Affaire Amadou Sall : Une nouvelle tempête politico-judiciaire secoue le Sénégal

Le nom d’Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall, se retrouve au cœur d’une affaire judiciaire de grande ampleur. Selon le quotidien L’Observateur, le fils de l’ex-chef d’État aurait été convoqué par la justice sénégalaise dans le cadre d’un dossier de transfert de fonds douteux d’un montant estimé à 10 milliards de francs CFA. Si les contours de l’affaire restent flous, elle alimente déjà les débats dans les médias et sur la scène politique nationale.

Ce vendredi, dans l’émission Jakaarlo Bi sur la TFM, le chroniqueur Badara Gadiaga est revenu sur cette affaire qui, selon lui, dépasse le simple cadre judiciaire : « Quand on veut la paix, on appelle Amadou Sall, quand on veut le combat, on attaque Amadou Sall », a-t-il déclaré, faisant allusion à une période de tensions politiques durant laquelle l’actuel président du Sénégal, alors opposant, aurait contacté Amadou Sall pour apaiser la situation. Un épisode resté mystérieux, mais régulièrement cité comme preuve de l’influence politique du fils de Macky Sall.

Pour Badara Gadiaga, cette affaire serait aussi un levier pour viser directement l’ancien président Macky Sall. Il rappelle que l’actuel chef de l’État a publiquement accusé son prédécesseur de « manigances », tout en soulignant que Macky Sall, pourtant cité dans le rapport de la Cour des comptes et accusé de haute trahison, n’a toujours pas été inquiété par la justice. « Il ne reste donc qu’à déclencher une procédure judiciaire contre son fils », conclut-il dans une analyse aux accents politiques.

Sur le plan strictement judiciaire, le chroniqueur fait référence au dossier Tahirou Sarr, dans lequel les soupçons de transfert illicite n’ont pour l’instant pas permis d’établir de lien direct avec le Trésor public. « Dans ce dossier, il faut parler d’émetteur et de récepteur. Il faut se demander pourquoi, comment et qui est à l’origine de ces transactions », interroge-t-il.

Si pour l’instant aucune charge formelle n’a été rendue publique contre Amadou Sall, l’affaire n’en demeure pas moins explosive. Elle soulève de nombreuses interrogations sur la gestion des fonds publics, l’impunité présumée des anciens dignitaires, mais aussi sur la manière dont la justice sénégalaise pourrait être instrumentalisée dans un contexte post-alternance.

Trafic de drogue démantelé à Grand-Yoff : deux individus arrêtés, du chanvre indien et du matériel saisis

Dans la matinée du vendredi 9 mai 2025, entre 4 h et 6 h, une opération conjointe menée par le commissariat d’arrondissement de Grand-Yoff et l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCTRIS) a abouti à l’arrestation de deux individus pour association de malfaiteurs, détention et trafic de drogue.

L’intervention fait suite à un renseignement opérationnel faisant état d’un trafic actif dans le secteur de Senzela, au cœur du quartier Arafat. Agissant sur la base de ces informations, les forces de l’ordre ont organisé une descente ciblée sur les lieux.

La fouille minutieuse d’un immeuble de type R+3 a permis la découverte de 13 paquets de chanvre indien, soigneusement dissimulés sous les escaliers. Chaque paquet pesait environ 125 grammes. En plus de cette saisie, deux motos de marque Beverly ont été confisquées, ainsi qu’une somme de 40 000 FCFA en numéraire, soupçonnée de provenir des activités illicites.

Les deux suspects appréhendés sont actuellement placés en garde à vue dans le cadre de l’enquête en cours. Celle-ci vise à identifier d’éventuels complices et à démanteler tout le réseau criminel opérant dans cette zone.

HLM-Biscuiterie : Un livreur tente de corrompre un policier, insulte les agents, filme la scène et finit au parquet

Un incident pour le moins insolite s’est produit récemment dans le quartier de HLM-Biscuiterie, à Dakar, impliquant un jeune livreur nommé Aliou Diop, âgé de 28 ans. Ce dernier s’est retrouvé au cœur d’une série de faits qui l’ont conduit tout droit devant le parquet de Dakar ce vendredi 9 mai.

Tout commence lorsque Aliou Diop est interpellé par une patrouille de police pour défaut de port de casque et absence de pièces justificatives pour la conduite de sa moto. Les agents procèdent à l’immobilisation du véhicule. C’est à ce moment que la situation prend une tournure inattendue.

Selon les informations rapportées par Libération et reprises par Dakaractu, le jeune livreur aurait tenté de corrompre l’un des policiers avec un billet de 2 000 F CFA. Une tentative que l’agent refuse fermement. Frustré, Aliou Diop s’éloigne, sort son téléphone, commence à filmer les policiers… tout en les couvrant d’insultes.

Un agent remarque la scène, s’approche et parvient à lui confisquer son téléphone. Mais profitant d’un moment d’inattention, le livreur prend la fuite.

Contre toute attente, Aliou Diop décide ensuite de se présenter de lui-même au poste de police, dans l’espoir de régulariser sa situation en payant l’amende forfaitaire et récupérer sa moto. Seulement, les agents lui demandent de déverrouiller son téléphone. À l’intérieur, ils découvrent une vidéo de 53 secondes intitulée “Domou…, kulouna yii”, dans laquelle Aliou Diop insulte violemment les policiers tout en agitant le fameux billet de 2 000 F CFA.

Le mot “kuluna”, emprunté au lingala (langue parlée en RDC), désigne des bandes de jeunes délinquants armés, souvent violents. Utilisé dans le contexte sénégalais pour désigner les forces de l’ordre, il est perçu comme extrêmement offensant.

Face à l’évidence, Aliou Diop reconnaît les faits, tentant d’atténuer la gravité en parlant d’une “blague de mauvais goût” et d’une “erreur”. Il a toutefois été déféré au parquet pour plusieurs chefs d’accusation : collecte et diffusion de données à caractère personnel, injures publiques, tentative de corruption et outrage à agent dans l’exercice de ses fonctions.

Saint-Louis : démantèlement d’un réseau de voleurs de bétail à Diamaguène, quatre personnes arrêtées

Une opération menée par les éléments du commissariat central de Saint-Louis a permis de mettre un terme aux agissements d’un réseau bien organisé de voleurs de bétail opérant dans le quartier Diamaguène, une zone réputée pour son activité commerciale et son flux constant de bouchers et d’éleveurs.

L’intervention s’est déroulée dans la nuit du vendredi 9 mai 2025, sous la coordination du commissaire Lamarana Diallo. Selon les sources policières, l’un des membres du réseau a été repéré alors qu’il circulait à bord d’une fourgonnette suspecte. Une filature discrète a été entamée, aboutissant à l’interception du véhicule dans un garage de fortune du quartier.

À l’intérieur du véhicule, les agents ont découvert un impressionnant butin composé de 9 bœufs, 18 chèvres, 9 moutons et plusieurs agneaux, tous volés. Ces animaux étaient vraisemblablement destinés à être écoulés rapidement sur le marché local, notamment auprès de bouchers de la zone qui pourraient ne pas se douter de leur provenance frauduleuse.

Au total, quatre personnes ont été interpellées dans le cadre de cette opération. Parmi elles, figure une personne âgée, soupçonnée d’avoir servi d’intermédiaire entre les voleurs et certains revendeurs. Deux autres membres du gang sont activement recherchés par les forces de l’ordre. D’après l’activiste Gas El Salvador, établi à Saint-Louis, le groupe était surveillé depuis plusieurs semaines après des signalements répétés de disparitions de bétail dans les zones rurales environnantes.

Le quartier de Diamaguène, bien qu’animé, est aussi confronté à des défis sécuritaires liés aux flux de marchandises et à la porosité des circuits d’approvisionnement. Cette affaire vient relancer le débat sur la traçabilité du bétail dans les zones urbaines, ainsi que sur la complicité de certains commerçants dans la chaîne de recel.

Une enquête judiciaire est en cours pour déterminer l’étendue du réseau, identifier ses ramifications dans d’autres localités, et surtout retrouver les propriétaires légitimes des animaux saisis. Les autorités appellent les victimes à se manifester auprès du commissariat central de Saint-Louis pour toute identification.

Clôture du projet « Ensemble pour la réforme du Travail » : Abass Fall insiste sur la modernisation du Code du travail

Le ministre du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions, Abass Fall, a présidé ce vendredi la cérémonie officielle de clôture du projet « Ensemble pour la réforme du Travail », une initiative menée en partenariat avec la Coopération allemande (GIZ). À cette occasion, le ministre a insisté sur la nécessité pressante de réformer le Code du travail sénégalais, qu’il juge aujourd’hui obsolète face aux profondes mutations économiques et sociales que traverse le pays.

Dans son allocution, Abass Fall a salué les résultats obtenus grâce à ce partenariat, en mettant en avant deux chantiers majeurs : la révision du Code du travail, en vigueur depuis 1997, et celle du Code de la sécurité sociale. Il a estimé que l’environnement du travail a profondément changé, intégrant désormais de nouvelles formes d’emploi comme le télétravail, ainsi que des problématiques émergentes liées à la digitalisation et à l’économie informelle. « Le monde du travail évolue à une vitesse fulgurante. Notre législation doit suivre cette dynamique pour garantir des droits adaptés et protecteurs à tous les travailleurs », a-t-il déclaré.

Parmi les autres avancées saluées par le ministre figurent l’amélioration des conditions de travail au sein de l’administration du travail, la digitalisation des services, l’équipement renforcé des inspections du travail, ainsi que la mise à disposition de logiciels performants dans les cours et tribunaux pour faciliter le calcul des indemnités dues aux travailleurs.

Abass Fall a également mis l’accent sur un autre projet d’envergure : la mise en place d’un régime simplifié de sécurité sociale destiné aux petits contribuables, notamment ceux du secteur informel. Il a souligné que des millions de Sénégalais restent encore exclus de toute couverture sociale. « Nous devons travailler à formaliser l’informel, non pas pour contraindre, mais pour garantir à chacun l’accès à la protection sociale, qui est un droit fondamental », a-t-il affirmé.

Prenant la parole au nom de la Coopération allemande, Nina Rebéca, secrétaire à l’ambassade d’Allemagne à Dakar, a réaffirmé l’engagement de son pays à soutenir le Sénégal dans ses réformes structurelles. Elle a indiqué que le projet, qui s’achèvera à la fin du mois, visait à renforcer le cadre juridique et institutionnel pour faciliter la création d’emplois décents et durables. « Notre coopération continuera d’accompagner le Sénégal sur plusieurs fronts, notamment la bonne gouvernance, la transformation numérique, le droit foncier, la justice, la formation professionnelle et le développement du secteur privé », a-t-elle promis.

Mme Rebéca a aussi mis en avant les innovations introduites grâce au projet, notamment l’application Tech-Liggeey, qui permet une gestion administrative plus efficace des inspections du travail. Elle a souligné que plusieurs sessions de formation ont été organisées à l’échelle nationale afin de garantir un service public de qualité, même dans les zones les plus reculées.

Clôture du projet « Ensemble pour la réforme du Travail » : le ministre Abass Fall plaide pour une modernisation du Code du travail

Keur Massar : Deux étrangers arrêtés avec 50 000 billets noirs de 100 dollars, soit 5 millions de dollars en faux billets

Un vaste réseau de faux monnayeurs vient d’être démantelé à Keur Massar, dans la banlieue de Dakar. L’intervention des forces de l’ordre a permis de mettre la main sur une importante quantité de billets noirs d’une valeur estimée à cinq millions de dollars.

Le 5 mai 2025, suite à un renseignement opérationnel, la Sûreté Urbaine du Commissariat Central de Dakar a procédé à l’arrestation de deux ressortissants étrangers. Les suspects, fraîchement installés dans un appartement à Keur Massar, étaient en possession de 50 000 coupures de billets noirs de 100 dollars. L’objectif de leur présence : rencontrer un “spécialiste” chargé de les blanchir à l’aide de procédés chimiques, couramment utilisés dans les arnaques dites au « billet noir ».

L’opération policière, soigneusement planifiée, a conduit à l’interpellation des deux individus, désormais poursuivis pour :

association de malfaiteurs, détention, exportation et tentative de mise en circulation de faux signes monétaires, atteinte à la sécurité économique du pays.

Interrogés sur la provenance des faux billets, les mis en cause ont déclaré les avoir reçus de deux complices basés dans un pays de la sous-région, dont l’identité n’a pas été révélée.

Falémé : deux sites d’orpaillage démantelés, un important matériel saisi

Les forces armées sénégalaises ont intensifié leur lutte contre l’orpaillage clandestin. Ce jeudi, dans le cadre de l’opération ORIENTALE1, les militaires de la Zone militaire N°4 ont démantelé deux sites illégaux d’exploitation aurifère à Bougouda et Bantanko, situés dans la région stratégique de la Falémé, à l’est du pays.

Cette opération ciblée a permis la saisie d’un important lot de matériel utilisé dans l’orpaillage artisanal. Les troupes ont notamment mis la main sur une dizaine de motopompes, plusieurs groupes électrogènes, ainsi qu’un ensemble d’outils et d’équipements servant à l’extraction illicite de l’or. Les sites ont été neutralisés sur place, conformément aux consignes de sécurisation du territoire.

En menant ce type d’intervention, les forces armées s’attaquent à un fléau qui mine à la fois l’économie nationale et l’environnement. L’orpaillage clandestin, souvent pratiqué en dehors de tout cadre légal, engendre d’importantes pertes de revenus pour l’État, tout en dégradant les écosystèmes locaux et en favorisant l’émergence de zones de non-droit, parfois exploitées par des réseaux criminels transfrontaliers.

La Zone militaire N°4 a réaffirmé sa volonté de poursuivre ces opérations de sécurisation sur l’ensemble de sa zone d’action. À travers ce coup de force à Bougouda et Bantanko, l’armée sénégalaise envoie un signal clair : les ressources naturelles du pays doivent être protégées dans l’intérêt collectif et dans le respect de la loi.

UGB : Les étudiants décrètent 48 heures de JST renouvelable

La tension monte à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. La Coordination des Étudiants de Saint-Louis (CESL) a annoncé ce vendredi une grève de 48 heures sous la forme d’une Journée Sans Ticket (JST), une mesure qui pourrait être prolongée si leurs revendications ne sont pas prises en compte dans les plus brefs délais.

Dans un communiqué publié à la suite d’une assemblée générale, les représentants des étudiants justifient cette décision par une série de dysfonctionnements persistants au sein du campus social. Ils dénoncent notamment le non-démarrage des travaux de la plateforme du village 0 et du chapiteau du Restaurant universitaire n°2, malgré les engagements pris par les autorités universitaires. La situation est jugée d’autant plus critique que ces infrastructures sont considérées comme essentielles pour désengorger les installations actuelles et améliorer les conditions de vie sur le campus.

Autre point de discorde : le retard accusé dans la livraison de l’Usine hydraulique de Khor, censée assurer l’approvisionnement en eau potable de l’université. Ce retard impacte directement la vie quotidienne des étudiants, confrontés à des pénuries d’eau récurrentes. La CESL évoque également la non-effectivité du Wifi, un service pourtant fondamental pour les études et la recherche, surtout dans un contexte de numérisation croissante de l’enseignement supérieur.

L’insécurité grandissante sur le campus constitue un autre sujet de préoccupation majeure. Selon les étudiants, les agressions et incidents se sont multipliés ces dernières semaines, dans une quasi-indifférence des autorités compétentes. À cela s’ajoutent des lenteurs notées dans les travaux d’assainissement, qui nuisent à l’hygiène et à la salubrité de l’environnement universitaire.

Face à cette accumulation de manquements, la CESL affirme qu’elle ne compte pas baisser la garde. Les 48 heures de grève pourraient être reconduites si aucune avancée concrète n’est constatée. Les étudiants appellent les autorités à agir rapidement pour désamorcer la crise et rétablir un climat propice aux études.

Opération ORIENTALE 1 : Les forces armées démantèlent deux sites d’orpaillage clandestin à Bougouda et Bantanko

Dans le cadre de l’Opération ORIENTALE 1, les éléments de la Zone militaire N°4 ont conduit, ce jeudi, une opération de sécurisation d’envergure dans le secteur de la Falémé. Cette intervention a abouti au démantèlement de deux sites d’orpaillage clandestin localisés à Bougouda et Bantanko, selon une information rendue publique par la Direction de l’Information et des Relations Publiques des Armées (DIRPA) à travers un post sur le réseau social X.

Cette opération a permis la saisie d’un important lot de matériel utilisé illégalement pour l’exploitation aurifère. Parmi les équipements confisqués figurent une dizaine de motopompes, des groupes électrogènes ainsi que divers instruments servant à l’extraction artisanale de l’or.

En s’attaquant à ces sites d’orpaillage illégal, les forces armées réaffirment leur engagement dans la lutte contre l’exploitation non réglementée des ressources naturelles, une activité souvent à l’origine de multiples formes d’insécurité et de graves atteintes à l’environnement.

La Falémé, zone frontalière riche en ressources aurifères, fait régulièrement l’objet d’activités minières clandestines, attirant des exploitants en quête de profits rapides, souvent au mépris des lois et de la préservation écologique. L’intervention des militaires s’inscrit ainsi dans une dynamique de sécurisation du territoire et de sauvegarde des intérêts économiques et environnementaux du pays.

Effondrement d’un immeuble à Ngor : l’analyse technique de l’ingénieur Tamsir Mbengue et les responsabilités en jeu

Le drame survenu le jeudi 8 mai à Ngor, où un immeuble de cinq étages s’est effondré causant la mort de deux personnes, relance le débat sur les normes de construction et les mécanismes de contrôle dans le secteur du BTP au Sénégal. Dakaractu a recueilli l’analyse de l’ingénieur Tamsir Mbengue, directeur du bureau d’études Technosol, qui revient sur les causes possibles de la tragédie et pointe les responsabilités.

Selon Tamsir Mbengue, l’effondrement de l’immeuble serait lié à des travaux de fouilles menés sur un terrain mitoyen, sans les précautions techniques nécessaires. « Ce qui s’est passé, c’est qu’un immeuble déjà existant a été fragilisé par des travaux d’excavation sur un terrain voisin. Avait-on réalisé une étude de sol ? Je ne saurais le dire. Mais il existe des techniques obligatoires pour sécuriser les bâtiments voisins lors de tels travaux », explique-t-il.

Il rappelle que le Code de la construction exige une étude de sol géotechnique dès lors qu’un projet dépasse le niveau R+3. Cette étude est censée guider la mise en œuvre de mesures de stabilisation comme le blindage des parois pour éviter l’affaissement du terrain. « Lorsque vous faites une excavation, le sol perd de sa résistance, surtout si un bâtiment pèse à proximité. La situation s’aggrave en présence d’eau, car elle affaiblit encore davantage le terrain. C’est probablement ce qui s’est produit ici », précise l’ingénieur.

Au-delà de la fragilisation du terrain, Tamsir Mbengue évoque également de possibles déficiences internes de l’immeuble : « Les premiers éléments visuels laissent penser que l’immeuble présentait des faiblesses structurelles, liées soit à un mauvais ferraillage, soit à son ancienneté. »

Concernant les responsabilités, l’ingénieur reste sans équivoque : « La première responsabilité revient à l’entrepreneur qui a ouvert les fouilles sans dispositifs de sécurité. Mais elle est aussi partagée : la municipalité devait vérifier la validité de l’autorisation, et la direction de la construction et de l’urbanisme aurait dû s’assurer que les règles de l’art étaient respectées. »

Le Code de la construction impose la présence obligatoire d’un bureau de contrôle technique pour toute excavation de plus de 5 mètres. Cette exigence semble avoir été ignorée dans le cas de Ngor.

Tamsir Mbengue souligne les efforts récents de l’État pour renforcer le contrôle dans le secteur du bâtiment, notamment à travers le Laboratoire National de Référence BTP (anciennement CEREEQ). Ce dernier est chargé de délivrer des agréments aux laboratoires d’étude. Sur les 17 laboratoires identifiés, seuls 10 sont aujourd’hui habilités à effectuer les calculs de fondations.

« Ces agréments sont conditionnés par des critères stricts : personnel qualifié, matériel adéquat, expérience, procédures de qualité. D’ailleurs, nous avons reçu la veille de l’effondrement une visite inopinée du LNR-BTP pour vérifier nos pratiques internes », affirme M. Mbengue.

Le cas de Ngor illustre une nouvelle fois les conséquences dramatiques du non-respect des normes de construction. Entre défaillances techniques, négligences administratives et manque de contrôle rigoureux, l’effondrement de l’immeuble sonne comme un rappel tragique de l’urgence à mieux encadrer le secteur.

CAMPAGNE ARACHIDIÈRE 2024-2025 : Une baisse historique de près de 25 % de la production met en difficulté la filière

La campagne arachidière 2024-2025 s’est soldée par un repli notable de la production, évaluée à près de 25 %. Réduction des superficies emblavées, rendements en nette diminution, aléas pluviométriques défavorables : tous les indicateurs traduisent une conjoncture préoccupante. Dans un marché atone, les acteurs de la filière s’inquiètent d’un manque à gagner aux lourdes conséquences.

La campagne arachidière 2024-2025 s’achève sur un constat alarmant : un net recul de la production, des rendements en chute libre et une surface cultivée en baisse. Selon les chiffres officiels publiés par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le Sénégal a enregistré une baisse de 24,8 % de sa production arachidière cette saison, une contre-performance inquiétante pour cette culture de rente essentielle à l’économie rurale.
Les données sont sans appel. La superficie emblavée est passée de 832 103 hectares en 2023 à 780 072 hectares en 2024, soit une diminution de 6,3 %. Quant au rendement moyen, il est passé de 1 217 kg/ha à 1 020 kg/ha (-19,8 %). En termes de volumes, la production a chuté, allant de 1 057 836 tonnes à seulement 795 585 tonnes.
Dès février, bien avant la publication de ces chiffres, le secrétaire général du Cadre de concertation des producteurs d’arachide (CCPA), Sidy Bâ, avait tiré la sonnette d’alarme, évoquant une « baisse drastique » des revenus pour les producteurs. Il estimait alors la production entre 700 000 et 800 000 tonnes, un pronostic aujourd’hui confirmé par les données de l’ANSD.
Plusieurs causes sont avancées pour expliquer cette mauvaise performance. Si certains paysans pointent du doigt la mauvaise qualité des semences et des engrais, Sidy Bâ nuance cette critique, rejetant notamment l’hypothèse d’un défaut d’engrais. Pour lui, la principale cause reste l’irrégularité des précipitations. « L’arrêt pluviométrique enregistré entre le 25 août et le 25 septembre, période cruciale pour la croissance de l’arachide, a fortement impacté les cultures », explique-t-il.
Autre phénomène aggravant : des pluies diluviennes mal réparties. À Gandiaye, par exemple, il est tombé 200 mm d’eau en août, puis plus de 300 mm en septembre. Des précipitations excessives et concentrées, loin d’être bénéfiques, ont fragilisé les plantes et accentué les pertes. « De fortes pluies peuvent parfois causer plus de dommages que de gains », soutient le responsable du CCPA.

MARCHÉ MOROSE

La morosité ne s’arrête pas aux champs. La campagne de commercialisation est elle aussi marquée par un manque de dynamisme. « Cette année, on note une présence réduite des acheteurs. Seule la SONACOS est active sur le marché, alors que les années précédentes, d’autres huiliers venaient renforcer la demande », regrette Sidy Bâ. Résultat : des stocks stagnants, une pression sur les prix et des producteurs découragés.
La filière arachidière, autrefois pilier de l’économie sénégalaise, traverse une zone de turbulence. Sans réforme structurelle, appui technique renforcé et mécanismes de stabilisation des revenus, elle risque de s’enliser durablement. En attendant, les paysans, eux, comptent leurs pertes, dans un silence rural trop souvent ignoré.

La Dakaroise

Le Cri de Cœur des Jeunes de la Renaissance Citoyenne de Ngathie Naoudé : Ils dénoncent une répartition inéquitable des lampadaires solaires dans le département de Guinguinéo

À Ngathie Naoudé, localité nichée au cœur du Sénégal, les nuits restent longues et incertaines. Privés d’un éclairage public adéquat, les habitants – et en particulier les jeunes regroupés au sein du Mouvement de la Renaissance Citoyenne – tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme. Leur cri de cœur dépasse désormais les frontières du village, pour interpeller l’opinion nationale sur l’importance de l’éclairage public pour la sécurité et le développement local.

« Dans le cadre du programme de répartition des lampadaires solaires, notre commune a été marginalisée, alors que d’autres communes du département ont bénéficié d’une part disproportionnée », a dénoncé Alpha Diallo, coordonnateur du Mouvement des Jeunes de la Renaissance Citoyenne.

Lors de la première phase du programme, Ngathie Naoudé avait pourtant reçu un lot de 200 lampadaires solaires. Cependant, face au déficit important en électricité, ces équipements ont été prioritairement répartis dans les 66 villages de la commune, principalement dans les zones non électrifiées, afin de répondre aux besoins urgents en matière d’éclairage public.

Dans la deuxième phase, la commune a bénéficié d’une dotation supplémentaire de 100 lampadaires solaires, tout comme la commune voisine de Mbadakhoun. Cette décision, selon M. Diallo, se justifie par la position stratégique de Ngathie Naoudé sur la Route Nationale n°1, qui dessert la zone CEDEAO, et par la volonté de l’État de remédier aux accidents fréquents qui endeuillent régulièrement la population.

« Ces lampadaires visent à prévenir les drames humains auxquels notre commune paie un lourd tribut : des vies fauchées, des familles endeuillées, des rêves brisés, des pertes économiques significatives… Sans compter les jeunes et les femmes exposés quotidiennement à des risques énormes », a-t-il souligné lors de sa déclaration à la presse ce jeudi.

D’après les données collectées, un total de 2080 lampadaires solaires a été attribué au département de Guinguinéo, répartis comme suit :

Guinguinéo : 400 Khelcom Biram : 200 Ndiago : 250 Fass : 185 Gagnick : 100 Dara Mboss : 200 Nguélou : 175 Ourour : 150 Panal Ouolof : 200 Mboss : 170 Ngathie Naoudé : 50 seulement, soit à peine 2 % du total départemental

« Cette répartition, manifestement inéquitable, suscite aujourd’hui notre profonde indignation et notre colère légitime. Nous dénonçons avec vigueur ce traitement injuste infligé à nos communes de Ngathie Naoudé et Mbadakhoun », a déclaré M. Diallo.

Face à ce qu’ils qualifient de favoritisme et de calculs politiciens, les jeunes du Mouvement pour la Renaissance Citoyenne appellent à une répartition équitable, fondée sur des critères objectifs, transparents et justes, loin de toute discrimination.

« À Guinguinéo, nous vivons dans la peur. Les femmes et les enfants ne peuvent plus circuler librement après la tombée de la nuit. Il est temps d’agir », concluent-ils.

Dans cette optique, un mémorandum a été remis au préfet du département de Guinguinéo, marquant le début d’une mobilisation citoyenne déterminée. « Désormais, nous refusons de nous taire », assurent les jeunes de Ngathie Naoudé.

Tabaski 2025 à Ziguinchor : un besoin estimé à 25 000 moutons pour satisfaire la demande

À moins d’un mois de la célébration de la Tabaski, les autorités administratives de Ziguinchor multiplient les efforts pour garantir un approvisionnement suffisant en moutons. Lors d’un comité régional de développement (CRD) récemment tenu, le besoin pour la région a été évalué à 25 000 têtes. Cette estimation a été annoncée par l’adjoint au gouverneur chargé du développement, Alsény Bangoura, qui s’est basé sur les résultats de l’édition 2024, jugée globalement satisfaisante.

Selon lui, la précédente campagne a connu une nette amélioration, tant en matière d’organisation que d’accompagnement des éleveurs. Comparée à celle de 2023, la Tabaski 2024 avait permis de recevoir un plus grand nombre de moutons, ce qui a contribué à satisfaire une grande partie de la demande locale. Forts de cette expérience, les responsables régionaux ont décidé de reconduire le dispositif mis en place l’an dernier, tout en y apportant quelques ajustements pour en améliorer l’efficacité.

Le directeur régional de l’Élevage, Mouhamed Moustapha Sarr, a tenu à rassurer les acteurs du secteur en affirmant que les mesures d’accompagnement prévues pour 2024 sont maintenues pour cette année. Il a également précisé qu’un plan d’action a été élaboré afin d’assurer le suivi de toutes les étapes nécessaires à la réussite de l’opération Tabaski 2025.

Les autorités comptent particulièrement veiller au bon acheminement du cheptel vers les trois sites officiels de vente identifiés dans la région : Ziguinchor, Bignona et Oussouye. Le comité s’engage aussi à encadrer le volet sanitaire, à assurer la sécurité des lieux de vente et à surveiller les prix, dans un contexte marqué par une cherté persistante des moutons, source d’inquiétude pour de nombreuses familles sénégalaises.

FIPA 2025 à la Place du Souvenir : Des échanges de produits, de savoir-faire et de compétences au cœur des innovations

La Place du Souvenir africain de Dakar accueillera, du 22 mai au 1er juin 2025, la sixième édition de la Foire Internationale des Produits Africains (FIPA). Un rendez-vous continental majeur qui met à l’honneur la diversité culturelle, économique et artisanale de l’Afrique. À l’occasion, le président du comité scientifique de la FIPA 2025 s’est exprimé sur les nombreuses innovations prévues pour cette édition.

« Un événement comme la FIPA, à l’instar des grands rendez-vous internationaux, a besoin de se renouveler pour perdurer. C’est l’innovation qui assure sa pérennité », a-t-il souligné.

Selon lui, la FIPA a toujours mis un point d’honneur à innover, d’abord au niveau de l’organisation : « Le site, tel qu’il est, doit chaque année présenter un nouveau visage. Cela concerne la structuration des pavillons, leur organisation, ainsi qu’un plan de circulation plus fluide et aéré ».

Autre innovation majeure : l’élargissement de la participation. La FIPA 2025 ne se limite plus aux pays traditionnellement invités. Elle s’ouvre désormais à toute l’Afrique, y compris subsaharienne, maghrébine, et même à des pays d’autres continents, conviés en tant qu’observateurs.

« Cette ouverture reflète l’esprit d’intégration et de fraternité africaine que nous souhaitons renforcer », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le numérique jouera un rôle central dans l’organisation de cette édition. De la préparation à la diffusion en temps réel des activités, tout sera soutenu par les technologies digitales. « Les perspectives sont intéressantes et méritent d’être soulignées. L’axe numérique est un levier de modernisation indispensable », a-t-il précisé.

La dimension économique reste au cœur de la FIPA, avec un accent particulier mis cette année sur le renforcement des circuits d’échanges commerciaux, qu’il s’agisse de produits ou de savoir-faire.

« Il est précieux de recevoir des délégations venues du Burundi, du Rwanda, d’Afrique centrale, et que leurs compétences puissent bénéficier à d’autres », a-t-il affirmé.

Le transfert de compétences et l’appropriation des technologies par les acteurs locaux seront également au programme. À cela s’ajoute la valorisation des liens de fraternité avec les pays partenaires historiques comme le Mali, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Maroc, le Burundi ou encore la Mauritanie.

« Cette année, deux pays seront à l’honneur : la Gambie et l’Égypte », a-t-il rappelé.

Parmi les initiatives phares reconduites cette année figure le pavillon du livre, lancé lors de la précédente édition. Une initiative saluée, tant le livre est un produit culturel africain majeur.

« L’Afrique a produit de nombreux auteurs, penseurs et érudits. Le livre est au cœur de notre identité et de notre souveraineté. Cette année, nous allons étendre ce pavillon pour le rapprocher du public, en particulier des élèves, et les inciter à lire et à produire », a précisé le Pr Senghor.

Le thème retenu pour ce pavillon est évocateur : « Lire pour la souveraineté et l’excellence ». Et de citer Cheikh Anta Diop : « Armez-vous de science jusqu’aux dents ».

Enfin, le thème général de la FIPA 2025 est tout aussi fort :

« L’intégration économique, un levier essentiel de développement et de souveraineté économique ».

« La foire reste d’abord un espace économique, où des entrepreneuses et entrepreneurs viennent valoriser leurs savoir-faire et les porter à un niveau de qualité leur permettant de rivaliser avec les produits du monde entier », a-t-il conclu.

Pour sa part, la Commissaire générale de la FIPA a justifié la délocalisation du site de la foire vers la Place du Souvenir africain, en raison de l’augmentation significative du nombre de participants.

« En partenariat avec le ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, nous avons choisi ce lieu plus spacieux et plus accueillant pour mieux recevoir les délégations des 35 pays attendus cette année », a-t-elle déclaré.

A Saleh

Lancement du PAVIE 2 : Ousmane Sonko annonce une nouvelle ère pour l’entrepreneuriat sénégalais

Le Premier ministre Ousmane Sonko a procédé ce jeudi au lancement officiel de la phase 2 du Projet d’Appui et de Valorisation des Initiatives Entrepreneuriales des Femmes et des Jeunes (PAVIE 2), au cours d’une cérémonie tenue à Dakar. Cette nouvelle phase, dotée d’un financement de 107 milliards de FCFA, marque selon lui un tournant décisif dans la transformation économique du Sénégal.

Dans son discours, Ousmane Sonko a réaffirmé la volonté du gouvernement d’accompagner les jeunes, les femmes et tous les porteurs de projets dans une logique de souveraineté économique, industrielle et technologique. Il a salué les résultats du PAVIE 1, qui ont permis à des milliers de femmes et de jeunes d’atteindre une réelle autonomie économique et sociale. Le Premier ministre a tenu à remercier la Banque Africaine de Développement (BAD), principal bailleur, pour sa contribution décisive à cette initiative.

Le PAVIE 2 s’inscrit pleinement dans l’Agenda National de Transformation Sénégal 2050. Il repose sur trois axes stratégiques : la souveraineté alimentaire par le renforcement du soutien à l’agriculture et à la transformation locale ; la souveraineté industrielle par la valorisation des matières premières locales ; et enfin la souveraineté technologique, en mettant l’accent sur l’innovation et le développement des start-up. Le programme cible prioritairement les jeunes et les femmes, une population représentant plus de 75 % des Sénégalais âgés de moins de 35 ans, selon le chef du gouvernement.

L’une des innovations majeures du dispositif reste la territorialisation. Ousmane Sonko a rappelé que le PAVIE 1 avait permis l’installation d’antennes dans chacun des 46 départements du pays, une approche jugée efficace pour adapter les réponses aux réalités de chaque territoire. Le Premier ministre a salué le travail mené à ce titre par la déléguée générale du programme, Aïda Mbodj, et insisté sur la nécessité d’un accompagnement différencié : « Les défis des entrepreneurs de Podor ne sont pas ceux de Kédougou ou de Gossas », a-t-il déclaré.

S’adressant aux bénéficiaires, Ousmane Sonko a souligné que les financements octroyés ne sont pas des dons, mais bien des prêts à rembourser, qui doivent servir à alimenter un cercle vertueux au service d’un écosystème entrepreneurial durable. Il a insisté sur le fait que chaque remboursement permet de financer de nouvelles initiatives.

Le Premier ministre s’est également réjoui des résultats d’une récente enquête d’Afrobarometer, selon laquelle 74 % des jeunes de 18 à 35 ans préfèrent se lancer dans l’entrepreneuriat plutôt que de chercher un emploi dans la fonction publique. Fort de ce constat, le gouvernement entend renforcer l’accompagnement technique, le mentorat personnalisé et la structuration des chaînes de valeur pour consolider les bases d’un entrepreneuriat performant et inclusif.

La première phase du PAVIE, financée à hauteur de 74,4 milliards de FCFA par la BAD, l’AFD et l’État sénégalais, a permis le financement de 24 628 initiatives entrepreneuriales pour un montant global de 66 milliards de FCFA. Elle a également permis la création de plus de 93 000 emplois directs et indirects, la formation de 20 327 bénéficiaires, ainsi que l’immatriculation de 6 353 unités économiques à travers le pays.

« Ensemble, faisons du PAVIE 2 un levier stratégique de développement, un moteur de prospérité partagée et un symbole de réussite nationale », a conclu le chef du gouvernement dans une salle acquise à la cause de l’entrepreneuriat.

Effondrement partiel d’un immeuble à Ngor : deux personnes toujours portées disparues

Un drame s’est produit ce matin dans le quartier de Ngor, où un immeuble de cinq étages s’est partiellement effondré aux environs de 10 heures. Le sinistre a plongé les habitants dans la stupeur et l’angoisse, alors que les secours s’activent encore sur le site à la recherche de survivants.

Selon Mamadou Diallo, délégué de quartier, deux personnes seraient toujours coincées sous les décombres. Une première victime a toutefois pu être extraite vivante par les secours et évacuée vers un établissement de santé de la capitale. Son état de santé n’a pas encore été communiqué.

L’origine du drame fait déjà l’objet de nombreuses interrogations. M. Diallo pointe du doigt un forage effectué récemment sur un terrain voisin, qu’il soupçonne d’avoir fragilisé la structure de l’immeuble sinistré. « J’ai remarqué une inclinaison anormale du bâtiment environ une demi-heure avant qu’il ne s’effondre. J’ai aussitôt alerté le chef de chantier », a-t-il déclaré, visiblement ému.

Les sapeurs-pompiers, appuyés par les forces de la gendarmerie et des équipes médicales, poursuivent les opérations de sauvetage avec l’aide d’engins de levage et de chiens renifleurs. Un périmètre de sécurité a été dressé pour éviter tout risque supplémentaire, notamment en cas d’effondrement total de l’immeuble.

Effondrement d’un immeuble à Ngor : une personne secourue, deux autres toujours coincées sous les décombres

Un drame s’est produit ce jeudi matin à Ngor, quartier situé dans l’ouest de la capitale, où un immeuble de cinq étages s’est effondré brutalement, en face du stade municipal. Les causes exactes de l’effondrement ne sont pas encore connues, mais l’urgence est à la recherche de survivants.

Les sapeurs-pompiers, rapidement mobilisés sur les lieux, ont réussi à extraire une personne vivante des décombres. L’individu, grièvement blessé, a été évacué vers une structure sanitaire. Toutefois, deux autres personnes sont toujours portées disparues, vraisemblablement coincées sous les gravats.

Les opérations de secours se poursuivent sous haute tension, dans une atmosphère lourde. Pelleteuses, chiens renifleurs et équipes de secours s’activent sans relâche, pendant que les familles et riverains, sous le choc, observent dans l’angoisse.

Cet effondrement soulève à nouveau la question de la sécurité des constructions à Dakar, notamment dans les quartiers en forte pression foncière comme Ngor.

Le LeDakarois suit la situation de près et vous tiendra informés de toute évolution.

Usurpation de fonction à Mermoz : un faux gendarme arrêté en flagrant délit

Un individu se faisant passer pour un gendarme, connu sous le pseudonyme de « Chef Aidara », a été arrêté en flagrant délit par les éléments du commissariat de Dieupeul alors qu’il contrôlait illégalement des automobilistes à Mermoz.

L’homme, dont le vrai nom est M. Thiaw, utilisait une fausse identité et portait des tenues de gendarme pour gagner la confiance des usagers de la route. Prétextant une collecte de fonds pour sa mère prétendument malade, il exigeait un soutien financier aux automobilistes.

Selon les premières informations, le faux agent n’en est pas à son coup d’essai. Il avait déjà été interpellé en 2023 pour des faits similaires et condamné. Malgré cette condamnation, il a récidivé en adoptant les mêmes méthodes frauduleuses.

Placé en garde à vue, il devra répondre une nouvelle fois devant la justice pour usurpation de fonction et escroquerie. L’affaire, révélée par le quotidien Libération, relance le débat sur la prolifération de faux agents dans la capitale et appelle à une vigilance accrue de la population.

LeDakarois suivra de près l’évolution de ce dossier.

Enquête sur des transactions suspectes : Les trois enfants de Macky Sall au cœur de l’affaire

L’étau judiciaire se resserre autour de la famille de l’ancien président sénégalais, Macky Sall. Après des révélations initialement centrées sur son fils aîné, Amadou Sall, c’est désormais l’ensemble de sa fratrie qui est mentionné dans l’enquête menée par la Division des investigations criminelles (DIC). Mohamed Ibrahima et Khatum Derwiche Sall, frère et sœur d’Amadou, sont à leur tour cités dans le cadre d’une affaire aux ramifications financières complexes.

Selon Wal Fadjri Quotidien, qui publie l’information dans son édition de ce jeudi 8 mai, les trois enfants de l’ancien chef de l’État sont copropriétaires de SF-Farms SAS, une société sénégalaise d’élevage fondée en 2020. Cette entreprise figure désormais parmi les entités soupçonnées d’activités financières douteuses, selon le rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), à l’origine de l’enquête.

SF-Farms SAS n’est pas seule à attirer l’attention des enquêteurs. Plusieurs autres sociétés sont dans le collimateur : SCI Newport, SCP ASA Vinvest (une société ivoirienne enregistrée à la même adresse que Woodrose-Investment), et Sénégal Transport Service SARL. Ces structures présenteraient, selon les sources proches du dossier, des « liens financiers étroits et suspects » avec Farba Ngom, ancien député et proche de Macky Sall, aujourd’hui sous mandat de dépôt depuis février pour des accusations de blanchiment de capitaux et d’enrichissement illicite.

Amadou Sall, convoqué ce mercredi 7 mai par le Pool judiciaire financier (PJF), ne s’est pas présenté à l’audition. Il est désormais visé par un réquisitoire du parquet demandant son inculpation et son placement sous mandat de dépôt. À ce stade, Mohamed Ibrahima et Khatum Derwiche Sall n’ont fait l’objet d’aucune convocation ni mesure judiciaire, bien que leur implication soit de plus en plus évidente dans le maillage des sociétés suspectes.

Depuis la fin de son mandat présidentiel en avril 2024, Macky Sall s’est installé au Maroc, à Rabat, en compagnie de son épouse Marième Faye Sall et de leurs enfants. Une retraite à l’étranger qui, pour certains observateurs, soulève des questions à l’heure où les soupçons judiciaires s’amplifient autour de son entourage immédiat.

Cette affaire, encore en phase d’instruction, pourrait marquer un tournant important dans la lutte contre la corruption au Sénégal. Elle place également la justice sénégalaise devant un test de transparence et d’indépendance à l’égard des anciens dignitaires du régime précédent.

Affaire à suivre…

Décès du Commandant Pape Mignane Ndong : Une Nation rend hommage à un homme de devoir

Ce jeudi matin, la nation sénégalaise a rendu un dernier hommage empreint de solennité et de profonde émotion au Commandant Pape Mignane Ndong, aide de camp du Premier ministre Ousmane Sonko, décédé mardi dernier. La cérémonie de levée du corps s’est tenue en présence d’une foule nombreuse, mêlant haute hiérarchie militaire, membres du gouvernement, proches du défunt et anonymes venus saluer la mémoire d’un homme qui incarnait les valeurs de loyauté et de service.

C’est dans une atmosphère de recueillement que le Premier ministre, Ousmane Sonko, a pris part à la cérémonie, représentant le Chef de l’État, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Président de la République et Chef suprême des Armées. À cette occasion, le Commandant Ndong a été élevé, à titre posthume, au rang de Chevalier dans l’Ordre national du Lion, l’une des plus hautes distinctions honorifiques du pays. Cette décoration vient récompenser une carrière exemplaire, marquée par la discipline, le courage et un engagement sans faille au service de la patrie.

L’Armée nationale, fidèle à ses traditions, a rendu les honneurs militaires au défunt à travers une cérémonie sobre et digne, à l’image de l’homme qu’il fut. Officier respecté, Pape Mignane Ndong laisse le souvenir d’un professionnel rigoureux, mais aussi d’un homme profondément humain, apprécié de tous ceux qui ont eu le privilège de le côtoyer.

La disparition du Commandant Ndong constitue une perte immense, non seulement pour ses proches et collaborateurs, mais aussi pour la nation tout entière. En ces moments de douleur, le Sénégal pleure l’un de ses fils les plus valeureux, tombé en servant avec honneur et fidélité.

Que son âme repose en paix, et que son exemple continue d’inspirer les générations futures.

Dakar : Un faux gendarme interpellé en plein flagrant délit à Mermoz

Il se faisait appeler « Chef Aïdara », mais derrière ce pseudonyme se cachait un imposteur. Dans les rues paisibles de Mermoz, un quartier résidentiel de Dakar, le stratagème de M. Thiaw, un étudiant à la double casquette de faux agent des forces de l’ordre, a finalement pris fin. Selon les informations rapportées par le journal Libération, l’individu a été arrêté hier par la police de Dieupeul alors qu’il s’adonnait une fois de plus à son activité frauduleuse : extorquer de l’argent en se faisant passer pour un gendarme.

Vêtu tantôt d’un uniforme de policier, tantôt d’un accoutrement de gendarme, selon la situation, le faux « Chef Aïdara » menait de prétendus contrôles routiers auprès des automobilistes. Mais ces barrages improvisés n’avaient rien de réglementaire. Très vite, son discours prenait une tournure émotionnelle : il sollicitait de l’argent au nom d’une aide humanitaire, prétextant que sa mère souffrait d’une grave maladie.

Ce n’était pas la première fois que M. Thiaw était épinglé pour ce genre de pratiques. Toujours d’après Libération, il avait déjà été condamné en 2023 pour des faits similaires. Une peine qui ne l’a manifestement pas dissuadé de replonger dans ses combines, utilisant à nouveau un uniforme pour tromper et manipuler.

Coup de tonnerre à Microsen : un pillage interne de 208 millions CFA secoue la finance sénégalaise

C’est un scandale d’une ampleur rare qui secoue le secteur de la finance sénégalaise. La société Microsen, considérée comme un fleuron national du financement à capital entièrement sénégalais, a été victime d’un vaste détournement de fonds orchestré de l’intérieur. Selon les révélations du journal Libération, pas moins de 112 transactions frauduleuses ont été recensées, causant un préjudice estimé à 208 millions de francs CFA.

L’affaire, qui s’étale sur la période de janvier 2022 à mars 2025, met en cause un réseau structuré de collaborateurs internes à Microsen. Parmi les principaux accusés figurent Ousmane Racine Mangane, ex-responsable de l’agence Point-E, Léon Mamadou Diouf, ex-responsable des opérations, Ndella Mbaye, ancienne caissière, Serigne Cheikh Koki Diop, ex-responsable Risque et Recouvrement, Amadou Diop Sène, ancien chargé de clientèle aujourd’hui basé au Canada, ainsi que des clients complices, dont un certain Y. Diagne.

Selon l’enquête menée par la Section de recherches de la gendarmerie (Sr), chaque membre du réseau jouait un rôle clé dans un système parfaitement huilé : création de comptes fictifs, virements internes frauduleux, retraits en agence via des bordereaux non signés, puis fermeture rapide des comptes une fois les fonds détournés.

Certains comptes étaient totalement fictifs, d’autres étaient dits de « connivence » : de vrais comptes de clients, utilisés avec leur accord pour héberger temporairement les fonds volés. Le cas de Y. Diagne est révélateur : contacté par Léon Mamadou Diouf, il aurait été informé que son compte avait été choisi pour recevoir une prétendue « subvention » de Microsen. Il lui aurait ensuite été demandé de retirer les fonds et de les remettre en main propre.

Tout commence en avril 2024, lorsqu’une plainte est déposée contre Serigne Cheikh Koki Diop. Microsen lance alors une série d’audits internes, qui vont progressivement mettre au jour un système parallèle de détournements reposant sur la complicité entre membres du personnel et certains clients.

Les responsabilités étaient savamment réparties : pendant que les uns validaient les opérations, d’autres les maquillaient, et d’autres encore servaient d’intermédiaires pour faire sortir l’argent en espèces.

Ce mercredi, les principaux mis en cause ont été présentés au procureur. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, introduction et maintien frauduleux dans un système informatique, et vol aggravé.

L’affaire Microsen révèle la vulnérabilité des systèmes internes de contrôle dans certaines institutions financières, mais aussi la capacité de réseaux criminels à se greffer au cœur même des structures qu’ils sabotent. Un coup dur pour la réputation de Microsen, et un signal d’alarme pour l’ensemble du secteur financier sénégalais.

Effondrement partiel d’un immeuble à Ngor : vive émotion et circulation paralysée

Ngor, 8 mai 2025 — Une vive émotion règne ce jeudi dans le quartier de Ngor, à Dakar, après l’effondrement partiel d’un immeuble de cinq étages. Le sinistre s’est produit en début de journée, semant la panique dans cette zone habituellement très fréquentée.

Le bâtiment, bien connu des habitants pour abriter une clinique dentaire au rez-de-chaussée, a vu une partie de sa structure céder subitement, pour des raisons encore inconnues. Les images relayées en masse sur les réseaux sociaux montrent un pan entier du bâtiment effondré, jonché de débris, et des riverains accourus sur les lieux.

Pour l’heure, aucune information officielle n’a été communiquée sur d’éventuelles victimes. Les autorités locales, les sapeurs-pompiers et les équipes de la protection civile sont sur place et poursuivent leurs opérations de sécurisation et d’évaluation des dégâts.

L’incident a également causé une importante perturbation de la circulation. L’axe routier reliant Ngor à l’aéroport a été totalement bloqué, provoquant d’importants embouteillages et compliquant les déplacements dans tout le secteur.

Vers une baisse durable du prix de l’électricité : le gouvernement sénégalais à pied d’œuvre

Le gouvernement sénégalais multiplie les efforts en coulisse pour alléger durablement la facture d’électricité, un fardeau devenu de plus en plus pesant pour les ménages et les acteurs économiques. En déplacement à Somone, dans le département de Mbour, le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, a réaffirmé la volonté de l’État de parvenir à une solution structurelle pour réduire les tarifs de l’électricité de manière définitive.

Placées sous la tutelle du ministère de l’Énergie, la Société des Pétroles du Sénégal (PETROSEN) et la Société Africaine de Raffinage (SAR) participent activement à cette dynamique. L’objectif est de revoir en profondeur les mécanismes de fixation des prix de l’électricité, en concertation avec la Commission de régulation du secteur de l’énergie (CRSE), dans un contexte marqué par la flambée des coûts de production.

Au cours d’un atelier dédié à la transparence et à la gouvernance des ressources extractives, organisé par l’Association des journalistes pour la transparence dans les ressources extractives et la préservation de l’environnement, le ministre a reconnu la nécessité d’une réforme de fond. Il a notamment souligné les limites des mécanismes sociaux actuels, comme l’utilisation du Registre national unique (RNU), qui ne permettrait pas d’impacter efficacement le pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables.

En attendant l’aboutissement de ces réformes, le gouvernement a demandé à la Société nationale d’électricité (SENELEC) de réduire temporairement ses marges bénéficiaires afin d’atténuer les coûts supportés par les consommateurs. Mais le ministre reste prudent : « Il ne faut pas se précipiter. Devant des enjeux aussi techniques, les décisions doivent être justes et pérennes », a-t-il insisté.

Le principal obstacle à une baisse immédiate des prix réside dans le coût de production de l’électricité. En effet, la SENELEC dépend encore largement du fuel, une énergie fossile coûteuse qui plombe les équilibres tarifaires. Pour remédier à cette situation, les services du ministère ont entamé, depuis cinq mois, un travail de fond. Pas moins de 22 réunions techniques ont été organisées pour analyser en profondeur les données économiques, financières et réglementaires liées au secteur.

Ces discussions pourraient déboucher sur des propositions alternatives, actuellement à l’étude au plus haut niveau de l’État. En toile de fond, la nécessité d’une transition énergétique s’impose, avec une plus grande place accordée aux énergies renouvelables, afin de garantir une production locale plus stable, moins coûteuse et plus respectueuse de l’environnement.

Électricité / SENELEC : Le SUDETEN fusionne avec le syndicat égyptien pour une unité syndicale internationale

Le siège de la CSA a servi, ce mercredi 7 mai 2025, de cadre à une importante rencontre entre une délégation syndicale égyptienne en visite de travail et le syndicat SUDETEN de la SENELEC. Cette visite marque une étape significative dans le renforcement de la coopération syndicale internationale, notamment dans le secteur stratégique de l’énergie.

Cette rencontre a permis aux deux organisations syndicales d’échanger sur les défis communs dans le domaine de l’électricité, et de partager les meilleures pratiques en matière de défense des droits des travailleurs. Selon Alassane Ba, secrétaire général du SUDETEN, les discussions ont également porté sur des points cruciaux tels que les réformes institutionnelles, les enjeux liés à la gestion de l’électricité, ainsi que les évolutions du marché énergétique.

M. Ba a souligné que cette visite s’inscrit dans une dynamique de renforcement des liens entre syndicats africains, et de partage d’expériences pour améliorer les conditions de travail des employés du secteur de l’énergie. Il a rappelé que les visites syndicales internationales offrent souvent l’opportunité de renforcer la coopération, d’identifier les défis du monde du travail et de discuter de solutions durables.

De son côté, le secrétaire général du syndicat égyptien s’est dit honoré d’être en « pays de la Teranga », remerciant chaleureusement le peuple sénégalais pour son accueil, en particulier le SUDETEN, affilié à la centrale syndicale CSA. Il a insisté sur l’importance stratégique de cette rencontre pour les deux pays, affirmant que « les travaux à venir auront une portée à la fois nationale et internationale dans un domaine aussi crucial que celui de l’énergie ».

Pour conclure, M. Alassane Ba a indiqué que les échanges ne se limiteront pas aux seules structures syndicales, mais s’étendront également à la direction de la SENELEC. « Cet échange d’expertises sera un avantage non seulement pour les travailleurs, mais aussi pour nos deux peuples », a-t-il affirmé.

Waladeck/Ndiaffate : la salinisation des terres et le manque d’eau freinent le développement local

Les populations de la zone de Waladeck, située dans la commune de Ndiaffate (département de Kaolack), font face à de nombreuses difficultés qui freinent le développement de cette localité emblématique. Parmi les problèmes les plus préoccupants : la salinisation des terres et le manque d’eau.

« Avant, ici, on récoltait du riz deux fois par an. Aujourd’hui, même le mil a du mal à pousser », a déploré Samba Ba, coordonnateur du syndicat populaire And Suxali Waladeck. Des centaines de familles vivent de l’agriculture dans cette région. Mais la remontée incontrôlée des sels, aggravée par les effets du changement climatique, a rendu plusieurs hectares incultivables.

Le phénomène n’est pas nouveau, mais il s’est accentué ces dernières années. Les rendements agricoles ont considérablement baissé, poussant de nombreux jeunes à délaisser les champs pour chercher du travail ailleurs, notamment dans les villes ou à l’étranger. « C’est d’ailleurs ce qui favorise l’immigration irrégulière dans la zone », a-t-il ajouté.

Les infrastructures routières posent également un sérieux problème. « À chaque saison des pluies, les pistes en latérite deviennent impraticables. Pendant cette période, il nous est impossible d’aller vendre nos produits au marché. Parfois, même les ambulances refusent de venir, car les routes sont coupées », a rappelé M. Ba. Les enfants, quant à eux, parcourent plusieurs kilomètres à pied pour se rendre à l’école, souvent retardés ou bloqués par l’état déplorable des routes.

Les agriculteurs sont parmi les plus durement touchés. Faute de routes praticables, ils peinent à écouler leurs récoltes, qui pourrissent parfois sur place. Les commerçants, de leur côté, voient leurs coûts de transport exploser, ce qui se répercute directement sur les prix.

« La question des routes rurales est au cœur des enjeux de développement. Sans une politique ambitieuse et concertée de désenclavement, les efforts en matière d’éducation, de santé et d’agriculture risquent de rester vains », a martelé Samba Ba.

Face à la presse ce mercredi 7 mai 2025, le porte-parole des populations de Waladeck a également tiré la sonnette d’alarme sur un autre fléau : le manque d’eau. « L’eau est devenue notre principale préoccupation. Le déficit hydraulique affecte non seulement la consommation domestique, mais aussi l’agriculture et l’élevage, qui sont les piliers de notre économie locale », a-t-il souligné.

La colère gronde parmi les habitants, qui dénoncent l’inaction des autorités. « Cela fait dix ans qu’on nous promet un nouveau forage. Nous sommes fatigués des promesses non tenues », s’est insurgé Samba Ba.

Les habitants de Waladeck appellent à des actions concrètes, urgentes et durables, afin de relever les défis environnementaux, agricoles et sociaux qui menacent l’avenir de leur localité.

Lutte contre le faux monnayage : 7,851 milliards de francs CFA en billets noirs saisis à Dakar et Thiès par les Douanes sénégalaises

Les services douaniers sénégalais ont effectué une importante saisie de faux billets dans le cadre de leur stratégie renforcée de lutte contre le faux monnayage. Ces opérations, menées dans les régions de Dakar et de Thiès, ont permis de mettre la main sur l’équivalent de 7 milliards 851 millions de francs CFA en billets noirs, selon un communiqué officiel transmis à Ledakarois par la Division de la communication et des relations publiques des Douanes.

L’opération la plus significative s’est déroulée dans la nuit du 1er au 2 mai 2025, à Pikine. La Brigade mobile des Douanes, relevant de la Subdivision de Dakar-extérieur (Direction régionale Ouest), a intercepté 10 millions d’euros en billets noirs sous forme de coupures de 500 euros. Cette somme équivaut à 6 milliards 650 millions de francs CFA. Dans la même opération, les agents ont saisi 1,5 million de dollars en billets noirs, pour une valeur estimée à 868 millions de francs CFA. Au total, deux personnes ont été arrêtées sur les lieux. L’intervention a été rendue possible grâce à un dispositif de surveillance particulièrement bien coordonné et fondé sur des renseignements précis.

Une autre saisie notable a eu lieu quelques jours plus tôt, le 28 avril 2025, dans la région de Thiès. Le Groupement polyvalent de Recherche et de Répression de la Fraude (GPR), unité spécialisée des Douanes, a réussi à mettre la main sur 5 850 billets noirs en coupures variées de dollars et d’euros. La contrevaleur de cette nouvelle saisie est estimée à plus de 333 millions de francs CFA. Deux autres individus ont été interpellés dans le cadre de cette enquête, l’un à Thiès même, l’autre à Sirmang, une localité située dans la région de Fatick.

Les Douanes sénégalaises précisent que ces résultats traduisent l’efficacité d’une stratégie nationale fondée sur un maillage de renseignement, de surveillance et de contrôle, visant à freiner l’expansion du phénomène du faux monnayage, qui constitue une menace grave pour la stabilité économique du pays et la sécurité des transactions financières.

Cette série de saisies est la plus importante enregistrée à ce jour en matière de faux billets au Sénégal. Elle met également en lumière le professionnalisme des unités douanières, leur réactivité face aux réseaux de criminalité financière, et la nécessité d’une vigilance constante dans un contexte où les technologies de reproduction frauduleuse de billets deviennent de plus en plus sophistiquées.

Lutte contre le faux monnayage : 7 milliards 851 millions de francs CFA en billets noirs saisis par les Douanes sénégalaises
Lutte contre le faux monnayage : 7 milliards 851 millions de francs CFA en billets noirs saisis par les Douanes sénégalaises

Droits des pêcheurs : la missionnaire de l’ITF, Matilda Adjagba, dénonce et évoque 100 000 morts par an dans le secteur

La Fédération Internationale des Ouvriers du Transport (ITF) est actuellement en mission au Sénégal pour venir en aide aux travailleurs, en particulier ceux du secteur de la pêche. Mme Matilda Adjagba, envoyée depuis Londres par l’ITF, est chargée de rencontrer les navigants : pêcheurs, marins-pêcheurs, marins du commerce, ainsi que les acteurs de la pêche artisanale.

Sa mission porte principalement sur la Convention C188 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), relative au travail dans la pêche, ainsi que sur l’accord de Cape Town de 2012 de l’Organisation Maritime Internationale (OMI).

Lors de sa visite, Matilda Adjagba a vivement dénoncé les conditions de vie et de travail des pêcheurs au Sénégal, soulignant une insécurité alarmante qui, selon elle, cause environ 100 000 décès par an à travers le monde dans ce secteur.

Des conditions de travail préoccupantes

Yoro Kane, secrétaire général du Syndicat Autonome des Gens de Mer du Sénégal, affilié à l’ITF et point focal de l’organisation dans le pays, précise que la mission vise tous les travailleurs du secteur du transport : routier, ferroviaire, aérien et maritime. Il rappelle que la pêche constitue un maillon essentiel du transport maritime.

« L’ITF envoie régulièrement des missionnaires pour évaluer la situation dans chaque pays, diagnostiquer les problèmes et travailler avec les acteurs locaux pour y apporter des solutions. C’est dans ce cadre que Mme Matilda est présente au Sénégal, pour écouter directement les pêcheurs et rapporter leur vécu à l’échelle internationale », a-t-il expliqué.

Des témoignages choquants

Matilda Adjagba a confié avoir été choquée par les témoignages recueillis lors de sa mission :

« J’ai entendu des histoires de pêcheurs qui dorment à même le sol sur les bateaux, de navires sans machine à laver où l’on exige que les Africains lavent leurs vêtements à la main. Certains navires n’ont même pas d’eau potable. Si ce n’est pas de la discrimination, alors je ne sais pas ce que c’est. »

Elle souligne également que de nombreux employeurs ne versent pas les cotisations de sécurité sociale, malgré les obligations prévues dans la Convention C188, ratifiée par le Sénégal en 2018. « La convention garantit un environnement de travail sain, l’élimination de la discrimination et un accès à la sécurité sociale, entre autres. Mais ce n’est clairement pas le cas ici », déplore-t-elle.

L’urgence d’une meilleure sécurité en mer

La mission de Mme Adjagba vise aussi à promouvoir la ratification de l’Accord du Cap de 2012, qui vise à améliorer les normes de sécurité à bord des navires de pêche. « Au Sénégal, l’accord n’est pas encore ratifié, mais j’ai été encouragée par l’engagement de la direction de la sécurité maritime, notamment par les visites inopinées sur les navires », indique-t-elle.

Elle ajoute : « Ce que vivent les marins est inacceptable. Certains ne sont pas payés pendant des mois, ou voient leur prime de pêche supprimée à leur retour. Nous allons travailler avec les syndicats locaux et la NAM pour changer cela. »

L’ITF, une organisation mondiale au service des travailleurs du transport

M. Kane rappelle que l’ITF est une organisation mondiale basée à Londres, qui regroupe 156 pays et près de 20 millions de membres à travers le monde. Elle dispose de bureaux dans plusieurs régions, notamment en Côte d’Ivoire, à Hong Kong, au Japon, à Singapour et au Kenya.

L’objectif de l’ITF reste inchangé : défendre les droits des travailleurs du transport, en particulier ceux souvent négligés comme les pêcheurs, et promouvoir de meilleures conditions de travail à l’échelle mondiale.

Décès du Commandant Pape Mignane Ndong : l’aide de camp du Premier ministre Ousmane Sonko sera inhumé jeudi à Fatick

Le Commandant Pape Mignane Ndong, aide de camp du Premier ministre Ousmane Sonko, sera inhumé ce jeudi à Fatick. La levée du corps est prévue à 9h à l’hôpital Principal de Dakar, en présence de sa famille, de proches collaborateurs et de responsables de l’État.

La cérémonie religieuse se tiendra le lendemain, vendredi, à 9h, à la Cité Gendarmerie de Jaxaay, où il résidait. L’armée et les autorités gouvernementales sont attendues pour lui rendre un dernier hommage.

Le Commandant Ndong est décédé à son domicile à la suite d’un malaise. Sa disparition brutale a suscité une vive émotion au sein des institutions et de l’opinion, tant il était connu pour sa rigueur et sa loyauté dans l’exercice de ses fonctions.

Recrutement d’enseignants : 53 nouveaux instituteurs affectés à l’IEF de Kédougou

Dans le cadre du recrutement spécial de 2 000 enseignants lancé par le ministère de l’Éducation nationale, l’Inspection de l’éducation et de la formation (IEF) de Kédougou va accueillir 53 nouvelles recrues, dont 49 instituteurs et quatre maîtres d’arabe. L’annonce a été faite ce mercredi, lors d’une cérémonie officielle de remise d’ordres de service.

L’Inspecteur d’académie de Kédougou, Mouhamadou Bamba Mbaye, a expliqué que son service avait anticipé les besoins en personnel, ce qui a permis une répartition rapide et ciblée dès l’obtention du quota. « Nous avons anticipé sur les ordres de service parce que nous savions exactement là où le besoin se faisait sentir. Lorsqu’on nous a donné le quota, on n’a fait que remplir avec les noms des nouvelles recrues », a-t-il précisé.

Devant les nouveaux enseignants, l’inspecteur a insisté sur l’importance de ces documents administratifs. « C’est votre premier ordre de service, un document que vous devez garder toute votre carrière. Il vous sera demandé à chaque étape importante, notamment pour le Certificat d’aptitude professionnelle (CAP) », a-t-il averti.

Autre mesure importante, les nouvelles recrues ont signé une fiche d’engagement à servir pendant dix ans dans l’enseignement public, dont au moins cinq années dans la région de Kédougou. Une manière, selon l’inspection académique, de stabiliser les effectifs dans une zone souvent confrontée à des départs récurrents d’enseignants.

Des associations féminines unissent leurs forces pour lutter contre les violences basées sur le genre

Face à l’ampleur des violences basées sur le genre (VBG) au Sénégal, plusieurs associations féminines ont décidé de renforcer leur combat en unissant leurs forces. Parmi elles, l’Association des juristes sénégalaises (AJS), le collectif Dafadoy (ça suffit) et l’association féministe JGen ont formé une coalition pour intensifier la sensibilisation et le plaidoyer contre les violences faites aux femmes.

Le but de cette collaboration est de mettre en place des méthodes innovantes pour renforcer l’impact des actions de sensibilisation et de plaidoyer. Selon Aminata Fall Niang, présidente de l’AJS, « notre objectif, c’est de réunir nos forces pour pouvoir travailler davantage sur des méthodes innovantes et efficaces pour renforcer le plaidoyer contre la violence faite aux femmes ». Cette union vise à maximiser les ressources et à amplifier le message à travers des initiatives communes et une approche concertée.

Les violences basées sur le genre restent une problématique majeure au Sénégal. Selon les dernières données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), près de 15 % des femmes au Sénégal sont victimes de violences ou ont été confrontées à des violences au moins une fois dans leur vie. Ces chiffres soulignent l’urgence d’une action collective pour prévenir et lutter contre ces abus.

Lors d’un atelier de plaidoyer et de renforcement de capacités sur les violences sexuelles au Sénégal, Aminata Fall Niang a mis l’accent sur la multiplicité des causes des violences basées sur le genre, tout en soulignant le rôle crucial des associations dans la sensibilisation et l’éducation des communautés. Ces organisations plaident également pour la vulgarisation des lois existantes et pour l’application stricte de mesures répressives contre les auteurs de violences. Elles militent pour une meilleure protection des victimes et une prise en charge adéquate.

Les actions de ces associations se concentrent sur la formation de la population, l’information sur les droits des femmes, et la promotion de l’égalité des genres. Leur engagement se veut une réponse à une réalité alarmante où les femmes continuent de faire face à des violences physiques, psychologiques, et sexuelles dans de nombreuses sphères de la société.

À travers cette coalition, les associations féminines espèrent mobiliser les acteurs de la société — y compris les autorités, les leaders communautaires, et la société civile — pour mettre fin à ce fléau et garantir des conditions de vie plus sûres pour les femmes au Sénégal.

Recrutement d’enseignants : Matam obtient un quota de 216 instituteurs et professeurs

La région de Matam, située dans le nord du Sénégal, a récemment bénéficié d’une aide précieuse pour son système éducatif avec l’affectation de 216 enseignants, dans le cadre du recrutement spécial de 2 000 enseignants autorisé par l’État. Cette mesure vise à renforcer le personnel éducatif et à améliorer la qualité de l’enseignement dans les établissements scolaires de la région.

L’Inspecteur d’académie de Matam, Mamoudou Oumar Guèye, a détaillé la répartition de ce quota, précisant que 174 enseignants sont affectés aux niveaux préscolaire et élémentaire, tandis que les autres postes sont répartis entre le moyen et le secondaire. Le secteur primaire bénéficie de 8 enseignants spécialisés en langue française, 9 pour les classes moyennes, et 33 pour le secondaire. Cette répartition vise à répondre à un besoin crucial dans l’ensemble des niveaux scolaires.

Selon l’Inspecteur, Matam connaît chaque année des départs massifs d’enseignants pour diverses raisons, ce qui met à rude épreuve le système éducatif local. En conséquence, certains enseignants se retrouvent à assumer des charges de travail considérables, devant gérer plusieurs classes simultanément pour que les élèves puissent poursuivre leur apprentissage. Pour pallier ces difficultés, l’Etat a opté pour une approche de « discrimination positive », afin de renforcer le nombre d’enseignants dans cette région.

L’arrivée de ces 216 enseignants représente un véritable soulagement pour les acteurs du secteur éducatif à Matam, qui espèrent que cette initiative contribuera à améliorer l’accessibilité et la qualité de l’enseignement. La mesure répond à un besoin urgent d’une répartition plus équitable des ressources humaines dans l’éducation, notamment dans les zones périphériques où les conditions de travail sont souvent plus difficiles.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’engagement de l’État à améliorer le système éducatif dans toutes les régions du Sénégal, en mettant l’accent sur les zones rurales et périurbaines comme Matam. En augmentant le nombre d’enseignants dans la région, l’objectif est de réduire la surcharge des classes, de réduire le taux d’abandon scolaire, et de favoriser une meilleure réussite des élèves.

Le recrutement de 2 000 enseignants constitue une étape importante dans la stratégie du gouvernement pour répondre aux besoins croissants du système éducatif et assurer une éducation de qualité pour tous les enfants sénégalais.

Autoroute Ila Touba : Les travailleurs dénoncent une situation « injuste » après leur intégration à la SEGEA SA

Les travailleurs de l’autoroute Ila Touba, récemment intégrés à la Société d’Exploitation et de Gestion des Autoroutes (SEGEA SA), vivent actuellement une crise sociale qui secoue cette infrastructure stratégique du Sénégal. Accusant des pratiques injustes de la part de leur employeur, les agents ont exprimé leurs frustrations dans une déclaration publique, exigeant une résolution urgente de leurs revendications.

Lors de leur transfert de Tara Concession à la SEGEA SA, les travailleurs pensaient qu’une régularisation de leur situation serait de mise. Cependant, ils se retrouvent aujourd’hui dans un dilemme cruel : soit ils acceptent de recevoir leurs indemnités de fin de contrat (IFC) pour les années passées sous les sociétés d’intérim, soit ils renoncent à ces indemnités au profit d’une reconnaissance de leur ancienneté au sein de la SEGEA SA.

Selon les travailleurs, cette offre est un choix inacceptable. En effet, leur ancienneté sur l’autoroute, accumulée pendant des années sous des contrats intérimaires, n’est pas reconnue de manière équitable dans les nouvelles fiches de paie. Pour eux, c’est un déni de leur travail acharné, effectué sans interruption, sur le même site et dans les mêmes fonctions.

L’un des principaux points de tension réside dans la situation juridique de leurs anciens contrats. Ces derniers n’ont pas été officiellement validés, et plusieurs contentieux sont en cours auprès des inspections du travail de Thiès et Diourbel. Tant que ces contrats ne sont pas régularisés, les travailleurs ne peuvent pas faire valoir leurs droits en termes d’ancienneté, de retraite, ou de primes.

Cette situation expose les travailleurs à une précarité juridique qui rend difficile toute avancée concrète. Ils dénoncent un manque de reconnaissance pour des années de service continu qui ont permis à l’infrastructure autoroutière de fonctionner normalement.

Les agents dénoncent également un manque de protection sociale, qui découle de l’absence de régularisation de leur statut. En plus de l’insécurité financière qu’ils traversent, certains soulignent la précarité de leurs conditions de travail, accentuée par l’absence de réelles garanties sur leurs droits à long terme.

« Nous avons travaillé avec acharnement et dévouement pendant des années. Aujourd’hui, on nous propose un choix injuste : accepter une indemnité qui ne reflète pas l’ampleur de notre travail ou renoncer à des droits légitimes que nous avons accumulés pendant ces années », ont déclaré les porte-parole des travailleurs lors de la conférence de presse.

Dans un contexte où plusieurs tentatives de résolution du conflit par les voies administratives ont échoué, les travailleurs ont décidé de prendre la parole publiquement pour faire entendre leur voix. Voici leurs principales revendications :

  1. Reconnaissance totale de l’ancienneté, y compris les années passées sous contrat intérimaire.
  2. Paiement des indemnités de fin de contrat (IFC) sans aucune condition préalable.
  3. Régularisation juridique des anciens contrats pour permettre la reconnaissance complète de leurs droits sociaux.
  4. Mise à jour des bulletins de paie pour refléter la réalité de leur parcours professionnel.
  5. Ouverture d’un dialogue constructif avec le ministère de la Tutelle pour aboutir à une solution juste et équitable.

Si cette crise n’est pas résolue dans les plus brefs délais, elle pourrait affecter la gestion de l’autoroute Ila Touba, un axe vital pour le transport au Sénégal. Les travailleurs, qui assurent le bon fonctionnement de cette infrastructure, redoutent que le climat social tendu ne compromette la qualité du service et la sécurité de cette route nationale.

Les autorités compétentes, notamment le ministère des Infrastructures et la SEGEA SA, devront prendre des mesures rapides pour éviter une aggravation de la situation. Le dialogue social doit être rétabli, et des actions concrètes mises en place pour répondre aux préoccupations légitimes des travailleurs.

Rodéo nocturne à Coki : un convoyeur de drogue interpellé avec 103 kg de chanvre indien

La nuit a été agitée ce week-end dans la région de Louga, où une course-poursuite digne des scènes les plus intenses du cinéma s’est conclue par une saisie record de chanvre indien. C’est aux environs de Coki que les éléments de la Brigade de proximité ont réussi un impressionnant coup de filet, arrêtant un trafiquant de drogue au terme d’une traque de vingt kilomètres, à travers des routes secondaires et des pistes rurales jonchées de barbelés.

Selon les révélations de L’Observateur, tout débute dans la nuit du vendredi au samedi, quand les gendarmes reçoivent un renseignement capital. Une alerte signale l’existence d’un réseau de trafic de drogue opérant entre la Gambie et la région de Mpal. Au centre de ce trafic : un jeune convoyeur décrit comme discret, méthodique, mais extrêmement agile pour contourner les contrôles sécuritaires. Il aurait pour habitude d’éviter les grandes routes, privilégiant les sentiers isolés pour acheminer sa cargaison.

Les forces de l’ordre, bien renseignées, se déploient dans la nuit près de Thiamène, dans le département de Louga. Il est environ deux heures du matin lorsqu’un véhicule suspect, une Mercedes, est repéré. À la vue des gendarmes, le conducteur refuse de s’arrêter, déclenchant une course-poursuite effrénée dans les ténèbres, sur une distance d’environ vingt kilomètres. Le suspect tente le tout pour le tout, empruntant des chemins de fortune bordés de haies métalliques et d’obstacles naturels, dans l’espoir de semer les patrouilles.

Mais la cavale s’achève brutalement lorsque l’un des pneus du véhicule crève après avoir heurté un obstacle. Le fugitif est immédiatement intercepté. À l’intérieur du véhicule, les gendarmes tombent sur une cargaison soigneusement emballée : 103 kilogrammes de chanvre indien. Le convoyeur, identifié par les initiales A. Sow, est un ressortissant d’une zone frontalière, bien connu des services de renseignement.

Il a été aussitôt placé en garde à vue avant d’être déféré au parquet de Louga ce mardi. Il est poursuivi pour trafic intérieur de drogue, un délit lourdement puni par la législation sénégalaise. L’enquête, qui ne fait que commencer, vise désormais à remonter toute la chaîne d’approvisionnement et de distribution de ce réseau transfrontalier entre la Gambie et Mpal. Les autorités n’excluent pas de nouvelles arrestations dans les prochains jours.

Université de Bambey : Les étudiants reconduisent le blocage des cours et refusent toujours de payer les loyers

La tension reste vive à l’Université Alioune Diop de Bambey, où les étudiants poursuivent leur mouvement de contestation face à ce qu’ils décrivent comme des conditions d’études et de vie devenues intenables. À travers un communiqué rendu public ce mardi, la coordination des amicales estudiantines a informé que les discussions entamées avec les autorités universitaires n’ont pas permis de désamorcer la crise.

Selon les représentants des étudiants, Mouhamed Maleyni Lô, Alpha Oumar Diallo et Talla Ndiaye, deux revendications majeures ont été posées sur la table lors de leur dernière rencontre avec l’administration : le rétablissement du réseau Wi-Fi dans le campus social, coupé depuis plusieurs jours, et la normalisation du service au restaurant dit « Europe », qui connaît des dysfonctionnements récurrents.

Si les autorités ont reconnu la pertinence de ces doléances, les étudiants regrettent l’absence de mesures concrètes immédiates. Ils estiment que les engagements pris lors des échanges ne sont suivis d’aucune action palpable. Face à cette inertie, la coordination a décidé de reconduire le mot d’ordre de cessation des activités pédagogiques pour une nouvelle période de 48 heures, à compter du mardi 7 mai 2025. Les amicales ont également confirmé le maintien du boycott du paiement des loyers dans les résidences universitaires.

La mobilisation ne se limite pas à ces deux points. Les étudiants réclament avec insistance la mise à disposition des nouveaux bâtiments construits sur le campus, dont l’ouverture tarde selon eux sans justification valable. Ils jugent inacceptable que ces infrastructures demeurent inoccupées alors que les anciennes installations sont surpeuplées et dégradées.

Cette crise a déjà eu un impact sur le déroulement normal du calendrier académique. Plusieurs examens programmés dans différentes UFR ont dû être reportés, perturbant davantage une année universitaire déjà marquée par des retards. Le climat reste tendu sur le campus, et les étudiants promettent d’intensifier leur mouvement si aucune solution rapide et durable n’est proposée par les autorités compétentes.

L’affaire reste à suivre de près, tant les conséquences d’un enlisement du conflit pourraient affecter durablement la stabilité de l’université et les ambitions académiques des étudiants concernés.

Vol à Ouakam : Deux suspects arrêtés en Gambie et extradés à Dakar après un braquage de 176 millions FCFA

La Section de recherches (SR) de la gendarmerie de Colobane, en collaboration avec Interpol et les autorités gambiennes, a mis la main sur deux membres présumés d’un gang impliqué dans un spectaculaire vol à main armée, ayant eu lieu à Ouakam le 12 avril dernier. Montant du préjudice : 176 millions de FCFA.

Les suspects, Mamadou Lamine Mbaye (30 ans) et Samba Djibril Diop (26 ans), ont été déférés au parquet ce mardi pour association de malfaiteurs et vol en réunion avec violence, rapporte Libération dans son édition du jour.

Tout part d’un appel téléphonique adressé à un cambiste, Mouhamadou Moustapha Ndiaye, par un individu se présentant comme un client souhaitant échanger des dollars. Le taux alléchant proposé convainc le cambiste, qui fixe un rendez-vous le jour même dans un appartement à Ouakam. Il y envoie l’un de ses employés, El Hadji Samba Thiam, avec la somme demandée. Mais dès son arrivée sur place, ce dernier est violemment agressé, ligoté et bâillonné. Les malfaiteurs repartent avec les 176 millions de FCFA.

Les gendarmes exploitent alors les images de vidéosurveillance et les données téléphoniques. Ils identifient Mamadou Lamine Mbaye, présent sur les lieux et en contact constant avec Samba Djibril Diop. Grâce à une proche de Mbaye, les enquêteurs apprennent qu’il s’est réfugié en Gambie et obtiennent son numéro gambien. À partir de là, la machine judiciaire s’accélère.

Saisissant le Bureau central national d’Interpol basé à la Direction de la police judiciaire (DPJ), la SR obtient la coopération de la police gambienne. Une opération est menée à Banjul, permettant l’arrestation de quatre membres présumés du gang : Mamadou Lamine Mbaye, Djibril Diop, Ibrahima Coly et Kitabou Thiam alias Junior. Un véhicule de marque Nissan et une somme de trois millions de FCFA sont également saisis.

Cependant, seuls les deux ressortissants sénégalais ont été extradés vers Dakar, le 30 mai 2025 à 21h, via Interpol Sénégal. Les deux autres suspects, de nationalité gambienne, sont toujours détenus sur place.

Matam : l’État recense les zones à risque et mobilise les communautés contre les inondations

Dans le nord du Sénégal, les autorités de la région de Matam intensifient les préparatifs en vue de la saison des pluies. Une réunion dédiée à la prévention des inondations s’est tenue ce mardi, sous la présidence du gouverneur Saïd Dia, qui a dévoilé les grandes lignes d’un plan d’action ambitieux.

Au cœur de ce dispositif, un recensement exhaustif des sites à risque figure en priorité. « La première activité à mener dans le cadre de notre plan d’action sera de faire un recensement exhaustif des sites inondables », a affirmé le gouverneur. L’objectif est d’anticiper les points de vulnérabilité et d’intervenir rapidement en cas de menace.

Le plan comprend également des opérations de curage des caniveaux et de désensablement des routes, souvent obstrués durant la saison des pluies, ce qui aggrave la stagnation des eaux. Ces travaux devraient faciliter l’écoulement des eaux et réduire considérablement les risques d’inondation dans les quartiers les plus exposés.

Autre élément fort : l’implication des communautés locales. Le gouverneur Saïd Dia a insisté sur la mobilisation de volontaires dans la région, prêts à s’engager aux côtés de l’État pour faire face aux aléas climatiques. Il a annoncé la création de comités locaux de lutte contre les inondations, pilotés par les sous-préfets, les maires, les chefs de village et les délégués de quartier.

Ce maillage communautaire vise à renforcer la résilience des populations face aux catastrophes naturelles, dans une région régulièrement confrontée à des épisodes pluvieux dévastateurs. Le défi reste important, mais la coordination annoncée laisse entrevoir une meilleure réactivité à l’approche de l’hivernage.

Réseaux sociaux : Mame Mactar Guèye annonce la traque des insulteurs, Jamra salue l’action de la cybercriminalité

L’ONG Jamra a réagi ce mardi à la montée inquiétante des insultes et dérives verbales sur les réseaux sociaux. Dans un communiqué ferme, l’organisation dirigée par Mame Mactar Guèye a salué les actions déjà enclenchées par la Division spéciale de la cybercriminalité (DSC), dirigée par le commissaire Djidiack Faye, pour identifier et poursuivre les auteurs de propos injurieux en ligne.

« La traque des insulteurs qui se cachent lâchement sur les réseaux sociaux pour commettre leurs forfaits est lancée », a déclaré Mame Mactar Guèye dans un message adressé à la presse. Il se félicite de la vigilance des services de sécurité, qui ont désormais pour mission d’appliquer strictement la loi face à cette recrudescence des propos haineux et diffamatoires.

Jamra rappelle que ces agissements tombent sous le coup de la loi n°2008-11 du 25 janvier 2008. Ce texte, encore en vigueur, réprime sévèrement toute atteinte aux bonnes mœurs commise par voie électronique, ainsi que toute dégradation de l’image de la femme, toute mise en péril de la santé morale des enfants et tout propos portant atteinte à l’honorabilité d’autrui.

L’organisation citoyenne insiste sur la nécessité d’une application rigoureuse des textes en vigueur. Selon elle, la justice, sous l’autorité du procureur de la République et avec l’appui des cyber-patrouilleurs de la DSC, est appelée à sévir contre ces comportements jugés déstabilisateurs pour la société. « Cette loi sera appliquée dans toute sa rigueur, Insha’Allah, pour traquer sans répit ces insulteurs, sources potentielles de déstabilisation sociale et de troubles à l’ordre public », conclut le communiqué.

Tabaski 2025 : un vaste parc à bétail envisagé à Diamniadio, Ousmane Sonko annonce des mesures fortes

Dakar, 6 mai 2025 – Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé ce mardi un conseil interministériel axé sur les préparatifs de la Tabaski et la lutte contre le vol de bétail. La rencontre s’est tenue au Building administratif Président Mamadou Dia et a permis au gouvernement de décliner une série de mesures structurantes destinées à mieux organiser la distribution du bétail à travers le pays.

Parmi les principales annonces, figure un ambitieux projet d’aménagement d’un vaste parc à bétail dans la zone de Diamniadio-Thiès. Ce projet, encore à l’étude, vise à centraliser l’approvisionnement à grande échelle et à offrir un cadre moderne pour la commercialisation des moutons à l’approche de la fête. En parallèle, l’État prévoit l’aménagement de points de vente autorisés sur l’ensemble du territoire, en partenariat avec les collectivités territoriales, les ministères compétents et les maires.

Le gouvernement insiste également sur l’impératif de propreté et de sécurité dans les espaces de vente. À cet effet, les sites devront être nettoyés et désencombrés avant, pendant et après la Tabaski. La SONAGED et la Direction du Cadre de Vie seront chargées d’exécuter ces opérations. Pour renforcer la sécurité, l’éclairage public sera systématiquement installé sur tous les points de vente autorisés.

Pour répondre aux besoins en eau des éleveurs et des animaux, quinze camions-citernes seront mobilisés par le ministère de l’Hydraulique pour desservir les sites. L’approvisionnement en eau sera complété par l’installation de points d’eau temporaires.

Enfin, des comités de gestion seront mis en place dans tous les espaces de vente. Leur mission : assurer le bon déroulement des activités, prévenir les conflits et encadrer les flux de bétail et de personnes.

Vélingara : l’enseignant Abou Djiba libéré provisoirement après des poursuites pour diffusion de fausses nouvelles

Vélingara, 6 mai 2025 – L’enseignant Abou Djiba, affecté à l’école Saré Bodjo dans le département de Vélingara, a été remis en liberté provisoire ce mardi, après avoir été poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles en lien avec un accident tragique survenu samedi dernier. Le drame s’est produit lors d’un voyage pédagogique impliquant des élèves du collège de Saré Coly et leur professeur, dont le véhicule est entré en collision avec un camion. L’accident a causé la mort de deux personnes, dont une élève.

Abou Djiba avait relayé sur les réseaux sociaux un bilan initialement erroné de huit morts, avant de supprimer rapidement sa publication. Il a reconnu avoir diffusé cette information par erreur, soulignant qu’il s’agissait d’une méprise de bonne foi. Son acte a néanmoins conduit à son interpellation et son déferrement devant le parquet ce mardi, en même temps que le chauffeur du camion impliqué dans l’accident.

Sur les ondes de la RFM, un collègue enseignant, M. Seck, a confirmé la libération provisoire de M. Djiba, tout en remerciant la communauté éducative pour sa solidarité. « Notre collègue Abou Djiba a été finalement libéré. Son jugement est prévu pour le 14 de ce mois. Je remercie tous les enseignants et toute la communauté éducative pour leur engagement. Cela illustre la solidarité forte qui unit notre corporation », a-t-il déclaré.

Malgré cette décision, les syndicats d’enseignants restent mobilisés. Ils jugent la procédure engagée contre leur collègue injuste et estiment que sa liberté provisoire n’est qu’un soulagement temporaire. « Cette liberté provisoire ne nous fera pas dormir. Nous restons déterminés à nous battre pour que M. Djiba recouvre pleinement sa liberté. Nous appelons à une mobilisation accrue face à cette situation », a ajouté M. Seck.

En signe de protestation, une grève des enseignants a été décrétée pour ce mercredi, à l’appel des principaux syndicats du secteur. Cette mobilisation vise à dénoncer ce qu’ils considèrent comme une criminalisation abusive de la parole d’un enseignant ayant simplement relayé une information dans un contexte de choc émotionnel.

Visa pour l’Espagne : Guy Marius Sagna dénonce un « commerce illégal et scandaleux » devant le consulat à Dakar

Dakar, 6 mai 2025 – Devant le consulat d’Espagne à Dakar, le député Guy Marius Sagna a vivement dénoncé ce qu’il appelle une « injustice sociale institutionnalisée ». Il s’en est pris, ce mardi, à la pratique largement répandue de la vente de rendez-vous pour l’obtention d’un visa Schengen. Selon lui, certains ressortissants sénégalais doivent débourser jusqu’à 150 000 F CFA simplement pour obtenir un rendez-vous, un tarif supérieur au prix moyen d’un billet d’avion pour l’Espagne.

Dans une déclaration faite à la presse, le parlementaire, également membre du mouvement FRAPP, a pointé du doigt la responsabilité directe du consulat et de l’ambassade d’Espagne à Dakar. « Ce n’est pas normal qu’on paie plus pour un rendez-vous que pour un billet d’avion. Ce système est illégal, scandaleux et profondément injuste. Le silence du consulat est inacceptable et suspect. Sont-ils complices de cette mafia organisée autour des rendez-vous ? », s’est-il interrogé devant des militants et citoyens venus l’écouter.

Guy Marius Sagna dénonce une forme de discrimination sociale déguisée. Il estime que cette pratique crée une barrière financière insurmontable pour une grande partie de la population sénégalaise. « Comment le fils du paysan, de l’ouvrier, du berger ou du talibé peut-il avoir une chance de voyager, s’il faut 150 000 francs juste pour déposer une demande ? », s’indigne-t-il.

Le député appelle les autorités espagnoles à sortir de leur silence, à enquêter sur ce qu’il qualifie de « réseau mafieux » de vente de rendez-vous, et à rétablir un système transparent, juste et accessible à tous. Il appelle également le gouvernement sénégalais à s’impliquer davantage pour défendre les droits et la dignité des citoyens, face à des pratiques consulaires qu’il juge discriminatoires et opaques.

Centrale de Rufisque : West African Energy injecte 127 MW dans le réseau pour les premiers tests de la turbine GT11

Un tournant décisif vient d’être franchi dans le secteur énergétique sénégalais. Ce mardi, West African Energy (WAE) a procédé à l’injection de 127 mégawatts (MW) dans le réseau national de la Senelec, dans le cadre des premiers essais techniques de la turbine GT11 de la centrale thermique à cycle combiné de Rufisque. Il s’agit de l’une des plus importantes étapes du processus de mise en service progressive de cette infrastructure énergétique stratégique.

Installée à Rufisque, cette centrale affiche une capacité globale de production de 366 MW. Sa mise en service partielle à travers l’exploitation de la GT11 marque le début de l’opérationnalisation de ce projet de grande envergure, appelé à jouer un rôle central dans la transition énergétique du pays.

L’injection de ces 127 MW dans le réseau national est perçue par les experts comme une avancée majeure. Elle atteste non seulement de la performance technique des installations, mais aussi de la solidité de l’ingénierie mobilisée par les équipes de West African Energy. De l’avis des ingénieurs et responsables de projet, ce jalon reflète une préparation rigoureuse, un savoir-faire local renforcé et une gouvernance bien structurée qui s’appuie sur les standards internationaux les plus stricts.

Cette étape importante symbolise également la détermination de l’entreprise à respecter les engagements pris, en termes de délais, de qualité, de sécurité et de performance énergétique.

Le projet est porté par l’homme d’affaires Samuel A. Sarr, ancien ministre de l’Énergie, qui ambitionne de faire de cette centrale un levier fondamental de la souveraineté énergétique du Sénégal. À travers ce projet, West African Energy entend apporter une réponse durable aux besoins croissants en électricité, dans un contexte de forte demande liée au développement industriel, à l’urbanisation rapide et à la numérisation de l’économie.

À terme, la centrale thermique de Rufisque, une fois pleinement opérationnelle, contribuera à la stabilisation de l’approvisionnement électrique sur l’ensemble du territoire national. Elle permettra de sécuriser la qualité du service public d’électricité, d’améliorer la compétitivité des entreprises, et de soutenir les politiques d’émergence économique pilotées par l’État du Sénégal.

Ce projet s’inscrit en parfaite cohérence avec les objectifs du Plan Sénégal Émergent (PSE) et la stratégie nationale de développement énergétique. En renforçant la capacité de production électrique nationale, la centrale de Rufisque devrait également faciliter l’intégration des énergies renouvelables dans le mix énergétique global, tout en assurant une meilleure couverture des besoins des zones urbaines et rurales.

« Les prix des carburants au Sénégal sont les plus chers en Afrique », alerte Madiambal Diagne

Alors que le Sénégal célèbre des avancées majeures dans le domaine énergétique, une voix s’élève pour dénoncer un paradoxe économique. Le journaliste Madiambal Diagne alerte sur les prix excessivement élevés du carburant à la pompe, en dépit du contexte mondial favorable et des nouvelles ambitions énergétiques du pays.

Le rapport mensuel d’avril 2025 du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, publié mardi, met en lumière des progrès notables. Parmi les faits marquants : une exportation record de pétrole brut et la toute première cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) expédiée à l’international, symbolisant une nouvelle ère pour le Sénégal, désormais présenté comme un acteur émergent dans le secteur énergétique.

Mais malgré ces performances, les Sénégalais ne voient toujours pas les retombées sur le plan local. Sur le réseau social X (anciennement Twitter), Madiambal Diagne s’interroge publiquement :

« Les prix des carburants au Sénégal sont les plus chers en Afrique, et peut-être même au monde. Les prix à la pompe baissent partout grâce à la chute des cours mondiaux (autour de 60 dollars le baril). Incompréhensible non ? Surtout que le Sénégal se vante d’être désormais un gros producteur de pétrole ! »

L’incohérence entre la production nationale croissante et le maintien de prix élevés suscite l’indignation. Alors que plusieurs pays africains ajustent leurs prix à la baisse en suivant la tendance du marché mondial, le Sénégal semble à contre-courant.

Cette sortie de Madiambal Diagne vient relancer le débat sur la gestion des ressources naturelles et la redistribution équitable des revenus issus de l’exploitation pétrolière et gazière. Les consommateurs, déjà confrontés à une inflation persistante, peinent à comprendre pourquoi les prix des carburants restent si élevés malgré un contexte économique censé leur être favorable.

Dans l’attente d’une clarification officielle, de plus en plus de voix réclament une plus grande transparence sur la politique de fixation des prix des produits pétroliers, ainsi qu’une traduction concrète des promesses de souveraineté énergétique.

Baccalauréat 2025 : Le ministre Abdourahmane Diouf appelle les présidents de jury à l’impartialité et à la rigueur

À l’approche de la session 2025 du Baccalauréat, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Dr Abdourahmane Diouf, a présidé ce lundi 5 mai la cérémonie officielle d’ouverture de la session de formation des présidents de jury. La rencontre s’est tenue à l’Université Amadou Hampâté Bâ, en présence de plusieurs autorités universitaires et administratives.

Aux côtés du ministre, figuraient le Directeur de l’Office du Baccalauréat, le Professeur Bamba Gueye, le Recteur de l’université hôte, le Professeur Ben Toguebaye, ainsi que le Coordonnateur des superviseurs nationaux, le Professeur Mamadou Sidibé, Recteur de l’Université Souleymane Niang de Matam.

Dans son adresse, Dr Abdourahmane Diouf a souligné l’importance capitale du rôle des présidents de jury dans le bon déroulement de l’examen. Il a insisté sur la rigueur, l’impartialité et la neutralité qui doivent guider leurs prises de décision, notamment lors des délibérations. Le ministre a rappelé que l’évaluation des candidats doit se faire en toute équité, avec le souci permanent de justice et de transparence.

Par ailleurs, le ministre a insisté sur le respect scrupuleux des consignes officielles encadrant l’examen. Il a notamment évoqué l’interdiction formelle du port et de l’usage de téléphones portables dans les centres d’examen, aussi bien pour les candidats que pour les encadreurs. Une mesure de plus en plus renforcée dans un contexte marqué par la multiplication des tentatives de fraude via les outils numériques.

Cette rencontre marque le lancement officiel du processus de préparation pédagogique et logistique du Baccalauréat 2025, qui devrait mobiliser plusieurs milliers d’acteurs à travers le pays. Le ministre a conclu son intervention en appelant l’ensemble des responsables académiques à « un engagement total au service de l’école sénégalaise ».

Aide Tabaski 2025 : ouverture officielle des dépôts de demandes à Dakar à partir du 6 mai

La Mairie de Dakar a annoncé l’ouverture officielle de la campagne de dépôt des demandes d’aide Tabaski pour l’édition 2025. L’opération débutera ce mardi 6 mai et s’étendra jusqu’au vendredi 9 mai. Elle concerne les ménages les plus vulnérables des différentes communes de la capitale, dans le cadre du soutien traditionnel offert à l’occasion de la fête de la Tabaski.

Les dépôts seront reçus de 09h00 à 15h00 dans plusieurs points répartis selon les communes. Les habitants des communes de Gorée, Médina, Dakar-Plateau, Hann Bel Air, Fann-Point E-Amitié et Gueule Tapée Fass-Colobane devront se rendre à l’Hôtel de Ville de Dakar, situé sur le Boulevard El Hadji Djily MBAYE.

Les populations résidant dans les communes des HLM, Biscuiterie, Ngor, Ouakam, Dieuppeul-Derklé-Castors et Parcelles Assainies sont, quant à elles, orientées vers le Building Communal situé à la rue 11 X 22, à proximité de la BCEAO.

Pour les habitants des communes de Yoff, Sicap Liberté, Mermoz Sacré-Cœur, Grand Yoff, Grand-Dakar, Patte d’Oie et Cambérène, les dépôts doivent se faire à la Direction de l’Aménagement Urbain (DAU), à côté du CESAG.

La Mairie précise également que les enquêtes sociales seront menées du lundi 12 au vendredi 16 mai, entre 9h et 17h, sur les mêmes lieux de dépôt. Cette phase vise à vérifier l’éligibilité des demandeurs avant la distribution effective des aides.

Pour être éligible, chaque postulant devra fournir une demande manuscrite adressée au Maire de Dakar, accompagnée d’une photocopie de sa carte nationale d’identité et d’un certificat de domicile.

Cette initiative s’inscrit dans la volonté de la Ville de Dakar d’accompagner les ménages défavorisés pendant la période de la Tabaski, afin d’alléger le poids des dépenses liées à cette fête religieuse.

Distribution d’eau à Touba : l’OFOR rassure après les perturbations observées

Depuis quelques jours, plusieurs quartiers de la ville sainte de Touba sont confrontés à des perturbations dans la distribution d’eau. L’information a été rapportée ce lundi 5 mai 2025 par Radio Sénégal Internationale (RSI), provoquant une vague d’inquiétude chez de nombreux habitants.

Face à la situation, l’Office des forages ruraux (OFOR) a tenu à apporter des précisions et à rassurer les populations. Selon l’agence, les perturbations constatées ne relèvent pas d’une pénurie d’eau, mais sont dues à des travaux de remise en service sur certains forages actuellement à l’arrêt. « Il faut préciser qu’il n’y a pas de pénurie d’eau. La situation est que sur 42 forages, deux sont à l’arrêt. Nous avons noté des baisses de débit au niveau de certains forages, ce qui engendre des perturbations dans certaines zones », a expliqué Bamba Sarr, représentant local de l’OFOR à Touba.

L’arrêt temporaire de deux forages, combiné à une baisse du débit sur plusieurs autres installations, est à l’origine des difficultés observées dans l’alimentation de certains secteurs de la ville. Ces perturbations sont qualifiées de temporaires par l’OFOR, qui assure que les opérations de maintenance sont en cours pour rétablir un service normal dans les meilleurs délais.

La structure promet un retour progressif à la normale au fur et à mesure que les forages concernés seront remis en service. Elle invite en attendant les populations à faire preuve de patience et de responsabilité dans leur consommation d’eau.

Cette situation remet en lumière les enjeux liés à l’accès à l’eau dans une ville en forte croissance démographique, notamment en période de forte chaleur, et souligne la nécessité d’un renforcement durable des infrastructures hydrauliques dans les grandes agglomérations religieuses comme Touba.

Réforme des daaras : l’État sénégalais lance un recensement national en juin pour protéger les talibés

Le gouvernement sénégalais s’apprête à franchir un pas décisif dans sa politique de réforme des daaras, ces écoles coraniques traditionnelles, en lançant un recensement national dès le mois de juin 2025. Objectif : mieux encadrer les enfants talibés, éradiquer la mendicité forcée, et soutenir les structures éducatives conformes aux normes.

L’annonce a été faite par Maïmouna Dièye, ministre de la Famille et des Solidarités, lors du Gamou de Ndiawagn Ndiaye (département de Kébémer). Elle a réaffirmé la volonté politique forte du gouvernement de moderniser le système des daaras, tout en assurant une meilleure protection aux milliers d’enfants talibés répartis à travers le pays.

« Sur instruction du président de la République, le Premier ministre prendra des mesures sévères concernant la mendicité et la gestion des daaras », a déclaré la ministre, visiblement déterminée.

Le recensement, qui débutera en juin, permettra d’identifier les daaras fonctionnant dans les règles et d’évaluer les besoins pour leur accompagnement. Il s’agit aussi de distinguer les véritables foyers d’enseignement religieux des structures informelles souvent impliquées dans l’exploitation des enfants à des fins lucratives.

Maïmouna Dièye n’a pas mâché ses mots à ce sujet :

« Certains encouragent la mendicité à travers des transferts d’argent. Ils ne sont pas sérieux, et nous allons y mettre un terme. »

Elle a également dénoncé l’indifférence face à la détresse des enfants talibés, affirmant que le gouvernement fera tout pour qu’ils bénéficient de conditions similaires à celles des élèves des écoles classiques.

Ce recensement s’inscrit dans un programme plus large de modernisation des daaras, qui inclut l’autonomisation des serignes daaras, la formation des enseignants, l’amélioration des conditions de vie et la réinsertion des enfants livrés à eux-mêmes.

Cette initiative gouvernementale, si elle est bien mise en œuvre, pourrait changer le quotidien de milliers de talibés, longtemps laissés en marge du système éducatif formel et souvent exposés aux abus.

En s’attaquant aux dérives tout en valorisant les daaras exemplaires, l’État sénégalais espère trouver un équilibre entre tradition et protection de l’enfance, dans le respect des valeurs religieuses et des droits fondamentaux.

Le Mouvement Y en a Marre à l’écoute des travailleurs licenciés : pour un dialogue franc et responsable

Le Mouvement Y en a Marre a récemment reçu une délégation du Collectif des travailleurs licenciés de plusieurs institutions publiques : la Caisse de Dépôt et de Consignation, le Grand Théâtre, le Port Autonome de Dakar, Dakar Dem Dikk et le FONGIP. Cette rencontre s’inscrit dans la tradition d’engagement du mouvement en faveur des droits sociaux et de la justice pour les citoyens.

Au cours de cette entrevue, les membres du collectif ont présenté en détail les circonstances entourant leur licenciement et exprimé leurs attentes. Ils ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme des décisions arbitraires, souvent sans justification claire, affectant leur dignité et leur stabilité économique.

Conformément à son approche de médiation et de plaidoyer, Y en a Marre a officiellement saisi, par courriel, les directeurs généraux des institutions concernées. L’objectif : s’enquérir de la situation, recueillir les différentes versions des faits et contribuer à une issue juste et pacifique, dans l’intérêt de la stabilité sociale du pays.

Dans sa démarche, le Mouvement réaffirme son engagement pour un dialogue franc, responsable et respectueux des droits fondamentaux et des institutions de la République. Fidèle à sa mission citoyenne, Y en a Marre appelle à des solutions concertées, équitables et durables pour ces travailleurs dont le sort préoccupe de plus en plus l’opinion publique.

Kaolack – Campagne agricole : Dette des paysans auprès des banques, l’État appelé à la rescousse

Réunis en assemblée générale ce dimanche 5 mai à Kaolack, les membres de la Société des Coopératives Agricoles pour la Souveraineté Alimentaire du Sénégal (SCASAS) ont porté un plaidoyer en faveur du monde rural.

Selon Amath Diakhaté Niass, les rendements n’ont pas été au rendez-vous lors du dernier hivernage, ce qui a engendré un manque à gagner considérable pour les paysans. « Même s’il y a une subvention des semences ou de l’engrais, sans crédit bancaire, les paysans auront des difficultés à mener une bonne campagne agricole. Beaucoup d’entre eux n’ont pas encore épongé leurs dettes de l’année passée, c’est pourquoi nous appelons l’État à mettre la main à la pâte pour régler ces sommes », a plaidé M. Niass.

Subvention ADEPME : Le CDEPS dénonce une tentative de récupération politique et clarifie le processus

Dans un communiqué rendu public ce week-end, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a pris la parole pour clarifier les conditions d’octroi de la subvention de l’ADEPME à douze entreprises de presse. Le CDEPS a également dénoncé une tentative de récupération politique qu’il juge « malveillante » concernant cette initiative.

Le samedi 3 mai, lors de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, l’Agence de Développement et d’Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises (ADEPME) a annoncé un soutien financier pour une douzaine de médias, dans le cadre du Programme d’Appui à l’Accélération Industrielle, à la Compétitivité et à l’Emploi (PAAICE), financé par la Banque africaine de développement (BAD) depuis 2021.

Selon le CDEPS, ce soutien représente un « véritable souffle de relance » pour les entreprises de presse en difficulté, qui font face à une situation financière de plus en plus précaire depuis près d’un an. Le processus, qui a débuté en octobre 2024, a permis la rencontre entre éditeurs de presse, l’équipe projet de l’ADEPME et les cabinets Ibrahima Touré (ITO) et Alioune Touré (ATO) pour élaborer un plan de restructuration. Ce plan comprend des mesures telles que la protection juridique, la relance économique, la digitalisation et la mobilisation de financements.

Le financement couvre 75 % de la subvention dans le cadre du portefeuille « Fonds à frais partagés », sous réserve que chaque entreprise mobilise une quote-part de 25 %, conformément à la convention signée. Le CDEPS précise que, à ce jour, aucun fonds n’a encore été versé, car les conditions de décaissement n’ont pas encore été remplies.

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal s’insurge contre ce qu’il considère comme une tentative de récupération politique de cette initiative par le ministère de la Communication. Le CDEPS affirme que le ministère dirigé par M. Alioune Sall n’a joué aucun rôle dans le processus et dénonce le manque d’accompagnement institutionnel de sa part, notamment concernant la gestion du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP). Le CDEPS accuse le ministre d’avoir délibérément retardé la distribution des fonds du FADP en 2024, entraînant un reversement des budgets non utilisés au Trésor. Toutefois, il indique que ces fonds restent récupérables via une loi de finances rectificative.

Le communiqué critique également une réforme en cours du décret régissant le FADP, jugée précipitée et unilatérale, sans concertation avec les professionnels du secteur. Le CDEPS déplore également la paralysie du CORED (organe d’autorégulation) et l’inaction de la Commission de la Carte nationale de Presse, qui n’a délivré aucun titre professionnel depuis plus d’un an.

En réponse à la situation, le CDEPS a déposé un recours en référé auprès de la Cour suprême le 2 mai 2025, demandant la suspension des assignations de « cessation immédiate de parution ou de diffusion » adressées à certaines entreprises de presse. Une procédure au fond est également en cours pour contester l’arrêté du ministre de la Communication à l’origine de ces assignations.

Énergie : West African Energy injecte 127 MW dans le réseau de Senelec

West African Energy (WAE) a franchi une étape décisive dans la mise en service de sa centrale thermique à cycle combiné de 366 mégawatts (MW) à Rufisque, en annonçant l’injection effective de 127 MW dans le réseau national de la Senelec. Cette avancée fait suite à la réussite des tests de performance de la turbine GT11.

Ce jalon technique, salué comme un succès, illustre non seulement la qualité de l’ingénierie mise en œuvre, mais aussi l’efficacité de la coordination institutionnelle et opérationnelle autour du projet. Il marque le début de l’exploitation progressive de cette infrastructure stratégique, appelée à renforcer durablement la capacité énergétique du Sénégal.

Porté par une vision ambitieuse de souveraineté énergétique, ce projet est le fruit d’un engagement fort de M. Samuel A. Sarr, président de West African Energy, qui a su fédérer les expertises et les ressources autour d’un objectif central : assurer un approvisionnement fiable, durable et compétitif en électricité pour le pays.

À terme, les 366 MW attendus permettront non seulement de stabiliser le réseau électrique national, mais aussi d’améliorer la qualité du service public d’électricité. La centrale contribuera également à soutenir les politiques industrielles et économiques du Sénégal, en offrant aux entreprises un cadre énergétique plus prévisible et performant.

West African Energy a exprimé sa reconnaissance à la direction générale de la Senelec, au gouvernement sénégalais, ainsi qu’à l’ensemble des partenaires techniques, financiers et institutionnels ayant contribué à la concrétisation du projet. Parmi eux, l’Africa Finance Corporation (mandataire principal), Coris Bank International, Afreximbank, General Electric (GE), Çalik Enerji, Sakina Génie civil, Afry Ingénierie Conseil, E.E.S Environnement, Bureau Veritas, Fasken, Global Infrastructures Advisor et Tractebel.

West African Energy est une entreprise sénégalaise de référence dans le développement, la construction et l’exploitation de centrales électriques de grande capacité. Engagée pour la transformation énergétique du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest, la société place la souveraineté, la performance et la durabilité au cœur de sa stratégie.

BRVM Awards 2025 : Le Sénégal sacré à Cotonou pour son opération obligataire de l’année

Le mercredi 30 avril à Cotonou, la sixième édition des BRVM Awards a une nouvelle fois célébré les acteurs majeurs du marché financier régional. L’État du Sénégal s’est illustré en remportant le prix de l’« Opération de l’année – Obligation », une distinction qui vient couronner l’émission obligataire « État du Sénégal 6,25% 2024-2029 ».

Ce succès n’est pas le fruit du hasard. Il incarne la stratégie résolument tournée vers les marchés régionaux adoptée par les autorités sénégalaises. Il traduit également le rôle central joué par Invictus Capital & Finance (ICF), la Société de Gestion et d’Intermédiation (SGI) qui a piloté la structuration et la mobilisation des ressources.

L’émission primée constitue l’une des trois tranches d’un vaste programme obligataire à travers lequel l’État sénégalais a levé plus de 265 milliards FCFA. Aux côtés de l’émission couronnée, on retrouve deux autres lignes : « État du Sénégal 6,45% 2024-2031 » et « État du Sénégal 6,65% 2024-2034 ». Ces titres, à taux d’intérêt fixes compris entre 6,25 % et 6,65 %, et à maturité allant de 5 à 10 ans, visaient à financer des investissements stratégiques prévus dans le budget 2024. L’enthousiasme qu’elles ont suscité auprès des investisseurs démontre une confiance forte et renouvelée envers la signature sénégalaise.

C’est la deuxième année consécutive que le Sénégal reçoit ce prix, avec Invictus Capital & Finance une nouvelle fois à la manœuvre. En tant qu’arrangeur et chef de file, ICF a su structurer des opérations sur mesure, dans un environnement marqué par un durcissement des conditions monétaires et une concurrence accrue pour l’accès aux capitaux.

L’année 2025 marque d’ailleurs un tournant pour ICF. Le 27 mars, la société a structuré un emprunt obligataire public de 150 milliards FCFA pour le compte de l’État du Sénégal. Résultat : une mobilisation exceptionnelle de 416 milliards FCFA, un record sur la place financière de l’UEMOA.

Cette performance s’inscrit dans une trajectoire ascendante pour ICF. Créée en 2019, la SGI s’était déjà distinguée en 2023 à travers deux émissions majeures : la première, d’un montant initial de 120 milliards FCFA, avait été clôturée sur une levée de 204,86 milliards grâce à une sursouscription. La seconde avait atteint 138,27 milliards FCFA.

En l’espace de cinq années seulement, Invictus Capital & Finance est devenue la deuxième SGI du Sénégal en volume de transactions, et la sixième au niveau régional. Cette ascension rapide repose sur une stratégie offensive, conjuguée à une expertise technique solide en matière de structuration d’instruments de dette publique.

Pour les dirigeants d’ICF, cette distinction n’est qu’un jalon. L’entreprise ambitionne d’aller plus loin, en proposant des opérations toujours plus innovantes, impactantes et socialement responsables. La reconnaissance obtenue à Cotonou vient ainsi récompenser toute une chaîne de confiance, d’expertise et de performance, et renforce le positionnement du Sénégal comme un acteur de premier plan sur les marchés financiers africains.

Pacte de stabilité sociale : la FGTS/B dénonce une trahison et exprime son soutien aux travailleurs licenciés

La Fédération Générale des Travailleurs du Sénégal (FGTS/B) est montée au créneau ce dimanche 4 mai 2025 pour dénoncer vigoureusement la reconduction du Pacte de stabilité économique et sociale. Dans un communiqué transmis à la presse, la centrale syndicale fustige ce qu’elle qualifie de « trahison syndicale », tout en réaffirmant son « soutien indéfectible » aux travailleuses et travailleurs récemment licenciés, notamment ceux de la RTS.

Selon la FGTS/B, la signature de ce pacte, censé consolider la paix sociale et favoriser un climat propice aux investissements, a été opérée sans consultation des syndicats de branche ni résolution des passifs liés aux conflits sociaux en cours. La Fédération s’indigne que certaines centrales aient signé un tel accord alors même que plusieurs travailleurs licenciés, dans différents secteurs, attendent toujours leur réintégration ou une compensation équitable.

« Nous assistons à une manœuvre qui sacrifie les intérêts des travailleurs sur l’autel d’un consensus de façade », peut-on lire dans le document. Pour la FGTS/B, cette signature hâtive, sans conditions claires, fragilise la lutte syndicale et ignore les revendications de base, comme la sécurité de l’emploi et la dignité au travail.

Le communiqué déplore également la gravité de la situation de l’emploi salarié au Sénégal, décrivant un marché du travail fragilisé, où les licenciements se multiplient sans véritable plan de sauvegarde sociale. La FGTS/B estime qu’il est « inacceptable » de prôner la stabilité sociale tout en « excluant de la table des négociations ceux qui représentent les réalités des secteurs en crise ».

Dans une note plus personnelle, la Fédération exprime sa solidarité envers les familles touchées, notamment celles des anciens agents de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), dont elle dit partager la « douleur, l’angoisse et le sentiment d’abandon ». Elle demande une reprise urgente du dialogue autour des dossiers de licenciement en instance, et appelle à des solutions concrètes en matière de réintégration ou de soutien aux travailleurs impactés.

Enfin, la FGTS/B conclut en réaffirmant son attachement à la « troisième voie » : un syndicalisme fondé sur les principes de justice sociale, d’indépendance et de défense effective des droits des travailleurs, loin des compromis « politiciens » ou « protocolaires ».

Accident tragique de Vélingara : « C’est l’irresponsabilité qui est encore une fois pointée », déplore le ministre de l’Éducation nationale

Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a vivement réagi à l’accident tragique survenu à Vélingara, qui a coûté la vie à deux personnes et fait une trentaine de blessés. Depuis Saint-Louis, où il participait à la conférence nationale du RESACLAP (Réseau des Structures d’Appui aux Collectivités Locales pour l’Appui à la Planification), le ministre a exprimé sa consternation et pointé du doigt les responsabilités.

« C’est l’irresponsabilité qui est encore une fois pointée », a-t-il lancé, dénonçant des comportements humains qu’il juge à l’origine de la tragédie. « Et c’est malheureux que nous continuions de voir ce type de comportement », a-t-il ajouté, manifestement affecté par le drame.

Moustapha Mamba Guirassy a insisté sur la nécessité d’un sursaut collectif face à ce qu’il qualifie de « négligence extraordinaire », qui engendre des pertes humaines inacceptables. Pour lui, ces accidents auraient pu être évités si les règles de sécurité avaient été strictement respectées.

Dans un message de compassion, le ministre a adressé ses condoléances les plus attristées aux familles endeuillées et a exprimé sa solidarité aux blessés, à qui il a souhaité un prompt rétablissement. Il a également annoncé son intention de leur rendre visite au nom du gouvernement.

Ce nouveau drame ravive les interrogations sur les conditions de sécurité dans le transport scolaire et collectif, un sujet devenu récurrent dans l’actualité nationale.

Groupe Emedia : les travailleurs exigent le paiement de 11 mois de salaires impayés après un financement de l’ADEPME

La tension monte au sein du groupe Emedia. Après l’octroi par l’ADEPME d’un financement de 32 millions de FCFA destiné à accompagner la restructuration des entreprises de presse, les travailleurs du groupe, via le Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (Synpics), section Emedia, exigent que cette somme serve en priorité au paiement de leurs salaires impayés.

Dans un communiqué publié ce week-end, le Synpics-Emedia rappelle que la direction du groupe doit toujours 11 mois de salaires à ses employés. Le syndicat dénonce une situation devenue « intenable » pour les journalistes, techniciens et personnels administratifs du média, qui continuent d’assurer leur mission d’information dans des conditions précaires.

« Nous restons mobilisés pour la défense des droits et de la dignité des travailleurs du groupe », déclare le communiqué, illustrant le profond malaise social qui secoue le groupe Emedia depuis plusieurs mois.

Ce cri d’alarme intervient dans un contexte où l’État, à travers l’ADEPME, tente de redresser le secteur des médias via un Programme de Restructuration Financière, avec à la clé des appuis ciblés aux entreprises jugées viables. Pour les employés d’Emedia, cependant, la justice sociale doit primer sur toute tentative de relance économique.

« Pas de relance sans justice sociale », martèle le Synpics, dénonçant un manque de transparence dans la gestion des ressources allouées à l’entreprise et appelant à un audit de l’utilisation des fonds publics.

Alors que la direction d’Emedia reste silencieuse sur les modalités d’utilisation de l’enveloppe obtenue, le bras de fer avec les travailleurs pourrait s’intensifier dans les jours à venir, si aucune mesure concrète n’est prise pour régler les arriérés de salaires.

Cheikh Diop (CNTS/FC) : « Si on veut un pacte de stabilité sociale, il faudrait que chaque partie respecte ses engagements »

Le secrétaire général de la Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal – Forces du Changement (CNTS/FC), Cheikh Diop, a lancé un appel ferme à l’État et aux partenaires sociaux, les exhortant à respecter les engagements issus du pacte de stabilité sociale signé récemment. Invité de l’émission Grand Jury ce dimanche 4 mai sur la RFM, le syndicaliste a rappelé que ce pacte ne saurait être efficace sans une application rigoureuse de ses termes.

« Si on veut un pacte de stabilité sociale, il faudrait que chaque partie respecte ses engagements, faute de quoi le pacte n’a pas de sens », a-t-il martelé. Cheikh Diop a insisté sur le fait que ce pacte, présenté comme un tournant pour le climat social au Sénégal, repose sur la confiance réciproque et la volonté politique de matérialiser les accords.

Selon lui, les syndicats ont fait preuve de responsabilité en acceptant de signer un tel engagement dans un contexte économique et social tendu. En retour, il est impératif que l’État honore ses promesses, notamment sur les revendications salariales, les conditions de travail, et le dialogue social permanent.

Cheikh Diop a également évoqué les ambitions profondes du pacte : consolider la paix sociale, attirer les investisseurs étrangers, créer un climat propice à l’émergence économique et renforcer les mécanismes de protection des travailleurs. « Ce pacte est un levier de stabilité macroéconomique, mais aussi un instrument pour la justice sociale », a-t-il déclaré.

Il a rappelé que la réussite de cette initiative dépendra de la capacité de toutes les parties à respecter leurs rôles : « Les syndicats ont accepté de modérer les mouvements d’humeur pour privilégier le dialogue. Mais si les engagements de l’État sont ignorés, cette retenue ne pourra pas durer. »

Cheikh Diop a mis en garde contre toute tentative de dilution ou de report des engagements signés. Selon lui, cela compromettrait la confiance entre partenaires sociaux et risquerait d’entraîner une radicalisation des positions syndicales. « Ce serait un retour à la case départ, avec des grèves et des blocages dans des secteurs stratégiques », a-t-il averti.

Pour conclure, le leader syndical a appelé à un suivi rigoureux de la mise en œuvre du pacte par une commission paritaire de suivi et d’évaluation, afin d’éviter toute dérive. Il a également salué l’implication de certains ministres du nouveau gouvernement dans la relance du dialogue social, tout en appelant à plus de fermeté sur les délais d’exécution.

Démantèlement d’un réseau de faussaires : deux nouveaux suspects arrêtés à Guinaw Rails

L’étau se resserre autour d’un vaste réseau de faussaires spécialisés dans la falsification de documents administratifs. Deux nouveaux suspects ont été interpellés à Guinaw Rails par les éléments du commissariat d’arrondissement local, portant à onze le nombre total de personnes arrêtées dans cette affaire.

Ces arrestations interviennent dans le cadre d’une enquête en cours sur un réseau bien structuré, soupçonné d’être impliqué dans la fabrication de faux papiers d’identité, de passeports et de visas. Les deux individus appréhendés sont poursuivis pour « association de malfaiteurs, faux et usage de faux ».

Des perquisitions menées à leurs domiciles ont permis la saisie de douze passeports, dont un encore valide, et de sept visas détachés de leurs documents d’origine. Ces découvertes confirment l’existence d’un système organisé et sophistiqué, capable de produire des documents contrefaits en série.

Les profils des personnes interpellées sont actuellement examinés avec minutie par les enquêteurs. Il s’agit de déterminer les rôles de chacun dans ce réseau ainsi que les ramifications de l’organisation, notamment les circuits de distribution de ces faux documents.

Les deux suspects arrêtés ont été placés en garde à vue. L’enquête, toujours en cours, vise à identifier l’ensemble des complices et à faire la lumière sur les objectifs réels de ce trafic. Les autorités craignent que ces documents falsifiés aient été utilisés dans des activités illégales comme l’immigration clandestine, la fraude ou encore le blanchiment d’argent.

Ce nouveau coup de filet vient renforcer la vigilance des forces de l’ordre face à un phénomène en pleine recrudescence et souligne l’importance de la coopération entre les services pour contrer les réseaux criminels transnationaux.

2e Édition des ateliers d’écriture et de lecture à haute voix : 143 élèves et 24 professeurs mobilisés à Kaolack

Le Réseau REPROF-EFFA, avec le soutien du Projet Ressources Éducatives, financé par l’Agence Française de Développement (AFD) et l’Institut Français, a organisé ce samedi 3 mai 2025, à l’Alliance Française de Kaolack, la 2e édition des ateliers d’écriture et de lecture à haute voix.

L’objectif principal de ce projet est de renforcer l’accès des élèves du primaire et du secondaire en Afrique subsaharienne francophone à des ressources éducatives de qualité. Dans ce cadre, l’événement de Kaolack a réuni 143 élèves et 24 professeurs de français, issus de collèges et lycées de la région.

Selon Cheikh Tidiane Kane, professeur de français et chef de projet de cette édition, les ateliers ont permis aux élèves de s’initier à la production de poèmes, de contes, d’articles pour les journaux scolaires et de plaidoyers. Les thèmes retenus pour ces productions sont : le leadership, la culture de la paix et la protection de l’enfance.

« Les élèves bénéficieront d’un accompagnement personnalisé par leurs enseignants de français afin d’améliorer leurs textes, qui devront être soumis au plus tard le 25 mai 2025 pour le Concours national des meilleurs écrits », a précisé M. Kane.

Ramatoulaye Diba, élève au Lycée Mixte de Ngane Saër, a exprimé sa joie de participer à cette initiative. Elle a salué l’impact positif du Projet Ressources Éducatives sur son parcours scolaire. De son côté, Bocar Diallo, professeur de français, a souligné la pertinence de cet atelier :

« Il nous a permis de mieux maîtriser les méthodologies liées à la production des différents genres : conte, poésie, nouvelle, article de journal scolaire et plaidoyer. »

Tentative d’émigration clandestine déjouée à Pointe Sarène : 73 candidats interpellés par la DNLT

Une vaste opération menée par l’antenne de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a permis d’empêcher un départ imminent de migrants clandestins dans la zone de Pointe Sarène, située dans le département de Mbour. L’intervention s’est soldée par l’interpellation de soixante-treize (73) candidats à l’émigration irrégulière et la saisie d’un important lot de matériel logistique.

Selon un communiqué de la police nationale, l’action a été déclenchée à la suite d’un renseignement opérationnel signalant une tentative de départ par voie maritime. Une première opération ciblée a conduit à l’arrestation de deux individus identifiés comme étant les présumés organisateurs du voyage. Les investigations menées dans la foulée ont permis de localiser et d’interpeller le reste du groupe dans la zone SONATEL de Mbour.

La fouille effectuée par les forces de l’ordre a permis la saisie de 73 gilets de sauvetage, 60 cartes d’identité CEDEAO ghanéennes, 8 passeports, une pompe à eau et une quantité non négligeable de vivres. Ce matériel laisse penser à une organisation méticuleuse, révélant l’existence de réseaux structurés opérant depuis les côtes sénégalaises.

Une enquête a été ouverte pour identifier tous les acteurs impliqués dans cette filière de trafic de migrants. Les autorités réaffirment leur engagement à lutter fermement contre ce phénomène qui met en péril des vies humaines et alimente l’économie souterraine.

Réseau de faussaires : deux nouveaux suspects arrêtés à Guinaw Rails

Le commissariat d’arrondissement de Guinaw Rails a franchi une nouvelle étape dans le démantèlement d’un vaste réseau de faussaires, avec l’arrestation de deux nouveaux individus, accusés d’association de malfaiteurs, de faux et usage de faux portant sur des documents administratifs.

Ces interpellations font suite à une enquête approfondie, lancée après la découverte récente d’un atelier clandestin de fabrication de faux papiers. Les investigations ont conduit les forces de l’ordre jusqu’aux domiciles des deux suspects, où des perquisitions fructueuses ont été menées.

Selon les sources policières, les fouilles ont permis la saisie de douze (12) passeports, dont un encore valide, ainsi que sept (07) visas détachés de leurs documents d’origine. Ce matériel confirme l’existence d’un circuit structuré, visant à produire et à distribuer de faux titres de voyage.

Les deux suspects sont actuellement placés en garde à vue, le temps pour les enquêteurs de déterminer l’étendue des ramifications de ce réseau et d’identifier d’éventuels complices.

Cette nouvelle arrestation vient renforcer les soupçons autour d’une organisation bien implantée, avec potentiellement des connexions au-delà de la région de Dakar. Les autorités promettent de poursuivre les investigations jusqu’à la mise hors d’état de nuire de l’ensemble des membres de ce réseau.

La lutte contre les documents falsifiés est une priorité sécuritaire, tant pour les autorités sénégalaises que pour les partenaires internationaux préoccupés par les risques liés à l’immigration irrégulière, à l’usurpation d’identité et au crime organisé.

Accident tragique à Vélingara : Deux morts dans une sortie pédagogique, le ministère de l’Éducation nationale exprime sa solidarité

Le ministère de l’Éducation nationale a réagi avec tristesse et compassion suite au drame routier survenu ce samedi matin, à une dizaine de kilomètres de Vélingara, dans l’Académie de Kolda. Deux élèves ont perdu la vie et plusieurs autres ont été gravement blessés dans une collision entre un minicar scolaire et un camion.

Selon un communiqué officiel signé par Daouda Gueye, directeur de la Formation et de la Communication, le véhicule transportait 35 élèves du CEM de Saré Coly Sallé, accompagnés de leur professeur, dans le cadre d’une visite pédagogique à la ferme agricole de Saré Thialy, organisée dans le cadre du Projet de Formation Professionnelle et d’Insertion (PFPI).

Dès l’annonce de l’accident, les services déconcentrés de l’Éducation nationale se sont activement mobilisés. L’Inspection d’Académie de Tambacounda, l’Inspection Médicale des Écoles et l’IEF de Vélingara ont été déployées pour assurer l’assistance sanitaire et logistique aux victimes.

Les blessés ont été pris en charge dans plusieurs établissements hospitaliers, notamment le Centre hospitalier régional de Kolda, l’Hôpital régional de Tambacounda et le Centre de santé de Vélingara.

Le ministère a assuré que « toutes les dispositions sont en train d’être prises pour une prise en charge rapide et adéquate » des élèves et personnels touchés.

Dans ce contexte de deuil et de choc, le ministère a exprimé sa profonde compassion aux familles des victimes, ainsi qu’à l’ensemble de la communauté éducative :

« Le Ministre de l’Éducation nationale suit personnellement la situation et appelle à l’unité et à la solidarité en ces moments difficiles », peut-on lire dans le communiqué.

Ce tragique événement relance le débat sur la sécurité du transport scolaire dans les zones rurales, ainsi que sur la vigilance routière lors des sorties pédagogiques. L’émotion est vive dans la région de Vélingara, et dans tout le pays.

Vélingara – Tragédie sur la RN6 : Un mort et plusieurs blessés dans une collision entre un minicar scolaire et un camion

Un grave accident de la route s’est produit ce samedi matin, aux environs de 9h, sur la Route nationale n°6 (RN6) à hauteur de Saré Thialli, dans la commune de Saré Coly Sallé (département de Vélingara), causant la mort d’une personne et faisant plusieurs blessés.

Le drame a impliqué un minicar transportant des élèves du CEM de Saré Coly Sallé, en partance pour une visite pédagogique, et un camion immatriculé AA 504 FK en provenance de Vélingara. La violence de la collision a complètement détruit le minicar (immatriculé AA 287 KJ), selon les premières constatations.

Les blessés, dont le nombre exact reste à confirmer, ont été rapidement évacués vers le centre de santé de Vélingara, où ils reçoivent actuellement des soins. L’identité de la personne décédée n’a pas encore été officiellement rendue publique, mais une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur les circonstances de ce tragique accident.

Cet événement bouleversant rappelle une fois de plus la fragilité du transport scolaire dans les zones rurales et pose la question récurrente de la sécurité routière sur les axes secondaires, souvent peu contrôlés.

La rédaction de LeDakarois présente ses condoléances attristées à la famille de la victime, et souhaite un prompt rétablissement aux blessés.

Tragique accident à Vélingara : deux morts et 29 blessés parmi des élèves en déplacement scolaire

Un grave accident de la circulation s’est produit ce samedi matin, aux environs de 9 heures, à Vélingara. Un minicar transportant des élèves est violemment entré en collision avec un camion remorque, causant la mort de deux personnes et faisant 29 blessés, selon une source rapportée par Seneweb.

Les élèves à bord du véhicule se rendaient dans une entreprise dans le cadre d’une visite de partenariat lorsqu’a eu lieu le drame. Le choc, d’une rare violence, a plongé la communauté locale dans la consternation.

Alertés, les gendarmes de la Brigade territoriale de Vélingara, sous la supervision du commandant Senghor, se sont rapidement rendus sur les lieux pour effectuer les premiers constats. Les blessés ont été évacués en urgence vers l’hôpital local pour une prise en charge médicale, tandis que les deux corps sans vie ont été déposés à la morgue.

Une enquête a été immédiatement ouverte pour déterminer les circonstances exactes de l’accident. Les autorités appellent à la prudence sur les routes, particulièrement en cette période marquée par une intensification des déplacements scolaires.

Crise à la Grande Mosquée de Sicap Baobab-Karack-Amitié : Fermeture pour troubles à l’ordre public

La communauté musulmane des quartiers Sicap Baobab, Karack et Amitié est plongée dans l’incertitude depuis la fermeture, pour une durée indéterminée, de leur Grande mosquée. Ce lieu de culte emblématique, théâtre d’un conflit religieux vieux de plus de deux ans, a été contraint de suspendre ses activités par décision administrative. Un arrêté du sous-préfet des Almadies, en date du 2 mai 2025 (n°270/AA/SPA), évoque un « risque réel de troubles à l’ordre public » pour justifier cette mesure drastique.

À l’origine de cette crise, un bras de fer persistant entre deux figures religieuses locales : El Hadji Khalifa Babacar Ndiaye et Oumar Ndoye. Malgré les efforts de médiation menés en 2023 par l’Association nationale des Imams du Sénégal (Anis), le différend a refait surface avec violence. L’imam Ratib Ousmane Diop, installé par feu Mame Abdou Aziz Sy Dabakh, avait pourtant été confirmé à la tête de la mosquée, tandis que les Imams Ndiaye et Ndoye étaient désignés comme suppléants.

Mais l’équilibre fragile instauré par cette médiation n’a tenu que quelques mois. En mars 2025, la tension a culminé lorsque de jeunes fidèles, réputés proches de l’ancien maire Barthélémy T. Dias, ont tenté de bloquer la direction de la prière de Korité par l’Imam Khalifa Ndiaye. Malgré l’intervention de la police, c’est finalement l’Imam Oumar Ndoye qui avait dirigé la prière, en violation de l’accord initial.

Le dernier rebondissement s’est produit le vendredi 2 mai 2025, lorsque l’imam Ratib Ousmane Diop a publiquement interdit à El Hadji Khalifa Babacar Ndiaye d’officier dans l’enceinte de la mosquée. Cette annonce, faite en pleine prière, a provoqué des remous parmi les fidèles, choqués par la tournure des événements. L’Imam Khalifa Ndiaye, récusant cette décision, a immédiatement saisi le sous-préfet des Almadies et le commissaire de police de Dieuppeul pour annoncer son intention de diriger la prière de l’après-midi, malgré l’interdiction.

Face à la menace d’un affrontement entre fidèles, les autorités ont convoqué une réunion de crise. Celle-ci s’est soldée par la fermeture pure et simple de la mosquée. Dès lors, un dispositif policier a été déployé aux alentours du lieu saint pour prévenir tout débordement.

Alors que la communauté reste sous le choc, certains appellent déjà à une nouvelle médiation. Des voix s’élèvent pour que l’ANIS reprenne son rôle d’arbitre, en réunissant les parties prenantes pour rétablir la paix et la cohésion. L’objectif : sortir de cette impasse qui empêche les fidèles de pratiquer leur religion dans la sérénité.

Campagne agricole 2025-2026 : le ministre Mabouba Diagne met en place un dispositif strict de supervision

En prélude à la campagne agricole 2025-2026, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, a publié une circulaire détaillée encadrant la supervision, le contrôle et le suivi de la distribution des intrants agricoles à travers le pays. Cette mesure vise à garantir transparence, rigueur et équité dans la mise en œuvre des opérations.

La circulaire instaure une Commission nationale (CN) de supervision, présidée par le ministre ou son représentant, avec le ministre des Forces armées comme vice-président et le directeur de l’Agriculture comme secrétaire. Elle sera chargée de la coordination globale du dispositif et du suivi national des opérations relatives aux semences et fertilisants.

Au niveau local, des commissions décentralisées seront mises en place par arrêté des autorités administratives, adaptées au contexte de chaque circonscription. Ces arrêtés doivent être transmis au ministère au plus tard le 7 mai 2025.

Le ministre Diagne impose une série de mesures strictes :

  • Chaque bénéficiaire doit se présenter personnellement, muni de sa carte d’identité nationale, accompagné de son chef de village ou de quartier.
  • Aucune délégation ne sera autorisée sans l’accord explicite de l’autorité compétente.
  • Les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) — armée, gendarmerie, police, douanes — seront mobilisées pour sécuriser les stocks, surveiller les déchargements et garantir le bon déroulement des livraisons.
  • Les magasins de stockage seront placés sous surveillance permanente.
  • En cas d’irrégularité flagrante, les FDS pourront intervenir sur requête des commissions ou de tout témoin.

Les commissions locales devront produire un rapport hebdomadaire, sous la responsabilité du sous-préfet ou de son représentant, avec participation obligatoire des FDS. Les chefs de service départemental du développement rural assureront la remontée quotidienne des données au niveau régional.

Enfin, tout fournisseur défaillant devra être signalé sans délai aux autorités compétentes. À noter que la fonction de membre de commission est bénévole.

Avec ce nouveau dispositif, le ministère entend poser les bases d’une gouvernance agricole rigoureuse, en rupture avec les pratiques opaques souvent dénoncées par les producteurs.

Passy : 650 élèves du lycée Moustapha Ka enrôlés pour l’obtention de leur carte d’identité nationale

Une mission de proximité administrative a permis à 650 élèves du lycée Moustapha Ka de Passy de déposer leur demande de carte d’identité nationale directement dans leur établissement. L’opération, menée par une équipe de la Direction de l’autonomisation des fichiers (DAF), a été saluée comme une réponse concrète aux défis d’accès aux services administratifs dans certaines zones rurales.

Le proviseur du lycée, Ousmane Ba, s’est félicité de cette initiative qui tombe à point nommé pour les élèves en classe de terminale. « Ils peuvent certes passer le baccalauréat avec leur carte d’identité scolaire, mais ne pourront pas retirer leur diplôme sans la carte nationale d’identité. Ce déplacement facilite donc leur parcours, tout en profitant également aux élèves des niveaux inférieurs », a-t-il expliqué.

De son côté, le sous-préfet de l’arrondissement de Djilor, Pape Amadou Ngom Ba, a salué cette mission tout en attirant l’attention sur les difficultés structurelles que connaissent les communes environnantes. « Djilor compte sept communes mais un seul centre d’enrôlement. Nous lançons un appel au ministre de l’Intérieur et au directeur de la DAF pour l’ouverture d’un centre permanent dans l’arrondissement », a-t-il plaidé.

Selon lui, cette concentration des services d’enrôlement dans un seul lieu crée des inégalités d’accès, notamment pour les populations des zones enclavées, souvent obligées de parcourir de longues distances pour se faire identifier.

La réussite de cette opération pilote soulève la question de sa généralisation à d’autres établissements scolaires du pays, notamment en milieu rural. La carte nationale d’identité étant devenue un document indispensable non seulement pour les démarches administratives mais aussi pour l’accès à certaines opportunités (examens, bourses, concours), la décentralisation de son enrôlement reste un enjeu majeur de l’inclusion citoyenne.

Pacte de stabilité sociale : Le SYTJUST dénonce son exclusion et annonce la reprise de la mobilisation

Au lendemain de la signature du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable, le Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) est monté au créneau pour exprimer sa colère et sa frustration. Dans un communiqué transmis à la presse ce vendredi 2 mai, le syndicat fustige « l’exclusion injustifiée » du secteur judiciaire de cet accord conclu entre le gouvernement et plusieurs organisations syndicales à l’occasion de la Fête du Travail.

« Aucune des doléances portées par les travailleurs de la Justice n’a été satisfaite. Le secteur a été tout simplement ignoré dans ce pacte », déplore le SYTJUST, visiblement amer face à ce qu’il qualifie de marginalisation délibérée.

Selon le syndicat, cette omission est d’autant plus préoccupante que le secteur judiciaire connaît depuis plusieurs années une accumulation de revendications non satisfaites, touchant notamment aux statuts des agents, aux conditions de travail, à la rémunération et aux infrastructures.

En réaction, le SYTJUST affirme ne plus se sentir lié par les engagements issus du pacte signé le 1er mai, et annonce « la reprise du combat pour la satisfaction de ses revendications ». Cette mobilisation pourrait entraîner de nouveaux mouvements d’humeur dans les juridictions et perturber sérieusement le fonctionnement du service public de la Justice dans les jours à venir.

Le syndicat n’a pas encore précisé la nature des actions envisagées, mais des grèves, des sit-in ou des ralentissements d’activités ne sont pas à exclure.

Le Pacte national de stabilité sociale, salué par le gouvernement comme une avancée majeure en faveur du dialogue social, commence ainsi à susciter des remous. Alors qu’il visait à instaurer un climat de sérénité pour favoriser les réformes économiques, l’exclusion de certaines corporations — comme celle des travailleurs de la Justice — risque de fragiliser sa portée.

Kaolack / Éducation : Les principaux de collèges à l’école de la gestion administrative, financière et des ressources humaines

Dans le cadre de la réforme continue du système éducatif sénégalais, une session de formation s’est tenue ce vendredi 2 mai 2025 à Kaolack, réunissant les principaux de collèges venus des quatre Inspections de l’Éducation et de la Formation (IEF) relevant de l’Inspection d’Académie (IA) de Kaolack.

Cette session de deux jours, initiée par le Collectif des Chefs d’Établissement avec l’appui de l’IA et des quatre IEF (Kaolack commune, Kaolack département, Guinguinéo et Nioro du Rip), vise à renforcer les compétences des chefs d’établissement en matière de gestion administrative, pédagogique, financière et en ressources humaines. Au total, 92 principaux de collèges, un représentant des écoles privées, un du BTS, ainsi qu’un représentant des écoles catholiques prennent part à cette rencontre.

« Chaque année, nous élaborons un Plan de Travail Annuel (PTA). Le premier point de ce plan consiste à organiser une formation initiale pour les chefs d’établissement, notamment les nouveaux promus à la rentrée. Nous demandons à l’IA de prendre en charge cette formation. Cette seconde phase est axée sur la gestion financière, matérielle, administrative, ainsi que sur la gestion des ressources humaines », a expliqué Jacques Diouf, président du Collectif des Chefs d’Établissement de la région de Kaolack.

Il a également souligné une problématique majeure : « Au Sénégal, il n’existe pas encore d’école de formation pour les chefs d’établissement. Pourtant, ces derniers sont souvent d’anciens enseignants qui, du jour au lendemain, se retrouvent promus à des postes de responsabilité. S’ils ne sont pas formés ou s’ils ne maîtrisent pas les tâches à accomplir, il sera difficile d’atteindre l’excellence scolaire. »

Selon M. Diouf, le collectif joue un rôle fondamental dans le système éducatif : « Le Collectif des Chefs d’Établissement est un partenaire des IA et des IEF. C’est une structure d’accompagnement et d’alerte qui permet de faire remonter les dysfonctionnements constatés sur le terrain auprès de la hiérarchie, que ce soit les IEF, l’IA, les parents d’élèves ou le ministère. »

Il a conclu en insistant : « Ils sont au total 92 principaux de collèges, 2 directeurs de BTS, 1 représentant des écoles privées et 1 des écoles catholiques. Cela prouve que pour avoir une école de qualité, cela doit être un travail collectif. »

Présent à cette session, l’inspecteur Moustapha Ndiaye, représentant de l’IA Samba Diakhaté, a salué cette initiative qu’il juge venue à point nommé. « Très souvent, en tant que chef d’établissement, on est tenu de respecter les textes. Mais il faut savoir les appliquer avec souplesse, car une rigueur excessive peut engendrer des conflits, et là où il y a conflit, l’échec n’est jamais loin. C’est pourquoi ces principaux de collèges doivent être accompagnés par de telles formations », a-t-il souligné.

Levée de son immunité parlementaire : Ndèye Saly Diop clame son innocence et dénonce une “diffamation”

Accusée dans le cadre de la gestion des fonds Covid-19, l’ancienne ministre de la Famille et députée Ndèye Saly Diop Dieng a vu son immunité parlementaire levée ce vendredi par 110 voix pour, 14 contre. Une décision qui ouvre la voie à des poursuites judiciaires pour enrichissement illicite présumé et complicité dans le dossier révélé par la Cour des comptes.

Face à ses collègues de l’Assemblée nationale, Ndèye Saly Diop a pris la parole avec gravité : « Je me présente aujourd’hui devant vous, l’âme sereine, portant la dignité d’une républicaine engagée », a-t-elle lancé, rappelant ses 40 ans de service public, dont cinq en tant que ministre.

Rejetant fermement les accusations, elle a qualifié le dossier de « politique » et a dénoncé une « diffamation ». « Je n’ai été ni complice, ni témoin passif de quelconque enrichissement illicite. Ma vie est un livre ouvert, mon patrimoine connu », a-t-elle déclaré.

Elle a aussi évoqué son action durant la pandémie, affirmant avoir suivi les directives du président Macky Sall, en mettant en œuvre une stratégie de protection des enfants en situation de rue : « 5089 enfants ont été retirés de la rue, nourris et rendus à leur famille. Il n’y a eu ni détournement, ni enrichissement. Il y a eu une action humanitaire menée avec dévouement. »

Confiant dans la suite judiciaire, elle a conclu : « Que la lumière soit faite, que les pièces justificatives soient examinées, que les bénéficiaires soient entendus. Je pense que la vérité triomphera. »

“Na Dougou” de Mia Guissé : un but ou un blasphème ?

Il y a des chansons qui font danser, d’autres qui font penser. Et puis, parfois, surgit un ovni sonore comme « Titulaire » de Mia Guissé, qui ne se contente ni de faire bouger les hanches ni de stimuler les neurones, mais qui fait comparaître — au tribunal de l’opinion publique.

Le refrain, « Na dougou » (“qu’il entre”), est devenu un cri de guerre pour certains, un signal d’alarme pour d’autres. L’artiste, pour sa défense, sort la carte du football : na dougou, c’est le ballon qui entre, pas le démon. Pourtant, dans un pays où les métaphores ne sont jamais innocentes, le malentendu est devenu viral.

Mame Matar Guèye de l’ONG Jamra, jamais en retard quand il s’agit de condamner les dérapages culturels, y voit une passe en profondeur vers Sodome et Gomorrhe. L’un voit un but, l’autre voit un gouffre. Et la chanson devient le terrain d’un match idéologique : liberté artistique contre décence publique.

Ironie du timing : Mia a publié le morceau à la veille du choc Barça–Inter. Hasard ou vision ? Elle aurait, selon ses fans, “marqué” avant le coup d’envoi. Visionnaire ou provocatrice ? La réponse dépend du poste qu’on occupe sur le terrain : attaquant culturel ou défenseur des valeurs.

Mais si la chanson choque, ce n’est pas seulement pour ses paroles, c’est pour son combo explosif : texte suggestif, tenues osées, chorégraphie sensuelle. L’ensemble ressemble à une déclaration d’indépendance artistique… signée dans un night-club.

La réplique de Jamra ne s’est pas fait attendre : accusation de pornographie verbale, appel à la censure, et menace d’une mise hors-jeu définitive pour Mia Guissé. Mais le paradoxe est là : des contenus bien plus crus inondent les plateformes, en anglais, en français, sans provoquer autant de cris d’orfraie. Ce qui dérange ici, c’est que le vice parle wolof — une langue supposée porter la sagesse, pas l’audace.

Quant à la famille de l’artiste, elle crie à la chasse aux sorcières morales. Mais en coulisse, certains murmurent : défendre la liberté d’expression, oui… mais n’aurait-il pas fallu rappeler à Mia que même sur un terrain de foot, on porte au moins un short — fut-il métaphorique ?

Alors, “Na dougou”, hymne générationnel ou provocation gratuite ? À chacun son interprétation. Mais une chose est sûre : Mia Guissé a marqué. En pleine lucarne.

Kaolack / Fête du 1er Mai : La Coalition des Centrales Syndicales énumère ses préoccupations et remet un cahier de doléances au Gouverneur

À l’occasion de la fête du 1er Mai, les travailleurs de la capitale du Saloum, regroupés au sein de cinq centrales syndicales affiliées à la CSI — la CNTS/FC, l’UDST, l’UNSAS, la CSA et la CNTS — ont célébré la Journée internationale du travail dans une dynamique d’unité syndicale et de continuité dans les revendications.

Les syndicalistes ont organisé une marche à travers les artères de la ville, avant de remettre un cahier de doléances à l’adjoint au gouverneur chargé du développement.

Selon Ngagne Siry Lo Diop, secrétaire générale de l’Union régionale de la CNTS de Kaolack et coordonnatrice de la coalition des cinq centrales syndicales affiliées à la CSI dans la région, « nous célébrons le 1er Mai dans un contexte d’unité syndicale. Nos préoccupations sont nombreuses, car plusieurs secteurs rencontrent d’énormes difficultés. Dans le secteur de l’éducation, par exemple, les décisionnaires attendent toujours leur régularisation. Dans le secteur de l’eau, notamment chez Flex’eau, des licenciements ont été enregistrés. Le secteur du gardiennage, celui de la boulangerie, entre autres, sont également confrontés à de nombreux problèmes. Tous ces points ont été intégrés dans le cahier de doléances remis au gouverneur », a-t-elle déclaré.

En réponse, l’adjoint au gouverneur de Kaolack en charge du développement, Mamadou Habib Camara, a rassuré les syndicalistes quant à la prise en compte de leurs revendications. « Ce document, fruit de réflexions partagées, exprime les attentes, les préoccupations et les revendications légitimes des travailleuses et travailleurs de notre région. Qu’il s’agisse de meilleures conditions de travail, de justice sociale, de sécurité au travail ou de revalorisation salariale, je mesure l’importance des points que vous avez soulevés. Je tiens à vous assurer que ce cahier fera l’objet d’une étude minutieuse. Un CRD spécial lui sera consacré. À son issue, les doléances pouvant être satisfaites au niveau régional le seront, s’il plaît à Dieu. Quant aux autres, elles seront transmises aux autorités compétentes au niveau national », a-t-il déclaré.

LE PARQUET, BRAS ARMÉ DE L’EXÉCUTIF POUR UNE JUSTICE DES VAINQUEURS .

L’actualité judiciaire au Sénégal, et plus particulièrement à Dakar, soulève de plus en plus de préoccupations quant à l’indépendance et à la neutralité du ministère public. La récurrence de procédures dirigées contre des chroniqueurs, journalistes ou opposants critiques à l’égard du pouvoir laisse entrevoir un glissement préoccupant : celui d’un usage stratégique de la procédure pénale à des fins politiques.

Ce phénomène devient particulièrement visible lorsque le parquet choisit délibérément de saisir un juge d’instruction, au lieu de renvoyer directement une affaire devant le tribunal des flagrants délits. Ce choix procédural, apparemment légal, peut masquer en réalité un détournement de finalité de l’action publique.

I. La saisine stratégique du juge d’instruction par le Parquet : un usage dévoyé du pouvoir de poursuite

En droit sénégalais, comme dans d’autres systèmes de tradition civiliste, le parquet dispose d’un pouvoir d’appréciation pour décider de la manière dont il entend exercer l’action publique. Il peut saisir le juge d’instruction lorsqu’il estime que les faits sont complexes, graves ou nécessitent des investigations approfondies. À l’inverse, les affaires plus simples, et notamment celles révélées en flagrance, peuvent faire l’objet d’une comparution immédiate devant le tribunal correctionnel ou des flagrants délits.

Cependant, lorsque le parquet opte pour l’ouverture d’une information judiciaire dans une affaire manifestement simple, touchant des chroniqueurs, des opposants et des activistes critiques vis-à-vis du régime, la question d’un détournement de procédure se pose. En effet, le juge d’instruction permet, entre autres, le placement en détention provisoire prolongée, ce qui peut devenir un outil de neutralisation politique.

Ce détournement repose sur une pratique juridiquement qualifiable : le détournement de pouvoir . Il consiste à utiliser une compétence légalement attribuée pour un objectif autre que celui qui la justifie. Ainsi, une procédure d’instruction, normalement dédiée à la recherche de la vérité judiciaire, devient un moyen de répression ciblée.

II. Une atteinte manifeste au principe du procès équitable et aux droits fondamentaux.

D’abord , le principe d’égalité des justiciables devant la loi et la justice est compromis. L’usage différencié de la procédure selon le profil politique ou médiatique d’un prévenu constitue une rupture d’égalité.

Ensuite , le principe d’impartialité du parquet se trouve affaibli. Le ministère public, censé représenter la société dans son ensemble, devient de facto une extension de l’exécutif. Cette perte de neutralité connue de tous comme baleine sous cailloux, viole les standards internationaux, notamment l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui impose une procédure équitable devant des instances impartiales.

Enfin , ces pratiques peuvent déboucher sur une atteinte à la liberté d’expression et une privation arbitraire de liberté. En maintenant en détention provisoire un journaliste ou un chroniqueur, non pas pour des raisons judiciaires légitimes, mais pour faire pression ou dissuader toute critique, l’État viole des libertés garanties par la Constitution sénégalaise et par les traités internationaux auxquels il a souscrit.

III. Une réforme du statut du parquet est nécessaire.

Le fond du problème réside dans le lien organique et hiérarchique entre le parquet et le pouvoir exécutif. Ce lien favorise les pressions politiques, surtout dans les affaires sensibles. Plusieurs pays ont déjà opéré des réformes tendant à renforcer l’indépendance fonctionnelle du ministère public.

La garantie procédurale que le choix du mode de saisine (instruction ou flagrant délit) soit motivé, transparent, et susceptible de contrôle juridictionnel pour mieux respecter les droits de la défense.

La justice pénale ne saurait devenir une arme de dissuasion politique ni l’arbitre du debat politique. Si tel le cas, il accréditerait la thèse selon laquelle: LA JUSTICE AGIT SOUS LA DICTÉE DE L’EXÉCUTIF. Lorsque le parquet agit en dehors de la logique judiciaire pour servir des intérêts partisans, la confiance du public dans l’institution judiciaire est irrémédiablement entamée.

Préserver l’état de droit au Sénégal impose de repenser en profondeur le statut, le rôle et la responsabilité du ministère public. Car dans une démocratie saine, le parquet n’est pas un auxiliaire du pouvoir : il est le garant de l’intérêt général, sans peur ni faveur.

 » La justice doit être un outil de stabilité sociale et d’équité, mais pas un instrument pour régler des comptes personnels ou claniques « 

HONORABLE MOUSSA DIAKHATÉ PRÉSIDENT NOUVEL ÉLAN LIBÉRAL-NEL Ngir Sénégal Bi Gën

1er Mai : L’UDEN départemental de Kaolack prône une revalorisation salariale et une politique éducative sérieuse

En ce 1er mai, journée de solidarité internationale des travailleurs et travailleuses, les membres de l’Union Démocratique des Enseignantes et Enseignants du Sénégal (UDEN) du département de Kaolack se sont réunis pour célébrer les luttes des travailleurs du monde entier, mais aussi pour réaffirmer leur engagement à défendre les droits des enseignantes et enseignants, et œuvrer pour une éducation de qualité pour tous.

« Aujourd’hui, nous ne célébrons pas seulement le travail, mais aussi la dignité des travailleurs, en particulier celle des enseignantes et enseignants, véritables architectes de l’avenir de notre pays. Ce sont eux qui, chaque jour, transmettent le savoir, forment les citoyens de demain et participent activement à l’édification de notre Nation », a souligné Abdoulaye Dia, Secrétaire général départemental de l’UDEN à Kaolack, par ailleurs membre du bureau national chargé du suivi des revendications.

Il a rappelé que le 1er mai est à la fois une journée de lutte et d’espoir, un moment pour honorer la mémoire de ceux qui ont payé de leur engagement afin que les travailleurs d’aujourd’hui puissent jouir de droits et de protections sociales. « Nous poursuivons leurs luttes avec détermination. Il est impératif que nous nous levions ensemble pour un système éducatif plus juste, plus équitable, et surtout plus respectueux de ceux qui œuvrent quotidiennement pour sa réussite », a-t-il déclaré.

M. Dia a également dénoncé les nombreux défis auxquels les enseignants sont confrontés au Sénégal : sous-rémunération, manque de moyens pour exercer dans de bonnes conditions, surcharge des programmes, absence de formation continue et reconnaissance institutionnelle insuffisante. « Ces problèmes ne sont pas nouveaux, mais ils se font de plus en plus pressants », a-t-il insisté.

Face à cette situation préoccupante, l’UDEN départemental de Kaolack appelle les nouvelles autorités à prendre des mesures urgentes et concrètes pour répondre aux revendications légitimes du corps enseignant. « Il est grand temps d’instaurer une politique éducative sérieuse, ambitieuse, et de reconnaître à leur juste valeur celles et ceux qui portent l’éducation nationale à bout de bras », a plaidé le syndicat.

L’UDEN réaffirme ainsi son engagement à poursuivre le combat pour une revalorisation salariale décente, des conditions de travail dignes et la reconnaissance pleine et entière du rôle fondamental des enseignants dans la société.

1er mai : L’APR fustige la gouvernance actuelle et dénonce la précarisation des travailleurs

À l’occasion de la Fête internationale du Travail, le Secrétariat exécutif national (SEN) de l’Alliance pour la République (APR) a saisi l’opportunité pour adresser un sévère réquisitoire contre le régime du président Bassirou Diomaye Faye. Dans une déclaration publiée ce 1er mai, le parti de l’ancien chef de l’État Macky Sall accuse les nouvelles autorités de « précariser les travailleurs » et de « détruire l’héritage social » construit sous la gouvernance précédente.

Dans son communiqué, l’APR affirme que l’arrivée au pouvoir du nouveau régime a marqué un tournant négatif dans la vie des travailleurs sénégalais. Le parti déplore la suspension de plusieurs acquis sociaux, tels que la Couverture maladie universelle (CMU), les bourses de sécurité sociale et la revalorisation salariale, initiatives qu’il attribue à l’ère Macky Sall.

« Le Président Macky Sall et l’APR ont toujours inscrit leur action dans la conviction que le travail est un levier d’inclusion et de progrès social », rappelle le texte, soulignant les avancées obtenues au cours des douze dernières années, notamment à travers la tenue de conférences sociales et la consolidation du dialogue social.

Le SEN de l’APR accuse le gouvernement actuel de provoquer un « blocage économique » et de favoriser les licenciements abusifs dans plusieurs entités publiques stratégiques, dont la CDC, le Port autonome de Dakar, le FONGIP ou encore la SAPCO.

Le parti met également en garde contre un retour aux « ajustements structurels » qui, selon lui, pourraient découler d’un affaiblissement de la crédibilité économique du pays. La récente polémique autour du rapport de la Cour des comptes est citée comme un facteur aggravant de la méfiance nationale et internationale.

Au-delà des questions économiques et sociales, l’APR dénonce un « climat de terreur » marqué par des « arrestations arbitraires » visant des opposants, des journalistes et des chefs d’entreprise. Le parti avance que plus de 300 organes de presse seraient aujourd’hui « à l’arrêt », sans fournir de précisions chiffrées ou vérifiées.

Cette situation est, selon le communiqué, le reflet d’une « politique de règlement de comptes » qui porterait atteinte à la démocratie, à la liberté d’expression et à la cohésion nationale.

Face à ce qu’il qualifie de « dérives dictatoriales », l’APR appelle à une mobilisation nationale de « tous les démocrates et républicains » pour défendre les acquis sociaux et les libertés fondamentales. Le parti exige également la réintégration des travailleurs « injustement licenciés » et exprime sa solidarité envers tous ceux qui sont en lutte pour leurs droits.

Fête du Travail : Le président Diomaye Faye réaffirme l’engagement du gouvernement envers les travailleurs

À l’occasion de la célébration de la fête internationale du Travail, ce jeudi 1er mai 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’est adressé à la nation pour exprimer son soutien indéfectible aux travailleuses et travailleurs du Sénégal. Dans un message solennel publié sur ses réseaux officiels, le chef de l’État a réaffirmé « l’attachement profond » de son gouvernement aux valeurs de dialogue social, de dignité, de justice et d’équité dans le monde du travail.

« Le gouvernement répondra avec rigueur et responsabilité aux engagements qu’il a souscrits », a-t-il déclaré, saluant le rôle essentiel des travailleurs dans la construction d’un Sénégal souverain, juste et prospère.

Conscient des défis économiques actuels, le président Faye a souligné la nécessité d’une cohésion nationale autour d’objectifs communs. Il a annoncé la poursuite de réformes ambitieuses pour renforcer la protection des travailleurs, améliorer leurs conditions de vie et bâtir un environnement favorable à un travail décent.

« Face aux défis économiques actuels, nous continuerons à promouvoir des réformes ambitieuses pour garantir un travail décent, consolider notre pacte de stabilité sociale et bâtir ensemble le Sénégal que nous voulons », a-t-il insisté.

Depuis son investiture, le président Diomaye Faye a multiplié les signaux en faveur d’une gouvernance basée sur l’écoute et la concertation. Cette déclaration du 1er mai s’inscrit dans cette volonté de renforcer la confiance entre les partenaires sociaux et les autorités publiques. Elle intervient alors que plusieurs syndicats attendent des mesures concrètes sur l’emploi des jeunes, la sécurité sociale, le pouvoir d’achat et le respect des conventions collectives.

Alors que le président tend la main au dialogue, les principales centrales syndicales du pays ont, de leur côté, saisi l’occasion pour renouveler leurs revendications. Amélioration des salaires, revalorisation des pensions de retraite, meilleure couverture médicale, fin des contrats précaires dans la fonction publique : les attentes sont nombreuses.

1er Mai : Ousmane Sonko scelle un Pacte de stabilité sociale et tend la main au patronat

En cette journée symbolique du 1er mai, le Premier ministre Ousmane Sonko a marqué un tournant dans le dialogue social sénégalais. Lors de la cérémonie de signature du Pacte de stabilité sociale, réunissant le gouvernement, les syndicats et le patronat, le chef du gouvernement a prononcé un discours fort, placé sous le signe de la transparence, de la concertation et de la rupture avec les pratiques du passé.

Face aux acteurs du monde du travail et aux représentants du secteur privé, Sonko a promis une gouvernance claire et responsable. “Je peux vous assurer que nous serons une maison de verre. Nous serons transparents avec vous”, a-t-il lancé, annonçant que la prochaine loi de finances rectificative serait élaborée en concertation avec tous les partenaires économiques. “Tout sera discuté, mais la décision reviendra à l’État”, a-t-il précisé.

Le Premier ministre a dressé un diagnostic sans détour du modèle économique du pays, qu’il a qualifié de “mauvais modèle de développement”, incapable de créer suffisamment de richesse. Il a plaidé pour une économie souveraine, fondée sur la transformation locale, la substitution des importations et la création de valeur ajoutée au niveau national.

Conscient des tensions sociales actuelles, il a présenté le pacte comme un outil pour consolider la paix sociale et faciliter les réformes structurelles à venir. “On ne peut pas construire une économie solide tout en luttant contre un front social en ébullition”, a-t-il rappelé, tout en dédouanant syndicats et patronat des causes profondes des difficultés du pays. “Le plus grand problème de ce pays, c’était le pouvoir politique”, a-t-il affirmé.

Dans un registre plus politique, Sonko a réaffirmé la volonté de rupture du gouvernement dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye. “Nous avons posé les jalons pour incarner les promesses faites pendant la campagne”, a-t-il déclaré, avant d’insister sur le principe de redevabilité démocratique : “Dans quatre ans, si les Sénégalais estiment que nous avons échoué, ils pourront choisir autre chose.”

Enfin, le Premier ministre a lancé un appel à l’ensemble de ses ministres : dialoguer, écouter et répondre. “La communication est la base de tout”, a-t-il martelé, exhortant son gouvernement à rester connecté aux attentes des citoyens et des partenaires sociaux.

Kaolack – Fête du Travail : l’UDEN hausse le ton face aux lenteurs administratives

À l’occasion de la célébration de la fête du Travail ce jeudi 1er mai 2025, l’Union démocratique des enseignants et enseignantes du Sénégal (UDEN), affiliée à l’UNSAS, section Kaolack 1, a vivement dénoncé les nombreux dysfonctionnements qui minent le système éducatif, en particulier dans la région de Kaolack.

Le secrétaire général de la section, Omar Diallo, entouré de ses camarades, a profité de cette journée symbolique pour dresser un tableau sombre de la situation des travailleurs de l’éducation. « Le paiement des rappels de primes, les indemnités de logement, les heures supplémentaires non versées… Autant de revendications qui restent sans suite », a-t-il déploré.

Parmi les points soulevés, le syndicat insiste sur la régularisation des actes administratifs : avancements, intégrations, titularisations, validation des diplômes… autant de procédures qui traînent depuis des années. « Nous avons des enseignants qui attendent leurs rappels depuis cinq ans, d’autres ne sont toujours pas intégrés dans la fonction publique. C’est inacceptable », a dénoncé M. Diallo.

À cela s’ajoute la dégradation des conditions de travail : manque d’infrastructures scolaires, classes surchargées, équipements pédagogiques insuffisants… Une situation qui, selon le syndicat, compromet la qualité de l’enseignement et démotive les professionnels du secteur. « Ces blocages administratifs ont des conséquences graves : démotivation, baisse de rendement, et parfois même des abandons de poste », a-t-il alerté.

Pour l’UDEN, les promesses faites par les autorités restent largement insuffisantes. Le syndicat menace de durcir le ton si aucune mesure concrète n’est prise avant la fin de l’année scolaire. « Nous n’excluons pas de boycotter les examens », a averti M. Diallo.

1er Mai : Les contractuels de la santé et de l’action sociale interpellent les autorités sur le passif social

À l’occasion de la fête du travail, le Syndicat des agents contractuels de la santé et de l’action sociale du Sénégal (Sacsass), affilié à l’UNSAS, a profité de la journée du 1er mai pour réaffirmer ses revendications. Depuis 2022, ces agents réclament le paiement d’indemnités de logement ou d’indemnités spéciales complémentaires, une revendication restée sans réponse sous l’ancien régime.

Abou Ba, secrétaire général du Sacsass, a appelé les nouvelles autorités à régler ce « passif social » en alignant la situation des contractuels sur celle des agents titulaires de la fonction publique. « C’est une injustice que le régime précédent a laissée comme héritage. Nous attendons que l’État régularise cette situation », a-t-il déclaré, insistant sur l’importance de finaliser le pacte social entamé avec les nouvelles autorités.

Au-delà des indemnités, le syndicat a également remis sur la table la question du statut du personnel des Établissements publics de santé (EPS), autre point sensible des négociations sociales en cours. Le Sacsass affirme sa disponibilité à défendre les intérêts de ses membres auprès des décideurs et à poursuivre le dialogue social, dans un esprit de concertation mais aussi de fermeté.

1er Mai à Cabrousse : La fête traditionnelle “Undo Mayo” officieusement autorisée

La manifestation culturelle “Undo Mayo”, prévue pour ce 1er mai à Cabrousse, a été verbalement autorisée dans la soirée du 30 avril 2025. Selon des sources fiables, le maire d’Oussouye a confirmé cette décision lors d’un entretien téléphonique. Toutefois, aucune note officielle n’a encore été publiée par les autorités administratives compétentes pour entériner cette autorisation.

La situation a pris une tournure dramatique dans la matinée du 30 avril, lorsque plusieurs jeunes de la commune de Cabrousse ont exprimé leur mécontentement en manifestant sur le chemin menant à la plage. Ils dénonçaient l’arrêté préfectoral interdisant la tenue de la traditionnelle fête “Undo Mayo”, un événement culturel très attendu.

Les maires de Diembéring et d’Oussouye ont vivement critiqué cette interdiction, la qualifiant de mesure arbitraire et demandant à ce que la fête soit célébrée dans le respect des traditions locales. Le climat reste tendu, et la question de l’autorisation officielle demeure un point de friction important dans la commune.

Drame à l’UCAD : une étudiante retrouvée morte dans sa chambre universitaire

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) est en deuil après la découverte, ce mercredi soir, du corps sans vie d’une étudiante dans sa chambre, au sein du campus universitaire. La nouvelle, d’abord relayée sur les réseaux sociaux par Malang Mballo, ancien maire de Saré Bidji, a ensuite été confirmée par un étudiant proche de la victime, tous deux originaires du village de Saré Demba Mballo, dans la région de Kolda.

La jeune femme, dont l’identité n’a pas encore été rendue publique par les autorités, a été retrouvée dans des circonstances encore floues. Son corps a été transféré au centre hospitalier Abass Ndao, où une autopsie est prévue ce vendredi pour déterminer les causes exactes du décès.

Selon certaines sources, la thèse du suicide serait envisagée, bien qu’aucune version officielle ne soit pour l’heure confirmée. Une enquête a été ouverte pour faire toute la lumière sur ce drame qui bouleverse la communauté universitaire.

Thiès – Sotracom : Les travailleurs crient leur détresse face à six mois d’arriérés de salaires

À Thiès, les ouvriers du chantier Sotracom, situé sur l’axe Zac–Thiès–EPT, sont à bout. Depuis octobre 2024, ils affirment n’avoir reçu aucun salaire. Sur les 300 travailleurs mobilisés, seuls 43 auraient été partiellement payés. Une injustice que dénonce vigoureusement leur porte-parole, Mountakha Dieng, qui rappelle que tous ont signé des contrats en bonne et due forme. « Nous n’avons rien perçu depuis six mois », a-t-il déclaré face à la presse.

Ce mouvement de colère s’inscrit dans un contexte où le gouvernement affirme avoir réglé une bonne partie des dettes dues aux entreprises du BTP. Pourtant, sur le terrain, les ouvriers disent ne rien avoir vu de ces financements. Une situation qu’ils jugent incohérente avec les discours officiels. « Nous continuons de souffrir en silence pendant que d’autres encaissent », s’indigne un travailleur.

Derrière ces retards de salaires, c’est une profonde crise sociale qui se dessine. De nombreux ouvriers ne peuvent plus envoyer leurs enfants à l’école, ni assurer les repas quotidiens. Les loyers sont impayés, la survie est devenue un combat quotidien. « Nos enfants ne vont plus à l’école. Nous n’arrivons même plus à assurer les repas », confie un ouvrier, la voix brisée par l’émotion.

Face à l’urgence, le collectif de travailleurs interpelle directement les autorités. Il demande une intervention immédiate du gouvernement, du ministère du Travail, mais aussi des responsables de l’entreprise Sotracom. Les ouvriers réclament le paiement intégral des salaires dus et une clarification sur la gestion des fonds publics débloqués pour le secteur.

Si aucune solution n’est trouvée dans les jours à venir, les travailleurs menacent de durcir leur mouvement. Grèves, sit-in ou blocage des travaux sont envisagés. « Trop, c’est trop. Nous n’avons plus rien à perdre », préviennent-ils. Cette crise pourrait bien devenir un test social pour les nouvelles autorités, appelées à agir sans tarder.

1er Mai 2025 : Le PIT-Sénégal dénonce les « dérives sociales » du régime et appelle à la mobilisation des travailleurs

En ce 1er mai 2025, journée dédiée à la célébration du travail, le Parti de l’Indépendance et du Travail du Sénégal (PIT-Sénégal) a dressé un constat alarmant sur la situation sociale du pays. Dans sa déclaration, le parti fustige la politique actuelle du régime, marquée selon lui par une « vague de licenciements arbitraires, une pression fiscale accrue sur les entreprises et une flambée du coût de la vie », affectant durement les populations. Le PIT déplore également le « gel jugé inacceptable des bourses familiales », essentiel pour de nombreux foyers. Face à ces dérives qu’il qualifie « d’antisociales et d’anti-économiques », le PIT-Sénégal lance un appel à la mobilisation générale des travailleurs pour défendre leurs droits et exiger un changement de cap.

In extenso la Déclaration du Secrétariat du Comité Central 

1er MAI 2025 

JOURNÉE INTERNATIONALE DES TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS 
Ce 1er MAI 2025 donne l’occasion de nouveau au PIT- Sénégal de rendre un vibrant hommage à toutes celles et à tous ceux dont les lourds sacrifices ont permis d’appréciables conquêtes sociales et démocratiques pour le monde du travail, que ce soit au Sénégal ou ailleurs dans le monde. 

Cette commémoration se déroule dans un contexte international complexe et incertain, avec des    contradictions et des tensions exacerbées entre les puissances impérialistes découlant, entre autres, de la féroce guerre commerciale déclenchée par le Président Trump, du retour des nationalismes étroits cultivés par les forces populistes d’extrême droite, des attaques réitérées contre le multilatéralisme, de la course au surarmement… 

Des évolutions particulièrement dangereuses venant s’ajouter aux conflits susceptibles de dégénérer en embrasement régional (guerre Russo-Ukrainienne, génocide du peuple palestinien à Gaza, menaces contre l’Iran, tragédie à l’est du Congo avec le soutien du Rwanda au M23…)  En fait, un basculement de la géopolitique mondiale gros de facteurs de crises susceptibles de déclencher une troisième guerre mondiale, dont on voit bien qu’elle correspondrait à une barbare régression de civilisation. 

Un tel contexte amène le PIT- Sénégal à proclamer, aujourd’hui plus qu’hier, que les forces de paix et de progrès doivent renforcer leur mobilisation pour stopper cette course insensée vers le chaos généralisé. 

À cet effet, partout dans le monde, les travailleurs doivent être à l’avant-garde du combat. 

Au Sénégal, le 1er MAI 2025 est célébré sur fond d’inquiétude et d’angoisse des travailleurs. En effet, au lieu d’honorer ses engagements envers le monde du travail, le nouveau régime, depuis son installation, multiplie les attaques contre les droits fondamentaux des travailleurs. Par le biais d’une surprenante et brutale politique de déflation, des dizaines de milliers d’agents publics ont été arbitrairement licenciés dans un climat de haine et de revanche politique inacceptable. Des jeunes, recrutés dans le cadre du programme « Xeyu Ndaw Yi », en ont été les premières victimes : ils ont été renvoyés sans ménagement, ni solution de rechange, comme s’ils n’avaient aucun droit. D’autres, moins jeunes, ont été enlevés de leur poste de travail sous le motif sidérant d’appartenance politique à l’ancien Parti au pouvoir. 

Le PIT- Sénégal se félicite en conséquence de la mise sur pied du Rassemblement National des Travailleurs Licenciés pour recouvrer les droits manifestement piétinés par le régime en place. D’autant que de grandes entreprises privées – dont des segments stratégiques entiers sont en crise du fait des décisions irréfléchies du gouvernement – de même que des PME/PMI fragilisées par la pression fiscale, sont implicitement encouragées à procéder aux mêmes licenciements, au mépris bien souvent de la législation du travail. Il faut ajouter que cette spirale infernale contre le monde du travail aggrave une situation sociale déjà bien difficile pour les populations, avec la flambée des prix des denrées et services de première nécessité.  

Dans le même élan d’offensive contre les droits acquis, le régime est dans l’agression des libertés fondamentales : celles d’opinion, d’expression, de presse, de formes pacifiques de protestation publique. En attestent, entre autres, les nombreux emprisonnements pour délit d’opinion et les sévères et mesquines mesures de musellement de la presse. 

Cependant, ce qui se profile à l’horizon n’est pas moins alarmant. En effet, tout porte à croire que le pays sera replongé dans une politique d’ajustement structurel avec, entre autres, de probables baisses de salaires, la suppression des subventions publiques, de possibles coupes dans les budgets sociaux, et bien d’autres mesures anti-sociales risquant d’être imposées par le FMI lors des négociations de prêts à venir… 

Les Sénégalais sont donc en train d’éprouver, à leur corps défendant, la vacuité des discours populistes, foncièrement démagogiques, qui leur ont été servis pour susciter et entretenir un espoir légitime de changement réel. 

En tout état de cause, le PIT-Sénégal affirme son rejet total de toute démarche visant à faire porter le poids de la crise aux travailleurs et aux couches populaires les plus vulnérables. Dans ce cadre, le PIT-Sénégal dénonce le gel inadmissible des bourses familiales tout en espérant que ce gel ne cache pas une volonté qui ne dit pas son nom de les supprimer. Le PIT réaffirme son engagement aux côtés des masses laborieuses pour faire échec aux offensives antisociales du Gouvernement. Le Parti salue la naissance du Front Syndical pour la Défense du Travail qui rassemble toutes les confédérations et centrales syndicales du pays, aux fins de protection des emplois, des acquis sociaux et pour le respect de la législation du travail et des   libertés fondamentales dont le droit syndical. 

Pour le PIT-Sénégal, il ne peut y avoir de PACTE SOCIAL crédible et viable sans garantie concernant les emplois et des salaires décents, le strict respect de la législation du travail, sans des perspectives claires et précises d’un dialogue social permanent, franc, sincère et productif. De même, le PIT considère qu’il ne peut y avoir de relance économique véritable sans apurement de la dette intérieure. 

Au total, en ce 1er MAI  2025, le Parti de l’Indépendance et du Travail du Sénégal en appelle à la mobilisation générale des travailleurs. D’une part, contre toutes les dérives antisociales et anti-économiques du régime, contre la vie chère, contre le chômage et notamment celui des jeunes et, d’autre part, pour des mesures fortes   d’apaisement   du délétère climat social et politique qui fragilise l’unité et la cohésion nationales. 

VIVE LE 1er MAI ! 
VIVE LES TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS DU SÉNÉGAL ET DU MONDE ! 
VIVE LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE AGISSANTE DES TRAVAILLEURS ET DES PEUPLES !

1er Mai 2025 : La Ligue Démocratique dénonce une “liquidation sociale” et appelle à la résistance

À l’occasion de la fête du travail, la Ligue Démocratique (LD) a publié une déclaration sans concession sur la situation sociale au Sénégal. Dans un ton alarmiste, le parti d’opposition évoque une « liquidation sociale » orchestrée par le gouvernement, marquée, selon elle, par des vagues de licenciements, des atteintes aux libertés médiatiques et une détérioration généralisée des conditions de vie.

Selon la LD, le Sénégal traverse une « blessure sociale béante ». Le secteur du BTP, autrefois moteur d’emplois, serait à l’arrêt, avec des milliers d’ouvriers remerciés et des chantiers suspendus. Le parti pointe du doigt une « gestion comptable irresponsable », qu’il assimile non pas à de simples mesures d’austérité, mais à une « démolition délibérée des acquis sociaux ».

Le parti dénonce également les 30 000 licenciements dans la fonction publique, les qualifiant d’« acte de piétinement des familles sénégalaises », réalisé sans concertation ni dispositifs d’accompagnement. Pour la LD, il ne s’agit pas d’une réforme structurelle mais d’une manœuvre à visée clientéliste, destinée à favoriser des recrutements partisans.

Autre point de tension soulevé dans le communiqué : la situation des médias au Sénégal. La Ligue Démocratique révèle que 381 organes de presse sur 639 ont été déclarés non conformes par le ministère de la Communication. Elle y voit une volonté de museler les voix critiques. « Asphyxier l’information, c’est mutiler la conscience citoyenne », déclare le parti, qui accuse le pouvoir en place de substituer le débat démocratique à une « propagande d’État ».

La LD s’indigne également du maintien de prix « scandaleusement élevés » du carburant et de l’électricité, malgré la baisse des cours mondiaux du pétrole. Elle dénonce la suspension des bourses de sécurité familiale, qui aurait privé des milliers de foyers vulnérables de leur ultime filet de protection, dans un contexte marqué par une campagne agricole jugée catastrophique.

Face à ce qu’elle qualifie de « régression inacceptable », la Ligue Démocratique lance un appel à l’unité des travailleurs, syndicats et mouvements progressistes. Le texte exhorte les anciennes figures des luttes sociales à sortir de leur silence, estimant que le pays se trouve à un « point de bascule ».

1er Mai 2025 : Le président Bassirou Diomaye Faye rend hommage aux travailleurs et insiste sur le dialogue social

À l’occasion de la fête internationale du travail, célébrée ce jeudi 1er mai 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a adressé un message fort à l’ensemble des travailleurs sénégalais. Lors du Conseil des ministres du 30 avril, il a salué « la contribution déterminante des travailleurs à la stabilité sociale et au développement économique du pays », exprimant ses « chaleureuses félicitations, ses encouragements et son soutien permanent » à leur endroit.

Dans un contexte économique marqué par des réformes et des attentes sociales élevées, le Chef de l’État a mis un accent particulier sur la nécessité de renforcer le dialogue social. Il a instruit le gouvernement d’œuvrer, en concertation avec les syndicats, à consolider les mécanismes d’écoute et de négociation, dans le respect des droits des travailleurs et des engagements internationaux du Sénégal.

Parmi les mesures prioritaires évoquées :

La promotion du travail décent, en conformité avec le Code du travail et les conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) ; Le repositionnement de l’administration du travail, afin d’en améliorer l’efficacité, les moyens d’action et la proximité avec les réalités du terrain ; La réactivation des comités d’hygiène et de sécurité au travail dans tous les ministères, avec une actualisation du cadre réglementaire pour prévenir les risques professionnels et améliorer les conditions de travail.

Le président Diomaye Faye a également annoncé qu’il recevra, dans l’après-midi du 1er mai, les responsables des principales centrales syndicales, à l’occasion de la traditionnelle remise des cahiers de doléances. Cette rencontre, hautement symbolique, s’inscrit dans une volonté affichée de renouer avec une gouvernance sociale fondée sur la concertation, le respect et la transparence.

Lutte contre les moustiques : Dakar lance une vaste opération de saupoudrage et de traitement anti-larvaire

Dans le cadre de la lutte contre les maladies vectorielles, les autorités sanitaires de la capitale sénégalaise passent à l’action. Ce mercredi soir, à partir de 23 heures, une vaste opération de lutte contre les moustiques sera lancée dans plusieurs communes de Dakar. L’adjudant Malèye Diop, commandant de la Brigade départementale d’hygiène, a officiellement annoncé le début de cette campagne.

Cette opération, menée par la sous-brigade départementale d’hygiène de Dakar, vise à éradiquer les moustiques, principaux vecteurs de maladies telles que le paludisme et la dengue. Ces maladies continuent de représenter une menace sanitaire, notamment dans les quartiers urbains densément peuplés de la ville.

La première phase de l’opération ciblera plusieurs zones à haut risque, notamment les communes de Fann-Point E-Amitié, Mermoz, Ouakam, Yoff, Grand-Yoff, Patte d’Oie, Parcelles Assainies et Cambérène. Ces quartiers seront traités de manière intensive, dans l’objectif de réduire la prolifération des moustiques à l’approche de la saison des pluies.

Pour assurer le succès de cette campagne, des mesures spécifiques ont été mises en place. Les autorités sanitaires demandent aux vendeurs de denrées alimentaires des zones ciblées de cesser toute activité commerciale dès 22 heures, afin de limiter tout risque de contamination durant l’opération. Par ailleurs, la population est invitée à rester chez elle pendant la nuit par précaution sanitaire et environnementale.

Recrutement de 2 000 enseignants : des syndicats exigent un concours et plus de transparence

L’annonce par le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, du recrutement de 2 000 enseignants continue de faire réagir. Si le projet est salué pour son ambition de renforcer les effectifs du système éducatif, des voix syndicales s’élèvent pour critiquer le processus jugé opaque et peu démocratique.

Face aux défis structurels persistants du secteur — surcharge des classes, déficit de personnel enseignant, taux d’encadrement faible —, le gouvernement a lancé un appel à candidatures. Plus de 127 000 dossiers ont été déposés sur la plateforme Mirador, avant la date de clôture fixée au 1er février 2025.

Ce chiffre témoigne à la fois de l’engouement des jeunes diplômés pour l’enseignement, mais aussi de la tension sur le marché de l’emploi. Pourtant, malgré cet élan, les syndicats d’enseignants ne cachent pas leurs réserves.

Au micro de la RFM, Hamidou Diédhiou, secrétaire général du Syndicat des Enseignants Libres du Sénégal (SELS), a été clair : « Il faut organiser un concours en bonne et due forme. » Selon lui, le mode de recrutement actuellement envisagé ne garantit ni l’égalité des chances ni la transparence.

« Il n’y a pas de démocratie dans la gestion du processus, du point de vue des syndicats », a-t-il déploré, appelant à un dialogue plus ouvert avec les partenaires sociaux.

Doudou Ndiaye, secrétaire général adjoint du Syndicat Unique et Démocratique des Enseignants du Sénégal (SUDES), s’est montré tout aussi critique. Il réclame la publication des ordres de service et une clarification immédiate de la procédure par le ministre. « Ce flou n’est pas de nature à rassurer les acteurs du secteur. »

En réponse à cette montée de tension, la RFM annonce que Moustapha Guirassy prévoit de tenir un point de presse dans les prochains jours. Ce sera l’occasion, pour le ministre, d’expliquer les critères de sélection, de rassurer sur les modalités de recrutement et de lever les zones d’ombre dénoncées par les syndicats.

Ce débat révèle la fragilité de la gouvernance du recrutement dans l’Éducation nationale. Alors que le Sénégal s’est engagé dans une réforme en profondeur de son système éducatif, la question du recrutement transparent, équitable et planifié devient un test crucial pour la crédibilité du gouvernement dans ce domaine sensible.

Louga : L’Inspecteur d’académie interdit le « Sabar » dans les établissements scolaires pour préserver l’éthique éducative

L’Inspecteur d’Académie de Louga, Siaka Goudiaby, a pris une décision ferme visant à restaurer la discipline et les valeurs éducatives dans les établissements scolaires de sa circonscription. Dans une note de service datée du 30 avril 2025, il a annoncé l’interdiction du « Sabar » (séance de tam-tam) dans les lycées et collèges, ainsi que d’autres activités jugées inappropriées.

Cette décision fait suite à de nombreux dérapages constatés lors des festivités organisées par les gouvernements scolaires. Ces événements, censés être des moments d’expression citoyenne, se sont transformés dans certains cas en scènes où des chorégraphies suggestives et des comportements jugés inadaptés ont été observés.

« Des scènes de chorégraphie ont particulièrement heurté la morale et sapé les fondements d’une école qui est avant tout un cadre d’éducation et d’instruction », a dénoncé Siaka Goudiaby dans sa note adressée aux chefs d’établissement.

Il déplore que le volet récréatif ait pris le dessus sur la vocation éducative de ces initiatives, détournant ainsi l’esprit initial du gouvernement scolaire, qui vise à inculquer les notions de citoyenneté, de responsabilité et de respect des droits humains.

Pour y remédier, l’Inspecteur d’Académie exige des responsables d’établissements scolaires qu’ils prennent des mesures concrètes. Trois directives principales sont mises en avant :

  • Interdiction formelle des sabars et activités similaires dans l’enceinte des établissements ;
  • Encadrement strict des chorégraphies et défilés de mode, qui devront impérativement rester « appropriés et respectueux des valeurs éducatives » ;
  • Mise en avant des activités à portée pédagogique, pour recentrer les gouvernements scolaires sur leur mission première.

Si plusieurs enseignants et parents d’élèves saluent cette décision comme nécessaire pour redonner du sens à l’école, d’autres estiment qu’il faudrait plutôt encadrer les activités culturelles au lieu de les interdire, rappelant que le sabar fait partie intégrante du patrimoine culturel sénégalais.

Rumeurs sur un retrait militaire français : La DIRPA dément et annonce l’exercice multinational « AFRICAN LION 2025 »

Alors que certaines images de convois militaires circulant dans les rues de Dakar ont suscité une vague de spéculations sur un prétendu retrait de troupes françaises du Sénégal, la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA) a formellement démenti ces allégations ce mercredi.

Contrairement à ce qu’a affirmé le média français Brut, repris par plusieurs plateformes locales, les véhicules aperçus ces derniers jours ne sont pas ceux de l’armée française, mais appartiennent à la délégation néerlandaise participant à un exercice militaire multinational de grande envergure, baptisé « AFRICAN LION 2025 », prévu du 3 au 15 mai.

L’exercice AFRICAN LION, coorganisé par les Forces armées sénégalaises et celles des États-Unis, vise à renforcer la coopération militaire régionale et l’interopérabilité des forces partenaires face aux menaces multiformes, notamment celles liées aux conflits hybrides et au terrorisme transfrontalier.

Y prendront part des contingents venus de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, des Pays-Bas, des États-Unis, en plus du Sénégal. Il s’agira d’un scénario simulé de gestion de crise militaire face à une menace transfrontalière mêlant actions conventionnelles et asymétriques.

Les manœuvres auront lieu principalement dans les centres d’entraînement tactique Colonel Thierno Ndiaye de Dodji (Linguère) et Capitaine Mbaye Diagne de Thiès, réputés pour accueillir des opérations de simulation militaire de haut niveau.

Une journée VIP, prévue pour le 15 mai à Dodji, sera présidée par le général de brigade Simon Ndour, chef d’état-major de l’Armée de terre. Elle permettra de présenter aux autorités civiles et militaires les résultats de cet exercice, symbole d’une coopération transatlantique renforcée.

L’édition 2025 de AFRICAN LION se distingue aussi par son approche humanitaire. Des consultations médicales gratuites, des dons de médicaments et des actions civilo-militaires sont prévues dans les localités concernées, traduisant la volonté des forces armées de s’inscrire dans une dynamique de sécurité inclusive et de proximité avec les populations.

La DIRPA a insisté sur la nécessité de vérifier les informations avant toute publication, rappelant que les rumeurs autour du retrait de l’armée française relèvent d’une interprétation erronée et infondée. Aucun départ militaire français n’est actuellement enregistré dans ce cadre. L’Armée reste engagée dans ses opérations de formation, de coopération et de sécurisation du territoire national et régional.

Bambey en Ébullition : affrontements violents entre étudiants de l’UADB et forces de l’ordre, plusieurs blessés enregistrés

Bambey, 1er mai 2025 – L’Université Alioune Diop de Bambey (UADB) a été le théâtre ce mercredi d’une journée de grande tension, marquée par des affrontements violents entre les étudiants et les forces de l’ordre. Le calme habituel du campus a volé en éclats, laissant place à des scènes de chaos et de panique. Plusieurs blessés ont été recensés parmi les manifestants.

Tout est parti d’une mobilisation estudiantine dénonçant les conditions de vie et d’étude jugées indignes : repas de mauvaise qualité, files interminables devant les restaurants, pénuries d’eau fréquentes dans les pavillons, absence de Wi-Fi, amphithéâtres surchargés, manque de matériel pédagogique, et promesses non tenues de la direction du CROUS.

Aux slogans scandés dès le matin par les étudiants s’est vite substituée une situation plus tendue. Les tentatives de blocage des voies d’accès au campus ont déclenché une intervention musclée des forces de sécurité, venues en nombre. S’en sont suivis des jets de pierres contre grenades lacrymogènes, plongeant l’université dans un nuage de gaz irritant.

Selon des témoins sur place, plusieurs étudiants ont été évacués en urgence, victimes d’étouffements ou de blessures suite aux affrontements. Les manifestants, déterminés à se faire entendre, ont promis de poursuivre leur mobilisation tant qu’aucune réponse concrète ne sera apportée à leurs revendications.

La Coordination des étudiants a, de son côté, maintenu son mot d’ordre de suspension des activités pédagogiques pour 48 heures renouvelables, tout en appelant à un boycott du paiement des chambres universitaires et à une « Journée Sans Ticket » dans les restaurants universitaires.

En guise de représailles, les autorités de restauration du CROUS ont fermé les restaurants du campus, privant les étudiants de petit déjeuner, déjeuner et dîner, ce qui a exacerbé la colère et le sentiment d’injustice au sein de la communauté estudiantine.

À 18h, la situation restait tendue aux abords de l’UADB, avec un important dispositif sécuritaire toujours en place, mais aucun retour au calme complet n’était encore observé. Les autorités locales n’ont pas encore réagi officiellement à cette escalade, tandis que les syndicats étudiants appellent au dialogue.

Ce nouvel épisode de confrontation pose avec acuité la question de la précarité dans les universités sénégalaises et du manque de réactivité des autorités face à des revendications pourtant récurrentes. À Bambey comme ailleurs, l’exaspération monte, et la situation pourrait rapidement dégénérer si aucune solution structurelle n’est apportée.

Affaire à suivre.

Cabrousse : affrontements et indignation après l’interdiction de la fête traditionnelle « Undo Mayo »

Cabrousse, village emblématique du département d’Oussouye, a été secoué ce mercredi 30 avril par une vive tension sociale. À l’origine de la colère : un arrêté préfectoral interdisant la tenue de « Undo Mayo », une fête rituelle ancestrale chère aux populations locales. Cette mesure jugée arbitraire a déclenché une mobilisation spontanée de jeunes et de femmes du bois sacré, profondément attachés à la préservation de leur patrimoine culturel.

Dès les premières heures de la journée, des jeunes manifestants ont investi le chemin menant à la plage pour contester l’interdiction, criant leur ras-le-bol face à ce qu’ils considèrent comme une « négation des racines diola ». En réaction, les forces de l’ordre ont rapidement été déployées avec un important dispositif sécuritaire. Des grenades lacrymogènes ont été tirées pour disperser les manifestants, entraînant une montée de tension dans ce village habituellement paisible.

Mais ce n’est pas tout. Les femmes issues du bois sacré, gardiennes des traditions et figures respectées dans l’univers initiatique diola, sont sorties de leur réserve, rejoignant la mobilisation. Leur message est clair : « Undo Mayo n’est pas qu’une fête, c’est un pilier identitaire ». Cette réaction inédite des femmes a accentué la portée symbolique de la protestation.

Parallèlement aux affrontements, une délégation des organisateurs de la cérémonie a été reçue par le gouverneur de la région de Ziguinchor, dans une tentative d’apaisement. À 17 heures, une accalmie a été constatée, même si la tension restait palpable et les forces de sécurité continuaient de verrouiller l’accès à la plage. Le trafic sur l’axe Ziguinchor-Cap Skirring a été renforcé, preuve de la prudence des autorités devant un contexte aussi sensible.

Les raisons officielles de l’interdiction n’ont pas encore été communiquées. Ce flou alimente les critiques. Les maires de Diembering et d’Oussouye ont pris position contre l’arrêté préfectoral, dénonçant une décision prise sans consultation locale, contraire aux dynamiques communautaires et au respect des cultures locales.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos de jeunes célébrant « Undo Mayo » en cachette circulent, défiant l’interdiction et revendiquant une victoire morale face à l’autorité. Pour ces jeunes, maintenir la cérémonie malgré tout revient à « protéger l’âme du territoire ».

Fraude au Trésor public : La DIC démantèle un réseau et arrête deux suspects

La Division des investigations criminelles (DIC) a frappé un grand coup dans la lutte contre la fraude financière en mettant la main sur un réseau spécialisé dans la falsification de chèques du Trésor public. Deux individus ont été arrêtés et déférés au parquet : Makhtar Seye, un chef d’entreprise âgé de 47 ans, et Omar Ba, un agent de recouvrement du Trésor de 40 ans.

Selon les révélations du journal Libération, les faits remontent à décembre 2023, lorsqu’une tentative d’encaissement d’un chèque frauduleux d’un montant de 500 millions de francs CFA a attiré l’attention des autorités. Le stratagème était particulièrement audacieux : une commission de 40 % était proposée à deux hommes d’affaires pour faciliter l’opération.

Makhtar Seye, présenté comme le cerveau du réseau, se faisait passer pour un haut responsable de l’administration, allant jusqu’à imiter la voix du Trésorier général lors d’échanges téléphoniques pour donner du crédit à l’arnaque. Son complice présumé, Omar Ba, intervenait de l’intérieur du système. Il est soupçonné d’avoir émis le chèque falsifié, profitant de son accès aux outils de l’administration pour maquiller les documents.

Les deux hommes sont désormais poursuivis pour association de malfaiteurs, escroquerie, faux et usage de faux en écritures publiques, ainsi que blanchiment de capitaux. L’enquête se poursuit pour déterminer si d’autres complices ou opérations similaires sont à découvrir.

Scandale au GIGN : Deux gendarmes sénégalais radiés pour vol de denrées au Palais présidentiel gambien

Un scandale éclabousse le Groupement d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN) du Sénégal, déployé en Gambie depuis 2017 pour assurer la sécurité du président Adama Barrow. Deux éléments de ce contingent, un officier supérieur et un sous-officier, ont été récemment rapatriés, puis radiés pour des faits de vol et de revente de denrées alimentaires destinées au palais présidentiel de Banjul.

Selon des informations rapportées par le journal L’Observateur, il s’agit du commandant I. Diop, chef de la sécurité rapprochée du président gambien, et du gendarme Senghor, gestionnaire du magasin du Palais. Tous deux sont accusés d’avoir organisé un système de détournement et de commercialisation de produits alimentaires réservés à la consommation du chef de l’État gambien.

L’affaire a éclaté lorsqu’il a été constaté que des denrées provenant habituellement des cuisines du palais se retrouvaient sur le marché local. Une enquête ouverte à la demande officielle des autorités gambiennes a permis de retracer l’origine des marchandises jusqu’au stock du palais présidentiel. Les investigations ont révélé un trafic régulier orchestré depuis l’intérieur même de la présidence.

Face aux enquêteurs, Senghor aurait reconnu les faits, admettant avoir sorti frauduleusement des quantités importantes de produits alimentaires qu’il revendait à des commerçants locaux. Il aurait aussi affirmé avoir agi à plusieurs reprises sur instruction de son supérieur, le commandant Diop, qui, lui, nie toute implication.

Les autorités sénégalaises, informées par leurs homologues gambiens, ont procédé à la convocation des deux gendarmes, avant de les rapatrier à Dakar. Des sanctions disciplinaires ont été rapidement prises : Senghor a été radié des rangs en janvier 2025, suivi par Diop en mars. Le premier a toutefois introduit un recours devant la Cour suprême du Sénégal pour contester sa radiation.

Audit financier au Sénégal : Révélations sur les tensions internes à la Cour des comptes

Le rapport explosif de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques entre 2019 et 2023 continue de faire des vagues. Accusant l’ancien régime d’avoir dissimulé une « dette cachée » estimée à plus de 7 000 milliards de FCFA, ce document, publié le 12 février 2025, suscite aujourd’hui des interrogations quant à sa méthode, sa légitimité et son contenu. Des documents internes, obtenus par Jeune Afrique, révèlent que la Cour des comptes elle-même a été divisée sur les fondements de ce rapport.

Au cœur de la polémique, la Chambre des affaires budgétaires et financières (CABF), à qui avait été confiée l’élaboration du rapport. Or, selon une correspondance datée du 23 décembre 2024, le président de la Chambre des affaires administratives, Mamadou Thiao, y exprimait de sérieuses réserves. Il y dénonçait l’absence de vérification rigoureuse des données issues de l’audit initial commandité par le gouvernement, pointant un manque de fiabilité, d’exhaustivité et de rigueur dans l’approche.
Mamadou Faye, Premier président de la Cour des comptes, allait dans le même sens dans un document confidentiel : « Les auditeurs ne sont pas en mesure de se déterminer sur l’existence ou non d’un surplus de financement, aussi bien en 2022 qu’en 2023. » Une formule lourde de sens, qui remet en question une partie des conclusions du rapport, notamment celles utilisées par le Premier ministre Ousmane Sonko et le ministre Abdourahmane Sarr pour accuser Macky Sall de manipulation comptable.
Le rapport aurait également souffert d’un non-respect du principe du contradictoire. C’est ce que dénonce un contre-rapport élaboré par l’Alliance Pour la République (APR), le parti de l’ancien président Macky Sall. Ce document de 24 pages évoque une confusion volontaire entre la dette de l’administration centrale et celle du secteur parapublic, et affirme que le rapport souffre d’un biais destiné à gonfler artificiellement l’endettement global.
Plus troublant encore, des témoignages évoquent l’existence de deux versions du rapport. Des sources financières internes, citées sous anonymat, confirment que des documents contradictoires circulent, ce qui alimente les soupçons d’une instrumentalisation politique de la Cour. Une question capitale reste en suspens : le rapport final a-t-il été amendé pour tenir compte des critiques internes ? Et pourquoi n’a-t-il pas été signé par le Premier président de l’institution, Mamadou Faye, comme l’exige la tradition républicaine ?
Selon plusieurs juristes, la CABF aurait outrepassé son mandat. La loi du 27 décembre 2012 portant Code de transparence dans la gestion des finances publiques autorise la Cour des comptes à contrôler la qualité des audits réalisés par l’administration, non à conduire elle-même un audit en bonne et due forme des finances de l’État. En assumant ce rôle, la CABF se serait érigée en auditeur autonome, brouillant ainsi la ligne entre contrôle, évaluation et dénonciation.
Ces révélations risquent d’avoir des conséquences politiques majeures. Alors que le gouvernement avait fait de ce rapport une pièce maîtresse de sa rhétorique de rupture, les tensions internes à la Cour pourraient affaiblir sa portée symbolique et juridique. En parallèle, le recours introduit par l’opposition au Conseil constitutionnel contre la loi interprétative de l’amnistie – également justifiée par les conclusions de la Cour – pourrait rouvrir le débat sur l’usage politique de cette institution censée être indépendante.

UGB : grève de 72 heures au CROUS après l’agression d’un agent par des étudiants

Un climat de tension règne à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis. Les agents du Centre des œuvres universitaires de Saint-Louis (CROUS/UGB) ont entamé ce lundi 29 avril 2025 une grève de 72 heures, renouvelable, pour dénoncer l’agression d’un de leurs collègues par des étudiants membres de la commission sociale.

L’agent concerné, Thiamka Diaw, chef du bureau des chefs de village (le service chargé de la gestion des chambres dans les résidences universitaires), a été violemment pris à partie dans un contexte de litige autour de l’attribution des logements. L’incident s’est produit au moment sensible du renouvellement de la commission sociale, un processus souvent conflictuel à l’UGB.

Selon Adama Mbaye, secrétaire général de la STESU/CNTS – section CROUS –, cette attaque s’inscrit dans une série d’intimidations et de violences que subissent régulièrement les agents du CROUS lors de la réorganisation annuelle de la commission sociale. « Thiamka Diaw a été roué de coups par plusieurs étudiants. Il bénéficie actuellement d’un arrêt de travail médical de 20 jours », a-t-il indiqué.

Face à cette situation, l’intersyndicale (composée du STESU, SNTRAS, CNTUS et SYNAPES) a décidé de hausser le ton. Elle réclame des sanctions immédiates à l’encontre des auteurs de l’agression et exige la sécurisation du personnel administratif.

La gestion des œuvres sociales – notamment l’attribution des chambres universitaires – reste une source constante de frictions à l’UGB, où les étudiants revendiquent une cogestion souvent conflictuelle. L’intersyndicale du CROUS dénonce « une tentative d’ingérence de la part d’étudiants qui veulent se substituer à l’administration », affirmant que le rôle de la commission sociale est consultatif et ne peut en aucun cas justifier une intervention musclée dans le travail des agents.

Le 28 avril, la cellule des cadres du CROUS/UGB a également pris position, condamnant fermement l’agression de Thiamka Diaw. Elle a appelé à l’ouverture d’une enquête sérieuse pour identifier les auteurs et garantir la sécurité du personnel.

Les syndicats annoncent que si des mesures concrètes ne sont pas prises dans les plus brefs délais, le mouvement de grève sera reconduit et durci. « Nous n’écartons aucune option. L’administration universitaire doit assumer ses responsabilités », a prévenu Adama Mbaye.

Université de Bambey : les étudiants dénoncent des conditions de vie et d’études « inhumaines »

À l’Université Alioune Diop de Bambey (UADB), la colère gronde et l’indignation ne faiblit pas. Depuis le lundi 28 avril 2025, les étudiants observent une série de protestations pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « conditions de vie et d’études inhumaines ». Sur les réseaux sociaux et dans plusieurs communiqués, ils comparent leur campus à un « camp de galère », voire un « camp de concentration », en raison de la dégradation extrême de leur environnement universitaire.

Le principal grief des étudiants concerne les infrastructures pédagogiques. Les amphithéâtres sont non seulement insuffisants mais également surchargés et mal ventilés, rendant difficile tout effort de concentration. À cela s’ajoute le manque de salles de classe fonctionnelles, le déficit criant de matériel didactique tel que les vidéoprojecteurs, les câbles HDMI, ou encore l’absence de Wi-Fi dans une université censée incarner l’enseignement supérieur moderne.

Cette pénurie de ressources pédagogiques place les étudiants dans une impasse académique, incompatible avec leurs ambitions et le niveau d’exigence universitaire. « Nous sommes dans un désert numérique. Il est impossible de faire des recherches ou de suivre les cours en ligne », déplore un étudiant en licence de lettres modernes.

Au-delà du cadre pédagogique, les conditions de vie sur le campus sont tout aussi alarmantes. Dans un communiqué particulièrement virulent, la Coordination des étudiants dénonce l’absence d’eau courante dans les pavillons, l’insuffisance de repas servis dans les restaurants universitaires, et le manque d’installations médicales adéquates.

« Pour plus de 10 000 étudiants, il n’y a que trois lits médicaux et une seule ambulance. Lorsque celle-ci n’est pas disponible, les malades doivent appeler un taxi à leurs frais », souligne la note. Autre scène quotidienne insupportable pour les étudiants : les files interminables devant les restaurants, aggravées par des ruptures fréquentes de pain et de denrées essentielles.

Face à ces « manquements graves et répétés » de l’administration, la Coordination des étudiants a décidé de passer à l’action. Elle a décrété une suspension des activités pédagogiques pendant 48 heures renouvelables, une Journée Sans Ticket (JST) de 24 heures également renouvelable, ainsi qu’un boycott total du paiement des chambres dans tous les sites de l’UADB (Bambey, Ngoudiane et Diourbel).

Ces actions ont été accompagnées de slogans hostiles envers le directeur général du CROUS-UAD, largement relayés sur les réseaux sociaux. En réaction, l’administration des restaurants a pris la décision de fermer l’accès à la restauration, ne servant ni petits-déjeuners, ni déjeuners, ni dîners. Livrés à eux-mêmes, les étudiants se sont organisés autour de repas de fortune, appelés localement « majjal », pour tenter de subsister.

Malgré l’absence de réponse concrète des autorités jusqu’à présent, les étudiants affirment ne pas reculer. Dans une déclaration transmise à la presse, la Coordination prévient : « Tant que des mesures structurelles et durables ne seront pas prises, nous continuerons à défendre les intérêts matériels et moraux des étudiants par tous les moyens. »

Rapport Amnesty International 2024-2025 : Un État sénégalais toujours sous tension face aux droits humains

Ce mardi à Dakar, Amnesty International a présenté son rapport annuel 2024-2025. Un document accablant, qui dresse un tableau préoccupant des droits humains au Sénégal. Malgré l’alternance politique intervenue en mars 2024 avec l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye, l’organisation note la persistance de pratiques répressives héritées du régime précédent. Le rapport aborde une large palette de thématiques : violences policières, liberté d’expression, impunité, conditions carcérales, droits des femmes, des enfants, des migrants et enjeux environnementaux.

L’un des éléments les plus marquants du rapport concerne les violences policières survenues en février 2024, dans un contexte de contestation du report de l’élection présidentielle. Amnesty déplore la mort d’au moins quatre personnes, dont un adolescent de 16 ans, tuées par les forces de sécurité, et l’arrestation de plus de 150 manifestants. Des journalistes ont également été ciblés. Mor Amar a été agressé, tandis qu’Absa Hane a été violemment battue et brièvement détenue.

Pour Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty Sénégal, ces violences traduisent une intolérance persistante à la critique. « Lorsqu’on exerce le pouvoir, on doit être tolérant envers la critique. Si ce n’est pas le cas, on remplit les prisons de personnes qui n’ont fait qu’exprimer une opinion », a-t-il déclaré, appelant à une rupture nette avec les pratiques du passé.

Autre point controversé, l’adoption en mars 2024 d’une loi d’amnistie couvrant les événements politiques survenus entre février 2021 et février 2024. Selon Amnesty, cette loi empêche toute poursuite judiciaire pour les décès d’au moins 65 personnes, tuées pour la plupart par les forces de sécurité.

« C’est une atteinte directe au droit à la justice pour les familles des victimes », a dénoncé Gassama. Il y voit une consécration de l’impunité, contraire aux obligations du Sénégal en matière de droits humains. L’organisation appelle à l’abrogation de cette loi et à l’ouverture de procès équitables pour établir les responsabilités.

Amnesty note une certaine amélioration avec la libération de figures politiques comme Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, mais souligne que la répression n’a pas totalement cessé. Des personnalités telles qu’Ameth Suzanne Camara ont été arrêtées pour « offense au chef de l’État », et Cheikhna Keita pour « diffusion de fausses nouvelles ».

« Même si on n’emprisonne plus pour un like sur Facebook, les poursuites judiciaires se poursuivent », a regretté Gassama, appelant à la décriminalisation des infractions liées à la liberté d’expression. Pour lui, la liberté de parole ne doit jamais conduire à l’emprisonnement.

Les conditions de détention restent alarmantes. En janvier 2025, une épidémie de tuberculose a éclaté à la prison de Rebeuss, mettant en lumière la surpopulation carcérale et l’insuffisance des soins de santé. Amnesty appelle à des investissements urgents dans le système pénitentiaire et à une réforme globale de la justice.

Le rapport pointe également le retard dans la réforme du Code de la famille, qui maintient l’âge légal du mariage des filles à 16 ans et le principe d’« autorité paternelle ». Amnesty soutient les recommandations issues des Assises de la justice, qui préconisent un relèvement à 18 ans.

Le sort des enfants talibés reste également préoccupant. Forcés à mendier dans la rue, ils sont exposés à la traite et aux violences. Amnesty dénonce l’inaction du gouvernement, qui tarde à adopter un Code de l’enfant et à mettre en place des politiques de protection efficaces.

Sur le plan environnemental, l’organisation salue la suspension des activités minières sur la Falémé jusqu’en 2027, soulignant les risques liés à l’orpaillage et à l’utilisation de produits chimiques comme le mercure. L’audit sur l’exploitation du phosphate à Ndendory (Matam) est également une mesure positive, mais jugée insuffisante.

« La Falémé est une source vitale d’eau potable. Il faut la protéger contre les pollutions », a plaidé Gassama.

La migration irrégulière reste un défi majeur. Le Sénégal est toujours un point de départ important vers les îles Canaries. Selon Caminando Fronteras, 959 personnes sont mortes en mer entre janvier et mai 2024. Pour Amnesty, ces départs s’expliquent par le chômage, l’effondrement du secteur de la pêche et l’absence de perspectives économiques pour la jeunesse.

Face à l’ensemble de ces défis, Amnesty appelle le gouvernement à engager de profondes réformes. L’organisation exhorte notamment à garantir les libertés fondamentales, à mettre fin à l’impunité, à renforcer l’indépendance de la justice et à adopter une politique de développement équitable et durable.

« Lorsque les citoyens ont peur de parler, c’est la démocratie elle-même qui est en danger », conclut Seydi Gassama. Le Sénégal est à un tournant : l’espoir d’un changement réel existe, mais il repose sur la volonté politique de rompre avec les pratiques du passé.

Kaolack / Éducation – Revue Annuelle du Secteur Éducatif : La Résorption des Abris Provisoires et la Scolarisation des Filles au Cœur des Échanges

L’Inspection d’Académie (IA) de Kaolack a tenu, ce mardi 29 avril 2025, sa Revue annuelle du secteur de l’éducation. Ce rendez-vous phare du calendrier éducatif régional a rassemblé inspecteurs, chefs d’établissement, partenaires techniques, représentants syndicaux, ONG, ainsi que les autorités administratives et territoriales. L’objectif : faire le point sur les performances, les défis et les perspectives du système éducatif dans la région.

Dans son discours d’ouverture, l’Inspecteur d’Académie, M. Samba Diakhaté, a salué l’engagement de tous les acteurs éducatifs, malgré les contraintes budgétaires et les défis liés à l’environnement scolaire.

« La revue du secteur de l’éducation et de la formation constitue un espace de dialogue essentiel où les indicateurs clés sont analysés pour favoriser une meilleure implication des communautés et des acteurs à la base. Il faut se féliciter de l’introduction de nouveaux indicateurs, notamment sur le niveau des violences en milieu scolaire, la prise en compte du handicap, ainsi que la contribution des ménages et des collectivités territoriales », a déclaré M. Diakhaté.

Il a également tenu à souligner les efforts des collectivités territoriales, qui jouent un rôle crucial dans le soutien au secteur éducatif. Malgré quelques difficultés, des avancées notables ont été enregistrées dans le suivi du financement par les différents acteurs.

« C’est un début encourageant, mais il faudra renforcer cette dynamique à l’avenir », a-t-il ajouté.

Concernant les résultats scolaires, l’inspecteur a noté des performances globalement satisfaisantes au niveau élémentaire, tout en reconnaissant la persistance d’un taux de redoublement élevé. Aux examens, les résultats varient : un léger recul a été observé au baccalauréat technique, tandis que le taux de réussite au BFEM reste stable, bien qu’en deçà des attentes.

Un accent particulier a été mis sur la scolarisation des filles, avec des avancées notables.

« La parité est aujourd’hui autour de 1,30 % en faveur des filles. Elles affichent de bonnes moyennes et une maîtrise satisfaisante des compétences. Cela pose cependant la question préoccupante de l’abandon scolaire chez les garçons », a souligné l’inspecteur.

Prenant la parole à son tour, le Gouverneur de la région de Kaolack, M. Mouhamed Moctar Watt, a insisté sur l’importance de cette rencontre comme outil d’évaluation du système éducatif régional et d’identification des insuffisances dans la mise en œuvre des politiques publiques.

« Malgré des motifs de satisfaction dans certains domaines, nous avons constaté que Kaolack reste, pour certains indicateurs, en deçà de la moyenne nationale. Cela appelle une réflexion approfondie sur les problèmes qui entravent le bon déroulement des enseignements/apprentissages », a-t-il déclaré.

Parmi les défis majeurs relevés : le déficit en personnel enseignant, un problème partagé par plusieurs régions du pays. Le Gouverneur a également insisté sur la nécessité de résorber les abris provisoires. À ce sujet, un programme est en cours, piloté par l’Inspection d’Académie et ses services rattachés, avec l’espoir de réaliser des progrès significatifs dans les prochaines années.

Enfin, il a conclu par un appel à la diversification des profils scolaires :

« Il est urgent de réorienter nos efforts vers les filières scientifiques et technologiques, si nous voulons relever les défis du développement et répondre aux enjeux contemporains. »

Police nationale : vers une réintégration des Policiers Adjoints Volontaires récemment libérés

Une issue favorable semble se dessiner pour les Policiers Adjoints Volontaires (PAV) récemment libérés par le ministère de l’Intérieur.
En effet, selon un message officiel daté de ce lundi 28 avril 2025 – dont Ledakarois a obtenu copie –, la Direction Générale de la Police Nationale a demandé au Directeur Général du Groupement Mobile d’Intervention (GMI) d’informer les intéressés.

Sont concernés les PAV de la 7e Génération placés sous l’autorité du GMI, ainsi que ceux de la 1ère Cohorte récemment libérés.
La note invite ces agents à constituer un complément de dossier dans un délai de huit jours, signe manifeste d’une volonté de réintégration prochaine au sein des forces de police.

Cette décision marque un revirement notable après une vague de libérations qui avait suscité colère et inquiétude parmi les jeunes recrues concernées, majoritairement affectées à des missions de maintien de l’ordre ou de sécurisation urbaine.

La suite de ce processus administratif sera suivie de près par les syndicats de la police et les associations de PAV, qui espèrent obtenir des garanties sur la stabilité de leur statut et de meilleures conditions d’emploi.

La Direction Générale de la Police fait "revenir" les Policiers Adjoints Volontaires (PAV) récemment libérés
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