Zac Mbao : Trois individus interpellés pour vols de carburant en réunion

Le Commissariat d’arrondissement de Zac Mbao a procédé, ce 25 novembre 2025, à l’arrestation de trois individus pour association de malfaiteurs et vols multiples commis en réunion. Ces interpellations font suite à une patrouille des forces de l’ordre au cours de laquelle les éléments ont surpris les suspects en flagrant délit à Keur Mbaye Fall, à proximité de la gare du TER, en train de siphonner du carburant d’un camion non immatriculé. Le véhicule venait tout juste de sortir du port et devait être acheminé jusqu’à Diamniadio. Au moment de l’interpellation, les individus avaient déjà prélevé huit bouteilles de 20 litres, dont une à moitié pleine, les sept autres étant entièrement remplies.

Conduits au commissariat pour interrogatoire, les trois suspects ont reconnu les faits et affirmé être des habitués de ce type de vol. Ils ont révélé avoir commis une dizaine de cas similaires, opérant souvent en connivence avec des chauffeurs de camions qui leur indiquent l’endroit où les véhicules sont stationnés. Selon leurs aveux, ils se rendent ensuite sur place avec des bouteilles et un tuyau pour extraire le carburant, qu’ils revendent ensuite sur le marché noir, avant de partager une partie du butin avec le chauffeur complice.

Ils ont précisé que, dans certains cas, le chauffeur peut même être inconnu pour eux. Ces derniers obtiennent simplement leur numéro via d’autres chauffeurs et les contactent pour leur fournir la localisation du camion. Les suspects se chargent ensuite de prélever le carburant et de procéder à la revente, partageant les gains avec la personne ayant fourni l’information.

Les mis en cause ont été placés en garde à vue et l’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels complices et déterminer l’ampleur réelle de ces vols de carburant en réunion.

Serigne Omar Mbaye : la Cour suprême suspend sa libération dans l’affaire Madiambal Diagne

Serigne Omar Mbaye, présenté comme le marabout de Madiambal Diagne, ne pourra pas recouvrer la liberté dans l’immédiat. Lundi, le parquet général a formé un pourvoi contre la décision de la Chambre d’accusation financière qui avait ordonné sa mise en liberté sous contrôle judiciaire. Ce recours de la justice entraîne désormais la saisine de la Cour suprême, la plus haute juridiction du pays, qui aura la responsabilité de trancher le différend. L’application de la décision de libération est ainsi suspendue jusqu’à l’examen de ce pourvoi.

La Chambre d’accusation financière avait initialement décidé de libérer Serigne Omar Mbaye dans le cadre de l’enquête relative à l’affaire Madiambal Diagne. Le marabout était incarcéré depuis son arrestation, suite à son implication présumée dans cette affaire, pour laquelle il avait été inculpé et placé sous mandat de dépôt pour « association de malfaiteurs ».

Son rôle dans cette enquête est lié à la visite que lui avait rendue Madiambal Diagne à Thiès, peu avant que ce dernier ne quitte le territoire national. Serigne Omar Mbaye avait été arrêté simultanément avec l’épouse et les deux enfants du journaliste, alors que ce dernier faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Farba Ngom continue de recevoir un important soutien religieux et social au pavillon spécial

Depuis son transfèrement de la Maison d’Arrêt de Rebeuss vers le pavillon spécial, le député-maire des Agnam, Farba Ngom, ne cesse de recevoir la visite de nombreuses personnalités publiques et religieuses venues lui témoigner leur solidarité. Cette semaine, c’est le marabout Thierno Yaya Ba, éminente figure religieuse de Richard-Toll, qui s’est déplacé à la tête d’une forte délégation pour s’enquérir de l’état de son disciple.

Lors de cette rencontre, Thierno Yaya Ba a souligné la profondeur des liens qui unissent la grande famille maraboutique de Richard-Toll à Farba Ngom. Selon lui, cette visite traduit « la relation particulière, empreinte de confiance et de respect, qui existe entre leur communauté et le député ». Le guide religieux a également formulé des prières en faveur de la santé et de la sérénité de Farba Ngom, détenu depuis plusieurs mois.

Dans le même élan, la famille de Thierno Amadou Bocar Alpha Ba, originaire d’Oréfondé, a elle aussi fait le déplacement jusqu’à Dakar. Venant exprimer leur soutien à celui qu’ils considèrent comme un fidèle dévoué, les membres de la délégation se sont dits préoccupés par l’état de santé du député, jugé très fragile par les médecins. Leur présence visait à lui apporter un réconfort moral supplémentaire après dix mois de détention.

La délégation, conduite par Thierno Tidiane Ba, porte-parole et frère du khalife Thierno Ousmane Ba, comptait plus de soixante personnes. Elle a transmis à Farba Ngom un message de paix, de solidarité et d’encouragements émanant du khalife d’Oréfondé. Thierno Tidiane Ba a insisté sur l’importance de préserver la cohésion sociale et sur la nécessité d’accompagner de prières toute personne traversant une épreuve, quelle qu’elle soit.

Au terme des différentes visites, des prières ont été formulées pour l’ensemble des détenus du pavillon spécial ainsi que pour le personnel pénitentiaire. Ces moments de recueillement ont rappelé la dimension spirituelle et humaine qui entoure cette série de déplacements, illustrant la volonté des familles religieuses de soutenir moralement toutes les personnes incarcérées, au-delà du seul cas de Farba Ngom.

Asma Khadija recherchée par la gendarmerie après des propos jugés offensants contre Sonko

Les enquêteurs de la Brigade de recherches de Faidherbe se sont rendus à la Sen TV, tandis que la journaliste, actuellement à l’étranger, réagit aux accusations.

La présentatrice de la Sen TV a réagi à cette convocation :

« J’ai été informée que deux gendarmes se sont présentés, le lundi 24 novembre, sur mon lieu de travail pour me remettre une convocation datée du mercredi 26. J’en ai immédiatement avisé mon avocat, qui m’indique que le procureur souhaite que je « prouve » des propos tenus dans un ou deux posts Facebook. Parmi eux, l’affirmation selon laquelle « Ousmane Sonko se serait rendu à Sweet Beauty le jour de la Tabaski ». Propos qui, je le rappelle, ne sont pas nés de mon imagination : ils proviennent des déclarations publiques de Ndèye Khady Ndiaye elle-même. »

« À ce stade, s’il s’agit d’établir la vérité, alors qu’on réouvre le dossier Adji Sarr – Sonko. Il y a là plus de matière que dans mes publications. À moins, bien sûr, que prononcer le nom d’Adji Sarr ne fasse trembler l’autre partie », a-t-elle écrit.

Asma Khadija pose ensuite une série de questions : « Je pose ensuite une question simple, que tout citoyen est en droit de poser : Monsieur le procureur, où étiez-vous… Quand des militants de Pastef m’ont pris pour cible en avril 2024 pour avoir osé demander qui dirigeait réellement le tandem Diomaye–Sonko ? Quand, à l’annonce d’un possible recrutement me concernant en juillet-août 2024, ces mêmes militants se sont permis d’insulter, d’humilier, de publier des images fabriquées en 2020 par une personne mal intentionnée ? Quand j’ai reçu des menaces de mort, subi un cyberharcèlement constant, déménagé quatre fois en vingt mois, vu ma maison cambriolée simplement parce que certains ont décidé que j’étais « leur ennemie » ? Quand je fais mon travail – informer, questionner, éclairer l’opinion – pourquoi ai-je été abandonnée aux meutes numériques qui se croient tout permis ? »

« La justice ne peut être à géométrie variable. Elle ne peut être forte avec les faibles et faible avec les forts. Elle doit être égale pour tous, sans exception, sans privilège, sans peur », affirme la journaliste.

« Je demande donc, en retour, que ceux qui diffusent de fausses images en prétendant qu’il s’agit de moi soient également convoqués. Qu’ils prouvent, eux aussi, ce qu’ils avancent. Comme Ousmane Sonko, j’ai une famille, un mari, des enfants. Ma dignité n’est pas négociable. »

Une absence temporaire du territoire

« Je ne défie pas la justice de mon pays. Je ne suis simplement pas sur le territoire national. Mon avocat vous l’a notifié. À mon retour, je répondrai, comme je l’ai toujours fait, en citoyenne responsable », a précisé Asma Khadija.

« Mais convenons d’une chose : dans un Sénégal traversé par la crise, l’effondrement économique et la souffrance sociale, envoyer deux gendarmes sur un lieu de travail pour une publication Facebook n’est pas une priorité nationale. La République mérite mieux que ces distractions. Elle mérite la vérité. La cohérence. La justice », a conclu la présentatrice de la Sen TV.

Drame de Richard-Toll : un faux témoignage dévoile la vérité sur la mort de Mouhamed Ndiaye

Un tournant décisif vient d’être enregistré dans l’enquête sur la mort de Mouhamed Ndiaye à Richard-Toll, une affaire qui avait initialement été présentée comme une agression mortelle. Les investigations menées par la Brigade territoriale, sous la direction du commandant Mamadou Mbodj, ont finalement permis d’écarter totalement cette hypothèse, selon des informations rapportées par Le Soleil.

Tout a commencé lorsque les gendarmes se sont rendus au domicile de la victime à Dagana pour approfondir les circonstances de la tragédie. Ils y ont interrogé de nouveau Ablaye Diagne Mbodji, présenté comme le rescapé de ce qui était supposé être une agression. Très vite, au fil des questions, les enquêteurs ont relevé de nombreuses contradictions dans son récit. Les incohérences devenant trop importantes pour être ignorées, ils ont confronté le jeune homme à ses déclarations fluctuantes.

Sous la pression des questions et face aux éléments récoltés par les enquêteurs, Ablaye Diagne Mbodji a finalement avoué avoir inventé l’histoire de l’agression. Il a expliqué que, quittant Richard-Toll pour Dagana, il avait confié la conduite de la moto à la victime, Mouhamed Ndiaye. Celui-ci, selon ses dires, manquait d’expérience en matière de conduite. En approchant d’un virage près de Keur Birane, le jeune conducteur aurait perdu le contrôle du deux-roues, provoquant une violente sortie de route. L’impact a été fatal : Mouhamed Ndiaye est mort sur le coup.

En réalité, l’agression supposée n’avait jamais eu lieu. Totalement dépourvu de permis de conduire, Ablaye Diagne Mbodji a indiqué avoir inventé ce scénario pour se décharger de toute responsabilité dans ce qui n’était autre qu’un accident tragique. Cette fausse version devait, selon lui, masquer la négligence d’avoir remis la moto à une personne non habilitée à la conduire.

À la suite de ses aveux, le jeune homme a été placé en garde à vue à la brigade de Richard-Toll. Il est poursuivi pour mise en danger de la vie d’autrui, homicide involontaire et confiance de véhicule à une personne dépourvue de permis. Sa tentative de dissimulation aggrave désormais sa situation judiciaire, alors que les enquêteurs cherchent à préciser l’ensemble des responsabilités liées au drame.

L’enquête se poursuit pour éclaircir tous les aspects de cette affaire, profondément relancée par ces nouveaux éléments qui ont totalement renversé la compréhension initiale des faits.

Un lycéen de 22 ans échappe à la prison ferme après avoir poignardé un promoteur et un gendarme lors d’une soirée de lutte à Fissel

Selon des informations rapportées par L’Observateur, le tribunal de grande instance de Mbour a rendu, hier, un verdict qui suscite de vives réactions. D. Faye, élève en classe de Terminale et âgé de 22 ans, reconnu coupable de violences aggravées avec arme blanche, a été condamné à six mois de prison assortis du sursis. Une peine légère au regard de la gravité des faits qui se sont déroulés le jeudi 6 novembre 2025 à Fissel, lors d’une grande cérémonie de lutte traditionnelle.

Ce soir-là, M. Faye, promoteur de l’événement, avait mobilisé d’importants moyens pour accueillir un public venu en masse. La gendarmerie locale, consciente de l’ampleur de l’affluence, avait été déployée en nombre afin d’assurer la sécurité autour de l’arène. Mais au cœur de la nuit, alors que la fête battait son plein, un groupe de jeunes des villages environnants a tenté d’accéder à l’enceinte sans s’acquitter du prix du ticket d’entrée. Le ton est monté brusquement, et la situation a dégénéré en affrontements violents.

Alerté par cette montée de tension, le promoteur s’est précipité vers les forces de l’ordre pour signaler la menace. Les gendarmes, regroupés à l’entrée principale, se sont retrouvés face à une foule agressive, dont certains membres étaient armés de machettes. Les jets de pierres ont fusé en direction du cordon de sécurité, créant un climat de chaos généralisé. Malgré la pression, les forces de l’ordre ont tenu leur position et se sont opposées fermement à toute intrusion.

C’est dans cette confusion totale que le jeune D. Faye est intervenu, armé d’un couteau. Selon L’Observateur, il aurait poignardé le promoteur au niveau du bras avant de s’en prendre à l’un des gendarmes, M. D. Sène. Le militaire n’a dû son salut qu’à sa ceinture de sécurité, qui a amorti le coup porté à son abdomen. Grièvement blessé mais encore lucide, le gendarme est parvenu à maîtriser son agresseur malgré la violence de l’attaque. Les deux blessés ont été évacués vers une structure sanitaire pour y recevoir les soins nécessaires, tandis que le jeune assaillant a été placé en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie.

Devant le tribunal de Mbour, le prévenu a tenté de minimiser les faits en affirmant qu’il ne détenait qu’un « petit couteau » et qu’il n’aurait frappé le gendarme que pour « se dégager », ce dernier le retenant par le pantalon au moment de la bousculade. Son avocat a plaidé la clémence, rappelant que le jeune homme doit passer les épreuves du baccalauréat cette année et qu’il n’a jamais eu affaire à la justice auparavant. Le procureur de la République, lui, s’est montré inflexible, qualifiant l’acte d’« extrêmement grave » et soulignant que le gendarme « a failli être tué » sans la protection de sa ceinture.

Si l’un des plaignants, le gendarme M. D. Sène, était absent à l’audience, le promoteur blessé, présent à la barre, a déclaré avoir pardonné à son agresseur. Ce geste, conjugué au profil scolaire du prévenu, a probablement pesé dans la balance au moment du délibéré.

Madiambal fusille Abass Fall : “Le maire des baudets ne fait que répéter les âneries de Sonko”

Une vive passe d’armes secoue une nouvelle fois la scène politique sénégalaise. Ce mercredi, le journaliste Madiambal Diagne a lancé une réplique cinglante au maire de Dakar, Abass Fall, qu’il accuse d’avoir moqué sa couleur de peau dans une sortie qu’il juge indigne d’un responsable public.

Dans un message sur X, Madiambal charge sans retenue. Il affirme que si Abass Fall avait “un minimum de culture”, il lui aurait rappelé une fable de La Fontaine évoquant Aliboron, symbole d’ignorance et de médiocrité. Mais, selon lui, le maire qu’il qualifie “d’usurpateur” serait “au niveau des baudets” et se contenterait de répéter “les âneries de Sonko”, en référence au Premier ministre.

L’élément qui a mis le feu aux poudres est une pique d’Abass Fall sur le teint de Madiambal, qu’il aurait qualifié de “noirot”. Une insulte que le journaliste juge d’autant plus choquante qu’elle émane, selon lui, de dirigeants d’un parti se réclamant du panafricanisme. “Pathétique, l’élite panafricaniste de Pastef”, a-t-il fustigé.

Les talibés de Serigne Mansour Sy Djamil dénoncent des “manipulations” autour des propos du guide religieux

Les disciples de Serigne Mansour Sy Djamil ont vivement réagi aux polémiques suscitées par les récents propos de leur guide religieux, exprimés après l’annonce du voyage simultané du Président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko. Dans un communiqué rendu public, ils dénoncent ce qu’ils qualifient de “manipulations” et de tentatives de déformation destinées, selon eux, à discréditer une figure spirituelle respectée sur la scène nationale.

Selon les talibés, la prise de position de Serigne Mansour Sy Djamil n’avait rien d’alarmiste ni de polémique. Ils affirment qu’elle relevait plutôt d’une démarche mûrement réfléchie, guidée par un sens élevé de responsabilité et un profond souci de stabilité. Pour eux, le guide religieux a simplement exprimé une interrogation légitime quant à l’opportunité d’un déplacement conjoint du chef de l’État et de son Premier ministre, un sujet qui, à leurs yeux, mérite d’être abordé avec lucidité et prudence.

Dans leur mise au point, les disciples rappellent la portée morale, sociale et même politique de la parole de Serigne Mansour Sy Djamil. Ils estiment que son regard sur les affaires du pays s’inscrit dans une tradition spirituelle ancienne, faite d’observation, de conseil et de rappel. Ils soulignent que son influence dépasse le cadre religieux pour toucher des problématiques nationales et internationales, ce qui confère un poids particulier à chacune de ses interventions dans l’espace public.

Les talibés disent également constater une “indignation sélective” chez certains acteurs publics et commentateurs, qui accepteraient sans difficulté des critiques similaires formulées par d’autres personnalités, mais s’offusqueraient dès lors qu’elles émanent de leur guide. Pour eux, cette attitude révèle des arrière-pensées et une volonté de fragiliser l’autorité morale de Serigne Mansour Sy Djamil.

Dans un ton plus ferme, le communiqué met en garde contre toute attaque personnelle ou tentative de dénigrement à l’égard du guide religieux. Les disciples estiment que la dignité de leur marabout ne saurait être bafouée dans un contexte où les réseaux sociaux amplifient les dérives verbales. Ils préviennent que toute nouvelle déformation ou manipulation de ses propos fera désormais l’objet d’une réponse “ferme et appropriée”.

Cette réaction s’inscrit dans un moment politique marqué par une forte activité institutionnelle, où les déplacements internationaux du Président et du Premier ministre nourrissent commentaires, interrogations et parfois polémiques. Pour les talibés de Serigne Mansour Sy Djamil, il est essentiel de préserver la dimension spirituelle et morale de leur guide, qu’ils considèrent comme un repère dans un climat public souvent dominé par les passions politiques et les lectures partisanes.

Université de Saint-Louis : les étudiants suspendent les cours pour 24 heures et menacent de durcir le mouvement

L’Université Gaston Berger de Saint-Louis est de nouveau secouée par une montée de tension qui fait ressurgir les vieux démons des crises sociales et académiques. Ce mardi 25 novembre, la Coordination des étudiants a décrété un mot d’ordre de suspension totale des activités pédagogiques pour 24 heures, combiné à une Journée sans ticket renouvelable (JST), une mesure souvent utilisée comme levier de pression contre l’administration. Ce débrayage, qui paralyse cours et évaluations, traduit un profond malaise au sein de la communauté estudiantine.

Dans un communiqué transmis à la presse, les étudiants dénoncent avant tout le retard jugé « inexplicable » dans la régularisation de la situation des boursiers. Ils rappellent que plusieurs étudiants vivent une précarité accentuée par ces retards de paiement, qui affectent le logement, la restauration et même la capacité à poursuivre leurs études dans des conditions dignes. Pour eux, l’absence de réponses concrètes malgré des engagements répétés des autorités ne fait qu’aggraver la frustration et la perte de confiance.

Les revendications ne s’arrêtent pas là. La Coordination pointe également l’immobilisme autour des chantiers du campus social, dont le démarrage effectif se fait toujours attendre. Ces projets, censés améliorer les conditions de vie des étudiants à travers la rénovation des dortoirs, l’augmentation des capacités d’hébergement ou encore la modernisation des infrastructures de restauration, semblent être à l’arrêt. Les étudiants estiment qu’un tel retard est devenu « intenable », alors même que la population estudiantine continue de croître chaque année.

Autre point de crispation : l’accès à une connexion Internet stable et opérationnelle, un besoin désormais essentiel au fonctionnement de l’université. Ils affirment que l’absence d’un réseau performant handicape gravement les activités académiques, qu’il s’agisse de la recherche documentaire, des travaux dirigés en ligne ou des cours hybrides introduits depuis la pandémie. Pour eux, dans une université moderne, l’Internet ne doit plus être considéré comme un luxe mais comme un outil pédagogique fondamental.

Face à ce qu’ils considèrent comme une accumulation de manquements, les étudiants préviennent qu’ils ne comptent pas relâcher la pression. La Coordination affirme suivre de près les réactions des autorités et n’exclut pas de durcir le mouvement si leurs préoccupations ne sont pas prises en charge dans les plus brefs délais. Une radicalisation du mouvement reste donc possible, au risque de replonger l’UGB dans l’une de ces longues crises qui perturbent régulièrement son calendrier académique.

Alors que les autorités universitaires et étatiques sont attendues pour une prise de position claire, les regards restent tournés vers Saint-Louis, où les étudiants semblent plus déterminés que jamais à faire entendre leurs revendications.

Violence à l’égard des femmes : un fléau mondial qui stagne depuis 20 ans malgré les alertes

Un nouveau rapport conjoint de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de plusieurs agences des Nations unies dresse un constat alarmant : la violence faite aux femmes demeure l’une des violations des droits humains les plus répandues et les plus négligées, et les progrès réalisés en vingt ans sont presque inexistants. Malgré deux décennies de plaidoyer international, la situation reste dramatiquement inchangée, preuve d’un engagement mondial largement insuffisant.

Selon le document, près d’une femme sur trois dans le monde – soit 840 millions de femmes – a subi au moins une fois dans sa vie des violences physiques ou sexuelles, commises le plus souvent par un partenaire intime. Ce chiffre, stable depuis l’an 2000, témoigne d’une stagnation inquiétante. Rien que pour l’année écoulée, 316 millions de femmes, représentant 11 % des femmes âgées de 15 ans et plus, déclarent avoir subi des violences infligées par leur conjoint ou ex-conjoint. Le rapport souligne que la baisse annuelle moyenne n’est que de 0,2 %, un rythme qui, à ce stade, rend illusoire l’idée d’éradiquer ce fléau à moyen terme.

Pour la première fois, le document inclut aussi des estimations sur la violence sexuelle perpétrée par une personne autre que le partenaire intime. On y apprend que 263 millions de femmes en ont été victimes depuis l’âge de 15 ans. Selon les auteurs, il s’agit très probablement d’une estimation minimale, tant la stigmatisation, la peur des représailles ou la honte conduisent de nombreuses survivantes à se taire.

Face à ces chiffres, le Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, dénonce une situation « intenable » et rappelle que chaque statistique dissimule une vie brisée. Il affirme qu’aucune société ne peut se dire juste ou en bonne santé lorsque la moitié de sa population vit dans la peur. Pour lui, l’autonomisation des femmes est « une condition préalable à la paix, au développement et à la santé », et non un simple choix politique.

Une crise aggravée par le recul des financements

L’un des aspects les plus préoccupants du rapport concerne l’effondrement des financements destinés à la prévention. L’étude, qui analyse des données provenant de 168 pays entre 2000 et 2023, révèle qu’en 2022, seulement 0,2 % de l’aide mondiale au développement a été consacrée à des programmes de prévention de la violence. Pire encore, ce financement déjà dérisoire a continué de diminuer en 2025. Ce désengagement survient à un moment où les risques augmentent, stimulés par les crises humanitaires, l’essor des technologies numériques et des inégalités socio-économiques qui se creusent.

Des violences qui commencent tôt et durent toute la vie

Les violences ne touchent pas seulement les femmes adultes : elles débutent souvent dès l’adolescence. Au cours de l’année écoulée, 12,5 millions d’adolescentes âgées de 15 à 19 ans, soit 16 % d’entre elles, ont été victimes de violences de la part d’un partenaire intime. Les conséquences sont graves et durables : grossesses non désirées, infections sexuellement transmissibles, dépression, troubles psychologiques, perte d’opportunités scolaires et professionnelles, ainsi que reproduction intergénérationnelle de la violence.

Certaines régions du monde sont particulièrement exposées. L’Océanie – à l’exception de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande – affiche une prévalence de 38 %, soit plus de trois fois la moyenne mondiale. Les femmes des pays les moins avancés, des zones de conflit ou des régions menacées par le changement climatique sont également les plus vulnérables, faute de services de protection, de lois efficaces ou de mécanismes de soutien.

Des exemples de progrès qui montrent que le changement est possible

Malgré ce tableau sombre, le rapport met en avant plusieurs initiatives nationales qui démontrent que des avancées sont possibles lorsque les gouvernements s’engagent sérieusement. Au Cambodge, la révision du cadre législatif, l’amélioration des services d’accompagnement, la rénovation des refuges pour survivantes et l’introduction d’outils numériques dans les écoles ont permis de réduire progressivement les violences. Des pays comme l’Équateur, le Libéria, l’Ouganda ou Trinité-et-Tobago ont, eux aussi, adopté des plans d’action nationaux financés et chiffrés, avec des résultats encourageants.

Un appel urgent à l’action politique et financière

Le rapport exhorte les gouvernements à dépasser les déclarations d’intention pour financer, à grande échelle et de manière urgente, les programmes de prévention qui ont démontré leur efficacité. Il insiste sur la nécessité de renforcer les services de santé, de justice et d’accompagnement social centrés sur les survivantes, d’améliorer les systèmes de données afin d’identifier les groupes les plus exposés, et d’appliquer strictement les lois qui favorisent l’autonomie des femmes.

Mort subite dans la famille de Nogaye Thiam : quand la médecine éclaire le drame

L’affaire Nogaye Thiam, initialement abordée sous l’angle des tensions familiales, prend aujourd’hui une dimension médicale cruciale. Là où certains imaginaient des circonstances lourdes, des gestes malveillants ou un basculement tragique, un fait implacable est apparu : la défunte était la septième victime d’une série de morts soudaines au sein de la même famille. Cette observation a poussé de nombreux spécialistes à dépasser l’hypothèse des conflits internes et à envisager une explication génétique.

« Lorsqu’on compte autant de décès similaires dans une fratrie, il devient impossible de ne pas envisager une cause génétique. La médecine y voit un signal fort, presque une signature », explique Dr Oumou D. Kébé, cardiologue sénégalaise, dans un entretien avec L’As. Selon elle, ces morts soudaines, souvent incomprises, peuvent être liées à des affections héréditaires capables d’interrompre le rythme cardiaque sans prévenir. « Le cœur peut sembler normal, les examens habituels peuvent passer à côté. Mais un défaut électrique ou une anomalie structurelle peut provoquer une défaillance fatale en quelques secondes », précise la spécialiste. Elle cite notamment le syndrome du QT long, certaines cardiomyopathies familiales ou le syndrome de Brugada comme des causes régulièrement impliquées dans ces décès répétés.

Ce qui entretient la confusion, c’est la soudaineté des événements. Ces décès surviennent brutalement, parfois après un choc émotionnel, et sans le moindre signe précurseur. Dans un foyer où règnent des tensions, l’association avec un acte volontaire est immédiate. Pourtant, les médecins rappellent qu’une telle coïncidence n’a rien d’exceptionnel chez les personnes génétiquement fragiles. « Une dispute, une frayeur, un choc émotionnel peuvent suffire à déclencher le drame. Cela donne l’illusion d’un acte volontaire, alors qu’il s’agit d’un mécanisme purement biologique », insiste Dr Kébé.

Face à la répétition des décès dans la famille de Nogaye Thiam, les spécialistes s’accordent sur la nécessité urgente de protéger les survivants. Le dépistage n’est pas une simple option, il devient une obligation dès qu’une famille est frappée par plusieurs morts soudaines. Il est essentiel d’examiner tous les membres de la famille, enfants, frères, sœurs, parents, même ceux qui n’ont jamais présenté le moindre malaise. Les examens indispensables incluent l’électrocardiogramme, l’échographie cardiaque, le Holter, les tests d’effort, l’IRM cardiaque et, lorsque cela est possible, l’analyse génétique.

Si une anomalie est identifiée, des mesures préventives permettent d’éviter le pire. « Nous disposons de traitements efficaces, de médicaments qui stabilisent le rythme et de dispositifs implantables pour les cas à haut risque. Le plus important est d’identifier la maladie avant qu’elle ne frappe à nouveau », souligne Dr Kébé. Elle insiste également sur l’importance de sensibiliser l’ensemble de la famille, y compris ceux qui vivent loin ou qui se croient en parfaite santé.

« Youssou Ndour décroche le Grand Prix Sacem 2025 pour Éclairer le monde »

La Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem) a décerné, ce lundi 24 novembre 2025, son prestigieux Grand Prix à Youssou Ndour, saluant ainsi son album Éclairer le monde. Cette distinction, l’une des plus importantes dans le domaine musical, vient récompenser l’artiste sénégalais pour sa contribution exceptionnelle à la scène musicale mondiale et son engagement artistique durable.

Sorti au début de l’année, Éclairer le monde marque un retour inspiré de Youssou Ndour, qui réussit à mêler avec élégance les sonorités traditionnelles du mbalax aux arrangements modernes et aux messages humanistes porteurs de sens. L’album, qui a immédiatement séduit le public et la critique, témoigne d’une maturité artistique renouvelée. Chaque morceau reflète la capacité de l’artiste à conjuguer musique, engagement social et universalisme, confirmant son rôle de voix influente en faveur de la paix, de l’unité et de la justice sociale.

Cette nouvelle reconnaissance de la Sacem s’inscrit dans une carrière déjà jalonnée de distinctions nationales et internationales, et vient renforcer la stature de Youssou Ndour comme l’un des ambassadeurs les plus emblématiques de la musique africaine dans le monde. Le Grand Prix 2025 ne se limite pas à récompenser un album, il souligne également l’impact culturel et humaniste de l’œuvre de l’artiste, ainsi que sa capacité à inspirer de nouvelles générations de musiciens.

Avec Éclairer le monde, Youssou Ndour confirme une fois de plus sa place au sommet de la scène musicale internationale, prouvant que sa créativité et son engagement continuent de rayonner bien au-delà des frontières sénégalaises. Ce Grand Prix Sacem s’ajoute ainsi à une longue liste de récompenses, consolidant son rôle de figure majeure de la musique et de la culture africaine à l’échelle globale.

Agression mortelle sur la RN2 : trois suspects recherchés après la mort de Mouhamed Ndiaye

Selon des informations rapportées par le journal Libération, les gendarmes sont à la recherche de trois individus suspectés d’être impliqués dans l’agression ayant coûté la vie à Mouhamed Ndiaye, un jeune étudiant de 21 ans inscrit en première année de Mécanique à l’Isep de Richard-Toll. Une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux montrait d’ailleurs la victime quelques heures avant le drame, sans laisser présager l’issue tragique qui allait suivre.

Comme il en avait l’habitude, Mouhamed Ndiaye avait, en ce 20 septembre, passé une partie de la journée à aider sa mère à vendre du couscous à Dagana. Une fois son aide apportée, il avait pris la route en direction de Richard-Toll, accompagné de son ami Abdoulaye Diagne Mbodj, âgé de 22 ans. Les deux jeunes circulaient à moto, une KTM, lorsqu’ils ont quitté la ville et emprunté la RN2.

D’après les premiers éléments de l’enquête consultés par Libération, leur trajet a basculé dans l’horreur aux environs de 21 h 55, à hauteur du village de Keur Birane. Trois individus, non encore identifiés, se tenaient sur le rebord droit de la chaussée dans le sens de circulation des deux jeunes. Ces derniers auraient tenté d’intercepter la moto. Face au refus de Mouhamed Ndiaye de s’arrêter, l’un des agresseurs lui a porté un violent coup de bâton alors que l’engin était en pleine marche.

Sous l’impact du coup, combiné à la vitesse de la moto, Mouhamed Ndiaye a été mortellement touché. Il serait décédé sur le coup, selon les premières constatations. Son ami Abdoulaye Diagne Mbodj, quant à lui, a été grièvement blessé et pris en charge en urgence. L’obscurité, qui enveloppait le secteur à cette heure avancée, a permis aux assaillants de s’enfuir rapidement, se fondant dans la nuit avant l’arrivée des secours.

Alertée, la Brigade territoriale de la gendarmerie de Richard-Toll a déployé une patrouille dans la zone, dans l’espoir de retrouver les suspects ou de collecter des indices exploitables. Malgré les recherches intensives menées dans les environs, aucun suspect n’a pour l’instant pu être appréhendé.

Arrestation d’un officier : Le témoignage oublié du commandant Abdoulaye Alphonse Ndiaye

Dakar, 1967. Ce qui devait être la carrière prestigieuse d’un officier sénégalais se transforma en cauchemar politique. Abdoulaye Alphonse Ndiaye, né en 1928 à Sainte-Waly, ancien soldat de l’armée française et premier commandant du Corps national des sapeurs-pompiers, raconte comment il fut inculpé dans une affaire de complot contre le président Léopold Sédar Senghor, alors qu’il affirme n’en connaître ni les auteurs ni les motivations.

D’un militaire modèle aux marges du pouvoir

Engagé à 18 ans dans l’armée française après l’école militaire de Saint-Louis, Ndiaye sert sur plusieurs théâtres d’opérations : Indochine, Guinée, Niger, France, Dahomey…

À l’indépendance, il est transféré dans l’armée malienne puis sénégalaise, « sans consentement », mais avec fierté, convaincu d’assister à la naissance d’États libres.

Il gravit les échelons jusqu’à sa nomination, en 1965, à la tête du tout jeune Corps national des sapeurs-pompiers. Sa mission : réorganiser une unité en ruine, mal équipée et lourdement endettée. Mais ses efforts sont entravés par un ministre hostile, qu’il accuse d’humiliation et de règlements de comptes. Épuisé, il demande sa mutation le 31 décembre 1966.

Il ne le sait pas encore : sa disgrâce ne fait que commencer.

24 mars 1967 : l’arrestation

À Saint-Louis, un télégramme tombe : on l’ordonne de prendre un avion en tenue civile. Méfiant, Ndiaye embarque malgré tout en uniforme.

À Dakar, deux officiers armés l’attendent. Il comprend qu’il se passe quelque chose lorsqu’ils lui ordonnent de se changer immédiatement.

Il refuse. Il quitte le véhicule, prend un taxi et se rend lui-même à la police centrale.

« Cette piètre façon de traiter un officier révoltera, j’en suis sûr, la conscience de beaucoup de citoyens honnêtes », écrit-il plus tard.

Interrogatoires et faim

Assis face à un inspecteur « en treillis sale, bottes poussiéreuses, journal sur la table », il découvre dans la presse la raison de sa convocation : un attentat manqué contre le président Senghor. On parle de “Diaïstes”, proches de l’ancien président du Conseil Mamadou Dia, emprisonné depuis 1962 après son conflit politique avec Senghor. Ndiaye n’en connaît que deux, de loin.

Il demande à manger. On l’accuse alors de vouloir se saouler. Ce n’est qu’après consultation de l’état-major qu’il obtient un sandwich et une bière.

Pendant cinq jours, on l’interroge sans relâche. On tente de le fatiguer, on le confronte à des inconnus. Il refuse d’avouer ce qu’il affirme ignorer.

« Ils essayaient de me travailler les nerfs avant de passer au sérieux », notera-t-il.

Le choc du parquet

Le 28 mars, il est présenté au juge d’instruction. Il y retrouve d’autres officiers, parmi eux les colonels Faye et Soumaré. Dans la grille du parquet, un jeune homme menotté attire l’attention : Moustapha Lô, celui qui aurait tenté de tuer Senghor deux ans plus tôt.

Mais un autre détenu glace l’assistance : Dra, cheveux brûlés, visage défait, « sous le choc du traitement électrique ». Les signes visibles de la torture avaient remplacé les interrogatoires.

Tous reçoivent un mandat de dépôt.

Direction : le Fort B

Peu après minuit, transportés dans un « panier à salade », Ndiaye et les autres militaires sont séparés des civils détenus au camp pénal de Hann. Eux sont acheminés dans une prison secrète, souterraine, connue sous le nom de Fort B.

Son crime ? Ne pas avoir dénoncé un complot dont il ignorait tout.

Un témoignage sur l’État sécuritaire post-indépendance

Le récit du commandant Ndiaye éclaire une période taboue de l’histoire sénégalaise : la consolidation du pouvoir dans un climat de méfiance, la surveillance militarisée, et les dérives d’un État jeune hanté par le spectre des coups d’État.

Aujourd’hui, ses mots résonnent comme une invitation à compléter la mémoire collective : celle des oubliés de l’indépendance.

Dakar : une vaste opération conjointe Police–Gendarmerie aboutit à 554 interpellations

La capitale sénégalaise a été le théâtre d’une opération de sécurisation de grande envergure dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 novembre 2025. Entre 20 heures et 6 heures du matin, la Police nationale et la Gendarmerie ont mené une action coordonnée qui a abouti à l’interpellation de 554 personnes pour divers motifs, selon un communiqué officiel publié ce dimanche.

Cette opération nocturne, déployée dans plusieurs zones stratégiques de Dakar, visait à renforcer la lutte contre l’insécurité, les activités criminelles et les dérives liées à la délinquance urbaine. Les forces de l’ordre ont été particulièrement actives dans les quartiers identifiés comme sensibles, mais aussi dans les grands axes de circulation, les zones de forte affluence et les points réputés pour abriter des activités illicites.

Sur les 554 personnes interpellées, 429 ont été arrêtées dans le cadre de simples vérifications d’identité. Les forces de sécurité expliquent que ces contrôles massifs sont destinés à détecter d’éventuels suspects en fuite, prévenir les agressions nocturnes et entraver les réseaux criminels qui profitent souvent de la nuit pour opérer. Parmi les autres personnes interpellées, 69 l’ont été pour ivresse publique manifeste, un phénomène qui continue de poser des problèmes de sécurité et de tranquillité dans certains quartiers de la capitale.

L’opération a également permis l’arrestation de 18 individus pour des infractions liées aux stupéfiants, ainsi que de 34 autres pour des faits d’escroquerie, de vols, de rixes, d’abus sexuels sur mineur ou encore de racolage. Les autorités ont annoncé la saisie de 2,5 kg de chanvre indien et 310 grammes de cornets, confirmant une nouvelle fois que Dakar demeure une zone de transit et de consommation pour certaines drogues.

La dimension routière a aussi été un axe fort de cette initiative. Au total, 149 motos et 38 véhicules légers ont été immobilisés, dont 26 ont été directement envoyés en fourrière. Ces immobilisations visent à lutter contre les comportements dangereux, les véhicules non conformes et les motos parfois utilisées pour des actes criminels tels que les vols à l’arraché.

Pour mener à bien cette opération, un effectif impressionnant a été mobilisé : 527 policiers, dont 237 issus du Groupement mobile d’intervention (GMI), ainsi que 356 gendarmes. Les forces de l’ordre ont également déployé 69 moyens roulants — voitures d’intervention, motos de poursuite — ainsi que deux chiens spécialisés dans la détection de stupéfiants et d’objets illicites.

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Mouhamadou Bamba Cissé, a personnellement supervisé l’opération. Dans une déclaration à la presse, il a insisté sur « la disponibilité et la volonté de son département d’appuyer activement » les unités opérationnelles pour garantir la sécurité des populations. Il a également rappelé la détermination de l’État à renforcer les actions préventives et répressives afin de contenir l’insécurité dans la région de Dakar.

Cette vaste opération marque une nouvelle étape dans la stratégie de sécurisation des autorités, dans un contexte où les citoyens expriment régulièrement leur inquiétude face aux agressions, aux vols et aux nuisances nocturnes. Les résultats obtenus seront scrutés de près alors que de nouvelles initiatives pourraient être annoncées dans les semaines à venir.

Scandale à l’hôpital Dalal Jamm : un marché de 1,454 milliard F CFA au cœur d’irrégularités graves

Un nouveau scandale éclabousse le secteur de la santé publique. Un audit technique commandité par l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARCOP) révèle de lourdes irrégularités dans l’exécution d’un marché au Centre hospitalier national Dalal Jamm (CHNDJ). Le projet concernait la construction d’un bâtiment R+2 destiné à accueillir deux unités hautement stratégiques : la greffe de moelle osseuse et la procréation médicalement assistée (PMA), des infrastructures essentielles pour moderniser l’offre de soins au Sénégal.

Le marché avait été attribué, à l’issue d’un appel d’offres restreint, au groupement Sylla Trading Corporation Sarm/Groupe Delta pour un montant initial de 1,119 milliard de F CFA. Pourtant, au fil des mois, le coût final du projet a explosé pour atteindre 1,454 milliard de F CFA, soit une augmentation de plus de 334 millions de francs. Ce surcoût provient d’un avenant signé en avril 2022, censé couvrir des travaux supplémentaires et une prolongation du délai d’exécution.

Cet avenant est précisément au cœur des critiques formulées par les auditeurs du cabinet Adoc SA. Selon leur rapport, une partie substantielle des travaux intégrés dans l’avenant était déjà incluse dans le marché initial. Les experts estiment que 178,4 millions de F CFA correspondent à des tâches qui auraient dû être exécutées dans le cadre du contrat de base et n’avaient aucune raison d’être facturées en supplément. Une anomalie qui interroge profondément sur la transparence de la gestion du projet et les mécanismes de contrôle interne du CHNDJ.

L’audit met également en lumière un retard considérable dans l’exécution du chantier. Alors que les travaux étaient censés durer dix-huit mois, l’équipe d’audit a constaté qu’après trente-trois mois, le bâtiment n’était toujours pas livré. Ce dépassement de délai de neuf mois aurait dû entraîner l’application de pénalités contractuelles à l’encontre de l’entreprise adjudicataire. Pourtant, les auditeurs notent que ces pénalités n’ont jamais été réclamées. Le manque à gagner pour l’hôpital est estimé à 332,7 millions de F CFA. Cette omission renforce les soupçons d’une gestion défaillante ou complaisante de la part de l’autorité contractante.

Le rapport révèle par ailleurs des faits encore plus inquiétants. Les experts ont découvert que des travaux d’une valeur de 63,4 millions de F CFA TTC ont été facturés alors qu’ils n’étaient pas encore réalisés lors de leur visite. Autrement dit, des paiements ont été validés sur des prestations inexistantes, ce qui constitue une violation flagrante des règles de comptabilisation des dépenses publiques. L’équipe d’audit a aussi relevé une surévaluation manifeste des quantités de certains matériaux, gonflant artificiellement le coût total du marché de près de 75 millions de F CFA TTC.

Enfin, autre manquement majeur : l’entreprise chargée des travaux n’aurait jamais fourni la garantie de bonne exécution ni la retenue de garantie pourtant exigées dans tout marché public de cette nature. Ces mécanismes, essentiels pour protéger l’État en cas de malfaçons ou de défaut d’exécution, semblent avoir été purement ignorés.

Au terme de leur mission, les auditeurs du cabinet Adoc SA ont été catégoriques : « le projet est exécuté de manière peu satisfaisante au regard des normes techniques, administratives et générales ». Un constat sévère qui ouvre la voie à des interrogations encore plus profondes : comment un marché aussi sensible a-t-il pu accumuler autant d’irrégularités sans qu’aucune alerte ne soit soulevée ? Pourquoi les organes internes de contrôle du CHNDJ n’ont-ils pas agi ? Et surtout, qui devra répondre de ces manquements ?

À l’heure où le Sénégal s’efforce de moderniser son système de santé et d’améliorer la qualité des infrastructures hospitalières, ce scandale est un signal d’alarme. Il met en lumière l’urgence de renforcer la gouvernance, la transparence et la rigueur dans la gestion des marchés publics, notamment dans un secteur aussi vital que la santé.

Tambacounda : Plaidoyer pour un meilleur accompagnement du secteur de la banane, l’appel d’Ousseynou Niane

Ousseynou Niane, secrétaire général des coopératives agricoles agréées du Sénégal et entrepreneur agricole, tire la sonnette d’alarme et plaide pour un appui renforcé au secteur de la banane et, plus généralement, à l’agriculture, un secteur qui contribue fortement à l’économie nationale, particulièrement à Tambacounda, mais qui reste confronté à des défis persistants.

Des résultats importants malgré le manque de moyens

Selon lui, les petits producteurs de Tambacounda continuent d’obtenir des résultats remarquables, malgré l’absence de ressources adéquates :

« Chaque année, nous produisons plus de 50 000 tonnes de bananes, alors que la plupart des producteurs n’ont ni engrais, ni fumier, ni machines. Ces performances montrent le potentiel énorme de l’agriculture sénégalaise, mais révèlent également la nécessité urgente d’un meilleur accompagnement », souligne-t-il.

Des pertes liées au climat et des besoins d’appui structurel

Ousseynou Niane rappelle que même les exploitations les mieux organisées ne sont pas épargnées.

« Je dispose de plus de 300 hectares de bananes, mais l’inondation de l’année dernière a tout détruit. Si nous, entrepreneurs structurés, subissons des pertes estimées à deux milliards, imaginez la situation des petits producteurs », explique-t-il, insistant sur l’importance d’appuyer les initiatives locales pour renforcer leur résilience.

Un secteur créateur d’emplois et de valeur

Le technicien agricole rappelle que l’agriculture demeure l’un des secteurs les plus capables d’absorber la main-d’œuvre nationale.

« Beaucoup de jeunes veulent intégrer l’administration, mais ici nous employons plus de 400 personnes dans le secteur de la banane. L’agriculture crée de la valeur, de l’emploi et de véritables opportunités économiques », affirme-t-il.

Il cite notamment ses activités dans les Niayes, à Gadiaga Noto, où la production d’oignons et de pommes de terre contribue à l’approvisionnement du marché.

Un appel fort à l’État, à la jeunesse et aux partenaires

Ousseynou Niane lance un appel pressant :

À l’État : pour renforcer les subventions, améliorer l’accès aux intrants et mécaniser davantage les exploitations. Aux ONG et partenaires : pour poursuivre et étendre leurs appuis techniques et financiers. Aux jeunes et aux femmes : pour rejoindre un secteur porteur capable de transformer durablement l’économie nationale.

Le jeune entrepreneur agricole insiste :

« L’agriculture est un secteur stratégique. Sans un accompagnement plus fort et plus durable, nous ne pourrons pas exploiter pleinement notre potentiel. Soutenir les producteurs, c’est investir dans la sécurité alimentaire du Sénégal. »

Avec ce plaidoyer, Ousseynou Niane met en lumière non seulement les difficultés du monde rural, mais surtout les résultats déjà obtenus et le potentiel immense qui ne demande qu’à être consolidé.

Kolda : la diaspora bissau-guinéenne plébiscite largement le président Umaro Sissoco Embaló

Les résultats provisoires issus du centre de vote bissau-guinéen de Kolda, dans le sud du Sénégal, sont désormais disponibles et confirment une large domination du président sortant, Umaro Sissoco Embaló. Pour cette première participation électorale de la diaspora bissau-guinéenne dans la capitale du Fouladou, les électeurs ont massivement renouvelé leur confiance au chef de l’État. Sur l’ensemble des suffrages valablement exprimés, Embaló obtient près de 69 %, soit 258 voix, un score qui témoigne de son ancrage solide au sein de cette communauté.

La même tendance s’est imposée lors du scrutin législatif, où la liste soutenant le président sortant arrive une nouvelle fois en tête avec 235 voix. À l’inverse, Fernando Dias Da Costa ne totalise que 12 voix, un chiffre particulièrement faible qui illustre l’écrasante domination du camp présidentiel dans cette zone frontalière. Ces résultats traduisent une dynamique électorale clairement favorable à Embaló parmi les ressortissants bissau-guinéens établis dans le sud du Sénégal.

Le centre de vote de Kolda, ouvert pour la toute première fois, compte quatre bureaux de vote pour un total de 1 300 électeurs inscrits. Selon les premières constatations, les opérations électorales s’y sont déroulées dans le calme, sans incident majeur. Cette bonne organisation marque une étape importante dans l’exercice du droit de vote pour la diaspora de Guinée-Bissau installée au Fouladou.

Au-delà des chiffres, ce premier test électoral à Kolda révèle l’importance politique croissante de la diaspora bissau-guinéenne au Sénégal. En donnant une avance confortable au président sortant, les électeurs soulignent non seulement leur adhésion à sa gouvernance, mais aussi leur volonté d’être pleinement impliqués dans les choix politiques de leur pays d’origine. Ces résultats provisoires, qui devront être confirmés par les autorités compétentes, pourraient ainsi peser dans la dynamique nationale autour du scrutin présidentiel et législatif en Guinée-Bissau.

Drame à Yoff : le père de Nogaye Thiam retrace un mariage imposé, brisé par la souffrance et la mort

La découverte bouleversante du corps sans vie de Nogaye Thiam dans sa chambre, au sein de la maison de sa belle-famille à Yoff, continue de secouer l’opinion. Pendant près de quarante-huit heures, personne ne s’est rendu compte qu’elle était morte, alors que son enfant âgé d’à peine un an reposait à côté d’elle. Interrogé par Les Échos, son père, Samba Thiam, raconte un mariage qu’il n’a jamais accepté et dont il craignait l’issue tragique. Ses confidences révèlent une relation marquée dès le départ par la contrainte, les tensions familiales, la souffrance psychologique et un système de pressions qui, selon lui, a fini par détruire sa fille.

Samba Thiam revient d’abord sur les origines du mariage qu’il qualifie de « douloureux » et de contraire à ses convictions. Nogaye était initialement la fiancée de Lamine Diao, le frère de son futur mari. Mais la grand-mère de Lamine s’était opposée à cette union, conduisant le jeune homme à épouser une autre femme de la famille. Lorsque Elimane, son frère cadet, demanda à son tour la main de Nogaye, le père s’y opposa catégoriquement, estimant que la situation était dangereusement ambiguë et porteuse de conflits. « J’ai fini par accepter sous pression familiale, mais je n’étais pas du tout d’accord », dit-il, affirmant que cette décision a été pour lui l’une des plus difficiles de sa vie.

Les liens familiaux entre les deux familles auraient pourtant pu rassurer. Oumar Diao, père d’Elimane, était l’oncle maternel de Samba Thiam, tandis que son épouse était la cousine de Nogaye. Mais malgré ces attaches, il redoutait que sa fille ne soit pas heureuse. « Je lui avais dit que si elle ne faisait pas attention, elle ne connaîtrait pas le bonheur là-bas », confie-t-il. Ses inquiétudes se seraient très vite confirmées.

Dès les premières semaines du mariage, le climat se serait dégradé. Lamine, l’ex-fiancé de Nogaye, aurait recommencé à la courtiser, lui envoyant des messages pour tenter de la revoir. Lorsque son mari découvrit ces échanges, la tension éclata au grand jour entre les deux frères. Samba Thiam dit avoir informé son oncle, Oumar Diao, de cette situation, mais ce dernier se serait contenté de lui répondre que Lamine n’était « pas une bonne personne ».

À ces conflits familiaux se seraient ajoutés des difficultés économiques et professionnelles. Après avoir perdu son emploi à Sabodala, Elimane aurait tenté d’intégrer l’entreprise familiale, mais là encore, Lamine se serait opposé à son arrivée. Nogaye, déjà fragilisée, vivait désormais sous une pression constante, selon son père. « Elle me disait sans cesse qu’elle vivait un cauchemar. Sa belle-mère lui créait des problèmes chaque jour. Elle voulait que je la sorte de cette maison. Elle y a fait trois fausses couches ».

À plusieurs reprises, Samba Thiam aurait tenté de ramener sa fille chez lui. Un jour, il s’est même déplacé jusqu’à proximité de la maison conjugale pour la convaincre de rentrer. Nogaye avait accepté et pris ses bagages. Mais selon lui, sa mère l’aurait forcée à revenir auprès de sa belle-famille, menaçant de couper toute relation avec elle si elle s’obstinait à partir. Cette pression maternelle aurait contribué à maintenir la jeune femme dans un environnement où elle se disait malheureuse.

Les tensions au sein de la belle-famille étaient telles que, selon Samba Thiam, même le mari de Nogaye aurait fini par demander à son propre père de la laisser retourner vivre chez ses parents, reconnaissant que sa mère « était mauvaise » avec sa belle-fille. Nogaye a ainsi passé les sept premiers mois de sa grossesse chez ses parents, avant que sa belle-mère ne multiplie les supplications pour qu’elle revienne à Yoff. Malgré les réticences de son père, elle aurait accepté. Mais après la naissance de son enfant, aucun membre de la belle-famille n’aurait jugé utile d’avertir ses parents. « Le jour du baptême, personne n’est venu », se désole Samba Thiam, encore profondément marqué. Il explique avoir voulu mettre fin au mariage à ce moment-là, mais sa femme s’y serait une nouvelle fois opposée.

Aujourd’hui, c’est dans la douleur et l’incompréhension que Samba Thiam raconte ce qu’il considère comme un chemin de souffrances ayant mené à la mort de sa fille. Un drame d’autant plus insupportable qu’un bébé a passé près de deux jours seul, couché à côté du corps de sa mère. Pour ce père dévasté, l’histoire de Nogaye n’est pas seulement celle d’un mariage malheureux : c’est le récit d’une jeune femme prise au piège de pressions familiales, de conflits internes et d’un environnement qu’elle tentait en vain de fuir. Une tragédie qui pose, une fois de plus, la question cruciale de la protection des femmes au sein de la famille élargie et du silence qui entoure trop souvent leurs souffrances.

Dakar : 613 personnes interpellées lors d’une vaste opération de sécurisation

Une importante opération de sécurisation menée conjointement par la Police nationale et la Gendarmerie a permis d’interpeller 613 personnes dans la région de Dakar dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 novembre 2025. L’annonce a été faite dans un communiqué conjoint des deux forces, qui soulignent l’ampleur de cette descente coordonnée dans plusieurs zones stratégiques de la capitale.

Selon les autorités, parmi les personnes interpellées, 511 l’ont été pour des vérifications d’identité tandis que 102 ont été arrêtées pour diverses infractions allant de la détention de stupéfiants à des violations du Code de la route. Cette opération de grande envergure a également conduit à l’immobilisation de 53 véhicules — dont 23 mis directement en fourrière — et de 183 motos. Les forces de sécurité ont par ailleurs retiré 53 permis de conduire pour infractions graves ou répétées.

Les résultats de la lutte contre la délinquance et le trafic de drogue se sont également matérialisés par la saisie de 3,5 kilogrammes de chanvre indien, auxquels s’ajoutent huit cornets, cinq joints et soixante-neuf comprimés prohibés. Les amendes forfaitaires perçues à l’issue des contrôles routiers s’élèvent à 616 000 FCFA.

Cette opération s’est déroulée en présence du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Bamba Cissé, qui a supervisé une partie des dispositifs déployés sur le terrain. Au total, 1 149 éléments de la Gendarmerie et 391 personnels de la Police ont été mobilisés, illustrant la volonté ferme des autorités d’intensifier la lutte contre l’insécurité urbaine et de renforcer la présence des forces de l’ordre dans les zones sensibles de Dakar.

Les services de sécurité rappellent que ces opérations seront régulièrement renouvelées afin de prévenir les actes criminels, de dissuader les réseaux délinquants et de garantir la tranquillité publique, à un moment où la capitale fait face à une recrudescence des violences, des trafics illicites et des infractions routières.

Accident mortel sur la RN1 : un gendarme décède, le chauffeur du camion citerne arrêté après sa fuite

Un grave accident de la circulation s’est produit sur la route nationale 1 (RN1), à hauteur de Touba Sam Sam, dans le secteur situé entre Koumpentoum et Maléme Niani. Le drame s’est déroulé dans la journée de samedi et a impliqué deux véhicules : un camion citerne malien transportant du gasoil et une voiture particulière de marque Renault, immatriculée AA 512 QHF, qui roulait en direction de Dakar.

Selon les premiers éléments recueillis sur les lieux, le véhicule particulier serait entré en collision frontale avec le poids lourd. La violence du choc a été telle que le camion citerne a quitté la chaussée avant de terminer sa course dans l’accotement, où un feu de brousse était déjà en cours. L’impact et l’environnement immédiat ont rendu l’intervention des secours particulièrement délicate.

Le bilan humain est lourd. L’accident a causé la mort de Baye Aly Thiam, gendarme en service au groupement motocycliste de Dakar. Grièvement blessé, il avait été rapidement évacué vers l’hôpital régional de Tambacounda. Malgré les efforts du personnel médical, il a succombé à ses blessures dans la soirée, aux environs de 20 heures. Son décès a profondément affecté ses collègues et les populations locales, choquées par les circonstances dramatiques de l’accident.

Un autre élément marquant de cette affaire reste la fuite du chauffeur du camion citerne. Identifié comme étant Saliou Traoré, un ressortissant malien, il a immédiatement quitté les lieux après la collision. Les forces de l’ordre ont aussitôt lancé des recherches, mais l’homme demeurait introuvable durant les premières heures suivant le drame. Ce n’est que ce dimanche, vers 11 heures, que les éléments de la Brigade Routière de Koumpentoum sont parvenus à l’interpeller. Le chauffeur a été appréhendé à l’entrée de Tambacounda, à proximité de la déviation menant à Kédougou.

MSAE Kaolack : un nouveau coordonnateur pour relancer la dynamique régionale

La Section régionale de Kaolack de la Mutuelle de Santé des Agents de l’État (MSAE) amorce une nouvelle phase de son développement. Lors de son Assemblée générale ordinaire tenue le 22 novembre 2025, les délégués ont procédé au renouvellement des instances, aboutissant à l’élection par consensus de M. Tamsir Ousmane THIAM comme nouveau coordonnateur régional. Il succède à M. Cheikhou Oumar NDONG, qui assurait l’intérim.

Une mutuelle moderne, pilier de la protection sociale des agents publics

Créée en 2003 et régie par la loi n°2003-14 du 14 juin 2003, complétée par le décret n°2009-423 du 27 avril 2009, la MSAE est aujourd’hui un acteur majeur du système de couverture sanitaire au Sénégal. Elle s’adresse aux fonctionnaires, aux agents des collectivités territoriales ainsi qu’aux travailleurs des sociétés nationales.

Sa particularité réside dans la nature de son financement : les ressources proviennent exclusivement des cotisations de ses adhérents, garantissant à la fois autonomie financière, indépendance et durabilité de ses prestations.

Une organisation au service de la proximité

Au fil des années, la MSAE a mis en place une architecture administrative moderne, reposant sur :

des sections départementales actives, une coordination interrégionale opérationnelle, un Bureau exécutif national engagé, un centre d’appels fonctionnel pour l’assistance permanente des adhérents.

La mutuelle s’est également illustrée par la construction de deux sièges modernes sur fonds propres, dont celui de Kaolack, situé à l’ex Cité Mono, près du camp des sapeurs-pompiers. Ce siège accueillera prochainement les services techniques et le cabinet administratif.

Au niveau national, la présidence du Conseil d’administration est assurée par M. Babacar Ngom.

Parmi les chantiers structurants, figurent la déconcentration de la gestion, la professionnalisation de l’administration et la mise en œuvre du Plan stratégique 2022-2025, dont plusieurs actions sont déjà en cours d’exécution.

Kaolack, une section motrice forte de 3 779 membres

Avec 3 779 adhérents, la Section de Kaolack est l’une des plus importantes du pays. Elle regroupe des agents issus de secteurs essentiels tels que :

l’éducation et l’enseignement supérieur, la santé, la justice, la police nationale et judiciaire, ainsi que diverses autres structures publiques.

Elle assure également la coordination sanitaire des départements de Kaolack et de Nioro, renforçant ainsi son rôle stratégique dans la région.

Tamsir Ousmane THIAM, un leadership tourné vers l’inclusion

Élu par consensus, le nouveau coordonnateur inscrit son action autour de plusieurs priorités :

la consolidation des acquis administratifs, l’amélioration de la rapidité et de la qualité des prestations, la promotion d’une gestion plus participative et inclusive, le renforcement de la synergie entre les sections de Kaolack et de Nioro.

Son programme met également l’accent sur une communication de proximité renforcée, l’amélioration des outils de prise en charge et le développement des coordinations interrégionales afin d’assurer une meilleure cohérence des actions au niveau national.

Vers une mutuelle plus performante et plus proche des adhérents

En prenant la tête de la Section régionale de Kaolack, M. Tamsir Ousmane THIAM se positionne comme un coordonnateur engagé en faveur d’une gouvernance participative, tournée vers la modernisation et la compétitivité. Son ambition est de faire de la MSAE une mutuelle plus performante, plus accessible et mieux adaptée aux besoins de ses adhérents, pour le bien-être des agents publics et de leurs familles.

Passy : Les 48 Heures des Agriculteurs du Sine Saloum clôturées en beauté

Les 48 Heures des Agriculteurs du Sine Saloum ont pris fin ce week-end à Passy dans une ambiance festive et porteuse d’espoir. Cette rencontre de haut niveau a permis de mettre en lumière la richesse des produits locaux, le dynamisme des acteurs ruraux ainsi que la nécessité de renforcer les chaînes de valeur agricoles dans la région.

Présidée par le maire de Passy, Baye Niass, la cérémonie de clôture a enregistré la présence du représentant du directeur du CICES, parrain de l’événement, Dr Fafa Sène, ainsi que de nombreuses autorités territoriales, techniques et partenaires. Adama Ndao de Djilor, marraine de l’édition, a également marqué l’événement par son soutien appuyé.

Le thème retenu — « Valoriser les chaînes de valeur agricoles pour autonomiser les jeunes et les femmes du Sine Saloum » — a rappelé l’urgence de faire de l’agriculture un véritable moteur d’inclusion économique dans le Saloum.

Valoriser le potentiel agricole du Saloum

Selon El Hadji Abdoulaye Sakho, président-directeur général de Saloum Agro Business Service (SABS) et initiateur de l’événement, ces journées visaient à :

mettre en valeur le potentiel agricole de la région ; créer un espace de dialogue et de partage entre les acteurs ruraux ; promouvoir les innovations et réalisations locales en matière de transformation et d’agro-business.

Les 48 Heures ont ainsi constitué une plateforme stratégique permettant de connecter producteurs, organisations paysannes, partenaires techniques et financiers, autorités locales et communautés rurales.

Un programme riche et orienté vers les résultats

Pendant deux jours, les participants ont pris part à plusieurs temps forts :

présentations institutionnelles et panels thématiques ; expositions de produits agricoles transformés ; démonstrations pratiques ; sessions de réseautage favorisant de nouveaux partenariats ; dégustations et foire mettant à l’honneur les produits du terroir (mil, maïs, arachide, céréales locales…).

Les visiteurs ont pu apprécier la diversité et la qualité des produits agricoles du Saloum, témoignant une fois de plus de l’immense potentiel économique de la région.

Jeunesse, femmes et agro-business au cœur du développement local

L’événement a également mis en exergue les nombreuses opportunités d’emploi, de formation et d’entrepreneuriat offertes aux jeunes et aux femmes du Sine Saloum, notamment dans les secteurs de la production et de la transformation.

Plusieurs partenaires stratégiques ont répondu présents ou manifesté leur intérêt : ANIDA, PROVAL CV, World Vision, 3FPT, ENABEL, ADEPME, ainsi que de nombreuses organisations paysannes et GIE.

Un engagement renouvelé pour une agriculture durable

À travers cette initiative, SABS réaffirme sa volonté d’accompagner les producteurs locaux, de promouvoir une agriculture innovante et inclusive, et de contribuer à la souveraineté alimentaire du Sénégal.

Cette édition a démontré que le Saloum dispose non seulement d’un potentiel agricole exceptionnel, mais aussi d’acteurs engagés capables de porter des solutions durables pour l’avenir du territoire.

Kaolack : une marche pacifique annoncée par les commerçants du marché central

Les tensions atteignent un nouveau pic au marché central de Kaolack. Ce mardi 25 novembre 2025, les commerçants regroupés au sein de And Takhawou Marché Central de Kaolack et du Regroupement des délégués sectoriels comptent battre le pavé lors d’une marche pacifique, autorisée et encadrée par les forces de l’ordre. Objectif : alerter les autorités municipales sur ce qu’ils considèrent désormais comme un abandon total.

« Trop, c’est trop » : un cri de détresse économique

Depuis plusieurs mois, détaillants, vendeurs de friperies et petits commerçants dénoncent la dégradation continue de leur cadre de travail. Ils accusent la municipalité de manquer à ses obligations, malgré le paiement régulier des taxes locales.

« Trop, c’est trop », martèle Pape Lô, délégué principal du marché central, qui se dit déçu de l’absence de réponses concrètes malgré de multiples alertes. À ses côtés, les responsables sectoriels, tels que Lamine Ndao, affirment avoir multiplié rapports, réunions et doléances « sans jamais obtenir de solutions ».

Une marche encadrée sur un itinéraire défini

Le cortège suivra l’itinéraire officiel suivant :

Rue Frigo → Canniveau De Gaulle → Khayega → John Fitzgerald Kennedy → Allées menant au commissariat.

Cette mobilisation, annoncée comme pacifique, entend marquer un rapport de force « qui n’aurait pas dû exister », selon les organisateurs. Ils réclament désormais une concertation immédiate avec la municipalité.

Les reproches formulés contre la mairie

Les commerçants pointent plusieurs griefs qu’ils jugent « graves et inacceptables » :

Insalubrité persistante malgré le paiement des taxes municipales. Absence d’assainissement : caniveaux bouchés, eaux stagnantes et risques sanitaires. Infrastructures délabrées : hangars fissurés, installations électriques dangereuses. Décisions unilatérales et manque de dialogue avec les délégués. Surcharge de taxes sans retour effectif en services.

Dakar : un suspect arrêté à Pikine Icotaf avec 21 pierres de crack

La Brigade Régionale des Stupéfiants de Dakar (BRS), unité rattachée à l’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS), a procédé le 20 novembre 2025 à une importante interpellation dans la banlieue dakaroise. L’opération s’est déroulée à Pikine Icotaf, à proximité du marché Syndicat, un secteur particulièrement animé où les trafics illicites se dissimulent souvent dans la forte affluence.

Selon une note publiée par la Police nationale, l’intervention fait suite à l’exploitation d’un renseignement faisant état de l’existence d’un vaste réseau spécialisé dans la distribution de drogue dure, notamment du crack, dans cette zone. Sur la base de ces informations jugées fiables, une équipe d’enquêteurs a été déployée pour surveiller les mouvements suspects et tenter d’identifier les acteurs impliqués.

Au cours de cette mission, les policiers ont repéré un individu dont le comportement éveillait des soupçons. Approché puis maîtrisé, l’homme a été immédiatement soumis à une fouille corporelle. Les agents y ont découvert dix-huit pierres de crack, soigneusement emballées et dissimulées dans la poche droite de son pantalon. Cette première saisie a renforcé les soupçons quant à son rôle présumé dans le trafic.

Une perquisition a ensuite été menée à son domicile. Les enquêteurs y ont trouvé trois autres pierres de crack, portant le total à vingt et une. Ils ont également saisi six téléphones portables, dont quatre hors d’usage, ainsi que du matériel utilisé pour le conditionnement de la drogue : une cuillère, une louche, des sachets plastiques et du ruban adhésif. Une somme d’argent liquide, dont la provenance n’a pas été établie, a également été retrouvée.

Mort de Nogaye Thiam : des organisations féministes saisissent le procureur et exigent une enquête judiciaire

La mort de Nogaye Thiam, jeune femme de 23 ans et mère d’un enfant en bas âge, continue de provoquer une profonde onde de choc au sein de la société civile sénégalaise. Indignées par les zones d’ombre qui entourent ce drame, plusieurs organisations féministes ont officiellement saisi le procureur de la République afin qu’une enquête judiciaire soit ouverte pour faire toute la lumière sur les circonstances du décès.

Dans un communiqué publié le 21 novembre 2025, un large front d’associations a annoncé avoir déposé plainte. Parmi elles figurent le Collectif des féministes du Sénégal, Jigen Sénégal, le Réseau des féministes du Sénégal, le collectif Dafadoy, l’Association des Bajenu Gokh de Ouakam, l’association Mères actives, l’Association des actrices culturelles ensemble (ACE), Sénégal Action Féministe, l’association Molaadé, Alercom/Manoore et la Ligue des soignantes sénégalaises pour l’accès aux soins humanisés. Toutes réclament une action judiciaire immédiate.

Selon ces organisations, elles ont été alertées sur les « circonstances tragiques et troubles » entourant la mort de la jeune femme. Le décès, survenu au domicile de sa belle-famille, suscite de nombreuses interrogations. Le corps de Nogaye Thiam aurait été découvert deux jours après sa mort, alors que son enfant, âgé d’un an et demi, était resté seul à ses côtés pendant toute cette période. Un élément qui, à lui seul, a suscité une immense émotion dans l’opinion publique.

Les associations soulignent également que plusieurs sources concordantes indiquent que la victime vivait une période de tension au sein de sa belle-famille et aurait été isolée par cette dernière. Ces informations relancent les interrogations sur une éventuelle non-assistance à personne en danger, voire sur l’implication de tiers dans le déroulement des faits.

Pour les organisations féministes, les circonstances de cette mort en milieu intrafamilial, combinées à l’isolement présumé de la victime, rendent indispensable une « investigation rigoureuse ». Elles estiment qu’au regard de l’intérêt public et de la gravité potentielle des faits, l’État doit établir les causes exactes du décès à travers une autopsie, reconstituer le déroulement des événements et examiner les différentes responsabilités pouvant être engagées.

Les associations appellent notamment à l’audition de toutes les personnes ayant été présentes ou ayant connaissance du conflit familial évoqué, ainsi que des conditions dans lesquelles Nogaye Thiam aurait été isolée. Elles insistent enfin sur la nécessité de clarifier d’éventuels manquements liés à une non-assistance ou à une négligence, tant envers la victime que vis-à-vis de son enfant mineur laissé seul pendant deux jours.

Madiambal Diagne persiste et signe après la polémique autour de son message sur Ousmane Sonko

Le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne est revenu à la charge après la controverse suscitée par l’un de ses récents messages publiés sur X. Dans ce tweet, il affirmait que le Premier ministre Ousmane Sonko avait « déménagé depuis 48 heures des affaires du Petit Palais à Keur Gorgui ». Une formulation qui a suscité de nombreuses réactions, certains y voyant l’annonce d’un départ définitif du chef du gouvernement de sa résidence officielle.

Réagissant aux critiques, Madiambal Diagne a dénoncé ce qu’il qualifie de mauvaise interprétation volontaire de ses propos. Il s’est montré particulièrement virulent envers ceux qui l’accusent de relayer des informations approximatives. « Quelle mauvaise foi ! Dire que le PM a déménagé depuis 48 heures des affaires du Petit Palais à Keur Gorgui ne doit pas signifier qu’il a totalement déménagé. On parle français non ? Il y a des gens qui gardent toujours leurs turpitudes de plus de 30 ans dans les médias », a-t-il lancé dans une nouvelle publication.

La polémique a pris une nouvelle dimension lorsque le journaliste a publié, jeudi soir, un autre message affirmant que le Premier ministre avait quitté le territoire sénégalais. Selon lui, Ousmane Sonko aurait décollé à 17h25 de l’aéroport Léopold Sédar Senghor à bord d’un jet privé de type Dassault Falcon 8X immatriculé H9, à destination d’Abu Dhabi. Madiambal Diagne s’est interrogé publiquement : « Est-ce une fuite ? » avant d’ajouter que, depuis deux jours, le Premier ministre aurait déplacé ses activités du Petit Palais vers la résidence de Keur Gorgui.

Dans son message, il a également fait un lien avec l’agenda du chef de l’État, rappelant que le président de la République doit se rendre en Angola le lendemain matin pour participer au 7ᵉ Sommet Union Européenne – Union Africaine.

Tanaff inaugure son Musée des Traditions : un nouvel espace de mémoire et de fierté communautaire

La commune de Tanaff, dans la région de Sédhiou, a officiellement inauguré son Musée des Traditions, un espace entièrement dédié à la préservation et à la valorisation du patrimoine local. La cérémonie, présidée par M. Bacary, Secrétaire d’État auprès du ministre en charge de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, a réuni des autorités administratives, des acteurs culturels, des jeunes ainsi que de nombreux habitants.

Ce musée est le fruit d’un don initié par Balluo Saluo, dont l’engagement pour la sauvegarde de la mémoire collective a été unanimement salué. Implanté au cœur de la commune, l’établissement ambitionne de devenir un centre de référence pour la transmission des savoirs, des pratiques artistiques et des traditions populaires qui témoignent de la richesse culturelle de Tanaff et de toute la région de Sédhiou.

« Ce musée est un pont entre notre histoire et nos aspirations futures. Il nous permet de dire qui nous sommes et d’où nous venons », a déclaré M. Bacary, mettant en avant l’importance des industries culturelles comme moteur de développement économique et social.

La cérémonie a également enregistré la présence du Préfet du département de Goudomp, du Directeur du Patrimoine du Sénégal et du Directeur du Centre culturel régional de Sédhiou, rappelant ainsi la portée nationale de ce projet porté localement. Plusieurs organismes et institutions culturelles, dont la Direction des Arts, la Direction du Patrimoine Culturel, le Centre Culturel Blaise Senghor et Fotti-Cultures, ont apporté leur soutien symbolique à l’événement.

Au-delà de sa vocation muséale, le Musée des Traditions de Tanaff se veut un espace d’apprentissage, de recherche et de fierté commune. Il invite les jeunes générations à mieux comprendre les savoirs ancestraux qui façonnent leur identité. En réunissant mémoire, compétences et créativité, il s’impose comme un axe de dignité, de savoir et de développement culturel.

À travers ce geste, Balluo Saluo inscrit durablement la culture au cœur du développement local, tout en renforçant l’identité d’une commune en pleine affirmation.

Origines SA : les délégués du personnel dénoncent de graves “atteintes à la liberté syndicale” imputées au PDG El Hadj Ndiaye

Une vive tension secoue l’entreprise Origines SA, où les délégués du personnel accusent le président-directeur général, El Hadj Ndiaye, de s’attaquer frontalement aux libertés syndicales. Dans un communiqué rendu public le samedi 22 novembre 2025, le collège des délégués a dénoncé l’interdiction faite à leur camarade Abdoulaye Sarr, délégué titulaire, d’accéder aux locaux de l’entreprise pour participer à une réunion de la section syndicale tenue la veille.

Selon les représentants du personnel, cette interdiction constitue une violation flagrante des droits syndicaux protégés par la Constitution sénégalaise. Ils estiment que « les humeurs d’un employeur septuagénaire ne peuvent se substituer aux principes d’un État de droit » et rappellent qu’aucun dirigeant, quel que soit son statut, n’a le pouvoir de restreindre la liberté d’organisation des travailleurs. Abdoulaye Sarr, technicien-réalisateur réputé pour son sérieux et son engagement professionnel, serait particulièrement ciblé en raison de son rôle actif au sein du collège des délégués.

Au-delà de cet incident, les représentants légaux des travailleurs pointent un climat de pressions constantes exercées par le PDG contre plusieurs membres du personnel. Ils accusent notamment El Hadj Ndiaye d’opérer des « rétentions et ponctions injustifiées » sur les salaires, déjà jugés modestes, de certains employés. Des pratiques qui, selon eux, révèlent un mode de gestion abusif et attentatoire aux droits fondamentaux garantis par le Code du travail.

Face à ce qu’ils qualifient de dérives répétées, les délégués menacent de saisir les juridictions compétentes pour faire respecter les libertés syndicales et rappeler au dirigeant d’Origines SA que nul n’est au-dessus des lois. Ils affirment que ces violations ne pourraient perdurer sans la complicité active de deux inspecteurs du travail à la retraite — identifiés comme M. Sow et M. Diakhoumpa — qui accompagneraient le PDG dans ses tentatives de neutraliser les représentants du personnel et de bloquer leurs missions.

Les délégués appellent les autorités étatiques et judiciaires à intervenir de toute urgence et à diligenter une enquête au sein de l’entreprise pour évaluer l’ampleur des atteintes aux droits des travailleurs. Ils disent craindre que ces pratiques ne se banalisent au point de compromettre durablement l’exercice syndical au sein d’Origines SA.

Malgré leur indignation, les représentants du personnel affirment rester profondément attachés à un dialogue social sincère, mais insistent sur le fait qu’il ne peut être envisagé que dans le respect strict des lois et règlements en vigueur. Ils exhortent ainsi la direction à abandonner toute politique de répression et à privilégier un climat de concertation constructive.

Décès de Nogaye Thiam : la vice-présidente de l’ONDH évoque l’homicide involontaire et la non-assistance à personne en danger

L’affaire Nogaye Thiam continue de susciter colère, indignation et incompréhension au Sénégal. Alors que l’émotion reste vive après la découverte de la jeune femme morte dans la maison de sa belle-famille, près de quarante-huit heures après son décès, les voix s’élèvent désormais pour exiger l’ouverture de poursuites judiciaires. Parmi elles, celle de Me Abibatou Samb, vice-présidente de l’Organisation Nationale des Droits de l’Homme du Sénégal (ONDH), qui appelle à ce que la justice prenne ses responsabilités face à ce drame aux contours encore troublants.

Selon la juriste, la gravité des faits révélés impose que « le mari de la victime ainsi que tous les membres de la belle-famille soient mis en examen pour homicide involontaire », sur la base de l’article 307 du Code pénal. Cette disposition punit toute personne ayant causé la mort d’autrui par imprudence, négligence ou manquement à une obligation de sécurité. Me Samb estime également que la non-assistance à personne en danger pourrait être retenue contre les mêmes individus, conformément à l’article 341 du Code pénal, qui réprime le fait de s’abstenir volontairement de porter secours à une personne en péril. Les peines encourues, souligne-t-elle, vont d’un à cinq ans d’emprisonnement.

L’avocate dit attendre du Procureur de la République, désormais officiellement saisi du dossier, qu’il prenne des mesures rapides et concrètes pour garantir que justice soit rendue. Elle martèle que le pays ne doit pas fermer les yeux sur de telles dérives familiales, qui soulèvent des questions profondes sur la protection des femmes, la solidarité au sein des foyers et la responsabilité morale face à des personnes vulnérables.

Le drame, rappelons-le, a éclaté à la suite d’une vidéo rendue publique par la grande sœur de la victime, l’influenceuse Adja Makeup, qui a révélé les détails glaçants de la situation. Nogaye Thiam aurait été retrouvée morte dans sa chambre, dans la maison qu’elle partageait avec son époux — également son cousin — et le reste de sa belle-famille, à Yoff. Le corps n’aurait pas été découvert avant près de deux jours. Durant tout ce temps, son bébé d’un an et demi serait resté auprès d’elle, tentant tant bien que mal de se nourrir en cherchant sa mère, dans une scène dont la violence psychologique a profondément choqué l’opinion.

Ces révélations ont déclenché un torrent de réactions et mis en lumière les zones d’ombre entourant les circonstances du décès. De nombreuses interrogations subsistent sur l’absence de vigilance dans le foyer, les tensions familiales évoquées par certains proches, et le silence qui aurait entouré les difficultés conjugales de la jeune femme. Les internautes, organisations féministes et défenseurs des droits humains réclament une enquête transparente, estimant qu’un tel drame ne peut être rangé au simple rang des faits divers.

L’affaire Nogaye Thiam, au-delà de sa dimension humaine et tragique, met en lumière la nécessité urgente de renforcer la protection des femmes au sein de la cellule familiale et de sensibiliser l’opinion sur les dérives des violences psychologiques, de l’isolement et de l’indifférence. Pour beaucoup, ce drame doit marquer un tournant dans la manière dont la société sénégalaise traite les violences silencieuses, celles qui ne laissent parfois aucune trace visible mais brisent des vies.

Promotion au sommet de la hiérarchie militaire : le colonel Birane Niang élevé au grade de général de brigade

Le président de la République a entériné, par décret, la promotion du colonel Birane Niang au grade de général de brigade, avec effet à compter du 3 décembre 2025. Le document, signé le 18 novembre, s’appuie sur les textes législatifs régissant l’organisation des Forces armées et la Défense nationale, et confirme l’intégration de l’officier dans la première section active des cadres de l’État-major général. Cette décision marque une étape importante dans la carrière du militaire, né le 22 octobre 1966, dont le parcours au sein de l’institution a été jalonné de responsabilités successives et d’engagements stratégiques.

La promotion, selon les dispositions en vigueur, intervient après avis du ministre des Forces armées. Elle illustre la continuité du processus de gestion et de renouvellement des effectifs supérieurs au sein de l’armée, dans un contexte institutionnel marqué par plusieurs réaménagements récents. Depuis la nomination du Premier ministre en avril 2024, suivie de la mise en place du gouvernement en septembre 2025, l’architecture administrative de l’État a connu une redéfinition des attributions entre la Présidence, la Primature et les différents ministères. Le décret officialisant l’élévation de Birane Niang rappelle ainsi la répartition actualisée des services de l’État, des établissements publics et des sociétés nationales, une précision qui situe cette décision dans la dynamique globale de réorganisation administrative engagée par les autorités.

Sénégal – Projet numérique de 50 milliards : de graves irrégularités révélées par l’audit de l’ARCOP

De lourdes irrégularités financières, contractuelles et opérationnelles ont été mises en lumière dans le cadre du Projet d’appui structurel à la stratégie d’aménagement numérique du territoire, un marché stratégique estimé à près de 50 milliards de francs CFA. Les conclusions des audits techniques 2023 de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARCOP) révèlent des dysfonctionnements majeurs, depuis la procédure d’attribution jusqu’à l’exécution du contrat.

Selon les vérificateurs, l’ensemble du projet repose sur une offre spontanée ayant conduit à la signature d’un contrat entre SENUM et l’entreprise espagnole Liteyca SL. Un ordre de démarrage a été délivré le 15 janvier 2019, suivi de deux avenants. Malgré ce cadre contractuel, l’ARCOP souligne que le projet accuse un retard considérable et serait aujourd’hui totalement à l’arrêt. Les auditeurs recommandent ainsi une analyse approfondie pour évaluer la pertinence et la raisonnabilité des coûts engagés.

L’évaluation des prix pratiqués soulève de sérieux doutes. Les auditeurs notent l’absence de sous-détails permettant de justifier les montants unitaires facturés. Le prix du Point of Presence (POP) est établi à 93 326 282 francs CFA l’unité, tandis que le coût du mètre linéaire de fibre optique atteint 18 695 francs CFA. Ces niveaux tarifaires, qualifiés d’« élevés » par les experts, ne sont assortis d’aucune justification technique ou économique.

Le journal Libération, qui a eu accès aux conclusions de l’audit, rapporte que les fonds destinés aux frais de gestion et de supervision ont été entièrement décaissés dès le début du projet. Le montant, évalué à 4 553 438 738 francs CFA, a été payé sans aucune garantie sur les modalités de son utilisation. Pour les auditeurs, cette opération expose le projet à un risque élevé de détournement d’objectifs ou de mauvaise affectation des ressources, alors même que l’exécution accuse des retards importants. Malgré ces retards, les pénalités contractuelles, estimées à plus de 5 milliards de francs CFA, n’ont jamais été appliquées.

L’ARCOP a également relevé une anomalie particulièrement préoccupante : les ordres de service et les décomptes ont été signés non pas par Liteyca SL, l’entreprise contractante basée en Espagne, mais par Liteyca Sénégal, une entité distincte. Aucun mandat officiel autorisant cette filiale à représenter la maison mère n’a été fourni aux autorités contractantes, ce qui constitue une irrégularité manifeste au regard des obligations juridiques et contractuelles en vigueur.

Autre manquement notable, aucune retenue de garantie n’a été appliquée sur les factures liées aux trois premiers décomptes. Cette omission contrevient aux dispositions habituelles encadrant les projets d’envergure stratégique, où de telles retenues sont destinées à protéger l’État contre d’éventuels défauts ou malfaçons.

Incendie meurtrier à Columbus : l’enquête privilégie la thèse d’un acte volontaire

L’enquête menée par les autorités de Columbus, aux États-Unis, après l’incendie qui a ravagé une maison occupée par une famille sénégalaise, a pris un tournant dramatique. Selon des informations relayées par Les Échos, citant plusieurs médias américains, les premiers éléments font état d’un acte intentionnel. Plus troublant encore : le feu aurait été déclenché par l’un des occupants de la maison, Cheikh Dièye, 25 ans, qui a péri dans le sinistre.

Le drame s’est soldé par la mort de trois membres de la famille : les parents, Safiétou Diop, âgée de 57 ans, et Mame Dièye, 61 ans, ainsi que leur fils Cheikh. Les victimes ont été retrouvées à l’étage supérieur, piégées par les flammes qui se sont rapidement propagées dans la bâtisse. Deux autres personnes ont toutefois échappé au pire. Une femme, qui a sauté du deuxième étage pour échapper à l’incendie, a été hospitalisée et se trouve dans un état stable. Un enfant, quant à lui, a été sauvé in extremis après avoir été lancé par la fenêtre avant d’être recueilli par les secours. Il est actuellement dans un état critique.

Les images issues des caméras-piétons des policiers dépêchés sur place montrent des difficultés d’intervention dès leur arrivée. Les agents ont eu du mal à pénétrer dans la maison, la porte principale semblant bloquée de l’intérieur, ce qui aurait retardé les opérations de secours et laissé les occupants sans issue.

Les autorités américaines ont également révélé que l’adresse était connue des services d’urgence. En l’espace de trois ans, près de vingt appels au 911 ont été enregistrés pour des disputes, tensions familiales et autres incidents. Ces antécédents laissent entrevoir un climat familial profondément perturbé, même si l’enquête n’a pas encore établi le lien entre ces épisodes et l’incendie présumé volontaire.

Les investigations se poursuivent pour déterminer les motivations qui auraient poussé Cheikh Dièye à commettre un tel acte, si la thèse criminelle est définitivement confirmée. Les enquêteurs continuent d’examiner les preuves matérielles, les témoignages et l’historique familial afin de comprendre le déroulement exact des événements.

À Columbus, la communauté sénégalaise vit ce drame avec une grande intensité émotionnelle. Profondément choquée, elle s’est fortement mobilisée pour accompagner les survivants et soutenir les proches. Des prières collectives, des rencontres de solidarité et une collecte GoFundMe ont été lancées pour venir en aide à l’enfant hospitalisé et, le cas échéant, organiser le rapatriement des dépouilles vers le Sénégal. Cette solidarité témoigne de la cohésion d’une diaspora éprouvée, déterminée à entourer les victimes de ce drame d’un soutien moral et matériel indéfectible.

Kolda : les transporteurs exigent des comptes sur 90 millions FCFA et contestent la légitimité de leur président

Les transporteurs et chauffeurs de Kolda ont haussé le ton ce samedi 22 novembre lors d’un face-à-face avec la presse, exprimant leur frustration croissante quant à la gestion jugée opaque de leurs cotisations. Selon leurs estimations, plus de 90 millions de francs CFA auraient été collectés, sans qu’un bilan clair ne soit présenté aux membres. Cette situation alimente une profonde incompréhension et nourrit un climat de méfiance au sein du secteur.

Au cœur des accusations se trouve l’actuel président du regroupement des transporteurs et chauffeurs, Bouly Vieux Diedhiou. Les professionnels du transport exigent qu’il rende public l’usage exact des fonds générés par les activités de la gare routière. Lamine Kane Baldé, porte-parole du jour et secrétaire général du regroupement, n’a pas mâché ses mots. Il s’est demandé, devant les journalistes, où étaient passées les cotisations des membres et pourquoi aucune transparence n’était assurée dans leur gestion. Il a insisté sur la nécessité de clarifier la destination de ces ressources communes qui, selon lui, auraient dû servir à améliorer les conditions de travail des transporteurs.

Au-delà des questions financières, la légitimité même du président est contestée. Lamine Kane Baldé affirme que le mandat de Bouly Vieux Diedhiou est arrivé à expiration depuis août 2023. Il souligne qu’aucune décision consensuelle n’a été prise pour prolonger cette responsabilité, contrairement à ce que certains pourraient avancer. « Je défie quiconque de prouver qu’il y a eu un consensus pour prolonger son mandat. Jamais ! », a-t-il déclaré avec fermeté, rappelant que la durée de la crise est devenue insoutenable pour les acteurs du secteur.

Face à cette situation qu’il juge « explosive » et nuisible au bon fonctionnement du regroupement, le secrétaire général a lancé un appel pressant à l’autorité préfectorale. Il demande son intervention afin de rétablir l’ordre, favoriser un climat apaisé et permettre une résolution rapide du conflit. Les transporteurs espèrent que cette médiation permettra d’assainir la gestion interne, de restaurer la confiance et d’ouvrir la voie à une gouvernance plus transparente et plus inclusive.

Le différend opposant Alioune Ndoye à Toussaint Manga prend une tournure judiciaire

Le bras de fer entre le maire de Dakar-Plateau, Alioune Ndoye, et le cadre politique Toussaint Manga a quitté le terrain des publications en ligne pour s’inviter devant la justice. Mardi 18 novembre 2025, l’édile a officiellement déposé une plainte pour « diffamation et diffusion de fausses nouvelles ». Le document transmis au parquet reproche à Toussaint Manga d’avoir publié sur Facebook un article jugé « gravement attentatoire » à l’honneur et à la considération du maire.

L’origine de ce contentieux repose sur la gestion des cantines relevant de la LONASE. Selon Alioune Ndoye, la commune est tenue de verser des redevances pour chaque cantine et a engagé, depuis plusieurs semaines, un travail d’assainissement en collaboration avec la société nationale. Cette démarche administrative aurait été « dénaturée » par Toussaint Manga, qui a publiquement accusé la municipalité d’une mauvaise gestion et d’une occupation irrégulière du domaine public. Des déclarations que le maire considère comme infondées et préjudiciables.

Avant la plainte, une sommation interpellative avait été adressée à Toussaint Manga le 10 novembre 2025. Le document exigeait qu’il apporte la preuve de ses allégations, notamment l’utilisation du nom de la fille du maire dans ses publications et l’affirmation selon laquelle la commune de Dakar-Plateau aurait bloqué toute tentative de régularisation. La plainte précise qu’« aucune réponse n’a été fournie », renforçant selon l’édile le caractère diffamatoire des propos tenus.

Réagissant sur les réseaux sociaux, Toussaint Manga a affirmé que « la LONASE rappelle que les échanges sur les réseaux sociaux ne sauraient remplacer les communications officielles ». Une position qui, aux yeux de la municipalité, confirme son incapacité à apporter des preuves tangibles pour étayer ses accusations. La mairie estime que ces publications nuisent non seulement à l’image de la collectivité, mais également à la compréhension des démarches administratives menées entre la LONASE et la commune.

Dakar accueille la proclamation des résultats du 22ᵉ concours d’agrégation du CAMES en SJPEG

Les résultats du 22ᵉ concours d’agrégation en sciences juridiques, politiques, économiques et de gestion (SJPEG) du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES) ont été proclamés ce vendredi 21 novembre 2025 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. La cérémonie, organisée en présence de nombreuses autorités académiques, enseignants-chercheurs, familles et proches, a consacré 86 lauréats sur les 215 candidats en lice, désormais élevés au rang de maîtres de conférences agrégés.

Représentant le ministre de l’Enseignement supérieur, Moustapha Ndieck Sarré a salué, au nom du ministre Daouda Ngom, l’excellence et la rigueur ayant conduit les candidats jusqu’à ce moment solennel. Il a exprimé sa joie de participer à une rencontre dédiée à l’élite académique africaine, tout en rappelant que ce concours prestigieux symbolise l’aboutissement d’années de travail acharné, de sacrifices et d’un engagement constant. Dans son allocution, il a félicité chaleureusement les nouveaux agrégés, estimant que « leur réussite couronne des années de travail acharné, de sacrifices et de persévérance exemplaire ». Selon lui, accéder à ce grade confère une responsabilité majeure : celle de former les générations futures, de renforcer la recherche universitaire et de contribuer activement au développement endogène de leurs États.

Le représentant du ministre a également souligné les nombreux défis auxquels les nouveaux agrégés devront faire face. Il a notamment évoqué le relèvement du taux d’encadrement, l’amélioration de la qualité des formations doctorales, la participation accrue à la vie scientifique des institutions, ainsi que le développement du capital humain au bénéfice des administrations et entreprises africaines. Il a insisté sur la nécessité d’élaborer des stratégies endogènes adaptées aux réalités africaines, tout en œuvrant pour l’édification de sociétés plus justes et inclusives.

S’adressant aux candidats n’ayant pas été admis, Moustapha Ndieck Sarré a tenu un discours d’encouragement et d’espoir. Il leur a rappelé que « l’agrégation est un marathon, pas un sprint » et que de nombreux professeurs éminents ont dû se représenter plusieurs fois avant de réussir. Selon lui, la déception ressentie aujourd’hui ne remet pas en cause leur valeur scientifique ni leur contribution attendue au développement intellectuel du continent. Il a invité chacun d’entre eux à poursuivre ses efforts avec ténacité, en percevant chaque tentative comme une étape de maturation académique.

Le ministre a enfin salué le travail du recteur de l’UCAD ainsi que celui des membres du jury du CAMES pour la rigueur et la constance dans la préservation de l’excellence et du « patrimoine du savoir ».

Parmi les nouveaux agrégés, Mouhamadou Ba, admis major de la section d’histoire, du droit et des institutions, a livré ses impressions à l’issue de la proclamation. Reconnaissant que l’épreuve fut particulièrement difficile, il a décrit l’agrégation comme un concours exigeant où, selon lui, « 15 % reposerait sur la chance et l’intelligence », tandis que les 80 à 85 % restants relèvent d’un effort continu, d’une préparation méthodique et d’un encadrement pédagogique solide. Il a insisté sur l’importance d’évoluer dans une équipe dirigée par un aîné capable de guider et d’orienter le candidat. Pour Mouhamadou Ba, la rigueur quotidienne et la détermination constituent les clés du succès pour ceux qui aspirent à suivre le même chemin. « Si nos collègues intègrent cela dans leur quotidien et se donnent une certaine rigueur en soi, ça pourrait aller. C’est un bon début », a-t-il confié.

Ismaïla Ngom rejette catégoriquement les accusations devant le Doyen des juges

Face au Doyen des juges d’instruction du Pool judiciaire financier, Ismaïla Ngom a fermement nié toutes les accusations de détournement de fonds publics, de blanchiment de capitaux et d’association de malfaiteurs qui pèsent sur lui. Inculpé et placé sous bracelet électronique depuis le 19 mai, le frère de l’ancien député Farba Ngom s’est présenté hier avec quatre de ses avocats pour un interrogatoire très attendu.

Devant le magistrat instructeur, Idrissa Diarra, son audition n’aura duré qu’un peu plus d’une heure. Selon des sources citées par L’Observateur, l’attitude d’Ismaïla Ngom s’est voulue posée, méthodique et directe. Ses déclarations, jugées suffisamment structurées, ont conduit ses avocats — Mes Baboucar Cissé, Abdou Dialy Kane, Alassane Cissé et Antoine Mbengue — à ne formuler aucune intervention, laissant le juge dérouler seul son interrogatoire.

Les questions du magistrat se sont particulièrement concentrées sur les activités financières et la gestion des quatre sociétés civiles professionnelles (SCP) Haba, Doworou, Kantong et Tidjania, toutes placées sous la responsabilité statutaire d’Ismaïla Ngom. Le juge a notamment examiné les opérations de retraits et de virements portant sur des montants particulièrement élevés.

L’un des volets les plus sensibles porte sur quatorze chèques émis par la société Sofico de l’homme d’affaires Tahirou Sarr. Selon le réquisitoire introductif du Procureur, fondé sur les conclusions de la Centif, ces chèques — d’un montant cumulé de 5,3 milliards de francs CFA — auraient été versés au profit de la SCP Tidjania, considérée comme une structure liée à Farba Ngom et détenue à 90 % par Ismaïla Ngom. Les dépôts auraient été effectués à l’agence « Prestige Blue » de la Nsia, aux Almadies.

Confronté à ces éléments, Ismaïla Ngom a opposé un démenti catégorique. Il a affirmé que ces mouvements financiers, loin de revêtir un caractère suspect, relevaient exclusivement d’opérations privées et transparentes. Il a déclaré ne pas comprendre les fondements ayant conduit à les assimiler à un détournement de deniers publics. Insistant sur la nature strictement privée de toutes les transactions, il a soutenu que rien ne justifiait les accusations de blanchiment et d’escroquerie portées contre lui.

Interrogé ensuite sur les retraits en espèces effectués en sa faveur, il a assuré que leur traçabilité ne souffrait d’aucune ambiguïté. Tous les justificatifs existent, a-t-il insisté, ajoutant que les opérations ont été effectuées conformément à la réglementation bancaire. L’examen s’est prolongé sur un autre point crucial : douze virements totalisant 6 milliards de francs CFA enregistrés en juillet 2020 sur le compte de la SCP Doworou, ouvert à la Nsia et détenu à 90 % par lui. La Centif estime que ces fonds proviendraient du remboursement de bons de caisse émis par la société Sofico.

À l’issue de son audition, l’homme poursuivi pour association de malfaiteurs en bande organisée, complicité d’escroquerie sur les deniers publics, abus de biens sociaux et blanchiment de capitaux, est rentré chez lui avec retenue, toujours sous bracelet électronique. Ses avocats, convaincus que les éléments du dossier ne suffisent pas à étayer les accusations du ministère public, envisagent de déposer une requête en non-lieu dans les prochains jours.

Ndramé Escale (Kaolack) : Momath Leye offre des kits scolaires à l’École Élémentaire de Bowé

Le responsable politique et coordonnateur départemental du parti Tabax, Construire dans le département de Nioro, Momath Leye, dit Big Léye, a offert ce vendredi des kits scolaires à l’École Élémentaire de Bowé.

« Nous adressons nos sincères remerciements à Monsieur Boubacar Camara, Président et Ministre Secrétaire du Gouvernement, pour son précieux soutien qui a permis la remise de 25 kits scolaires à l’École Élémentaire de Bowé, dans l’IEF du département de Nioro du Rip. Grâce à son accompagnement, cette action de solidarité a pu se dérouler dans d’excellentes conditions, en présence du directeur de l’école, du président de l’Association des parents d’élèves, ainsi que des responsables départementaux de Tabax », a déclaré Momath Leye.

Il a ajouté : « Nous saluons vivement son engagement en faveur de l’éducation et son attachement au développement de nos communautés. Ce geste noble et hautement symbolique restera gravé dans la mémoire des élèves, des enseignants et de toute la communauté éducative de Bowé. Nous lui exprimons notre profonde gratitude et renouvelons notre disponibilité à poursuivre, ensemble, toute initiative visant à soutenir et promouvoir l’école sénégalaise. »

Ce geste a été largement apprécié par le directeur de l’école de Bowé, les élèves et les parents d’élèves.

Le président Diomaye Faye reçoit la ministre malienne des Infrastructures et le Comité de l’ASECNA

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a accordé ce vendredi 21 novembre 2025 une audience à Mme Dembélé Madina Sissoko, ministre des Transports et des Infrastructures du Mali. Cette rencontre, qui s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations bilatérales, a été l’occasion pour la ministre malienne de transmettre au chef de l’État sénégalais les remerciements du gouvernement et du peuple maliens. Ces remerciements font suite aux mesures prises par les autorités sénégalaises pour lever les obstacles liés aux conteneurs maliens au port de Dakar, facilitant ainsi le commerce et les échanges entre les deux pays.

Cette initiative illustre la solidité et la maturité des relations entre le Sénégal et le Mali, ainsi que la volonté partagée de maintenir une coopération fluide, efficace et fraternelle. Le président Faye a salué cette démarche et réaffirmé son engagement à promouvoir des relations bilatérales stables et mutuellement avantageuses, soulignant l’importance de l’intégration régionale pour le développement économique et social des deux nations.

Dans la foulée, le chef de l’État a reçu le Comité des ministres de l’Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), réuni à Dakar pour sa 76ᵉ session extraordinaire. Les ministres ont présenté au président Diomaye Faye les conclusions de leurs travaux, mettant en avant les stratégies visant à renforcer la sécurité, la modernisation et la performance des services de navigation aérienne au sein de l’espace communautaire.

Le président Faye a salué les efforts des États membres et du comité pour le progrès de la sécurité aérienne en Afrique. Il a réitéré la disponibilité du Sénégal à contribuer activement aux initiatives régionales, insistant sur la nécessité d’une coopération soutenue pour garantir des services de navigation aérienne modernes, sûrs et fiables.

Cette double audience témoigne de l’engagement du Sénégal sur le plan régional, que ce soit dans le renforcement des échanges commerciaux avec ses voisins ou dans la consolidation de la sécurité et de l’efficacité des infrastructures aériennes sur le continent. Elle confirme également la position du pays comme acteur clé de l’intégration régionale et de la coopération technique en Afrique de l’Ouest.

31ᵉ réunion OMD-AOC à Dakar : des recommandations pour une gouvernance douanière renforcée en Afrique de l’Ouest et Centrale

Dakar a accueilli la 31ᵉ réunion du Comité des experts de la Région Afrique de l’Ouest et Centrale de l’Organisation mondiale des Douanes (OMD-AOC), qui s’est achevée ce vendredi après trois jours d’intenses travaux. L’événement, organisé sous l’égide de la Douane sénégalaise, a réuni des spécialistes et des hauts responsables douaniers de la région afin d’examiner les défis et les opportunités liés à la gouvernance douanière et à la facilitation des échanges en Afrique de l’Ouest et Centrale.

Durant ces 72 heures de débats, les participants ont planché sur plusieurs thématiques majeures, notamment les grands projets en cours, le renforcement du cadre institutionnel régional, le plan stratégique de la région et le fonctionnement des différentes structures douanières. Ces discussions ont permis de mettre en lumière les enjeux liés à la modernisation des systèmes douaniers, à la lutte contre la fraude, au développement de mécanismes communs de contrôle et à la prévention de la criminalité transnationale organisée.

À l’issue des travaux, un ensemble de recommandations concrètes a été formulé, visant à améliorer la gouvernance douanière et à renforcer l’efficacité des administrations dans la région. Ces recommandations seront portées à la connaissance des Directeurs généraux des administrations douanières lors de la prochaine conférence régionale prévue en 2026 à Freetown, en Sierra-Leone, où elles pourront être adoptées et mises en œuvre.

Lors de la cérémonie de clôture, le Coordonnateur de la Direction générale des Douanes (DGD) du Sénégal, Malick Mbaye, a insisté sur l’importance de l’appropriation rigoureuse de ces recommandations par les administrations douanières de la région. « Dans un contexte où nos pays sont confrontés à des défis multiples, notamment en matière de lutte contre la fraude et la criminalité transnationale, de facilitation des échanges et de modernisation de nos systèmes douaniers, l’application de ces recommandations sera très utile », a-t-il souligné.

Malick Mbaye a également réaffirmé l’engagement constant des Douanes sénégalaises à accompagner la Vice-Présidence de la Région AOC dans l’accomplissement de ses missions, afin de garantir une coordination efficace et une meilleure intégration des politiques douanières dans la région.

Aux côtés du Coordonnateur, le Directeur des Opérations douanières, Ousmane Kane, et le Directeur des Systèmes d’Information, Hamidou Ndiaye, ont contribué à l’animation des travaux et à l’encadrement technique des discussions. Avant la clôture officielle, les experts ont tenu à saluer la qualité de l’organisation assurée par la Douane sénégalaise, reconnaissant la rigueur et le professionnalisme dont le pays a fait preuve.

Abdoulaye Maïga, Directeur de Cabinet du Vice-Président de la Région, ainsi que Gatien Pangob Tetanga, Coordonnateur régional représentant le Secrétaire général de l’OMD, ont eux aussi exprimé leur gratitude envers les autorités sénégalaises, louant la logistique et l’accueil offerts lors de cette rencontre cruciale pour l’avenir des administrations douanières de la région.

Cette 31ᵉ réunion du Comité des experts de l’OMD-AOC constitue un jalon important dans la consolidation d’une gouvernance douanière harmonisée et efficace en Afrique de l’Ouest et Centrale, renforçant à la fois la sécurité, la transparence et la compétitivité des échanges commerciaux régionaux.

Soussoung : le collectif se réjouit de la libération des détenus et réaffirme sa lutte pour la défense des terres

Le Collectif pour la défense des terres de Soussoung, basé à Ndiaganiao, a exprimé sa satisfaction suite à la libération des neuf personnes interpellées lors des manifestations récentes autour des questions foncières. Ces détenus, retenus depuis près de quatre mois, avaient été arrêtés dans le cadre de mobilisations visant à dénoncer des tentatives présumées d’accaparement de terres par des entreprises privées.

Dans une déclaration officielle, Ousseynou Dia, membre actif du collectif, a souligné l’importance de cet événement pour la communauté locale. « Nous nous félicitons de la libération de ces neuf paysans, injustement retenus pendant plusieurs mois. Leur retour marque une première victoire dans notre combat pour la préservation des terres et des droits des populations de Soussoung », a-t-il déclaré.

Le collectif a cependant insisté sur le fait que cette libération ne signifie pas la fin de la mobilisation. Il a appelé l’ensemble des habitants de Soussoung, femmes et hommes, à renforcer leur unité pour protéger le tissu social de la localité, qu’il juge fragilisé par des pressions externes et des entreprises aux « intentions funestes ». Le message adressé à la population souligne la nécessité de rester vigilant et solidaire face aux menaces pesant sur les terres agricoles et les espaces communautaires.

Par ailleurs, le collectif a renouvelé son engagement à défendre les terres de Soussoung contre toute forme de spoliation, d’intimidation ou d’accaparement. Il a également tenu à remercier les organisations et individus qui ont contribué à la libération des détenus, saluant le soutien national et international qui a permis de mettre fin à cette situation critique.

Cette mobilisation illustre une fois de plus la détermination des communautés rurales à protéger leurs ressources foncières et à faire respecter leurs droits face aux pressions économiques et politiques. Pour le collectif, la bataille pour les terres de Soussoung se poursuit, avec la conviction que seule la cohésion et la vigilance de la population permettront de sauvegarder ces biens essentiels à la survie et au développement local.

76ᵉ réunion du Comité des ministres de l’ASECNA : Ousmane Sonko plaide pour une souveraineté aérienne africaine renforcée

Le Premier ministre Ousmane Sonko a ouvert, ce vendredi 21 novembre 2025, la 76ᵉ réunion du Comité des ministres de l’Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), réunie exceptionnellement pour discuter des perspectives stratégiques et opérationnelles de l’organisation. Dans un discours d’ouverture empreint de solennité, il a mis en avant l’importance de l’ASECNA comme pilier de la connectivité aérienne et de la croissance économique sur le continent africain.

Ousmane Sonko a rappelé que les principes fondateurs de l’ASECNA — solidarité, compétence, mutualisation et neutralité technique — ont permis à l’agence de traverser les turbulences politiques et économiques tout en conservant son rôle central dans la sécurité aérienne. Selon lui, cette résilience découle d’une gouvernance collective qui fait de l’ASECNA une référence mondiale dans la gestion intégrée des espaces aériens multinationaux, malgré des débuts difficiles à l’aube des indépendances des pays membres.

Le chef du gouvernement a salué l’ASECNA comme un modèle de souveraineté partagée et de mutualisation réussie, invitant le Comité des ministres à conduire les travaux de la session avec rigueur et responsabilité. Parmi les points prioritaires figurent l’examen du Plan d’Orientations Stratégiques (POS 2026–2035) et du Plan de Services et Équipements (PSE 2026–2030). Ousmane Sonko a insisté sur le fait que ces plans ne représentent pas une simple addition de projets nationaux, mais traduisent la capacité des États africains à penser, investir et progresser ensemble dans le domaine aérien.

Le Premier ministre a notamment souligné l’importance de la mutualisation des systèmes de communication, de surveillance et de navigation, y compris satellitaires, pour renforcer la sécurité et la compétitivité des espaces aériens africains. Selon lui, l’ASECNA démontre qu’une souveraineté technologique africaine est possible lorsqu’elle s’appuie sur la coopération, la formation et la discipline collective. Les économies d’échelle générées par ces mécanismes mutualisés permettent aux États de soutenir leurs politiques publiques tout en consolidant leur indépendance stratégique.

Ousmane Sonko a réaffirmé l’engagement du Sénégal à œuvrer pour une Afrique maîtresse de ses infrastructures critiques, en particulier dans le domaine stratégique de la navigation aérienne. « L’ASECNA doit rester en première ligne pour garantir une navigation aérienne moderne, sûre et souveraine », a-t-il insisté, mettant l’accent sur l’impératif d’une gestion collective et proactive de l’espace aérien continental.

Pour sa part, la présidente du Comité des ministres de l’ASECNA, Fatima Goukouni Weddeye, a souligné l’importance de cette 76ᵉ session pour consolider et moderniser l’agence. Elle a affirmé que les décisions du Comité seraient guidées par la lucidité, la rigueur et la clairvoyance nécessaires pour inscrire durablement l’ASECNA sur une trajectoire de performance et de stabilité partagée. « En unissant nos expertises, nos convictions et nos volontés politiques, nous doterons notre agence des instruments stratégiques et financiers nécessaires pour relever les défis d’aujourd’hui et anticiper ceux de demain », a-t-elle déclaré, soulignant le rôle central de la coopération entre États membres pour la pérennité de l’organisation.

Cette réunion, qui réunit les ministres de l’aviation civile des États membres de l’ASECNA, marque un tournant stratégique pour le continent. Elle s’inscrit dans un contexte où l’Afrique cherche à renforcer sa souveraineté technologique et opérationnelle, tout en garantissant une sécurité aérienne optimale, condition indispensable à son développement économique et à son rayonnement international.

Ohio : l’incendie meurtrier de la famille Dièye confirmé comme volontaire, le fils au centre de l’enquête

Le drame survenu dans l’Ohio aux États-Unis continue de secouer la communauté sénégalaise de Saint-Louis. L’incendie qui a ravagé la résidence de la famille Dièye, causant la mort tragique de trois membres, a été officiellement qualifié par les autorités locales d’acte volontaire. Selon les enquêteurs, le responsable présumé de cette tragédie est Cheikh Dièye, âgé de 25 ans, le fils de la famille. Les premières conclusions de l’enquête indiquent qu’il aurait intentionnellement mis le feu à la maison, entraînant la mort de ses parents et la sienne.

Les secours dépêchés sur les lieux lundi soir ont été confrontés à une situation d’une extrême violence. Les caméras piétons des premiers intervenants, dont les images ont été rendues publiques jeudi, témoignent de la rapidité avec laquelle l’incendie a consumé la maison et de l’ampleur de la catastrophe à laquelle ils ont dû faire face. Les pompiers ont dû lutter contre des flammes particulièrement intenses, alors que les occupants étaient déjà en danger, ce qui a rendu les opérations de sauvetage particulièrement complexes et dramatiques.

L’incendie s’est déclaré dans la nuit du mardi 18 au mercredi 19 novembre 2025 à Columbus, et le bilan humain reste lourd. Trois adultes, dont le suspect Cheikh Dièye et ses deux parents, ont péri dans l’incendie, tandis que deux autres personnes ont été grièvement blessées. Parmi elles, un jeune enfant dont le pronostic vital reste préoccupant, ce qui accentue encore la dimension tragique de l’événement. La communauté locale et la diaspora sénégalaise suivent avec une inquiétude croissante l’évolution de l’état de santé de cet enfant.

Si les motivations exactes du jeune homme restent à éclaircir, la piste criminelle semble désormais confirmée par les autorités américaines. Le drame suscite de nombreuses réactions, mêlant stupéfaction et incompréhension, et soulève des questions sur les facteurs ayant pu conduire à un geste aussi désespéré et destructeur. La communauté sénégalaise aux États-Unis et au Sénégal est sous le choc, et plusieurs voix appellent à une meilleure sensibilisation sur la santé mentale et le soutien aux jeunes adultes confrontés à des difficultés personnelles ou familiales.

Les enquêteurs poursuivent leur travail afin de reconstituer les circonstances exactes de cet incendie volontaire, et les résultats définitifs permettront de comprendre les motivations de Cheikh Dièye et les éventuelles défaillances ayant pu contribuer à cette tragédie. Entre douleur, incompréhension et consternation, le drame de la famille Dièye restera gravé dans les mémoires comme l’un des événements les plus tragiques touchant la diaspora sénégalaise à l’étranger.

La Médiature de la République : le foncier au cœur des 120 réclamations enregistrées en cinq mois

La Médiature de la République, sous la direction de Demba Kandji, fait face à un afflux croissant de plaintes citoyennes. Entre le 1er avril et le 30 septembre 2025, l’institution a enregistré un total de 120 dossiers de réclamation, témoignant des tensions persistantes entre les usagers et l’administration publique. Ces chiffres traduisent un véritable défi pour la Médiature, chargée de faciliter le dialogue entre l’État et les citoyens et de résoudre les litiges liés à l’action administrative.

Après un premier examen, 22 dossiers ont été écartés pour diverses raisons. Douze d’entre eux avaient un caractère strictement privé et ne relevaient donc pas de la compétence de la Médiature. Trois dossiers ont été jugés hors du champ d’action de l’institution, deux autres n’avaient pas suivi la démarche préalable nécessaire auprès des administrations concernées, et deux étaient déjà pendants devant la justice. Enfin, trois plaintes ont été jugées non fondées. Au terme de cette sélection, 98 dossiers ont été retenus et sont actuellement « en cours de traitement » par les services de Demba Kandji.

L’analyse des réclamations révèle que le foncier demeure la principale source de tensions entre citoyens et administration, avec 24 dossiers en cours touchant directement à cette question. Ces litiges fonciers concernent notamment les problèmes d’attribution de terrains, de régularisation de titres fonciers et de conflits successoraux. Le foncier, en raison de son impact direct sur la vie des citoyens et sur le développement économique, apparaît comme un secteur où la médiation est particulièrement sollicitée.

D’autres domaines essentiels de l’action publique sont également au centre des préoccupations. Les pensions de retraite, les régularisations administratives et le paiement de créances ou d’indemnités dues par l’État figurent parmi les litiges les plus sensibles. Le ministère des Finances et du Budget arrive en tête des services concernés avec 19 réclamations, suivi des communes locales (11 dossiers), du ministère de l’Intérieur (8 dossiers) et de l’IPRES (6 dossiers). Le ministère de l’Urbanisme et du Cadre de vie est directement impliqué dans cinq dossiers, tandis que les autres ministères partagent 12 réclamations. En outre, vingt-deux dossiers concernent divers organismes chargés de missions de service public.

Selon Demba Kandji, ces chiffres mettent en évidence les secteurs où la médiation est la plus sollicitée et permettent de dégager des tendances claires sur les difficultés rencontrées par les citoyens dans leurs relations avec l’administration. La Médiature apparaît ainsi comme un acteur central de la gouvernance, capable de révéler les failles du système administratif et de proposer des solutions concrètes pour les résoudre.

Cette dynamique démontre que, malgré les défis, la Médiature de la République continue de jouer un rôle crucial dans le renforcement de la transparence, de l’efficacité administrative et de la confiance entre les citoyens et l’État. Les prochains mois s’annoncent décisifs pour le traitement des dossiers en cours, et les résultats de ces médiations pourraient constituer un indicateur clé de la capacité de l’administration à répondre aux attentes de ses usagers.

Sécurité numérique : TikTok supprime 2,5 millions de vidéos inappropriées au Sénégal dans le cadre du sommet ouest-africain

Dakar a récemment été le théâtre du premier sommet sur la sécurité numérique en Afrique de l’Ouest organisé par TikTok en partenariat avec AfricTivistes. Cet événement s’inscrit dans la volonté de la plateforme de renforcer les standards de sécurité sur son réseau et de protéger ses utilisateurs, notamment les jeunes, face aux contenus nuisibles et à la désinformation. Le sommet a réuni des acteurs régionaux, des représentants de la société civile et des experts en sécurité numérique afin de débattre des défis actuels et de mettre en place des mesures coordonnées pour un internet plus sûr et inclusif.

Au Sénégal, TikTok a annoncé que 2,5 millions de vidéos avaient été supprimées au cours de l’année écoulée pour non-respect des règles de la plateforme. Plus de 16 000 sessions en direct ont également été interrompues pour des violations des directives communautaires. Pour la première fois, la plateforme a publié des données détaillées sur la modération des sessions TikTok LIVE, révélant que plus de 2,3 millions de diffusions avaient fait l’objet de mesures correctives au deuxième trimestre 2025. Ces chiffres témoignent de l’ampleur des efforts entrepris pour réguler les contenus et protéger les utilisateurs sénégalais et ouest-africains.

Le rapport « Community Guidelines Enforcement » de TikTok souligne que depuis janvier 2024, 34 millions de vidéos ont été supprimées en Afrique de l’Ouest, dont 8,3 millions au deuxième trimestre 2025, soit une hausse de 132 % par rapport au trimestre précédent. La majorité de ces suppressions, 87 %, a été effectuée de manière proactive, grâce à des outils automatisés, avant même que des signalements ne soient reçus. Ce système de détection préventive permet d’anticiper les contenus problématiques et d’assurer une meilleure protection des utilisateurs.

L’entreprise a également mis en lumière des opérations de manipulation de contenus, comme celle démantelée en mars 2025 depuis le Togo. Cette opération impliquait 129 comptes qui diffusaient des discours politiques à travers l’Afrique de l’Ouest et la France, illustrant la complexité des menaces numériques auxquelles la région est confrontée. À l’échelle mondiale, TikTok a supprimé 189 millions de vidéos au deuxième trimestre 2025, dont 99,1 % ont été détectées de manière proactive, et a désactivé plus de 76 millions de faux comptes et près de 26 millions de comptes suspectés d’appartenir à des mineurs de moins de 13 ans.

Duduzile Mkhize, responsable du programme Outreach & Partnerships pour l’Afrique subsaharienne, a insisté sur l’importance d’une coopération régionale et locale pour renforcer la sécurité numérique. Selon elle, les retours des parties prenantes africaines sont essentiels pour adapter les politiques de TikTok aux réalités du continent. « Le dialogue au sein de ce sommet est d’une valeur inestimable. Bien qu’ayant une portée globale, chacune de nos actions reste profondément ancrée dans le contexte local », a-t-elle déclaré, appelant à une action collective afin d’éviter un espace numérique fragmenté et vulnérable.

L’activiste sénégalaise Aisha Dabo, membre du Conseil consultatif pour la sécurité de TikTok en Afrique subsaharienne, a souligné l’importance des expertises locales dans la conception de stratégies de protection adaptées aux réalités africaines. Elle a salué le sommet comme une opportunité de mettre en lumière les solutions régionales et de garantir que les perspectives africaines soient centrales dans les décisions mondiales sur la sécurité numérique. « Ce sommet est une occasion unique de construire un internet ouvert, inclusif et sécurisé, un internet qui reflète la diversité et la résilience de notre continent », a-t-elle affirmé.

Au-delà des suppressions de vidéos et des interruptions de sessions, le sommet a permis de rappeler que la sécurité numérique est également un enjeu de santé publique et de protection sociale, en particulier pour les jeunes utilisateurs. La lutte contre la désinformation, la manipulation politique et les contenus préjudiciables représente désormais un défi majeur pour la sous-région, et le Sénégal occupe une place stratégique dans ce dispositif.

Ce sommet marque une étape importante dans l’approche proactive de TikTok en Afrique de l’Ouest, en plaçant la protection des utilisateurs, la régulation des contenus et l’expertise locale au centre de sa stratégie. Il souligne aussi la nécessité d’une coopération entre plateformes, gouvernements et société civile pour construire un internet sûr, où l’innovation numérique peut se développer sans compromettre la sécurité et le bien-être des communautés.

Interpol frappe fort en Afrique de l’Ouest : l’opération “Screen West Africa 2025” révèle l’ampleur des menaces régionales

L’Afrique de l’Ouest vient de franchir une étape majeure dans la lutte contre la criminalité transnationale. Entre juillet et octobre, l’Interpol a coordonné une vaste opération baptisée « Screen West Africa 2025 », mobilisant douze pays de la région, dont le Sénégal. Cette initiative d’envergure, menée sur plusieurs fronts simultanément, a abouti à soixante-deux arrestations et à des saisies impressionnantes, révélant la densité des réseaux criminels actifs dans cet espace géopolitique particulièrement vulnérable.

Les forces de sécurité ont découvert dix-sept caches contenant des armes, des munitions et des explosifs, ainsi que cent trente-six véhicules volés. Elles ont également saisi plus de sept cents kilogrammes de cannabis, une quantité significative de médicaments contrefaits, de faux billets de banque et de documents falsifiés. Autant d’éléments qui démontrent non seulement l’ampleur des trafics, mais aussi la sophistication des réseaux qui opèrent à l’échelle régionale.

Parmi les personnes interpellées, neuf sont soupçonnées de liens directs avec des organisations terroristes. Près de deux cent cinquante correspondances ont été établies grâce aux bases de données d’Interpol, aboutissant à l’émission de sept notices rouges et neuf notices bleues. Ces alertes internationales ont facilité une traque transfrontalière décisive et permis de tisser des liens entre différentes affaires éparpillées à travers la région. Cyril Gout, directeur des services de police d’Interpol, a souligné que ces résultats illustrent la valeur du soutien opérationnel fourni aux États membres et l’efficacité des outils de coopération mis à disposition.

Si certains résultats spectaculaires sont venus du Burkina Faso ou encore de la Mauritanie, la participation du Sénégal revêt une importance stratégique particulière. Grâce à sa position géographique, notamment son long littoral et la présence du Port autonome de Dakar, le pays est depuis longtemps une zone de transit privilégiée pour de nombreux trafics. Interpol a d’ailleurs mis en lumière les techniques avancées utilisées par les criminels, telles que la falsification d’identité des navires, la désactivation de leur système d’identification automatique (AIS) ou encore les changements clandestins de pavillon. Ces procédés permettent aux réseaux de contourner la surveillance maritime et d’intensifier les activités illicites au large des côtes sénégalaises.

Le contexte sécuritaire régional, marqué par l’instabilité persistante au Sahel, accentue la nécessité d’une vigilance soutenue. Les déplacements de combattants et de flux d’armes depuis cette zone vers les régions côtières sont devenus plus fréquents. L’opération en offre une nouvelle illustration : au Burkina Faso, deux individus recherchés par la Côte d’Ivoire pour des attaques attribuées au Jnim ont été arrêtés sur la base de notices bleues, tandis qu’un autre suspect a été interpellé à la demande du Togo. Ces mouvements montrent que les groupes armés cherchent à élargir leur zone d’action et rappellent l’importance pour le Sénégal de renforcer la sécurité en Casamance et dans l’ensemble de ses points d’entrée stratégiques.

Les enjeux dépassent cependant le seul cadre sécuritaire. Les saisies de fausse monnaie, de drogues et de médicaments contrefaits soulèvent des préoccupations majeures en matière de santé publique et de stabilité économique. Ces activités sont souvent liées au crime organisé et alimentent ses ressources financières. Au Sénégal, la sécurisation des corridors commerciaux, la protection du Port de Dakar et la lutte contre la pêche illicite constituent des priorités absolues pour préserver les secteurs économiques les plus sensibles. La libération de vingt et une victimes de trafic d’êtres humains au Nigeria, également mentionnée dans le rapport de l’opération, rappelle que les réseaux criminels touchent aussi à la dignité humaine et consolident un système d’exploitation profondément enraciné.

L’opération « Screen West Africa 2025 » marque ainsi une étape significative, mais elle souligne en même temps le besoin d’une approche durable et intégrée. Les autorités sénégalaises sont désormais appelées à renforcer leur surveillance maritime, moderniser les contrôles frontaliers, et consolider les dispositifs de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. L’enjeu pour Dakar et l’ensemble de la région est de transformer cette action ponctuelle en une dynamique de sécurité pérenne, capable d’harmoniser justice, développement et protection stratégique des populations.

L’Afrique de l’Ouest fait face à des défis immenses, mais l’opération coordonnée par Interpol démontre que des réponses efficaces sont possibles lorsque les États unissent leurs forces. Le Sénégal, en particulier, se retrouve au cœur de cette lutte et devra, dans les mois à venir, confirmer sa détermination à adapter ses dispositifs pour contrer durablement des menaces en constante mutation.

Mort tragique de la sœur d’Adja Makeup : Une scène d’une profonde douleur, presque inimaginable

Nogaye Thiam, née en 2002, sœur de l’influenceuse et maquilleuse Adja Makeup, a été retrouvée morte dans la maison de sa belle-famille à Yoff, dans des circonstances qui ont plongé le pays dans l’émoi et l’incompréhension. Le drame est d’autant plus poignant que son enfant d’un an et demi est resté à ses côtés pendant quarante-huit heures, tentant de téter sa mère sans savoir qu’elle avait rendu l’âme.

Selon les informations mises en ligne par Adja Makeup, qui a pris la parole dans une vidéo largement relayée, le corps de sa jeune sœur est resté sans vie dans sa chambre pendant deux jours entiers sans que personne ne s’en rende compte. Durant ce temps, son bébé est resté seul avec elle, cherchant à se nourrir et dormant contre elle, dans une solitude totale. Cette scène, décrite par la famille comme insoutenable, suscite un choc national et soulève de nombreuses interrogations sur l’environnement dans lequel vivait la défunte.

Nogaye Thiam, que sa famille décrit comme une jeune femme discrète, calme et peu encline aux conflits, était mariée à son cousin et vivait dans sa belle-famille. Selon plusieurs témoignages, elle semblait porter un poids silencieux. Des proches rapportent qu’elle faisait face à des tensions internes, notamment un conflit persistant avec une autre belle-fille du foyer, une situation qui l’aurait isolée au fil du temps. Un détail troublant revient fréquemment dans les récits : sa belle-mère, homonyme de Nogaye, aurait entretenu une relation difficile avec elle.

La révélation de sa mort par Adja Makeup a déclenché un torrent de réactions sur les réseaux sociaux. Des milliers d’internautes, d’influenceurs et de personnalités publiques ont exprimé leur indignation, dénonçant l’absence de vigilance dans la maison où vivait la jeune femme, mais aussi, plus largement, les conditions de vie souvent éprouvantes des jeunes mariées dans certaines familles. Beaucoup s’interrogent sur la façon dont une mère de famille a pu rester introuvable pendant deux jours, sans qu’aucun membre de son entourage immédiat ne s’en inquiète.

Ce drame remet crûment en lumière les pressions psychologiques et sociales qui pèsent parfois sur les femmes mariées, particulièrement dans des contextes où elles se retrouvent isolées, coupées de leurs familles d’origine et contraintes au silence face aux difficultés conjugales ou familiales. Il révèle aussi les failles d’un système où la souffrance des femmes est souvent minimisée ou ignorée jusqu’à ce qu’une tragédie surgisse.

Alors que les hommages à Nogaye Thiam se multiplient, les appels à une introspection collective se font entendre. Pour beaucoup, il s’agit d’un signal d’alarme : il devient urgent de renforcer la vigilance, l’écoute et la protection des femmes dans l’espace familial, afin que de tels drames ne se reproduisent plus. Le décès tragique de la jeune mère résonne comme un rappel douloureux de la nécessité de lutter contre l’indifférence, le silence et les violences invisibles au sein des foyers.

À ce stade, aucune communication officielle n’a encore été faite par les autorités, mais l’affaire pourrait ouvrir la voie à une réflexion sociale plus large sur les conditions de vie et la protection des femmes, particulièrement les plus jeunes et les plus vulnérables. En attendant, le pays, choqué, tente encore d’assimiler l’ampleur de ce drame humain.

Prix du Leader Africain 2025 : le Général Mbaye Cissé parmi les figures d’élite nominées

Le Sénégal continue de briller sur la scène continentale avec une nouvelle reconnaissance majeure pour l’un de ses plus hauts responsables militaires. Le général d’armée Mbaye Cissé, récemment promu Chef d’état-major général des armées par le président Bassirou Diomaye Faye, vient d’être sélectionné parmi les nominés du prestigieux African Leadership Magazine Persons of the Year 2025 (POTY). Il concourt dans l’une des catégories les plus emblématiques : celle du « Leader africain de l’année pour la paix et la sécurité ».

Cette nomination, rendue publique ce jeudi à l’issue du processus de présélection mené par l’African Leadership Magazine (ALM), place le général Cissé dans le cercle restreint des personnalités qui ont marqué de manière significative la dynamique sécuritaire du continent. Il est d’ailleurs le seul Sénégalais à figurer sur la liste finale, une singularité qui témoigne de son rôle central et de la reconnaissance de son parcours par des experts continentaux.

Face à lui, plusieurs figures africaines influentes sont en lice, notamment Kayode Adeolu Egbetokun, l’Inspecteur général de la police nigériane, Mahmoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l’Union africaine originaire de Djibouti, et Mohammed Berold, Inspecteur général des Forces armées royales du Maroc et commandant de la zone sud. Cette diversité de profils reflète l’ambition du prix : distinguer les leaders dont les décisions ont façonné la sécurité, la stabilité et parfois l’avenir même de leurs nations en 2025.

La sélection des nominés est l’aboutissement d’un long processus. L’ALM a d’abord lancé un appel à candidatures à travers toute l’Afrique et dans la diaspora, avant de procéder à une évaluation minutieuse des profils proposés. Le comité de rédaction s’est appuyé sur des critères stricts, notamment l’impact mesurable des actions des candidats, leur pertinence continentale ainsi que leur capacité à inspirer une transformation réelle dans leurs domaines respectifs. Ce filtre rigoureux renforce la crédibilité d’un prix qui, au fil des années, s’est imposé comme la plus haute distinction attribuée par le choix public en Afrique.

Désormais, la décision finale repose entre les mains des citoyens du continent. Le vote en ligne, ouvert jusqu’au 30 novembre 2025 à minuit sur le site de l’ALM, déterminera les lauréats de cette édition. Les organisateurs insistent sur le rôle crucial de la participation populaire, soulignant que ce prix permet aux Africains de célébrer les leaders qui, par leur courage, leur audace et leurs actions décisives, sont en train de redessiner la trajectoire du développement africain.

La cérémonie de distinction des lauréats se tiendra les 27 et 28 février 2026 à Accra, au Ghana, lors de la 15e édition des Persons of the Year. Placée sous le thème « Leadership pour une nouvelle Afrique : forger notre paix, assumer notre récit », elle mettra en lumière les hommes et femmes qui, en 2025, auront contribué à ouvrir la voie à une Afrique plus souveraine, plus stable et mieux préparée à affronter les défis du futur.

Avec cette nomination, le général Mbaye Cissé porte haut les couleurs du Sénégal et confirme sa stature de leader engagé, dont la vision stratégique et l’expérience opérationnelle continuent de renforcer la position du pays dans les questions régionales de paix et de sécurité.

Dagana : un étudiant de l’Isep tué lors d’une attaque à moto, une enquête ouverte

La commune de Richard-Toll est sous le choc après la mort tragique de Mouhamed Ndiaye, étudiant à l’Institut supérieur d’enseignement professionnel (ISEP) de la localité. Le jeune homme a été mortellement agressé dans la soirée du jeudi 20 novembre, aux alentours de 21 heures, sur la route nationale 2, à hauteur du village de Keur Birane, un secteur connu pour être relativement isolé dès la tombée de la nuit.

Selon les premières informations relayées par Le Soleil, Mouhamed Ndiaye circulait à moto en compagnie d’un ami lorsque trois individus non identifiés les ont pris pour cible. Les assaillants, embusqués au bord de la route, auraient tenté de s’emparer de l’engin en interceptant les deux jeunes hommes. L’attaque a été d’une extrême violence : l’un des agresseurs aurait porté un coup de gourdin au jeune étudiant, provoquant immédiatement la perte de contrôle de la moto. Le choc et la chute qui ont suivi se sont avérés fatals.

Mouhamed Ndiaye est décédé sur place, tandis que son compagnon, grièvement blessé, a été évacué d’urgence vers une structure sanitaire pour y recevoir des soins. Son état reste préoccupant, selon des sources locales.

Alertés, les éléments de la brigade territoriale de gendarmerie de Richard-Toll se sont rapidement rendus sur les lieux. Ils ont procédé aux constats d’usage et sécurisé la zone, avant d’ouvrir une enquête afin de retrouver les auteurs de cette attaque meurtrière. Les premiers témoignages recueillis laissent penser à un acte de banditisme ciblant les motocyclistes circulant de nuit sur cet axe, mais aucune piste n’est écartée à ce stade de l’enquête.

La mort de Mouhamed Ndiaye a provoqué une vive émotion parmi ses camarades de l’Isep et dans toute la communauté locale, où il était décrit comme un jeune homme sérieux et apprécié. De nombreux habitants appellent les autorités à renforcer la sécurité sur la RN2, devenue selon eux un point sensible en raison de la recrudescence des attaques nocturnes.

CAMES : Diomaye Faye félicite les 14 nouveaux agrégés et les appelle à renforcer la recherche scientifique

Le Sénégal vient de tourner une nouvelle page importante de son histoire académique avec la clôture, à Dakar, de la 22ᵉ édition du Concours d’agrégation en sciences juridiques, politiques, économiques et de gestion du CAMES. Une édition accueillie cette année à l’Université Cheikh Anta Diop et marquée par la brillante réussite de quatorze enseignants-chercheurs sénégalais, désormais élevés au rang de maîtres de conférences agrégés.

Dans un message publié sur sa page Facebook, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé toute sa fierté devant cette performance collective, saluant l’engagement et la rigueur des lauréats. Ces promotions concernent plusieurs disciplines clés : sciences économiques, sciences de gestion, droit public, science politique, droit privé et histoire des institutions. Autant de domaines stratégiques qui participent à la formation de l’élite intellectuelle sénégalaise et africaine.

Le chef de l’État a rappelé l’importance du CAMES en tant qu’espace de référence pour l’harmonisation et la valorisation des carrières universitaires en Afrique francophone. Accueillir cette édition à Dakar, a-t-il souligné, témoigne du rôle central du Sénégal dans la dynamique de recherche scientifique sur le continent.

Diomaye Faye a par ailleurs adressé aux nouveaux agrégés un message fort, les invitant à mettre leur expertise au service de la construction d’une pensée africaine audacieuse et structurante. Selon lui, le Sénégal et, plus largement, le continent ont besoin d’une doctrine scientifique robuste, capable d’accompagner les transformations économiques, sociales et institutionnelles en cours.

Pour le président, la recherche n’est pas seulement un domaine académique : elle constitue un véritable moteur de développement national et un levier pour le rayonnement intellectuel du Sénégal. Il a ainsi encouragé les nouveaux promus à poursuivre avec détermination leurs travaux et à contribuer activement aux avancées de la science, au bénéfice de la société et des générations futures.

Avec cette nouvelle cuvée d’agrégés, le Sénégal renforce son vivier de compétences de haut niveau et confirme son ambition de figurer parmi les pays africains les plus dynamiques en matière de recherche et d’innovation. Cette reconnaissance du CAMES représente non seulement une réussite individuelle pour les lauréats, mais également un signal fort pour l’ensemble de la communauté universitaire nationale.

Entrepreneuriat jeunesse : BET-SET / L’Aurore crée des passerelles vers un écosystème dynamique à Kaolack

80 jeunes bénéficient d’un programme d’accompagnement dans le cadre de FIT! Sénégal

Kaolack, 23 novembre 2025 – La jeunesse entrepreneuriale du Saloum était à l’honneur cette semaine. À l’occasion de la Semaine Mondiale de l’Entrepreneuriat, célébrée du 17 au 23 novembre, l’association BET-SET / L’Aurore a organisé une série d’activités destinées à renforcer les compétences de jeunes porteurs de projets issus des départements de Nioro, Guinguinéo et Kaolack.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme DIAPAL TE JEF, un dispositif d’accompagnement du projet FIT! Sénégal pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, mis en œuvre avec l’appui de l’ONG ECLOSIO et financé par LuxDev. Au total, 80 jeunes ont bénéficié d’un accompagnement structuré, allant de formations techniques à des opportunités de réseautage avec des acteurs économiques locaux.

Un écosystème entrepreneurial en construction

L’édition 2025 a particulièrement insisté sur la synergie entre les structures d’appui à l’entrepreneuriat. La Chambre de Commerce, d’Agriculture et d’Industrie de Kaolack (CCIAK) a joué un rôle majeur dans la mobilisation des acteurs et la création de passerelles entre institutions, entrepreneurs et bénéficiaires.

« Cette coopération ouvre la voie à un écosystème entrepreneurial plus cohérent et inclusif », a déclaré un responsable impliqué dans l’organisation.

Le numérique, levier d’insertion pour les jeunes

La formation au numérique a occupé une place centrale dans les sessions. Les jeunes ont été initiés à :

l’utilisation professionnelle de Facebook et WhatsApp Business, la création de visuels et de supports de communication, l’optimisation du référencement local, l’usage d’outils de gestion commerciale.

Animés par des spécialistes locaux, ces ateliers visent à renforcer la visibilité en ligne des jeunes entrepreneurs, afin de leur permettre de mieux promouvoir leurs produits et services. Les participants devront produire plusieurs livrables, dont des comptes professionnels fonctionnels, des supports pédagogiques, des campagnes pilotes et des rapports d’auto-évaluation.

BET-SET / L’Aurore, un acteur clé de l’insertion

Active depuis plusieurs années dans la région de Kaolack, BET-SET / L’Aurore s’est imposée comme un acteur essentiel dans l’accompagnement des jeunes et des femmes. Son action couvre l’entrepreneuriat, le développement territorial et l’insertion professionnelle.

À travers DIAPAL TE JEF, l’organisation ambitionne de contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs capables de saisir les opportunités locales, notamment à l’approche des JOJ Dakar 2026.

À propos de BET-SET / L’Aurore

BET-SET / L’Aurore est une organisation engagée dans la promotion de l’entrepreneuriat, l’insertion socio-professionnelle des jeunes et le développement territorial dans la région de Kaolack et ses environs.

Babacar Gaye recadre sévèrement le député Cheikh Bara Ndiaye après ses dernières déclarations

La récente sortie de Cheikh Bara Ndiaye continue de susciter de vives réactions dans l’espace public. Jeudi, c’est l’ancien ministre et homme politique Babacar Gaye qui est monté au créneau pour recadrer le député, estimant que ses propos dépassent les limites fixées par la loi malgré son statut parlementaire.

D’entrée de jeu, Babacar Gaye a tenu à rappeler les contours de l’immunité parlementaire, souvent invoquée mais parfois mal comprise. « Pour que nul n’en ignore ! L’immunité parlementaire n’est pas une licence à tout faire et à tout dire. C’est une banalité de savoir qu’en cas de flagrant délit, en matière civile et pour tout ce qui ne se rapporte pas à l’exercice de ses fonctions, le député est traité comme tout justiciable même en pleine session parlementaire », a-t-il déclaré. Selon lui, brandir l’immunité pour justifier des accusations publiques non étayées constitue une dangereuse dérive.

Babacar Gaye estime en effet que certaines déclarations récemment faites par Cheikh Bara Ndiaye sont en porte-à-faux avec la loi, notamment lorsqu’elles portent atteinte à la réputation ou à la dignité de tiers. Pour lui, le respect de la vérité et la responsabilité dans la communication publique doivent être des exigences fondamentales, surtout pour un élu de la Nation dont la parole peut influencer ou fragiliser des institutions et des personnes.

Cette mise au point intervient dans un contexte où les propos du député commencent à avoir des conséquences judiciaires. La patronne de la chaîne 7TV, Maïmouna Ndour Faye, a annoncé avoir décidé de déposer une plainte contre Cheikh Bara Ndiaye. Ce dernier avait affirmé publiquement qu’elle aurait obtenu un passeport diplomatique et qu’elle serait chargée « d’entretenir les hommes politiques » de la coalition Diomaye Président. Des accusations jugées graves et diffamatoires par l’intéressée, qui entend désormais porter l’affaire devant la justice pour que toute la lumière soit faite.

Cette situation ouvre une nouvelle séquence dans les rapports souvent tendus entre acteurs politiques et figures médiatiques. Elle interroge également sur les limites à ne pas franchir dans le débat public, à l’heure où les réseaux sociaux amplifient chaque déclaration. Pour Babacar Gaye, le rappel à l’ordre était nécessaire pour préserver la crédibilité des institutions et éviter que l’immunité parlementaire ne soit instrumentalisée comme un bouclier pour couvrir des accusations non fondées.

Khadim Ba transféré au Pavillon spécial : entre exigences médicales et rigueur judiciaire

Malade depuis plusieurs semaines, le directeur général de Locafrique, Khadim Ba, a finalement été transféré au Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec. Selon le journal Libération, ce transfert médical a été décidé afin d’assurer une prise en charge plus adaptée à son état de santé, tout en maintenant le dispositif de surveillance requis pour un prévenu placé en détention. Il rejoint dans cette unité Farba Ngom, dont l’admission dans un centre hospitalier classique n’a toujours pas été autorisée.

La situation de Khadim Ba s’inscrit dans un dossier judiciaire lourd. Le dirigeant de Locafrique est en détention depuis le 4 octobre 2024, sous mandat de dépôt pour plusieurs infractions financières d’une ampleur exceptionnelle. Il est notamment poursuivi pour importation sans déclaration portant sur 63,052 milliards de FCFA, défaut de rapatriement de 44,601 milliards de FCFA, ainsi qu’escroquerie sur les deniers publics, également évaluée à 63,052 milliards de FCFA. Ces accusations, révélées au fil de l’enquête et des procédures, ont placé l’affaire au cœur de l’attention médiatique et institutionnelle.

Une expertise médicale récemment réalisée avait conclu à un état de santé préoccupant pour Khadim Ba, ce qui l’avait conduit à déposer une demande de mise en liberté provisoire. Malgré ces conclusions jugées très favorables à son égard, la justice a rejeté sa requête, estimant que les conditions n’étaient pas réunies pour un élargissement temporaire. La décision fait écho à une ligne de conduite stricte des autorités judiciaires dans les dossiers financiers sensibles, où le contrôle des prévenus demeure un impératif.

Le transfert au Pavillon spécial intervient également dans un climat où la question de la prise en charge des détenus malades fait l’objet d’une vigilance accrue. Les cas récents de personnalités vulnérables, à l’image de Farba Ngom, ont mis en lumière les défis liés à la conciliation entre les impératifs médicaux et les exigences du régime de détention. Selon Libération, les autorités cherchent à maintenir un équilibre entre la protection des droits fondamentaux des patients-détenus et la rigueur nécessaire à la gestion de dossiers impliquant des montants financiers considérables.

Jumelage Bambilor–Verdelino : un partenariat axé sur le développement local

Les fruits de la tournée européenne du Khalife général de Bambilor commencent à se matérialiser. En effet, la commune de Bambilor a accueilli, ce jeudi 20 novembre 2025, une délégation de la commune italienne de Verdelino, située dans la province de Bergame.

Cette visite, qui s’inscrit dans le cadre d’un jumelage entre Bambilor et Verdelino, vise à explorer des opportunités d’investissement pour le développement de la localité. Les échanges portent notamment sur la culture, le tourisme, l’administration publique, l’éducation et la formation, la santé, ainsi que l’emploi des jeunes.

Accueillie en grande pompe à l’Aéroport international Blaise-Diagne par le maire de Bambilor, Ndiagne Diop, la délégation s’est rendue dans l’après-midi chez le Khalife général de Bambilor, Thierno Amadou Ba, président de l’ONG Fawzi Wanadiati et initiateur du programme de jumelage, avant d’être reçue officiellement à l’esplanade de la mairie.

Entouré des membres du conseil municipal, de l’équipe technique communale et des dignitaires de la communauté léboue, le maire Ndiagne Diop a exprimé sa profonde gratitude au Khalife Thierno Amadou Ba et aux partenaires italiens. Il leur a promis un séjour de travail fructueux et un partenariat gagnant-gagnant.

La signature officielle du jumelage entre les deux parties est prévue mardi prochain. L’accord, d’une durée de trois ans renouvelables, ambitionne de renforcer la coopération internationale, institutionnelle, économique, touristique, sociale et culturelle entre Bambilor et Verdelino.

Il convient également de noter qu’à partir de ce samedi, la mission italienne — composée d’hommes d’affaires et d’investisseurs — se rendra à l’APIX et effectuera des visites d’entreprises sénégalaises ainsi que de différentes structures de l’administration publique.

Présent à la cérémonie, le maire Ndiagne Diop, qui a chaleureusement accueilli la délégation, a salué une initiative qu’il considère comme une « véritable aubaine » pour les habitants de la commune.

Pour rappel, la délégation est conduite par le maire de Verdelino, Zanoli Silvano. Elle est composée de Tucci Gérardo, capitaine de gendarmerie à la retraite et représentant du secteur privé ; de Nozza Giovanni, entrepreneur italien ; de Malick Diop, entrepreneur et conseiller municipal ; et de Yety Dia, ancien président d’Assos/B et président de l’Association Fawzi Aide les Sénégalais en Italie.

A. Saleh

Un drame familial bouleverse les réseaux sociaux : la mort mystérieuse de Nogaye Thiam relance le débat sur l’isolement et les violences intrafamiliales

Un fait divers d’une rare tristesse secoue depuis jeudi la toile sénégalaise. La jeune Nogaye Thiam, âgée de seulement 23 ans, a été retrouvée morte dans sa chambre, deux jours après son décès présumé. L’affaire, révélée par sa sœur — la maquilleuse très suivie sur les réseaux sociaux, « Adja Makeup » — a été relayée ce vendredi par le journal Les Échos, qui rapporte des circonstances aussi bouleversantes qu’interpellantes.

Selon les premières informations, c’est le nourrisson de la jeune femme, un garçon d’un an et demi, qui a passé près de quarante-huit heures seul aux côtés du corps sans vie de sa mère. L’enfant, inconscient du drame, aurait tenté à plusieurs reprises de téter, pensant que sa mère dormait. Cette image poignante a profondément ému les internautes, amplifiant l’indignation et la demande de vérité autour de cette affaire.

Plus troublant encore, Les Échos indique que le décès s’est produit au domicile de la belle-famille de la victime, où elle vivait avec son époux — qui serait également son cousin — et sa belle-mère, dont elle porte l’homonyme. Le quotidien souligne que certaines sources évoquent des tensions persistantes entre Nogaye Thiam et sa belle-famille. Ces différends auraient entraîné son isolement, un isolement dont l’issue tragique soulève aujourd’hui de nombreuses interrogations.

Les réactions sur les réseaux sociaux ne cessent de croître, alimentées par l’incompréhension et la colère. Comment une jeune femme a-t-elle pu mourir sans que personne ne s’en rende compte pendant deux jours ? Pourquoi son enfant est-il resté livré à lui-même dans cette situation dramatique ? Quels étaient réellement les rapports entre la victime et sa belle-famille ? Autant de questions qui reviennent avec insistance dans les commentaires, mais qui, pour l’heure, restent sans réponse.

Face à l’émotion collective et à la gravité des faits, une enquête de police a été ouverte. Ce n’est qu’au terme de celle-ci que les circonstances exactes du décès pourront être déterminées et que d’éventuelles responsabilités pourront être établies.

Approvisionnement, faible rémunération, sécurité des pêcheurs : l’ITF hausse le ton et formule une série de revendications

À l’occasion de la Journée mondiale de la pêche 2025, célébrée chaque 22 novembre, l’International Transport Workers’ Federation (ITF) a organisé, ce mardi à l’hôtel Axil, un atelier consacré aux défis majeurs du secteur halieutique. En présence du directeur de cabinet du ministre de la Pêche, de nombreux syndicalistes ainsi que de partenaires techniques et financiers, Bayla Sow, secrétaire régional adjoint de l’ITF, a appelé à une mobilisation internationale contre la pêche illicite et pour la défense des droits des travailleurs de la mer. Il a, à cette occasion, déposé sur la table du directeur de cabinet Fatou Diouf une série de revendications prioritaires. Ce dernier s’est réjoui de la démarche et a promis une collaboration étroite avec le ministère.

Face au directeur de cabinet du ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, l’ITF a mis en lumière les difficultés persistantes qui frappent les pêcheurs. Bayla Sow a dénoncé les pratiques abusives qui perdurent dans le secteur, rappelant que le travail forcé y est encore trop répandu. Selon lui, les pêcheurs sont non seulement mal rémunérés, mais aussi exposés à des environnements extrêmement dangereux, ce qui justifie l’exigence de normes minimales en matière de sécurité, de salaires et de conditions de travail. Il a également insisté sur la nécessité d’une meilleure structuration syndicale afin de renforcer les capacités de négociation collective des travailleurs.

L’ITF estime par ailleurs que les acteurs de la chaîne d’approvisionnement doivent être tenus responsables des violations des droits humains et des normes professionnelles constatées dans le secteur. Elle préconise une approche globale permettant à la fois de protéger les océans et de garantir un avenir viable aux communautés de pêcheurs. « Le secteur de la pêche est l’un des plus vulnérables à l’exploitation humaine. En parallèle, des mouvements comme la Journée mondiale pour la fin de la pêche appellent à l’abolition de la pêche et des élevages aquacoles pour des raisons éthiques et écologiques. Cette dualité souligne les tensions entre justice sociale pour les travailleurs et préoccupations environnementales », a rappelé Bayla Sow.

Le directeur de cabinet du ministre de la Pêche, Mamadou, a salué la représentativité de l’ITF, particulièrement influente dans le secteur maritime. Au nom de la ministre Fatou Diouf, il a assuré que le Sénégal continuera de défendre les droits des travailleurs tout en veillant à la préservation du patrimoine halieutique. Il a rappelé que l’une des premières décisions de la ministre a été la publication de la liste des navires de pêche, une mesure qui constitue, selon lui, une avancée notable dans la gouvernance du secteur. Il a assuré que le ministère poursuivrait sur cette lancée afin d’améliorer durablement les conditions de travail et les mécanismes de régulation.

Au cours de son intervention, Bayla Sow a également dénoncé les ravages de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), qui compromet non seulement les écosystèmes marins, mais aussi la survie économique des pêcheurs. Il a appelé à la création d’une alliance internationale contre la pêche INN, rappelant que les travailleurs de la mer sont souvent les premières victimes de ces pratiques, exposés à des conditions précaires et parfois à une exploitation sévère. Pour lui, la justice sociale et la durabilité environnementale doivent aller de pair : « Sauver les océans, c’est aussi sauver les travailleurs », a-t-il affirmé avec force.

En clôturant la rencontre, Bayla Sow a rappelé que l’ITF n’est pas un acteur marginal, mais une organisation de premier plan représentant plus de 18 millions de travailleurs dans 150 pays. Il a souligné que l’action de la Fédération dans le secteur de la pêche vise à rééquilibrer le rapport de force entre les grandes entreprises exploitantes et les communautés locales, en promouvant des normes équitables, une gouvernance transparente et une véritable protection des travailleurs.

PASTEF reporte la Journée dédiée aux Martyrs et Victimes au 7 décembre 2025

Le parti PASTEF–Les Patriotes a annoncé, à travers un communiqué signé par son Bureau politique national, le report de la Journée dédiée aux Martyrs et Victimes, initialement programmée le 28 novembre 2025. L’événement se tiendra finalement le 7 décembre 2025.

Selon le document officiel, ce changement de date répond à la nécessité d’assurer une préparation optimale de cette commémoration considérée comme hautement symbolique pour la formation politique. Le parti explique vouloir organiser une journée « à la hauteur de l’événement », afin de rendre un hommage digne à « celles et ceux qui ont payé le prix fort » dans le cadre du combat mené pour la liberté, la justice et la souveraineté.

PASTEF souligne également que ce report s’inscrit dans une logique de respect et de reconnaissance envers les militants, sympathisants et victimes ayant marqué les différentes étapes de son engagement politique. La direction du parti estime que cette réorganisation permettra de mieux mobiliser, d’assurer une coordination plus efficace et de garantir un déroulement conforme aux attentes.

La cérémonie, désormais prévue le 7 décembre, devrait réunir l’ensemble des responsables, militants et alliés du parti, dans un esprit de recueillement, de solidarité et de fidélité à la mémoire des disparus.

Secteur informel : la CSA et PostFinance unissent leurs forces pour la professionnalisation des acteurs

Malgré les difficultés traversées ces dernières années, PostFinance a signé ce jeudi 20 novembre 2025, au siège de la Confédération des syndicats autonomes du Sénégal (CSA), une convention de cinq ans destinée à soutenir les travailleurs du secteur informel.

Selon Elimane Diouf, secrétaire général de la CSA, PostFinance dispose de l’expérience nécessaire pour accompagner la professionnalisation de l’économie informelle et sa présence sur l’ensemble du territoire national constitue un atout majeur.

De son côté, le directeur général de PostFinance, M. Amadou, a tenu à rassurer la clientèle en annonçant des améliorations significatives dans les services offerts.

Une convention stratégique pour les travailleurs de l’informel

« La convention que nous venons de signer aujourd’hui entre la CSA et PostFinance est le fruit d’un partenariat que nous voulons fréquent et utile pour les travailleurs de la CSA, particulièrement ceux de l’économie informelle, sociale et solidaire », a déclaré Elimane Diouf.

Il rappelle que le plan stratégique 2025-2029 de la CSA accorde une place importante à l’organisation des travailleurs de l’informel en une grande fédération. À travers cette structure, l’objectif est de mettre en place un fonds d’investissement, de garantie et de cautionnement, permettant aux acteurs d’améliorer leur inclusion financière, d’épargner et de financer leurs activités.

Professionnalisation : un nouveau cap

Au-delà de l’accompagnement économique, la convention prévoit aussi une dimension formation et surtout un appui à la professionnalisation du secteur.

« Professionnaliser, c’est changer nos modes de fonctionnement et être capables de compétir au niveau national et international », explique M. Diouf. Il met en avant la nécessité pour les acteurs informels d’accéder à des expositions, y compris à l’étranger, et de produire des articles labellisés pouvant être commercialisés dans le monde entier.

Il ajoute :

« La professionnalisation permettra aux travailleurs d’avoir un emploi décent, d’assurer leurs besoins, de disposer d’une retraite et de prendre en charge leur santé et celle de leur famille. »

Pourquoi PostFinance ?

Pour la CSA, le choix de PostFinance s’explique par son expérience en microfinance et par son ancrage territorial :

« PostFinance est présente dans les 46 départements et même dans les hameaux les plus reculés », souligne Elimane Diouf.

Il rappelle aussi que les difficultés rencontrées par la Poste concernent directement les travailleurs syndiqués :

« Nous allons accompagner nos travailleurs, mais aussi participer à la redynamisation de la Poste, qui est un patrimoine national que nous devons sauvegarder. »

PostFinance rassure : la situation s’améliore

Prenant la parole, le directeur général de PostFinance a assuré que malgré les difficultés des dernières années, la situation évolue positivement.

« Tous nos clients domiciliés sont désormais payés à temps. Les épargnants sont régulièrement servis pour leurs demandes de retrait », indique M. Amadou.

Il rappelle également que l’État a apporté un soutien décisif, notamment lors du Conseil interministériel du 1er septembre 2025, qui a jeté les bases d’une relance de la Poste, avec l’ambition de créer une banque postale à l’horizon 2029.

Digitalisation, qualité de service et garanties

Parmi les garanties offertes par PostFinance, le DG cite :

l’amélioration de l’accueil et de la relation client, la mise en place prochaine de nouveaux outils pour permettre aux clients de mieux suivre leurs comptes, la digitalisation des services, la garantie de l’État via les fonds déposés à la Caisse des dépôts et consignations, en collaboration avec le Trésor public.

« Le plus difficile est derrière nous. D’année en année, les choses vont s’améliorer », assure-t-il.

Selon lui, la confiance accordée par la CSA s’inscrit dans une dynamique naturelle au vu des progrès réalisés.

Un partenariat aligné avec la mission de service public

Pour conclure, le DG rappelle la vocation première de PostFinance : l’inclusion financière.

« Quand on parle d’inclusion financière, on pense d’abord à ceux qui sont exclus du système bancaire, c’est-à-dire les acteurs de l’économie informelle », souligne-t-il.

Il indique que ce partenariat s’inscrit dans la continuité des politiques publiques visant une économie compétitive et résiliente.

« On ne peut atteindre cet objectif sans intégrer la majorité des acteurs économiques, qui évoluent dans l’informel », ajoute-t-il.

CYBERCRIMINALITÉ : La DSC démantèle un vaste réseau d’escroquerie et défère deux individus

La Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité (DSC) vient de porter un coup majeur à un réseau d’escrocs particulièrement actif depuis plusieurs années. Après avoir enregistré près d’une quarantaine de plaintes depuis 2022, les enquêteurs ont réussi à identifier et interpeller plusieurs membres de cette organisation criminelle. Deux d’entre eux ont été déférés au parquet pour escroquerie en bande organisée, blanchiment de capitaux et usurpation d’identité.

Selon les informations recueillies, le réseau a dérobé au total plus de 338 millions de francs CFA à des victimes réparties dans plusieurs régions du pays. L’un des cas les plus marquants concerne un homme vivant avec un handicap, qui a perdu à lui seul la somme vertigineuse de 101 millions de francs CFA, après être tombé dans le piège des escrocs.

Le mode opératoire était d’une efficacité redoutable. Les individus approchaient leurs victimes via WhatsApp ou par courrier électronique, en se faisant passer pour des connaissances perdues de vue, des membres de la famille ou même d’anciens collègues. Une fois la confiance établie, ils proposaient des opportunités d’affaires prétendument très lucratives, liées à l’exportation de plantes et de graines médicinales africaines — notamment le moringa ou l’argan — vers des laboratoires étrangers. Les victimes, persuadées de participer à une transaction sûre et rentable, effectuaient alors des versements répétés à travers des services comme Orange Money, Wave ou encore des transferts internationaux.

Grâce à un travail minutieux d’investigation technique, les agents de la DSC ont remonté la piste jusqu’au cœur du réseau. Une opération coordonnée a été menée avec succès le 14 novembre, permettant l’interpellation de quatre individus dans la région de Sédhiou ainsi qu’à Dakar. Lors de ces arrestations, les enquêteurs ont saisi plusieurs éléments compromettants, notamment des cartes d’identité appartenant à des tiers, des téléphones portables, des cartes de transfert ainsi que des preuves de transactions financières. Deux des suspects ont reconnu leur rôle central dans l’organisation, confirmant l’existence d’un vaste réseau qui opérait également hors du territoire national.

Le G7 salue une avancée mais réclame la signature du décret sur le relèvement de l’âge de la retraite

Le G7, regroupement des principaux syndicats du secteur de l’éducation, a exprimé sa satisfaction après l’adoption en Conseil des ministres du projet de décret modifiant le décret n°2006-392 du 27 avril 2006 et complétant le décret n°77-987 du 14 novembre 1977 portant sur le statut particulier des fonctionnaires de l’Enseignement. Cette décision, attendue depuis longtemps par les acteurs du système éducatif, constitue une étape importante dans la prise en charge de plusieurs revendications portées par les organisations syndicales. Toutefois, les syndicats appellent l’État à poursuivre ses efforts et à aller plus loin, notamment en signant le décret relatif au relèvement de l’âge de la retraite.

Le secrétaire général du Saemss, El Hadji Malick Youm, s’est félicité de cette avancée, tout en soulignant qu’elle intervient tardivement. Selon lui, même si le gouvernement a fait un premier pas, d’autres dossiers essentiels restent en suspens et sont étroitement liés à la signature de ces décrets. Il a notamment évoqué la question de la revalorisation des pensions de retraite des décisionnaires, un sujet qui demeure préoccupant pour une grande partie du corps enseignant.

Le syndicaliste a également rappelé que la problématique du passage de l’âge de départ à la retraite de 60 à 65 ans demeure entière. À cela s’ajoute la question de l’accès des décisionnaires aux imputations budgétaires, un autre point de discorde que les syndicats souhaitent voir réglé rapidement. Pour El Hadji Malick Youm, l’adoption récente des textes ne doit pas occulter les nombreuses préoccupations encore en suspens, regroupées sous ce que le G7 appelle désormais le “passif social”.

Par ailleurs, le secrétaire général du Saemss a dénoncé la lenteur avec laquelle le gouvernement a réagi. Il estime que l’exécutif donne l’impression d’attendre que les syndicats perturbent le fonctionnement de l’école pour agir. Une attitude qu’il juge dépassée et incompréhensible à l’heure où les enseignants réclament un dialogue social plus sincère et surtout plus anticipatif. Selon lui, il est devenu urgent de rompre avec ces pratiques anciennes qui ne font qu’alimenter les tensions dans le secteur.

Mbour : une interpellation vire à l’émeute au rond-point Keur Balla

Le rond-point Keur Balla, à la sortie de Mbour, a été le théâtre d’une scène d’une rare tension lorsque des policiers en civil, venus en opération de sécurisation à bord d’un véhicule banalisé, ont procédé à l’interpellation d’Ibrahima Ba, chauffeur, surpris assis sur une moto-Jakarta appartenant à son collègue Demba Seye. Les agents affirment avoir retrouvé sur lui du chanvre indien soigneusement dissimulé dans la poche de son pantalon. Informés de son arrestation et de la saisie de la moto, les chauffeurs et les conducteurs de Jakarta du garage voisin se sont vivement opposés à la confiscation du deux-roues, soutenant que celui-ci appartenait à un tiers n’ayant aucun lien avec l’infraction présumée.

Très vite, la tension s’est emballée. Les protestations ont dégénéré en affrontements ouverts avec les policiers, sous le regard effaré des usagers et riverains présents sur les lieux. Il a fallu l’arrivée de renforts pour maîtriser la situation. Les forces de l’ordre ont finalement procédé à l’arrestation d’Ibrahima Ba, mais également de Demba Seye, le propriétaire de la moto, et ont saisi le véhicule contesté.

L’affaire a pris une nouvelle tournure lorsque les prévenus ont avancé de graves accusations contre les policiers. Selon les déclarations d’Ibrahima Ba relayées par L’Observateur, alors que le convoi se dirigeait vers la mairie de Mbour, les agents lui auraient réclamé 150 000 francs CFA pour lui restituer la drogue saisie et lui rendre la liberté. Il affirme avoir négocié la somme à 100 000 francs. Depuis le véhicule banalisé, il appelle alors son collègue Bassirou Mboup pour solliciter de l’aide. Ce dernier contacte leur camarade Touba Diop, qui affirme n’avoir sur lui que 80 000 francs, étant en provenance de Diaobé. Les deux chauffeurs se rendent immédiatement à la mairie de Mbour, à l’endroit indiqué, mais finissent eux aussi arrêtés et conduits au commissariat.

Avant-hier, les quatre hommes — Ibrahima Ba, Demba Seye, Bassirou Mboup et Touba Diop — ont comparu devant le tribunal de grande instance de Mbour. Ils étaient poursuivis pour détention de chanvre indien, tentative de corruption et rébellion. Les policiers, absents au procès, ont déclaré durant l’enquête préliminaire qu’Ibrahima Ba détenait six cornets de chanvre indien. Ce dernier conteste et affirme n’en avoir eu que trois. Il reconnaît néanmoins avoir appelé son ami depuis le véhicule de police, expliquant que les agents lui réclamaient 150 000 francs pour le libérer. Ses deux co-prévenus soutiennent, pour leur part, qu’ils ignoraient totalement l’implication d’Ibrahima Ba dans une affaire de drogue. Quant à Demba Seye, le propriétaire du Jakarta, il nie catégoriquement avoir opposé la moindre résistance à l’intervention policière.

Lors de son réquisitoire, le procureur de la République a demandé la relaxe de Demba Seye, estimant que rien ne permettait de le mettre en cause. En revanche, il a requis deux ans de prison ferme contre Ibrahima Ba, ainsi que deux mois fermes contre Bassirou Mboup et Touba Diop.

À l’issue des débats, le tribunal a suivi en partie les réquisitions. Demba Seye a été relaxé. Ibrahima Ba a été condamné à trois mois de prison ferme. Quant à Bassirou Mboup et Touba Diop, ils ont écopé de trois mois de prison assortis du sursis.

Tension à Keur Massar : Police et Gendarmerie désamorcent un incident et réaffirment leur cohésion

La Police nationale et la Gendarmerie nationale ont tenu à rétablir la vérité et apaiser les esprits après la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’images montrant un échange particulièrement tendu entre des éléments des deux forces de sécurité à Keur Massar. Dans un communiqué conjoint, les deux institutions ont qualifié l’incident, survenu le 14 novembre 2025, d’« acte isolé » qui ne saurait remettre en question la qualité de leur collaboration quotidienne.

Selon les explications fournies par la Direction générale de la Police et le Haut-commandement de la Gendarmerie, des démarches communes ont déjà été engagées afin d’élucider les circonstances exactes de cet épisode. L’objectif est de situer les responsabilités, de comprendre les ressorts de la tension et, surtout, de préserver l’entente opérationnelle qui caractérise habituellement les interventions conjointes. Les deux corps ont insisté sur leur volonté ferme de maintenir une synergie de travail irréprochable, condition essentielle à la protection des populations et au maintien de l’ordre public.

D’après les informations rapportées par L’Observateur, l’incident serait né d’un différend autour du contrôle du rond-point « Terminus 54 », un point stratégique de circulation. Ce désaccord aurait rapidement escaladé, donnant lieu à une altercation verbale qui, durant quelques instants, a fait craindre un affrontement ouvert entre les deux unités. La situation a toutefois été maîtrisée avant qu’elle ne dégénère davantage, évitant ainsi toute conséquence grave.

Le communiqué commun souligne que cet épisode ne reflète en rien la réalité du travail quotidien accompli par la Police et la Gendarmerie. Les deux institutions rappellent qu’elles opèrent, presque chaque jour, dans un esprit de complémentarité et de coordination, garantissant l’efficacité des opérations de sécurité sur l’ensemble du territoire. Elles affirment également qu’une fois l’enquête interne achevée, des mesures adaptées seront prises pour renforcer encore davantage les mécanismes de collaboration et prévenir la répétition de tels incidents.

Farba Ngom, détenu au Pavillon spécial : un calme déroutant et une affluence record

Détenu depuis plusieurs semaines au Pavillon spécial de l’hôpital Le Dantec, le député-maire des Agnam, Farba Ngom, continue de surprendre autant ses proches que les observateurs de la scène politique. Alors que son incarcération reste au cœur des discussions dans les milieux politiques et au sein de l’opinion, le responsable de l’Alliance pour la République (APR) affiche un étonnant détachement, presque serein, face à sa situation.

Selon des informations rapportées par le journal Source A, Farba Ngom a récemment reçu la visite d’une délégation de proches à qui il a longuement décrit son quotidien derrière les barreaux. Loin d’être affecté par son séjour carcéral, il affirme avoir « démystifié la prison », insistant sur le fait qu’il vit cette période sans aucune forme d’angoisse. « Je suis bien ici. Je mange bien et je dors très bien. […] J’ai découvert ce qu’est la prison. Ça ne me stresse pas », a-t-il confié, avec un ton que ses visiteurs ont décrit comme presque philosophique.

L’ancien homme fort de l’APR estime que la détention fait partie des risques assumés lorsqu’on s’engage pleinement dans la vie politique. Pour lui, ce passage en prison n’a rien d’une épreuve insurmontable pour quelqu’un qui a fait « le choix assumé de la politique ». Il assure d’ailleurs poursuivre depuis sa cellule ses réflexions et activités politiques, affirmant être « plus déterminé que jamais » malgré sa privation de liberté.

Farba Ngom affirme également que ceux qui pensaient le fragiliser en l’envoyant derrière les barreaux « se trompent lourdement ». Selon ses propres mots, il n’a désormais « plus aucune crainte de la prison ». Il confie même qu’il lui arrive parfois « d’oublier » qu’il est détenu, tant les visites qu’il reçoit sont fréquentes. Les jours de réception seraient devenus de véritables scènes de mobilisation, au point de créer un engouement inédit dans ce lieu réservé aux personnalités bénéficiant d’un régime carcéral particulier.

L’édile des Agnam affirme avoir battu des records de fréquentation jamais observés au Pavillon spécial, dépassant même les affluences enregistrées lors de la détention de figures religieuses et politiques telles que Cheikh Béthio Thioune. Il évoque un jeudi où pas moins de 1 500 personnes seraient venues lui rendre visite, une affluence qui aurait, selon lui, « débordé » l’administration pénitentiaire. « Même au Pavillon spécial, l’administration n’a jamais connu cela. Elle est débordée les jours où je reçois des visites. Et c’est avec moi que cet engouement est arrivé », a-t-il déclaré, non sans une certaine fierté.

Malgré les incertitudes judiciaires qui pèsent sur lui, Farba Ngom reste confiant et assure voir son avenir avec optimisme. Il dit être convaincu que sa libération n’est qu’une question de temps. « Je sais que, tôt ou tard, je vais sortir. Il faut seulement prier pour que je reste en vie. C’est le plus important », confie-t-il, laissant transparaître une résilience mêlée de lucidité.

Aee Power : Thierno Alassane Sall tire la sonnette d’alarme et prévient d’un scandale imminent

Dans un contexte déjà saturé de soupçons autour du marché d’électrification rurale attribué à Aee Power, le député et président du parti La République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a ravivé les inquiétudes en formulant des déclarations explosives après son audition par la Section de recherches de la gendarmerie. Interrogé par L’Observateur, il a lancé un avertissement clair : « Si on entend toutes les parties prenantes concernées par cette affaire, des têtes vont tomber. » Un message lourd de sens, qui sonne comme un ultimatum adressé à la justice sénégalaise.

Selon les informations, l’audition du parlementaire a été longue et approfondie. Thierno Alassane Sall, à l’origine de la plainte déposée au niveau du Pool judiciaire financier, a décrit une équipe d’enquêteurs « très professionnelle », rompue aux investigations complexes et manifestement bien préparée. Les questions posées ont été jugées « pointues », permettant d’entrer directement au cœur des irrégularités présumées : un détournement estimé à 37 milliards de FCFA, une avance de démarrage que l’État aurait versée depuis le 11 juin 2024 à Aee Power, et la suspension des décaissements par la banque espagnole Santander, qui exige désormais des preuves tangibles sur l’usage réel des fonds.

Sur le terrain, le constat n’est guère rassurant. Dans la région de Louga, censée accueillir près de 70 % des chantiers, le député affirme n’avoir aperçu « pas l’ombre d’un début de chantier ». Une situation qui alimente les soupçons sur une possible défaillance du projet, pourtant crucial pour l’électrification rurale.

Face à ces zones d’ombre, Thierno Alassane Sall appelle à l’audition exhaustive de tous les acteurs impliqués dans le processus, des anciens et actuels directeurs généraux de l’Arcop et de l’Aser, aux membres du comité règlement, en passant par les responsables d’Aee Power au Sénégal et à l’international, ainsi que les dirigeants de l’assurance et les représentants de la banque Santander. Pour lui, seule cette approche permettra d’éviter que le scandale n’éclate publiquement dans toute son ampleur.

Le dossier comporte également une dimension internationale, car une partie des opérations a transité par l’Espagne. Le député avertit que si la justice sénégalaise ne va pas au bout, la justice espagnole pourrait s’en charger. Il juge « regrettable » un tel scénario, estimant que le Sénégal doit assumer pleinement la gestion de ce dossier sensible. Il rappelle que la suspension imposée par Santander constitue un « piège » pour ceux qui chercheraient à étouffer l’affaire, car elle menace de provoquer une réaction en chaîne : annulation du marché, mises en demeure croisées, voire éclatement public d’un scandale majeur.

Malgré tout, Thierno Alassane Sall se dit « relativement confiant » après son audition, saluant le professionnalisme des enquêteurs. Toutefois, il souligne que la suite de l’enquête dépend d’une chaîne institutionnelle complexe où des blocages ne sont jamais à exclure. Selon lui, l’incapacité manifeste d’exécuter le marché finira de toute façon par être constatée, rendant impossible toute tentative de dissimulation.

Tivaouane-Peulh secouée par une escroquerie hors norme : la cavale de A.T. Diallo, quincailler modèle devenu fugitif

À Tivaouane-Peulh, l’affaire est sur toutes les lèvres. A.T. Diallo, quincailler respecté, commerçant prospère et figure majeure des chantiers de la zone, s’est volatilisé après avoir soutiré 46,5 millions de FCFA à quatre gérants de points de transfert. Celui que l’on considérait comme un homme solide, fiable et généreux a mis en scène une escroquerie savamment orchestrée avant de prendre la fuite en direction de la Guinée. Son départ précipité laisse derrière lui deux épouses, des enfants et une réputation désormais en lambeaux.

Dans son quartier, A.T. Diallo était perçu comme un modèle de réussite. Sa quincaillerie approvisionnait une grande partie des chantiers de Tivaouane-Peulh. Il importait régulièrement des conteneurs de fer et de matériaux de construction, manipulait quotidiennement de fortes sommes d’argent et était réputé pour des opérations pouvant dépasser plusieurs millions en une seule journée. Son activité florissante en faisait un client très apprécié des gérants de points de transfert d’argent. Mouhamadou Moustapha Ndiaye, l’un des agents escroqués, ne tarissait pas d’éloges sur lui, affirmant qu’il faisait grimper les commissions grâce au volume impressionnant de ses transactions. Une relation de confiance totale s’était ainsi établie entre le commerçant et ceux qui deviendront plus tard ses victimes.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, le piège se serait refermé il y a environ deux mois. Prétextant un problème de plafonnement de son compte, A.T. Diallo a demandé aux gérants d’effectuer des transferts en son nom, promettant un remboursement immédiat dès que ses fonds seraient disponibles. Forts de leur expérience avec lui et de la fiabilité dont il avait toujours fait preuve, les gérants ont accepté sans se méfier, allant jusqu’à utiliser les numéros de proches pour lui rendre service.

Rien ne laissait présager la suite. Vendredi dernier, le commerçant a visité tour à tour les quatre points de transfert, situés à quelques mètres les uns des autres. À chacun, il a servi la même histoire : il devait récupérer des conteneurs au Port de Dakar, manquait momentanément de liquidités et rembourserait dans la soirée. Confiants, les gérants ont validé les opérations, portant le total des transferts à 46,5 millions de FCFA. Le soir venu, aucun appel, aucune visite. Les agents ne s’inquiètent pas immédiatement, habitués à son sérieux. Mais dès le lendemain matin, la situation bascule.

Lorsqu’ils se rendent chez lui, A.T. Diallo a disparu. Sa famille elle-même est sous le choc : il est parti sans prévenir ses épouses ni ses enfants. Les premières investigations dans le quartier permettent de recueillir un témoignage déterminant. Un chauffeur de clando affirme avoir déposé le quincailler à la gare des Baux Maraîchers, à Pikine, dans la nuit du vendredi au samedi. Les gérants comprennent alors qu’ils ont été victimes d’une arnaque soigneusement préparée.

Deux plaintes sont immédiatement déposées, l’une à la Division des investigations criminelles (DIC), l’autre à la Brigade de recherches de Keur Massar. Les premiers résultats de la géolocalisation du téléphone de Diallo le situent successivement à Vélingara puis à proximité de la frontière sénégalo-guinéenne. Les enquêteurs découvrent rapidement qu’il était lourdement endetté. Plus inquiétant encore, il venait de recevoir une convocation de la police dans une affaire de vente de terrain litigieux. Redoutant une arrestation imminente, il aurait choisi de s’enfuir après s’être emparé d’une somme importante auprès de ceux qui lui faisaient le plus confiance.

Selon L’Observateur, les 46,5 millions de FCFA ne seraient que la partie émergée de l’iceberg. Plusieurs clients affirment lui avoir confié de fortes sommes juste avant sa disparition. L’enquête pourrait donc faire apparaître un préjudice beaucoup plus élevé que celui déclaré pour l’instant.

Rufisque:Lancement des travaux de voiries, d’assainissement et inauguration de la route Jules FERRY.

900 MILLIONS FCFA POUR LA MOBILITÉ ET L’ASSAINISSEMENT À RUFISQUE

‎Ce mercredi 19 Novembre Dr Oumar CISSE a lancé les travaux de 3 Km 700 de route urbaine pour un délai d’exécution de 6 mois

‎Conformément au Programme de développement urbain durable (PDUD) (document de référence de l’équipe municipale), dans son objectif stratégique 2, intitulé «Renforcer et améliorer la qualité des infrastructures et la mobilité», des avancées significatives vont être enregistrées pour la modernisation de la voirie et l’assainissement de  Rufisque. C’est ainsi qu’après la reconstruction de l’axe Dangou- Nimzatt, le Maire de la Ville de Rufisque va procéder, ce mercredi 19 et jeudi 20 novembre 2025, au lancement des travaux de construction de voirie et d’assainissement d’axes très stratégiques pour la mobilité urbaine et le cadre de vie des populations de Rufisque.
‎MODERNISATION DE LA VOIRIE LOCALE
‎Il s’agit, d’abord, des rues Parent, Péchot et Hyppodrome situées au quartier Keury Kaw dans la commune de Rufisque Est (Keury Souf et Keury Kaw constituant le centre historique de la Ville de Rufisque). L’objectif est de se conformer au PDUD qui avait prévu de moderniser les infrastructures et les réseaux de transport dans le centre-ville de Rufisque. Toujours dans la commune de Rufisque-Est, le Maire de la Ville a décidé de répondre à la demande sociale de rénover la route pénétrante de Gouye Mouride communément appelée Tally Bou Bess. C’est un linéaire de 550 ml très stratégique parce qu’assurant la desserte de ce quartier populeux. Il en est de même pour la construction d’un canal sur la tranchée de Arafat 3 et l’extension du réseau d’assainissement des eaux usées à Arafat 1.
‎La commune de Rufisque Nord ne sera pas en reste dans ce vaste programme d’assainissement et de modernisation de la voirie urbaine. La route pénétrante de la cité Taco, qui a toujours figuré en bonne place parmi les priorités de l’équipe municipale dirigée par le Dr Oumar CISSE, sera enfin construite. L’objectif étant de répondre à une forte demande sociale eu égard à la densité démographique de la zone. L’impraticabilité de la route de Taco était à un degré tel que c’est devenu plus qu’une urgence pour le Maire de la Ville de soulager les populations.
‎A Rufisque Ouest, c’est la route principale de Diokoul qui sera réhabilitée. Elle s’étend du canal de ceinture jusqu’au cœur du populeux quartier traditionnel. C’est une route qui sera rénovée avec un nouveau revêtement en béton bitumineux. 
‎CARACTERISTIQUES DES ROUTES
‎L’expérience a montré que Rufisque ne cohabite pas bien avec les chaussées en béton bitumineux ou chaussée noire du fait de la présence de la nappe phréatique qui affleure mais aussi de la nature du sol qui est argileuse. C’est la raison pour laquelle l’option des chaussées en béton armé ou en pavés autobloquants a été privilégiée. Les rues Parent, Pécho, Hippodrome, Merina 1 et Arafat (tronçon Arrêt bus 63 – Pharmacie Boutou Kane), seront, ainsi, revêtus en pavés autobloquants. Il en est de même au niveau de la pénétrante de la cité Taco où il est prévu en plus d’aménager des radiers submersibles à plusieurs endroits et un caniveau de drainage des eaux pluviales en raison des nombreuses traversées d’eau . Dans le même registre, l’axe Pont Gabin – Tunnel de Guendel – RN1 sera réalisé en béton armé. Seul l’axe principal de Diokoul qui était une chaussée noire sera réhabilitée en béton butimineux.
‎COÛT
‎Pour la construction des 9 routes, la Ville de Rufisque, sur fonds propres, couvre l’ensemble des travaux pour un coût global estimé à environ 775 millions FCFA. A l’exception de l’axe Taco qui sera réalisé grâce au PACASEN avec 280 millions FCFA,
‎RUE JULES FERRY
‎Entièrement rénovée et prête à être ouverte à la circulation, la rue Jules Ferry est l’axe principal qui relie le marché au poisson au pont Abdoulaye Nar. C’est un axe qui agit, non seulement, sur l’esthétique et le confort du quartier Keury Souf mais c’est surtout une route stratégique dans la desserte de Diokoul. Désormais, les populations pourront rallier le centre-ville via Jules Ferry sans encombre. Et la mobilité urbaine sera davantage fluide et renforcée. La réalisation des travaux a permis de désencombrer cet axe mais aussi d’améliorer le drainage des eaux pluviales et enfin de faciliter la mobilité pour les populations de Keury Souf.
‎Jules Ferry, un tronçon stratégique très fréquenté, a été entièrement reconstruite en béton armé pour supporter l’intensité du trafic automobile quotidien, notamment celui des nombreux poids lourds desservant le marché.

‎ASSAINISSEMENT DU CADRE DE VIE
‎S’agissant des travaux d’assainissement, la reconstruction du Canal de Capec en cours va coûter 40 millions FCFA. La construction d’un canal sur la tranchée de Arafat 3 est estimée à 73 millions FCFA (phase 1) et l’extension du réseau d’assainissement des eaux usées à Arafat 1 va coûter à la Ville de Rufisque 15 millions FCFA. Ces travaux sont inscrits dans le Programme d’Assainissement Liquide Municipal (PALM) 2024-2028
‎CANAL CAPEC
‎D’une longueur de 420 m, le Canal Capec (situé à Rufisque Ouest) polarise une dizaine de cités.
‎ÉCHÉANCE
‎Au total, les travaux de construction de 3 kilomètres 700 mètres de route urbaine et d’assainissement seront entièrement réalisés par des entreprises qui ont une réputation sérieuse en la matière. Elles se sont engagées à respecter le délai d’exécution de 6 mois pour l’ensemble des chantiers.

‎A signaler que l’appui de l’Etat central à travers les Fonds d’équipements des collectivités territoriales (FECT) a été très déterminant dans la mise en œuvre de ce vaste programme de modernisation de la voirie et d’assainissement à Rufisque.

Rufisque:Lancement des travaux de voiries, d'assainissement et inauguration de la route Jules FERRY.

Affaire Didier Badji et Fulbert Sambou : trois ans après, les familles réclament vérité, justice et prise en charge des orphelins

Trois ans se sont écoulés depuis la disparition tragique et inexpliquée des gendarmes Didier Badji et Fulbert Sambou, survenue en novembre 2022. Pourtant, pour leurs familles, le temps n’a rien apaisé : ni la douleur, ni les interrogations. Réunies en conférence de presse ce mardi 18 novembre 2025, elles ont une nouvelle fois appelé les autorités à faire toute la lumière sur ce dossier devenu, selon elles, « un gouffre d’incompréhensions et de souffrances ».

Dès l’ouverture de la rencontre, le Dr Alexe Nicodème Tabar, membre du comité de gestion de crise, a exprimé avec émotion le désarroi de proches qui, trois ans plus tard, se battent encore pour obtenir des réponses. Il a rappelé que l’enquête, longtemps restée au point mort, n’a avancé que récemment avec l’inculpation d’un suspect. Une évolution jugée insuffisante et même incohérente par les familles. « Cela fait trois ans que nous attendons de connaître la vérité. Trois ans que nous espérons qu’on nous explique ce qui s’est réellement passé. Aujourd’hui, on nous annonce qu’une personne a été inculpée pour le meurtre de nos frères. Nous lançons un cri de cœur au peuple sénégalais et au monde entier : cette situation n’est plus supportable », a-t-il déclaré.

Pour le Dr Tabar, cette arrestation ne peut en aucun cas solder l’affaire. Il estime qu’un seul individu ne saurait être responsable de la disparition de deux militaires aguerris, formés, ayant servi dans des missions sensibles. « On nous dit que c’est lui qui a tué. Soit. Mais avec qui ? Qui sont les complices ? Quel était le mobile ? Qui a commandité cet acte ? Ce monsieur seul ne peut pas éliminer deux gendarmes surentraînés ayant servi dans plusieurs théâtres d’opérations. C’est impossible », martèle-t-il, exigeant que l’enquête explore les pistes ignorées jusqu’ici.

L’une des demandes les plus poignantes concerne le corps de Didier Badji, jamais retrouvé. Pour sa famille, cette absence représente une douleur supplémentaire. « Cela fait trois ans que nous n’avons aucune trace de son corps. Nous voulons pouvoir lui offrir des funérailles dignes. Nous attendons que la justice clarifie enfin cette question », poursuit le Dr Tabar, soulignant que l’absence de dépouille empêche tout travail de deuil.

Le climat de frustration est également alimenté par ce que les familles qualifient d’« indifférence totale » sous le précédent régime. Alain Diédhiou, autre membre de la famille, a dénoncé une gestion qu’il juge « irresponsable » de la part des autorités de l’époque. « Didier Badji et Fulbert Sambou appartenaient à des unités stratégiques de la gendarmerie. Malgré cela, ni l’armée, ni la gendarmerie, ni même celui qui était au pouvoir, l’ancien président Macky Sall, ne se sont réellement intéressés à leur disparition. La thèse de la noyade, que nous avons écartée dès le début, a finalement été invalidée : la justice parle désormais d’assassinat », a-t-il déploré.

Toutefois, les familles se disent désormais encouragées par l’attitude du nouveau régime, qu’elles jugent plus réceptif. Elles affirment avoir été reçues à plusieurs reprises et notent une volonté de faire avancer l’enquête. « L’ancien pouvoir a ignoré l’affaire. Aujourd’hui, le régime en place nous reçoit et montre une volonté d’avancer. Nous demandons l’implication du président de la République et du Premier ministre, ainsi que la prise en charge de nos préoccupations », a insisté Alain Diédhiou.

Au-delà des questions de justice, un volet humain et social particulièrement lourd subsiste : celui des enfants laissés derrière. Les deux gendarmes étaient pères de famille, et leurs disparitions ont plongé leurs foyers dans une extrême précarité. Les proches ont décrit une situation alarmante, notamment pour les enfants de Didier Badji, qui ont également perdu leur mère depuis. « Nous devons leur envoyer de l’argent pour leurs besoins de base. Les autorités doivent impérativement prendre en charge ces orphelins qui ne bénéficient d’aucun soutien. Les deux hommes ont servi l’État avec loyauté, ils ne méritent pas que leurs enfants soient abandonnés », ont-ils plaidé.

Trois ans après les faits, l’affaire Badji-Sambou reste un dossier douloureux, symbolique et encore largement opaque. Pour les familles, la vérité n’est pas seulement un droit : elle constitue une réparation morale indispensable pour tourner la page. Elles réclament une enquête approfondie, des réponses claires, et une intervention urgente pour soutenir les orphelins laissés sans protection. Jusqu’à ce que justice soit faite, elles promettent de poursuivre le combat.

Démantèlement d’un vaste réseau d’escroquerie autour des plantes médicinales africaines

La Division spéciale de cybersécurité (Dsc) a récemment démantelé un réseau d’escroquerie transnationale impliquant de prétendus marchés de plantes et de graines médicinales africaines. Selon les informations communiquées par les autorités, l’affaire couvre une période allant de janvier 2022 à octobre 2025, au cours de laquelle plus d’une quarantaine de plaintes ont été enregistrées. Le préjudice provisoire lié à ces activités frauduleuses dépasse 338 millions de francs CFA.

Les enquêtes menées par la Dsc ont permis de révéler l’existence d’une organisation très structurée, opérant à la fois dans plusieurs quartiers de Dakar et dans la région sud du pays. Les enquêteurs ont identifié plusieurs complices basés dans la capitale qui jouaient un rôle central dans la coordination des victimes. Les investigations techniques ont également permis de remonter jusqu’au cerveau présumé de ce réseau, un individu du nom de L. Diop, résidant dans le village de Tankon, dans la commune de Saré, région de Sédhiou. L’enquête a montré que le réseau disposait d’infrastructures locales permettant de récupérer et de redistribuer l’argent provenant de ces escroqueries.

Sous la supervision du procureur du Pool judiciaire (Pjf), une opération d’interpellation a été menée le vendredi 14 novembre aux alentours de 5 heures du matin, avec l’appui de la Brigade d’intervention polyvalente (Bip). Lors de cette intervention, les forces de l’ordre ont saisi plusieurs objets et documents liés aux activités frauduleuses présumées. Parmi les éléments récupérés figuraient des cartes nationales d’identité appartenant à des tiers, des cartes de transfert d’argent électronique, des téléphones portables, une moto ainsi que de nombreuses preuves de transactions financières.

Lors de son audition par la Dsc, L. Diop a reconnu avoir joué un rôle central dans ces activités et a indiqué avoir travaillé avec plusieurs complices, certains résidant à Dakar et d’autres à l’étranger. Son frère, Y. Diop, également impliqué dans le réseau, a admis avoir été chargé à plusieurs reprises de récupérer de l’argent auprès de différents points de transfert. Les autres personnes citées dans l’enquête n’ont pas encore été localisées et seraient actuellement en fuite, selon les informations rapportées par le journal Libération.

L. Diop et son frère Y. Diop ont été déférés pour association de malfaiteurs, escroquerie en bande organisée, usurpation d’identité numérique, usage de faux et blanchiment de capitaux. Le matériel saisi a été placé sous scellé en attendant la poursuite de l’instruction.

D’après les témoignages des plaignants recueillis par la Dsc, le réseau opérant derrière cette escroquerie contactait ses victimes via WhatsApp ou courrier électronique. Les victimes se voyaient proposer des opportunités d’affaires très lucratives portant sur l’exportation de graines de voacanga, moringa, argan, aubépine ou de sève d’Aloès Vera, destinées à des laboratoires étrangers supposés produire des médicaments. Convaincues de participer à un commerce légal et prometteur, ces victimes effectuaient plusieurs versements à travers différentes plateformes de transfert d’argent en ligne ou via des réseaux internationaux. La dernière victime connue dans cette affaire, un homme en situation de handicap, a perdu à elle seule la somme de 110 millions de francs CFA.

Thiès : le corps retrouvé aux Parcelles Assainies identifié comme celui de Thierno Cissé, jeune conducteur de moto Jakarta

La ville de Thiès est encore sous le choc après la macabre découverte survenue lundi 17 novembre dans un champ des Parcelles Assainies. Le corps sans vie retrouvé ce jour-là a été formellement identifié : il s’agit de Thierno Cissé, un jeune conducteur de moto Jakarta âgé d’environ 20 ans et originaire de Gambie. L’annonce a bouleversé sa famille, ses proches et toute la communauté locale qui peine encore à comprendre les circonstances de ce drame.

Selon les témoignages recueillis, Thierno Cissé avait rejoint le Sénégal dès son enfance afin de poursuivre son apprentissage du Coran dans un daara du quartier Léona. Après le décès de son père resté en Gambie, il avait décidé de retourner à Thiès pour soutenir sa mère. Déterminé à subvenir à ses besoins, il avait d’abord tenté de se frayer un chemin dans le métier de carreleur, mais sans succès. C’est finalement en investissant dans une moto Jakarta qu’il avait trouvé un moyen de gagner sa vie en tant que conducteur.

La disparition du jeune homme a été signalée après que sa famille a constaté son absence prolongée. « Quand on a constaté son absence, on a essayé de l’appeler à plusieurs reprises en vain », raconte un parent qui se souvient du début de l’inquiétude. Le lendemain, l’alarme s’est accentuée lorsque son colocataire, Bouba, n’a pas vu Thierno rentrer. Constatant que la situation devenait anormale, la famille s’est rendue au commissariat des Parcelles Assainies pour déclarer sa disparition.

C’est à ce moment que les proches ont été confrontés à l’insoutenable. Les policiers leur ont présenté des photos de la dépouille retrouvée dans le champ. « On a vu que c’était Thierno Cissé. On l’a tué d’une manière atroce », témoigne un membre de la famille, encore sous le choc et incapable de comprendre l’acharnement dont le jeune homme a été victime.

Au sein de la famille comme dans le voisinage, beaucoup soupçonnent un meurtre lié au vol de sa moto Jakarta, principal outil de travail et unique source de revenus de Thierno. Les circonstances de sa disparition, combinées à l’absence de sa moto, renforcent cette hypothèse. Les proches appellent instamment la Police et la Gendarmerie à ouvrir une enquête approfondie pour identifier les auteurs de cet acte criminel et les traduire en justice.

L’UCAD plongée dans la tourmente : troisième jour d’affrontements entre étudiants et forces de sécurité

Pour le troisième jour consécutif, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) est secouée par de violents affrontements opposant étudiants et Forces de défense et de sécurité (FDS). Dès les premières heures de la matinée, le campus a de nouveau été le théâtre d’échanges tendus, transformant les abords des pavillons en zones de confrontation continues.

À l’origine de ce climat insurrectionnel, le non-paiement des bourses, un problème récurrent devenu, selon les étudiants, absolument insoutenable. Depuis plusieurs semaines, les retards s’accumulent, mais ces derniers jours, la colère a franchi un cap. Les étudiants dénoncent un manque de considération et une situation financière de plus en plus précaire qui entrave leurs conditions de vie et leur réussite académique.

Face à la montée des tensions, un important dispositif des FDS a été déployé dès l’aube. Les forces de l’ordre ont eu recours à des tirs répétés de grenades lacrymogènes pour tenter de disperser les groupes d’étudiants rassemblés autour des pavillons et sur les principales artères du campus. Le nuage de fumée, visible de loin, a envahi coursives et esplanades, plongeant une partie de l’université dans une atmosphère suffocante et chaotique.

Les étudiants, loin de se laisser intimider, affichent une détermination intacte. Des barrages improvisés ont été érigés à plusieurs points stratégiques, entravant la circulation à l’intérieur du campus. À chaque charge des forces de sécurité répondent des jets de projectiles et des regroupements massifs. Certains pavillons se sont mués en bastions, tandis que d’autres zones du campus sont devenues des points névralgiques où la tension atteint son paroxysme.

De nombreux témoins décrivent une situation quasi insurrectionnelle : cris, courses-poursuites, explosions de grenades lacrymogènes, nuages de fumée et scènes de panique. Les couloirs bruissent d’indignation, les esplanades se transforment en lieux de résistance, et la colère gagne même les bâtiments administratifs où le dialogue semble désormais totalement rompu.

À l’heure actuelle, aucune avancée significative n’a été enregistrée dans les négociations. Les autorités appellent à la retenue, tandis que les étudiants exigent des réponses rapides et concrètes. En l’absence d’un compromis, l’UCAD paraît s’enfoncer un peu plus dans une crise profonde, mettant à l’épreuve non seulement l’institution académique, mais aussi les relations entre les étudiants et l’État.

le ministre des Forces armées appelle à une refonte stratégique de la sécurité maritime dans le Golfe de Guinée

Le ministre sénégalais des Forces armées, Birame Diop, a mis en avant, ce mardi à Dakar, l’urgence de réexaminer les avancées réalisées depuis la mise en place de l’Architecture de sécurité maritime du Golfe de Guinée, il y a plus de dix ans. Selon lui, les profondes mutations de l’environnement maritime exigent une actualisation des stratégies régionales pour répondre à des menaces devenues plus complexes et interconnectées.

Co-présidant la cérémonie d’ouverture de la 6ᵉ édition du Symposium des chefs d’État-major de marines et des commandants de garde-côtes avec la vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, Damtien Tchintchibidja, le général Diop a souligné que cette architecture régionale atteint aujourd’hui un « niveau de maturité » qui justifie une évaluation commune. Il a insisté sur la nécessité d’une adaptation stratégique face à un espace maritime confronté à une piraterie en mutation, à l’essor du trafic de stupéfiants, à la pêche illicite et aux nouvelles formes de criminalité transnationale.

L’ancien chef d’État-major général des Armées sénégalaises a réaffirmé la détermination politique de faire du Golfe de Guinée un espace sécurisé, stable et favorable au développement économique. Pour lui, aucune nation de la région ne peut prétendre affronter seule les risques qui affectent cet espace vital pour le commerce maritime mondial. « Ce symposium constitue un acte de foi en la coopération régionale et internationale et un engagement renouvelé pour une sécurité maritime collective », a-t-il déclaré, appelant à renforcer l’action coordonnée entre les États.

Le thème choisi pour l’édition 2025, « Coopération entre le Golfe de Guinée et les nations de l’espace atlantique : développement de synergies pour la sécurité et la prospérité », reflète cette volonté d’élargir le cadre stratégique au-delà des frontières habituelles de la région. Birame Diop a rappelé que l’Océan Atlantique constitue un carrefour majeur des échanges mondiaux, vulnérable à diverses menaces maritimes, et qu’il devient impératif d’adopter une vision davantage intégrée, incluant l’interopérabilité entre les marines et l’harmonisation des stratégies nationales.

Le Contre-amiral Abdou Sène, chef d’État-major de la Marine sénégalaise, a pour sa part souligné que ce symposium ne se limite pas à un cadre d’échanges, mais contribue à orienter de manière concrète les politiques publiques en matière de sécurité maritime. Il a insisté sur l’importance de rompre avec les approches fragmentées qui ont longtemps limité l’efficacité régionale, et de favoriser des démarches cohérentes entre États voisins. En marge des travaux, une exposition regroupant seize organismes maritimes et industriels permet aux participants de découvrir les dernières évolutions technologiques du secteur naval.

Damtien Tchintchibidja, représentant la CEDEAO, a appelé à renforcer l’Architecture régionale tout en mutualisant davantage les ressources disponibles. Elle a rappelé que le Golfe de Guinée demeure un espace stratégique de premier ordre, concentrant 70 % de la production pétrolière du continent africain et assurant près de 10 % du trafic maritime mondial. Selon elle, la sécurisation de cette zone n’est plus seulement un enjeu militaire, mais un impératif économique, social et politique pour l’ensemble de la région.

FILIÈRE BANANES : Le gel des importations tourne au fiasco

La stratégie mise en place pour favoriser la commercialisation des bananes produites au Sénégal n’a pas atteint ses objectifs. Le gel des importations, décidé après le Conseil interministériel d’avril et mis en œuvre par l’Agence de Régulation des Marchés (ARM) avec les acteurs de la filière, devait permettre d’écouler l’intégralité de la production locale. Mais sur le terrain, l’opération s’est rapidement heurtée à la réalité.
Pour 2025, le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage annonçait une récolte de 112 000 tonnes. Une surproduction récurrente, notamment entre septembre et novembre, accentue chaque année les pertes, souvent supérieures aux importations. Dans ce contexte, l’ARM, le CORPROBAT et les commerçants-importateurs avaient signé, le 18 août 2025, un protocole prévoyant la livraison de 500 tonnes de bananes par semaine, soit cinq camions par jour. Ces cargaisons, trois camions de bananes en cageots et deux en cartons, devaient alimenter les marchés de Dakar, Saint-Louis, Kaolack, Thiès, Mbour et Touba, avec paiement comptant ou par virement sous 48 heures.
Mais la mise en œuvre a rapidement mis en lumière les limites de la production locale. Les commerçants déplorent une qualité jugée insuffisante : des bananes trop fragiles, incapables de supporter les longs trajets. Le fruit, très périssable, ne peut être conservé au-delà d’une semaine sans se détériorer. Or, les producteurs ne disposent pas de chambres froides ni de moyens d’évacuation rapides, transférant entièrement les coûts de stockage sur les commerçants.
Conséquence directe : une chute brutale de l’activité des importateurs et des vendeurs de bananes et fruits. Les pertes se chiffrent en centaines de millions de francs CFA, alors que le marché local s’est retrouvé confronté à une rupture d’approvisionnement, à une baisse de la qualité des produits et même à un déficit de bananes. Un paradoxe révélateur de l’échec de la mesure.
Les professionnels de la filière réclament désormais la reconnaissance officielle des pertes subies, le soutien financier de l’Etat et des compensations, la mise en place de mécanismes de coopération agricole et commerciale plus efficaces, la collaboration renforcée avec les pays voisins producteurs de bananes ainsi que la levée de la mesure de gel des importations.
Malgré l’urgence, les acteurs restent dans l’attente d’une prise de position des autorités. Le ministre de l’Industrie et du Commerce comme le directeur général de l’ARM n’ont, jusqu’ici, apporté aucune réponse. « Si rien n’est fait pour trouver rapidement des solutions, on risque d’assister à un effondrement de la filière bananes », alerte l’agriculteur Thiébé Haby Belel Sow.

Le Dakarois

Découverte – Ngana Sira Biaye, l’héritage d’un roi baïnouck au cœur de la Casamance

Au cœur de la Casamance, dans l’ombre apaisante des fromagers et des palmiers à huile, s’étend un village dont le nom résonne encore dans l’histoire des peuples de la région : Djibanar. Aujourd’hui paisible, ce village fut autrefois un centre politique, culturel et spirituel sous le règne d’un homme devenu légende : Ngana Sira Biaye, roi des Baïnoucks.

Un souverain au cœur des traditions baïnouck

Les Baïnoucks — peuple ancien de la Basse-Casamance — ont bâti leur identité autour d’une organisation sociale structurée, marquée par le respect des anciens, le pouvoir symbolique des chefs religieux et l’autorité des souverains.

Parmi ces derniers, Ngana Sira Biaye s’est distingué comme une figure de cohésion, d’influence et d’autorité.

Son règne s’inscrit dans une époque où les Baïnoucks formaient de vastes chefferies, parfois en contact, parfois en tension avec les royaumes voisins : Balant, Diola, Mandingue, ainsi qu’avec les puissances européennes tentant de s’implanter dans la région.

Djibanar, capitale politique et sanctuaire spirituel

Sous l’autorité de Ngana Sira Biaye, Djibanar devint un véritable centre de pouvoir.

Le village, aujourd’hui composé de quartiers tranquilles et de places communautaires, fut autrefois :

un carrefour commercial reliant les villages de la Casamance intérieure ; un haut lieu de rituels, où se tenaient les cérémonies initiatiques ; le siège du roi, entouré de ses conseillers et maîtres de caste.

La parole des anciens raconte qu’à Djibanar, les décisions se prenaient sous l’arbre à palabres, dans un espace sacré où seuls les initiés pouvaient s’exprimer sur les affaires du royaume.

L’autorité et la diplomatie de Ngana Sira Biaye

Ngana Sira Biaye est décrit comme un homme ferme mais conciliateur.

Son pouvoir reposait sur :

la maîtrise des alliances locales, essentielles dans une région marquée par la diversité ethnique ; la gestion des terres agricoles, ressource vitale dans cet environnement fertile mais disputé ; la protection des rites et traditions, garants de la cohésion baïnouck.

Sous son règne, Djibanar connut une période de stabilité, consolidant son statut de capitale traditionnelle.

Une trace vivante dans la mémoire collective

Même si les chefferies traditionnelles ont perdu leur pouvoir politique avec la colonisation et les transformations modernes, la figure de Ngana Sira Biaye reste profondément ancrée dans la mémoire des Baïnoucks.

Les habitants de Djibanar continuent de transmettre :

les récits de son règne, les lieux symboliques liés à son histoire, et l’héritage culturel des Baïnoucks, souvent méconnu mais d’une grande richesse.

Aujourd’hui encore, son nom évoque la dignité, la résistance culturelle et la continuité d’un peuple qui, malgré les bouleversements du temps, porte fièrement son identité.

Assemblée générale du G7 à Kaolack : colère contre les lenteurs et les manquements de l’État

Le G7 départemental de Kaolack a tenu, ce mardi 18 novembre 2025, son assemblée générale au lycée Ibrahima Diouf, en présence d’Abdourahmane Guèye, secrétaire général national de l’UDEN, représentant le G7 national. Cette rencontre stratégique a réuni des délégations venues de plusieurs localités du département, dans un contexte marqué par la persistance de nombreuses revendications syndicales non satisfaites.

Dès l’ouverture des travaux, les responsables syndicaux ont dressé un bilan jugé préoccupant de la mise en œuvre des accords précédemment signés avec le gouvernement. Selon Oumar Diallo, secrétaire général de l’UDEN section Kaolack, plusieurs engagements majeurs — notamment ceux relatifs à la situation des enseignants décisionnaires, aux lenteurs administratives, aux avancements, à la situation des enseignants contractuels et au respect du protocole d’accord — demeurent en suspens.

Parmi les griefs les plus dénoncés figure la question des examens de fin d’année, en particulier l’organisation du baccalauréat. Les syndicalistes estiment que les conditions de surveillance doivent être « sérieusement améliorées ».

« L’indemnité de surveillance est insuffisante et engendre des querelles interminables dans les centres d’examen », a déploré M. Diallo. Au nom du G7, il a également critiqué les modalités de paiement des indemnités du baccalauréat. Dans certaines académies, les enseignants sont convoqués tardivement, parfois après le 30 novembre, et doivent parcourir de longues distances pour percevoir des sommes allant de 12 000 à 17 000 francs CFA. Une situation que le G7 qualifie de « manque de respect et de considération » envers les enseignants.

Autre point d’alerte : l’introduction de l’anglais à l’élémentaire. Les syndicats dénoncent l’affectation d’un seul enseignant chargé de couvrir plusieurs établissements distants de 9 à 10 kilomètres les uns des autres.

« On ne peut pas demander à un enseignant d’assurer des cours d’anglais dans quatre écoles différentes, tout en supportant lui-même les frais de transport », ont-ils martelé, rappelant que les textes fixent à 5 km maximum la distance pour l’attribution des compléments horaires. « Faire 20 ou 25 km par jour est tout simplement impossible », a soutenu le porte-parole du G7 à Kaolack.

Les syndicats ont également insisté sur la nécessité d’accélérer la formation diplômante. Ils rappellent que l’État a l’obligation de former les professeurs contractuels, les MEPS, les instituteurs adjoints, les maîtres contractuels et les enseignants issus du recrutement spécial des 2 000, puisqu’il s’agit de personnels recrutés par la fonction publique.

À l’issue de l’assemblée générale, le G7 a annoncé qu’un plan d’action sera prochainement dévoilé si aucune avancée significative n’est enregistrée dans les discussions avec l’État.

El Hadji Abdoul Aziz Ndiaye : une vision stratégique au service des talents et des entreprises

À la croisée des disciplines et des exigences contemporaines, El Hadji Abdoul Aziz Ndiaye s’impose progressivement comme l’un des visages marquants de la nouvelle génération de leaders en ressources humaines. Son parcours, où se mêlent rigueur académique, expérience de terrain et ambition entrepreneuriale, en fait une figure clé dans l’écosystème RH sénégalais.

La solidité de son profil repose avant tout sur un socle intellectuel robuste. Certifié en Droit du travail et de sécurité sociale à l’Institut Supérieur du Droit de Dakar, il maîtrise avec précision les mécanismes juridiques qui encadrent les relations professionnelles. Cette compétence juridique, essentielle dans un contexte où les normes évoluent constamment, se conjugue harmonieusement avec son Master en Gestion des Ressources Humaines. Cette combinaison lui confère une double lecture, à la fois technique et stratégique, des enjeux managériaux et organisationnels auxquels sont confrontées les entreprises modernes.

Ce bagage théorique n’est pas resté lettre morte. Animé par le désir de proposer un accompagnement sur mesure, à la fois humain et professionnel, El Hadji Abdoul Aziz Ndiaye fonde JAMAZRH CONSULTING. Ce cabinet, né de sa vision et de ses convictions profondes, dépasse le cadre classique des agences de recrutement. Il se positionne comme un partenaire stratégique, attentif aux aspirations des candidats tout autant qu’aux besoins spécifiques des entreprises. La philosophie qui le guide est claire : offrir une expertise capable de concilier épanouissement individuel et performance organisationnelle.

Loin des concepts théoriques, son expertise s’enracine dans plus d’une décennie d’expérience au sein du secteur bancaire, où il occupe actuellement la fonction de Responsable du Capital Humain. Cet environnement, reconnu pour son exigence et la nécessité d’une grande précision opérationnelle, lui a permis d’affiner un savoir-faire complet. Il y conçoit des plans de recrutement adaptés, supervise l’intégration des nouvelles recrues et réinvente en permanence les mécanismes de gestion du personnel afin d’en améliorer l’efficacité. Son quotidien est celui d’un acteur au cœur des dynamiques internes des organisations, attentif autant à la performance qu’au bien-être des équipes.

Sa vision dépasse largement le cadre traditionnel du recrutement. Pour les chercheurs d’emploi, il joue un rôle de guide, les aidant à clarifier leur projet professionnel et à s’orienter vers des opportunités en adéquation avec leurs ambitions. Pour les entreprises, son intervention se situe à un niveau stratégique : optimisation des processus, élaboration de plans RH, amélioration continue de la performance et gestion des talents. Il se positionne véritablement comme un pilote de projets, capable d’apporter une dynamique nouvelle à chaque organisation qu’il accompagne.

Ce qui distingue particulièrement El Hadji Abdoul Aziz Ndiaye, c’est sa philosophie du service et de la structure. Il considère la gestion des ressources humaines comme une discipline essentielle, capable de mettre de l’ordre, d’anticiper les besoins et de créer un environnement propice à la performance tout en valorisant les individus. Sa gestion administrative, rigoureuse mais profondément humaine, reflète sa volonté de bâtir des espaces professionnels sécurisants, motivants et porteurs de sens.

Ainsi, El Hadji Abdoul Aziz Ndiaye n’est pas seulement un nom parmi d’autres sur les réseaux professionnels. Il incarne un engagement, une vision et une expertise qui placent le talent au cœur de la stratégie organisationnelle. Son parcours, ponctué de réussites et porté par un leadership affirmé, fait de lui un acteur incontournable du paysage RH au Sénégal, un professionnel pour qui la valorisation du capital humain demeure la clé de toute performance durable.

Passy accueille les “48 heures des Agriculteurs du Sine Saloum” les 21 et 22 novembre

Passy s’apprête à vibrer au rythme de l’innovation agricole avec l’organisation, les 21 et 22 novembre prochains, des Journées Portes Ouvertes (JPO), communément appelées les 48 heures des Agriculteurs du Sine Saloum, placées sous le thème : « Promotion de l’agriculture locale durable et inclusive ».

Selon l’initiateur de l’événement, El Hadji Abdoulaye Sakho, cette initiative ambitionne de valoriser le potentiel agricole du Saloum et de renforcer les échanges entre les acteurs du secteur.

Ces journées constituent une opportunité unique pour présenter les activités, les réalisations et les innovations développées dans la région de Fatick. Les JPO offriront également un espace de dialogue entre producteurs, organisations paysannes, partenaires techniques et financiers, autorités locales et communautés rurales.

Au programme, plusieurs temps forts :

Présentations institutionnelles Expositions de produits agricoles transformés Panels thématiques Démonstrations pratiques Séances de réseautage dédiées au partage d’expériences et à la création de partenariats

Les visiteurs pourront découvrir et valoriser les produits du terroir — mil, maïs, arachide, entre autres — témoignant de la richesse agricole du Saloum. L’événement mettra également en lumière les opportunités d’emploi pour les jeunes et les femmes dans le secteur de l’agro-business, un levier essentiel du développement local.

Plusieurs partenaires stratégiques sont attendus, parmi lesquels l’ANIDA, le PROVAL CV, World Vision, le 3FPT, ENABEL, l’ADEPME, ainsi que de nombreuses organisations paysannes et GIE de la région.

À travers ces Journées Portes Ouvertes, SABS réaffirme son engagement à accompagner les producteurs locaux et à contribuer à la souveraineté alimentaire du Sénégal, en promouvant une agriculture innovante, inclusive et durable au cœur du Saloum.

Abdoulaye Gadio déféré pour faux, escroquerie et détention de chanvre indien

Abdoulaye Gadio a été présenté, lundi 17 novembre, au parquet de Dakar par la Brigade de Dakar-Ville (Thionk). Il fait l’objet de poursuites pour plusieurs délits, parmi lesquels la contrefaçon et l’usage de faux, le faux en écriture publique authentique, l’escroquerie sur les services publics ainsi que la détention de chanvre indien. Une série d’infractions qui s’est révélée au terme d’une enquête entamée après l’interpellation d’un employé de l’ambassade de la Mauritanie au Sénégal.

Tout est parti de l’arrestation de A. Baldé, jardinier au sein de la représentation diplomatique mauritanienne. Accompagné par le chef de la sécurité de l’annexe 2 du ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, il avait été appréhendé alors qu’il détenait un bulletin numéro 3 du casier judiciaire appartenant à la fille d’un diplomate mauritanien. Selon les informations publiées mardi par L’Observateur, le document portait une apostille mais également un faux cachet nominatif et une signature falsifiée, imitant celle du diplomate M. Faye, fonctionnaire du ministère.

Interrogé par les enquêteurs, le jardinier a expliqué avoir reçu pour mission du premier conseiller de l’ambassade de se procurer un casier judiciaire traduit et légalisé. C’est dans ce contexte qu’il affirme avoir rencontré « par chance » une ancienne connaissance, Abdoulaye Gadio, lequel lui a proposé d’assurer la traduction en anglais ainsi que la légalisation au ministère, moyennant 15 000 FCFA. Cette proposition, apparemment rassurante, a fini par attirer l’attention des gendarmes.

Sur la base des déclarations de A. Baldé, les enquêteurs se sont rendus au domicile d’Abdoulaye Gadio, à Derklé, où ils ont procédé à son interpellation. La perquisition menée dans sa chambre a permis de mettre au jour plusieurs éléments compromettants : un cachet portant la mention « Certifiée conforme à l’original, l’administrateur de greffe », un cachet nominatif au nom de l’administrateur des greffes, une copie d’extrait des minutes du greffe du tribunal d’instance de Pikine assortie d’un faux cachet du greffier en chef, ainsi qu’un sachet de chanvre indien et la somme de 130 000 FCFA.

Face à ces découvertes, le suspect a reconnu une partie des faits. Il a toutefois tenté de minimiser sa responsabilité, assurant que son intention était uniquement « d’aider des personnes nécessiteuses » qui avaient besoin de faire légaliser des documents officiels. Concernant les faux cachets retrouvés chez lui, il a affirmé qu’ils lui avaient été remis par un certain M. Diallo, un individu qu’il dit décédé depuis trois ans, sans toutefois pouvoir étayer cette explication.

Aïda Mbodj sort l’artillerie judiciaire contre les mauvais payeurs des prêts étatiques

La Délégation générale à l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ) a lancé une vaste opération judiciaire visant les bénéficiaires de prêts publics qui n’ont jamais honoré leurs obligations de remboursement, et ce malgré des montants parfois colossaux. Selon le quotidien Libération, cette initiative, menée sous l’impulsion de la déléguée générale Aïda Mbodj, fraîchement installée à la tête de l’institution, traduit une volonté ferme de récupérer des milliards de francs CFA évaporés sous couvert de financements fictifs ou de projets jamais réalisés. Plusieurs plaintes ont d’ores et déjà été déposées et des dossiers transmis à la Division des Investigations Criminelles (DIC) ainsi qu’à d’autres unités spécialisées.

La première arrestation a rapidement suivi cette décision. La DIC a interpellé M. Ndong, un homme se présentant comme agent de développement communautaire et domicilié à Ziguinchor, accusé d’abus de confiance. En juillet 2021, il avait bénéficié d’un financement de 27 849 000 FCFA destiné à la construction d’une boulangerie dans la région. Quatre ans plus tard, aucun chantier n’a été lancé, aucune boulangerie n’a vu le jour et aucune activité génératrice de revenus n’a été mise en place. Pire encore, M. Ndong n’a remboursé qu’une fraction dérisoire du prêt, à savoir 600 000 FCFA sur les près de 28 millions contractés, alors que le remboursement devait s’étaler sur 60 mois.

Lors de son audition par la DIC, M. Ndong a reconnu les faits et tenté de se défendre en sollicitant un moratoire, espérant obtenir un étalement du remboursement afin d’échapper à la rigueur de la loi. Mais la DER/FJ, désireuse de faire de cet exemple un signal fort, ne semble pas prête à tolérer davantage les dérives qui ont longtemps vidé ses caisses au détriment des véritables entrepreneurs.

Cette opération n’est qu’un début. Selon les sources de Libération, plusieurs procédures similaires sont déjà en cours, et des dizaines de dossiers sont en voie de transmission vers la DIC et d’autres brigades spécialisées. Ces enquêtes concernent à la fois des individus isolés et des groupements ayant détourné ou abandonné des financements publics, signe que la DER/FJ entend désormais renforcer la rigueur dans la gestion des fonds publics alloués à l’entrepreneuriat féminin et jeune.

Démantèlement d’un réseau de fausses cartes consulaires aux Parcelles Assainies

Le Commissariat d’arrondissement des Parcelles Assainies U15 a procédé, le 15 novembre 2025, à l’interpellation de trois individus impliqués dans un réseau de trafic de fausses cartes consulaires d’un pays voisin. Ces arrestations font suite à une plainte déposée par une victime qui avait sollicité la confection d’une carte consulaire et qui, suspectant la fraude, a alerté les autorités.

Selon la plainte, la victime avait approché un compatriote pour obtenir une carte consulaire. Ce dernier avait pris ses informations personnelles et sa photo avant de lui remettre la carte demandée moyennant 11 000 F CFA. Méfiant quant à l’authenticité du document, le plaignant s’est tourné vers la police.

Les premières investigations ont conduit à l’interpellation d’un premier individu à l’unité 19 des Parcelles Assainies. Lors de son interrogatoire, il a reconnu avoir remis la carte à la victime, mais a précisé qu’il n’avait fait qu’envoyer les informations personnelles via WhatsApp à un autre compatriote qui se serait chargé de la délivrance effective.

La poursuite de l’enquête a permis d’arrêter un deuxième individu, qui a confirmé les déclarations du premier. Selon lui, la carte avait été confectionnée par un chauffeur, identifié comme le troisième membre du réseau. Ce dernier a été retrouvé en possession de cinq cartes consulaires et a reconnu les avoir fabriquées auprès d’un individu travaillant au sein de l’ambassade concernée à Dakar, moyennant 6 000 F CFA par document. Il revendait ensuite ces cartes à 9 000 F CFA aux différents demandeurs, sans qu’ils aient besoin de se rendre à l’ambassade, en se contentant de recevoir leurs photos et informations personnelles via WhatsApp.

Une perquisition effectuée à son domicile a permis de découvrir de nombreux documents, notamment des copies de passeports, de cartes nationales d’identité, des extraits de naissance de ressortissants étrangers, ainsi qu’un lot de treize cartes consulaires étrangères et plusieurs photos d’identité. Une réquisition a été adressée à la Division Nationale de Lutte contre le Trafic de Migrants et la Fraude Documentaire (DNLT) afin d’authentifier les cartes saisies.

L’enquête se poursuit afin d’élucider l’ensemble du réseau et d’identifier d’éventuels complices. La police rappelle à la population sa vigilance et invite toute personne disposant d’informations utiles à contacter gratuitement le 800 00 17 00.

La Sûreté urbaine frappe au cœur d’un réseau de drogue à Ngor

La Sûreté urbaine (SU) de Dakar a récemment porté un coup sévère à un réseau de trafic de drogue dure très actif dans le secteur de Ngor, selon les informations publiées par le journal Libération. L’opération a permis l’arrestation de deux individus, après l’exploitation d’un renseignement faisant état d’une cellule spécialisée dans la distribution de cocaïne dans cette zone de la capitale.

Les policiers ont intercepté les suspects en pleine circulation, alors qu’ils se déplaçaient à bord d’une Peugeot 308, un véhicule utilisé pour leurs déplacements discrets afin de ne pas attirer l’attention. Les personnes arrêtées sont El Hadji Thiaw, âgé de 40 ans et domicilié à Pikine, considéré comme le cerveau du réseau, et Doudou Faye, 26 ans, résident de Ngor et chauffeur pour la société « Allô Dakar », présenté comme le livreur du groupe.

D’après les renseignements obtenus par Libération, Doudou Faye jouait un rôle clé dans la chaîne de distribution de la drogue. Il assurait l’acheminement des produits auprès des clients, utilisant son activité de chauffeur comme couverture pour circuler librement dans Dakar sans éveiller de soupçons. Cette méthode permettait au réseau de fonctionner discrètement tout en maintenant une activité régulière et structurée.

Lors de leur interpellation, les enquêteurs n’ont pas eu besoin d’une longue fouille pour confirmer l’implication des suspects. Sur eux ont été retrouvés deux boulettes de cocaïne pesant chacune 20 grammes, 38 “pierres” et cinq comprimés d’ecstasy. La valeur marchande de cette saisie est estimée à 700 000 FCFA, un stock significatif qui témoigne du caractère organisé et sérieux du trafic dans lequel ils étaient impliqués.

Face aux enquêteurs, El Hadji Thiaw a rapidement reconnu être un trafiquant de drogue dure. Il a expliqué qu’il faisait régulièrement appel à Doudou Faye pour livrer les produits aux clients identifiés. Selon Libération, le duo fonctionnait comme une petite cellule autonome, opérant avec efficacité et discrétion dans le secteur de Ngor.

À la suite de ces découvertes, les suspects ont été placés en garde à vue et sont poursuivis pour association de malfaiteurs, détention de cocaïne et trafic de stupéfiants. L’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels autres complices ainsi que les fournisseurs du réseau, dans le but de démanteler complètement cette organisation criminelle.

Mbaye Sady Diop alerte sur la multiplication des incidents entre policiers et gendarmes

Le lieutenant en retraite Mbaye Sady Diop, ancien directeur des Relations publiques de la police, est revenu dans les colonnes de L’Observateur sur l’incident survenu samedi dernier à Keur Massar entre policiers et gendarmes. Une simple question de zone de compétence a suffi pour provoquer une tension inhabituelle entre les deux corps, au point que deux policiers ont été arrêtés puis conduits à la brigade de Keur Massar, avant d’être finalement relâchés quelques instants plus tard.

Pour Mbaye Sady Diop, cette altercation n’a malheureusement rien d’exceptionnel. Il rappelle que de tels affrontements se répètent depuis quelque temps. Il cite notamment un récent épisode où des militaires se sont rendus dans un commissariat pour libérer l’un des leurs, ou encore une scène survenue à Mbacké, où policiers et gendarmes s’étaient opposés autour de l’occupation d’un point de contrôle. Selon lui, ces cas sont nombreux et témoignent d’un dysfonctionnement profond dans la coordination entre forces de sécurité.

L’ancien officier dit ne trouver aucune justification valable à de tels comportements. Il souligne que lors des missions conjointes à l’étranger, policiers et gendarmes travaillent en parfaite harmonie, se comportant comme des « frères et amis ». Ce contraste le pousse à s’interroger : pourquoi des tensions éclatent-elles si facilement une fois de retour au Sénégal ? Qu’est-ce qui provoque ces rivalités internes alors qu’ils servent tous le même pays ?

Pour Mbaye Sady Diop, la responsabilité première incombe aux autorités locales, celles qui gèrent les zones opérationnelles. Il estime que ce ne sont ni les hautes hiérarchies de la police ni celles de la gendarmerie qui doivent être pointées du doigt, mais plutôt les responsables présents sur le terrain. Selon lui, la communication et la coordination au niveau local sont insuffisantes. Il appelle à l’organisation de réunions régulières, de rencontres et d’échanges permanents pour éviter que des tensions inutiles ne dégénèrent au détriment des populations.

Face à la fréquence de ces incidents, le lieutenant en retraite invite les hiérarchies des différents corps à « siffler la fin de la récréation ». Il adresse également un message ferme aux policiers et gendarmes eux-mêmes, leur rappelant leurs priorités. Alors que les cas de braquages violents se multiplient dans des hôtels, usines ou même au campus universitaire, il leur reproche de se quereller pour des questions de contrôle routier au lieu de concentrer leurs efforts sur la lutte contre la délinquance. « Le Sénégal vous paie pour assurer la sécurité des citoyens », martèle-t-il, appelant à un recentrage sur les véritables enjeux sécuritaires du pays.

Tensions à l’UCAD : de violents affrontements éclatent après de nouveaux retards dans le paiement des bourses

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a été, une fois de plus, le centre de fortes tensions ce matin, alors que des affrontements ont éclaté entre étudiants et Forces de défense et de sécurité. La quiétude habituelle du campus a été bouleversée par une nouvelle vague de contestation liée au non-paiement des bourses, un problème récurrent qui continue d’alimenter la colère et le désarroi des étudiants.

Très tôt dans la matinée, des groupes d’étudiants ont érigé des barricades et bloqué plusieurs artères du campus, paralysant la circulation interne et empêchant l’accès à certaines facultés. Ces actions, menées dans un climat de frustration croissante, visent à dénoncer les retards répétés dans le versement des allocations, lesquelles constituent pour beaucoup une ressource indispensable à leur survie quotidienne. Certains témoignent de difficultés financières aiguës, évoquant des loyers impayés, des repas sautés et l’impossibilité de subvenir à leurs besoins essentiels.

Face à la situation, les Forces de défense et de sécurité sont intervenues pour tenter de rétablir l’ordre, ce qui a rapidement donné lieu à des heurts. Des jets de pierres ont répondu aux tirs de gaz lacrymogènes, créant une atmosphère tendue qui s’est propagée à plusieurs points du campus. Les cours ont été perturbés et de nombreux étudiants ont dû se mettre à l’abri, tandis que d’autres se sont joints aux protestations, déterminés à faire entendre leurs revendications.

Le problème du paiement tardif des bourses n’est pas nouveau à l’UCAD. Il revient de manière cyclique, provoquant à chaque fois les mêmes scènes de colère et de confrontation. Malgré les engagements régulièrement pris par les autorités, la situation persiste et continue de fragiliser la relation entre l’État et les étudiants.

En attendant une solution durable, le climat reste tendu au sein de l’université. Les étudiants demandent des réponses concrètes et un calendrier clair pour le paiement de leurs bourses, tandis que les autorités appellent à la retenue et au dialogue. Mais pour l’heure, la frustration domine et le campus continue de porter les stigmates d’un malaise profond, nourri par des difficultés financières qui dépassent largement le cadre strictement académique.

COP30 à Belém : Le Sénégal réaffirme son engagement climatique et appelle à une mobilisation financière accrue

En marge du Segment de haut niveau de la COP30, tenu ce 17 novembre 2025 à Belém (Brésil), le ministre sénégalais de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, a réitéré la détermination du Sénégal à intensifier son action en faveur de la lutte contre les changements climatiques. S’exprimant au nom du gouvernement sénégalais, il a également salué l’organisation exemplaire assurée par le Brésil, hôte de cette édition qui suscite de grands espoirs pour l’agenda climatique mondial.

Le ministre a rappelé la réalité préoccupante de l’aggravation des impacts climatiques, particulièrement pour les communautés les plus vulnérables, au Sénégal comme ailleurs en Afrique. Face à l’intensification de la désertification, de l’érosion côtière, de l’irrégularité pluviométrique et de la perte de biodiversité, il a insisté sur l’urgence d’un effort collectif, fidèle à l’esprit de solidarité et de responsabilité partagée qui fonde l’Accord de Paris. La préservation des ressources naturelles pour les générations présentes et futures, a-t-il souligné, doit demeurer au cœur des priorités internationales.

Dr Diouf a également mis en avant la nécessité impérieuse de mobiliser des financements internationaux suffisants, transparents et facilement accessibles aux pays en développement. Ces ressources sont essentielles pour inverser la dégradation des terres, renforcer la résilience des écosystèmes, protéger la biodiversité et mettre en œuvre les contributions déterminées au niveau national (CDN) ainsi que les plans d’adaptation climatiques. À ce titre, il a annoncé que le Sénégal travaille déjà à l’élaboration de sa CDN 3.0, en cohérence avec sa Vision 2050 qui ambitionne un développement sobre en carbone, innovant et résilient face aux chocs climatiques.

Le ministre a rappelé que la COP30 doit constituer un tournant décisif. Le Sénégal estime qu’elle doit conduire à un leadership renforcé des pays développés dans la lutte climatique, notamment par une hausse significative des investissements dans les énergies renouvelables. Il appelle également à un triplement du financement international destiné à l’adaptation d’ici 2030, de même qu’à un soutien accru au Fonds pertes et dommages, outil indispensable pour renforcer la justice climatique. Le gouvernement sénégalais insiste par ailleurs sur la nécessité d’opérationnaliser sans délai les 300 milliards de dollars adoptés lors des négociations de Bakou, un engagement structurant pour la mise en œuvre effective des politiques climatiques dans les pays du Sud. Enfin, le Sénégal plaide pour l’adoption d’indicateurs globaux d’adaptation assortis d’un financement dédié, afin d’assurer un suivi transparent et mesurable des progrès réalisés.

En réaffirmant sa volonté d’agir avec détermination, le Sénégal se positionne comme un acteur engagé dans la quête d’une transition juste, d’un développement durable et d’un climat mondial plus sûr pour tous.

Trafic d’ivoire : un individu interpellé à Ouakam grâce à une opération de la Sûreté urbaine

La Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar a annoncé l’interpellation d’un individu impliqué dans un présumé trafic d’ivoire, à l’issue d’une opération menée ce week-end dans le quartier de Ouakam, près du Monument de la Renaissance africaine.

Selon les autorités policières, cette intervention ciblée fait suite à un renseignement communiqué par une organisation non gouvernementale, faisant état d’une imminente transaction liée à un vaste réseau de trafic d’ivoire. Alertés, les éléments de la brigade de lutte contre la criminalité de la Sûreté urbaine ont été rapidement dépêchés sur les lieux afin de vérifier la véracité des informations reçues.

Une fois sur place, les policiers ont pu identifier et interpeller le suspect. La perquisition effectuée par la suite dans la boutique de ce dernier, également située à Ouakam, a permis de mettre la main sur un important lot d’objets en ivoire. Les enquêteurs y ont découvert plus d’une centaine de pièces sculptées sous forme de figurines, ainsi que deux défenses d’éléphants, confirmant les soupçons d’implication du mis en cause dans des activités illicites portant sur des produits fauniques protégés.

À la suite de cette saisie, l’individu interpellé a été remis aux services des Eaux et Forêts pour la poursuite de l’enquête, conformément aux procédures en vigueur dans les affaires relatives à la protection de la faune sauvage.

Les autorités policières ont rappelé, dans leur communication, l’importance de la collaboration avec la population et les organisations spécialisées pour lutter contre les trafics de ressources naturelles protégées. Elles ont souligné leur détermination à rester mobilisées pour la sécurité et la préservation du patrimoine environnemental national.

La Police nationale invite par ailleurs toute personne disposant d’informations utiles à contacter gratuitement le numéro vert 800 00 17 00 afin de contribuer à la lutte contre ce type de criminalité.

Souveraineté numérique : Thierno Alassane Sall alerte sur des risques liés à la gestion de SENUM S.A et interpelle le gouvernement

L’ancien ministre et député à l’Assemblée nationale, Thierno Alassane Sall, a adressé une question écrite au ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, portant sur de graves préoccupations liées à la souveraineté numérique du Sénégal. Dans son document daté du 27 octobre 2025, il exprime des inquiétudes concernant les pratiques observées au sein de Sénégal Numérique S.A. (SENUM S.A), structure remplaçante de l’Agence de l’Informatique de l’État (ADIE) depuis décembre 2021.

Selon le parlementaire, cette société, chargée de la mise en œuvre de la politique d’informatisation de l’État et de la gestion des infrastructures numériques nationales, occupe aujourd’hui un rôle stratégique compte tenu de l’évolution géopolitique, sécuritaire et technologique du pays. Thierno Alassane Sall rappelle que le Sénégal, désormais classé parmi les pays producteurs d’hydrocarbures et partageant une partie de ses frontières avec des zones d’instabilité terroriste, est fortement exposé aux risques de cyberattaques, de cyberespionnage et de manipulations numériques. L’intégrité des données nationales, des services étatiques ainsi que la sécurisation des infrastructures numériques devient donc, à ses yeux, une priorité absolue.

Il dénonce dans ce contexte l’intervention de DIG DASH, une entreprise française, qui aurait été sollicitée par SENUM S.A. dans des conditions jugées opaques et contraires aux règles de passation des marchés publics. Selon les éléments qu’il affirme avoir reçus, cette firme aurait potentiellement eu accès à des données sensibles de l’État, ce qu’il considère comme une menace réelle pour la confidentialité des informations stratégiques nationales. Le député soulève également la possibilité d’installation de systèmes suspects, tels que des backdoors, permettant un accès clandestin à distance aux données gouvernementales comme aux données personnelles des citoyens.

Au-delà des risques techniques, Thierno Alassane Sall pointe du doigt des défaillances de gouvernance interne, estimant que cette situation ne serait jamais survenue si le Conseil d’administration et la Direction générale de SENUM S.A. fonctionnaient de manière optimale, transparente et conforme aux standards de sécurité en matière de souveraineté numérique. Il souligne la disponibilité de compétences nationales capables d’assumer les missions confiées à l’entreprise, remettant ainsi en cause la nécessité d’un recours à des expertise externes, notamment étrangères, dans des domaines aussi sensibles.

Le député rappelle également que les solutions logicielles souscrites auprès de DIG DASH sont pourtant déjà couvertes dans le contrat-cadre liant l’État du Sénégal à Microsoft, incluant Power BI et MS Project, ce qui interroge sur une éventuelle duplication ou irrégularité dans les acquisitions.

Face à la gravité des faits évoqués, Thierno Alassane Sall demande au ministre de fournir des clarifications détaillées sur la justification juridique et contractuelle de l’intervention de DIG DASH, les mesures de sécurité prises pour protéger les données gouvernementales ainsi que les initiatives entreprises afin d’améliorer la gouvernance, la transparence et la performance de SENUM S.A.

Pour lui, renforcer l’implication des ressources humaines locales et garantir des processus de passation de marchés stricts et clairs est indispensable pour éviter toute atteinte à l’intégrité numérique nationale.

Affaire à suivre…

Le journaliste Mamadou Fofana convoqué pour diffamation par Aïda Mbodj

Dakar – Une affaire de diffamation secoue actuellement le paysage médiatique sénégalais. Mamadou Fofana, journaliste au sein du groupe D-Media et connu pour ses interventions sur Sen TV, est convoqué demain, mardi 18 novembre, par la Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar. Cette convocation fait suite à une plainte déposée par Aïda Mbodj, directrice générale de la Délégation générale à l’Entrepreneuriat rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ).

Selon les informations disponibles, il est reproché au journaliste d’avoir tenu des propos jugés diffamatoires à l’encontre de Mme Mbodj lors d’une émission télévisée. Lors de cette intervention, Mamadou Fofana aurait attribué à la directrice de la DER des déclarations qui, en réalité, avaient été formulées par une autre femme. Profitant de l’occasion, le journaliste avait alors recadré de manière très ferme la patronne de la structure.

Face aux réactions suscitées par cette situation dans l’opinion publique et les réseaux sociaux, Mamadou Fofana a reconnu par la suite que les propos attribués à Aïda Mbodj étaient erronés et qu’elle ne les avait jamais tenus. Cette reconnaissance intervient après un tollé général et met en lumière la sensibilité autour de la diffusion d’informations non vérifiées dans les médias.

La convocation du journaliste à la Sûreté urbaine intervient dans un contexte où la responsabilité médiatique et le respect de la vérité sont scrutés avec attention par les institutions et le public. L’issue de cette affaire pourrait servir de rappel sur l’importance de la rigueur dans le traitement des informations, en particulier lorsqu’elles concernent des personnalités publiques.

Décès de Pape Diop, survivant de l’attaque au cocktail molotov de Yarakh

Pape Diop, devenu tristement célèbre pour avoir survécu à l’attaque au cocktail molotov survenue le 1er août 2023 dans le quartier de Yarakh à Dakar, est décédé dans la nuit du samedi 15 novembre au dimanche 16 novembre 2025 à Touba, des suites d’une maladie, rapportent plusieurs médias sénégalais. Également connu sous le nom d’Abdoulaye Diop, Pape Diop était le conducteur du bus TATA de la ligne 65 ciblé lors de cet acte de violence qui avait coûté la vie à deux jeunes sœurs, âgées respectivement de 21 ans et 7 ans.

Le drame de Yarakh avait profondément marqué la capitale sénégalaise et suscité une vive émotion dans le pays. Dans les jours qui ont suivi l’attaque, les forces de l’ordre avaient procédé à l’arrestation de six personnes, placées ensuite sous mandat de dépôt. Elles étaient poursuivies pour associations de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, destructions et dégradations de biens ainsi que troubles à l’ordre public.

Le principal suspect, Saer Fall, a été appréhendé aux États-Unis après l’émission d’un mandat d’arrêt international lancé par les autorités sénégalaises. Les motivations exactes derrière l’attaque restent à ce jour floues. Toutefois, selon les enquêteurs, il semblerait que l’acte de violence soit lié à un conflit d’intérêts opposant le propriétaire de la ligne 65 à un groupe de jeunes du quartier Yarakh.

Réforme des modalités d’engagement dans les Armées sénégalaises : un nouveau cadre pour un recrutement plus exigeant

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a signé le 30 octobre 2025 le décret n°2025-1778, marquant une étape importante dans la modernisation du recrutement au sein des Armées sénégalaises. Ce texte abroge et remplace l’article 53 du décret n°91-1173 du 7 novembre 1991 et reconfigure en profondeur les modalités d’engagement volontaire, avec pour objectif de répondre aux besoins actuels de la Défense nationale tout en renforçant le professionnalisme des forces armées.

La réforme introduit notamment une clarification des critères d’admission, en adaptant la tranche d’âge des candidats. Pour le recrutement ordinaire, l’âge minimum est fixé à dix-huit ans et l’âge maximum à vingt-huit ans. Par ailleurs, la limite supérieure est portée à trente-cinq ans pour les postulants à l’engagement spécial d’élève officier de réserve. Une disposition particulière concerne également les bacheliers de dix-sept ans admis au concours d’entrée à l’École militaire de santé (EMS) : ils peuvent se présenter au concours, mais leur engagement n’est effectif qu’à partir de dix-huit ans révolus et sous réserve de l’autorisation parentale.

Au-delà de la question de l’âge, le décret met un accent particulier sur le profil physique et moral des candidats. Les postulants doivent être en bonne santé, robustes et bien constitués afin de répondre aux exigences de l’institution militaire en matière d’aptitude médicale et de capacité opérationnelle. Le texte impose également des conditions strictes en matière de moralité : un casier judiciaire vierge et une conduite irréprochable sont désormais exigés, afin d’assurer la discipline et la fiabilité des futurs engagés. Cette insistance sur la probité et la condition physique témoigne de la volonté des autorités de professionnaliser davantage les forces armées sénégalaises.

Le décret précise aussi les modalités pratiques de l’engagement, qui devient désormais possible en tout temps, sans période de recrutement limitée. Les contrats sont signés à titre provisoire et ne deviennent définitifs qu’au terme d’une période probatoire de quatre-vingt-dix jours, permettant d’évaluer l’aptitude réelle du candidat à intégrer durablement l’armée.

Keur Massar : un simple contrôle routier vire à un face-à-face explosif entre policiers et gendarmes

À Keur Massar, ce qui n’était au départ qu’un simple point de contrôle a bien failli se transformer en un affrontement d’une rare violence. Selon les informations publiées par le quotidien L’Observateur, une dispute autour de la maîtrise du rond-point « Terminus 54 » a plongé le secteur dans un moment de panique vendredi dernier, avant que les tensions ne soient finalement désamorcées in extremis.

L’incident éclate peu avant la grande prière. Des policiers du commissariat de Yeumbeul-Comico s’installent au niveau du rond-point « Terminus 54 » afin de réguler une circulation particulièrement dense à cette heure. Pour eux, cette présence n’a rien d’exceptionnel : ils y interviennent régulièrement, convaincus d’agir dans le cadre de leurs prérogatives habituelles. Mais leur dispositif est rapidement remis en cause. Des éléments de la Brigade territoriale de gendarmerie de Keur Massar surgissent sur les lieux et exigent que les policiers évacuent le rond-point, qu’ils affirment relever exclusivement de leur compétence.

Le refus catégorique des policiers met le feu aux poudres. Les échanges verbaux se durcissent, les menaces fusent, et la tension grimpe d’un cran. Estimant que leur autorité est contestée, les gendarmes appellent des renforts. Quelques minutes plus tard, un peloton arrive en vitesse, créant un mouvement de crispation chez les passants et automobilistes qui assistent sidérés à la scène. L’atmosphère devient électrique et le pire semble alors possible.

Dans cette montée d’adrénaline, deux policiers sont maîtrisés et embarqués de force par les gendarmes. La scène est filmée par un témoin, les images circulent aussitôt sur les réseaux sociaux et attisent l’émoi. Informé de l’incident, le chef du commissariat de Yeumbeul-Comico se rend immédiatement à la Brigade territoriale, accompagné de plusieurs agents, déterminé à comprendre ce qui est arrivé à ses hommes et à s’assurer de leur intégrité.

À l’intérieur même de la Brigade, les deux camps se retrouvent face à face. Les esprits sont encore chauds, les échanges restent vifs et les accusations se croisent. Il faudra toute la diplomatie et l’autorité des chefs présents pour calmer les troupes et éviter un nouvel incident. Après plusieurs minutes de concertation tendue, les deux policiers interpellés finissent par être libérés.

Pour L’Observateur, cet épisode dépasse largement le cadre d’un simple accrochage entre forces de l’ordre. Il met en lumière un malaise plus profond, entretenu par des zones de compétence parfois mal définies entre police et gendarmerie. Selon le journal, ce chevauchement flou des responsabilités est à l’origine de nombreuses frictions, souvent invisibles au grand public mais bien connues des professionnels du terrain. L’affaire rappelle d’ailleurs une confrontation similaire survenue il y a quelques années entre policiers de Zac Mbao et gendarmes de la Zone Franche Industrielle, preuve que ces tensions récurrentes ne sont pas nouvelles.

Dakar : Vives tensions au campus de l’UCAD après une nouvelle protestation des étudiants

Dès les premières heures de la matinée, vers 5 heures ce lundi, le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a été secoué par une forte tension opposant les étudiants aux forces de sécurité. La situation, qui s’est rapidement dégradée, trouve son origine dans un mouvement de contestation lié au retard du versement des bourses. Un sujet sensible qui, selon plusieurs témoins, avait déjà suscité un climat de frustration au sein de la communauté estudiantine ces derniers jours.

Les premiers témoignages recueillis sur place indiquent que des groupes d’étudiants se sont rassemblés dans différents points stratégiques du campus pour réclamer le paiement immédiat des allocations. Certains ont érigé des barricades improvisées, tandis que d’autres ont organisé des sit-in afin de bloquer les principaux accès. Ce dispositif spontané visait à accentuer la pression sur les autorités universitaires et gouvernementales.

Alertées, les forces de l’ordre ont été rapidement déployées aux abords et à l’intérieur du campus dans le but de contenir la mobilisation. Leur présence a entraîné plusieurs face-à-face parfois tendus avec les manifestants. Des jets de projectiles auraient été signalés par moments, suivis de ripostes sous forme de dispersions, sans que des affrontements de grande ampleur ne soient confirmés à cette heure.

Au fur et à mesure que la matinée avançait, la situation demeurait volatile, oscillant entre accalmie relative et brusques accès de tension. Les étudiants, déterminés à maintenir la pression, dénoncent un retard devenu récurrent et exigent une réponse immédiate des autorités concernées. De leur côté, les forces de sécurité tentent de rétablir la circulation dans certaines artères du campus où l’activité a été fortement perturbée.

Pour l’heure, aucun bilan officiel n’a été communiqué concernant d’éventuels blessés ou interpellations. Les autorités universitaires et gouvernementales n’ont pas encore réagi publiquement, mais plusieurs sources internes indiquent que des discussions pourraient être engagées dans la journée afin d’éviter une nouvelle escalade.

Kaolack célèbre la santé et la solidarité lors des 72 heures de l’AADA

La 4ᵉ édition des « 72 heures de l’Association Ande Défar Abattoirs (AADA) » s’est tenue ce week-end dans le quartier des Abattoirs, marquant un franc succès alliant santé, sport et spiritualité. Placée sous le signe de l’hygiène, de la solidarité et de la cohésion sociale, cette initiative a une nouvelle fois démontré l’impact positif d’actions communautaires bien structurées.

Dès le vendredi matin, l’opération de salubrité « Set-Setal », menée en partenariat avec la SONAGED, a mobilisé les habitants pour le nettoyage du quartier. En soirée, un match de gala a opposé le « grand Lakalé » au « petit Lakalé », avec une victoire 5 à 2, suivie d’une remise de trophées qui a réjoui les participants.

Le samedi a été consacré à la santé. Une journée médicale gratuite a permis de consulter 82 patients, dont un cas a nécessité une évacuation vers l’hôpital régional. Soixante-six tests de dépistage de l’hépatite B ont été effectués, révélant trois cas positifs immédiatement orientés vers une prise en charge adéquate. Point d’orgue de cette journée : 123 enfants ont été circoncis gratuitement, venant de Kaolack ainsi que de localités voisines telles que Kounghel et Maleem Hodar. L’ONG Santé Action Social a assuré le suivi post-opératoire.

Le dimanche, une conférence religieuse animée par Oustaz Amath Top sur le thème « Le rôle de la femme dans la société actuelle » est venue clôturer l’événement, attirant une foule nombreuse et attentive.

Ce bilan positif a été rendu possible grâce à l’engagement de plusieurs partenaires institutionnels et privés, dont la Croix-Rouge sénégalaise, MEDICFA SARL, ainsi que de nombreux bénévoles et donateurs.

En associant actions de santé, mobilisation citoyenne et temps forts spirituels, l’AADA confirme son rôle essentiel dans le développement local. Ces 72 heures sont bien plus qu’un simple événement : elles constituent une preuve vivante qu’ensemble, il est possible de bâtir un cadre de vie plus sain, plus solidaire et plus harmonieux.

Thiès : macabre découverte d’un corps sans vie dans un champ aux Parcelles Assainies

Un drame a secoué la ville de Thiès dans la matinée de ce lundi, après la découverte du corps sans vie d’un individu dans un champ situé derrière les habitations du quartier des Parcelles Assainies. Selon les premières informations recueillies par Seneweb, la dépouille, dont l’identité reste pour l’heure inconnue, a été retrouvée très tôt par des habitants qui se rendaient à leurs activités quotidiennes.

Alertés, les services de secours et de sécurité se sont immédiatement rendus sur les lieux. Les sapeurs-pompiers, accompagnés des éléments de la police, ont sécurisé le périmètre afin de permettre aux enquêteurs de procéder aux constats d’usage. Les premières observations sont en cours pour tenter de déterminer les circonstances exactes du décès, qui reste pour le moment entouré de mystère.

Après les premières vérifications et le recueil d’indices sur la scène, le corps sera évacué vers la morgue de l’hôpital régional de Thiès. Une autopsie devra être réalisée afin d’éclairer les autorités sur les causes de la mort et d’éventuellement faciliter l’identification de la victime.

Trafic d’ivoire présumé à Dakar : un antiquaire arrêté après une opération de surveillance autour du Monument de la Renaissance

La Sûreté urbaine (SU) de Dakar a interpellé un individu se présentant comme antiquaire, identifié sous le nom de A. Kounta, dans le cadre d’une affaire de trafic d’ivoire présumé. L’opération a été déclenchée à la suite d’une alerte émise par l’ONG Eagles, spécialisée dans la lutte contre le trafic d’espèces protégées, qui avait signalé une activité suspecte dans les environs du Monument de la Renaissance africaine.

À la réception de cette information, les policiers ont rapidement mis en place un dispositif de veille discret autour du site. Cette surveillance rapprochée a permis d’observer des mouvements jugés suffisamment suspects pour intervenir. C’est ainsi que le mis en cause a été appréhendé sur place par les éléments de la SU.

L’enquête s’est ensuite poursuivie par une perquisition dans la boutique de l’antiquaire, située à Ouakam. Selon le journal Libération, qui a révélé l’affaire dans son édition de ce lundi, cette opération a conduit à une importante saisie. Les enquêteurs y ont découvert pas moins de 103 pièces d’ivoire finement sculptées, représentant diverses figurines, ainsi que deux défenses d’éléphants entières. Ce matériel, dont la détention et la commercialisation constituent de graves infractions à la législation sur la protection des espèces animales, renforce les soupçons pesant sur l’antiquaire.

Lors de son audition, A. Kounta aurait indiqué aux enquêteurs le nom de son supposé fournisseur. Une descente a été menée au domicile de ce dernier, mais il n’a pas été retrouvé sur place, compliquant pour le moment la poursuite des investigations. Les autorités cherchent désormais à localiser ce présumé complice afin de déterminer l’ampleur du réseau et les ramifications potentielles du trafic.

À la suite de son arrestation, l’antiquaire a été remis aux services des Eaux et Forêts, conformément aux procédures en vigueur concernant les crimes liés à la faune protégée. Ces services sont désormais chargés de la poursuite de l’enquête, notamment de l’expertise des pièces saisies et de la qualification définitive des infractions.

Kaolack : Pour soulager les femmes rurales, Diouck Mbaye intensifie son plaidoyer

Entre les travaux domestiques, la gestion de la famille, la corvée d’eau, les activités agricoles et, de plus en plus, les initiatives économiques, les femmes rurales portent une multiplicité de charges qui restent encore largement invisibles.

Selon la présidente des femmes rurales du Sénégal, Madame Adja Diouck Mbaye, ces femmes assurent plus de 70 % des travaux agricoles non rémunérés, en plus de leurs responsabilités ménagères. Elles sont également de plus en plus impliquées dans des activités génératrices de revenus (AGR) telles que la transformation de produits locaux, l’aviculture, le maraîchage et les petits commerces. Malgré ces efforts, beaucoup restent financièrement dépendantes, faute d’accès aux ressources essentielles.

Parmi les obstacles les plus fréquents :

Accès limité au crédit et aux financements. Manque de formation technique ou entrepreneuriale. Difficulté d’accès à la terre et aux équipements modernes. Charge domestique élevée, réduisant le temps disponible pour développer une activité. Insuffisance de structures d’accompagnement dans les zones reculées.

Face à ces réalités, la présidente nationale des femmes rurales du Sénégal multiplie ses appels à l’État. Elle plaide pour un renforcement de l’appui institutionnel aux initiatives économiques portées par les femmes : financement adapté, subventions, accès structuré à la terre, mécanisation agricole, formation en gestion et en transformation, développement de micro-industries rurales.

« Les femmes rurales sont prêtes, elles travaillent, elles innovent. Mais elles ont besoin d’un accompagnement réel pour transformer leurs efforts en autonomie économique durable », a-t-elle déclaré au micro de notre correspondant dans la zone centre.

Dans plusieurs régions, des projets commencent à émerger : unités de transformation de céréales, périmètres maraîchers irrigués, coopératives d’élevage et mutuelles d’épargne féminines. Mais les moyens restent souvent insuffisants pour permettre une véritable montée en puissance.

Pour beaucoup de femmes, devenir autonomes ne signifie pas seulement gagner de l’argent : c’est accéder à la dignité, participer aux décisions au sein de leur foyer et de leur communauté, et obtenir une place reconnue dans l’économie nationale.

« Bassirou Diomaye Faye clôture la Semaine des Forces armées par une randonnée en soutien aux JOJ Dakar 2026 »

Ce dimanche matin, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Président de la République et Chef suprême des Armées, a pris part à la randonnée pédestre qui clôture la Semaine des Forces armées. Cette édition 2025 a été placée sous le thème : « Les Forces armées, partenaires des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 », mettant en lumière le rôle stratégique des militaires dans l’organisation et la sécurisation du premier événement olympique continental accueilli par l’Afrique.

Accompagné du ministre des Forces armées, du Chef d’État-major général des Armées ainsi que de plusieurs hauts responsables militaires, le Chef de l’État a partagé avec les soldats un moment de cohésion et de discipline. Cette participation symbolique illustre l’importance accordée par la présidence à la proximité avec les forces de défense et de sécurité, tout en valorisant l’engagement des militaires dans des missions civiques et sportives d’envergure nationale.

Durant la randonnée, le président Faye a échangé avec les participants, saluant leur dévouement et leur professionnalisme dans l’accompagnement des préparatifs des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026. L’événement, qui se veut un moment de rassemblement et de valorisation de l’esprit de corps, a également permis de renforcer les liens entre les différentes composantes des Forces armées et de rappeler le rôle central de l’institution militaire dans la sécurité et le rayonnement international du Sénégal.

Mauritanie : 224 migrants interceptés au large de Nouadhibou alors qu’ils tentaient de rejoindre les Canaries

Les garde-côtes mauritaniens ont intercepté, dans la nuit de lundi à mardi, une embarcation partie de la Gambie avec plus de 220 migrants en route vers les îles Canaries. Selon les informations rapportées par un correspondant de Sahara 24, le bateau est tombé en panne en mer non loin du port de Nouadhibou, avant d’être secouru par les autorités locales.

Au total, 224 personnes ont été sauvées. Parmi elles, une vingtaine étaient dans un état de grande faiblesse après avoir épuisé la majorité de leurs vivres durant la traversée. Ces migrants affaiblis ont été immédiatement transférés vers un centre de soins, sous la supervision du Croissant-Rouge mauritanien, afin de recevoir une prise en charge médicale.

D’après les éléments recueillis, l’embarcation avait quitté les côtes gambiennes avec à son bord 75 Sénégalais, 135 Gambiens et 17 Guinéens de Conakry. Tous tentaient de rejoindre clandestinement l’archipel espagnol dans l’espoir d’y trouver de meilleures conditions de vie.

Ces derniers mois, Nouadhibou est devenue un point névralgique des tentatives de migration irrégulière vers les Canaries. Les autorités mauritaniennes font régulièrement état d’interceptions de groupes de migrants, souvent suivies de procédures d’expulsion vers leurs pays d’origine. Cette hausse des traversées s’inscrit dans un contexte régional marqué par la pression migratoire, la précarité économique et l’attractivité persistante de la route atlantique malgré sa dangerosité.

Sénégal – Cohésion militaire : Le ministre des Forces armées et le président Diomaye Faye lancent la première Randonnée Pédestre des Armées

Le ministre des Forces armées, le Général Birame Diop, a présidé ce dimanche, aux côtés du chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, la première édition de la Randonnée Pédestre des Forces Armées. L’événement, qui devient désormais un rendez-vous annuel prévu le premier dimanche suivant la Journée des Forces armées, marque une nouvelle étape dans les efforts de renforcement de la cohésion, de la solidarité et de l’esprit de corps au sein de l’institution militaire.

Dans son allocution, le Général Diop a salué la présence du président de la République, qu’il a qualifiée d’« honneur » pour l’ensemble du personnel militaire. Exprimant sa gratitude, il a déclaré : « Permettez-moi, au nom de l’ensemble du personnel des Forces armées, de vous remercier très sincèrement pour l’honneur que vous nous faites en participant à cette première édition de la Randonnée des Forces armées. »

Revenant sur la portée de cette initiative, le ministre a souligné son importance symbolique et stratégique. Selon lui, organiser une marche de cohésion dans un même uniforme vise à rappeler à chaque militaire son appartenance à une seule et même institution. Il s’agit également de raviver le sens de la fraternité, de la camaraderie d’armes et de l’obligation permanente de coordonner les efforts pour remplir efficacement la mission fondamentale des Forces armées : sécuriser le territoire national et protéger les populations ainsi que leurs biens.

Le Général Diop a par ailleurs insisté sur la solidarité et l’unité qui caractérisent les Forces armées sénégalaises. Il a réaffirmé leur intention de poursuivre et d’intensifier leur collaboration avec les autres Forces de défense et de sécurité, afin de maintenir un environnement national stable, sécurisé et propice au développement. Dans ce cadre, il a rappelé l’engagement de l’Armée à contribuer, au-delà des missions de défense, au progrès socio-économique du pays, notamment à travers l’application renforcée du concept « Armée-Nation », qui vise à consolider les liens entre l’institution militaire et la population.

Cette première randonnée, qui a réuni autorités civiles et militaires, apparaît ainsi comme un symbole fort d’unité, de proximité et de mobilisation collective pour un Sénégal résolument tourné vers la paix, la stabilité et le développement.

Dakar : Le préfet fixe les horaires de la marche pacifique d’Amnesty International

Le préfet de Dakar, Cheikh Mouhamadou Makhtar Blondin Ndiaye, a officiellement arrêté les horaires et l’itinéraire de la marche pacifique annoncée par Amnesty International, en collaboration avec plusieurs organisations sénégalaises de défense des droits humains. Cette mobilisation citoyenne, prévue ce dimanche 16 novembre 2025, s’inscrit dans une dynamique de plaidoyer visant à défendre les libertés publiques et à sensibiliser l’opinion autour des enjeux actuels liés aux droits humains au Sénégal.

D’après l’arrêté préfectoral, la manifestation se déroulera entre 13 heures et 15 heures. Un créneau de deux heures qui, selon les autorités, tient compte à la fois des impératifs de sécurité, de la fluidité de la circulation dans la capitale et du respect du caractère pacifique déclaré par les organisateurs. Les forces de l’ordre seront déployées pour encadrer le cortège et veiller au bon déroulement de la marche, conformément aux dispositions en vigueur encadrant les réunions sur la voie publique.

Le point de départ a été fixé à l’Église des Martyrs de l’Ouganda, située sur l’un des axes les plus fréquentés de Dakar. Les manifestants emprunteront ensuite les Allées Khalifa Ababacar Sy, un itinéraire symbolique souvent associé aux marches citoyennes et aux rassemblements pacifiques. Le cortège se dirigera enfin vers le Rond-point Jet d’Eau, lieu retenu pour la dislocation de la manifestation. Les autorités invitent les participants à respecter scrupuleusement cet itinéraire afin d’éviter tout incident et garantir une circulation maîtrisée dans les zones avoisinantes.

Du côté d’Amnesty International et de ses partenaires, la marche se veut un appel fort en faveur du respect des droits fondamentaux, de la justice sociale et de la protection des libertés individuelles. Les organisations impliquées souhaitent, à travers cette initiative, rappeler l’importance du dialogue entre l’État et les acteurs de la société civile, dans un contexte national marqué par des débats réguliers sur les libertés publiques et les pratiques sécuritaires.

À la veille de l’événement, plusieurs responsables associatifs ont réaffirmé la détermination des manifestants à mener une marche exemplaire, sans heurts, et ouverte à tous les citoyens désireux de s’exprimer dans un cadre légal et pacifique. De leur côté, les autorités préfectorales insistent sur la nécessité de respecter les consignes de sécurité et de veiller au bon ordre tout au long du parcours.

COP 30 à Belém : Le Sénégal et la Norvège scellent un accord historique pour la mise en œuvre de l’article 6.2 de l’Accord de Paris

Le Sénégal a franchi une nouvelle étape majeure dans sa stratégie de transition écologique. En marge de la COP 30 à Belém, le Gouvernement du Sénégal et le Royaume de Norvège ont signé, ce samedi 15 novembre 2025, un Accord de coopération bilatérale visant à mettre en œuvre l’article 6.2 de l’Accord de Paris. La cérémonie officielle s’est tenue en présence du ministre sénégalais de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, et du ministre norvégien du Climat et de l’Environnement, Andreas Bjelland Eriksen, selon un communiqué du ministère.

Ce partenariat stratégique vient confirmer la volonté des deux pays de renforcer leur collaboration dans la lutte contre le changement climatique, dans un esprit d’intégrité environnementale, de transparence et de développement durable. L’accord ouvre la voie à la mise en place de mécanismes bilatéraux permettant l’échange de réductions d’émissions dans le cadre du marché carbone international. Il constituera également un levier important pour l’expansion des énergies renouvelables au Sénégal, le financement de projets d’adaptation et l’amélioration des initiatives nationales en matière de transition bas carbone.

Pour Dakar, cet engagement s’inscrit dans la dynamique impulsée par le Président de la République Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, qui ont fait de la transition énergétique une priorité nationale. Le pays, confronté aux défis conjoints du changement climatique, de la dégradation des terres et de la vulnérabilité côtière, mise sur des politiques fortes de sobriété carbone, d’efficacité énergétique, de reforestation et de gestion durable des écosystèmes. L’accord signé avec la Norvège vient ainsi renforcer le cadre opérationnel nécessaire à l’atteinte de ces objectifs, tout en stimulant l’innovation et l’investissement dans les secteurs verts.

Le ministre El Hadji Abdourahmane Diouf a salué l’engagement du Gouvernement norvégien, ainsi que l’appui du Ministère sénégalais des Affaires étrangères et du Global Green Growth Institute (GGGI), qui a accompagné le processus technique. Il a réaffirmé la détermination du Sénégal à assurer une exécution exemplaire de cet accord, qui ouvre la porte à de nouvelles opportunités de coopération climatique et à des projets structurants pour les communautés locales.

El Hadji Ndiaye sonne l’alarme : un ultimatum de 100 jours au gouvernement pour relancer le Sénégal

Le porte-parole du mouvement Sénégal Demain et PDG de la chaîne 2STV, El Hadji Ndiaye, a diffusé ce week-end une tribune au ton ferme intitulée « Constater, Proposer, Avertir ». Dans ce texte largement commenté, il dresse un tableau sombre de la situation nationale et fixe au gouvernement un délai de 100 jours pour enclencher une série d’actions qu’il juge indispensables au redressement du pays. Passé ce délai, prévient-il, son mouvement mènera ce qu’il appelle une « action politique démocratique ».

Selon lui, le Sénégal traverse depuis deux ans une période d’immobilisme préoccupant. Il décrit des infrastructures paralysées, des projets d’investissement laissés en suspens, des administrations fonctionnant au ralenti et des entreprises plongées dans l’attente de décisions claires. Pour El Hadji Ndiaye, cette inertie serait le résultat d’une « gestion émotionnelle du pouvoir », faite de rancœurs politiques et de décisions perçues comme des règlements de comptes. Il estime que l’action gouvernementale manque d’orientation stratégique et souffre d’une absence de plan de conduite précis.

Dans sa réflexion, le patron de 2STV élargit l’analyse au contexte sous-régional. Il évoque la situation du Mali, du Burkina Faso et du Niger, pays marqués ces dernières années par une instabilité politique durable. Selon lui, l’enlisement du Sénégal pourrait l’exposer à des vulnérabilités similaires, dans un environnement sahélien déjà fragilisé. Il en appelle ainsi à une vigilance accrue face aux risques sécuritaires liés à la dégradation du voisinage, s’appuyant sur une citation de Léopold Sédar Senghor pour rappeler combien la division et l’improvisation peuvent coûter cher à une nation.

Au-delà du diagnostic, El Hadji Ndiaye avance cinq pistes qu’il juge prioritaires. Il réclame d’abord la mise en place d’un Plan d’Urgence Économique National afin de débloquer les projets gelés et de redonner de l’élan aux investissements. Il propose ensuite un programme ambitieux consacré à l’emploi des jeunes, visant la formation et le placement de 100 000 personnes en deux ans, en modernisant les centres de formation et en mobilisant la diaspora. Il appelle par ailleurs à une stabilisation de la gouvernance, ce qui implique selon lui l’arrêt des « purges » administratives et des décisions guidées par des ressentiments. Sa réflexion inclut aussi un renforcement de la sécurité aux frontières, mesure qu’il juge indispensable dans un Sahel sous tension. Enfin, il prône l’ouverture d’un dialogue national réunissant l’État, les acteurs économiques, la société civile et la diaspora, à l’image des concertations menées sous la présidence d’Abdou Diouf.

Cependant, c’est l’ultimatum lancé au gouvernement qui a le plus retenu l’attention. El Hadji Ndiaye accorde 100 jours aux autorités pour relancer l’économie, accélérer les projets, répondre efficacement au défi de l’emploi des jeunes, apaiser la gouvernance administrative et initier un véritable processus de dialogue national. Si ce délai venait à expirer sans progrès, il annonce que son mouvement engagera des actions politiques qu’il décrit comme « démocratiques » et « légales ». Il précise toutefois que son initiative ne vise pas à remplacer les dirigeants en place mais à prévenir ce qu’il considère comme une dérive dans la gestion du pays.

En conclusion de sa tribune, El Hadji Ndiaye invite les Sénégalais à « prendre leurs responsabilités » et juge urgent d’ouvrir une nouvelle phase de redressement national. Il cite à nouveau Senghor et assure que le mouvement Sénégal Demain continuera de s’exprimer dans le débat public pour défendre ce qu’il considère comme les intérêts du pays.

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