La campagne arachidière 2025, censée renforcer l’économie rurale et assurer des revenus décents aux producteurs, se transforme en fiasco pour de nombreux agriculteurs et acteurs de la filière. Face aux constats alarmants de dysfonctionnements dans la collecte et la commercialisation, le Premier ministre Ousmane Sonko avait récemment reconnu publiquement des lacunes dans la conduite de cette campagne. Cette sortie, bien que sincère, n’a pas échappé aux critiques des acteurs de la société civile et des responsables politiques.
Ibrahima Hamidou Dème, président du mouvement politique ETIC (Ensemble pour le Travail, l’Intégrité et la Citoyenneté), a réagi avec vigueur à cette déclaration dans un post publié sur sa page Facebook. Selon lui, les manquements relevés par le chef du gouvernement ne sauraient être attribués uniquement aux ministres sectoriels, comme le suggérait implicitement Sonko. Pour Juge Dème, la responsabilité première incombe au Premier ministre, en sa qualité de coordinateur de l’action gouvernementale.
Dans son message, le leader d’ETIC dénonce une approche « incohérente » consistant à revendiquer les succès de l’action publique tout en se déchargeant systématiquement des échecs. « Campagne arachidière catastrophique : le Premier ministre reconnaît de graves manquements tout en rejetant la faute sur ses ministres. Mais peut-on sérieusement conduire et coordonner l’action gouvernementale en se glorifiant des succès sans jamais en assumer les échecs ? » s’interroge-t-il.
Pour Ibrahima Hamidou Dème, cette campagne met en lumière un déficit criant de coordination et de pilotage au sommet de l’État. Selon lui, le Premier ministre avait le devoir d’anticiper les difficultés, d’arbitrer les choix stratégiques et d’agir avec rigueur pour éviter les écueils observés sur le terrain. La situation actuelle, caractérisée par des points de collecte non opérationnels et des producteurs pénalisés par des prix insuffisants, serait le résultat direct d’une absence de supervision proactive et d’une gestion trop laxiste des instruments de régulation de la filière.
Le président d’ETIC insiste également sur la dimension humaine et économique de ce fiasco. Les producteurs, qui représentent l’épine dorsale de l’économie rurale, se retrouvent confrontés à l’accumulation de stocks invendus, à des pertes financières et à une incertitude quant à la prochaine campagne agricole. Pour lui, ces manquements pourraient avoir des conséquences durables sur la confiance des acteurs et sur la stabilité économique des zones rurales.
En conclusion, Ibrahima Hamidou Dème appelle à une remise en question profonde de la gouvernance de la filière arachidière et à un redressement urgent de la coordination au plus haut niveau de l’État. Pour lui, seule une implication directe et responsable du Premier ministre permettra de restaurer l’efficacité de cette campagne et de protéger les intérêts des producteurs sénégalais.
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