et le Centre Conseil pour Adolescents (CCA) ont tenu, ce mercredi, une audience de dialogue intergénérationnel sur les violences basées sur le genre (VBG) en milieu scolaire. La rencontre s’est tenue au CEM Tafsir Miniane Sarr, dans la commune de Kaolack.

Organisée à l’initiative du Centre Ados de Kaolack, en partenariat avec le Projet d’Appui à la Stratégie Nationale pour l’Égalité et l’Équité de Genre (PASNEEG 2), cette activité vise à sensibiliser les élèves sur les conséquences des violences et à promouvoir un environnement scolaire sûr et inclusif.

Moustapha Khol, coordonnateur du Centre Ados de Kaolack, a salué l’implication du ministère de la Famille et des Solidarités dans cette mission de sensibilisation :

« Nos actions sont principalement axées sur la prévention et les dialogues communautaires. Avec le projet PASNEEG 2, nous partageons cette dynamique de sensibilisation contre les violences basées sur le genre. Nous remercions tous les partenaires qui ont contribué à la réussite de cette journée : le censeur, les panélistes ainsi que les parents d’élèves. »

Présent à la rencontre, François Daouda Gueye, expert en genre et renforcement des capacités au sein du PASNEEG 2, a rappelé que cette activité s’inscrit dans une démarche préventive visant à autonomiser les jeunes et leur offrir un cadre sécurisé :

« Ce dialogue intergénérationnel permet de porter la discussion au niveau communautaire. Il est essentiel d’informer les élèves sur les conséquences des violences basées sur le genre et de promouvoir le leadership chez les jeunes, afin qu’ils deviennent des adultes responsables, capables d’aider ceux qui en ont besoin. »

Le principal du CEM Tafsir Miniane Sarr, Moussa Ndiaye, s’est également félicité de la tenue de cette journée, soulignant l’importance de sensibiliser les élèves à ces problématiques :

« Les collèges accueillent des adolescents et des adolescentes qui doivent être formés sur ces questions essentielles. Aujourd’hui, nos élèves ont eu l’opportunité d’acquérir de nouvelles compétences grâce à l’intervention d’acteurs issus de divers domaines. Un enfant victime de violences n’est pas en mesure de se concentrer en classe. Sensibiliser les élèves, leur fournir des outils pour faire face à ces situations, permet d’améliorer leur bien-être et leurs performances scolaires. »

Le président de l’Association des Parents d’Élèves, Awdi Sarré, a salué cette initiative, qu’il juge pertinente et opportune :

« C’est une journée de sensibilisation, mais aussi un choix judicieux d’établissement, car nous avons toujours œuvré dans la lutte contre les violences en milieu scolaire. Ces élèves doivent être formés aux notions de discipline et de citoyenneté pour mieux s’intégrer dans la société. »

Les élèves et les enseignants présents ont accueilli cette initiative avec enthousiasme. Ndeye Tening Dione, élève en classe de troisième et présidente du gouvernement scolaire du CEM Tafsir Miniane Sarr, a exprimé sa gratitude envers les organisateurs :

« Je suis ravie de voir ces acteurs venir nous sensibiliser sur les différentes formes de violences. C’est une véritable action de prévention et un apprentissage très utile pour nous. »

La journée a été rythmée par des discours, des échanges interactifs et des pièces de théâtre de sensibilisation. À travers cette rencontre, les organisateurs espèrent impulser un changement durable en milieu scolaire et dans les communautés, afin que chaque élève puisse évoluer dans un environnement sécurisé, propice à son épanouissement.

Kaffrine – Éducation religieuse : Lancement des travaux de construction d’un internat pour enfants handicapés et orphelins, une initiative de Oustaz Mouhamed Gora Top

Un nouveau pas vers une éducation inclusive et religieuse vient d’être franchi à Kaffrine. Oustaz Mouhamed Gora Top a procédé, ce mardi, à la pose de la première pierre d’un internat destiné aux enfants handicapés et orphelins, dans le quartier Daraou Salam Médina Baye, dans la commune de Kaffrine.

Cet ambitieux projet s’inscrit dans une volonté de faciliter l’accès à l’enseignement arabo-islamique pour les enfants issus de milieux défavorisés. « Les internats permettent aux enfants d’accéder à un enseignement arabo-islamique de qualité, dispensé par des maîtres coraniques qualifiés en sciences islamiques, en langue arabe, et parfois même en matières académiques classiques », a expliqué Oustaz Mouhamed Gora Top, initiateur du projet.

Selon lui, ces centres d’hébergement favorisent non seulement l’éducation religieuse, mais aussi la formation morale et spirituelle des jeunes pensionnaires. « Ils offrent un cadre de vie propice à la discipline religieuse, à la mémorisation du Coran et à l’apprentissage des valeurs islamiques. Cela contribue à former des individus ancrés dans les traditions islamiques, avec une forte éthique morale », a-t-il ajouté.

La situation des enfants orphelins et handicapés au Sénégal reste préoccupante. Entre pauvreté, conflits familiaux, effets du changement climatique et migrations, ces enfants vivent souvent dans des conditions de grande précarité, sans accès à une éducation de qualité ni à des soins de santé adéquats.

« Beaucoup d’enfants sont pris en charge tant bien que mal par des familles élargies. Pour nous, les orphelinats, les centres d’accueil et les internats représentent des solutions concrètes à cette problématique. C’est pourquoi nous avons décidé de mettre en place cet internat », a souligné Oustaz Mouhamed Gora Top.

Il a également lancé un appel à la mobilisation collective, impliquant l’État, les ONG, les familles et l’ensemble de la société civile. « La prise en charge des enfants orphelins et handicapés doit être une responsabilité partagée. Ensemble, nous pouvons offrir un avenir meilleur à cette couche vulnérable de la société », a-t-il plaidé lors de la cérémonie de lancement des travaux.

Décès de Moustapha Ba en France : le gouvernement évoque une mort suspecte et une affaire d’État

Le Sénégal est sous le choc après l’annonce du décès de l’ancien ministre de l’Économie et des Finances, Moustapha Ba, retrouvé mort en France dans des circonstances jugées suspectes. L’information a été rendue publique par le porte-parole du gouvernement sénégalais, Amadou Moustapha Ndieck Sarré, lors d’une activité organisée par la Jeunesse Patriotique Sénégalaise (JPS) à Mbao.

« Il a été tué dans des conditions troubles », a affirmé M. Sarré, avant de soulever un pan délicat de cette affaire : « Ils ont menti sur les chiffres, ils ont menti au peuple sénégalais et aux partenaires. Lors de sa rencontre avec le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, Moustapha Ba leur a révélé que les chiffres n’étaient pas exacts. »

Selon les déclarations du porte-parole, l’ancien ministre aurait récemment confié aux plus hautes autorités que les données économiques présentées sous le précédent régime étaient falsifiées, mettant en lumière une possible manipulation des finances publiques. Cette révélation aurait pu représenter un tournant majeur dans la gestion des affaires économiques du pays.

Le gouvernement affirme vouloir faire toute la lumière sur cette affaire, qui suscite déjà de nombreuses interrogations. Une enquête serait en cours pour élucider les circonstances du décès, et les autorités sénégalaises envisageraient de demander la coopération de la justice française.

L’opinion publique, quant à elle, s’interroge sur les implications de ces révélations et sur les intérêts que Moustapha Ba aurait pu déranger. Ce décès, désormais érigé en affaire d’État, risque d’avoir des répercussions politiques et judiciaires majeures dans les semaines à venir.

Affaire du prêt non remboursé : Moustapha Diop, seul contre tous devant la commission ad hoc

L’audition du député-maire de Louga, Moustapha Diop, devant la commission ad hoc de l’Assemblée nationale, a pris des allures de bras de fer politique et judiciaire. Accusé par l’inspectrice du Trésor Tabaski Ngom d’un prêt non remboursé, l’élu a choisi d’affronter seul les membres de la commission, sans avocat ni accompagnant, affichant une sérénité assumée.

Présent dès 14h30, soit une demi-heure avant l’heure officielle de convocation, Moustapha Diop a voulu donner le ton : celui d’un homme déterminé à s’expliquer, sans faux-fuyants. Pendant plus de deux heures, il a répondu aux questions des parlementaires, sans esquive. « Je me suis présenté seul, sans avocat, prêt à répondre à toutes les questions », a-t-il confié dans un entretien exclusif accordé à L’Observateur, soulignant ainsi sa volonté de transparence.

Mais l’audition a révélé une première zone d’ombre : l’écart entre le montant évoqué par la plaignante — 700 millions de FCFA — et celui mentionné dans le rapport de la commission — 300 millions. Une contradiction que Moustapha Diop n’a pas manqué de relever : « Quand j’ai demandé des preuves, ils m’ont répondu qu’elle avait déclaré que je l’avais maraboutée. C’est très léger comme argument », a-t-il ironisé.

Autre point de friction : la volonté de la commission de lever son immunité parlementaire. « On m’a dit que j’étais entendu à titre de simple témoin. Mais alors, pourquoi vouloir lever mon immunité alors que je suis prêt à répondre à la justice ? », s’interroge-t-il. Une position qu’il assume pleinement, allant jusqu’à proposer lui-même de renoncer à cette protection : « Je suis prêt à lever mon inviolabilité pour répondre directement », a-t-il martelé.

Moustapha Diop veut faire de cette affaire un exemple de sa transparence et de sa bonne foi. En refusant tout accompagnement juridique, il entend prouver qu’il n’a rien à cacher. Mais cette posture suffira-t-elle à apaiser les tensions ou à convaincre la commission de l’abandonner à la seule justice ?

Pour l’instant, le mystère demeure entier. La commission ad hoc poursuivra-t-elle la procédure de levée d’immunité ? La justice s’en saisira-t-elle rapidement ? En attendant, cette confrontation n’a fait qu’épaissir les zones d’ombre d’un dossier aux allures de duel judiciaire inévitable.

Aly Akhdar, restaurateur libanais, encourt 12 ans de prison pour le meurtre d’un client à Dakar

L’affaire Aly Akhdar secoue le milieu judiciaire dakarois. Le restaurateur libanais, accusé du meurtre de son client Hamad, risque 12 ans de réclusion criminelle si la Chambre criminelle du Tribunal hors classe de Dakar suit les réquisitions du parquet. Le parquet a également requis trois ans de prison pour des faits de proxénétisme.

Les faits remontent à une nuit dramatique au sein de l’établissement tenu par l’accusé. Selon le récit rapporté par le journal L’Observateur, tout aurait commencé par une discussion entre Aly Akhdar et Hamad, un habitué des lieux. Les deux hommes échangeaient sur divers sujets, notamment la recherche d’une compagne pour ce dernier. La conversation aurait dérapé après que Hamad aurait fait une proposition jugée déplacée par le restaurateur, demandant notamment si la femme de ce dernier, Joumana Mattar, pouvait lui accorder une danse, comme cela aurait été le cas la veille avec un autre client chinois.

Choqué par les propos jugés insultants et dégradants sur les femmes libanaises, Aly Akhdar reconnaît avoir violemment réagi. Il raconte avoir d’abord bousculé la table, provoquant une altercation physique. Après être tombé, il se serait relevé pour frapper Hamad avec une queue de billard. Dans un accès de colère, il s’est ensuite dirigé vers la cuisine, où il s’est emparé d’un pilon avec lequel il a porté plusieurs coups à la poitrine, au visage et à la tête de la victime, qui s’est écroulée en se vidant de son sang.

L’accusé, qui a plaidé non coupable à l’audience tenue mardi, nie toute préméditation. La défense soutient qu’il s’agirait d’un acte de colère incontrôlée et plaide pour un acquittement.

Mais le dossier ne s’arrête pas là. Aly Akhdar est également poursuivi pour proxénétisme. Il a reconnu avoir organisé des soirées privées pour un ressortissant chinois, au cours desquelles des femmes – « pas toutes professionnelles », selon ses termes – étaient rémunérées pour leur présence.

L’avocat de la partie civile, Me Ciré Clédor Ly, demande une requalification des faits en assassinat, estimant qu’il s’agit d’un acte volontaire et prémédité. Il réclame également 300 millions de FCFA en guise de dommages et intérêts pour la famille de la victime.

L’affaire, placée en délibéré, sera tranchée le 15 avril prochain. D’ici là, le sort d’Aly Akhdar reste suspendu à la décision du tribunal, dans ce dossier mêlant jalousie, colère et accusations de proxénétisme.

Parcelles Assainies : Saisie de 66 kg de chanvre indien par la police

La Brigade de recherche du Commissariat d’arrondissement des Parcelles Assainies a frappé un grand coup dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Le mardi 18 mars 2025, aux environs de 19 heures, les limiers ont procédé à l’interpellation de S. M., un individu bien connu des services de police, en possession d’une importante quantité de drogue.

L’opération a été déclenchée suite à une information anonyme. Une descente a été effectuée au domicile du suspect, où une fouille minutieuse a permis la découverte de quatre sacs soigneusement dissimulés, contenant au total soixante-six (66) kilogrammes de chanvre indien.

Au cours de son interrogatoire, S. M. a reconnu être le propriétaire de la drogue saisie. Il a été placé en garde à vue pour détention et trafic de chanvre indien. La marchandise prohibée a été consignée au poste de police pour les besoins de l’enquête.

Dakar : Six mois de prison requis contre l’activiste Ardo Gningue pour des propos jugés injurieux

Le parquet du tribunal de grande instance hors classe de Dakar a requis une peine de six mois de prison, dont trois mois ferme, contre l’activiste Ardo Gningue. Ce dernier est poursuivi pour des propos jugés injurieux et contraires aux bonnes mœurs.

Selon le ministère public, l’activiste aurait utilisé le mot « thiapa », une expression considérée comme péjorative et attentatoire à la décence publique. « Ce sont des propos qui sont contraires à nos bonnes mœurs », a soutenu le procureur lors de l’audience. Il a également estimé que les déclarations de l’activiste relevaient d’une volonté manifeste de faire le buzz.

Le parquet a ainsi demandé au tribunal de condamner Ardo Gningue à une peine exemplaire afin, selon lui, de décourager ce genre de dérives sur la place publique.

Le délibéré est attendu pour le 26 mars prochain. D’ici là, l’affaire continue de susciter des réactions, notamment sur les réseaux sociaux, où le débat est relancé sur la liberté d’expression et les limites du discours public.

Fadel Barro interpelle le gouvernement sur les urgences nationales

Invité de l’émission Infos matin diffusée ce mercredi 19 mars sur la TFM, Fadel Barro s’est exprimé sur les grandes questions qui agitent l’actualité nationale. L’ancien coordonnateur du mouvement citoyen Y’en a marre et actuel leader du mouvement Jammi Gox Yi a profité de cette tribune pour délivrer un message fort aux autorités en place.

Face aux journalistes, Fadel Barro a insisté sur la nécessité de faire toute la lumière sur les émeutes qui ont secoué le Sénégal entre mars 2021 et 2024. Selon lui, ces épisodes douloureux de violence sociale et politique ne doivent pas rester sans suite. « Il est impératif de comprendre ce qui s’est réellement passé, d’identifier les responsabilités et d’en tirer toutes les conséquences », a-t-il martelé.

Le militant citoyen a également interpellé le gouvernement sur les urgences auxquelles font face les populations. Il estime que le régime du Président Bassirou Diomaye Faye doit agir rapidement pour répondre aux attentes pressantes des Sénégalais. « Le pays fait face à des défis multiples, les citoyens attendent des réponses concrètes. Nous ne sommes pas encore sortis du tunnel », a-t-il affirmé.

Dans un contexte marqué par une forte attente en matière de gouvernance, de justice sociale et de redressement économique, cette sortie de Fadel Barro sonne comme un rappel à l’ordre. Il appelle à une action gouvernementale plus vigoureuse et plus proche des préoccupations réelles des citoyens.

Rond-point Tableau Ferraille : un point noir routier qui inquiète toujours

Le rond-point de Tableau Ferraille, situé sur la route de Yarakh, continue de faire parler de lui, mais pour de mauvaises raisons. Ce carrefour stratégique, par lequel transitent de nombreux poids lourds en provenance du port de Dakar, est devenu un véritable cauchemar pour les usagers. Le 18 mars dernier, un nouvel accident impliquant un camion est venu allonger une liste déjà préoccupante : il s’agit du 15ᵉ accident recensé à cet endroit, selon les informations relayées par IGFM.

La cause de ces accidents répétitifs semble claire pour de nombreux observateurs : une conception défaillante du rond-point. Les camions, souvent très chargés, sont contraints d’effectuer un virage brusque à droite, ce qui entraîne régulièrement une perte d’équilibre. Résultat : des véhicules renversés, des dégâts matériels importants et, parfois, des blessés.

Malgré les nombreuses alertes lancées aux autorités compétentes, aucune solution concrète n’a encore été apportée. Un statu quo qui inquiète fortement les riverains, contraints de vivre dans l’angoisse permanente d’un nouvel accident.

Mbacké Seck, président de l’Association Code Écologie, tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. « Il est impératif de repenser le tracé de ce rond-point pour garantir la sécurité des usagers, en particulier les conducteurs de poids lourds », plaide-t-il. Il propose une révision complète de l’infrastructure, avec un aménagement adapté aux contraintes du trafic lourd en provenance du port.

En attendant une éventuelle reconfiguration du site, les habitants des environs redoublent de vigilance. Certains n’hésitent plus à installer eux-mêmes des dispositifs de signalisation artisanaux pour prévenir les conducteurs du danger imminent.

Le rond-point de Tableau Ferraille est devenu un symbole de l’urbanisme mal pensé, dont les conséquences peuvent être lourdes. Il reste désormais à savoir si les autorités entendront enfin les appels à l’action avant qu’un drame plus grave ne survienne.

Mame Boye Diao brille sur le plateau de “After Ndogou” : une analyse lucide des réformes foncières et un plaidoyer pour l’apaisement politique

L’émission politique « After Ndogou » a encore une fois tenu toutes ses promesses, avec comme invité de marque Mame Boye Diao. L’ancien directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) a captivé l’audience par une intervention d’une grande profondeur, mêlant expertise technique et vision politique.

Au cœur des échanges : la réforme foncière, sujet brûlant porté par le duo Sonko-Diomaye à travers leur doctrine « Jubb Jubbal Jubbanti ». Mame Boye Diao, tout en saluant la pertinence de l’initiative, a mis en garde contre une mise en œuvre précipitée qui pourrait fragiliser les équilibres déjà instables du secteur. Il a insisté sur la nécessité d’une réforme rigoureuse, concertée et ancrée dans les réalités du terrain.

Face à des figures emblématiques du débat télévisé comme Ngoné Saliou Diop, Pape Ousmane Cissé, ou encore le juriste Pape Moussa Sow, Mame Boye Diao a démontré une parfaite maîtrise des enjeux du foncier et du cadastre sénégalais. Une performance saluée par les internautes, dont les commentaires élogieux sur le live ont confirmé la pertinence et la clarté de ses propos.

Sur le terrain politique, l’ex-DG du CDC n’a pas éludé les questions sensibles. Il a plaidé pour une loi d’amnistie et pour l’usage encadré des restrictions de sortie du territoire, des mécanismes qu’il perçoit comme des leviers de réconciliation nationale. Un message d’apaisement qui tranche avec les discours clivants de certains segments de l’opposition.

Affaire des 700 millions : Moustapha Diop clame son innocence et répond à Tabaski Ngom

Au lendemain de son passage devant la commission Ad hoc, ce mardi, le député-maire de Louga, Moustapha Diop, est monté au créneau pour défendre son honneur face aux accusations de détournement présumé de plus de 700 millions de francs CFA. S’exprimant sur les ondes de la RFM, l’élu a vigoureusement nié toute implication dans cette affaire, tout en répondant aux graves allégations formulées par Tabaski Ngom.

« La dame dit m’avoir prêté de l’argent et elle n’a montré aucune décharge. Elle dit être maraboutée. Ce qui est sûr et certain, je ne dois de l’argent à personne. En plus, une dette n’est pas un crime. Mais je répète, je ne dois absolument rien à personne », a déclaré Moustapha Diop, balayant ainsi d’un revers de main toutes les accusations portées contre lui.

L’affaire a pris une tournure encore plus polémique après la diffusion d’un message audio adressé par Tabaski Ngom à l’avocat Me Bamba Cissé. Dans cet enregistrement, la dame accuse frontalement le député de l’avoir maraboutée, tout en exprimant sa profonde détresse : « Je ne laisserai pas ce Moustapha Diop gâcher ma vie. Il m’a maraboutée et ridiculisée devant tout le monde et si aujourd’hui il tente de rejoindre le Pastef pour une issue, je serai capable de lui tirer une balle quitte à ce que j’y laisse ma vie. »

Des propos inquiétants qui jettent une lumière crue sur une affaire mêlant soupçons financiers, accusations mystiques et tensions politiques.

Pour l’heure, la commission Ad hoc poursuit son travail et l’Assemblée nationale devrait se prononcer prochainement sur la suite à donner à ce dossier explosif. En attendant, Moustapha Diop, visiblement déterminé à laver son honneur, rejette catégoriquement toutes les charges qui pèsent sur lui.

FMI au Sénégal : mission technique à Dakar après les révélations de la Cour des comptes sur la dette publique

Un mois après la publication du rapport explosif de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques sous la présidence de Macky Sall, une mission technique du Fonds Monétaire International (FMI) est arrivée à Dakar ce mardi 18 mars 2025. Conduite par Eddy Gemayel, chef de division du FMI, et Majdi Debbich, représentant résident de l’institution au Sénégal, cette délégation a entamé une série de consultations avec les autorités économiques et financières du pays.

Les ministres de l’Économie, Abdourahmane Sarr, et des Finances, Cheikh Diba, ont accueilli les représentants du FMI pour examiner en détail les conclusions alarmantes de l’audit publié le 12 février dernier. Ce rapport de la Cour des comptes a révélé une sous-estimation massive de la dette publique sénégalaise, dont le niveau réel serait proche de 100 % du PIB à fin 2023 — soit environ 4 700 milliards de F CFA — contre les 25 % initialement annoncés par l’ancien régime. À titre de comparaison, le taux d’endettement du pays était de 54,71 % du PIB en 2018.

Cette divergence majeure a provoqué une onde de choc au sein des partenaires financiers du Sénégal. Dès septembre 2024, le Premier ministre Ousmane Sonko avait alerté sur une manipulation des chiffres, dénonçant la volonté de l’ancien pouvoir de masquer la gravité de la situation aux citoyens et aux bailleurs internationaux.

Le FMI, déjà alerté par son département juridique et fiscal, a diligenté cette mission technique pour analyser les conclusions du rapport de la Cour des comptes. « Nous ne remettons pas en cause l’audit, mais nous devons appliquer nos processus d’examen habituels, surtout sur des dossiers aussi sensibles », a précisé un porte-parole de l’institution.

L’enjeu est crucial : le Sénégal, confronté à d’importants besoins de liquidités, espère une reprise rapide de la coopération avec le Fonds. Le programme initial de 1,8 milliard de dollars avait été suspendu après un premier décaissement de 770,5 millions. La reprise des décaissements est aujourd’hui une priorité pour le gouvernement.

Une nouvelle mission du FMI est attendue avant le conseil d’administration de l’institution prévu en juin 2025, qui devrait statuer sur un éventuel nouvel accord financier avec Dakar. Toutefois, plusieurs partenaires diplomatiques du Sénégal plaident pour une dérogation exceptionnelle permettant un décaissement anticipé dès la fin avril, afin de soulager l’économie nationale, en difficulté depuis plusieurs mois.

Culture / Série Mindset : Une plongée authentique dans les défis et les ambitions de la jeunesse urbaine

“Défis et ambitions de la jeunesse urbaine, tout en mettant en avant des personnages forts et diversifiés, loin des stéréotypes habituels.” C’est ainsi que Jimmy Libam, réalisateur de la série Mindset, résume l’âme de son projet, diffusé sur la chaîne BET. Lors d’un entretien accordé à notre rédaction, il a partagé son enthousiasme et les coulisses d’un projet mûri pendant quatre longues années.

Pour Jimmy Libam, Mindset n’est pas seulement une série ; c’est l’aboutissement d’un parcours de persévérance et de passion. « La clé du succès, c’est la patience et la persévérance », affirme-t-il. En tant que producteur, il évoque son amour pour la culture, l’image et le besoin de représentativité dans le paysage audiovisuel. « Il fallait que je concrétise ce projet. Il y avait une demande, un besoin d’expression pour des profils souvent ignorés à l’écran. »

L’un des plus grands défis rencontrés par le réalisateur reste le financement. Pour un producteur indépendant, mobiliser les ressources nécessaires n’a pas été une mince affaire. « Si c’était une grande production américaine ou sénégalaise, le projet aurait pu se faire en quatre mois. Nous, il nous a fallu quatre ans. » Malgré cela, l’équipe a réussi à construire un projet solide, visuellement et scénaristiquement abouti.

Au-delà de la réalisation, Jimmy Libam insiste sur la nécessité d’élever le niveau de qualité dans les séries africaines, tant sur le plan visuel que sur le contenu narratif. « L’histoire peut être racontée de différentes manières. Nous, membres de la diaspora, voulons apporter un nouveau style de cinéma au monde entier. »

Mais le chemin ne s’arrête pas à la production. « Réaliser, c’est difficile. Trouver un canal de diffusion, c’est encore plus dur. » Après de nombreux échanges avec différents diffuseurs, Mindset a réussi à se frayer un chemin jusqu’à BET, une chaîne américaine de renom. « Il a fallu convaincre d’abord les Américains, puis les Sud-Africains. »

Pour Jimmy Libam, ramener le projet en Afrique était une évidence. Représenter la diaspora à travers un contenu enraciné dans les réalités africaines était une ambition claire. Le choix du Sénégal ne s’est pas fait au hasard. « Le Sénégal est aujourd’hui un leader dans le domaine des séries. Sa production locale est riche et dynamique. » Il souligne également l’influence grandissante de maisons de production comme Marodi, qui ont su conquérir les publics au-delà des frontières.

À travers Mindset, Jimmy Libam souhaite transmettre un message fort : celui de la diversité, de la résilience et de l’ambition des jeunes issus des milieux urbains. En mettant en avant des personnages authentiques, loin des clichés, il espère inspirer une nouvelle génération de créateurs et de spectateurs.

État civil au Sénégal : Plus de 400 000 élèves sans acte de naissance, le gouvernement sonne l’alerte

Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé, ce mardi, une importante réunion interministérielle consacrée à l’état civil au Sénégal. Cette rencontre a permis de dresser un diagnostic sans concession d’un secteur en crise, avec des conséquences alarmantes sur les droits fondamentaux des citoyens, notamment des enfants.

L’un des constats les plus préoccupants révélés lors de cette réunion est le nombre d’élèves du préscolaire et de l’élémentaire ne disposant pas d’acte de naissance. En 2024, ce sont 409 789 enfants qui sont recensés dans le secteur de l’Éducation sans ce document essentiel, compromettant ainsi leur parcours scolaire et leur accès à d’autres droits civiques et sociaux.

Cette situation est en grande partie due à une absence de coordination entre les acteurs étatiques et non étatiques, à un coût élevé des jugements supplétifs et des audiences foraines, mais également à des infrastructures inadaptées dans de nombreux centres d’état civil, aussi bien à l’intérieur du pays que pour les Sénégalais de la diaspora.

L’analyse présentée au chef du gouvernement met également en lumière d’autres défaillances systémiques : le manque de notification des naissances et des décès, le défaut d’interopérabilité entre les services de l’état civil, de la santé et de la famille, ainsi que le manque de personnel qualifié et motivé dans les centres d’état civil, souvent confrontés à une pénurie de ressources humaines formées et correctement rémunérées.

Le phénomène de la fraude documentaire n’est pas en reste. Selon la Direction de l’Automatisation des Fichiers (DAF), 1,72 % des demandes de cartes nationales d’identité ont été rejetées pour cause de faux extraits de naissance. Une statistique révélatrice d’un système vulnérable aux manipulations, qui menace la crédibilité des documents administratifs nationaux.

Autre point préoccupant : le faible taux d’enregistrement des mariages et des décès, particulièrement dans les régions de Kolda, Sédhiou et Kaffrine, où les pratiques informelles et les difficultés d’accès aux centres d’état civil freinent la régularisation des actes.

Face à ce tableau sombre, le gouvernement semble déterminé à réformer en profondeur le système de l’état civil, en misant sur la digitalisation, la formation du personnel, la modernisation des infrastructures et une meilleure coordination interinstitutionnelle.

Lutte sénégalaise : Vers une relance encadrée après des semaines de suspension

Après plusieurs semaines d’interruption due à des problèmes sécuritaires, la lutte sénégalaise semble entrevoir un nouvel élan. Selon la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), une réunion stratégique décisive est prévue ce mardi 18 mars 2025, à l’initiative de la ministre des Sports, Khady Diène Gaye. L’objectif : poser les bases d’une reprise encadrée et sécurisée des combats dans l’arène nationale.

Depuis le 18 février, date de la suspension de la couverture sécuritaire, les acteurs de ce sport traditionnel emblématique attendent des réponses claires sur l’avenir de la saison. La réunion regroupera plusieurs parties prenantes : le président du Comité national de gestion (CNG) de la lutte, des représentants du secteur, ainsi que des délégués des ministères de l’Intérieur et des Forces armées.

Cette rencontre vise à évaluer les conditions de sécurité nécessaires pour une reprise effective des combats, tout en adoptant des mesures concrètes pour lutter contre les violences et l’indiscipline qui gangrènent ce sport depuis quelques années. L’objectif est double : restaurer l’image de la lutte sénégalaise et rassurer les amateurs, de plus en plus préoccupés par les incidents survenus lors des dernières manifestations.

Les passionnés espèrent des décisions fortes, capables d’assainir durablement le milieu, d’assurer la sécurité des compétitions et de permettre un retour serein du public dans les arènes. Pour eux, la lutte ne se résume pas à un simple spectacle sportif, mais représente un pan important de la culture et de l’identité nationale.

Y’en a marre dénonce la loi d’amnistie : « Une mascarade, contraire au Jub Jubbal Jubanti »

Le mouvement citoyen Y’en a marre hausse le ton contre le projet de loi d’amnistie actuellement au cœur des débats politiques. Lors d’une conférence de presse tenue ce week-end, les membres du collectif ont exprimé avec fermeté leur opposition à toute forme de loi d’interprétation ou d’amnistie partielle, exigeant son abrogation totale.

Thiat, l’un des leaders emblématiques du mouvement, n’a pas mâché ses mots. Très critique envers le régime en place, il a rappelé les engagements pris par les autorités, notamment en matière de rupture et de transparence. « Cette loi est une mascarade. Ces politiciens doivent nous respecter. Il faut arrêter. Cette loi est contraire au Jub Jubbal Jubanti. Elle ne doit pas passer », a-t-il déclaré avec vigueur.

Le rappeur engagé a également tenu à rappeler les promesses faites par le pouvoir à l’arrivée du nouveau régime. « Vous nous avez promis l’abrogation totale, donc respectez votre promesse sinon vous aurez le peuple en face », a-t-il averti.

Pour Y’en a marre, cette loi, au lieu d’apporter la réconciliation ou de tourner une page de l’histoire politique du pays, risque plutôt de raviver les tensions et de creuser davantage le fossé entre les citoyens et les institutions.

Mamoudou Ibra Kane dénonce la loi interprétative de l’amnistie et affiche son soutien aux FDS

Le journaliste et président du mouvement Demain c’est maintenant, Mamoudou Ibra Kane, a exprimé son soutien sans réserve aux forces de défense et de sécurité (FDS) du Sénégal, dans un contexte marqué par la proposition de loi interprétative de l’amnistie, actuellement au cœur des débats politiques et citoyens.

À travers un tweet engagé, il a fustigé ce qu’il considère comme une dérive législative inquiétante, susceptible de fragiliser l’autorité et la légitimité des forces de sécurité. « J’exprime ma pleine, agissante et fraternelle SOLIDARITÉ aux FDS du Sénégal. Ce serait un GRAVE PRÉCÉDENT, si la proposition de loi interprétative de la loi d’amnistie vise les VAILLANTS VEILLEURS DE NUIT ET DE JOUR sur notre SÉCURITÉ et l’INTÉGRITÉ de notre TERRITOIRE », a-t-il déclaré.

Pour Mamoudou Ibra Kane, la sortie de crise actuelle ne peut se faire au prix d’un effacement sélectif des responsabilités. Il appelle à une démarche fondée sur “la vérité, la réconciliation et la mémoire”, afin d’honorer les victimes des événements douloureux survenus entre mars 2021 et février 2024. Il rejette avec fermeté toute idée de justice à double vitesse : « La justice sélective n’est pas la JUSTICE », a-t-il martelé.

Par ailleurs, le journaliste n’a pas manqué d’égratigner la récente communication du gouvernement sur la migration circulaire. Il a dénoncé une mise en scène déplacée autour du départ de travailleurs agricoles sénégalais vers l’Espagne. « La communication du gouvernement sur la MIGRATION CIRCULAIRE pose problème. Qu’est-ce qu’il y a de glorieux à afficher l’image de “17 OUVRIERS AGRICOLES (qui) S’ENVOLENT POUR L’ESPAGNE”, drapeau national à la main. Comme si le Sénégal allait à la Coupe du monde de football », a-t-il ironisé.

Selon lui, cette politique d’emploi à l’étranger ne saurait constituer une solution durable au chômage. Il s’interroge également sur les véritables ambitions du pays en matière de développement agricole. « Cette politique d’emploi à travers des ‘ouvriers agricoles’ à l’étranger n’est pas un remède efficace. Et notre agriculture dans tout cela ? Pour une souveraineté alimentaire, il faudra repasser », a-t-il conclu.

Renforcement des relations Sénégal-Mauritanie : Yassine Fall en mission diplomatique à Nouakchott

La ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères du Sénégal, Yassine Fall, a effectué ce lundi une visite officielle en Mauritanie, dans le but de raffermir les liens bilatéraux entre les deux pays et de défendre les intérêts des Sénégalais établis sur le territoire mauritanien.

Au cours de son séjour à Nouakchott, Mme Fall a été reçue en audience par le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani, à qui elle a transmis un message du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. Elle a précisé que la réponse de la Mauritanie à cette missive officielle sera d’abord soumise au chef de l’État sénégalais avant toute communication publique.

Cette visite intervient dans un contexte marqué par une vague d’expulsions de migrants en situation irrégulière en Mauritanie, une situation qui suscite l’inquiétude au Sénégal. Le gouvernement sénégalais avait d’ailleurs récemment exprimé son indignation face au traitement réservé à certains de ses ressortissants dans le cadre de cette campagne de répression contre les candidats à l’émigration.

Soucieuse de clarifier la situation des Sénégalais vivant en Mauritanie, Yassine Fall a obtenu des assurances quant à la distinction désormais opérée entre les Sénégalais résidant légalement et les migrants en transit. Cette mesure vise à mieux protéger les droits des Sénégalais établis en Mauritanie et à éviter les amalgames.

La ministre a également eu un échange avec la communauté sénégalaise à Nouakchott. Elle a pris connaissance de leurs préoccupations quotidiennes et leur a réaffirmé le soutien indéfectible du gouvernement sénégalais. Par ailleurs, elle a indiqué que les autorités mauritaniennes ont soumis une proposition de nouvelles modalités pour l’obtention de la carte de séjour, actuellement à l’étude à Dakar.

Essam al-Dalis, haut responsable du Hamas à Gaza, tué dans une frappe israélienne

Le Hamas a annoncé, mardi, la mort d’Essam al-Dalis, chef du gouvernement du mouvement islamiste dans la bande de Gaza, lors de frappes aériennes israéliennes. L’information a été communiquée dans un communiqué officiel de condoléances diffusé par le Hamas, confirmant également le décès de trois autres hauts responsables.

Parmi les victimes figurent également le général Mahmoud Abou Watfa, ministre adjoint de l’Intérieur, ainsi que le général Bahjat Abou Sultan, directeur général des services de sécurité intérieure. Le quatrième nom n’a pas encore été révélé publiquement.

L’armée israélienne n’a pas immédiatement réagi à ces annonces. Depuis le début du conflit déclenché après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, les opérations militaires se sont intensifiées, avec des frappes ciblées visant les infrastructures du mouvement et ses cadres dirigeants.

La disparition d’Essam al-Dalis représente un revers significatif pour l’organisation islamiste, déjà confrontée à une pression militaire croissante. Al-Dalis était une figure clé de la gestion administrative du Hamas dans l’enclave, jouant un rôle central dans la coordination des affaires gouvernementales depuis plusieurs années.

Sur le terrain, les combats se poursuivent, et la situation humanitaire à Gaza reste extrêmement préoccupante. Les frappes israéliennes, combinées au blocus en cours, ont aggravé la crise, laissant la population civile dans une détresse croissante. Les appels internationaux à une désescalade et à l’ouverture de corridors humanitaires se multiplient, sans qu’une issue politique ne se profile à court terme.

Crise au sein du notariat sénégalais : des professionnels dénoncent le népotisme et réclament une réforme en profondeur

Un vent de fronde souffle sur la Chambre des notaires du Sénégal. Dans un manifeste rendu public ce lundi 17 mars, un collectif de notaires a vigoureusement dénoncé ce qu’il qualifie de « pratiques de népotisme, de parachutage et de parrainage » au sein de l’institution, selon le journal L’AS.

Les auteurs de cette sortie pointent du doigt une gestion opaque et discriminatoire de l’accès à la profession. « Le notariat sénégalais a de tout temps été confronté à un problème d’accès à la profession imposé par des personnes qui en assurent la gestion au niveau de la Chambre des notaires », écrivent-ils, regrettant un système verrouillé par des intérêts particuliers au détriment de la transparence et de l’égalité des chances.

Les notaires frondeurs rappellent qu’avant 2013 — date de l’organisation du premier concours d’accès à la profession — l’entrée dans le notariat était régie par des choix personnels effectués par les titulaires de charges, privilégiant leurs proches ou des personnes sous leur influence. Une situation qui, selon eux, a longtemps écarté des candidats méritants sans relations ni parrains.

Ils déplorent par ailleurs que, malgré l’organisation d’un second concours dix ans plus tard, les vieilles pratiques persistent. Sur les 30 personnes admises (20 au concours direct et 10 au concours professionnel), l’intégration dans les cabinets s’est faite de manière inéquitable : « 20 stagiaires issus du même concours n’ont pas les mêmes dates d’inscription sur le registre alors qu’ils ont réussi au même concours », dénoncent-ils, mettant en cause des retards délibérés dans leur prise de fonction.

Le manifeste fustige aussi des tentatives d’imposer des individus ayant échoué au premier concours ou refusé de s’y représenter. Ces derniers, soutenus par certains membres influents de la Chambre, estiment, selon les signataires, qu’ils ont un droit automatique à être nommés notaires en raison de leur ancienneté. Une revendication jugée inadmissible par les auteurs du manifeste, qui y voient une nouvelle manœuvre pour contourner les règles de mérite et d’équité.

Ils mettent également en garde contre une valorisation injustifiée de certains diplômes étrangers, notamment le diplôme supérieur français, qui, selon eux, ne devrait pas être considéré comme référence unique pour accéder à la profession au Sénégal.

Face à cette situation, les notaires contestataires interpellent directement les plus hautes autorités de l’État. Ils demandent au président Bassirou Diomaye Faye et au Premier ministre Ousmane Sonko de prendre en main le projet de loi portant statut des notaires, avant son adoption par l’Assemblée nationale, afin de « soustraire toutes les voies d’accès projetées par une simple poignée de notaires ».

Ils rappellent également un précédent fâcheux : « Vous avez été une fois abusés à travers le décret n°2024-1181 par lequel vous avez nommé une personne aux fonctions de notaire alors qu’elle ne remplissait pas les conditions requises », dénoncent-ils, appelant à plus de vigilance dans les futures nominations.

Ce cri d’alerte souligne la nécessité d’une réforme en profondeur du système d’accès au notariat au Sénégal. Pour les signataires, seule une procédure transparente, fondée sur le mérite et ouverte à tous les candidats qualifiés, permettra de redorer le blason d’une profession aujourd’hui fragilisée par des pratiques jugées « d’un autre âge ».

Bakel : Le fils du maire à la tête d’un gang démantelé après une série de cambriolages

Un fait divers secoue la commune de Bakel. Selon les informations rapportées par L’Observateur et reprises par Seneweb, B. S., fils du maire de la ville, serait le cerveau d’un gang qui a semé la terreur ces derniers mois. Lui et ses complices ont été arrêtés par la gendarmerie après une série de cambriolages ciblant des personnalités locales.

Dans la nuit de mercredi à jeudi dernier, le groupe a notamment cambriolé les domiciles du préfet de Bakel, de son adjoint ainsi que celui du coordonnateur de l’ONG GRDR. Les malfaiteurs ont emporté des téléviseurs chez le préfet et deux motos au domicile du représentant de l’ONG.

L’enquête menée par la gendarmerie a rapidement permis d’identifier les membres du gang. B. S., déjà connu du fichier judiciaire, a été interpellé et n’a pas tardé à dénoncer ses complices. Ces derniers ont tenté de fuir en se jetant dans le fleuve, mais ils ont été rattrapés par les forces de l’ordre.

Lors de leur arrestation, deux kilogrammes de chanvre indien ont également été saisis. Les individus sont poursuivis pour association de malfaiteurs, vols en réunion et détention de produits stupéfiants. Leur déferrement au parquet de Tambacounda était prévu ce lundi 17 mars.

Affaire Didier Badji et Fulbert Sambou : les auditions s’intensifient, une nouvelle convocation annoncée

Les développements se poursuivent dans l’enquête sur la disparition mystérieuse des sous-officiers Didier Badji et Fulbert Sambou. Après l’audition, ce lundi, d’Ibrahima Sall, président de l’Association pour le soutien et la réinsertion sociale des détenus (Asred), une nouvelle convocation est annoncée, selon Les Échos.

C’est au tour d’Ahmed Suzanne Camara, responsable de l’Alliance pour la République (Apr), ancien parti au pouvoir, d’être entendu par la Section de recherches (Sr) de la gendarmerie. Cette convocation s’inscrit dans le cadre de l’instruction ouverte sur cette affaire qui suscite toujours de nombreuses interrogations.

Pour rappel, le sergent Fulbert Sambou et l’adjudant-chef Didier Badji avaient été portés disparus le 18 novembre 2022. Le corps sans vie de Fulbert Sambou avait été repêché cinq jours plus tard au large du Cap Manuel. Depuis, aucune trace de Didier Badji n’a été retrouvée, renforçant le mystère entourant cette affaire.

La famille de l’adjudant-chef Didier Badji avait déposé une plainte visant notamment Ahmed Suzanne Camara, Bah Diakhaté, l’activiste Baatou Deugue (sur Facebook), ainsi que X. Ils sont accusés d’avoir publiquement suggéré un lien entre la disparition des deux sous-officiers et l’arrestation du journaliste Pape Alé Niang, survenue à la même période.

Levée d’immunité parlementaire : Moustapha Diop auditionné cet après-midi par la commission Ad hoc

Le député-maire de Louga, Moustapha Diop, sera auditionné ce lundi après-midi par la commission Ad hoc de l’Assemblée nationale, chargée d’examiner la demande de levée de son immunité parlementaire. Cette étape cruciale s’inscrit dans le cadre d’une affaire judiciaire retentissante dans laquelle l’édile de Louga est cité.

Selon plusieurs sources médiatiques, Moustapha Diop aurait décidé de répondre personnellement à la convocation et de se défendre devant ses collègues parlementaires. Une posture qui traduit sa volonté d’éclairer les zones d’ombre de ce dossier aux multiples ramifications.

L’ancien ministre est en effet soupçonné d’être impliqué dans un présumé détournement de fonds publics d’un montant estimé à plus de 700 millions de francs CFA. Une affaire désormais connue sous le nom de « Tabaski Ngom », du nom d’une inspectrice du Trésor actuellement placée sous mandat de dépôt. Cette dernière est poursuivie pour association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux, détournement de deniers publics, accès frauduleux à un système informatique et entrave à un système informatique.

La commission Ad hoc, composée de onze membres – dont neuf issus du groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes, un représentant de la coalition Takku Wallu Sénégal et un député non-inscrit – devra, à l’issue de l’audition, formuler un avis sur la levée de l’immunité parlementaire de Moustapha Diop, condition sine qua non à l’ouverture de poursuites judiciaires contre lui.

Trafic de migrants : un vaste réseau démantelé dans le Saloum, le maire de Dionewar parmi les suspects

Une affaire de trafic de migrants d’envergure secoue la région du Saloum. Selon les révélations du journal Libération, la gendarmerie de Foundiougne a mis fin aux agissements d’un réseau criminel bien structuré, actif depuis plusieurs années, et à l’origine de nombreux départs clandestins par pirogues depuis les îles du Saloum.

Au cœur de cette organisation mafieuse se trouve un nom qui fait grand bruit : le maire de Dionewar, qui doit être déféré ce jour devant le parquet financier de Dakar, en compagnie de plusieurs complices. L’enquête menée par les gendarmes a permis de mettre à nu les rouages de ce réseau, impliquant des individus aux profils divers.

Parmi les personnes interpellées figurent Lassana Sarr (45 ans), L. D. (42 ans, maçon né à Falia), Ab. S. (22 ans, pêcheur né à Joal), Ab. F. (24 ans, électricien né à Darou Mbossé), O. S. (32 ans, pêcheur né à Palmarin Ngallou), P. S. D. (52 ans, ouvrier demeurant à Palmarin), et M. Nd. (37 ans, ouvrier né à Bakel). Ils sont tous poursuivis pour association de malfaiteurs, trafic de migrants, mise en danger de la vie d’autrui et escroquerie.

Les investigations ont notamment été relancées après l’interception spectaculaire de 241 migrants au large de Bassar, dans la commune de Bassoul. Un coup de filet qui a permis de révéler les méthodes bien rodées du réseau. Chaque membre avait une fonction spécifique : recrutement, logistique, convoyage. Des réquisitions téléphoniques ont prouvé que Lassana Sarr supervisait activement les opérations, échangeant avec ses complices pour s’assurer du bon déroulement des départs.

L’enquête a aussi mis en lumière le côté lucratif de ce trafic. Les candidats à l’émigration illégale déboursaient entre 300 000 et 400 000 FCFA pour tenter la traversée. Une des personnes impliquées a reconnu avoir confié 5 millions de FCFA, fruit des dernières contributions, à une femme résidant à Mbour. Celle-ci, dont la bonne foi a été confirmée, a été relâchée après 24 heures de garde à vue.

Malgré des preuves accablantes, certains suspects, dont Lassana Sarr, ont tenté de minimiser leur rôle, avançant même qu’ils cherchaient simplement des avocats pour les mis en cause — une ligne de défense jugée peu crédible par les enquêteurs.

Présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire : La double nationalité de Tidjane Thiam, un obstacle juridique à ses ambitions ?

À huit mois de la présidentielle ivoirienne, l’avenir politique de Tidjane Thiam demeure suspendu à une question de droit : sa double nationalité. Le président du PDCI-RDA, perçu par beaucoup comme une figure de renouveau, pourrait bien voir ses ambitions présidentielles contrariées par des contraintes légales liées à sa nationalité française.

Tidjane Thiam a officiellement annoncé début février avoir entamé une procédure pour renoncer à sa nationalité française, condition sine qua non pour briguer la magistrature suprême en Côte d’Ivoire. La Constitution exige en effet que tout candidat à la présidentielle soit exclusivement ivoirien. Mais à quelques mois de la convention du PDCI, au cours de laquelle sera désigné le candidat du parti, l’incertitude demeure : la procédure de renonciation sera-t-elle finalisée à temps ?

Pendant ce temps, son principal challenger au sein du parti, Jean-Louis Billon, semble avoir pris une longueur d’avance. Il a déjà obtenu, le 7 mars dernier, un décret officialisant sa perte de nationalité française.

Même si Tidjane Thiam parvient à abandonner sa nationalité française avant la convention et à s’imposer comme candidat du PDCI, un autre obstacle juridique pourrait se dresser devant lui : l’article 48 du Code de la nationalité ivoirienne. Ce texte stipule qu’un Ivoirien majeur perd automatiquement sa nationalité ivoirienne s’il acquiert volontairement une nationalité étrangère.

C’est justement ce point qui alimente la polémique. Pour Thiam, cette disposition ne devrait pas prévaloir sur les principes constitutionnels. Lors d’une rencontre avec les militants du PDCI de Zanzan, il a fustigé cet article qu’il qualifie de « sombre » :

« La Constitution est au-dessus de la loi. […] Ne laissez pas les gens qui ne respectent pas la Constitution vous complexer avec un article 48 sombre que personne ne connaît. »

La réplique du pouvoir : « Sombre article 48, est-ce que c’est nous ? »

Les propos de Tidjane Thiam n’ont pas tardé à susciter la réplique du camp présidentiel. Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, l’a accusé de ternir l’héritage du président Félix Houphouët-Boigny, sous le mandat duquel l’article 48 a été adopté.

« Pourquoi veut-il insulter la mémoire du président Félix Houphouët-Boigny ? […] Quand il parle, il parle avec tellement de conviction qu’on a l’impression que tout ce qu’il dit est vrai. »

Pour tenter d’éteindre la polémique, l’avocat de Tidjane Thiam, Me Blessy Jean Chrysostome, a affirmé que son client était français par filiation, et non par naturalisation. Une nuance cruciale, car l’article 48 concerne l’acquisition volontaire d’une nationalité étrangère.

Mais cette version est contredite par le site Afrik Soir, qui affirme détenir la preuve d’une naturalisation en bonne et due forme. Le média cite un décret de naturalisation du 24 février 1987, publié au Journal Officiel français le 1er mars de la même année, dans lequel figurerait le nom de Tidjane Thiam.

Si cette information se confirme, elle pourrait considérablement fragiliser sa légitimité juridique à se porter candidat en 2025.

Le flou persistant autour du statut juridique de Tidjane Thiam risque de peser lourd dans les prochaines semaines, tant au sein du PDCI que sur la scène politique nationale. Entre interprétations juridiques, batailles médiatiques et considérations stratégiques, c’est tout l’avenir de la candidature de Thiam qui se joue.

Affaire Lat Diop : Mouhamed Diop maintient ses accusations devant le juge

L’affaire impliquant l’ancien ministre des Sports, Lat Diop, continue de faire des vagues. Ce lundi 17 mars, Ouhamed Diop, l’un des principaux accusateurs dans ce dossier, a été auditionné par le juge d’instruction, selon les informations rapportées par le journal Les Échos dans sa parution de ce mardi 18 mars.

D’après la même source, Ouhamed Diop a réitéré l’ensemble de ses déclarations faites lors de l’enquête préliminaire. Il a confirmé, sans se rétracter, toutes les accusations portées contre Lat Diop devant le magistrat instructeur. Un fait jugé « curieux » par certains observateurs : malgré le poids de ses révélations, Ouhamed Diop a pu regagner librement son domicile après l’audition.

Par ailleurs, l’ancien ministre Lat Diop reste toujours en détention. Son audience, qui était initialement programmée pour ce mardi 18 mars, a finalement été reportée à une date ultérieure, sans qu’aucune précision n’ait été donnée sur les motifs de ce renvoi.

Ziguinchor : 99 900 000 FCFA mobilisés par la DGPSN pour accompagner 666 personnes déplacées de retour

Ce lundi 17 mars 2025 est marqué à Ziguinchor par deux activités majeures : le renforcement des capacités des acteurs de la protection sociale et la mise à disposition de transferts monétaires pour 666 personnes déplacées de retour, en raison du conflit casamançais qui a décimé le tissu économique local et provoqué de nombreuses victimes et déplacements de population. Cette initiative est portée par la Délégation générale à la Protection sociale et à la Solidarité nationale (DGPSN).

« Cette cérémonie, qui nous réunit, intervient dans un contexte international et national marqué par une conjoncture économique très difficile qui n’épargne aucun pays. Mais malgré cette situation, les autorités ont décidé d’accompagner le retour des personnes déplacées ici présentes en leur allouant une subvention de 150 000 FCFA chacune. Au total, 666 personnes de la région de Ziguinchor bénéficieront de cet appui, soit un montant global de 99 900 000 FCFA », a déclaré le délégué général à la Protection sociale et à la Solidarité nationale, Matar Séne, lors du lancement officiel de l’opération à Niassya, dans le département de Ziguinchor. La cérémonie s’est déroulée en présence du gouverneur de Ziguinchor, Mor Talla Tine, des autorités administratives, des chefs de service et des populations locales.

Selon Matar Séne, « cette cérémonie nous permet d’écrire ensemble une nouvelle page pour le retour définitif de la paix, et, par là, jeter les bases de l’émergence de la grande Casamance naturelle ».

Il a également indiqué que « le gouvernement travaille d’arrache-pied pour mettre en place toutes les conditions nécessaires afin de faciliter un retour paisible des populations déplacées à cause du conflit en Casamance. Cette opération d’appui de la DGPSN n’est qu’un début, car d’autres accompagnements, portés par diverses structures de l’État, suivront. La DGPSN prévoit notamment d’intervenir très prochainement dans la région de Ziguinchor pour soutenir les ménages agricoles, les éleveurs et les pêcheurs vulnérables dans le cadre du Programme de Résilience Agricole (PRA) ».

« Ce programme vise à faciliter l’accès des ménages vulnérables aux intrants et au petit matériel agricole », a-t-il précisé.

Le gouverneur de Ziguinchor, Mor Talla Tine, s’est réjoui de cette initiative : « Je me félicite de cet appui qui s’inscrit dans le cadre du volet social et qui se concrétise par un transfert de 150 000 FCFA par ménage bénéficiaire. » Il a précisé que 666 ménages ont été identifiés dans la région de Ziguinchor, ajoutant que d’autres activités similaires seront poursuivies en collaboration avec les partenaires techniques et financiers.

Avant de procéder au lancement officiel dans la commune de Niassya, le délégué général à la Protection sociale et à la Solidarité nationale, Matar Séne, a participé à l’ouverture d’un atelier de renforcement des capacités des acteurs de la protection sociale, présidé par l’adjoint au gouverneur de Ziguinchor. Cet atelier, prévu pour deux jours, réunit les acteurs régionaux du secteur.

« Cet atelier est une opportunité idéale pour approfondir notre compréhension des concepts fondamentaux de la protection sociale, partager les orientations de la politique nationale, et fournir des informations pratiques sur les programmes en cours. Cette rencontre est également un moment d’échanges pour harmoniser les concepts, renforcer la synergie des interventions et actualiser les connaissances sur les problématiques liées à la protection sociale », a souligné Matar Séne.

Pour sa part, l’adjoint au gouverneur chargé du développement, Alsény Bangoura, a rappelé que « la protection sociale est au cœur du développement humain et constitue une priorité majeure du gouvernement sénégalais. Elle touche toutes les dimensions de notre vie quotidienne. Notre engagement est clair : personne ne doit être laissé pour compte ».

« Face aux défis économiques, sanitaires et sociaux, il est crucial de renforcer nos mécanismes d’intervention sociale pour garantir à chaque citoyen des chances égales de réussite et d’épanouissement. À travers des programmes spécifiques, tels que les bourses familiales, la couverture sanitaire universelle, et les initiatives de soutien aux femmes et aux jeunes (filets sociaux), nous jetons les bases d’une société plus équitable, juste et inclusive », a-t-il ajouté.

Il a également insisté sur l’importance de la mobilisation de tous les acteurs : « Ces efforts ne seront véritablement efficaces que si nous travaillons main dans la main avec toutes les parties prenantes. C’est pourquoi j’ai tenu à ce que cette rencontre réunisse les acteurs clés de la région, afin d’échanger sur les concepts fondamentaux, la politique nationale de protection sociale et les programmes en cours ou à venir. Il est aussi essentiel d’évaluer l’implication des acteurs régionaux dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de protection sociale. »

« Ensemble, faisons en sorte que chaque enfant puisse aller à l’école, que chaque famille ait accès à des soins médicaux de qualité, et que chaque jeune trouve sa place dans le tissu économique du pays. La protection sociale n’est pas seulement une responsabilité gouvernementale, c’est aussi un engagement citoyen, un devoir moral et une opportunité pour chacun d’être acteur du changement positif de notre société », a-t-il conclu.

Escroquerie de près de 100 millions FCFA : l’homme d’affaires Boris St. Gbegnon face à la justice financière

L’affaire fait grand bruit dans les milieux économiques et judiciaires. Boris St. Gbegnon, homme d’affaires influent établi au Sénégal, a été déféré devant le parquet judiciaire financier pour une affaire d’escroquerie et de blanchiment de capitaux portant sur près de 100 millions de FCFA. Les faits, révélés par L’Observateur, mettent en lumière une escroquerie savamment orchestrée au détriment de l’homme d’affaires français Iv. Kabalane.

Tout commence par une relation d’amitié nouée en France entre Boris St. Gbegnon et Iv. Kabalane, alors étudiants. Les deux hommes gardent de solides liens au fil des années. Une proximité qui va, plus tard, servir de levier à un montage frauduleux. Installé au Sénégal, Boris crée deux entreprises : Al Amine Logistiques, spécialisée dans le transit, et Nob Prestation, axée sur les systèmes informatiques. Face à des difficultés financières, il se tourne vers son vieil ami pour solliciter un appui financier.

En juin 2024, Boris demande un premier prêt de 100 000 euros à Kabalane, soit environ 65,6 millions FCFA. Pour rassurer ce dernier, il évoque l’intervention d’un notaire, Me Grégory Piraud, censé encadrer la transaction, et met en hypothèque un appartement situé à Castres (France). Convaincu, Iv. Kabalane effectue le virement le 25 juin 2024, avec la promesse d’un remboursement au plus tard le 6 janvier 2025.

Le 4 novembre 2024, Boris revient à la charge avec une nouvelle demande : 48 200 euros supplémentaires (environ 31,6 millions FCFA). Pour crédibiliser la requête, il envoie à son ami un mail prétendument signé du même notaire. Sauf qu’il s’agit d’une adresse falsifiée – gregory.piraud@notaires-de-france.com – très proche de l’originale, un détail que Kabalane ne remarque pas. Le virement est exécuté, portant le montant total soutiré à 148 200 euros, soit près de 97 millions FCFA.

Lorsque l’échéance de remboursement arrive en janvier 2025, Boris disparaît des radars. Devant les multiples tentatives infructueuses pour le joindre, Kabalane entame des démarches judiciaires en France. Il découvre alors que le bien immobilier mis en garantie avait déjà été hypothéqué auprès du Crédit Agricole, et qu’il avait également été proposé à d’autres créanciers. Pire encore, le mail du notaire était un faux, sans aucun cachet ni contact téléphonique.

Une plainte est parallèlement déposée au Sénégal par le mandataire d’Iv. Kabalane, N. Wehbeh. La Division des investigations criminelles (DIC) est saisie de l’affaire. L’enquête aboutit à l’arrestation de Boris St. Gbegnon. En garde à vue, ce dernier admet avoir reçu les fonds et reconnaît les faits. Il tente néanmoins de se défendre en affirmant que son ami était au courant de l’état de l’hypothèque.

Le 7 mars 2025, Boris St. Gbegnon a été présenté au parquet judiciaire financier pour les chefs d’accusation de faux et usage de faux, escroquerie et blanchiment de capitaux. L’affaire pourrait connaître de nouveaux rebondissements dans les prochains jours, tant les ramifications de cette escroquerie paraissent multiples.

Kaolack/Kahone : 8ème édition de la « Journée du talibé sans mendicité » — Une initiative de la présidente régionale des Badjen Gox, Anta Dia Ly

Dans de nombreuses régions du monde, des milliers d’enfants vivent dans une grande précarité, privés de vêtements adéquats lors des grandes célébrations. Face à cette réalité, la présidente régionale des Badjen Gox de Kaolack, Anta Dia Ly, avec l’appui de ses partenaires tels que West Africa Sénégal, la direction régionale de la santé de Kaolack, la Senelec, la compagnie d’assurance PA, Transvis, la coordinatrice de l’ANCS de Kaolack et le Village SOS, a distribué des habits neufs à 132 enfants talibés pour leur permettre de célébrer la Korité dans la dignité et sans souci.

« Chaque année, à cette période, nous organisons ce genre d’événement en distribuant des vêtements neufs aux enfants issus de familles en difficulté, afin d’éviter toute forme de discrimination. Cette année, nous avons doté 132 enfants talibés de la commune de Kahone. Nous en sommes à notre 8ème édition », a expliqué Anta Dia Ly.

Elle a souligné que cette action vise avant tout à redonner de la dignité aux enfants :

« Un simple vêtement peut transformer leur quotidien, leur permettre d’aller aux daaras sans honte, à l’image de ceux issus de familles plus aisées. Nous travaillons directement avec les daaras pour identifier les besoins et difficultés rencontrés au sein de ces temples du savoir. Le cadre de vie des daaras doit être sain, les blocs sanitaires fonctionnels. C’est pourquoi nous plaçons l’enfant au centre de nos actions, avec pour slogan : “Taxawu Talibés” ».

La mendicité des enfants talibés pendant le Ramadan est un phénomène particulièrement visible au Sénégal. Déjà présente tout au long de l’année, cette pratique prend davantage d’ampleur pendant le mois sacré, notamment en raison de la générosité accrue des fidèles musulmans, motivés par la zakât et la sadaka.

Pour y faire face, Anta Dia Ly a lancé l’initiative « Journée sans mendicité », marquée par la préparation et la distribution de repas copieux au niveau des différents daaras de la commune de Kahone :

« Durant cette journée, aucun talibé n’a le droit de mendier. Nous devons tous aider les enfants talibés pendant le Ramadan, car c’est un acte hautement méritoire », a-t-elle précisé.

Les bénéficiaires ont salué l’initiative de Madame Anta Dia Ly, exprimant leur profonde reconnaissance envers elle et ses partenaires pour leur engagement en faveur de l’éducation religieuse et du bien-être des enfants. Ils ont également souligné son soutien constant dans d’autres domaines essentiels : financement pour la rénovation des daaras, fourniture de produits détergents, programmes de couverture maladie universelle, et enrôlement à l’état civil.

Assane Diao choisit le Sénégal : « Je suis fier de défendre les couleurs de mon pays »

Le jeune ailier prometteur Assane Diao, 19 ans, a officiellement décidé de représenter le Sénégal sur la scène internationale, tournant ainsi une page importante de sa carrière. Après avoir porté les couleurs de l’Espagne dans les catégories de jeunes, le joueur a fait le choix du cœur en optant pour ses racines sénégalaises.

À son arrivée à l’aéroport de Dakar, le joueur n’a pas caché son émotion : « Je suis très heureux d’être ici. Toute ma famille est fière, et moi aussi. On continue de travailler et à s’améliorer. »

Ce choix, bien que fort, n’a pas été facile à prendre. Diao a grandi en Espagne et y a construit une partie de son identité sportive. « C’est un choix difficile car j’aime l’Espagne et le Sénégal, mais le Sénégal est meilleur pour moi et nous l’avons choisi avec ma famille », a-t-il confié.

L’attente était grande du côté des supporters sénégalais, qui espéraient voir le jeune talent rejoindre la Tanière. Une attente à laquelle Diao a répondu avec détermination : « Tout le monde voulait que je vienne défendre nos couleurs, je l’ai fait et je suis fier. »

Malgré cette transition vers la sélection sénégalaise, le jeune joueur n’oublie pas son parcours en Espagne. « Je remercie l’Espagne pour ce qu’ils m’ont donné », a-t-il déclaré, soulignant la reconnaissance envers le pays qui l’a vu éclore.

Avec ce choix symbolique, Assane Diao vient renforcer les rangs des Lions de la Teranga, et incarne une nouvelle génération de talents diasporiques fiers de renouer avec leurs origines. Son arrivée dans le groupe national est perçue comme un atout de taille pour l’avenir du football sénégalais.

L’Armée sénégalaise lance un nouveau système de retraite par capitalisation pour ses personnels

Dans une démarche visant à renforcer la protection sociale de ses effectifs, l’État-major général des Armées du Sénégal a mis en place un nouveau système de retraite par capitalisation au profit des personnels des forces armées et de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers. Cette initiative sociale, saluée par de nombreux observateurs, marque une avancée significative dans l’amélioration des conditions de vie des militaires après leur service actif.

Selon les informations relayées par la Direction de l’Information et des Relations Publiques des Armées (DIRPA), ce mécanisme repose sur le principe de solidarité intergénérationnelle, un fondement clé qui permettra de garantir une sécurité financière accrue aux retraités du secteur militaire.

L’objectif affiché est clair : offrir aux militaires des revenus plus conséquents une fois à la retraite, leur permettant ainsi de faire face aux exigences de la vie après leur carrière. Ce dispositif se veut également une réponse aux nombreuses difficultés que rencontrent souvent les anciens soldats après avoir servi la Nation.

Au-delà de son impact financier, ce système de retraite par capitalisation traduit l’engagement fort des autorités militaires et étatiques à mieux prendre en charge les hommes et les femmes en uniforme. Il s’inscrit dans une dynamique globale de modernisation de la politique sociale des forces de défense et de sécurité.

Justice : Pokola Baldé condamné à un mois de prison ferme, Pikine se mobilise en soutien

Le lutteur Pokola Baldé a comparu devant le Tribunal de Pikine-Guédiawaye, suscitant une forte mobilisation populaire. Après six jours de détention, le verdict est tombé : l’athlète a été condamné à un mois de prison ferme, assorti de six mois de sursis.

Très attendu, ce procès a retenu l’attention de la communauté locale, notamment des amateurs de lutte traditionnelle, qui avaient les yeux rivés sur cette affaire. En effet, Pokola Baldé devait se préparer pour un prochain combat face à Diène Kairé, une affiche qui cristallise déjà les passions dans l’arène sénégalaise.

Devant le tribunal, de nombreux habitants de Pikine se sont rassemblés pour témoigner leur soutien au lutteur. Cette mobilisation citoyenne, marquée par des chants, des pancartes et des slogans de solidarité, illustre l’attachement profond du quartier à l’un de ses champions.

L’information a été relayée par le site Kawtef, qui souligne l’impact de cette décision judiciaire dans la vie sportive locale et la frustration de nombreux supporters, craignant que cette incarcération ne compromette la préparation de Pokola pour son duel très attendu.

Thiès : Vives tensions au Collège Privé Saint Gabriel après l’exclusion massive d’élèves voilées

Thiès, lundi 17 mars 2025 – Une vive tension a secoué ce matin le Collège Privé Saint Gabriel de Thiès, où une foule nombreuse de parents d’élèves s’est rassemblée devant les grilles de l’établissement. En cause, une décision jugée arbitraire et discriminatoire : l’exclusion en masse d’élèves, principalement des filles portant le voile.

Dès les premières heures de la matinée, des dizaines de parents, visiblement indignés, ont pris d’assaut les lieux pour exiger des explications. Selon leurs témoignages, les responsables de l’école auraient interdit l’accès aux élèves voilées, les obligeant à quitter l’enceinte de l’établissement.

« L’école a refusé l’accès à toutes les filles voilées de l’établissement, sans préavis ni dialogue. C’est incompréhensible et inacceptable », s’est insurgé un père de famille, très remonté contre la décision.

Les parents dénoncent une mesure brutale qui remet en cause la liberté religieuse et le droit à l’éducation. « Ce sont nos enfants, ce sont des élèves assidues, et voilà qu’on les prive d’école simplement à cause de leur voile. Où allons-nous ? », s’est interrogée une mère, les larmes aux yeux.

Pour l’instant, la direction de l’établissement n’a pas officiellement communiqué sur les raisons précises de cette exclusion massive. Cependant, certaines sources internes évoquent une volonté de l’administration de faire respecter un règlement intérieur qui interdirait les signes religieux ostensibles.

Une décision qui ne passe pas du tout auprès des parents, qui réclament une rencontre d’urgence avec la direction ainsi qu’une intervention des autorités académiques.

Agnam : Le Conseil municipal vote le budget en l’absence de Farba Ngom et réclame sa libération

La commune d’Agnam traverse une période inédite depuis l’incarcération de son maire, Mouhamadou Farba Ngom, survenue le 28 février dernier. Malgré cette absence marquante, le Conseil municipal a tenu à exprimer son soutien indéfectible à l’édile en votant, à l’unanimité et sans débat, le budget communal lors de sa session ordinaire.

Dans une atmosphère empreinte de solidarité et de contestation, les conseillers municipaux ont pris cette décision exceptionnelle comme un geste symbolique envers leur maire, actuellement détenu à la prison de Rebeuss, à plus de 570 kilomètres de sa mairie. « À l’unanimité, tous les conseillers étaient présents. Nous avons voté un budget sans débat, car la situation que nous vivons aujourd’hui avec l’arrestation de notre maire est inacceptable », a expliqué Harouna Ndom, conseiller municipal.

La session a également été l’occasion pour les élus locaux de dénoncer vigoureusement ce qu’ils considèrent comme une détention politique. Pour eux, l’arrestation de Farba Ngom est perçue comme un règlement de comptes politique visant à affaiblir une figure influente du Fouta. Le Conseil municipal n’a pas manqué de pointer du doigt le président de Pastef, Ousmane Sonko, l’accusant d’être à l’origine de cette situation.

« Vouloir récupérer l’électorat de la région de Matam en mettant Monsieur Farba Ngom en prison, en arrêtant le chantier de l’hôpital de Ourossogui, celui de l’université Souleymane Niang de Matam, ainsi que la route de Dande Mayo et d’autres projets, tout en espérant obtenir le soutien du Fouta, c’est impossible », a déclaré Abdou Aziz Diop, adjoint au maire.

Selon les élus, c’est la première fois depuis l’élection de Farba Ngom en 2014 que le Conseil municipal se réunit sans lui. Cette situation inédite a renforcé la détermination des conseillers à défendre leur maire et à réclamer sa libération immédiate, alors que la commune, comme le reste du pays, fait face aux défis socio-économiques, particulièrement durant cette période de Ramadan.

Coût réel du TER : Ousmane Sonko avait raison, le scandale financier éclate au grand jour

Le Train Express Régional (TER), longtemps présenté comme un symbole de modernité et de développement sous le régime de Macky Sall, refait surface dans le débat public. Et cette fois, les révélations confirment ce que l’opposition, notamment Ousmane Sonko, n’a cessé de dénoncer depuis des années : un montage financier opaque et un coût astronomique, bien au-delà des chiffres officiels initialement communiqués.

En effet, lors de l’émission « Opinion », le ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens (MITTA) a dévoilé ce que beaucoup soupçonnaient déjà : le coût réel du TER s’élève à 1 200 milliards de FCFA, hors taxes, bien loin des 500 milliards annoncés à l’époque par l’ancien régime. Ce chiffre vient confirmer les alertes répétées d’Ousmane Sonko, alors opposant, qui avait mis en garde contre une surfacturation dissimulée et une gestion non transparente de ce projet.

Plus grave encore, le ministre a révélé que le contrat entre l’État du Sénégal et les entreprises cocontractantes avait été “bunkerisé”, c’est-à-dire sécurisé au point que le seuil de rentabilité est garanti. En clair, si le TER n’atteint pas ses objectifs financiers, c’est l’État du Sénégal – donc le contribuable – qui paiera la différence, assurant ainsi aux partenaires privés une rentabilité automatique, quelle que soit la performance du projet. Une clause qui révèle la nature déséquilibrée et dangereusement léonine de ce contrat.

Dans le même temps, un autre projet ferroviaire, jugé plus stratégique et utile pour le pays, a été abandonné. Yakham Diémé a révélé qu’un contrat avait été signé avec une entreprise turque pour la construction d’une voie ferrée à écartement standard reliant Dakar à Tambacounda, avec un port de transit. L’objectif était notamment de réduire les accidents de la route et de désengorger le trafic des camions maliens. Mais ce projet a été mis aux oubliettes, malgré un coût similaire à celui du TER, mais avec un impact économique et logistique beaucoup plus important.

Pour Ousmane Sonko, le TER n’est rien d’autre qu’un scandale financier d’État. Il l’avait déjà déclaré avec force : « Nous avons très tôt dit que le montage financier du Train express régional est un scandale. Au moment où l’État parlait de 500 milliards, j’ai démontré que nous étions à 1 200 milliards de FCFA. Et pour inaugurer le TER, la France a imposé à Macky Sall un nouvel avenant de 150 millions d’euros (environ 98 milliards de FCFA). »

Macky Sall invité par le Roi Salmane pour rompre le jeûne à La Mecque

L’ancien président du Sénégal, Macky Sall, a été l’invité d’honneur du Roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud pour rompre le jeûne à La Mecque. Un geste empreint de considération et de solennité qui témoigne des liens étroits entre le Royaume d’Arabie saoudite et le Sénégal.

Selon une source proche du protocole, le roi Salmane a personnellement tenu à partager ce moment spirituel avec son hôte de marque. Il a quitté Riyad pour se rendre à La Mecque, afin d’y accueillir Macky Sall et rompre ensemble le jeûne du jour sacré.

Pour marquer cet honneur, un hélicoptère spécialement affrété par le roi a été mobilisé pour transporter Macky Sall de Djeddah à La Mecque. Un accueil qualifié de « royal » à tous points de vue, selon la même source, soulignant le caractère exceptionnel de cette invitation.

Ce geste hautement symbolique s’inscrit dans le cadre des relations de fraternité et de respect mutuel entre les deux pays, mais aussi dans une dimension spirituelle forte en ce mois béni de Ramadan.

Premier départ de travailleurs saisonniers vers l’Espagne : 70 ouvriers agricoles quittent le Sénégal

Le premier vol transportant 70 travailleurs saisonniers sénégalais a décollé ce dimanche 16 mars de l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD), à destination de l’Espagne. Cette opération marque le début d’un processus de déploiement de main-d’œuvre agricole sénégalaise dans le cadre d’un programme de migration circulaire entre les deux pays.

D’autres vols sont prévus au cours du mois d’avril pour acheminer les travailleurs restants, sélectionnés parmi des milliers de candidats à travers le territoire national.

L’annonce du dépôt des candidatures avait suscité un vif engouement, provoquant une forte affluence devant les Bureaux d’accueil et d’orientation (BAO) installés dans certaines régions. Ce désordre a conduit le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères à mettre en place un système d’inscription en ligne afin de mieux encadrer le processus et désengorger les points physiques d’enregistrement.

Ce programme de recrutement de travailleurs saisonniers s’inscrit dans le cadre d’une coopération bilatérale visant à offrir des opportunités d’emploi aux jeunes sénégalais, tout en répondant aux besoins de main-d’œuvre du secteur agricole espagnol, notamment durant les périodes de récolte.

Khardiata Tandian placée sous mandat de dépôt pour falsification de lettre de recommandation attribuée à Ousmane Sonko

L’affaire fait grand bruit. Khardiata Tandian, ancienne cheffe du service juridique et partenariat de l’Agence sénégalaise de promotion des exportations (Asepex), a été placée sous mandat de dépôt vendredi dernier, après avoir reconnu avoir fabriqué une fausse lettre de recommandation qu’elle avait attribuée au Premier ministre, Ousmane Sonko.

Selon les informations du journal Libération, dans son édition de ce lundi 17 mars, la mise en cause a elle-même reconnu les faits devant les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (DIC). Cette lettre frauduleuse était adressée à l’administrateur du Fonds d’appui à l’investissement des Sénégalais de l’extérieur (FAISE), afin d’obtenir sa nomination en tant que conseillère spéciale et directrice de l’appui à l’investissement et aux projets.

Devant les enquêteurs, Khardiata Tandian a assumé l’entière responsabilité de ses actes : « Je n’ai aucun complice. J’ai agi toute seule dans cette affaire. D’ailleurs, c’est moi-même qui ai déposé le document au FAISE pour ne pas impliquer une autre personne », a-t-elle déclaré.

Elle a également tenté de justifier son acte, évoquant une situation personnelle difficile : « J’ai agi de la sorte parce que, suite à ma sortie de prison, je suis restée sans emploi depuis lors. J’ai choisi le FAISE parce qu’il a certaines missions identiques avec l’Asepex. Je ne pouvais plus rester à la maison sans rien faire car ma mère est malade. Je demande pardon et sollicite la clémence. C’était une erreur. »

Pour rappel, Khardiata Tandian avait déjà été renvoyée de l’Asepex à la suite d’une affaire de trafic présumé de passeports de service.

Par ailleurs, C. Z. Sy, de la société « Cachet Express », présumé complice, a été placé sous contrôle judiciaire. Il est soupçonné d’avoir fourni les cachets ayant servi à la confection de la fausse lettre. Toutefois, Libération rapporte que sa « bonne foi a été établie » au cours de l’enquête.

L’affaire suit désormais son cours devant la justice.

Mbour / Nécrologie : La communauté mandingue perd l’un de ses gardiens du patrimoine culturel

La communauté mandingue, et plus largement tout le Sénégal, vient de perdre ce jour l’un de ses plus éminents gardiens du patrimoine mandingue. Selon une source digne de foi, en l’occurrence Dame Seck, inspecteur de l’éducation, il s’agit de Daouda Daffé, figure emblématique de la ville de Mbour. Il laisse derrière lui un héritage culturel inestimable, nourri par la profondeur de ses savoirs et la richesse de ses pratiques ancestrales.

Artiste virtuose du tam-tam, il maîtrisait le “Jambadoŋ”, la danse aux feuilles, avec une dextérité rare. À chaque battement, il insufflait une mémoire vivante, une histoire transmise de génération en génération. À travers son art, il était un véritable passeur de traditions, un conteur des âmes et des époques, ancrant ainsi la culture mandingue dans la conscience collective.

Au-delà de son talent musical, Daouda Daffé s’est distingué par son engagement indéfectible en faveur de la perpétuation des rites initiatiques, notamment celui de la circoncision traditionnelle, qu’il considérait comme un fondement structurant de l’identité et de la transmission des valeurs au sein de la société. Il savait que ces pratiques rituelles ne sont pas de simples vestiges du passé, mais des piliers de l’éducation et de la cohésion sociale, reliant les générations et fortifiant les liens communautaires.

Homme de sagesse et de parole, il a su défendre et valoriser ces traditions dans un monde en constante mutation, convaincu que l’équilibre entre modernité et héritage ancestral est la clé d’un développement culturel harmonieux. Son décès est une grande perte pour la communauté de Mbour et pour tous ceux qui reconnaissent la valeur inestimable des traditions orales et artistiques africaines.

C’est tout un Sénégal qui prie pour que son âme repose en paix et que son œuvre continue d’inspirer ceux qui, après lui, auront la charge de porter haut l’étendard de notre patrimoine.

À noter que la prière mortuaire est prévue demain à 11 heures à la mosquée près du terrain Super Rail, après le poste Courant, suivie de l’inhumation à Darou Salaam.

Éducation : Un geste de solidarité et d’engagement envers les étudiants de la commune de Tivaouane Peulh, Niague et Niacoulrab par un natif de la localité

L’Amicale des Étudiants Ressortissants de Tivaouane Peulh (ADERTP) a eu l’honneur de recevoir Dr Amath Wade, responsable politique au quartier Niague et membre de la coalition Diomaye Président. Ce dernier a effectué une visite de solidarité et de partage à ladite Amicale, qui siège à l’appartement situé à Ouest Foire.

« Nous avons l’habitude de mener cette activité depuis plus de dix ans : aller à la rencontre de nos frères et sœurs étudiants de Tivaouane Peulh, Niague et Niacoulrab. Lors de cette visite, j’ai également rappelé aux étudiants l’importance de la solidarité et du partage. Nous leur avons ainsi apporté des denrées alimentaires destinées à soutenir les étudiants de la commune. Ce geste témoigne de notre engagement constant envers leur bien-être », a expliqué Dr Amath Wade.

Soutenir les étudiants est en effet un acte citoyen qui contribue au développement de la société. L’éducation est un moteur essentiel du progrès, et aider les étudiants – que ce soit financièrement, moralement ou académiquement – favorise l’émergence d’une jeunesse plus compétente et engagée. « C’est une responsabilité collective qui profite à toute la société, car une jeunesse bien formée et soutenue est un gage d’avenir meilleur », a-t-il ajouté.

Les étudiants bénéficiaires ont salué l’initiative de Dr Wade, soulignant que faciliter la restauration des étudiants est une action louable. Dans de nombreux pays, y compris au Sénégal, les étudiants font face à des difficultés financières qui impactent leur alimentation. Des mesures comme la subvention des repas, la création de cantines universitaires accessibles ou encore la promotion de partenariats avec des restaurants locaux peuvent grandement améliorer leur quotidien.

Ce type d’initiative mérite d’être encouragé et soutenu par les autorités, ainsi que par tous les acteurs du secteur de l’éducation.

Joal : 36 migrants irréguliers interpellés à la lagune de Mbodiène, deux convoyeurs arrêtés

Une opération de la brigade de gendarmerie de Joal a permis de mettre la main sur un groupe de 36 migrants irréguliers à la lagune de Mbodiène, dans la région de Thiès. Parmi les personnes interpellées figurent 13 filles, 4 enfants et un bébé, selon les informations rapportées par emedia.

L’intervention des forces de l’ordre a également conduit à l’arrestation de deux convoyeurs présumés. Une pirogue taxi ainsi qu’un moteur hors-bord de 15 chevaux, utilisés pour transporter les migrants vers une grande embarcation en haute mer, ont été saisis au cours de l’opération.

Les migrants interpellés sont originaires de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest : 19 viennent de Guinée, 13 du Sénégal, 2 de la Gambie et 2 de la Côte d’Ivoire. Ils ont été conduits à la brigade de gendarmerie de Joal où ils sont actuellement entendus.

Une enquête a été ouverte pour tenter de localiser la grande pirogue encore en mer, qui devait vraisemblablement assurer la traversée vers l’Europe. Cette opération s’inscrit dans le cadre du renforcement de la lutte contre l’émigration irrégulière, un phénomène en recrudescence ces derniers mois le long des côtes sénégalaises.

Les autorités réitèrent leur engagement à démanteler les réseaux de trafic de migrants et à sécuriser les zones côtières souvent utilisées comme points de départ vers l’Espagne, notamment les îles Canaries.

Interdiction de sortie du territoire : Mansour Faye dénonce une “grande farce” et interpelle le ministre de l’Intérieur

L’ancien ministre des Transports sous le régime de Macky Sall, Mansour Faye, est monté au créneau pour exprimer son indignation après avoir été interdit de sortie du territoire national. Dans une publication virulente, il n’a pas mâché ses mots, qualifiant cette décision des autorités sénégalaises de « grande farce ».

L’ex-maire de Saint-Louis ne comprend pas cette mesure qu’il juge sans fondement légal ni décision judiciaire préalable. Mais au-delà de son propre cas, Mansour Faye dit s’interroger sur l’attitude du nouveau ministre de l’Intérieur, le Général Jean Baptiste Tine.

« Ce qui me pose véritablement problème et qui m’intrigue, c’est l’attitude du ministre de l’Intérieur », déclare-t-il, visiblement surpris qu’un homme de la trempe du Général Tine puisse exécuter une telle décision.

Mansour Faye se dit choqué qu’un haut gradé de la gendarmerie, respecté pour son parcours et ses responsabilités, puisse se plier à ce qu’il qualifie d’« ordres d’apprentis-dictateurs ». Il fustige une décision prise, selon lui, en dehors de tout cadre légal.

« Un Général de la gendarmerie qui a eu à gravir les échelons sans l’aide de personne et à exercer de hautes fonctions dans ce que nous avons de plus cher et de plus respectable dans le monde, puisse accepter que des apprentis-dictateurs lui fassent exécuter une aussi sale besogne. Et ce, sans aucune base légale, sans aucune décision judiciaire à lui fournie », a-t-il martelé.

Ces propos s’inscrivent dans un contexte de tension politique croissante, à quelques jours de l’élection présidentielle. Plusieurs responsables de l’ancien régime disent faire l’objet de mesures restrictives, qu’ils jugent arbitraires.

Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a été enregistrée du côté des autorités concernées. Mais cette sortie de Mansour Faye risque d’alimenter davantage les débats autour de la gouvernance sécuritaire et du respect des libertés individuelles en cette période sensible.

Kaolack / Société : Le parti APRODEL propose et demande à l’État de réagir face à la recrudescence des drames en mer

Face à la recrudescence des drames en mer, le parti APRODEL réitère sa position et appelle l’État à réagir. Le décès tragique de plusieurs jeunes Sénégalais en mer pousse l’APRODEL à préconiser des mesures fermes contre ce fléau, tout en lançant un appel pour une vaste campagne de démobilisation des jeunes, selon un communiqué qui nous est parvenu.

Le parti APRODEL, dirigé par son président Moussa Fall, s’est fendu d’un communiqué à la suite de la découverte macabre de corps de jeunes migrants sénégalais à Ouakam. « L’APRODEL s’indigne devant cette situation dramatique. Nous appelons les autorités à multiplier les efforts pour freiner ce fléau », peut-on y lire.

Le parti propose, au-delà des stratégies nationales de lutte, la mise en place d’une ligue sous-régionale à travers une coopération renforcée entre les États limitrophes afin d’endiguer ce phénomène. « En d’autres termes, les promoteurs de ces voyages sans retour doivent être soumis à des peines criminelles exemplaires. Ces mesures coercitives permettront, sans doute, de dissuader ces réseaux de trafiquants de la mer », précise le document.

Toujours selon l’APRODEL, il est impératif d’organiser une campagne de démobilisation des jeunes à travers des assises nationales sur l’immigration clandestine, présidées par le Président de la République et l’ensemble du gouvernement.

Moussa Fall et ses camarades estiment que ces assises seraient une occasion de rassembler les associations de jeunes, les artisans, les communautés de pêcheurs, les étudiants, les organisations de lutte contre ce phénomène, la société civile, les partenaires au développement ainsi que les corps diplomatiques des pays de la sous-région.

Kaolack : l’association CAES au chevet des femmes détenues de la Maison d’Arrêt et de Correction

L’Association Conscience Agissante pour l’Entraide Sociale (CAES), engagée dans l’entraide et le soutien communautaire, s’est une nouvelle fois illustrée par un acte de solidarité à l’endroit des femmes détenues de la Maison d’Arrêt et de Correction (MAC) de Kaolack.

« Cette structure a été créée en 2015, après la présentation d’un riche rapport d’activités aux autorités administratives et judiciaires. À la suite de cela, nous avons reçu un document administratif (récépissé) attestant de notre statut d’association à envergure nationale, délivré par la direction territoriale nationale », a rappelé Mme Madjiguène Diouf, présidente de l’association.

Depuis sa création, CAES mène des actions sociales dans tout le pays. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’association a tenu à marquer sa présence auprès des femmes incarcérées à Kaolack. Ces actions traduisent l’engagement constant des membres de l’association – femmes et hommes – pour l’amélioration des conditions de vie des détenues et la promotion de leurs droits fondamentaux.

« Le développement inclusif des femmes détenues est un enjeu majeur pour leur réinsertion sociale et économique. Cela passe par des initiatives qui prennent en compte leurs besoins spécifiques, en leur offrant des opportunités de formation, d’autonomisation et de dignité. C’est dans cette optique que notre association intervient dans les maisons d’arrêt et de correction. L’année dernière, nous étions au Camp pénal de Koutal, où nous avons mené des activités similaires », a souligné Mme Diouf.

Présent lors de cette cérémonie, le directeur régional de l’administration pénitentiaire pour les régions de Kaolack, Fatick et Kaffrine, inspecteur Omar Diop, a salué à sa juste valeur l’acte de solidarité posé par CAES, notamment en ce mois béni de Ramadan et dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes.

« Les femmes détenues, bien qu’étant privées de liberté, restent des membres à part entière de la société. Ce type de soutien contribue non seulement à améliorer leurs conditions de vie, mais facilite aussi leur réinsertion sociale une fois sorties de prison », a déclaré l’inspecteur Diop.

Il a également souligné l’évolution de la fonction de la peine depuis les années 2000 : « Aujourd’hui, nous avons compris la nécessité d’impliquer des acteurs externes dans la préparation de la réinsertion des détenus. L’administration pénitentiaire ne peut plus agir seule ; elle a besoin de l’appui des bonnes volontés pour renforcer l’accompagnement des personnes incarcérées. »

Migration clandestine : Amnesty International Sénégal appelle à durcir les peines contre les convoyeurs et les parents impliqués

À la suite de l’interception de deux pirogues transportant 450 migrants irréguliers entre Fimela et Joal, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a lancé un appel fort aux autorités sénégalaises pour un durcissement des peines contre les convoyeurs et les parents de mineurs embarqués dans ces tentatives périlleuses de migration.

« Le Sénégal n’est pas un pays en guerre. Il n’y a ni famine, ni catastrophe naturelle. Les peines de prison doivent être durcies pour ceux et celles qui, convoyeurs et parents, mettent en danger la vie des enfants et des mineurs en les embarquant dans les pirogues de la mort », a-t-il écrit dans une déclaration rendue publique ce vendredi.

Cette réaction intervient après une importante opération des forces de sécurité sénégalaises qui ont intercepté deux pirogues en partance pour l’Espagne. La première embarcation, arrêtée au large de Fimela, transportait 250 personnes. La seconde, interceptée à Joal, comptait 200 passagers. Parmi les migrants figurent de nombreuses femmes et enfants, ce qui renforce l’inquiétude des autorités et des organisations de défense des droits humains.

Ces interceptions relancent le débat sur les causes profondes de l’émigration clandestine, malgré les multiples campagnes de sensibilisation sur les dangers de ces traversées. Si certains évoquent le chômage, la pauvreté ou le manque de perspectives, Seydi Gassama estime que cela ne saurait justifier le sacrifice de vies humaines, en particulier celles des plus vulnérables.

Le directeur d’Amnesty International Sénégal insiste également sur la responsabilité des familles et des réseaux clandestins qui alimentent ce phénomène, souvent au mépris des lois et des risques encourus.

Les autorités sénégalaises, de leur côté, poursuivent leurs efforts pour renforcer la surveillance côtière et démanteler les réseaux de trafic de migrants, tout en appelant à une coopération accrue avec les pays partenaires pour lutter contre ce fléau.

Aminata Touré traduit Aliou Diouf en justice pour diffamation

L’Envoyée spéciale du président de la République, Aminata Touré, a décidé de passer à l’action judiciaire. Fidèle à sa promesse, elle a officiellement servi une citation directe à Aliou Diouf, responsable de la République des Valeurs (RV), formation politique dirigée par Thierno Alassane Sall.

La procédure a été enclenchée après des déclarations jugées diffamatoires formulées par Aliou Diouf à l’encontre de Mme Touré. Selon les informations recueillies, c’est un huissier de justice qui s’est chargé de remettre la citation au mis en cause, à Thiès, marquant ainsi le début d’une procédure judiciaire pour diffamation.

Dans sa plainte, Aminata Touré reproche à Aliou Diouf des propos portant gravement atteinte à son image et à son honneur. Elle entend ainsi faire valoir ses droits devant les juridictions compétentes, estimant que de telles accusations ne sauraient rester sans suite.

Cette affaire intervient dans un contexte politique marqué par des tensions verbales entre acteurs issus de différentes obédiences. Elle relance par ailleurs le débat sur les limites de la liberté d’expression dans l’espace politique sénégalais, entre droit à la critique et respect de la réputation des personnes publiques.

Le camp de la République des Valeurs n’a pour l’instant pas officiellement réagi à cette assignation, mais il est fort probable que cette affaire alimente encore les joutes politiques dans les jours à venir.

Nouvelle arrestation de Khardiata Tandian pour faux et usage de faux : une récidive troublante

Déjà éclaboussée en 2022 par une affaire de faux passeports, Khardiata Tandian est de nouveau dans la tourmente judiciaire. Elle vient d’être arrêtée pour avoir tenté de décrocher un poste de directrice au Fonds d’appui à l’investissement des Sénégalais de l’extérieur (FAISE), à l’aide d’une fausse lettre de recommandation attribuée au Premier ministre Ousmane Sonko.

Selon les premiers éléments de l’enquête, Khardiata Tandian aurait monté tout un stratagème, avec la complicité d’un marabout actuellement en fuite, pour se faire passer pour une certaine « Madame Ba de la Primature ». Grâce à cette fausse identité, elle a introduit une lettre de recommandation falsifiée auprès du directeur général du FAISE, espérant ainsi obtenir le poste convoité.

Mais c’était sans compter sur la vigilance de Khoureichi Thiam, administrateur directeur général du FAISE. Avant de donner suite à la demande, ce dernier a pris soin de vérifier l’authenticité de la lettre auprès de la Primature. La supercherie a aussitôt été révélée, et le Premier ministre Ousmane Sonko, mis devant les faits, a promptement saisi la justice.

L’enquête menée par la Division des Investigations Criminelles (DIC) s’est rapidement accélérée. Les images de vidéosurveillance du siège du FAISE montrent Khardiata Tandian elle-même déposant la lettre frauduleuse, le 3 mars dernier à 14h30.

Placée en garde à vue, elle a reconnu avoir agi sous une fausse identité et a cité un certain Chérif Zeynil Abidin Sy, gérant de la société « Cachet Express », comme complice. Ce dernier aurait admis avoir confectionné plusieurs documents falsifiés à la demande de Tandian.

Khardiata Tandian et Chérif Zeynil Abidin Sy ont été déférés au parquet et font désormais face à de lourdes charges : faux et usage de faux en écritures publiques, usurpation d’identité et complicité. Parallèlement, les enquêteurs poursuivent leurs efforts pour retrouver le marabout impliqué dans cette affaire.

Cette nouvelle affaire vient ternir un peu plus l’image de Khardiata Tandian, dont le passé judiciaire déjà entaché soulève des inquiétudes. Elle met également en lumière les failles dans les procédures de nomination aux postes publics, et relance le débat sur la nécessité de renforcer les mécanismes de vérification dans les administrations publiques.

Visite de courtoisie à Touba : Serigne Mountakha Mbacké adresse un vibrant témoignage au président Bassirou Diomaye Faye

Ce samedi matin, la ville sainte de Touba a accueilli le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, venu présenter ses condoléances suite au rappel à Dieu de plusieurs dignitaires religieux survenu en ce début d’année 2025. Une visite empreinte de recueillement, mais aussi de fortes charges symboliques et spirituelles.

Au cours de cette visite, le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké, a tenu à adresser un témoignage poignant à l’endroit du Chef de l’État. Dans un discours sobre mais chargé de spiritualité, le guide religieux a exprimé son estime pour le président Diomaye Faye, mettant en avant les valeurs de foi et de proximité avec Dieu.

« Tous ceux dont je suis sûr de leur foi et de leur croyance en Dieu, je les porte dans le fond du cœur. Je ne pouvais ne pas vous dire, j’en prends Dieu comme témoin. Je n’ai qu’une seule destinée, c’est aimer Dieu. J’aime dès lors, tous ceux qui me sont semblables », a déclaré Serigne Mountakha Mbacké, sous les regards attentifs des fidèles et des officiels présents.

Ce témoignage, fort et symbolique, a été perçu comme une marque de bénédiction à l’égard du président Diomaye Faye, dans un contexte où les relations entre le pouvoir politique et les autorités religieuses restent essentielles au Sénégal.

La visite du président à Touba s’est déroulée dans la sobriété et le respect des traditions mourides, illustrant une volonté d’ancrage dans les valeurs spirituelles qui façonnent le tissu social sénégalais.

Lutte contre les inondations : la Mairie de Kaolack implique les populations

La Direction de la Prévention et de la Gestion des Inondations (DPGI), en partenariat avec la Mairie de Kaolack représentée par l’adjointe au maire, Ndéye Madjiguen Diouf, chargée de l’assainissement et du nettoiement, a organisé une caravane de sensibilisation sur le système géographique appliqué à la cartographie des surfaces inondables et des risques d’inondation au Sénégal.

Cette campagne vise à informer la population sur les zones inondables à travers l’ensemble du territoire sénégalais.

« Nous avons lancé cette journée de sensibilisation à la suite d’une séance de formation organisée récemment à Dakar, dans le cadre du Programme intégré de gestion des inondations du Sénégal, en partenariat avec le Programme de gestion des inondations au Sénégal. Nous avons bénéficié d’un renforcement de capacités en matière de gestion des inondations, que nous souhaitons désormais démultiplier auprès des populations afin qu’elles puissent acquérir les connaissances nécessaires dans la lutte contre les inondations », a expliqué Ndéye Madjiguen Diouf, adjointe au maire de la commune de Kaolack.

Ainsi, les populations auront à leur disposition des outils leur permettant d’accéder à toutes les informations nécessaires, ainsi qu’à la cartographie des zones à risque, via une application dénommée « Moytu Mbënd ».

« Les inondations à Kaolack constituent un problème récurrent, affectant gravement la qualité de vie des habitants et perturbant les activités économiques locales. Plusieurs facteurs, à la fois naturels et anthropiques, contribuent à ce phénomène. Pour y faire face, nous appelons les populations à éviter l’occupation des zones non constructibles et à respecter les plans d’urbanisme », a-t-elle ajouté.

La caravane s’est rendue dans les quartiers de Sam et Thioffack, en collaboration avec les délégués de quartier. Un forum de sensibilisation sur les risques d’inondation sera également organisé ce dimanche au niveau du bassin de rétention, afin de mobiliser et d’impliquer davantage les populations dans la prévention et la lutte contre ce fléau.

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